DOLON
lief de la villa Borglièse, qui représente un sacrifice.
DOLABRATUS. Taillé, fendu, façonné avec une É^o/aArrt ( Cœs. B. G. vil, 73; voy. la gravure du mot Dolatos).
2. Fait comme une dolahra, ou muni de cet instrument ; ainsi securis dolahraia (Pallad. I, 43), hache avec wncdolahra au dos de la lame, comme on en voit une dans la gravure précédente.
DOLATUS. Fendu, coupé, taillé et façonné avec la dolabra ; ce mot s'emploie en parlant d'objets en bois {Cic. Acad. II, 31 ; Plin. H. N. xvi, 18). Le travail fait avec la dolabra est représenté dans
la gravure ci-jointe, d'après la colonne Trajane; et, comme la manière de se servir de cet instrument consistait à donner des coups répétés, on emploie aussi le même mot dans le sens de battre vigoureusement (Hor. Sat. i, 5, 22).
DOLlOLUM.Diminutif deDOLiCM (Liv.
v, 40; Veg. Vet.yx, 13,3).
DOLIUM. Vaisseau en poterie de large ouverture, rond, à ventre plein (Varro, R. R.\\\, 15,2; Columell. xil, 6,1; 4, 5), d'une grande capacité, employé pour contenir en masse le vin nouveau, jusqu'à ce qu'il fût mis dans les ampliorsp, ou , commej nous dirions, en bouteilles ( Seneca , Ep.
3C;Procul. £>/«-. 33, G, 16). On y renfermait aussi des denrées d'une autre nature, à la fois sèches et liquides, comme huile, vinaigre, etc. (Varro, R. R. i, 22, 4; Cato, R. R. 10 , 4 et 11, 1). Les proportions du dolium étaient assez considérables, comme le prouve ce fait que Diogène vivait dans un dolium (Juv.
5a/. XIV, 30S). On le voit aussi par quelques modèles trouvés dans les fouilles d'Antium, qui ont 7 centimètres d'épaisseur, et portent une inscription fixant leur capacité à dix-huitamphores, qui équivalent à vingt et un et demi des barils romains d'aujourd'hui. La gravure est prise d'un bas-relief représentant \e dolium de Diogène. Les mots baril et tonneau, par lesquels on traduit ordinairement dolium, donnent une idée inexacte de cet objet qui était de terre cuite ; bien que d'une grandeur suffisante pour contenir un homme, comme les jarres à huiles dont on se sert maintenant enitalie, et celles del'histoire bien connue des Quarante Voleurs dans les Mille et une ÎSuits,
2. Dolium demersum, depressum, defossum. Dolium enfoncé en partie dans le sable qui formait le plancher d'une cave (voy. la gravure au mot Cella, 2). Cette méthode était considérée comme lajmeilleurepourconserver le vin quin'avaitpas beaucoup de corps ; mais, si le^vin était de bonne qualité, \esdolia (|ui le contenaient étaient seulement dressés sur le sol (Plin. H. iV.xiv, 27 ; Columell. xii, 18,5).
DOLON ou DOLO (SôXojv). Bâton long et fort, avec une petite pointe de fer aiguë à l'extrémité (Virg. ^n. vil, 6G4 ; Varro ap. Serv. ad l.).
2. Canne dans laquelle un poignard est caché (Serv. ad, Virg. Mneid. vil, 664 ; Isidor. Orig. xviil, 9, 4 ; Suet. Claud. 15; Plut. T. Gracch. 10). Par extension, ce mol est appliqué à l'aiguillon d'une mouche (Phœdr. iii, 6, 3).
3. Ve\\\e voile de misaine sur un vaisseau qui avait plus d'un mât ; elleétait placée à l'avant et attachée au mât de misaine (Isidor. Orig. XIX, 3, 3; Liv. xxxvi, 44;Polyb, xvi, 15,2), commele montre
clairement la gravure ci-jointe, prise d'un
bas-relief de la villa Borghèse. Si le vaisseau avait trois mâts, et par conséquent trois voiles, le dolon était la plus petite des trois (Pollux, l, 91).
, DOMUS. Maison particulière, occupée par un seul propriétaire et sa famille, par o|)position à Vinsula, qui était construite pour recevoir un certain nombre de familles différentes auxquelles on la louait en chambres, en étages ou en appartements.
Les maisons romaines étaient bâties d'ordinaire sur un plan invariable : les difféi-ences ue consistaient que dans la grandeur, le nombre et la distribution des appartements, eu proportion de la fortune du possesseur, ou en raison de la nature particulière de l'emplacement.
Ces maisons étaient divisées en deux parties principales : Yatrium ou cavxdium, entouré de ses dépendances; et le péristy/iiim, au delà duquel étaient ses dépendances qui étaient rattachées au reste par une pièce intermédiaire, le tahlinum, et aussi par un ou deux corridors, fauces, ou quelquefois par l'un et l'autre. Ces différents appartements constituaient dans le plan le noyau de l'édifice, et on lestrouve constamment dans toute maison romaine de quelque importance; leur situation respective était toujours la même, et ils étaient construits suivant un modèle reçu dont on nedéviait jamais sur aucun point important, comme le prouve la gravure
ci-jointe, qui représente le plan de trois
Petites maisons situées à côté l'une de autre dans une des rues de Rome, d'après la carte en marbre de cetteville, conservée maintenant au Capitule, mais exécutée sous Septime Sévère. AAAest le
prothyrum, ou entrée qui ouvre sur la rue; bbb, Yatriumo\icavxdium;CCC,\e peristyUum;^^», \e tahlinum ou pièce de passage qui réunit les deux divisions principales de l'édifice. Quant aux autres pièces, qui ne sont pas marqiiées par des lettres de renvoi, celles à côté des portes qui font face à la rue étaient des boutiques ; celles de l'intérieur étaient des salles à manger, des pièces pour passer la journée, des chambres à coucher à l'usage de la famille.
La gravure suivante représente le plan d'une maison dePompéi, qui était aussi à beaucoup d'égards une insula, car elle «tait entourée de tous côtés par des rues et par quelques dépendances extérieures, avec des étages supérieurs qui n'avaient pas de communication avec la partie principale de l'édifice. Nous la plaçons ici pour donner une idée du plan général des maisons de la classe supérieure occupées par des particuliers qui se trouvaient dans l'aisance, et de la disposition et du nombre de leurs parties ; car les palais de la haute noblesse, de l'aristocratie de richesse ou de naissance, étaient beaucoup plus considérables, el se composaient d'une plus grande variété de pièces, suivant la fortune et le goût de leurs possesseurs. Ou entrouvera, sous chacun des noms qui les distingneat, une description séparée; on trouvera pareillement le détail des parties ici mentionnées, et les uns et les autres sont énumérés ,dans l'index par ordre de matières. La maison dont nous donnons le plan est connue sous le nom de ma/.so« de Pansa,et on suppose qu'elle fut occupée parunédiledePompéi, parce que les mots Pansau ^D.sont peints en lettres rouges près de l'entrée principale. A. Ostiumet prothyrum, le vestibule entre la porte de la rue et l'atrium, avec un pavé en mosaïque, sur lequel on voit le mot habituel de ceux qui saluent, salvk, formé par une marqueterie de pierres de couleur.
B. h'atrium, du genre appelé toscan , au centre duquel est Yimpluvium (a) pour recevoir l'eau .qui est amenée des toits, avec un piédestal ou autel {b) des dieux domestiques, dont la place habituelle était près de Yimpluvium. L'atrium est une fois et demie aussi long qu'il est
large , et c'est ce que veut Vitnive. ce. Les al« ou ailes de l'atrium, qui sont
exactement les deux septièmes de la iongiieurderatrium,ainsi queVilruve l'exige.
ce ccc. Cinq petits cubicula ou chambres pour la réception des hôtes ou pour l'usage de la famille, d. Le tablinum, pavé en mosaïque, ouvrant sur le péristyle, de telle sorte qu'une personne qui entrait dans la maison par la porte principale A avait vue sur l'étendue entière de l'édifice, l'atrium et le péristylium, et dé-
couvrait au delà Vœcus et le jardin ; ce devait être une perspective fort belle et fort imposante. On pouvait cependant, quand on en avait besoin, fermer le tablinum avec des rideaux ou des paravents provisoires. E. Corridor de communication entre l'atrium et le péristylium, à l'usage des domestiques, pour obvier à l'inconvénient de faire du tablinum une chambre de passage. Dans beaucoup de cas il y avait deux corridors de ce genre, un de chaque côté du tablinum : de là vient qu'ils sont désignés par le pluriel faitces. d. Chambre dont on ignoie l'usage, mais qui peut avoir servi ou de salle à manger {tricUnium), ou de galerie de peinture (pinacot/ieca), ou de cliambre de réception pour les visiteurs. Elle termine la première partie de la maison, qui comprend l'atrium et ses dépendances. FF. Le peristrlium, qui forme la partie principale de la seconde division ou division intérieure de la maison. Il a un toit supporté par des colonnes qui forment quatre corridors, avec un espace ouvert au centre, contenant un bassin d'eau [piscinà) semblable à Yimpluvium de l'atrium, mais de dimensions plus grandes, g G. Âlx da péristyle, e e e e. Quatre cubicula; on se servait des trois qui sont sur la gauche du péristylecomme de chambres de résidence; l'autre, à côté du passage E, semble avoir été destiné au portier de la maison {ostiarius) ou à l'esclave à qui était remis le soin de l'atrium (a</ien.SM) : en effet, elle communiquaitdirectement et immédiatement avec les .deux divisions de la maison, et de là on pouvait avoir l'œil sur l'entrée de la rue latérale m. H. Le tricUnium nu salle à manger : la chambre qui y. touche (/] et qui communique avec elle et avec le péristyle, était probablement pour les esclaves et les domestiques qui servaient à table, i. OEcus, qui est élevé par deux degrés au-dessus du péristyle et qui a une large fenêtre ouvrant sur le jardin situé derrière, aussi bien qu'un passage (g) de côté, comme la faux de l'atrium, pour donner accès dans le jardin sans traverser la grande chambre. K. Culina, la cuisine, qui ouvre d'un côté sur une autre chambre ou arrièrecuisine (/t), munie de murs bas sur les- ,
DOMVS.
quels on déposait les jarres à huile, les ustensiles de cuisine , etc., et de l'autre sur une cour (i) touchant à une des rues latérales qui courent le long de l'édifice et sur laquelle elle a une porte de derrière (o). L L. Galerie couverte (porticus ou crjuta ), élevée le long d'un des côtés du jardin (ii),dansun coin duquel est une citerne (k) fournie par un réservoir situé à côté (/). Cela complète la domus ou maison particulière occupée par Pansa.
Elle avait quatre entrées distinctes : la principale sur le devant (a), et trois sur les côtés, dont deux pour la famille et les visiteurs ( m et n), et une porte de derrière (poslica) pour les domestiques et les marchands (o).
Mais Vinsula entière contenait en outre plusieurs appartements ou maisons plus petites, quelques-unes avec un étage au-dessus , qui étaient louées à différents boutiquiers. 111. Trois boutiques qui font lace à la rue principale. 2. Boutique dans la même rue, qui communique aussi avec la domus, et qu'on suppose en consépvience avoir été occupée par Pansa luimême ; c'est là que son intendant ( disfe nsator) aurait vendu le produit de ses ermes, comme le vin, l'huile, etc., aux habitants de Pompéi, de la même façon que les nobles de Florence détaillent aujourd'hui le produit de leurs vignes dans une petite chambre au rez-de-chaussée de leur palais. 3 3. DeuA établissements de boulangers, avec leurs fours {pp ), des puits {q), un pétrin (r), et autres dépendances. 4 4. Encore deux boutiques louées pour différents commerces. 5, (î, 7. Trois petites boutiques et maisons occupées par différents locataires.
Le rez-de-chaussée ainsi décrit composait la partie principale d'une domus romaine ordinaire ou maison particulière, et contenait les appartements occupés par le propriétaire et sa famille. En ef-
fet, l'étage du dessus était distribué en petites chambres [cœnacula] (\m servaient de chambres à coucher, et qui étaient assignées principalement aux domestiques de la maison. On ne peut admettre, en effet, que les petites chambres du rez-dechaussée qui ouvraient sur les portiques de l'atrium et du péristyle, les principaux appartements du maître et de la maîtresse, aient jamais été donnés aux esclaves pour y passer la nuit ; et l'étage supérieur était fréquemment desservi par deux escaliers, l'un partant de l'intérieur de la maison et l'autre du dehors de la rue (Liv. xxxix, 14). 11 y a de beaux étages supérieurs dans plusieurs maisons de Pompéi et dans d'autres édifices anciens; mais on n'en a jamais découvert qu'un spécimen, qui n'existe plus : c'était dans une maison d'Herculanum, qui avait été entièrement couverte d'un lit de lave par suite de l'éruption qui détruisit cette ville. Quand on filles fouilles, on trouva la charpente, les poutres et les architraves presque réduites en charbon par l'action de la chaleur ; les murs avaient été tellement endommagés par le tremblement de terre qui accompagna l'éruption de 79, qu'on fut obligé de jeter à bas tout l'étage supérieur ; mais la perspective et le plan des chambres , donnés dans les deux gravures suivantes, furent pris avant la démolition , et par conséquent présentent le seul spécimen authentique qu'on puisse actuellement trouver de cette partie d'une maison romaine. Il n'y a rien de conjectural ni de restauré, excepté les tuiles du toit et les rideaux entre les colonnes, a. Coupe de l'atrium.
Les quatre colonnes qu'on voit sur le devant supportaient le toit B (marqué aussi sur le plan ci-dessous ) , qui couvrait un des quatre corridors dont la partie centrale et découverte de l'atrium était entourée. Les baguettes de fer et les an-
ïïnm
DOMCS.
OOMUS.
ueaux pour suspendre les rideaux entre les colonnes^ comme la gravure les montre, furent trouvés dans la place qu'ils occupaient primitivement quand la fouille fut faite. Ces rideaux étaient destinés à protéger contre les rayons du soleil les corridors latéraux du compluvium ou espace découvert au centre c c. Deux des corridors latéraux dont nous parlons, qui ont des portes à leurs extrémités les plus éloignées, ouvrant sur des appartements séparés, et qui sont fermés au-dessus par le plancher de l'étage supérieur, d. Coupe du péristyle. Les huit colonnes qu'on voit en avant enferment un des côtés d'une area découverte qui était disposée comme un jardin. E E. Deux des corridors latéraux'qui entourent trois côtés du péristyle, ouvrant sur le jardin du côté qui en est le plus proche parleurs entre-colonnements , et fermés par derrière par le mur mitoyen situé entre eux et par les appartements adjacents. F F. Coupe de l'étage supérieur : le p]aa et la disposi-
.hitn
jjhj.ti; il ! It'iù
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tion de ces appartements sont donnés dans la gravure ci-jointe, côtés depuis a jusqu'à m. Douze petites chambres (cœnacula) construites sur les corridors de la cour qui est au-dessous, et recevant leur jour de fenêtres qui ont vue sur l'intérieur (ainsi que le montre notre perspective des six premières) ouvrent sur une terrasse (solarium ) , G au-dessus du jardin ; et en conséquence on peut conjecturer qu'elles
servaient au propriétaire, à sa famille et à ses hôtes, n r. Autre suite de petites chambres qui ont des fenêtres sur la rue, et qui servaient probablement de chambres à coucher pour lesesclaves. 5à d. Chambres probablement destinées aux femmes de l'établissement, parce qu'elles forment une suite complète, communiquant entre elles , et sont séparées du reste. Les planchers de ces chambres supérieures, ainsi que ceux des chambres du dessous, sont en mosaïque. L'étage du dessus ne s'étend que sur deux côtés du péristyle , comme le montre notre perspective ; les deux autres n'ont aucune construction élevée au-dessus du toit qui couvrait le corridor du jardin.
2. (oÎkoç) Maison grecque. Les fouilles ne nous ont pas encore fait connaître le plan d'une maison grecque; par conséquent toute tentative pour en déterminer et distribuer les parties ne peut se fonder que sur des passages épars dans divers auteurs, et doit être regardée comme conjecturale. Il y avait cependant, sans aucun doute, des différences essentielles entre les demeures des Grecs et des Romains, et, pour ce motif, nous avons donné un plan hypothétique sur l'autorité de Becker ; il servira du moins à expliquer les termes que les Grecs employaient pour désigner les différentes parties de leurs maisons , et à faire entendreen général d'après quel plan elles étaient habituellement construites. a.aO- "ktioç ÔOpa. La porte de la maison ou entrée principale sur la rue. b. ôupwpeïov, 6upMv, Siââupa. Le vestibule ou passage d'entrée ; les pièces à droite et à gauche servaient en partie d'écuries et contenaient une loge pour le portier et des chambres pour les esclaves, c. aiXr,. La cour et le péristyle, forniant'la première division de la maison, qui était destinée aux hommes, et qui, avec les différentes chambres distribuées à l'entour (num.
1-9), constituait l'àvSpwXtTiç. </. (xétauXo; ou (iédauXo; 6'jpa. La porte du passage qui sépare les deux principales divisions de la maison . quand elle est fermée, il n'y a plus de communication entre elles, e. La cour et le péristyle , formant la seconde partie ou partie iaté-
DOXARIUV.
DORMI TORIUM.
rienre de la maison, qui était destinée aux femmes, et qui, avec les différentes
dépendances ( num. 11-18) situées à l'entour, forme le Yuva'.xwvÏTtç. f. itpoffTa;, ou TtapaffTâ;. Chambre au bout du péristyle, dont la maîtresse de la maison se servait probablement comme de chambre de réception ou pour se retirer, g g. 6â>a(jLo; et àjjKptôâXafioç. Les principales chambres à coucher, k h h.
IdTÔJveç. Pièces où les femmes travaillent au métier. /. xr)7taia 6ûpa. Porte du jardin ou porte de derrière.
DONARIUM. Trésor d'un temple, c'està-dire, chambre dans laquelle étaient conservées les offrandes faites aux dieux (Serv. ad Virg. jEn. xii, 179; Lucan.
IX, 516; Apul. Met. p. 188).
2. Offrande votive, ou présent fait aux dieux comme témoignage de gratitude pour quelque faveur reçue, telle qu'une guérison ou la délivrance dans une calamité imminente (Aul. Gell. il, 10; Aurel. Vict. Ctes. 35). Ces offrandes différaient nalureUemeut pour la valeur et le
caractère, suivant la fortune et le goût de celui qui les présentait : elles consistaient en armes prises à la guerre, en trépieds, en autels, en objets précieux de toute espèce donnés par des personnes riches; mais les classes pauvres faisaient des offrandes plus humbles : c'étaient des tablettes qui portaient des inscriptions ou des représentations peintes de la divinité venue miraculeusement à leur aide, et qui ressemblaient à celles qu'on voit si fréquemment suspe 1 1 dues da ns les églises catholiques; ou encore des objets en terre cuite qu'on trouvait en vente à la boutique du modeleur, et qui représentaient seulement quelques parties du corps, comme un bras, une main, un oeil, un pied, une jambe, etc., de sorte que chaque personne pouvait se borner à acheter la partie qu'elle croyait avoir été guérie par l'assistance divine. La gra-
vure représente trois donaria de cette espèce d'après des modèles en terre cuite : un pied, deux yeux, et une main avec une balafre au milieu, représentant la blessure pour en rappeler la guérison.
DONATIVUM. Largesse faite par l'empereur à l'armée, par opposition au congiariitm donné généralement au peuple.
( Suet. JVero. 1 ; Lamprid. .ilex. Sa: 26).'
DORMITATOR (f,(j.Epôxonoç). Voleur qui fait ses coups de main pendant la nuit (Plant. Trin. iv, 2, 20; Hesiod.
Op. 603).
DORMITORIUM. Dortoir ou chambre
DOBSUALIA.
à coucher (Plin. H. N. xxx, 17). Cette pièce semble avoir été en général petite et médiocrement meublée, comme le montre la gravure, qui représente l'intérieur de la chambre à coucher de Didon, d'après le Virgile du Vatican.
DORSUALIA. Large bande faite d'étoffe richement teinte ou de soie brodée, qu'on mettait en travers sur le dos des chevaux dans les grandes occasions, comme on le voit dans la figure ci-jointe ,
prise du cortège triomphal de Constantin , ou sur les victimes conduites au sacrifice : l'arc de Titus à Rome en présente plusieurs spécimens (TertuU. Gailien. 8).
DORSUARirS ou DOSSUARIUS. Bête de somme , cheval de bât ( Varro, R. R.
II, 10) ou âne (/A. Il, 6), comme on le voit dans la gravure ci-jointe, prise de l'arc de triomphe de Constantin.
DORYPHORUS (ôopuçôpo;). Hallebardier, nom donné aux soldats qui formaient la garde du corps des rois perses, à cause de l'arme qu'ils portaient. Ce mot ne se trouve en latin que comme le nom d'une célèbre statue de Polyclète ( Cic. Brut. 86 ; Plin. H. iV. xxxiv, 19, 2), représentant un de ces gardes ou uu soldat armé comme eux. On le ren-
contre aussi comme nom propre (Inscript.
ap. Murât. 477, 5).
DRACHMA(8paxiAiî) Drachme M principale monnaie d'argent des Grecs, comme \edenarius chez les Romains ; il y avait deux sortes de drachmes, différentes pour le poids et la valeur : l'at tique et l'éginète.
La drachme attique, représentée par le spécimen ci-joint , d'après un modèle du musée britannique de pareille grandeur, avait principalement cours dans le nord de la Grèce , dans les Etats maritimes et
en Sicile. Elle contenait six oboles et valait à peu près 97 centimes et demi de notre monnaie. Quand Pline (H. IV. xxi, 109) parle de la drachme attique et du denier romain comme étant du même poids, ce dernier n'avait plus ses proportions primitives (Hussey, Ancient weights andmoney, p. 47-48).
La drachme éginète , représentée par la gravure suivante, aussi d'après un modèle de même grandeur du musée britannique, avait cours en Béotie, dans quelques parties du nord de la Grèce et dans tous les États du Péloponèse, à l'exception de Corinthe. L'étalon en était plus grand que celui de la drachme at-
tique; il contenait environ 93 grains d'argent pur et valait à peu près 1 franc 42 centimes et demi de notre monnaie (Hussey, ibid., p. 59-60).
DRACO. Dragon : enseigne d'une cohorte, empruntée aux Parthes et iutro-
DRACONARIUS.
duite dans l'armée romaine vers le temps de Trajau. C'était l'image d'un grand dragon fixée sur une lance, avec une gueule d'argent entr'ouverte, tantis que le reste du corps était formé d'étoffes peintes ou de peaux qui , étant vides et flexibles , s'agitaient avec des mouvements pareils; à ceux de ce reptile, lorsque le vent entrait dans la gueule ouverte (Veget Mil. ii, 13 ; Ammian. Marcell, xvi, 10, ? et 12, 39 ; Claudian., /// CoM5tt/af. Honor, 138; Nemesian. 85).
2. Appareil pour faire chauffer de l'eau avec économie de temps et de bois ; il consistait en une chaudière, munie tout autour d'un certain nombre de tuyaux, pareils aux replis d'un serpent, de telle sorte que la quantité entière du liquide était exposée en même temps et par petites quantités à l'action du feu (Senec. Qiiœst. Nat. ni, 24).
DRACONARIUS. L'enseigne ou portedrapeau d'une cohorte; il portait le draco ou dragon représenté dans la gravure précédente (Ammian. xx, 4, 18 ; Veg. Mil. II, 7 et 13). Des enseignes de cette espèce figurent fréquemment sur les colonnes deTrajan et de Marc-Aurèle au milieu des troupes barbares, mais non dans les armées romaines, quoiqu'elles y aient été introduites au temps de Trajan. C'est de ce mot que vint le nom moderne de dragon, signifiant dans son sens primitif soldat de cavalerie qui suivait l'enseigne du dragon. [D'après une autre opinion, les dragons modernes ont tiré leur nom de ce qu'ils combattent à pied et à cheval, et sont en quelque sorte amphibies comme les animaux fantastiques appelés dragons.^
DRACONTARIUM. Bandeau pour la tête (TertuU. Cor. Mil. 15), tortillé de manière à imiter les replis du serpent ; ou peut-être fait en forme de deux serpents réunis, comme le torquis (voy. la gravure du mot Torquatds : cf. Inscript. ap. Don. cl. 1, n. 91, torquem aureum ex dracontariis duobus)\ mais le dracon-
tarium était porté sur la tête au lieu de l'être au cou.
DROMO ou DROMON. Espèce particulière de vaisseau, remarquable pour sa rapidité : on n'en sait rien de plus (Isidor. Orig. xix, 1, 14 ; Cassiodor. Var. Ep. Y, 17).
DROMONaRIUS. Rameur dans un vaisseau appelé dromo (Cassiodor. Far.
Ep.iv, 15).
DULCIA. Mot employé dans un sens général pour toute espèce de friandises faites avec du miel, par opposition à pâtisserie ou gâteaux faits de farine, de fruits, de lait, etc. (Lamprid. £lag. 27 et 32).
DULCIARIUS. Qui fait des dulcia ; c'est-à-dire confiseur, par opposition à pâtissier. (Lamprid. Elag. 27 ; Trebell. Claud. 14; Veg. Mil. i, 7).
DUUMVIRL Deux fonctionnaires nommés pour agir ensemble en différentes circonstances; par exemple :"
1. Duumviri jure dicundo; deux magistrats principaux qui rendaient la justice dans les villes de province (Cic. j4gr. 11,34).
2. Duumviri perduellionis; deux juges nommés pour faire le procès aux personnes accusées du meurtre d'un citoyen romain (Liv. I, 26;'Cic. Rabir. perd. 4).
3. Duumviri navales. Deux commis- • saires nommés pour surveiller l'équipement ou le radoubement d'une flotle (Liv. IX, 30).
4. Duumviri sacrorum. Deux prêtres nommés pour prendre soin des livres sibyllins, fonction confiée dans la suite aux décemvirs (Liv. m, 10).
EBORARILS. Qui sculpte et qui travaille l'ivoire (Imp. Const. Cod. 10, 64, 1).
ECHINUS. Hérisson ; et, dans un autre sens, oursin, crustacé épineux , dont les anciens employaient la coquille pour y mettre des remèdes ou d'autres objets ; par extension, Horace (Sat. i, 6, 117) a donné ce nom à un ustensile de table fait de la même matière ou l'imitant ; mais ou ne voit pas clairement quel usage
la
ECTYPDJ.
ELLYCBmUH.
particulier le poëte lui assigne. Heindorf [ad /.) entend par eclilnus un vase où on lavait les verres.
2. En architecture , large membre elliptico-circulaire d'un chapiteau dorique, placé immédiatement sous Yabacus
(Vitruv, IV, 3, 4). Dans
les plus beaux spécimens de cet ordre, tout contour est elliptique ou hyperbolique, mais jamais circulaire; avec les annelets qui sont placés au-dessous, il est de la même hauteur que l'abacus (Elmes, Leçons d^Arc/iitecture[en angl.], p. 205). La gravure représente un chapiteau du Parthénon.
ECTYPUS (è%^^Jnoi). Fait dans un moule {x\in oc, forma), au dedans duquel
est creusé le dessin qu'en veut exposer aux yeux : de cette façon la figure qui en sort [ecty-pum) présente les objets en relief, comme un ouvrage moulé en terre Vuite (Plin. H. N. xxxv, 43), ainsi que le feront facilement comprendre les gravures ci-jointes. Celle qui est à la main droite représente un moule ancien, d'après un modèle trouvé à Ardée, et l'autre, à main gauche, montre l'objet moulé en terre cuite avec ses figures en relief.
2. Ectypa gemma ou scalptura. Pierre gravée sur laquelle les images sont sculptées eu relief, comme un camée, au lieu d'y être gravées en creux, comme dans un sceau ou un intaglio (Senec. de Ben. III, 26 ; Plin. H. N. îxxvii, 63).
EDOLATUS, Façonné et tiré d'une matière brute avec \Adolabra[Co\»mç\\.
VIII, 11,4; voy.DoLATUS); parextension, et dans un sens figuré, tout ce qui est fini avec soin. (Cic. ad Àtt. xill, 47 ; cf. Varro, <7/>. Non. p. 448).
EFFIGIES. En général, image ou effigie. Mais ce mot a un sens particulier
dans les funera gent'ditia des Romains (Tac. Ânn. IV, 9 ; et m, 5) ; pour l'entendre, vov Imagines, 2.
EL^OTHESIUM (éXaioÔéaiov). Chambre dans les bains où étaient gardés les huiles et les parfums, et où le baigneur se relirait pour se faire oindre et frotter. Dans de grands établissements, il y avait à cet effet une chambre particulière, qui touchait au frigidarium ou pièce froide (Vitruv. V, 11, 2), comme on le voit dans la gravure au mot Cella, 'n° 5, prise d'une peinture représentant les pièces d'un bain dans les Thermes de Titus à Rome. Là on la voit avec le nom écrit au-dessus : elle est remplie d'urnes à parfums rangées sur des rayons, et c'est la dernière chambre à main gauche , immédiatement à côté du frigidarium, comme le veut Vitruve. Mais, dans des bains particuliers ou dans des bains publics d'une étendue moins considérable, comme les bains de Pompéi, la chambre d'eau tiède semble' en avoir tenu lieu. Vov. l'article Tepidaricm.
ËLENCHUS. GroiiG perle en forme de poire fort estimée par les dames opulentes de Rome, qui aimaient à en porter deux ou trois ensemble comme pendants d'oreille ou à en attacher à leurs bagues (Plin. H. N. ix, 56; Juv, Sat. vi, 459). Notre gravure est piise d'un modèle de boucles d'oreilles où un gros elenchtis forme le pendant.
ELIX. Mot ancien, signifiant un sillon large et profond, tracé entre les glèbes dans les champs de blé pour préserver de l'humidité les racines de la plante (Serv. ad'SÏT^. Georg.'i, 109; Columell.
ELLYCHNIUM (è/W/vtov, ÔpuaUi';).
.Mècfie d'une chandelle ou d'une lampe à huile, faite habituellement de la moelle d'un roseau ou des fibies grossières du lin ou du papyrus Vitruv. VIII, 1, 5; Plin. H. N. xxill, 4,41; XXVIII, 11, 47). La gravure représente une j)etite lampe romaine dont la mèche brûle.
EMPLECTON.
EMBLEMA (é(i6>ri(xa). Marqueterie; ce mot s'applique surtout aux mosaïques (Varro, R. fi. m, 2, 4, Lucil. ap. Cic. Brut. 7i)), qui sont composées de petites pièces de pierre de couleur, de verre ou d'émail placées dans un Ut de ciment.
Comme cet art était pratiqué de façons diftéreutes, nous rencontrons , pour le caractériser, plusieurs mots dont chacun indique une méthode particulière, tels que tessellatum , sectile , termiculatum et autres, énumérés dans la Table analytique. Si le terme dont nous nous occupons, emblema, est spécifique et non générique, il peut avoir été employé pour désigner une sorte de mosaïque peu connue, mais qu'on rencontre dans la villa d'Adrien, près de Tivoli. Caylus {Recueil, VI, 86) eu a publié quelques fragments, et elle consiste en bas-reliefs de stuc fort dur dans lesquels sont placées en marqueterie de petites pièces de différentes pierres de couleur et d'émaux, de telle sorte qu'on les dirait peints. Le second sens du mot emblema prête à une telle conjecture.
2. Ornement ou figure en saillie qui n'est ni fondue avec le solide ni taillée de ce solide même, mais attachée à quelque autre substance comme un relief <\m la décore ; par exemple, une figure en or fixée sur un vase d'argent on une figure d'argent sur un vase de bronze (Cic.
Verr. Il, 4, 177 23, 24). Cet art était fort pratiqué et fort estimé chez les anciens ; on en a découvert plusieurs spécimens à Pompéi.
EMBOLIARIA. Actrice qui venait sur le théâtre entre les actes d'une pièce pour amuser l'auditoire en récitant quelque intermède , cmbolium , è(x66Xtov ( Plin. H. N. VII, 48 ; Inscript, ap. Murât. 660, 4).
EMBOLUM (£[i6o)iov). Mot grec latinisé (Petr. Sat. 30), signifiant l'éperon d'un vaisseau de guerre, qu'on appelait en latin RosTRUM. On en trouvera la description et la figure à ce mot.
EMBOLUS (êixgoXo;). Piston d'une pompe, d'une seringue ou d'une autre machine pour tirer de l'eau et la décharger (Vitruv. X, 7). Voy. Ctesibica Machina et Sipho.
EMERITI. Soldats romains délivrés du service militaire (Val. Max. vi, 1, 10; Ov. Trist. IV, 8, 21) parce qu'ils avaient servi tout le temps imposé par la loi , c'est-à-dire vingt ans pour les légionnaires et seize pour les prétoriens (Tac.
Ann. I, 78 ; Dion Cass. LV, 23).
EMISSARIUM. Conduit excréteur :
canal artificiel fait pour l'écoulement des eaux stagnantes (Cic. ad Fam. XVI, 18; Plin. ^.iV. XXXIII, 4,21).Onvoitencore en Italie les débris de travaux étonnants de cette nature, élevés comme conduits excréteurs pour les lacs Albain et Fucin, ( Suet. Claud. 20 ; Plin. H. N. xxxvi, 24, 11); le premier, parce qu'on eut peur que les eaux ne vinssent à déborder et à inonder le pays; le second, pour rendre à la culture les terres que les eaux couvraient. Ce dernier, qui subsiste presque entier et qui a été déblayé et rendu praticable par le roi de Naples, consiste en un souterrain de plus de trois milles de long, dont une grande partie fut creusée avec le marteau et le ciseau dans la roche qui forme la base de la montagne qu'il traverse à une profondeur de trois cents mètres au-dessous du sommet le plus élevé. Le reste, qui n'est qu'à quelques pieds au-dessous de la surface du sol, est entièrement voûté en briques. C'est de cette matière qu'est faite l'arche qui déchargeait l'eau dans le Liris ; mais la bouche qui fait face au lac présente une belle construction en maçonnerie.
ÉMPLECTON (£[i7t).£XT0v). Manière de construire des murs introduite par les Grecs et adoptée par les architectes ro-
mains. Les surfaces extérieures des deux
EMPORIVM.
ElfCACSTICA.
côtés y étaient formées de blocs placés en assises régulières comme le montre la partie supérieure de la gravure ci-joiute (b), et l'espace qui les sépare était rempli de moellons (g). Des pierres transversales {diatoui, Fj étaient, à certains intervalles, placées au-dessus en assises régulières et avec des dimensions sulfisantes pour s'étendre sur l'épaisseur entière du mur d'un côté à l'autre, faire l'office de parpaings et relier ainsi toute la masse (Vitruv. ii, 8, 7 ; Plin. H. N. XXXVI, 22, 61). Voy. Diamicton.
EMPORIUM (è(X7i6ptov). Marché oa entrepôt, c'est-à-dire, édifice considérable contenant une suite de magasins, où étaient déposées les marchandises de l'étranger amenées par mer, jusqu'à ce qu'elles fussent débitées aux marchands en détail (Vitruv. v, 12, 1). La place était toujours enfermée de hautes murailles et souvent solidement fortifiée (Liv.xxi, 57), si la ville qui contenait Vemporiiim était située dans une partie du pays exposée à des attaques.
La gravure ci-jointe offre le plan de quelques ruines fort étendues sur les rives du Tibre, aux pieds de l'Aventin, qu'on croit être les restes de Vemporium de Rome (Liv. xxxv, 10). La ligne qu'on
voit au dehors montre le circuit du mur extérieur qui enfermait le marché ; o, un escalier descendant à la rivière , comme ledit Tite-Live; a b et c d, des parties de la muraille contenant les galeries qui allaient à la rivière, ainsi que l'indique Vitruve; de m à n, restes des murailles qui enfermaient la suite des magasins d'entrepôt. Les parties qui subsistaient encore, quand on étudia ces ruines, sont signalées pr une teinte foncée; mais on doit remarquer que ces restes sont assez étendus pour autoriser à compléter le circuit, que nous donnons avec une teinte plus légère.
EMPOROS (e[jLitopo;). Mot grec, et indiquant par conséquent des coutumes grecques; il est cependant employé avec une forme latine par Plaute ( Merc. Prol. 9). et par Ausone {Epist xxil, 28). Il désigne un homme qui était à la fois marchand et marin : il recevait d'un armateur ou d'un capitaliste un navire qu'il dirigeait dans un voyage de commerce, dont les bénéfices appartenaient à celui qui l'employait. De là vient que dans Plaute (/. c.) il est appelé emporos Pltilemonis, c'est-à-dire qui fait le commerce pour son maître Philémon.
ENCARPA (éyjtapua). Festons de fruits et de fleurs employés comme décoration
dans la sculpture et la peinture (Vitruv. IV, 117. On peut s'en faire une idée par le spécimen ci-joint, pris d'une tombe romaine.
ENCAUSTICA (ÉYxaudTtx^). Art delà peinture à l'encaustique, c'est-à-dire avec des couleurs mêlées de cire et durcies ensuite par l'action du feu.Cet art, tel que le pratiquaient les anciens, est maintenant perdu, et on n'a jamais pu déterminer parfaitement le procédé dont ils se servaient, bien que le comte de Gaylus se soit imaginé qu'il en avait trouvé le secret, et qu'il ait écrit un traité spécial sur cette matière. Les anciens semblent a voir eu plusieurs méthodes d'encaustique et s'y être pris de façons fort différentes : tantôt ils se servaient de couleurs mêlées de cire, appliquées avec une brosse sèche puis fixées par le feu avec l'instrument appelé cauter'ium; tantôt on traçait le dessin sur l'ivoire avec une pointe à graver brùlanle (cestrum), mais alors il ne semble pas qu'on fît usage de la cire ; tantôt enfin on liquéfiait la cire avec laquelle les couleurs étaient mêlées, puis on trempait la brosse dans cette mixture
ENCOMBOMA.
ENDROMIS.
liquide, et on appliquait la couleur à l'état fluide, comme on le fait pour les couleurs à l'eau ; dans la suite l'action de la chaleurl'égalisaitet la fondait (Plin. //.TV. XXXV, 1 1 , 39 et 4 1 ; Vitruv. vu, 9 ; Ov. Fast.ui, 831).
ENCOMBOMA (éYx6(j.6a)(i.a). Partie du vêtement des Grecs, sorte de tablier attaché avec un nœud autour du corps d'où vint le nom) ; il était porté par les esclaves pour que leur tunique restât propre (Longus, II, 33), et par les jeunes lilles (Varro, ap.
Non. s. T.); on s'en servait aussi sur la scène comique (Jul. Pollux, IV, 18). Ces deux derniers usages sont figurés par la gravure ci-jointe, où l'on voit une jeune femme jouant sur la double flûte, d'après un bas-relief de marbre qui représente une scène de quelque pièce.
ENDROMIS. Large couverture d'étoffe de laine grossière , dans laquelle on avait l'habitude de s'envelopper le corps pour ne pas s'exposer au froid après les mouvements violents des exercices gymnastiques (Juv, m, 103; Mart. iv, 19; xiv 126). Elle est fréquemment représentée dans des scènes de la vie du gymnase sur des figures an repos, semblables à celle de la gravure ci- I jointe, prise d'un vase /j d'argile et représentant// un jeune homme qui(( vient de finir ses exercices et qui est debout devant son maître; mais, quoique le mot lui-même soit grec et se rapporte spécialement aux habitudes de ce peuple, c'est seulement chez les auteurs latins qu'il se rencontre dans le sens que nous avons expliqué. Comparez n" 3.
2. Endromis Tyr'ia. Couverture qui avait la même forme et servait au même
usage; mais elle était de tissu plus fin, et avait été adoptée par les dames romaines qui prenaient les habitudes viriles et s'adonnaient aux mêmes exercices que les hommes (Juv. vi, 246).
3. (èvôpo[xt;). En grec, ce mot a une signification fort différente : il est employé pour désigner les brodequins inventés et portés dans l'origine par les chas-
seurs de Crète (Nonn, Dlonys. v, p. 154), puis adoptés par les artistes grecs comme chaussure caractéristique de Diane chasseresse (Callim. Hymn, in Dian. 16; Jul. Pollux, VI, 93), On les voit sur un grand nombre de statues de cette déesse , et ils ressemblent au spécimen de la gravure ci-jointe , prise d'un bronze d'Herc\\\&nnm, &\ec\e& orteils découverts eiune large bande qui couvre le dessus du pied {fasciaprimos Sistitur ad digitos, Sidon.
ApoU. Carm. Il, 400), et à laquelle les quartiers sont attachés. Ces brodequins s'ouvrent sur le devant, mais sont percés de trous près des bords pour passer la courroie qui les serre sur les jambes, comme nos brodequins lacés (Galen. Comment, in Hippocr. de Articul. et Spanheim ac^ Callim. /. c). Les lacets, qui sont omis dans le bronze d'où est tirée la gravure, peuvent se voir sur d'autres statues {Mus. Chiaramont. tav, 17; Mus. Pio- Clem. Il, 15; III, 38). Les poêles latins donnent toujours à Diane des cotliurni, brodequins fermés qui enveloppaient tout le pied (Voy. le mot Cothurnus et les gravures qui y sont jointes). Le nom d'èvSpo(AÎ(; fut donné à ces brodequins parce qu'ils étaient faits pour des personnes qui avaient besoin de déployer beaucoup de vigueur et d'agilité à la course (Galen. /. c); ce qui était plus
la.
ENSICULUS.
EPICHTSIS.
facile, comme on le voit tout d'abord, parce que les extrémités du pied, étant découvertes au lieu d'être contraintes par une empeigne, laissaient aux doigts un jeu plus libre ; c'est ainsi que cette chaussure est portée par un faune et un berger du musée de Naples {Mus. Borb. viii, 23, 26). Cesconsidérations,et les preuves que fournissent toutes les statues anciennes, semblent confirmer la distinction faite cidessus, quoiqu'on ne puisse invoquer à son appui l'autorité d'aucun écrivain ; en même temps elles servent à expliquer la différence réelle qu'il y a entre les noms des trois espèces de brodequins de chasse admis d'ordinaire comme termes synonymes : le xôOopvo; qui montait jusqu'au mollet et était lacé sur le devant, mais couvrait tout le pied ; l'èvSpofAti; allant aussi jusqu'au mollet et lacé sur le devant mais laissant les orteils découverts; et r«p6ûX7i, demi-brodequin lacé sur le devant, mais n'allant qu'à la cheville.
ENSICULUS(Çt9ÎSiov).Diminutifd'ENsis; petite épée qui servait de jouet d'enfant (Plant. Rud. IV, 4, 112. Voy. Cre- PCNDIA).
ENSIS (Çi'ipoç). Epée. Mot employé généralement parles poètes; il est synonyme de Gladius (Quint. X, 1, 11. Voy. aussi Falx, 6).
EPHEBEUM (ÈçriêeTov). Pièce spacieuse dans le gymnase grec, où les jeunes gens faisaient leurs exercices en présence de leurs maîtres (Vitruv. v, 1 1 ; Strabo, v, 4, 7). Voy. la gravure au mot Gtmna- SIDM (lettre c ) ; elle donnera une idée de la position ordinaire de I'bphebeum et de sa grandeur, par comparaison avec les autres pièces de l'établissement.
EPHEMERIS (èçrjiJieptç). JournalXeaxa par une personne, et dans lequel elle notait les événements, les actions ouïes dépenses de chaque jour (Cic. Quint. 18; C. Nepos, ^ttic. 13).
EPHIPPIARIUS. Sellier qui fait de»
ephippia (Inscript, ap. Fabrett. p. 712, n" 339).
EPHIPPIATUS. Qui va à cheval sur une selle (ephippium) au lieu de monter à cru. Voy. les gravures du mot Eques (Cies. n. G. IV, 2).
EPHIPPIUM (é^jînuiov). Selle pour les
chevaux (Varro, R. B. ii, 7, 15; Caes. B. G. IV, 2), employée par les Grecs et les Romains. Elle est fort communément
représentée dans les œuvres d'art comme une pièce d'étoffe mise plusieurs fois en double et formant un coussinet carré assez épais (voy, la seconde gravure au mot Eques ) ; mais, dans plusieurs cas aussi , on la rencontre sous la forme d'un coussinet régulièrement bourré, comme le spécimen ci-joint, pris de la colonne de Marc-Aurèle. On en voit de semblables dans les peintures d'Herculanum et de Pompéi, et sur l'arc de Septime Sévère; mais le plus souvent le coussinet de la selle est caché par la housse (stragula) qui couvrait les deux côtés de l'animal.
EPHORl (êqjopoi). Littéralement inspecteurs; mais ce mot était particulièrement le nom de cinq magistrats élus chaque année par le peuple de Sparte et au xquels étaient confiés de grands pouvoirs politiquesqui leurpermettaient d'exercer un contrôle sur les rois et sur tous les autres magistrats; la position des éphores, dans les constitutions doriennes, avait quelque chose d'analogue à celle des tribuns de Rome (Aristot Polit, ii, 1 0 ; Cic. Leg. m, 7).
EPlBATiE (imSixai). Soldats de marine chez les Grecs ; corps de troupes qui servait exclusivement à bord d'un vaisseau, et était entièrement distinct des forces de terre, des matelots et des rameurs (Herod. VI, 12; Hirt. B. Alex. 11 ; Vitruv. II, 8, 14). Les Romains désignaient leurs soldats de marine par le terme de Classiabii.
EPICHYSIS (êîitxuot;). Porgrec, avec un bec petit et étroit, d'où l'on versait le vin à un banquet dans la coupe où on le buvait ; les Romains l'adoptèrent quand ils avancèrent dansia civilisation, au lieu du guttus, moins élégant, dont ils seser-
EPISTOHIUM.
vaient auparavant pour le même usage (Plaut. Rud. V, V,,32 ; Varro, L. L. IV, 26}. La gravure représente une epicliysis
avec la coupe de verre qui en recevait le contenu , d'après une peinture de Pompéi, et une Néréide versant du vin d'un de ces vases dans une /^a/er«, d'après une peinture de Stabia. Dans toutes les nombreuses peintures de Ponipéi, et autres, qui représentent l'action de verser du vin d'un pot, ce pot a toujours un col étroit et un petit bec, comme ceux que nous donnons ci-dessus; ce qui sert à reconnaître l'epichysis et montre en quoi elle diffère de V aiguière ou pot à eau {gutturnium, itpô/oo;), qui avait un cou plus gros et un i)ec plus large.
EPICOPUS (ÈTitxwTtoç). Mot grec, dont on se servait pour désigner un bateau à rames et le distinguer d'un navire à voiles (Cic. adAtt.xw, 16).
EPICROCUM (èm'xpoxov). Mot grec, employé pour désigner un vêtement de femme; indiquait-il que le vêtement était d'un tissu fm ou couleur de safran? Ou ne saurait le décider. En effet, ce mot peut étretiré de xpôxr) {sitbtemeit) ou de xp6xo;, crocus (Naevius ap, Varr. L. L. vu 5; Varro, ap. Non. -»/. Habitare; Festus
EPIDIPNIS (èutSeiTcvi;). Mot grec qui désigne le dernier service d'un dîner (Petr. Sat. 69; Mart, Ep. XI, 31).
EPIDROMUS (ÈTtiôpotioî). Corde coulante attachée au collet d'une tonnelle (ca^sis et passant par des anneaux fixés autour de l'ouverture : en la tirant, le chasseur qui était à l'affût fermait le filet comme une bourse, quand le gibier poursuivi y était entré (Plin. H. N. XIX, 2, 2 ; Jul. Poil. V, 29 ; Xen. Cyneg. VI, 9).
2. Voile du mât le plus proche de l'arrière dans les vaisseaux qui avaient plus
d'un mât (Jul. Poil, l, 91"; Isidor. Orig. XIX, 3, 3). PoUux et Isidore diffèrent à
un certain point l'un de l'autre : car l'un donne ce nom à la voile, et l'autre au mât ; mais probablement il signifiait à la fois et le mât et la voile qui y était attachée. La gravure est prise d'un bas-relief de la villa Borghèse.
3. L'epidromus est cité par Varron (B. R. XI II, 1) comme une des pièces nécessaires du mobilier d'un pressoir à huile (torcularium), mais sans aucun détail qui montre ce que l'auteur entend par ce mot.
EPIGRUS. Voy. Epidrcs.
EPILIMMÂ. Sorte d'onguent d'entre les plus communs et à plus bas prix (Festus, s. T.).
EPIRHEDIUM. Mot hybride, composé de la préposition grecque Ini et du mot gaulois rlteda, on n'en a pu déterminer la véritablesignification. Scheffer et Ginzrot croient que c'était un chariot carré ou oblong, fermé des quatre côtés, de la mêmemanière que la rheda, et, par conséquent , qu'il est représenté par la^figure ci-jointe, prise d'un bas-relief du musée de \è^ rone. D'autres pensent que le mot se rapporte seulement aux décorations d'une rheda, ou qu'il désigne les harnais des chevaux qui la traînaient (Juv. Sat.
VIII, 66; Schol. Vet. ad L-, Scheffer, R. V. II, 23 ; Ginzrot, Wagen undFahrwerke, xviii).
EPISTOMIUM (èitiffTojiiov). Robinet d'un conduit d'eau ou de tout vaisseau contenant des liquides qu'on a besoin de tirer en petites quantités (Vitruv. IX, 8, 11). La gravure représente un robinet d'eau, dont le modèle en bronze a été
EPISTYLICM.
EPCL0NE9.
trouTé à Pompéi, et fait d'après le même principe que ceux dont.on se sert main-
lenant, mais dessiné avec plus de goût. Sénèque dit [Ep. 8(i) que de son temps les bains de Rome, même pour les classes inférieures, étaient munis de robinets d'argent.
EPISTYLIUM (lnKiTÛXtov). Mot grec, adopté par les architectes romains pour désigner l'architrave ou poutre principale placée horizontalemeutsur les chapiteaux d'une colonne et s'étendant de l'un à l'autre, de manière à former un lit continu sur lequel reposait la construction qui couronnait l'édifice. Quand l'archi-
trave était de bois, on l'appelait proprement trabs ; quand elle était de pierre ou de marbre, epistylium, quoique ce mot, comme terme général, puisse s'appliquer avec une égale exactitude aux deux espèces d'architrave (Vitruv. lll, 5, 8 ; Varro, B. R. m, 5, 1 1 ; Festus, s. v.). La gravure, prise d'une tombe sculptée dans le roc à Beni-Hassan, explique l'usage original et l'application ancienne de Yepistylium dans l'architecture à colonnes. Le spécimen que nous donnons ne montrel'architrave surmontée d'aucun autre membre; elle ne forme qu'une surface
intermédiaire pour porterie toit (teclum), mais dans la gravure suivante, on la voit, perfectionnée par l'art, devenir un des membres principaux de l'entablement.
2.£pistflia; les e/jw/j/c* comprennent la construction qui surmonte Yabacus d'une colonne et forme ce que nos architectes appellent d'un terme collectif Tew- /aWemen^ diviséd'ailleurspareuxentrois membres distincts : l'architrave [trahs ou epistjlium), au l)as; la frise zopliorus), immédiatement au-dessus, et la corniche, au-dessus de tout, pour laquelle les Romains n'avaient pas de nom collectif, mais qu 'ils définissaient toujours en énumérant les membres distincts qu'elle contenait. Voy. Co- RONA, 15.
EPlTHALAMIUM(è7ti9a>(X(Aiov). Chant jiuptial, chanté en chœur par une troupe de jeunes filles en dehors de la porte de la chambre nuptiale (Quint, ix, 3 , 16; Theocr. Id. xvill).
EPITOXIS (Vitruv. x, 10, 4). Partie distincte de la catapulta, dans laquelle, à ce qu'on suppose, était placé le trait.
EPITYRUM (iTiîxypov). Plat composé de la chair de l'olive assaisonnée d'huile, de vinaigre, de rue, de menthe, etc.
(Cato./Î. /î. 119). Il était d'un usage plus commun en Grèce et en Sicile qu'en Italie (Varro, L. L. vu, Sli ; Columell. xii, 49 9).
EPli]RUS(èiiioupo;). Chevillede bois, dont on se servait comme d'un clou (Isidor. Orig. XIX, 19,7; Pallad: xii, 7, 15).
Les leçons diffèrent, et quelques-unes portent epïgrus et iTtîxoupo;.
EPULONES. Membres d'une des quatre grandes corporations religieuses de Rome, composée dans l'origine de trois personnes (/r/«ww>/ epulones, Liv. xxxi, 4), mais dans la suite portée à sept (septtmvlri epulones, Lucan. I, 597) ; leur principale fonction consistait à préparer un banquetsomptueux,appelé Lectister-
EQUABIDS.