‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 6 sur 327 · A!<CORA · texte numérisé non relu

A!<CORA

ANDBOK.

ANGORA (âyjtypa). ^ncre. Les ancres les anciens n'avaient quelquefois qu'une lalle; mais les plus parfaites en avaient leux, faites en fer, et ressemblaient xactement à celles dont on se sert enore aujourd'hui. On les portait d'habiude sur l'avant du vaisseau (Virg, Mn.

II, 277), comme dans la gravure prise lie la colonne ïrajane; mais les gros j/aisseaux en avaient deux et quelquefois \Aus , suivant leur grandeur ( Athen.

I ANCORALE. Cdble d'une ancre (Liv.

kxii, 19; XXVII, 30). Voy. la figure pré- [;édente.

i 2. Orin ou corde de la bouée (Plin |tf. N. XVI, 16). La bouée elle-même i(r/l(i,E^ov àynOpa;, Pans. VUI, 12, 1) piait faite de liège et attachée par Vancorale à un anneau qu'on voit au bout de la verge de l'ancre dans la précédente ;;ravure. Pendant que la bouée indiquait le lieu où était l'ancre, la corde qui la tenait servait aussi à dégager du sol les pattes de l'ancre, lorsqu'il fallait la ilever.

I ANDÂBAT^. Classe de gladiateurs qui combattaient les yeux bandés ou avec un casque fermé sans ouverture dans la kisière ( Hieron. adv. Joi>. I, 36 ; Cic. Wam. VII, 10 ; mais là la leçon est douteuse). Suivant Turnèbe {Jdvers. Il, 10), ils paraissaient au Cirque après les ourses dans une sorte de lutte comique : eux d'entre eux s'attaquaient quelqueois dans un char, la nuit déjà tombée ; 'un en était le conducteur, l'autre y ontait et engageait une lutte soutenue u hasard. On l'appelait andabatn, du ;rec àva6«T7); avec l'insertion d'un d.

ANDRON (àvSpcôv). Terme grec qui,

dans sa signification stricte , se rapporte aux habitudes de cette nation. Il désigne la première des deux divisions principales du plan d'une maison grecque, celle dont l'usage exclusif était réservé aux hommes (Vitruv. vi, 7, 4 ; Festus, s, v.).

Elle consistait'en une cour découverte (aOXr)), entourée de colonnades (marquée c sur le plan), autour de laquelle étaient disposés les divers appartements exigés pour le service du maître et de ceux qui étaient à lui (n. 1 à 9). Elle était séparée de l'autre division, qui contenait les appartements des femmes, par un passage et une porte (marqués d).

2. Les écrivains latins employèrent ce mot dans un sens tout différent, pour désigner un simple passage qui sépare une maison , ou une partie de la même maison , d'une autre ; par exemple , le passage entre le mur extérieur d'une maison et le jardin qui en est proche (Plin. Ep. II, 17, 22); et les architectes romains se servirent du même terme d'une façon très-impropre pour désigner, dans une maison grecque, le corridor

AKDROMTIS.

ANMTATIS.

qui séparait les uns des autres les appartements (les hommes et ceux des femmes (marqué d dans li' plan précédent) : le nom exact était Mesaulœ.

ANDR0MTIS(àv6pwvtTi;). Synonyme d'ANDRON, n" 1.

ANGIPORTUSouANGIPORTUM {a-zzvwTto;), Rue étroite ou semblable à une cour fermée (Terenl. y4deli>li. IV, 2, 40), et qui alors s'appelait proprement fitndula; ou seulement rue détournée qui conduisait de l'une des rues principales aux parties les moins fréquentées (le la ville (Horat. Carm. I, 25, 10; Plant. Pseud. IV, 2, 6). Ces rues détournées à Pompéi sont si étroites qu'une personne jieut traverser d'une seule enjambée d'un trottoir à l'autre.

ANGUILLA. Fouet fait de peau d'anguille dont les maîtres d'école de Rome

se servaient pour punir leurs écoliers (Plin. H. N. IX, 39; Isidor. Origln.

V, 27, 15). La gravure est prise d'une peinture d'Herculaunni qui représente l'intérieur d'une salie d'école.

ANGL'IS. 1. Serpent, employé chez les Romains comme représentation symbolique du gctuits loci ou génie qui veillait sur tel ou tel emplacement (Serv. rt</ Virg. yKrt. V, 85). En conséquence on peignait sur un mur des figures de serpents , de la même façon «pi'on peint une croix dans l'Italie moderne, pour prévenir le pui)lic de ne pas souiller l'endroit. Cela répondait à l'inscription qui se \o\l sur nos murs : Dcfensu de déposer aucune ordure , etc. (Persii Sali rx, I, 113.)

On trouve souvent ces figures dans les maisons de Pompéi, dans les cuisines, dans les fournils, dans les lieux enfin où la propreté est particulièrement désirable ; en général elles sont séparées par un autel, comme on le voit dans la figure ci-jointe prise par l'auteur dans un des corridors qui conduisent aux Thermes de Trajan à Rome.

Elle est peinte à fresque avec l'inscription suivante audessous :

JOVEM ET JUNONEM ET DVODECIX DEOS IKATOS HABEAT QUISQIIS HIC MINXEKIT AUT CACARIT.

2. Drapeau militaire qui imitait la figure du serpent et qui fut adopté dans les armées romaines comme enseigne de la cohorte (Claud. inRufîn.

II, 5, 177; Sidon. Apoll. 5, 40). Ou l'appelait plus communément Draco : on en a décrit à ce mot la matière, le caractère et l'emploi avec plus de détails. La gravure est prise de la colonne Trajane.

ANGUSTICLAVIUS. Celui qui avait le droit de |)orler sur sa tunique l'ornement appelé clavus angustus , mar(pie dislinctive de l'ordre équestre (Suet.

Otho, 10). Voy. Clavus.

ANNULARiUS et ANULARIUS. Ouvrier dont le métier était de faire des anneaux (Cic. Acad. il, 4 G). Ces artisans formaient à Rome un collegium ou corporation (Inscript, ap. Murât. 2015, .5).

ANNULATUS et ANULATUS. En général , qui a ou qui porte des anneaux. De là :

I. Jnnulati pedes , gens qui ont des chaînes aux pieds , comme les esclaves employés à la culture chez les Romains, (pii travaillaient enchaînés (Apul. Metam.

ANNULUS.

ANMCLUS.

L, p. 184) , comme on le voit ici, d'a- [•ès une pierre gravée.

2. Annulatœ atires. Oreilles qui porent des anneaux (Plaut. Pœn. v, 2, 20),

:omme dans la gravure, d'après une peinture de Pompéi.

I ANNULUS ou ANULUS (SaxtôXio;,

Sçpayiçl). Anneau pour le oigl : fait de fer dans l'origine et servant de cajcbet pour sceller. Dans la 'suite, on adopta des aniueaux d'or au lieu d'anii€aux de fer; mais l'usage de ce métal à Honie fut restreint aux sénateurs, aux premiers magistrats et aux chevaliers (Plin. \j{. A'., xxxiil, 4). La gravure rej)résente un original pris dans le Dactyliothèque de Gorlaeus. L'anneau à cachet était porté au quatrième doigt de la main gauche, par les Grecs comme par les Romains (Aid.

Gel). X, 10); voyez la figure à main droite qui représente la main de Jupiter d'après une peinture de Pompéi ; et de là l'expression sedere ad aniiulos «//cj/i (Eumen. Pan. ad Constantin. 15) signifie être assis à la gauche de quel-

qu'un. Mais, sous l'empire, la mode de mettre des anneaux de divers genres et de valeurs diverses , comme purs ornements, s'établit dans toutes les classes; on en porta aux différents doigts des deux mains et même plusieurs à la fois (Mart. Ep. v, 01 ; xi, 59) ; voy. la figure à main gauche , d'après une peinture de Pompéi, qui montre une main de femme avec trois anneaux, deux sur le quatrième et iiu sur le petit doigt.

2. Annulas bigemmis. Anneau dans lequel étaient enchâssées deux pierres précieuses (Valerian. in Epist.

ap. Trebell. Claud. 14). La giavure représente un original pris dans la Dactyliothèque de Gorlœus (part, i, n° OS ) ; deux pierres précieuses y sont enchâssées : l'une, qui est un large cachet , porte la figure de Mars ; l'autre est un cachet plus petit et porte une colombe avec une branche de myrte.

3. Annulusvelaris. Anneau de rideau , fait comme les nôtres pour courir sur nue baguette et tirer ou retirer le rideau. Chez les Romains, ces anneaux étaient faits hai)ituellement de bois dur (Plin. H.N. XIII, 18). Dans une maison trouvée aux fouilles d'Herculanum, en 1828, et dont on adonné l'élévation au mot DoMCS, les baguettes de fer sur lesquelles couraient les anneaux entre les colonnes de Vatrium furent trouvées entières et placées comme dans la gravure ci-jointe. Elle est prise L:

d'une miniature du Virgile du Vatican, et explique le but et l'usage de ces anneaux , quoiipie les pro|)ortioiis restreintes du dessin ne permettent pas de les distinguer sur la baguette.

4. Anneaux passés dans un cerceau d'enfant pour résonner avec bruit pendant les révolutions du cerceau (Mart. Epig.

XIV, 109). On en plaçait plusieurs sur le même cerceau, comme on

ARQUINA.

le voit par la figure, tirée du bas-relief d'une tombe qui subsiste encore près de Tivoli.

5. Tresses de cheveux, arrangées en cercles comme des anneaux, autour du derrière de la tète ( Mart. Epig.

II, CG), comme ou le voit dans le dessin ci-joint qui représente Plotina, femme de l'empereur Trajan, //z d'après une pierre gra- iill vée. Les paysannes, dans plusieurs parties des États dé Rome et de Naples, arrangent encore leurs cheveux de la même manièie.

Page 1