‹ Dictionnaire des architectes français (volume 2)Chapitre 11 sur 125 · ANNO SALUTIS MDCC. VIII · texte numérisé non relu

ANNO SALUTIS MDCC. VIII

1. Il venait de quitter le roi et, rentré chez lui, il demanda un verre d'eau ; mais à peine l'eut-il bu qu'il tomba sans connaissance, et peu d'heures après son corps se trouva tout couvert de taches livides, ce qui fit croire à un empoisonnement. Voici ce qu'en dit Saint-Simon : « Une colique de douze heures l'emporta et fit beaucoup parler le monde. Fagon, qui s'empara de lui et qui le condamna assez gaiement, ne permit pas qu'on lui donnât rien de chaud. Il prétendit qu'il s'étoit tué à un dîner à force de glace et de pois, et d'autres nouveautés des potagers dont il se régaloit, disoit-il, avant que le roi en eut mangé. >•

IIO DICTIONNAIRE

( J. Duchêne, Not. sur la vie et les ouvr. de J . H. Mansart.

— Piganiol. — Deville, Compt. de Gaillon. — Leroy, Rues de Versailles. — Leymarie, Lyon anc. — L'abbé Lambert. — De Buzonnière. — D'Hozier. — Dulaure, Env. de Paris.

— De la Saussaye , Hist. du château de Chambord. — Archiv. de l'art fr.)

MANSART DE JOUY (Jean-Hardouin), fils de Jacques H. -M. , intendant du Bourbonnais et petit-fils de Jules Hardouin, naquit à Paris en 1 700. Il commença en 1762 le portail de Saint-Eustache, qu'il n'éleva que jusqu'au premier étage et qui fut continué par Moreau. ( Jal, Dict. crit.

— L'abbé Lambert.)

MANSART DE SAGONNE (Jacques-Hardouin), frère du précédent, fut baptisé, en 1703, dans la paroisse de Trévolles, en Bourbonnais. En 1742, devenu architecte du roi , il construisit à Versailles Téglise Saint-Louis , laquelle fut achevée en 1754. On lui doit aussi les bâtiments du monastère des Dames rehgieuses de Saint-Chaumont et ceux de Tabbaye royale de Prouilles, en Languedoc. Il fut admis à l'Académie d'architecture en 1735 et mourut en 1776'. [Archiv. de l'art fr. — Jal.)

I. Ici on perd la trace de cette famille ^^'architectes ; peut-être s'éteignit-elle dans la personne de Mansart de Sagonne.

En parcourant le tableau généalogique qui occupe la page suivante, on remarquera que Michel Hardouin n'a porté que le nom de son père et que son fils Jules-Michel l'a imité.

C'est par erreur que M. Jal, dans son Dict. crit., a fait de Louis, fils de Jules Hardouin, un « conseiller ordinaire des bâtiments du roi », puisqu'il nous apprend en même temps que, né en 1674, ce Louis mourut en 1G81.

MAQ.UET (Amable), né à Paris en 1790, élève de Delespine, a construit l'hôtel de la Préfecture, au Puy, le Palais de Justice, à Privas -, la flèche de la cathédrale de Luçon -, la maison dVrrêt de Beaune. Il fut le premier maître d'Abel Blouet. (Guyot de Fère, Ann. des art.)

MARBOURG (Guillaume de), architecte de la collégiale de Saint-Martin, à Golmar, mourut à Strasbourg le i3 février i363, et fut enterré dans la ci-devant collégiale de Saint- Pierre-le-Jeune. Sur la dalle qui recouvrait ses restes on voyait, gravée au trait, la figure de l'artiste, aux cheveux longs et flottants, en costume de son temps, tenant de la main droite un compas et de la gauche une équerre. Cette dalle n'existe plus. (Schnéegans^ Maîtres d'' œuvres.)

MARCHAND (Charles). En i562, après le pillage de la cathédrale d'Angoulême par les protestants, il fut, à la requête du chapitre, appelé avec son confrère Jean Bertrand, dit le Rousseau, « pour mesurer les dégastz » qui concernaient « leur art et mestier de massonnerie ». Ces deux artistes constatèrent qu'il y avait « cent brasses de pavé gasté en la nef de la dite église... seize autels rompus, etc. ». Marchand était alors âgé de soixante-dix ans. (L'abbé Chaumet, Les Protestants.)

MARCHANT (Charles) fut l'un des architectes de la ville de Paris. En 1607, avec Pierçe Guillain, il indiqua aux ouvriers la forme des combles et celle de la lanterne qui devait surmonter le cadran de l'hôtel de ville. Ch. Marchant était à la fois capitaine des archers et maître charpentier de la ville*, la permission qu'on lui accorda, en iSgb, prouve qu'il fit les combles de la première moitié de la grande galerie du Louvre. Le pont des Oiseaux, qui remplaça le pont aux Meuniers, et qui fut terminé en 1609, avait été construit par G. Marchant,

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dont il porta longtemps le nom. (Leroux de L., Hôt. de ville. — Berty et Legrand.)

MARCHANT (Guillaume), frère du précédent, né vers i53i, architecte du roi. Par lettres-patentes, datées de Gonesse le i5 septembre iSgo, Henri IV lui donna l'office de maître général des oeuvres de maçonnerie et édifices royaux de la ville, prévôté et vicomte de Paris. Il remplaçait Nicolas Guillot, qui venait de mourir. En 1694 il était architecte du nouveau château de Saint Germain-, au mois d'avril il commençait la construction de la grande terrasse, ainsi que des escaliers qui devaient mettre en communication les jardins du haut et ceux du bas '. On sait qu'il ne reste du château proprement dit que les terrasses dont il s'agit, avec leurs murs de soutènement^ quelques fragments peu importants disséminés dans les propriétés voisines, et le Pavillon Henri /F, qui était la chapelle de cette résidence royale. Ce pavillon, où fut ondoyé Louis XIV, est occupé aujourd'hui par un restaurateur. D'autres lettres-patentes, datées de Fontainebleau le 17 mai 1595, accordèrent à Marchant le droit de justice sur les maçons, tailleurs de pierre, mortelliers, etc. (V. Alix) ;

I. Je possède le devis original de ces travaux; il est fort intéressant, mais trop développé pour trouver place ici. Je me contente d'en donner le titre : « Devis des ouvraiges de massonnerie de pierre de taille, briques et moillon, à chau et sable^ qu'il convient faire de neuf pour le Roy nostre sire, en son château de Sainct-Germain-en-Laye, à la construction de plusieurs meurs et terrasses, galleryes et escalliers, tant en forme de demy rond que auvalles, pour descendre de la terrasse haulte qui est au devant les bastimfens des jardins d'en bas près la rivière, le tout de la façon, manière et ordonnance démontrée par les desseings de ce faict des épaisseurs et matières cy après déclairées comme il s'ensuict. >> Ce devis porte la signature de Guillaume Marchant.

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