‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 68 sur 327 · Le même nom était aussi donné · texte numérisé non relu

Le même nom était aussi donné

au couteau du cultrarius, avec lequel il ouvrait dans un sacrifice les entrailles de la ^\>\ victime (Festus, J. v.), y et qui était suspendu E de la même façon à une courroie attachée autour des reins, comme on le voit par la figure ci-jointe , qui représente un de ces cultrarii, d'après une peinture de Pompéi.

CLYSTER (xXuffTTip). Seringue, particulièrement celle dont on se servait pour injecter des fluides dans le corps (Suet. Claud. 44 ; Plin. H. JV. xxxi, 33).

CLYSTERIUM (xXuffx^îpiov). Diminutif du précédent (Scrib. Compos. 118).

CNODAX (xvwSaE). Pivot fixé aux extrémités d'un axe ou d'un cylindre, et introduit dans une crapaudine, de manière à former un support qui permet à l'axe de tourner (Vitruv. x, 2, l'2).

COA VESTIS , et COA, orum. Étoffe de Cos du tissu le plus fin et presque trans-

parente, de telle sorte que les formes des personnes qui la portaient étaient facilement visibles à travers ces voiles. Elle était surtout le vêtement des femmes de plaisir, comme les chanteuses et les danseuses, dont une est représentée dans notre gravure d'après une peinture de Pompéi ( Plin. H. N. xi, 26 ; Propert. IV, 5, 55; Ovid. A. Am. il, 298; Hor. Sat. I, 2, 101 ; cf. Petr. Sat. 55).

COACTILIS, se. lana (iïiXyitô; ou i:t-

COACTORES.

XwTÔç). Feutre, c'est-à-dire laine maniée et soumise à la pression jusqu'à ce qu'elle forme un tissu co sistant, comme une

Êièce d'étoffe (Plin. H. N. Vlll, 73; dict. Dioclet. p. 21 ; Ulp. Dig. 34, 2, 26).

COACTORES (TTpàxTopei;). Receveurs ou percepteurs des taxes, des charges, etc. (Cic. Rab. Poôt. xi; Hor. Sat. I, 6, 86).

2. Arrière-garde d'une armée ou troupes qui fermaient la marche (Tac. Hisl.

COACTUS. Même sens que Coactius (Plin. Zf. N. viil, 73; Caes. B. C. m, 44).

COAGULUM (ituTÎa), Présure, c'està-dire toute chose dont ob se servait pour faire cailler le lait ; à cet effet on employait communément chez les Romains le lait coagulé, trouvé dans les estomacs des animaux qui tétaient, la liqueur laiteuse contenue dans l'estomac d'un porc ainsi que l'estomac lui-même, et le \ inaigre (Varro, ^. i?. n, 1 1, 4 ; Plin. H. N. XXlll, 63). Par extension ce mot signifiait lait caillé (Plin. H.N. XXVIII, 45), et fromage (Ovid. Fast. iv, 645).

COASSATIO (ffavî6w(i.a).Toulechose faite de planches jointes ensemble, comme le parquet d'une maison (Vitruv. vi, 6), le pont d'un vaisseau, etc.

COCHLEA (xox)iîaç). Littéralement, limaçon à coquille en spirale ; par extension, ce mot a été appliqué à plusieurs autres objets qui avaient la même forme ou qui s'en rapprochaient.

1. Vis et écrou, comme puissance mécanique employée dans les pressoirs pour huile, vin et étoffe, précisément de la même manière et sur le même plan que ceux dont on se sert maintenant tous les jours, comme on le voit dans la gravure cijointe,représeutant une presse à étoffe d'après une peinture de l'établissement d'un foulon {fullonica ) à Pompéi (Vitruv. vi, 9 ; Plin. H. iV.xviil, 74; Pallad. IV, 10, 10; xi, 9, 1).

2. Machine pour élever de l'eau, d'après le principe de la vis inventée par Archimède, et semblable à celle qu'on

voit encore en Allemagne et qui porte le nom d'escargot d'eau. Elle consistait en un long cylindre autour duquel un tuyau creux se repliait, comme le filet d'une vis; elle était placée dans une direction oblique , l'extrémité inférieure entrant dans l'eau, puis on la faisait tourner autour de son axe à l'aide d'un cheval ou d'une roue à bras {tjmpanum).

A mesure qu'elle se mouvait, elle élevait peu à peu l'eau, par les replis du tuyau, de la spirale inférieure à la spirale supérieure, dont l'eau s'échappait lorsqu'elle n'avait plus rien pour la soutenir (Vitruv. X, 6). Cette machine est aussi citée par Strabon (xiii, 30, p. 561, éd. Siebenk.), comme employée en Egypte, où ou la faisait manœuvrer par des esclaves et où on l'employait |)our l'irrigation ; en effet, une pompe de cette sorte ne peut élsver l'eau qu'à une médiocre hauteur.

3. Espèce particulière de po: te, employée pour une loge à taureaux , pour une volière et autres lieux de ce genre (Varro, R. R. m, 5, 3), où il fallait que tous ceux qui entraient ou sortaient pussent le faire avec promptitude et sûreté. On voulait empêcher les animaux de s'échapper au moment où s'ouvrait la porte, pendant que la personne placée au dedans pouvait toujours se retirer saine et sauve dans les moments de danger.

Schneider (Index Script. R. R. v. Cavea ) pense que c'était une porte levée et abaissée à la façon d'une herse; le mot pour lui est par conséquent synonyme de Cataracta : mais ses pieuves sont loin d'être concluantes, et l'ancienne interprétation de Gesner est mieux en rapport avec les autres sens du mot. Gesner y voit un appareil comme celui dont on se sert maintenant d'ordinaire dans les hospices d'enfants trouvés et dans les couvents de religieuses, en Italie, pour introduire toute espèce d'objets à l'intérieur sans ouvrir une porte, et à qui l'on donne le nom de roue, ruota, en français tour. Ces entrées sont construites sur le même principe qu'une chambre obscure et se composent d'une boîte cylindrique, placée dans l'épaisseur de la paroi principale, et destinée à tourner autour d'un axe vertical qui la traverse par le centre et qui la

COCHLEAR.

iixe à sa place. Une ouverture est laissée dans une partie de la circonférence : c'est par là, quand elle fait faCe à la rue, que les objets qu'on veut introduire sont placés dans la boite; on la pousse alors, elle fait un demi-tour sur son axe et l'ouverture arrive de l'autre côté de la muraille. 11 est évident qu'un tel appareil s'adaptait particulièrement aux usages indiqués ci-dessus pour la coclUea; le nom peut lui être venu de sa ressemblance avec un limaçon dans sa coquille ou de l'escalier en spirale (cocfilis) ménagé dans l'enceinte qui le contient.

COCHLEAR et COCHLEARE (xox>tàptov ). Cuiller dont on se servait pour manger des œufs et des coquillages (Mart.

Ep. XIV, 121). Elle avait un cuilleron à une de ses extrémités et se terminait en pointe à l'autre bout. Le large bout servait de coquetier (Petr. Sat. 33, 6), et avec la pointe on tirait le poisson de sa coquille (Plin. H. N. xxviii, 4). Le spécimen ci-joint représente un modèle trouvé à Pompéi.

2. Mesure de liquides , répondant à notre cuillerée (Colum. xii, 21, 3).

COCHLEARIUM. Lieu où l'on nourrissait et engraissait des limaçons ; les épicuriens romains les regardaient comme un mets des plus délicats, et on les importait de différentes contrées pour être élevés et nourris dans des réservoirs (Varro, R. R. m, 12, 2; 14, 1 ; Plin. H. N. IX, 82). Le ridicule Trimalcio se les fait servir à table sur des grils d'argent (Petr. Sat. 70, 7 ).

COCHLIS. Voyez Columna, 2.

COCTILIS, sous-entendu later. Brique durcie au feu , par opposition à la brique séchée au soleil (Varro, R. R. i, 14; Plin. H.N.yu, 57).

2. Murus coctUis. Mur bâti de briques durcies au feu (Ovid. Met. iv, 58).

3. C'octilia ou coda ligna (ÇûXa xâyxava). Bois séché ou rôti, coupé en petits morceaux et durci suffisamment au feu pour perdre l'humidité qu'il contenait , sans être réduit en charbon (Ulp. Dig. 32, 55); il brûlait ainsi facilement

et ne jetait pas beaucoup de fumée. On le vendait à la mesure (Valerian. ap. Trébell. Claud. 14) et non au poids, comme les autres espèces de bois à brider dans des boutiques particulières de Rome, appelées tabernœ coctiliciœ. La préparation, ainsi que le débit de ce bois, constituait un métier particulier, qui était, dit-on, cehii du père de l'empereur Pertinax (4ul. Cap. Pertinax, 3). Cf. AcAPNA.

COCTUS. Même sens que Coctilis.

COCULUM. Nom donné à toute espèce de casserole servant à faire bouillir de la viande (Festus, s. v. ; Isidor. Orig. xx, 8;Cato, /f. R. 11).

CODEX. Entraves ou pièce pesante de bois, attachée aux pieds des esclaves : ils la traînaient avec eux, et elle pouvait leur servir de siège (Juv. ii, 57 ; Prop. IV, 7, 44 ).

2. Livre blanc pour écrire ; il était fait de feuilles séparées reliées ensemble , comme les nôtres. On en voit un spécimen dans la figure ci-jointe, tirée d'une gn^m'^/ii peinture de Pompéi. Dans 'lmB''JlÊ l'origine les feuilles étaient de minces tablettes de bois (codices, synonyme de caudices), revêtues de cire.

Ce nom a toujours été conservé depuis, quoique la matière primitive ait été remplacée par le papier ou le parchemin (Ulp. Dig. 32, 50; Cic. Verr. i, 36 ; Sull. 15).

3. Aune époque postérieure, ce mot fut employé pour désigner un code ou recueil de lois; ainsi le codex Justinianeus, Theodosianus, etc., qu'on peut supposer avoir été écrits sur des livres de ce genre.

CODICILLUS. Diminutif de Codex.

Le pluriel Codicilli désignait une collection de petites tablettes dont on se servait pour prendre des notes (Cic. Fam. IX, 26 ) qui devaient être recopiées eusuite avec soin ; pour écrire à des amis intimes (Cic. Fam. iv, 18 ) ; pour rédiger les articles d'un testament (Plin. Ep. ii, 16), une pétition ou un mémoire (Tac.

/4nn. IV, 39). On s'en servait encore pour d'autres usages analogues.

CŒLUM (oùpavôç). Soffite ou plafond (Vitruv. VII, 3, 3 ; Florus, m, 5, 30, et ccelum capitis, la partie inférieure

COEMETKRIUM.

COEMOBITA.

du crâne, Plin. H, N. xi, 49). Les premiers édifices n'étaient couverts que d'un toit extérieur ( tectum ) dont l'intérieur servait de plafond ; mais, comme on trouva que ce n'était qu'un abri insuffisant contre les variations du temps , on ajouta dans la suite à ce toit un toit intérieur qui constitua le cœlum et donna naissance à un membre de l'entablement, marqué au dehors par le zophorus ou frise.

CŒMETERIUM (xo'.îiriTïipiov ). Mot grec qui désignait proprement la chambre à coucher ( Dosiad. ap. Athen. iv, 22 ) ; par extension , il fut appliqué au cimetière par les écrivains latins d'une période postérieure (Tertull. Anim. 51).

CŒMPTIO. Mariage civil, consistant dans un marché simulé où les fiancés se vendaient l'un à l'autre ; il commença à s'établir, à ce qu'on suppose, quand la loi permit les mariages entre les patriciens et les plébéiens , l'an de Rome 308 ( Cic. Muren. 12; Nouius, v. Nubentes).

CŒNA (ôeÏTîvov). Principal repas des Romains ; ce mot est, par conséquent, mieux traduit par le mot diner que par le mot souper qu'on emploie plus communément. C'était le troisième repas de la journée, c'est-à-dire après le déjeuner (jentaculum) et le goûter (prandium ou merenda) : l'heure la plus ordinaire pour la cœna était, à compter comme nous, trois heures après midi; quoique des habitudes particulières pussent engager quelques Romains à dîner plus tôt ou plus tard (Plaut. Cic. Petr. Suet. etc.).

2. Prima, altéra, tertia cœna. Le premier, second ou troisième service dans un dîner (Mart. Ep. xi, 31).

CŒNACULUM. Salle à manger, si l'on s'en tient au sens primitif du mot (Varro, L. L. \, 162) ; mais, comme l'appartement construit pour servir de salle à manger était situé d'ordinaire dans la partie supérieure de la maison, à une certaine époque de l'histoire romaine , ce mot fut plus communément employé dans le sens de chambre de l'étage supérieur ( Festus, s. V.; Liv. xxxix, 14). Le pluriel cœnacula (comme le grec OnEptôov) désigna toute la suite des chambres contenues dans un étage supérieur (Cic. Agr,

II, 35); et, comme les étages supérieurs à Rome étaient principalement occupés par les classes pauvres, ce mot emportait souvent l'idée de position inférieure ; dans ce cas, nos mots galetas ou mansarde en seraient la traduction la plus exacte (Hor. Ep. I, 1, 91; Juv. X, 17). Le spécimen

ci-joint, d'après une peinture de Pompéi, représente l'extérieur des cœnacula; et les deux dernières gravures de l'article DoMUS, qui donnent le plan et la perspective d'une maison à deux étages trouvée dans les fouilles d'Herculanum, feront comprendre la manière de bâtir et de distribuer les appartements d'un étage supérieur dans des maisons privées de dimension ordinaire.

2. Cœnaculum meritorium. Logement loué dans un étage supérieur (Suet.

Vitell. 7 ).

CŒNATIO. Ce mot semble, en terme général, s'appliquer à touteespèce desalle à manger, aussi bien aux magnifiques salles de festins du palais d'or de Néron (Suet. Nero, 31) qu'à la salle à manger ordinaire de la villa de Pline (Plin. Epist. n, 17, 10; V, 6, 21). Comme le cœnaculum, cette pièce était située à l'étage supérieur (îuv.Sat. vu, 183 ; Mart. Ep. II, 59) ; et, sous ce rapport, elle différait du triclinium, qui, dans les maisons -'de Pompéi, est toujours situé au rez-dechaussée.

CŒNATORIA, comme Cœnatorix vestes. Vêtements portés à table (Petr. Sat, 21, 5; Mart. X, 87 ; Capitol. Maxim.

Jun. 4 ) ; on n'a pu en déterminer la nature précise, mais il en était un auquel on donnait le nom de Synthesis. Voy.

ce mot.

CŒNOBITA. Mot de la basse latinité pour désigner un homme qui vit en communauté \cœnobium ) avec d'autres ; de

CORNOBICM.

là un moine ou un religieux. (Hieron.

Ep. 22, n. 34 et 35).

CŒiNOBlUM (y.oivéêtov). Monastère ou couvent de moines ou de religieux, appelé ainsi parce qu'ils vivent en commun ( Hieron. Ep. 22, n. 36 ).

COHORS. Même sens que Chors (Varro, R. R. III, 3; Ovid. Fast. iv, 704).

2. Cohorte ou corps de fantassins , formant la dixième partie d'une légion , mais dont le chiffre varia à diflérentes époques de l'histoire romaine , suivant qu'on augmenta la force numérique de la légion elle-même (Varro, L. L. v, 88; Cincius ap. Gell. XVI, 4, 4 ; Caes. B. G. in, 1 ).

3. On se sert quelquefois de ce terme pour distinguer les troupes alliées et auxiliaires des légionnaires ; ce qui implique que dans l'origine ces troupes étaient distribuées en cohortes au lieu de l'être en manipules ( Florus, m, 21 ; Liv. ii, 64 ; XXIII, 14).

4 . Ce mot se prend aussi, dans quelques cas, pour troupe ou escadron de cavalerie ; mais on ignore le chiffre précis des soldats qui formaient ces escadrons (Plin. Ep. X, 106; Virg. Mn. xi, 600.

5. Prxtoria cohors. Corps d'élite , choisi parmi les légionnaires, et qui formait comme la garde du corps du consul ou du général , sous la république ; il devint une garde véritable et permanente sous les empereurs romains. Voy.

Pr^etorianus.

COHUM. La corde ou courroie par laquelle le joug (Jugiim) est attaché au timon (temo) d'une charrue (Festus, s. v.).

On la voit très-distinctement dans le spécimen ci-joint, pris d'un bas-relief découvert dans la presqu'île de Magnésie.

COLIPHIUM. Sorte de régime auquel on soumettait les lutteurs et les personnes qui se destinaient aux exercices des athlètes , pour développer leurs muscles sans les charger d'une masse de chair; c'est ainsi que se préparent encore les boxeurs de profession en Angleterre, etc. Quels étaieut les coliphia romains? On ne le sait pas exactement ; mais on suppose généialement que c'était une sorte de pain sans levain , mêlé de fromage nouveau.

(Plaut. Pers. i, 3, 12; Juv. ii, 53; Schol. Vet. ad /.; Mart. vu, 67, 12).

COLLARE. Collier de fer, mis au cou des esclaves qui s'étaient enfuis; une chaîne (ca/«/«i) pour les conduire y était attachée, comme la chaîne et le collier

du chien (Lucil. Sat. xxix, 15, éd. Gerlach). On traitait quelquefois de la même façon des prisonniers de guerre, comme on peut le voir par la gravure, représentant un prisonnier barbare, d'après la colonne de Marc-Aurèle.

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