‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 8 sur 327 · Ânsa crep'ulx (ày^û),?)). Trou ou · texte numérisé non relu

Ânsa crep'ulx (ày^û),?)). Trou ou

œil dans le quartier du soulier grec appelé crepida, par lequel on passait la courroie et le lacet; ou croisait ensuite l'une ou l'autre sur le cou-depied même (TibuU. i, 8, 14). Il y avait un même nombre de ces trous de chaque côté du soulier; on peut le conclure de l'histoire bien connue d'Apelles, qui fut repris par un savetier pour avoir omis une des ansœ dans un ouvrage qu'il avait exposé à la vue du peuple (Plin. H.

N. XXXV, 36, 12). On en voit clairement la forme et le caractère dans la gravure, prise du pied d'une statue grecque en marbre.

4. Ansa staterœ. La poignée d'un peson, par laquelle il était suspendu et qui formait son centre d'équilibre, étant fixée

à la moitié la plus petite de la tige, près du bout où on attachait la balance ou l'objet à peser (Vitruv. x, 3, 4). La gravure est prise d'un peson de bronze trouvé à Pompéi.

5. j4nsa gubernaculi (ofaÇ). La poignée d'un gouvernail (Vitruv. X, 3, 6) ; c'était le bout de la tige du gouvernail (AA dans la gravure) que le timonier tenait des deux mains , quand le gouvernail se composait d'une simple rame sans

barre (clavus), ainsi que dans la gra-

vure à main droite. Mais dans les grands vaisseaux, l'emploi d'une barre devenant nécessaire, il plaçait une main sur Vaiisa (A, gravure à main gauche), et l'autre sur le clavus (B), ce qui lui permettait de mouvoir le timon avec une bien plus grande facilité. La figure à main droite est copiée de la colonne Trajane; celle à main gauche d'une peinture de Pompéi.

6. ,4nsa ferrea. Crampon de fer par lequel on rattachait les larges blocs de pierre dans d'anciens édifices, quand on ne se servait pas de mortier (Vitruv. il, 8, 4) ; c'est la même chose que VAncori (6) : on trouvera une gravure à ce mot.

ANSATUS. Muni d'une poignée ou de poignées. On trouve les explications nécessaires au mot précédent.

2. Ansata hasta, Ansatum teliim (àYXuXwTÔç, àyxy^YiTÔv, (lEarâyxuXov).

Lance ou javeline munie d'un appui demicirculaire pour la main , attaché an bois comme une poignée. Ces poignées n'étaient pas permanentes; les soldats les mettaient aux armes avant d'aller à la bataille ou dans toute conjoncture qui le demandait (Plutarch. Alex, apophth. 13; cf. Xen. Anab, iv, 2, i8). Elles avaient

un double but : de les aider à lancer ces armes quand ils s'en servaient comme de traits, ansatas mittunt de turrihus hastas (Enn. ap. Non. s. v. Ansata;), ou d'appuyer la main et de donner de la force au coup quand on combattait de près, ansatîs concurrunt telis (Eunius, ap. Marrob. Sat. VI, 1). Ces deux usages sont indiqués dans la gravure, prise d'une pein-

ANSCLA.

tiiie qui décore les murs de la tombe d'un guerrier à Pîeslum (Nicolai , Jiiticltità di Pesto, VI), et qui est précieuse pour déterminer le véritable sens du mot, seulement soupçonné jusqu'à présent ou mal compris ; mais elle prouve une différence caractéristique entre l'a/z^a et Vamentum d'une javeline : Yamentum, comme on le sait, n'était qu'une courroie; et Vansa, comme on le voit ici et comme le font entendre les autres sens de ce mot, était uae poignée d'une forme angulaire ou curviligne attachée à un objet.

ANSULA. Diminutif d'ansa; il s'applique à tous les sens qu'on a expliqués à ce mot. Valère Maxime (vill, 12, 3), eu rapportant l'histoire d'Apelles et du savetier, emploie le diminutif ansitlx au lieu A'ansœ dont se sert Pline {H. N.

XXXV, 36, 12); et, dans la gravure à'Ansa (3), on remarquera qu'il y a en effet des trous plus petits sous les grands. Cette ligure donnera par conséquent un échantillon de Yansa et de Yansula, pris dans leur signification rigoureuse.

ANT^ (irapaaTàSe;). Pilastres carrés (Non., s, ■v.) dont on se servait pour terminer les murs latéraux d'un temple , quand ces murs latéraux s'avançaient au delà de la façade de la ce/la ou partie principale du bâtiment (Vitruv. IV, 4, 1). Comme il faut de chaque côté un de ces pilastres pour former des supports corres- ]>ondants, on n'emploie jamais ce mot qu'au pluriel; et ainsi un temple est dit in antis ou èv TtapaffTaat (Vitruv. m, 2, 2), quand le portique est formé par la saillie des murs latéraux, terminés, comme nous l'avons décrit, par deux pilastres carrés qui ont entre eux deux colonnes.

ANTARIUS. Funes antarti; cordes employées pour l'érection d'un màt, d'une colonne, ou de tout autre objet d'un poids et d'une hauteur considérables (Vitruv, X, 2, 3). Elles étaient fixées à la tête de la colonne, et de chaque côté au sol à des distances conveua- |

blés, po\u' la tenir solidement et l'empêcher d'incliner de côté et d'autre pendant qu'on l'élevait.

ANTEAMBULO. Esclave dont la fonction était de précéder la lectica de son maître ou de sa maîtresse et de lui frayer le chemin à travers la foule (Suet.

Fesp. 2). Ce même nom s'appliquait aussi à l'affranchi ou au client qui marchait complaisamment devant son patron quand il sortait (Mart. Ep. Il, 18).

ANTECESSORES. Cavalerie légère qui formait l'avant-garde d'une armée en marche ; elle frayait le chemin pour le corps principal et choisissait les places convenables pour une halte ou un camp (Hirt. Hell. Âfr. 12; Suet. Vit. 17).

ANTECURSORES. Même sens que Antkcessores (C;ts. Bell. civ. i, 1«).

ANTËFIXA. Ornements en terre cuite, inventés par les architectes étrusques , à qui les Romains les empruntèrent ; ils étaient employés pour décorer les diverses parties d'un édifice au dehors comme au dedans, pour couvrir une surface plate, pour cacher les jointures entre deux blocs de maçonnerie, ou pour déguiser par un ornement des contours rudes et sans élégance. De là ce nom s'appliqua spécialement aux objets distincts qui suivent :

1. Longues tablettes plates en terre cuite, avec des dessins en relief, qu'on

clouait sur toute la surface d'une frise [zophorus), pour enrichir l'entablement et lui donner l'air de quelque chose de fini et d'orné. Les artistes grecs sculptaient le marbre lui-même, et tenaient en suprême mépris un pareil artifice pour cacher des défauts (Liv. xxxiv, 3). La gravure représente un antéfixe original trouvé à Rome, et qui avait servi jadis à l'usage indiqué. On remarque encore les trous des clous qui le fixaient.

ANTENNA.

ANTEPAGHENTCH.

2. Ornements de même matière, fixés à la corniche d'im entablement pour donner passage à la pluie et la verser du toit dans la rue (Festus, s. m.). Ils répondent aux gargouilles de l'architecture gothique, mais ils sont d'un dessin beaucoup plus simple ; le plus souvent ils sont formés du mascaron d'une tète de lion, par allusion aux inondations du Nil, qui ont lieu quand le soleil est dans le signe du Lion. La gravure est prise d'un original trouvé à Rome ; elle a un trou circulaire dans la bouche, où était introduit un tube de plomb comme gouttière pour verser l'eau.

3. Ornements droits, placés le long du faîte d'un entablement, au-dessus du membre supérieur de la corniche, pour cacher l'extrémité des tuiles faîtières (imbrices) et la jointure des tuiles plates.

La figure représente une vue de face et une vue de côté de deux modèles trouvés à Rome : la figure supérieure, au centre, représente les extrémités des tuiles telles qu'elles apparaissent sans l'antéfixe; la figure inférieure représente les mêmes extrémités recouvertes par les antéfixes ; la figure à main droite montre aussi par derrière la languette qu'on introduisait sous Yimbres, pour le fixer; et la figure à main gauche, qui porte une image de la Victoire, présente ainsi un commentaire graphique du passage de Tite-Live (xxvi, 23) où il dit que la statue de la Victoire, placée au sommet du temple du Capitole, tomba et fut retenue par les Victoires des antéfixes : Victoria, quœ in culmine erat, fulmine icta decussaque, ad Fictorias quœ in antefixis erant, iisesit, etc.

ANTENNA (éTiixpiov). Vergue d'un vaisseau : elle était faite d'une seule pièce de sapin , quand le vaisseau était petit, et de deux, liées ensemble, quand il était plus grand; aussi ce mot se rencontre-

t-il souvent au pluriel, pendant qu'on met au singulier la voile qui y est attachée : Antennis totum suhnectite vélum (Ovid. Met. xi, 483). De petites vergues d'une seule pièce sont représentées dans plusieurs gravures qui expliquent la construction des vaisseaux anciens dans différentes parties de cet ouvrage ; et la vergue donnée au mot Anqdik A montre distinctement la manière dont les deux pièces étaient jointes dans les grands vaisseaux. La vergue elle-même est prise d'un bas-relief d'une tombe à Pompéi ; les détails de la voile et le lien qui fixe la vergue au mât , de deux lampes en terre cuite de Bartoli.

ANTEPAGMENTUM. Le chambranle du châssis d'une porte, appelé surtout ainsi quand il avait une moulure d'ornement, faisant saillie au-devant du montant (scapus cardinalis), qui formait le pivot sur lequel la porte tournait , et , au dehors , le dérobait tout à fait à la vue (Vitruv. iv, 6 ; Festus, s. v. ; Cato, R. R. 14,

On comprendra facilement ces dttaiU

ANTKPILANI.

par la gravure qui représente une élévation et un plan de l'ancienne porte et de l'ancien châssis subsistant encore à l'église de Saint-Théodore de Rome, primitivement le temple de Rémus. Du côté droit de l'élévation, on a coupé Vantepagmentum pour faire voir le montant et la cavité où il s'emboîte, pendant que le côté gauche et le plan montrent la manière dont ces parties étaient cachées par Yantepagmentum, et expliquent la signification réelle du mot. On observera aussi qu'une porte ainsi construite ne pouvait ouvrir qu'en dedans : en effet, la partie de la porte à laquelle le pivot était attaché et la crapaudine dans laquelle il tournait étaient placées derrière la saillie du chambranle qui était creusé pour les recevoir et formait ainsi une sorte de cadre qui recouvrait au dehors les bords de la porte et protégeait le dedans contre l'air extérieur.

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