II. i
ces dernières ne furent enregistrées au Parlement que le II mars 1601, et le i3 avril suivant Guillaume Marchant, alors âgé de soixante-dix ans, prêtait le serment « en tel cas requis et accoutumé ». A cette époque Louis Marchant, fils de Guillaume, avait obtenu la survivance de Toffice de son père, ainsi que cela est établi par d'autres lettres datées de Saint- Germain, le 28 septembre i5g6. G. Marchant se démit de ses fonctions en faveur de son fils, par une requête adressée au trésorier de France. Il mourut le 1 2 octobre 1 6o5 , et fut inhumé dans Téglise Saint-Gervais, à Paris. Son épitaphe et son buste étaient « contre le mur de la chapelle Sainte- Barbe, fort bien élabouré de marbre ». Il laissa quatre fils : Guillaume, Louis, André et Jean. {Ordonn. stat,^ règlements^ etc. — Ab. Goujon, Hist. de Saint -Germain. — Berty, La Renaiss. mon. — Berty et Legrand.)
MARCHANT (Jean). Associé à Guillaume de La Flasehe, J. Marchant commença, en i55i, la construction de la chapelle des Orfèvres de Paris, laquelle ne fut achevée que quinze ans plus tard (V. La Flasche). (P. Mantz, Ga:{. des B.-Arts. Rech. sur Vhist. de V orfévr . française.)
MARCHANT (Louis), fils de Guillaume, fut maître général des œuvres de maçonnerie du roi Henri IV. En iSgô il obtint, par lettres-patentes du roi, la survivance de la charge de son père. En 1604, le i^"" mai, Gi^illaume, « devenu vallutudinaire et indisposé » (il avait alors soixante- treize ans) , déclara par-devant Lenormant et Courtillier, notaires au Châtelet de Paris , se démettre de son office au profit de son fils Louis. Le 6 décembre i6o5, ce dernier sollicita et obtint, comme ses prédécesseurs, le droit de justice sur les maçons, tailleurs de pierre, mortelliers, etc. (V. Alix.) Louis Marchant cumulait les fonctions d'architecte de la ville et celles d'archi-
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. Il5
tecte du roi. Il mourut en 1616 ; son successeur à la ville fut Rémy-Colin, et à la cour François Sauvât, son gendre. (Alix, Ordonn. stat.^ règlements, etc.)
MARCHANT (Pierre), architecte de Louis II, comte de Blois. En i366, le 7 juillet, il reçut 20 livres pour ses gages du terme de Noël de la même année. En iSyS un don lui est fait « pour l'aider à fouler ses vins et à réparer sa maison de la chaussée Saint- Victor^ que la guerre a détruite » . Il remphssait encore les mêmes fonctions en i38o, et recevait à ce titre des honoraires. (De Laborde, Ducs de Bourg.)
MARÉCHAL (François). Après la mort de Chambiges, Jean Wast et Fr. Maréchal eurent la conduite des travaux de la croisée (transept) de la cathédrale de Beauvais, lesquels furent achevés en i555. Ils élevèrent, au-dessus de la partie centrale de cette croisée, une tour avec pyramide. L'élévation de cette tour était de 455 pieds, y compris la croix; on mit treize ans à T édifier et cinq années suffirent pour amener sa ruine : elle s'écroula en i573, le jour de PAscension, tandis que le clergé et les fidèles étaient en procession. Maréchal fut aussi l'architecte de l'église Saint-Sauveur, de la même ville. (Gilbert, Not.hist. sur la cath. de Beauvais. — Cambry, Dép. de l'Oise.)
MARÉCHAUX ou MARÉCHAUX (Charles), né à Fontainebleau, élève de Gabriel, partagea avec Victor Louis, en 1755^ le grand prix d'architecture. Le sujet du concours était « une Chapelle sépulcrale». Il ne reçut son brevet d'élève de l'Ecole de Rome que le i^^ septembre 1757. [Rens. part.)
MARIAGE (Jean) était, en i5io, l'architecte de THôtel de ville de Cambrai. [Rev.des Soc. sav.., 2' série, t. V.)
Il6 DICTIONNAIRE
MARIO fut Tarchitecte de Téglise des Frères -Mineurs élevée à Lons-le-Saulnier en i53i. [Recueil mss.)
MARJOLET (Claude). Charles III, duc de Lorraine, ayant résolu, en i56i, de faire reconstruire le jeu de paume du Palais ducal de Nancy sur le même plan que celui du Louvre, envoya à Paris cet artiste pour relever les plans et recueillir les renseignements nécessaires à la réalisation du projet. Marjolet reçut , pour son voyage et son travail , « 64 francs 7 gros », mais il ne fut pas chargé de l'exécution des travaux : c'est Nicolas Chaubault qui en eut la direction. (Lepage, Palais ducal.)
MAROT (Daniel), fils de Jean Marot, naquit à Paris vers 1661 I. Il se retira en Hollande en 1 685, après la révocation de rÉdit de Nantes, et devint architecte du prince d'Orange, qu'il suivit à Londres , lorsque la Révolution de 1688 porta ce prince sur le trône d'Angleterre. Après la mort de Guillaume III (1702) il retourna en Hollande, où il dirigea les travaux du nouveau palais de Loo et ceux de la grande salle d'audience de La Haye, l'escalier et les parterres du château de Voorst. En Angleterre il donna les dessins des jardins de Hampton-Court 2. Si le bagage de l'architecte est léger, celui du graveur est plus considérable. Les premières pièces signées du nom de cet artiste portent la date de 1674 ;
ï. Jean Marot ayant épousé, à Charenton, le 26 octobre lôSg, Charlotte Galbrand, fille de « feu Adrians Galbrand, M^ menuisier en ébenne », et son premier fils, Jean, étant né le 8 août 1660, Daniel n'a pu naître, au plus tôt, qu'en 1661. C'est donc à tort que plusieurs biographes ont cru pouvoir dater sa naissance de i655. Dussieux s'est plus grossièrement trompé en fixant cette date à i65o.
. 2. On lit au bas d'un de ses dessins de jardins : « Parterre d'Amton- Court, inventé par D. Marot . »
les dernières sont datées de 1718. Un recueil parut en 171 2, sous ce titre : « Œuvres du sieur D, Marot, architecte de Guillaume III, roy de la Grande-Bretagne, contenant plusieurs pensées utiles aux architectes , peintres^ sculpteurs , orfèvres, jardiniers et autres-, le tout en faveur de ceux qui s'appliquent aux beaux-arts. » A Amsterdam. Se vend chez Tautheur, avec privilège de nos seigneurs les Etats-généraux des Provinces- Unies de Hollande et West- Frise, m. dçc xii. 260 pi. in-fol. Son portrait a été gravé par J. Gole. ( Dussieux, Art.fr. — Jal, Dict. crit. — Destailleur, Notices.)
MAROT (Jean), père du précédent, architecte et graveur, naquit à Paris vers 16 19 ou 1620 '. Il a construit, à Paris, l'hôtel de Pussort, l'hôtel de Morternart, sis rue des Rosiers (aujourd'hui Saint-Guillaume)-, l'hôtel Jabba, dont un premier projet, non exécuté, a été gravé par lui et figure dans son oeuvre -, le portail de l'église des Feuillantines, également gravé par l'auteur-, l'hôtel du grand audiencier de France Monceaux. On lui doit aussi les Bains du château de Maisons, le château de Turny, en Bourgogne-, celui de Lavardin, dans le Maine -, un projet d'achèvement du Louvre, etc. Comme graveur, son œuvre est considérable. Ses principales publications sont les suivantes : « Le magnifique château de Richelieu, ou les plans et profils et élévations dudit château. « Grav. in-fol. obi. — « L'architecture françoise,
I. La Biographie Michaud fait naître Jean Marot vers lôSg, et Ch. Leblanc {Manusc. del'Amat. d'estampes) vers 1640. On est mieux renseigné aujourd'hui, grâce à l'acte de décès de cet artiste, que M. Jal a retrouvé en compulsant les registres de l'ancien temple protestant de Charenton. Dans cet acte, qui est daté du 16 décembre 1679, le défunt est déclaré « âgé de soixante ans environ », ce qui reporte la date de sa naissance à 1619 ou 1620,
OU recueil des plans, élévations, coupes et profils des églises, palais, hôtels et maisons particulières de Paris, et des châteaux et maisons de campagne ou de plaisance des environs et de plusieurs autres endroits de France, par Marot père et fils. » Paris^ chez Jean Mariette, 1727 ou lyôi, in-fol, — a Le Petit Marot , ou recueil de divers morceaux d'architecture, gravés par J. Marot, » en 220 planches. Paris^ 1764, gr. in- 4°, fig. — Indépendamment de ces ouvrages Marot a publié en grand nombre des suites de compositions ou de reproductions d'édifices dont il est impossible de donner ici le détail '. Il mourut, comme on Ta vu plus haut, à Paris, le i5 décembre 1679. (Jal. — Destailleur. — Brunet, Man. du libr.)
MAROT (Jean), architecte du roi, probablement de la famille du précédent , vivait encore en 1702 et demeurait à Paris, près des Gobelins. (Jal.)
MARQUELET (Robert), juré du roi en l'office de maçonnerie, et bourgeois de Paris sous Henri IV et Louis XIII. En 1601 il fit, pour le compte de la ville, divers travaux à des fontaines publiques. Il mourut à Paris le 20 avril 1625, et fut enterré dans Téglise Saint- Nicolas-des-Champs, où son épitaphe relatait qu'il était né en Bourgogne en i573, et qu'il avait été concierge et garde-meuble des Tuileries. Les armes de Marquelet étaient d'azur, avec un compas et une équerre d'or accompagnés de trois roses du m|me. ( Berty et Legrand, t. IL)
MARQUET fut^ de 1765 à 1776, architecte du roi
I. Voir pour plus de renseignements le catalogue aussi complet que possible de l'Œuvre de Marot , publié par M. Bérard dans V Annuaire de l'Architecte^ Paris, 1864.
d'Espagne. Il a construit, à Madrid, Phôtel de la Poste. [Alm. hist.)
MARQUIS obtint le grand prix d'architecture en 1772, sur ce sujet de concours : « Palais pour un prince du sang. »
MARSEIL (Michel) fut le second témoin entendu dans le procès de canonisation de saint François de Paule. Il demeurait à Tours, sur la paroisse Notre-Dame la-Riche, et était âgé d'environ quarante ans en i5i3. Il avait travaillé dans sa jeunesse avec un autre architecte, Jean Bussière, lequel fut son collaborateur, à la mort de saint François, pour l'édification du tombeau du saint. (Grandmaison, Arts en Touraine.)
MARTEAU (Jean-Baptiste), grand prix d'architecture de 1731, fut appelé en 1761, avec Bérain, à Saint- Quentin, pour recevoir les nouvelles orgues de l'église collégiale de cette ville. (Gomart, Hist. de Végl. de S.-Q.)
MARTEL (Etienne-Ange) naquit à Lyon en 1569. Après avoir fait à Rome un voyage, avec le père du peintre Claude Steffo, il entra à vingt et un ans dans l'ordre des Jésuites. Un des premiers essais de ses talents comme architecte fut la construction de l'église et de la bibliothèque du collège de la Trinité, à Lyon ( 1617). C'est également à lui qu'est dû l'hospice de la Charité, de la même ville. En 1623 il construisit, à Orléans, l'église des Jésuites et le portail de l'église Saint- Maclou. En i63o il éleva l'église du Noviciat des Jésuites, de Paris, située rue du Pot-de-Fer '. Dans la même année il fit,
I. Cette construction fut élevée aux frais du secrétaire d'Etat Desnoyers, qui voulait en faire le lieu de sa sépulture.
en concurrence avec le Père Derrand, des dessins pour Téglise de la maison professe de son ordre (aujourd'hui Téglise Saint- Paul), que les Jésuites firent élèvera Paris, rue Saint-Antoine; mais le projet de Derrand fut préféré au sien. On a de lui : (( La Perspective positive de Viator , traduite du latin en françois, par maistre Etienne Martel -Ange, de la Compagnie de Jésus, avec les figures gravées à La Flèche, par Mathurin Jousse. )) (Piganiol. — De Buzonnière. — Leymarie , Lyon ancien.)
MARTELENAS (Raymond) fut, en 1 357, chargé des constructions nouvelles faites à l'hôpital Notre-Dame de Saint-Aloy, à Montpellier. Il fit dans la même ville, en i3o5, avec Jacme Stagier, des réparations au Palais du Consulat. En 1367 il travaillait au monastère de Saint-Gilles. Dans la même année il fut chargé d'estimer les tables des changeurs, sur le parvis Notre-Dame des Tables ^ , et il décida de quelle manière une de ces tables devait être construite. En i38i il fit faire des réparations à une école située dans le district de Sainte- Eulalie. (Renouvier et Ricard.)
MARTIN et Jean Devaux firent, en 1 555, la tourelle de rhorloge de l'église Saint-Jean, de Troyes. ( Top. hist. de la ville de Troyes.)
MARTIN bâtit le château de Sceaux, où il périt malheureusement d'une chute. (Dussieux et Souhé.)
MARTIN. Au milieu du siècle dernier^ l'état de vétusté des bâtiments de l'hospice des Quinze- Vingts, à Paris, déter-
I. Ces labiés n'étaient autres que les comptoirs publics et en plein vent des banquiers gothiques du midi de la France.
mina les administrateurs à le réédifier entièrement. La reconstruction de cet établissement fut commencée en 1748, par Labbe. Martin succéda à ce dernier dans la conduite des travaux, que l'ouvrage de Blondel nous montre inachevés en 1756. Peut-être ce Martin est-il le même que le précédent. (Berty, Top. du vieux Paris.)
MARTIN D'ARRAS. — V. ARRAS (Martin d').
MARTIN (Claude) était, en 1608, architecte du roi Henri IV^, pour le château de Fontainebleau. En iSgS il est déjà mentionné en qualité de « maçon du roy ». En 1695 il est qualifié de « maître tailleur de pierre ». Il fut, en 1611, parrain de Tenfant d'un certain Louis Poisson • la marraine était Louise de Lorraine, princesse de Gonti. {Bull, du Comité.^ t. II.)
MARTIN (Guillaume).— V.GUILLAUME MAR- TIN.
MARTIN (Louis). Le i" août i55i, Henri II et Diane de Poitiers étant attendus à Orléans, des sculpteurs furent employés à mouler les portraits des personnes royales, des peintres couvrirent d'emblèmes et d'écussons trente-sept draps et quatorze grandes nappes ; des « échafauds » furent élevés, etc. Ces travaux furent exécutés sous la direction de J. Androuet Du Gerceau, de Louis Martin et de Louis Fromont. (De Buzonnière.)
MASGANTE ou MASGANTIER (Guillaume).
En i5io l'église paroissiale de Laplume, ville du diocèse de
Condom^ étant devenue insuffisante, les habitants décidèrent
qu'elle serait reconstruite sur un plan plus vaste. Deux archi-
tectes de Nérac, Masgante et George Prince, furent chargés de cette reconstruction. Ils se mirent à l'œuvre, et le lo décembre 1 5 1 1 on posa solennellement la première pierre de l'édifice ' . Masgante travailla plus tard pour la cour de Navarre, ainsi que le prouve une pièce conservée dans les archives des Basses-Pyrénées, pièce où se trouve mentionnée une demande de payement faite en 1 557 par cet architecte, pour des travaux exécutés par lui au château royal de Nérac. (Lafforgue, Art. en Gasc.)
MASSE (Jean), de Gompiègne, fut appelé en 1458, avec Jean Gourtois, son compatriote, pour donner son avis sur la restauration de la cathédrale de Noyon. Il revint dans cette ville en 1467, et, associé à d'autres artistes, présenta un devis pour la restauration du chœur de la même église. Il était, à cette époque et pour ces travaux, qualifié de Premier maître des œuvres, (Mélicocq, Art. du Nord.)
MASSON. En 1721 le monastère des Gélestins, de Lyon, qui tombait en ruines, fut rebâti d'après un nouveau plan, à l'imitation des Célestins de Paris. La façade, élevée sur les dessins de cet architecte, ne fut achevée qu'en 1739. (Leymarie, Lyon ancien.)
MATHELIN reçut, vers 1431^ 65 sous « pour la pourtraiture et devis du pourtal de Saint-Nicholas, de Nantes «. En 1442 il dirigeait les travaux de la cathédrale de la même
I. Un incident curieux troubla l'ordre de cette cérémonie. Un écu au soleil ayant été placé sous la première pierre, Masgante retira cette pièce de monnaie sous prétexte qu'elle faisait trembler la pierre et l'empêchait d'être placée comme il était convenable.
ville. Il fut probablement Tarchitecte de la flèche élevée au XV® siècle. (Guépin, Hist. de Nantes.)
MATHIEU fut admis à l'Académie d'architecture en
MATHIEU D'ARRAS commença, en 1 344, la cathédrale de Prague, et y travailla jusqu'à sa mort, en i352. Mathieu avait été appelé en Bohême par le roi Jean et son fils Charles, margrave de Moravie. Peut-être d'autres édifices de Prague sont-ils également l'œuvre de cet architecte ^
MATHURIN (Georges), En 1 5 1 1 , les clochers de la cathédrale d'Angers ayant été en partie détruits par un incendie, ils furent réparés par cet architecte. [Bull, arch.^ t. II.)
MAUCLERC. — V. LECLERC (Clément).
MAULGRIN, moine, construisit au IX^ siècle, à Souvigny, le tombeau de saint Mayol. [Ane. Bourbonnais.^ 1. 1.)
MAUPIN (Simon), architecte et voyer de la ville de
I. Voici ce que dit à ce sujet M. Viollet-le-Duc {^Lettres adressées
d'Allemagne à M. Adolphe Lance) : « Nous passions sur le vieux
pont fortifié jeté sur la Moldau, lorsqu'en levant les yeux sur la belle porte qui défend l'entrée de ce pont vers la ville basse, nous aperçûmes, parmi les nombreux écussons armoyés qui couvrent les parements, l'écu de France, semé de fleurs de lys sans nombre, par conséquent antérieur à Charles V. Quelques parties de l'ancien Hôtel de ville nous rappelèrent encore notre bonne architecture picarde de la fin du XIIP siècle, tandis que tout ce qui fut bâti à Prague à partir du commencement du XV^ siècle est empreint du goût allemand, avec une certaine dose d'influence orientale. »
Lyon, fut envoyé à Paris , en 1 646 , pour prendre lavis de certains maîtres de cette époque et dresser les plans du nouvel Hôtel de ville de Lyon. En lôbb cet édifice était entièrement achevé. Sa façade principale fut modifiée, en 1702, par J. H. Mansart. (Le3'marie, Lj'on anc.)
M AU VOIS IN (Rémy;, un des architectes de l'église Saint-Nicolas, à Troyes, succéda, entre iSyS et i58o, à Jean Faulchot. Son nom figure dans les comptes de cette dernière année, à propos de la construction de si?v piliers de dix-huit pieds de hauteur chacun. Dans les années suivantes il fit (( quatre arcades et entablements près du chœur «. En iSSg il était encore Tarchitecte de cette éghse. A'allet de V. , Archiv. hist. — Jaquot, Art. troj'ens.)
MAYEUR (Martin' fut chargé, en i5o 2, par l'administration municipale d'Arras, de l'agrandissement deTHôtel de ville. Il éleva, à cet effet, un bâtiment de quatre-vingt-huit pieds de longueur sur trente pieds de largeur. (D'Héricourt et Godin, Les Rues d'Arras.)
MAYNARD ou MAYNIER construisit, au XP siècle, les bâtiments de T abbaye de Villeloin. Ce fait est ainsi constaté dans les registres de Tabbaye : « Kal. jan. obiit Alaynardus «dificator nostri hujus loci. « ^Dussieux.)
!MAYUM ^Michel' construisit, en i5ii, la façade de réglise de Malaville 'Charente -, Tinscription suivante se lit près de la porte de cette église : lan mil v.c et ^'nze fvt fait
SE DAVENT DE ÉGLISE PAR MOY MICHEL MAT\'M. L"é^hse de
Malaville fut restaurée en 161 1. [Rens. part.) ' MAZE François-. — V. CUSTIF.
MAZIN a bâti, à Paris, faubourg Saint-Honoré, Phôtel de Charrost, et, en Champagne^ le château d'Asfeld (Ardennes). [Rens. part.)
MAZOIS (François) naquit à Lorient le 12 octobre 1783. Après avoir fait à TÉcole centrale de Bordeaux d'excellentes études, il se présenta à l'Ecole polytechnique, o\x il subit avec succès son examen d'admission. Cependant, doué d'une aptitude particulière pour les arts du dessin, il se détermina à étudier l'architecture et entra à l'école de Percier. En 1 808 son ami et camarade d'atelier Achille Leclère ayant obtenu le grand prix d'architecture, ils partirent ensemble, au mois de novembre, pour l'Italie. A peine arrivé à Rome, Mazois voulut se préparer aux études archéologiques par une connaissance plus approfondie des langues anciennes, mais il fut bientôt distrait de cette étude par l'obligation où il se trouva de se rendre à Naples, où Murât l'appelait pour l'adjoindre à ses architectes dans les grands travaux entrepris pour l'embellissement de la capitale. Mazois prit part à la construction de plusieurs édifices publics, et fut chargé de la restauration du palais royal de Portici ^ Il n'avait pu voir
I. Je possède une lettre de Mazois qui se rapporte à cette phase de sa vie d'artiste. Cette lettre, datée de Naples le 27 avril 1809, est adressée au père de son ami Achille Leclère; en voici un extrait :
« Je suis toujours ici, dans les occupations jusque par-dessus la
tête. Cependant, le premier du mois prochain, je pars pour Salerne et les environs. Je pousserois bien jusqu'en Calabre si cela était prudent, mais les dangers du voyage ne valent pas le fruit que j'en retirerois. Je m'arrêterai donc à Pestum et de là je reviendrai à Naples, où je resterai encore jusqu'au mois d'octobre, après quoi je rejoindrai Achille. J'ai assez bien fait mes petites affaires ici, et, à la barbe près, dites à M'"^ Leclère que je suis toujours dans les mêmes principes de sagesse, d'ordre, etc. Enfin, dites-lui tout ce qu'elle ne voudra pas
Pompeï sans être tenté aussitôt de relever ces précieuses ruines. Par malheur l'Académie de Naples avait seule alors le privilège de faire dessiner ces monuments pour le grand ouvrage qu'elle préparait ; mais Mazois ayant été présenté à la reine Caroline, cette princesse le nomma dessinateur de son cabinet et fit lever l'interdiction qui l'empêchait d'entreprendre l'œuvre qu'il méditait et à laquelle il devait attacher son nom. Une pension de 12,000 fr., que voulut bien lui accorder la reine de Naples, facilita singulièrement l'accomplissement de cette grande tâche. Il se mit immédiatement au travail, et séjourna à Pompeï de 1809 à 1811. Ses dessins, mis au net sur les lieux mêmes, furent gravés ensuite sous ses yeux par les meilleurs graveurs romains, et la première livraison â-QS Ruines de Pompeï -psivut en 181 3. Il quitta Pompeï pour aller s'enfermer à Pestum, où il recueillit tous les éléments de l'ouvrage qu'il a publié sur cette autre ville antique \ puis il se rendit à Pouzzole et à Herculanum, pour se livrer aux mêmes études et aux mêmes travaux. En 1 8 1 5 il était de retour à Rome, où le duc de Blacas, ambassadeur de France, le chargea de la restauration et de la décoration intérieure de l'église française de la Trinité-des-Monts. Lors d'un voyage qu'il fit à Paris, en 1 819, il fut nommé membre du Conseil des bâtiments civils -, toutefois, le ministre lui accorda un congé d'un an, qui devait être employé à compléter et à coordonner les matériaux de son ouvrage sur Pompeï. Il profita de son séjour à Paris pour publiei* son Palais de Scaiirus. Mazois fut nommé, en i82'3, chevalier de la Légion d'honneur. En 1825, lors du sacre de Charles X, il fut chargé d'approprier l'archevêché de Reims à la réception du roi et de sa suite, ce qui lui valut la croix d'officier. C'est sur ses
croire. Il est bien singulier que je ne puisse jamais la convaincre de ma conversion !.. , »
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. fîy
dessins que fut exécutée, vers la même époque, la grille qui ferme le chœur de la cathédrale. Il construisit à Paris, en 1824, les quatre maisons qui forment les deux entrées du quartier de François P''-,en 1825, le passage Ghoiseul et le passage Saucède. Il mourut subitement le 3i décembre 1826, laissant inachevé son grand ouvrage sur Pompeï, dont les deux premiers volumes avaient seuls paru. Gau fut chargé de veiller à l'achèvement de cette pubHcation. Indépendamment des trois ouvrages qui viennent d'être mentionnés, Mazois a laissé : 1° Un discours prononcé aux funérailles de Hurtault. Paris^ 1824, in-8°. — 2° Un certain nombre de notices biographiques insérées dans la Galerie Française '. — 3° « Des dissertations pubhées tant en italien
I. Mazois a presque autant écrit qu'il a dessiné. L'artiste était doublé d'un savant et d'un lettré. C'était un esprit aimable et fin, un écrivain élégant et correct ; son Palais de Scaurus en est un sûr témoignage. A propos de cette Galerie française dont il est ici question, et de sa collaboration à ce recueil, je veux citer une lettre écrite par Mazois à un M. Lefort, peintre d'histoire; cette lettre est datée du 18 août 1822.
« En revenant de la campagne j'ai trouvé chez moi, d'une part votre billet, et de l'autre le Voyage de Chardin^ qu'on m'a envoyé de la Bibliothèque (royale). Ainsi, si vqjus n'avez rien dit à M, Lenglès, je suis en mesure de faire votre article. Quant à la Champmêlée je ne peux pas m'en mêler; je suis totalement étranger à l'histoire du Théâtre. M. Lemontey, qui connoît le siècle de Louis XIV et celui de Louis XV sur le bout de son doigt, vous feroit cela en deux heures de tems. Passe encore pour Chardin dont je m'aquitterai de mon mieux. Voyez donc Lemontey ou Picard, Droz, Laya, Lemercier; ces messieurs doivent savoir cela comme un curé sait la légende du saint de sa paroisse. Moi, je raterois l'article, et ceux qui y ont des droits se plaindraient de ma témérité à m'emparer d'un sujet hors de mon domaine. Ce serait nous faire tort à tous deux. Disposez donc de moi maintenant ou pour Chardin, ou pour tout autre sujet qui ait quelque rapport avec mes études. »
qu'en français , dans divers recueils périodiques, et relatives à Parchéologie. — 4° Des Considérations sur les théâtres des anciens, dans le premier volume du « Théâtre complet des Latins, » etc. Le cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale possède les dessins originaux des Ruines de Pompeï^ ainsi qu'un ensemble d'études dessinées par Mazois d'après les temples de Pestum et divers autres monuments de l'antiquité. (Gabet, Dict. des art. — Tarbé, N.-D. de Reims. — Rens. part.)
MAZY (du) fut l'architecte du maître-autel de la cathédrale de Troyes, dont Girardon fit les sculptures. En 1667, le 2 décembre, le chapitre de la cathédrale fit la réception des travaux de cet autel. (Vallet de V., Archiv.)
MÉGUYER (Jean), d'Orléans, fut appelé à Bourges avec Pierre Lemerle , son compatriote , et plusieurs autres artistes, pour donner son avis sur la reconstruction de la tour neuve de la cathédrale de cette ville. {Bull. arch..,t. IL)
MELBROUCHE (Michel de) répara, en 1879, le château de Rodes, qui appartenait à lolende , duchesse de Bar. (Champollion, Doc. pal.)
MELDRE (Jean de)'. En 1472, lorsqu'il s'agit de restaurer la vieille tour de l'église Notre-Dame de Saint-Omer, les chanoines prirent l'avis de quatre maîtres maçons ou architectes sur « le faict de la pejrfection de la tour de l'église de Saint- Aumer, ou les cloques sont pour le présent w . Les artistes
I. Vallet de Viriville, dans son Essai sur les Arch. hist. de la Cath. ■de Saint-Omer, lui donne pour prénom « Raoul », et fixe la date de cette visite au 7 mai 1474.
associés à Jean deMeldre étaient Raoul Pesière,Jean Pinchon et Jean Sterbeques. Les principales modifications proposées devaient consister, diaprés le rapport écrit de ces artistes, dans la construction, sur chacune des façades de l'ancien clocher, d^un arc en pierre dure reposant sur les gros piliers placés aux angles de la tour. (Hermand, Epoques. — Lepage, Palais ducal.)
MÉLIN, architecte de Nancy, éleva^ de 1782 à 1784, dans cette ville, la porte de la place de Grève et ses dépendances , consistant en deux petits bâtiments , Tun pour le concierge, l'autre servant de corps de garde. (Durival. — Lionnois.)
MELLAN a construit à Paris, vers la fin du siècle dernier, le Wauxhall d'été, qui était situé rue de Bondy, près le boulevard. (Thiéry.)
MELLINS . Saint Aignan, évêque d'Orléans au IV^ siècle, fit achever la cathédrale de cette ville , qui avait été commencée par son prédécesseur. Il donna la direction de ces travaux à un architecte nommé Mellins. (Lemaire, Hist. et antiq. de la vil. d'Orléans.)
MELLYNON ou MÉRIGNON (François) fut, au XVP siècle, l'un des architectes de la ville de Bourges. De 1627 à 1628 il construisit, dans cette ville, « FÉcole des lois et décrets ». En 1 534 il reçut la somme de « xxvii 1. vi s., pour avoir conduit Fœuvre des dictes tours et murailles, pour sa peine, vaccacion et sallaire de iiii^^'^xi journées qu'il a conduict .la dicte besoigne^ au fur de vi sols tournois de gage ». {Ann. arch. , t. I. — De Girardot, Art. de Bourges.)
l30 - DICTIONNAIRE
■ MÉNAGER (Jean-François- Julien) , né à Paris le 24 mars 1783, élève de Vaudoyer et de De la Gardette, remporta le grand prix d'architecture en 1800 (a l'âge de dix-sept ans et demi!) , sur « un Institut des sciences et des arts ». Il ne put se rendre en Italie qu'en 1807, A son retour il fut nommé inspecteur, puis commissaire-voyer, et enfin architecte de la ville de Paris, fonctions qu'il remplit pendant plus de cinquante ans. On lui doit la restauration de la place Royale, le piédestal de la statue de Louis XIII et les quatre fontaines qui décorent cette place, le marché au charbon de bois de la rue de la Roquette, un marché aux fourrages établi rue Lafayette et qui n'existe plus, le Grenier d'Abondance, incendié par la Commune en 1871, Tancienne Morgue de Paris et le Dépôt de Mendicité de Villers-Cotterets. Il mourut à Paris le 9 août 1864. {Reiîs. part.)
MÉNEND, religieux, éleva les bâtiments de l'abbaye de la Victoire, près Senlis, fondée par Philippe- Auguste en commémoration de la bataille de Bouvines. En 1783 l'évêque de Senlis fit démolir une partie de ces bâtiments, mais ce qui en reste constitue encore une belle ruine qui est souvent visitée. ( Joanne, Eiip. de Paris.)
MÉNÉTRIER (Gautier). — V. GAUTIER-MÉ- NÉTRIER.
f MEN GIN-CHEVRON, maître des œuvres de maçonnerie du comté de Vaudemont au comm.encement du XVP siècle, mourut en i5o5, et fut remplacé dans ses fonctions par Nicolas de Bar. (Lepage, Les Offices.)
. MERARDUS fut un des architectes de l'abbaye de Saint- Germain-des-Prés , à Paris , qu'il reconstruisit en l'année
1004. Ce monastère avait subi trois incendies. Une tour fut ajoutée aux édifices anciens pour y placer une cloche. (Champollion, i)oc. pal.)
MERCIER (Guillaume) était, en 1456, maître de Toeuvre de Téglise Notre-Dame de Fontenay-le-Comte. Il avait pour associé Silvestre Enaut '. (Fillon, Doc. artist.)
MERUEL (Rodolphe de) construisit la tour du Pont, à Villeneuve-lès-Avignon^ en iSoy. (Achard, Note sur qq. anc. art. d'Avignon.)
MESNAGER (Robert) fut Tarchitecte de la petite église Saint- Etienne de Ghinon, bâtie au XV^ siècle. Un lien de parenté a-t-il existé entre cet artiste et Guillaume Mesnagier, habile menuisier de Charles VIII ? (Grandmaison, Arts en Tour aine.)
MÉTEZEAU (Clément) vivait à Dreux dans les premières années du XVP siècle. En 1614, avec un de ses collègues, Jean des Moulins, il fut chargé de continuer la construction de F Hôtel de ville commencé, en i5i2, sous la direction de Pierre Caron. On croit qu'il fut l'architecte ou l'un des architectes du portail de l'église paroissiale de sa ville
I. ce II est possible, dit M. B. Fillon, que l'on doive voir les monogrammes de ces deux artistes dans celui qui occupe le champ d'un écusson placé en haut de l'une des fenêtres de la nef latérale de gauche, et dans ceux sculptés sur plusieurs points du clocher, car la lettre M est l'élément constitutif du premier, tandis que, parmi celles qui composent les autres, on distingue facilement un E servant de base à ce bizarre assemblage de caractères. »
l32 DICTIONNAIRE
natale, bâti vers 1524. Il mourut entre i53j et i556, et laissa deux fils : Thibaut et Jean. (Berty, Les Gr. Arch.)
MÉTEZEAU (Clément ii), fils de Thibaut ^ et petitfils du^précédent , né le 6 février i58i, fut architecte et ingénieur du roi Louis XIII. En 161 5 ses « gaiges » étaient de 800 livres par an, mais en 1624 ce traitement avait été porté à 2,400 livres 2. H donna le plan de la fameuse digue de la Rochelle. Arrivé dans cette ville le 27 novembre 1627, accompagné du maître maçon Jean Tiriot , il présenta son projet, qui fut admis sur-le-champ ; mais, quoi qu'on en ait pu dire, ce n''est pas lui qui en dirigea Pexécution. Il reçut, pour son travail, i ,000 écus d'honoraires et revint à Paris- On attribue à Métezeau le château de la Meilleraye, en Poitou -, celui de Chailly, sur la route d'Orléans, bâti pour le maréchal d'Effiat^ réglise de l'Oratoire, à Paris, dont il n'acheva que la nef-, l'hôtel de Souvré, sis à Paris, rue Fromenteau, bâti pour messire de Souvré, gquverneur de Tours et de Chinon, depuis maréchal de France 3. On lui attribue également le
1. M. Jal s'est trompé en le faisant fils de Louis Métezeau. Louis s'étant marié le 28 août ôgS, Clément, s'il était son fils, n'aurait pu naître au plus tôt qu'en iSgg, et pourtant il était architecte du roi en 1624I II n'est pas probable qu'un jeune homme de vingt-cinq ans ait pu être mis en possession d'une aussi grande charge; Clément devait être le frère et non le fils de Louis. f
2. J'ai vu à la vente des autographes de M. Lucas de Montigny une quittance sur parchemin signée de Clément Métezeau. Cette quittance était de la somme de 1,200 livres, dont Sa Majesté « avoit fait don » à son architecte le 28 mars 1626. Il s'agissait probablement du second semestre, — un peu en retard, — de 1625.
3. Cet hôtel, qui avait vue sur le petit jardin du Louvre, eut pour maîtres, en 1620, Charles d'Albert I'^'^', duc de Luynes , et, après la mort de ce dernier, le duc de Chevreuse qui épousa sa veuve; puis le
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transept de l'église Saint-Pierre , de Dreux. Le cloître des religieuses de P Assomption, de la même ville, fut commencé sur ses dessins, au mois d'août i632. Né à Dreux le 6 février i58i, Clément Métezeau mourut à Paris et fut inhumé le 29 novembre i652 ^. Son portrait a été gravé par Michel Lasne -. (Du Breul, Siippl. Art. Orléanais. — Berty, Les Gr. Arch. — De Laborde, Palais Maiarin.)
MÉTEZEAU (Jean), fils du premier Clément Métezeau et frère de Thibaut. Il est mentionné maintes fois « architecteur », et fut « maître de la conduite de son état pour Péglise de Saint- Pierre (de Dreux) ». Il mourut à Dreux, sa ville natale, le 27 avril 1600. (Berty, Les Gr. Arch.)
MÉTEZEAU (Louis), fils de Thibaut, architecte de Henri IV et de Louis XIII. Dans un essai généalogique qui
duc d'Épernon qui acheta cet hôtel, enfin le duc de Longueville. On sait quel rôle important il joua pendant la Fronde. Après avoir servi de remise pour les voitures du roi Louis-Philippe, il fut abattu sous le règne de ce prince.
1. Voici l'acte de son inhumation : « Du Vendredy 29^ nouembre i652, conuoy de 40 (prêtres) de feu M. Métezeau, viuant architecte ingénieur ordinaire du Roy, pris aux galleries du Louvre et porté à St-Paul. Receu yS 1. 10 sols. »
2. Autour de ce portrait on lit cette légende : « Clément Métezeau, Druide, architecte, ingénieur du Roy, inventeur de la digue faicte au travers du canal de La Rochelle, es années 1627 et 1628, quelle fut prize et démanstelée par Louis le Juste XIII, Roy de France et de Navarre. » Au bas sont ces vers dus à Mathurin Bourellier, procureur du roy à l'élection de Dreux :
Hœc retico palmam retulit Metezeus ab hoste,
Cum Rupellanas aggere cinxit aquas.
Dicitur Archimedes terram potuisse movere :
^quora qui potuit sistere, non minor est.
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existe à la Bibliothèque nationale, il est qualifié « écuyer, sieur de Germainville et de Bressac,près Dreux, architecte et ordonnateur des bastiments du Roy ». Par lettres-patentes du 19 octobre 1594 il fut (( commis et député pour avoir les charge et conduite de la construction de tous les bastimens royaux mentionnés esdites lettres, pour, desdites charges, jouir et user aux mêmes honneurs, autorités, état et entretenement de huit cens écus par an , savoir quatre cents écus pour les bâtiments du Louvre et quatre cents écus pour les autres bâtimens, tout ainsi et en la même forme et manière qu'en jouit le dit Jacques Androuet du Cerceau ». En 1608 son traitement était le même, mais sa position s'était élevée : il était devenu architecte en chef, et Du Cerceau n'occupait plus que le second rang. Il avait en outre la charge de concierge et de garde-meubles des Tuileries ^ Il fut chargé, avec Tingénieur Francine (Francini), d'organiser les préparatifs de l'entrée à Paris de la reine Marie de Médicis, en mars et avril 16 10. Germain Brice (t. P'", p. i63) assure qu'il dirigea la construction de la première moitié de la grande galerie du Louvre 2. Il mourut à Paris et fut inhumé dans l'église Saint-
1. Il est ainsi mentionné dans l'Etat des officiers des bâtiments royaux de 1608 : « A Loys Methezeau, architecte du Roy, concierge du Pallais des Thuilleries et ayant la garde des meubles dicelluy. Pour ses gages la somme de deux mil quatre cens liures Asscavoir ijm pour sad<^ charge d'architecte et iiijc pour la charge de concierge et garde desds meubles cy... ij™ iiijc . » Du terceau et Fournier^K autres architectes de Sa Magté «^ étaient alors aux appointements de 1,200 livres seulement.
2. Berty dit à ce sujet qu'il ne peut s'agir que de la partie supérieure de cette galerie, et il a bien raison, car la date authentique des premiers travaux de cet édifice remonte à 1 566, et le dernier enfant de Louis naquit en 161 5. Or il est à peu près impossible que le même homme, qui était architecte du Louvre en 1 566, ait pu devenir père quarante-neuf ans plus tard, en i6i5.
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. l35
Paul, le mardi i8 août i6i5 '. Il avait épousé Isabelle de Hanqueil, le 28 août iSgS, à Saint-Merry 2. (G. Brice. — Berty, Art. Orléanais. — Jal.)
MÉTEZEAU (Thibaut), architecte du duc d^Alençon et de Henri III, naquit à Dreux le 21 octobre i533, et quitta sa ville natale vers 1569 pour venir s'établir à Paris. Suivant Germain Brice il entreprit, en 1678, avec Guillaume Marchant et Jean Petit, la construction du Pont-Neuf. On sait, par une pièce des comptes de la chapelle des Valois, que, le 14 mars 1682, il soumissionna une partie des travaux de cet édifice.
I. Berty a publié l'extrait suivant d'un compte de 1624: « Aladam"e lasabel de Hanqueil, V^ dud. Métezeau (Louis) qui estoit concierge des Thuilleries, et à sesd. enfans, sur la somme de iiiic liv. à eulx aussi accordez, au lieu desd. gaiges, leur vie durant, par autre brevet du X sept. M. Vie quinze, et lettres patentes veriffiées en lad. Chambre, la somme de trois cent livres, dont ils seront paiez; pour trois quartiers de lad. présente années, cy.... m" liv. »• Berty avait justement conclu de cet acte que L. Métezeau dut mourir avant le 10 septembre 161 5. Cependant, moins de deux mois avant cette date, le 17 juillet de la même année, Métezeau fit baptiser un fils, Charles, qui fut tenu par « Charles de Luynes, gentilhomme de la chambre de S. M., gouverneur des ville et chasteau d'Amboise «. La mort de L. Métezeau devait donc être placée entre ces deux dates très-rapprochées. En effet, l'acte d'inhumation retrouvé dans ces derniers temps ne laisse plus de doute à ce sujet. Métezeau mourut à Paris, sur la paroisse Saint-Roch, et fut inhumé à Saint-Paul le 19 août 161 5. Son acte de décès sur Saint-Roch est ainsi conçu : « Ce mesme jour, igaoût i6i5, a esté enterré, dans l'église Saint-Paul, noble hoe (homme) Mons. Métezeau, premier architecte du roy et consierge de son chasteau des Tuileries. >'
2. M. Jal, dans son Dictionnaire critique, donne à la femme de L. Métezeau un nom qui ne ressemble guère à celui-ci : il l'appelle « Isabel (ou Isabelle) de Audegner ». Il est difficile de comprendre que .le même nom ait pu être lu de deux façons si différentes.
l36 DICTIONNAIRE
Il termina, en i585, la porte Saint -Antoine, ou plutôt « Pavant-portail w qui la décorait'. Sauvai ditqu^il commença la salle des Antiques du Louvre. Il est considéré aussi, mais sans preuves, comme ayant dressé les plans de la grande galerie du Louvre. En lôyS il était architecte du duc d'Alençon;, en 1578 il avait le titre d'architecte du roi, et recevait, en raison de cette charge, le 25 mars, une somme de 200 écus au soleil dont Henri III, « lui avoit fait don ». [Mém. du duc de Nevers. — Sauvai. — Berty.)
MÉTIVIER (Antoine), architecte des bâtiments royaux sous Louis XIII, eut pour successeur dans sa charge Jean Androuet Du Cerceau. Il mourut en 1617. (Berty et Legrand, t. II.)
MIGHAUD DE LOCHES. Eni4i 2 les clercs, bourgeois et habitants de Troyes réunis « en l'ostel de monseigneur Pévesque », pour délibérer sur la construction du clocher de la cathédrale, élirent maistre Michaud de Loches, lequel a
accepté « la charge de savoir comment Fargent des aides
et suffraiges serait dépensé » (Darbois, Doc.)
MICHEL. Un ancien compte des travaux de la cathédrale de Troyes contient, à la date de i5o6, la mention suivante : « A ung nommé Michel, maistre maçon de Saint-
I. Sauvai (t. III, p. i) s'exprime ainsi à ce sujet : « L'avant-portail Saint-Antoine est un arc de triomphe dressé par la ville pour faire honneur à Henri III à son retour cfe Pologne, et bâti sur les dessins
de Métezeau » Mais Sauvai se trompe : l'arc triomphal dont il
s'agit avait été commencé sous Henri II. Les deux figures de fleuves qui ornaient cette porte, et qui sont aujourd'hui au musée de Cluny, ont été signalées par tous les historiens comme étant l'œuvre de Jean Goujon, qui mourut en 1572.
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. iSy
Nicolas en Lorraine, et à ung autre maçon du Duc de Lorraine, pour avoir visité la place qu'il convient faire les tours ou commancer la nouvelle maçonnerie, etc. » Cet artiste fut probablement l'architecte de l'église Saint-Nicolas-du- Port (Meurthe), laquelle était alors en construction. Il avait été appelé à Troyes pour donner son avis sur le projet de Martin Ghambiges. (Pigeotte, Cath. de Troyes.)
MICHEL (Charles) bâtit, vers i63o, le château de Boisseleau, « à cinq lieues de Blois, dans la Bausse )>, pour Barthélémy Savorni, seigneur de la Claville. (Bernier, i^z5^. de Blois .f etc.)
MICHEL CLÉMENT, l'un des architectes de l'église Saint-Ouen, de Rouen, vivait à la fin du XV^ siècle ^.
MICHEL DE ZEITZ. — V. ZEITZ (Michel de).
MICHELIN DE JONGHERY. — V. JONCHERY
(Michelin de).
MICHELIN (Thomas), l'un des architectes delà cathédrale de Troyes, successeur de Michelin de Jonchery, apparaît pour la première fois en 1401, lors de la visite faite à cette église par deux architectes de Paris, Jean Aubelet et Jean Prévost. En 141 4 « il pourtrait les pignacles w du clocher central de l'église Saint-Pierre, de Troyes -, ces pinacles, ainsi
I. M. Deville (Observ. s, l'achèv. de l'égl. S.-Ouen) s'est certainement trompé en présentant cet architecte comme le successeur d'Alexandre de Berneval; les Documents inédits sur la constr. de St- Ouen^ de Rouen, publiés par M. Jules Quicherat, ne permettent pas d e donner à Berneval d'autre successeur immédiat que son fils Colin. II. 18
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que le fenestrage et les claires-voies, furent terminés en 141 8. En la même année il travailla à Téglise Sainte-Madeleine, de la même ville, et reçut 22 sous 6 deniers pour faire « ung ambenoistier de pierre et le asseoir ou pillier près la porte de réglise, deuers Fostel maistre Oudart )>. Assier, Compt. de l'œuvre. — Compt. de Ste-Mad. — De Laborde, Ducs de Bourg.)
MI DE AU (Philippe), Tun des maîtres d'œuvres du duc de Bourgogne Philippe le Bon. Il est mentionné dans les anciens comptes à partir de 1421, à l'occasion des appointements qui lui sont payés par le trésorier du duc. Il recevait 4 gros par jour et une gratification annuelle. En 142g il accompagna Jean de Saulx, visiteur général des forteresses et maisons du duc, dans une tournée dïnspection qu'il fit des bailliages de Mâcon et Chalon-sur-Saône. Ils visitèrent ensemble, dans cette dernière ville, les réparations qu'on faisait aux Halles et au Châtelet. En 1438 Mideau était encore au service du duc- il fut aussi juré-visiteur des ouvrages de maçonnerie de la ville de Dijon, ;Canat, Maîtres des œuvres. — Inv. somm.^ Côte-d'Or.)
MIGNARD 'Pierre', fils de Nicolas ^limard et neveu du peintre Pierre, naquit à Avignon en 1640. Il éleva à Paris au moins deux édifices : la porte Saint-Michel et la façade du collège Saint-Nicolas. L'abbaAT de^Iontma3-ours, près d'Arles, est son œuvre capitale. Il fit partie de TAcadémie d'architecture en 1671 , lors de sa fondation, et en devint professeur. Il mourut à Paris en 1725. (Dargenville, Vie des arch.)
MIGNOT (Jean\ En 1099 plusieurs architectes de Paris furent appelés en Italie pour continuer la cathédrale de Milan : les plus notables de ces artistes furent Mignot et Campanosia.
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Us succédèrent à Henri de Gamodia, architecte allemand, qui travaillait à cet édifice depuis iSgi , et conservèrent la direction des travaux jusqu'en 1402. (Cicognara, Storia délia scultiira.)
MILLON (Armand) était, en 1 461, maître des œuvres et commis à visiter tous les ouvrages « nécessaires estre faiz en la court d'Arras ». (De Laborde, Ducs de Bourg.)
MIMEREL (J.). C'est sur les dessins de cet artiste que fut construite Téglise de P Hôtel-Dieu de Lyon, vers le milieu du XVH'' siècle. [Biogr. lyonnaise.)
MIQUE (Claude-Nicolas), Tun des architectes du roi Stanislas, naquit à Nancy le 19 septembre 17 14. Il reçut, en 1762, des honoraires pour la conduite des travaux des bâtiments de la nouvelle Intendance. En 1763 il fut chargé de la construction d'un corps de casernes, dont les dessins avaient été donnés par Richard Mique, son parent. On doit à cet architecte la reconstruction des portes Sainte-Catherine et Saint- Stanislas. La première de ces portes fut démolie en 1768 et reportée plus loin , afin d'enfermer dans la ville la caserne Sainte-Catherine. Le 5 décembre 1783 il se démit de ses fonctions d'inspecteur des bâtiments de la ville de Nancy en faveur de son fils Louis-Joseph Mique. On conserve dans les archives de la même ville un « Plan des ville, citadelle et faubourgs de Nancy, par Cl. Mique », (Lepage, Archiv. de Nancy.)
MIQUE (Louis- Joseph), fils du précédent, naquit à Nancy le 22 février 1757. C'est probablement à lui qu'est due la construction de l'Hôtel de ville de Pont-à-Mousson. Il succéda en 1783 à son père, en qualité d'inspecteur des
bâtiments de la ville de Nancy. (Norey, Not. sur Richard Mique.)
MI QUE (Richard), fils de Simon Mique, architecte, naquit à Nancy le 18 septembre 1728. Il fut envoyé, en 1740, à Strasbourg, chez un ingénieur où il travailla quelque temps, puis il se rendit à Paris, où il acheva ses études à Pécole de Blondel. Nommé ingénieur en chef des ponts et chaussées de Lorraine et Barrois en 1762, il devint. Tannée suivante, à la mort de l'architecte Héré, directeur général des bâtiments du roi de Pologne. Stanislas ayant, vers 1763, ordonné la construction d'un nouveau corps de casernes, R. Mique en fut nommé l'architecte. On doit aussi à cet artiste les portes Saint- Stanislas et Sainte-Catherine, de la même ville, lesquelles, en forme d'arcs de triomphe, furent élevées en l'honneur du roi et de Catherine Opalinska, sa femme. La réputation acquise par Mique lui valut le titre d'architecte de la reine Marie- Antoinette. C'est en cette dernière qualité qu'il fit l'église des Carmélites, à Saint-Denis, près Paris*, le couvent des Ursulines, à Versailles, commencé en 1767 et terminé en 1772, et dont les bâtiments sont occupés aujourd'hui par le lycée. En 1775, à la retraite de Gabriel, il fut nommé Premier architecte du roi. En 1780 il reconstruisit, à Versailles, l'hôtel affecté au logement des Premiers architectes '. La reine confia également à Mique la décoration intérieure du grand appartement du Petit-Trianon, dan^ le parc de Versailles. Mique transforma les anciens jardins de ce palais, qui avaient été dessinés par Lenôtre • il creusa un lac et des rivières artificiels , et éleva les fabriques pittoresques qui existent encore , ainsi qu'un temple à l'Amour et le kiosque ou pavillon des
I. Cette habitation, située rue des Hôtels, porte aujourd'hui le n° 9.
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Concerts. C'est lui qui construisit, dans les nouveaux jardins, le moulin, le presbytère, k. maison du garde-chasse, la laiterie^ la maison du bailli, la cabane de la reine, la salle de spectacle. En 1785 Marie- Antoinette, ayant acquis du duc d'Orléans le château de Saint-Cloud, ordonna à Mique de Tapproprier à ses goûts. L'artiste changea toutes les distributions intérieures des bâtiments, construisit une chapelle neuve dans la partie qui double l'aile droite de la cour, et établit, sur l'emplacement de l'ancienne chapelle, l'escalier d'honneur. Il doubla la partie de l'aile gauche, du côté du bassin du fer à cheval, pour construire V escalier de la rez/ze, et éleva dans le petit parc un pavillon nouveau, qui reçut de Marie -Antoinette le nom de Félicité. Ce pavillon a disparu , ainsi que quelques autres ouvrages de Mique • mais le vestibule et l'escalier du roi subsistaient encore en 1 870 , avant la destruction de cette résidence par les Prussiens. On lui attribue l'ancienne église de Saint-Gloud, divers travaux au palais de Fontainebleau, et la porte d'entrée de l'École forestière de Nancy. On présume qu'il participa, au moins par ses conseils, à la composition de la porte de Metz, aujourd'hui des Iles, à Nancy, qui fut élevée en 1785. En 1782 il se rendit à Orléans, avec Guiilaumot et Jardin, architectes du roi , pour visiter la cathédrale de cette ville et indiquer les travaux de consolidation nécessités par des affaissements qui s'étaient manifestés sur divers points de l'édifice. Richard Mique fut anobli, lui et sa postérité, par lettres-patentes du roi de Pologne, le 16 novembre 1761, lesquelles furent confirmées par Louis XV le 29 avril 1 764. 11 avait été reçu conseiller, secrétaire du roi, contrôleur en la chancellerie du parlement de Metz le 28 juillet 1769. Il possédait la seigneurie d'Heillecourt, près Nancy. Créé chevalier de l'ordre de Saint-Michel le 8 mai 1763, il fut nommé, le 10. janvier 1766, intendant et contrôleur général des bâtiments et jardins de la reine de France. 11 devint plus tard
intendant de la Liste civile, sous Louis XVL Pendant la Révolution, il fut arrêté et détenu à Paris, avec son fils Simon, conseiller en la Chambre des comptes : ils étaient accusés tous deux d'avoir pris part à une conspiration ourdie pour sauver la reine Marie-Antoinette. Traduits devant le tribunal révolutionnaire, ils furent condamnés à mort le 7 juillet 1794, et décapités le lendemain. (P. Morey, Richard Miqiie. — J.-A. Leroy, A*z/e5 de Versailles. — De Buzonnière, Hist. arch. d'Orléans.)
MIQUE (Simon), père du précédent, réédifia, vers 1745, l'aile gauche du château de Lunéville, qui avait été incendiée. (P. Morey, Richard Mique, etc.)
MOGNON (Pierre de), religieux de Cluny, attaché au monastère de l'île d'Aix, fut chargé, au milieu du XIP siècle, de bâtir l'église Saint-Barthélémy, de la Rochelle. (Arcère^ Hist. de la Rochelle.)
MOITY (Pierre-Joseph). De 1719 à 1730 il lui fut payé, par la municipalité de Cambrai, 3o florins, pour des plans de maisons; en 1733 il reçut une autre somme de 48 florins, pour un « Recueil de plans ». (Lefebvre, Mater.
p. Ihist. des arts.) .
MOL I NOS naquit à Lj^on le 4 juin 1743. On ne sait rien de la première moitié de sa vie. En 1782 il fut, avec Legrand^ son associé (V. ce nom), chargé de couvrir la cour circulaire de la Halle au blé de Paris , dont le diamètre est de 43 mètres. Ils construisirent à cet effet une coupole hémisphérique en charpente légère, suivant le système de Philibert De l'Orme.
Cette charpente fut incendiée et détruite en 1802 '. Molinos devint, sous l'Empire, architecte de la ville de Paris ^ c'est en cette qualité qu'il construisit, en 1809, le marché Saint- Honoré, sur l'emplacement de l'ancien couvent des Jacobins 2 ; de 1809 à 181 1 la Halle au vieux linge, élevée dans l'enclos de l'ancien Temple. Nommé, vers la même époque, architecte du Muséum d'histoire naturelle , Molinos étudia un projet d'agrandissement et d'embellissement des bâtiments et du Jardin , mais ne put réaliser qu'en partie ce vaste plan. C'est lui qui composa et ordonna toutes les fêtes données par la ville de Paris sous le premier Empire et sous la Restauration. Sa dernière œuvre fut le marché de Popincourt, élevé de 1829 à i83i, rue Ménilmontant. Élu membre de l'Académie d'architecture le 14 novembre 1829, il mourut à Paris, le 19 février i83i, âgé de quatre-vingt-huit ans. (Quatremère, Not. hist. — Lazare, Rues de Paris. — Legrand et Landon. — Roquefort.)
MOLLET (Claude), architecte des jardins royaux, né vers i563, succéda, en i595, à son père, et débuta par le jardin du château neuf de Saint-Germain-en-Laye, qu'il planta d'après les dessins de Du Pérac. Il fit, à la même époque, les jardins de Monceaux. Dans son brevet du 27 février i632, confirmé le 25 juin 1643, il est dit : « Jardinier ordinaire et dessinateur des plans. Parcs et jardins des maisons royales w. Lors de la confirmation de son brevet ses gages étaient de « mil livres par an ». Il est l'auteur de l'ouvrage dont le titre
1. Voir la notice de Legrand pour les autres œuvres dues à la collaboration de ces deux artistes.
2. Ce marché, construit en bois, a disparu il y a quelques années, pour faire place aux élégants abris de fer et de fonte élevés sur les dessins de M. de Mérindol.
suit : « Théâtre des plants et jardinages, contenant des secrets et des inventions incognues a tous ceux qui, jusqu'à présent, se sont mêlez d'écrire sur cette matière; avec un traité d'astrologie pour la culture des jardins )). Paris, Ch. de Sercy, i652, pet. in-4° I. Cl. Mollet laissa deux fils, Charles et André. [Archiv. de Vartfr. — Brunet. — Rens. part.)
I. La Bibliothèque nationale possède un volume in-folio de i34 feuillets de papier, relié en maroquin vert, qui doit être l'édition originale de cet ouvrage; il est intitulé : « Théâtre des plans et jardinages, par Claude Mollet, premier jardinier du roy ». Les dessins de ce volume sont gravés en taille-douce et la reliure remonte au règne de Louis XIII. C'est à ce prince, d'ailleurs, que fut dédié le Théâtre du Jardinage. Dans son épître au roi , Mollet s'exprime ainsi :
« Sire, après tant d'excellents et héroyques progrès c'est [ici] un
recueil de tout ce que j'ay veu faire et que j'ay retenu de l'instruction
de feu mon père et de l'expérience que j'ay acquise depuis trente
ans et plus en servant le feu roy vostre père et V. M. en tous les jardins de vos maisons, chasteaux et palais, sous le commandement de M. de Fourcy, superintendant des bastiments de V. M. Et ce que j'ay vu faire et pratiquer par les plus expérimentés jardiniers de vostre ville de Paris et autres de vostre royaume, jusques au soixante-deux ans de mon aage ». Il nous apprend plus loin (dans la préface) que son père avait fait tous les plans et jardins du château d'Anet; qu'il lui succéda en iSgô, et qu'il fut préposé tant aux jardins des Tuileries qu'à ceux de Saint-Germain-en-Laye, Fontainebleau et autres
lieux. « le temps passé, ily a environ quarante ans, qu'il ne se fai-
soit que des petits .compartimens, dans chascun quarré d'un jardin, lesquels estoient de diverses sortes de d^sseings et façons. Mais depuis que j'ay heu l'honneur de recevoir l'instruction de très illustre personnage feu M. du Perrat (Etienne Du Pérac), grand architecte du Roy, lequel, après son retour d'kalie, qui fut en l'an mil cinq cents quatre vingt deux, M. le duc d'Aumale, grand amateur de braves hommes, retint icelluy sieur du Perrat pour son architecte, et luy donna le commandement sur tous ses chasteaux et maisons, principalement au chasteau d'Anet, lequel, en ce temps là, estoit la plus belle maison de France; de sorte que icelluy sieur du Perrat print la peine
MOLLET (André), fils de Claude, fut « maistre des Jardins )> de la reine de Suède. Il a publié sur son art un ouvrage dont voici le titre : « Le Jardin de Plaisir, contenant plusieurs dessins de jardinage, tant parterres en broderie, compartiments de gazon, que bosquets et autres; avec un abrégé d^agriculcure touchant ce qui peut être le plus utile et le plus nécessaire à la construction et accompagnement du dit Jardin de Plaisir. » Stockholm^ chez Henry Kayser, i65i,in-fol. (Brunet, Man. du libr.)
MOLLET (Armand-Claude), fils de Charles, obtint, en 1692, la survivance, consentie par son père, de la charge de maître des jardins du Louvre. Il fiât admis à FAcadémie d'architecture en 1699, et mourut en 1720. On lui attribue l'hôtel bâti à Paris, dans le faubourg Saint-Honoré, pour le comte d'Evreux (aujourd'hui le palais de PÉlysée); l'hôtel d'Humières, dans la même ville ; la transformation du palais Mazarin en hôtel de la Banque royale et de la Compagnie des
lui même de faire des desseings et portraits pour me montrer comme il falloit faire de beaux jardins, de telle manière que tout le jardin ne seroit qu'un seul compartiment, mesparty par grandes voyalles ; si bien que telle invention paroissoit bien davantage que ce que feu mon père avoit accoustumé de faire et moi aussi. Ce sont les premiers parterres en broderye qui ayent esté faits en France de sorte que je
ne me suis plus arresté à faire des compartements dans des quarrez, l'un d'une façon, l'autre de l'autre, voyant la mauvaise grâce qu'ils
ont au prix des autres cy-dessus En l'an i5g5, le feu roy Henry le
Grand me commanda de planter le jardin du chasteau neuf de Saint- Germain-en-Laye, sous le desseing du sieur du Perrat, si bien que je fis tout planter de buys. Et aussi le jardin de Monceaux, que je fis planter par commandement de Sa Majesté en la mesme année, ensemble le petit jardin de dessus l'estan du chasteau de Fontainebleau » (Bibl. imp. Fonds de Versailles. Ane. manuss., n" 248.)
Indes (il n'est resté de cette restauration que la porte d'entrée sur la rue Neuve-des-Petits-Ghamps) -, et le château de Stains, près Saint-Denis I.
MOLLET (André-Armand), fils d'Armand- Claude, fut admis à l'Académie d'architecture en 17 18 et mourut en 1758. Il fut remplacé, comme académicien, par Jossenay. ( Dussieux, Art fr. — Rens. part.)
MOLLET (Charles), fils de Claude, était^ en 1692, maître des jardins du Louvre « et de ceux qui pourront être faits dans son enclos », A cette époque, la survivance de cette charge fut accordée à son fils, Armand-Claude. {Archip. de l'art fr.)
MOLLET (Louis-François), fils d'André-Armand, fut admis à l'Académie d'architecture en 1734, et mourut en 1747. [Arch. de Vartfr.)
MONCEAU (Guillaume de), de Thignouville , « escuier, maître des euvres de massonnerie du duchié de Valois pour M. S. le duc d'Orléans », reçut, le 20 février 1484, la somme de cinq livres tournois à lui dues de ses « gaiges du dit office, du terme de Sainct- Jehan Baptiste». (De Laborde,Z)z/C5 de Bourg.)
f ■ MONSIAUX (Pierre de) , maître des oeuvres delà ville
I. Le fils d'Armand-Claude, André-Armand, ayant travaillé en même temps que son père, puisqu'ils furent, de 1718 à 1720, confrères à l'Académie, il pourrait se faire que certains travaux attribués au premier de ces artistes appartinssent au second. Il ne m'a pas été possible de faire la part de chacun, et je ne saurais dire, d'ailleurs, si ces travaux doivent être partagés.
de Paris au XIIP siècle. Au-dessus de l'une des portes de l'abbaye de Saint- Antoine-des-Ghamps, près Paris, se voyait un tableau au bas duquel était Tinscription suivante, datant du XVP siècle : « Lan 1267, par la permission de Messieurs le préuost des marchands etEscheuins de la ville de Paris, fut enuoyé un nommé Pierre de Monsiaux, maistre des œuures de la ville, pour abbatre l'Eglise de céans, disant par eux avoir affaire de pierres pour ladicte ville. Mais sitost que le dit Monsiaux eut frappé le premier coup de marteau sur l'vn des piliers du portail de la dite église, le dict de Monsiaux fut embrazé du feu S. Antoine. » Du Breul , qui donne cette inscription, ajoute : « Vn os est suspendu deuant ce tableau, lequel on dit estre de ce masson. » (Du Breul.)
MONSTERET (Jean) fut l'un des maîtres d œuvres du duc de Bourgogne Philippe le Bon. En 14.50 il fît, en qualité de maçon-juré de la ville de Dijon, un rapport sur le nivellement du cours du Suzon, dans la traversée de cette ville. (M. Canat, Maîtres d' œuvres.)
MONTAIGNE (Nicolas) était, vers la fin du XVP siècle, maître des œuvres de maçonnerie du comté de Vaudemont. Il occupait cet emploi en i583. (H. Lepage, Les Offices.)
MONTAIGU (Nicolas) a bâti à Bordeaux, en 1744, une des portes de la ville, celle des Gapucins. (Bordes, Hist. des mon. de Bordeaux.)
MQNTEREAU (Jean de), maître des œuvres de niâçonnerie du duc de Bourgogne, figure dans un compte de 1464-1465 relatif à la sépulture de Jean-Sans-Peur, dans l'église des Chartreux, de Dijon. (Rossignol, /wz^ew^.)
MONTEREAU (Pierre de). — V. MONTREUIL
(Pierre de).
MONTFERRAND (Auguste-Ricard, dit de) naquit à Paris le 24 janvier 1786. Il entra fort Jeune à l'atelier de Percier. Après quelques années d^études il fut attaché aux travaux du temple de la Victoire, à Paris (devenu Téglise de la Madeleine). En 1816 il partit pour la Russie, où il arriva porteur d'une recommandation pour le prince Wolkensky, ministre de la maison de l'Empereur. Nommé immédiatement architecte du cabinet, il eut à construire pour le prince Labanoff un palais qui, devenu la propriété de la couronne, servit à l'installation du ministère de la guerre. En 181 7, après un concours ouvert pour la continuation de l'église de Saint-Isaac, il fut désigné par Alexandre P'" pour la construction de cet édifice, auquel il travailla pendant quarante années et qu'il eut la gloire d'achever. En 1829, l'empereur Nicolas voulant élever un monument à la mémoire de son prédécesseur , c'est encore Montferrand qui fut chargé d'ériger la colonne Alexandrine, dont l'inauguration eut lieu en 1834. Plus tard Alexandre II lui confia l'exécution d'un monument qu'il avait résolu d'élever à la mémoire de l'Empereur défunt^ et qui consiste en un piédestal monumental de porphyre surmonté de la statue équestre de Nicolas; mais il n'eut pas la satisfaction de voir achever cette oeuvre. Montferrand fut membre de l'Académie de Saint-Pétersbourg çt professeur à la même Académie, conseiller d'État, général -major , officier de la Légion d'honneur, etc. Il mourut à Saint-Pétersbourg le 14 juillet 1859. On a de lui les ouvrages suivants : « Plans et détails du monument consacré à la mémoire de l'Empereur Alexandre. » Paris, i836, très-gr. in-fol., avec 41 pi. lithogr. et 12 vign. — « Eghse cathédrale de Saint-Isaac, description architecturale, pittoresque et historique de ce monument, par
R. de M.... » Paris et Saint-Pétersbourg, Bellizard, 1845, gr. in- fol. contenant 61 lithographies. [Illustration. — Rens. part.)
MONTFORT (Nicolas) était, en 1673, « voyer maître des ouvrages de carpenterie et massonnerie pour le roy » au bailliage de Caux (Seine-Inférieure). C'est en cette qualité qu'à la date du 18 juillet de la même année, il fut appelé à visiter l'église de Manneville-ès- Plains, dont la tour venait de s'écrouler. On a conservé le devis dressé par Montfort à la suite de ce désastre. Ce devis donne le détail des travaux les plus urgents à faire « touchant les réparations et réédifications du dégradement et ruine arrivés en ladite église « . ( L'abbé Cochet, Les Eglises.)
MONTFORT (de) a construit, sur ses dessins, le château de Pont-Saint-Pierre, dans le Vexin normand. [Rens. part.)
MONTHEROULT (Pierre), un des architectes de l'église des Saints-Gervais-et-Protais, de Gisors, est mentionné dans les comptes de la construction de cette éghse ; l'un de ces comptes ( 1 552-53 ) porte : « A maistre Pierre de Montheroult,maistre masson pour u*^ lxi jours au feur de xii s. p. jour. » Dans un compte de i555^ il est nommé « maistre conducteur de l'oeuvre de l'église ». [Ann. arch..,t. IX.)
MONTIGNY (de). En 1772, la Halle d'Amiens ayant été détruite par un incendie, Montigny, qui exerçait à Paris, fut appelé à Amiens pour la reconstruction de cet édifice. L'opération demanda cinq années de travail, mais Montigny mourut avant de l'avoir terminée. L'architecte Sellier acheva cette reconstruction sur les plans de son prédécesseur. (Goze, Rues d'Amiens.)
l5o DICTIONNAIRE
MONTIGNY (Granjean de). - V. GRANDJEAN DE MONTIGNY.
MONTLUISANT. En 1760 il lui fut payé des honoraires pour les plans et devis de la salle de comédie et de concert construite par lui à Nancy à la même époque. En 1 766, il était alors inspecteur général des bâtiments et usines du Domaine, à Nancy, il fut chargé de restaurer l'hôtel de l'Intendant de la province de Lorraine. Il donna, la même année, le plan des écuries et remises du même hôtel, lesquelles furent construites « dans la cour, à l'est, entre le « Gouvernement )> et le rempart ». (Lepage, Arch. de Nancy. — Palais ducal.)
MONTREUIL (Eudes de), architecte, statuaire et ingénieur militaire, vivait sous saint Louis ; on ignore l'époque de sa naissance. Parti pour la Palestine avec saint Louis, il fut chargé par le roi de construire la forteresse de Jaffa, Il revint en France avec ce prince, en 1264, et éleva, à Paris, les édifices suivants : en 1254, l'hospice et l'égHse des Quinze - Vingts-, en 1267, l'église des Chartreux-, en 1262, celle des Cordeliers -, en 1268, celle de Sainte-Croix -de- la -Bretonnerie. On lui doit aussi l'église de l'Hôtel-Dieu, celle de Sainte-Catherine du Val -des -Écoliers, celle des Blancs- Manteaux et celle des Mathurins. fea plupart de ces monuments ont été détruits et rebâtis. On attribue aussi à Eudes réghse Notre-Dame de Mantes i. En 1285 il était encore
I. Les avis sont partagés sur ce point. M. Moutié, dans son livre : Mantes, histoire^ environs, etc., attribue seulement à cet architecte le porche centrai, les trois fenêtres et la rose dont il est surmonté, ainsi
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. l5l
architecte du roi, ainsi que le prouve l'extrait suivant d'un compte cité par Leber {Coll. des meill. dissert.) , « lequel masson (Eudes de Montreuil), dans l'ordonnance lostel du roy et de la reine (le château de Vincennes), aura un * de gages hors et ens et c^ por robe et forge et restor de 2 chevaux et mangera à court ». En 1287 il avait sculpté lui-même, pour être placé près de son tombeau, dans l'église des Cordeliers, à Paris, un bas-relief où se trouvaient représentées ses deux femmes, entre lesquelles on le voyait tenant de la main droite une équerre. Le feu qui consuma cette église, le i5 novembre i58o, détruisit cet ouvrage. Eudes mourut en 1289. (Em. David, Vies des artistes. — Viollet-le-Duc, Dict.)
MONTREUIL (Pierre de), dit aussi de MONTE- REAU, né vers la fin du XIP siècle ou le commencement du XIIÏ^, mourut à Paris le 17 mars 1264, et fut inhumé dans le chœur delà grande chapelle de la Vierge, qu'il avait construite à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. On le représenta sur sa tombe tenant la règle et le compas •, Agnès , sa femme , reposait auprès de lui. Autour de son image fut tracée cette
que les quatre premières travées de la nef. Millin, dans ses Antiquités nationales^ veut que l'édifice entier soit l'œuvre de cet illustre artiste. « Eudes de Montreuil, dit-il, fut si étonné lui-même de la hardiesse de son ouvrage, qu'il alla jusqu'à douter du succès. Il ne voulut pas assister lui-même au décintrement des voûtes; il y envoya son neveu, et quand celui-ci lui annonça que tout avait parfaitement réussi, Eudes, que ses ennemis avaient sans doute calomnié, fut dans une joie inexprimable «. M. Viollet-le-Duc dit, dans son Dictionnaire de l'Architecture ., que cet édifice, qui présente une copie réduite de Notre-Dame de Paris, fut bâtie d'un seul jet à la fin du xiii'= siècle. Mais il ne prononcé pas le nom d'Eudes de Montreuil; au contraire, il ajoute que cette église, contemporaine du chœur de la cathédrale de Paris, « lui paraît avoir été élevée par les mêmes maîtres ».
l52 DICTIONNAIRE
épitaphe, publiée par D. Bouillard dans son Hist. de l'abb. Saint-Germain-des-Prés :
FIOS PLENUS MORUM, VIVENS DOCTOR LATOMORUM, MUSTEROLO NATUS , JACET HIC PETRUS TUMULATUS *, QUEM REX CŒLORUM PERDUCAT IN ALTA POLORUM \ CHRISTO MILLENO, BIS CENTENO , DUODENO CUM QUINQUAGENO QUARTO DECESSIT IN ANNO.
Sur la pierre tumulaire de sa femme était gravée rinscription suivante :
ICI GIST ANNÈS, FAMME JADIS FEU MESTRE PIERRE DE MONTEREUL PRIEZ DIEU POUR l'aME d'eLLE ^
I. Est-ce Montereau, est-ce Montreuil qu'il faut appeler l'architecte de la Sainte-Chapelle? Les avis se sont partagés sur cette question ; mais évidemment le dernier de ces noms doit prévaloir sur celui que la tradition a consacré. L'abbé Lebeuf, le premier, éleva des doutes à ce sujet : le mot Montereul de l'épitaphe d'Agnès le fait pencher pour le village de Montreuil, près Paris, appelé aujourd'hui Montreuil-aux- Pêches. M. Douet d'Arc, dans une intéressante étude sur les sceaux de la Sainte-Chapelle {Rev. archéol., année 1847), avait été plus affirmatif que le docte historien du diocèse de Paris : « Il était de Montreuil, près Vincennes, dit-il en parlant de l'illustre architecte, et possédait une vigne à Charonne, en i252, comme on le voit dans un registre intitulé : Ce sont les cens des vignes de Charonne, à l'article suivant : « Pierres de Mosteruel, 3 deniers par an de « fons de sa vigne, à rendre aux octièves de la S. Denis. » (Archiv. nationales, carton coté M. 75.) Mais M Douet d'Arc revient aujourd'hui sur ces conclusions qu'il trouve un peu trop forcées. Ayant consulté à ce sujet mon savant et obligeary: collègue du Comité des Travaux historiques, voici ce qu'il me répondit à la date du 10 janvier 1870 :
« J'ai été trop explicite en appliquant à notre architecte le passage
en question d'un censier du Temple Cela prouve bien qu'en i252
existait un Pierre de Montreuil, sans doute de Montreuil-sous-Vincennes, puisqu'il possédait une vigne à Charonne, mais cela ne prouve pas d'une manière absolue qu'il soit le même que le fameux
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. l53
Le premier ouvrage connu de Pierre de Montreuil est le réfectoire de l'abbaye Saint- Germain- des- Prés, à Paris, établi au nord du grand cloître, parallèlement à Téglise, sur le terrain qu'occupe aujourd'hui une portion de la rue dite de
architecte de la Sainte-Chapelle. Cependant il y a bien de l'apparence, car, d'une part, la Sainte-Chapelle a été fondée en 1245 ; de l'autre, Pierre de Montreuil est mort en 1266. Or, entre ces deux dates, celle de 1252 du Censier du Temple vient s'intercaler à merveille. Donc, quoiqu'il n'y ait pas de preuve mathématique à donner, je persiste à croire que le Pierre de Montreuil de la Sainte-Chapelle est bien le Pierre de Montreuil du Censier du Temple. Vous prendrez parti. » Je ne suivrai pas sur ce point le conseil de M. Douet d'Arc, je ne rae permettrai pas de trancher une question qui lui paraît douteuse et qui l'est en effet. Comment, d'ailleurs, établir que ce Mosteruel, possesseur d'une vigne à Charonne, est ou n'est pas autre qu'un contemporain de l'illustre artiste ? La preuve — est- elle nécessaire ? — qu'il a pu exister deux hommes du même nom à cette époque, c'est que dans un Etat des revenus du Parloir aux Bourgeois, daté de 1292 — 2O ans après la mort de i'architec.e — on trouve cette mention : « Mestre Pierre de Monstereil, por illi arpens de terre et III cariiers et I tercel en Poligni, XXX deniei's obole. » Et plus loin: « Octo arpenta terre que emerunt les Chartreux) a magiatro Peiro de Monsierolio. » Quant à ce dernier, on serait certes très porté à voir en lui le Pierre de «Monsterolio » qualifié de maistre, comme le 3 doctor latomorum » de l'épitaphe, mais la date (1292) s'y oppose absolument. Montereau et Montreuil dérivant tous deux du même mot latin monasteriolum^ on s'explique donc jusqu'à un certain point la confusion faite de ces deux noms à propos du grand artiste qui nous occupe; cependant, ne semble-t-il pas que, pour exprimer Montereau, le rédacteur de l'épitaphe latine eût, de préiérence à musterolo, employé l'une de ces appellations : Monasteriolum, monasteriolum ad Icaunam, monsterolium in fineyonce, monsteriolum super Jluvium yonœ^ lesquelles appellations é. aient employées, au moyen âge, pour désigner l'ancienne Condate des Senones.-' Au surplus, il me paraît bien inutile d'aller demander la solution du problème à d'anciens textes dont l'orthographe est si peu sûre, quand cette solution est toute trouvée dans 1 1. 20
1 54 dictionnairl;
TAbbaye-, cet édiîîce, commencé en 1209 et terminé en 1344, subsistait encore en 1794. En 1246 saint Louis, voulant construire à côté de son palais une église où il pût déposer pieusement les nombreuses reliques qu'il avait rapportées de la Palestine ou rachetées des Vénitiens , chargea Pierre de Montreuil d'en diriger la construction. On sait que l'artiste éleva, pour ainsi dire, deux églises superposées : Tune, dédiée à la Sainte Couronne d'épines et à la Sainte Croix, est établieau niveau des planchers du palais -, Fautre, celle basse, réservée à la piété des fidèles. Cet édifice, connu sous le nom de Sainte- Chapelle du Palais, fut terminé en 1248. A cette époque Hugues d'Issy, abbé de Saint-Germain-des-Prés, fit élever par le même artiste, dans Tenclos de son abbaye, une église
les deux épitaphes comparées l'une à l'autre. En effet, comment pourrait-on raisonnablement traduire le mot Musterolo de l'inscription latine par Montereau, quand l'inscription en français donne ellemême cette traduction, c'est-à-dire le mot Montereul? Ce raisonnement est si simple qu'il y a lieu de s'étonner qu'il n'ait pas été jusqu'ici décisif; je n'y ajouterai rien. Quant à savoir de quel Montreuil il s'agit, c'est une autre affaire, mais là n'est pas la question. Il y a d'ailleurs tant de Montreuil en France, que la recherche du lieu de naissance de l'architecte de saint Louis serait aujourd'hui très-difficile, sinon tout à fait impossible à faire avec succès. Contentonsnous de savoir le vrai nom de ce grand artiste et appelons-le dorénavant Pierre de Montreuil. — Avant de finir, je dois faire observer que le mot Musterolo de l'inscription latine a dû être mal lu par D. Bouillard; jamais Mus n'aurait donné Mons. Dans l'origine de cette in scription, la lettre u était certainement tildée; si l'historien de l'abbave Saint-Germain-des-Prés n'a pas vu le tilde, c'est que ce signe d'abréviation, oblitéré par le temps, était devenu méconnaissable ou avait tout à fait disparu, car il a dii exister, puisqu'il était absolument nécessaire. Ce n'est donc pas Musterolo qu'il faut lire, mais Musterolo, c'est-à-dire Mu[n]sterolo. Cette remarque si juste et si fine, et que n'a su faire aucun de ceux qui ont lu ou reproduit l'épitaphe de P. de Montreuil, est due à la sagacité de mon ami A. de Montaiglon.
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dédiée à la Vierge et qui fut appelée la Sainte-Chapelle de Notre-Dame. Ce monument, qui existait encore en 1794, fut abattu en même temps que le réfectoire. (Sa porte principale, exécutée avec une rare perfection, existe encore, mais en morceaux, dans les magasins de Téglise abbatiale de Saint-Denis.) Peu de temps après la mort de Pierre de Montreuil, on construisit, entre le réfectoire et la chapelle de la Vierge dont il vient d'être parlé^ une salle capitulaire. L'illustre architecte de l'abbé Hugues en avait-il laissé les plans? C'est une supposition qu'il est permis de faire, mais rien n'autorise à donner le fait comme certain. (D. Bouillard, Hist. de l'abb. Saint- Germain- des- P7^és. — Leroux de L., Hôtel de ville. — J. Morand, Hist. de la Sainte-Chapelle.)
MORAND (Jean- Antoine), né à Briançon en 1727 ou 1728, commença ses études à Lyon et se rendit ensuite à Paris, où il travailla d'abord avec Servandoni. En 1767 il exécuta, sur les dessins de Soufflot, la salle de spectacle de Lyon. En 1769 il fut appelé à Parme, à l'occasion du mariage de l'archiduchesse avec l'empereur d'Autriche, pour construire un théâtre. Après avoir séjourné à Rome il retourna à Lyon, où il dirigea la construction des édifices qui bordent le quai Saint-Clair. A l'extrémité inférieure de ce quai il construisit, en 1774., le pont qui met en communication une partie de la ville de Lyon avec les Brotteaux, lequel pont a conservé le nom de l'architecte. En 1775, le comte de Provence, passant à Lyon, complimenta Morand, et obtint pour lui le cordon de Saint-Michel. Lors du siège de Lyon, en 1798, Morand mit en usage toutes les ressources de son art pour la conservation de son pont ; il le défendit longtemps avec succès contre l'explosion d'une machine infernale. Proscrit après le siège, il fut décapité le 24 Janvier 1794. (Chandon et Delandine, Dict. hist.
l56 DICTIONNAIRE
MORANZEL (Louis-François TOUROUX de), architecte- contrôleur des bâtiments du château de Fontainebleau, fut admis à T Académie d'architecture le 20 septembre 1756 et mourut en 1785. Il construisit en 1753^ pour M'"^ de Pompadour, dans le parc de Fontainebleau, le pavillon appelé l'Ermitage. ( Leroy, Relevé des dépenses de Madame de Pompadour.^
MO RE AU remporta, en 1740, le grand prix d'architecture sur ce Une chapelle », et reçut son brevet d'élève de l'École de Rome le 6 janvier 1746. (Rens. part.)
MORE AU (Jean). Après Técroulement du pont Notre- Dame, à Paris, le 8 avril i5oo, il fut consulté, avec Martin Chambiges et d'autres architectes, sur le mode de construction à adopter pour l'assiette du nouveau pont. Ces experts conseillèrent des fondations en maçonnerie , de préférence aux pilotis qu'avaient indiqués les charpentiers. (^Leroux de L., Pont Notre-Dame.)
MOREAU (Jean-Charles-Alexandre^ ' , architecte
I. Une lettre de Moreau, que je possède et qui porte la date du 12 brumaire an vu, est ainsi conçue : « Le C" Moreau, architecte, au C" François de NeufcTiateau, ministre de l'Intérieur. — Citoyen ministre, J. A. C. Moreau, architecte et peintre, né à Rimaucour, près Neufchateau, dépt de la Haute-Marne, demeurant à Paris, rue de l'Université, près celle du Bacq, faubg Germain, livré constamment depuis son enfance à l'étude de l'architecture , eut l'avantage , en l'année 1785, d'en remporter le premier prix à l'académie de Paris. Envoyé à Rome par le gouvernement comme pensionnaire, il y est resté quatre ans pour s'y perfectionner. De retour dans sa patrie, il entreprit la carrière de la peinture sous la direction du célèbre David, et il eut le bonheur encore de voir couronner ses travaux par la même
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. l^"]
et peintre, né à Rimaucour,près Neufchâteau (Haute-Marne), élève deTrouard, remporta, en 1785 , le grand prix d'architecture sur « Une chapelle sépulcrale », et obtint la pension de Rome. Après quatre années passées en Italie, il revint à Paris, entra dans l'atelier du peintre David et mérita, en 1 792, le second grand prix de peinture. En 1799 il refit la décoration intérieure de la salle du Théâtre -Français. En 1800, un concours ayant été ouvert pour l'étude d'un projet de colonne monumentale à la gloire des armées françaises, Moreau prit part à ce concours, et son projet fut classé en première ligne parmi les quatre meilleures compositions. On fit élever, sur la place de la Concorde, à Paris, un modèle en charpente et toile peinte de la colonne de Moreau; mais la réalisation de ce projet fut ensuite abandonnée. Cette composition a été gravée dans les Annales du musée et de l'École moderne des beaux-arts^ t. P'". Moreau a publié un recueil intitulé : « Fragments et ornements d'architecture, d'après l'antique, supplément à l'œuvre de Desgodetz. » Paris , Vilquin, i vol. gr. in-fol. ,
académie, qui lui décerna le second prix de peinture peu d'années après son retour de Rome. Tout récemment il vient de faire, dans l'intervalle de deux mois, la reconstruction de l'intérieur de la salle du Théâtre français de la république. Si ce premier ouvrage n'atteste pas ses talens, il est du moins la preuve de ses efforts et de son amour pour l'art qu'il professe. Si les titres que produit le C" Moreau, joints à ses principes et à sa moralité, sont suffisants pour lui donner des droits à l'estime et à la bienveillance du protecteur et de l'ami des arts, il ose espérer, citoyen ministre, que vous voudrez bien lui accorder une place d'architecte dans les travaux publics ou celle de conservateur du Muséum national des arts, vacante par la mort du Cen de Wailly. Il lui sera doux de vous devoir l'occasion de sacrifier ses talens à son pays et de mériter à l'avenir des succès auxquels ses prenîiéps essais lui donnent droit de prétendre. Salut" et Respect. 52^Me Moreau. »
l58 DICTIONNAIRE
36 pi. ombrées avec texte. (Legrand et Landon. — Rens.
mss.
MOREAU-DESPROUX (Pierre-Louis), élève de Beausire, fut maître général des bâtiments de la ville de Paris de 1 763 à 1 789. Après avoir remporté les troisième et deuxième prix pendant quatre années, il obtint, le 24 janvier 1754, son brevet d'élève de TÉcole de Rome '. Le 7 avril 1762 il fut admis à TAcadémie d'architecture , en remplacement de Beausire le jeune. Il commença, en 1763, la reconstruction de la salle de TOpéra et de la façade du Palais-Royal , sur la rue Saint-Honoré. Cette salle , qui dut être construite sans s'accuser extérieurement, occupa l'aile du palais formant Fangle de la rue de Valois -, elle fut incendiée le 8 juin 1781 , après une représentation d'Orphée. En 1773 Moreau fut chargé par la Ville de construire, sur l'emplacement de l'hôtel de Condé, un théâtre pour les comédiens français. Les travaux , exécutés avec lenteur, étaient très-peu avancés en 177g, lorsque Louis XVI les fit arrêter. L'emplacement de l'édifice fut changé, et deux autres architectes, Marie- Joseph Peyre et De Wailly, furent chargés de Tédification de ce théâtre, connu aujourd'hui sous le nom d'Odéon. En 1772 Moreau fut chargé de reprendre les travaux de construction du portail de l'église Saint- Eustache, lequel avait été commencé en 1752, sur les dessins de Mansart de Jouy, il les continua jusqu'en 1788. On doit aussi à cet artiste l'hôtel de Ghavannjs, situé rue des Fossésdu-Temple, à Paris (1775), et la fontaine du Chaume, rue des Vieilles-Haudriettes. Il fut décapité en 1793. (Roquefort. — Lazare. — Rens. mss.^
f . Il faut rappeler ici que Moreau n'obtint cette faveur que grâce à la générosité de De Wailly, qui voulut bien partager avec son ami la pension qui lui avait été accordée comme lauréat de 1752.
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 1 6q
MOREL (Jean-Marie) naquit à Lyon le 28 mars 1728. A seize ans il enseignait la géométrie aux élèves du corps des ponts et chaussées. Deux ans après, la place d'architecte du prince de Gonti étant devenue vacante, elle lui fut donnée à la suite d'un concours. Il fit pour ce prince la distribution des jardins du château de l'Ile-Adam, et pour le duc d'Aumont celle du parc de Guiscard. Morel s'est donné pour créateur du parc d'Ermenonville-, mais on prétend que son rôle s'est borné à quelques travaux d'embelhssement de ce parc, tels qu'un temple des Muses, quelques points de vue, etc. Il a publié les ouvrages suivants : « L'Art de distribuer les jardins suivant l'usage chinois, y) Londres^ '^1^1- — « La Théorie du jardin. » (Anonyme.) Paris ^ ^11^- li mourut le 10 août 18 10, dans le département du Rhône. [Biogr. univ.)
MOREL (Pierre) construisit, en 1406, l'église et le couvent des Gélestins d'Avignon. (Achard, Note sur qq. anc. art. d'Avignon.)
MORET (Jean RAVIES, dit) était maçon juré du roi en 1403. (V. Raymond du Temple.)
MORIN (Guillaume) fut l'un des architectes de l'église Saint-Ouen,de Gaudebec. Dans un compte de i5oi à i5o6, il est fait mention d'une somme de cent dix-huit sols tournois à lui payer, pour plusieurs causes contenues « en la descharge » . Ge compte se rapporte particulièrement à l'édification de l'église Saint-Ouen , aux fortifications et aux fontaines de la ville. [Archiv. de l'art fr.., 2® série, t. P"".)
MORIS (François) est considéré comme l'architecte de l'Hôtel de ville de Gray (Haute-Saône), dont la construction fut commencée en i568. Il est mentionné, dans un rapport
ibO DICTIONNAIRE
d'experts de la même époque, comme « ayant charge de la maçonnerie de la ville ». (Gatin et Besson, Hist. de la ville
de Graj.)
MORTAGNE (Etienne de) fut l'un des premiers architectes de la cathédrale de Tours, commencée en 1170. Peut-être a-t il construit la grande église de Marmoutier '. [Archiv. de l'art fr.^x.. TI.)
MOSTIERS (P. de) était maître d'œuvres de la ville de Montpellier à la fin du XIV^ siècle et au commencement du XV^. En 1403 il répara le pont de Castelnau. On conserve dans les Archives municipales de cette ville un compte de dépenses se rapportant à cet ouvrage. (Renouvier et Ricard, Maîtres de pierre.)
'MOTE (Michel), maçon du roi, à Paris. Un acte du
I. En ce qui touche ce dernier édifice, on en est réduit aux conjectures. Quant au premier point, il est établi, par une charie du XIII^ siècle, qu'à la date du 19 octobre 1279 Éiisnne de Mortagne, maçon et maître de l'œuvre de l'église de Tours, et Lucas le Bicheron (probablement pour Le Bûcheron) achetèrent du chapitre de cette ville la coupe de trente-quatre arpents du bois de Saint-Maurice, à raison de 16 livres l'arpent. Ce qui peut faire supposer que Mortagne a été l'architecte de' l'église de Marmoutier, c'est l'épitaphe suivante qui se lisait dans cette église, au pied d'Js degrés de l'escalier de la
chapelle Saint-Martin : « Hic jacet magister Stephanus de , ma-
gister fabricœ hujus ecclesiae, qui obiit die sabbati in crastino novi anni, anno Domini miilesimo ducentesimo nonagesimo tertio, cujus anima requiescat in pace. » Le prénom Etienne et la particule de ayant seuls été conservés, il est difficile de conclure qu'il s'agit ici de l'architecte de la cathédrale ; cependant le voisinage des lieux et la ■presque concordance des dates offrent une grande probabilité pour l'affirmative.
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7 février 1372, conservé aux Archives nationales, mentionne cet artiste. Un fragment de son sceau est encore joint à ce document -, il représente, dans un trilobé, un marteau, une équerre, et au-dessus une fleur de lis. La légende du sceau est détruite. [Rens. part.)
MOT EAU a construit, à Paris, la fontaine des Haudriettes.
MOTEAU (Pierre) fut Tarchitecte de la tour de l'Horloge, à Evreux, dont les fondements furent jetés en 1490. La plupart des sculptures qui décorent cette tour sont de la main de Moteau. Il était établi dans cette ville à cette époque, et peut-être y était- il né. Dans un ancien titre conservé à THôtel de ville d' Evreux, il est fait mention d'un « maître Jacques Moteau, procureur en Gourt-Laye, à Evreux )>, et dans un autre acte , que possède M. Chassant , on trouve « Jehan Moteau, tabelion royal au dit Evreux ». (Chassant, Not. sur la tour de V Horloge cl' Evreux.)
MOURET, né à Moussi-le-Vieux en 1705. « C'est sur ses dessins, dit Blondel {Cours d'architecture) , que l'on vient de commencer à bâtir, en 1 76 1 , T Hôtel- Dieu de Madrid, près le Retiro \ édifice d'une grandeur et d'une magnificence supérieure à tout ce que nous avons vu jusqu'à présent dans ce genre. » Il a restauré Thôtel de Maisons, à Paris, et la maison de campagne du marquis de BeaufFremont, près Besançon. [Rens. part.)
MOUSSARD (Jacques), architecte du roi, naquit à Bayeuxen 1670. Un incendie ayant détruit, le 1 3 janvier 1676, le clocheton en bois recouvert de plomb qui surmontait la tour centrale de la cathédrale de Bayeux, Moussard remplaça ce clocheton par une lanterne en forme de dôme, d'ordonnance
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dorique. Cette lanterne, probablement plus pesante que l'ancien clocheton en bois, finit par amener l'écrasement de la tour, et dut être démolie, vers i856, par Tarchitecte diocésain de Bayeux, M. Ruprich-Robert. Mgussard mourut à Bayeux le 17 août 1750. {Rens. part.)
MOUSSY DE SAINT-MARTIN, maître des œuvres de maçonnerie du Bourbonnais, fut Tarchitecte du château de Dijon, commencé en 1478, continué en 1484 et achevé en i5i2. (M. de Ghambure, Dijon anc. et mod.)
MOUTARDIER (Robert Le) construisit à Amiens vers 1475, la tour de la Haye, dont le plan avait été donné par Pierre le Tarisel. En 1484 il fut chargé, par le mayeur et les échevins d'Amiens, d'abattre la porte du grand Pont, qui datait de répoque romaine et se trouvait à l'extrémité de la chaussée Saint-Pierre. La même année il travailla à l'église Saint- Germain, ainsi qu'à l'hôtel Monceaux, lequel existe encore dans la rue du Port. A la même époque il éleva le clocher des Frères - Prêcheurs. Le chœur de l'ancienne église Saint- Jacques , maintenant détruite , passait aussi pour avoir été bâti par cet architecte. (Dusevel, Rech. hist.)
MOUTON (Adrien), né à Marseille en 1 741, remporta le grand prix d'architecture en 1 764, sur ce sujet de concours : c( Un collège», et reçut son brevet d'élève de l'École de Rome le 20 septembre 1765. [Rens. part.)
MOYNE (Antoine) construisit, en i533, l'oratoire de Notre-Dame-de-l' Espérance ou de Piatat, près Villefranchede-Rouergue. (Advielle, Les Beaux- Arts.)
MURRHO (Sébastien) est mentionné par Trilhem
{Catalngus illustrium , etc.). Voici la traduction en français de son épitaphe : « Sébastien Murrho, de Colmar, prêtre et chanoine à Colmar, sa ville natale.... qui n'a eu d'égal ni en architecture, ni en musique, ni en quelqu'autre art. Il meurt... emporté par la peste, sous Maximilien, roi des Romains, en Tan du Christ 1495. »
MUSIGNY (Etienne de) avait, en i352, la surveillance des travaux qu'on exécutait au château d'Ecuelle , appartenant au duc de Bourgogne. (Champollion, Doc. pal.)
MUSNIER dirigeait les travaux de la cathédrale de Moulins en i5o8. (Ramée, Hist. de l'arch.)
MYNAL (Jean), architecte de la ville de Lille. En 1412 il fut appelé à Béthune, avec son confrère Bachelier, architecte de réglise de Thérouanne, et Martin d'Arras, autre architecte, pour recevoir des travaux exécutés à une grosse tour de la forteresse du Marché aux Chevaux. (Mélicôcq, Art. du Nord.)
MYNIER (Jean), « mâistre des ôuvraiges dé màssônneriê du roy, à Orléans ». Il est mentionné par Vergnaud- Romagnési, dans son Histoire d'Orléans., comme ayant été possesseur du terrain sur lequel on éleva, en i536, dans cette ville, la maison dite de François P"". (Buzonnière, Hist. d'Orléans.)
NADREAt) (Jacques). A la date du 14 janvier 1643 il fut chargé, par « messire Louis de Champlay, chevalier,
seigneur de Courcelles, maréchal des camps et armées du roi , etc. » , de construire la porte d'entrée du château de Courcelles (en Lyonnais), ainsi qu'un portique et un escalier au principal corps de logis de ce château '. [Reus. mss.)
NAQUET est considéré comme l'architecte de l'église Saint-Etienne, à Beauvais. {Ca.mhrj ^ Dép . de P Oise.)
NARBONNE (Henri de). Le chapitre de la cathédrale de Girone (Espagne) ayant décidé, en i3i2, de remplacer sa vieille église romane par un plus vaste vaisseau, les travaux du nouvel édifice commencèrent vers i3i6, et, en i320, ils étaient dirigés par un architecte français nommé Henri de Narbonne. Henri mourut bientôt, et eut pour successeur Jacques de Favariis, son compatriote. (VioUet-le- Duc, Dict. d'arch.)
NEPVEU (Pierre), dit TRINQUEAU, fut l'architecte ou l'un des architectes du château de Chambord, en i536 et 1537. Il eut pour successeur Jacques Coqueau. Il est ainsi qualifié dans un terrier de la baronnie d'Amboise : « Pierre Nepveu, dit Trinqueau, maistre de l'oeuvre de maçonnerie du baptimentduchastel de Chambord » 2, Dans une pièce de i ôSy il est nommé « Pierrot Nepveu dit Trinqueau ». Il était payé à raison de 27 sous 6 deniers par jour. On croit qu'il fut appelé
1. Je possède le devis descriptif des travaux dont il s'agit, lequel est signé de Nadreau et du seigneur de Courcelles.
2. Cet acte est emprunté à un registre de déclarations censuelles déposé aujourd'hui dans l'étude de M^ Boureau, notaire à Amboise. M. l'abbé Chevalier, qui l'a public pour la première fois dans son Histoire deChenonceaux, en conclut que Pierre Nepveu doit être né à Amboise. MM. Cartier et de la Saussaye croient, au contraire, que cet artiste appartient au Blésois.
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à Amboise, en 1490, par Charles VIII, lorsque ce prince fit commencer le chîteau de cette ville, et qu'il y serait resté pendant le règne de Louis X[I. (De la Saussaye, Chambord. — Félibien, Mém. mss. sur les maisons royales.)
NEUILLY (Jacques de), ou NUILLEY', l'un des architectes du duc de Bourgogne Philippe le Hardi , fut appelé, en 1476, pour visiter les travaux de Thôtel du duc, à Dijon et, en 1887, ceux de la Sainte-Chapelle, du même hôtel. Ceci est établi par un ancien compte dont voici le titre : Travaux exécutés à la Sainte-Chapelle de Dijon, « pour murer es tours et portai d'icelle , sous la direction de Jacques de Neuilly, maistre des œuvres du duc de Bourgogne ». Un autre compte de iSgi est intitulé : « Ouvraige d'une tour qui est commencée entre les greniers et la porte du chastel de Chaucins. » Il s'agit de la dépense faite pour bâtir le premier étage de cette tour, d'après les plans de J. de Neuilly. Dans un certificat délivré le 14 septembre 1392, cet artiste est qualifié de « masson ouvrier de M. d. S. le Duc )>. Dans une autre pièce du 27 octobre 1396, il prend la qualité de « mestre des œuvres de massonnerie ». A la fin du XI V^ siècle Philippe le Hardi fit faire dans le palais ducal de Dijon « la grande salle », la grande tour et le trésor •, ces travaux furent dirigés par J. de Neuilly. (Canat, Maîtres des œuvres. — Inv. somm. , Côted'Or.)
NEULAT (Hue), appelé aussi GAUJOT, commença à bâtir, en 1 5 10, la chapelle Notre-Dame de Pitié, dite vul-
I. Dans les anciens documents, le nom de cet artiste est orthographié de plusieurs façons : il est appelé Nuilley, Nuilly ou Neuilly; c'est évidemment ce dernier nom qui doit prévaloir. Jacques était trèsprobablement originaire ou habitant de Neuilly-lès-Dijon.
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gairement Notre-Dame des Treize Pierres. Cette chapelle, située à deux kilomètres de Villefranche-de-Rouergue, fut élevée en mémoire de la découverte faite au même lieu de treize statues miraculeuses représentant la sainte Vierge et les douze apôtres. Uédifice, aujourd'hui en ruines, est devenu une grange. (Advielle, Les Beaux-Arts.)
NICOLAS, Tun des maîtres d'oeuvres de la cathédrale de Sens, exerçait ces fonctions de i36o à i362, alors qu'on faisait d'importantes réparations aux combles de Téglise, depuis la chapelle Notre-Dame jusqu'à celle des Enfants de Chœur. En i377 il reçut sa pension de lo livres. (Quantin, Not. hist.)
NICOLAS, architecte et sculpteur. Sous le règne du roi de Portugal Emmanuel le Fortuné, plusieurs architectes français furent appelés dans ce royaume pour travailler aux bâtiments qu'on y élevait alors (de 1496 à i52i). Nicolas partit de France pour bâtir l'église Sainte-Croix, à Coïmbre, avec trois de ses compatriotes , Jean de Rouen , Jacques Longuin et Philippe Edouard. Il fut chargé, en i5i7, d'élever le portail de l'église de Belem. On lui doit aussi la sculpture de l'autel de la chapelle du couvent de Notre-Dame de la Pena, près de Cintra. Il exécuta en outre, dans la même chapelle, des basreliefs représentant des scènes de la Passion. ( Raczinski, Z)/c/. artist. de Portugal.) ^
NICOLAS DE BAR. —V. BAR (Nicolas de).
NICOLAS MARIE. Dès 1470 les consuls de Montpellier l'employèrent à un bureau sous l'escalier du Consulat, aux bancs de pierre et au bénitier de l'église Notre-Dame des Tables. Lorsque la même église eut besoin d'être consolidée
par des contreforts, Nicolas Marie fut chargé de la direction des travaux. En 1493 il reçut 3o sous pour ses visites à Notre- Dame, à la maison du Consulat et ailleurs. L'année suivante il exécuta la chaussée de Merdanson, et fit une voussure au portail de Lates. En cette même année 1493, plusieurs architectes ayant été appelés à donner un avis sur des travaux à exécuter à Téglise Notre-Dame, il fut le premier de ces maîtres et donna un avis favorable à la réparation projetée. Il vivait encore en 1496 : le i3 novembre de cette année il assista, en qualité de maître de l'œuvre, à la pose d'une croix qui fut placée sur le sommet de la flèche de l'église Notre-Dame. Cette croix, qui était « surdorée d'or fin «, portait au milieu, derrière le crucifix, une statuette de la Vierge. (Renouvier et Ricard.)
NICOLAS (le frère), religieux bénédictin, bâtit, en 1710, le portail de l'église Saint-François, à Rouen. {Rec. mss.)
NICOLE ou NICOLLE (Nicolas) naquit à Besançon en 1 701 . Après avoir fait dans sa ville natale l'apprentissage de rétat de serrurier, il vint à Paris et fit ses études d'architecte à l'école de Blondel. De retour à Besançon, il fut chargé de la construction de Téglise du Refuge. Il donna ensuite le plan de la collégiale de Sainte- Anne de Soleure, et se rendit dans cette ville pour en diriger les travaux. En 1746 il fut chargé de la construction de l'église de la Madeleine, à Besançon, laquelle n'a jamais été achevée. Il mourut dans sa ville natale le 22 janvier 1784^ (Droz, Rech. hist. sur la pille de Besançon.)
I. Nicole avait inventé, dans sa vieillesse, et exécuté lui-même un fusil qui se chargeait par la culasse et dont la batterie était mobile. En tournant cette batterie, on obtenait successivement huit détonations. C'était évidemment une combinaison du fusil à bascule dit
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NITARD (Jean). En 1487, Collard Noël ayant achevé les travaux de reconstruction du transept sud de Téglise collégiale de Saint-Quentin, ces travaux furent reçus par trois architectes, au nombre desquels se trouvait Jean Nitard. Ces artistes « rapportèrent et affirmèrent que tout ce qui étoit fait étoit très-bien fait , et qu'ils n'y reconnaissoient aucun défaut ». (Gomart, É"^-/. de Saint-Quentin.)
NOBIS (François) fut nommé, en 1468, maître des œuvres de la cathédrale de Sens. Il succédait à Symonet Lemercier, et fut remplacé dans la même année par Antoine Lusurier. (Quantin, Not. hist.)
NOBLE (Louis) dressa les plans et devis de THôtel de ville de Troyes, en 1624, et commença l'exécution de ces travaux, qui furent achevés en 1670, par Cottard. (Aufauvre, Troyes et les environs.)
NOBLET (François), probablement fils du suivant, fut, de 1681 à i683, maître des œuvres de la ville de Paris. (Leroux de L., Hôt. de ville.)
NOBLET (Michel), probablement père du précédent, fut maître des œuvres et garde des fontaines publiques de la ville de Paris de 1657a 1 681. Sa fille épousa Libéral Bruand. (Leroux de L., Hot. de ville. — Jal, E)ict. crit.)
NOBLET (Roger), qualifié d'^rc/z/fec^or, visita, c'està-dire fit, en i5i4, la réception des portes du portail delà
Lefaucheux et du revolver Coït, que notre XIX^ siècle, pourtant, compte au nombre de ses découvertes!
cathédrale de Rouen, lesquelles avaient été exécutées par Collin Castille. (Deville, Revue des arch.)
NOINVILLE (de), élève de J. H. Mansart, construisit à Dijon, en 1686, la place Royale • en 1697, le portail (élevé jusqu'au niveau de Toeil de bœuf) de la grande salle de l'Hôpital, lequel ne fut achevé qu'en 1842. On lui doit aussi l'église Saint-Etienne, de la même ville, qui ne fut terminée qu'en 1721, et la décoration de la salle des séances de PAcadémie. (Gourtépée, Not. sur la ville de Dijon.)
NORMAND (Charles-Pierre- Joseph), architecte et graveur, naquit à Goyencourt (Somme) le 26 novembre 1765. En 1792 il remporta le grand prix d'architecture sur ce sujet de concours : « Un marché public ». La Révolution ne lui ayant pas permis de profiter de la pension de Rome, il eut l'idée de graver à l'eau-forte des sujets d'architecture. Son premier recueil parut en 1801 •, il fut suivi peu après du « Parallèle d'architecture », de Durand, des <( Leçons d'architecture )), du même professeur, et des « Annales du Musée », rédigées par Landon. Il a gravé aussi le « Palais Massimi », publié par Haudebourt -, le « Musée de sculpture », de Glarac ; les « Souvenirs du musée des monuments français », édités par Biet -, k « Description de Paris et de ses monuments », par Legrand et Landon. On lui doit en outre une suite de recueils destinés principalement aux ouvriers du bâtiment, tels que : 1° son « Parallèle des ordres d'architecture » (18 19; 2° le « Vignole des architectes et des élèves »•, 3° le « Parallèle des diverses méthodes de dessin de la perspective ». Ses autres ouvrages sont les suivants : « Recueil varié de plans et de façades de maisons de ville et de campagne » (i8i5)-, — le « Vignole des ouvriers » (in-4°, 1821); — le « Guide de l'ornemaniste » (in-fol., 1825): — « Méthode du
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tracé des ombres )) (in-4°, 1827). Normand mourut à Paris le i3 février 1840. [Notice sur la vie et les œuvres de Normand.)
NORMAND (Louis). Dans l'église de Ghaudun( Aisne) se voit répitaphe de « Louis Normand, maître maçon, bienfaiteur de réglise, et Marie Prioux, son épouse, décédée le 16 janvier 1610, et ledit Normand le 10 novembre 1625. « Au sommet de la pierre funéraire, des ornements encadrent des outils de maçon. {Bidl. de la Soc. arch. de Soissons, XIX, p. 146.)
NORRY (Charles), né à Bercy (Seine) en 1756, élève de Rousset et de De Wailly, fut attaché à l'expédition scientifique d'Egypte, et coopéra à la rédaction du giand ouvrage publié à la suite de cette expédition. Il entra, en 181 2, au Conseil des bâtiments civils en qualité d'inspecteur général, siégea dans ce Conseil jusqu'en 1829, comme membre titulaire, et fut nommé, en 1826, chevalier de la Légion d'honneur. Norry vivait encore en i83o ^ (Gabet, Dict. des art. — Rens. mss.)
NUILLEY (Jacques de). — V. NEUILLY (J. de).
I. Je possède une lettre de Norry adressée au citoyen Piis, le i3 vendémiaire an VIII. Cette lettre est ainsi conçue : « Citoyen Président, je n'ai pu me rendre à l'ouverture du Portique républicain ; une incommodité m'a privé de cet avantage, et la même cause m'empêchera d'aller ce soir à la municipalité du i" arrondissement pour, d'après votre invitation, « donner adhésion aux règlemens de la So- « ciété et signer le serment qui y est annexé ». Aussitôt, citoyen, que je pourrai me rendre près de vous (j'espère que ce sera sous peu de jours), je m'empresserai d'aller vous témoigner tout mon dévouement aux-principes que la Société professe, heureux si j'étais propre à partager ses travaux. Salut et fraternité. » — Le Portique républicain!
OBERNHOFEN (Conrad d'j, architecte strasbourgeois du XIV^ siècle, mourut le 3o juillet i328, et fut enterré dans l'église collégiale de Saint-Pierre-le-Jeune, à Strasbourg. Son écusson, gravé sur une dalle tumulaire, était d'or, à la face d'azur, chargé de trois marteaux à manche d'or. (Schnéegans, Maîtres d' œuvres.)
OBRERI (Pierre) dirigea la construction du Palais des Papes, à Avignon, de i336 à 1342. (Achard, Art. d'Avignon.)
J'ai ignoré longtemps ce qu'était cette Société, dont le nom pourtant m'était bien connu. J'avais cru d'abord qu'il s'agissait d'une association politique. C'est M. Edouard Fournier qui, dans ses « Chroniques des rues de Paris », est venu me détromper et me mettre sur la voie de plus amples renseignements. Le Portique républicain était un club littéraire en concurrence avec le Lycée Thélusson , lequel tenait ses séances, vers 1800, à l'hôtel de ce nom. Les membres du Lycée passaient pour être entachés de royalisme, tandis que le Portique avait pour adhérents des « sans-culottes littéraires », comme eux-mêmes s'étaient baptisés, c'est-à-dire des artistes et des écrivains imbus des idées nouvelles apportées par la Révolution. Naturellement la guerre s'était allumée entre les deux camps, et le Portique, plus agressif que son adversaire, bombarda si fort et si dru ce dernier de satires et d'épigrammes, que plusieurs volumes, publiés sous le titre de Satiriques du XVIII^ siècle, furent remplis des projectiles alexandrins dirigés contre la coterie classique de l'hôtel Thélusson. Mais, hélas! vainqueurs et vaincus sont bien oubliés aujourd'hui! Laissons-les donc dormir en paix dans ce passé déjà si loin de nous.
ODDOT-MAYRE, qui habitait la ville de Dole, restaura, en 1612-1614, le clocher de réglise de Brou. [Rens. part.)
ODILON (Saint), abbé de Cluny, vivait dans la première moitié du XV^ siècle. Voici ce qu'en dit le moine de Souvigny, auteur de sa vie : « Il joignait à la gloire , qui vient des vertus intérieures, un goût tout particulier pour construire ou relever les édifices consacrés à la religion. Pour les orner, il mettait les contrées lointaines à contribution, Cluny nous fournit la preuve de ce que nous avançons : il en remit à neuf tous les édifices, au dedans et au dehors, et il y prodigua la plus riche ornementation. Sur la fin de sa vie, il construisit à neuf le cloître, dont il avait fait venir les colonnes de marbre du fond de la Provence, eh remontant péniblement les courants rapides de la Durance et du Rhône. C'était un ouvrage splendide dont il aimait à se glorifier. Odilon disait qu'il Pavait trouvé de bois et qu'il le laissait de marbre. Il releva de leurs ruines les monastères de Charlieu et d'Ambierle. » (Fr. Cucherat, Cluny au XP siècle.)
ODO demeurait près de Saint-Merry, à Paris, en 1273. Il est cité dans un accord entre Philippe le Hardi et les moines de Saint-Merry. (D. Lobineau,t. III, p. 12.)
ODON ET WIRMBOLDE, qualifiés tous deux de (( cementarii » dans un ancien nécrol(%e, furent les architectes de réglise Saint-Lucien, de Beauvais, reconstruite par eux vers 1078. Le vaisseau de cette iglise est de Wirmbolde, et la tour est l'œuvre d'Odon. (Félibien, V. des arch. — Loisel, Hist. de Beauvais.)
.ODON , moine de Chivy, près d'Orléans, reconstruisit son monastère. (D. Mabillon.)
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. l']'6
OGER, né à Metz, éleva, en 1789, dans sa ville natale, la salle de spectacle. (A. Terquem, Guide du voj. dans
Meti.)
OGÏER FAIGOT, l'un des architectes de la cathédrale de Troyes. En 14 19, le portail de l'église était élevé et les murs de la nef étaient en construction;, Ogier surveillait les travaux, auxquels étaient employés Thevenin et Jean , ses enfants. (Assier, Compt. de P œuvre.)
OGILBERT. Thierry, évêque de Metz, lui fit conduire rédifice de l'abbaye de Saint- Vincent, lequel fut remplacé, en 1248, par de nouveaux bâtiments. (Calmet, Bibl. lorraine.)
OLIVIER (Paul), « maistre de peira » de la ville de Montpellier. Dans une charte de 126411 fait « une reconnaissance aux ouvriers de commune clôture d'un terrain aux xii pans ». Il est nommé encore, en 1269, dans le livre de privilège des ouvriers de la même ville. (Renouvier et Ricard.)
OLIVIER (Thomas). — V. CRÉTÉ (Guillaume).
OPPENORDT ou OPPEN OORDT (Gilles- Marie) naquit à Paris le 27 juillet 1672. Il était fils de Gander-Johan Oppen Oordt, ébéniste du roi, et élève de J. H. Mansart. Il fut envoyé, en 1692, à Rome, en qualité de pensionnaire du roi. Après un séjour de six années en Italie il revint en France, où il paraît avoir débuté, en 1700, par l'érection, dans l'église du noviciat général des Dominicains réformés, du tombeau de la marquise de Leuville. Il éleva, en 1704, le maître-autel de l'église de Saint-Germain-
des-Prés et celui de Saint-Sulpice. Le régent le nomma, à la même époque, directeur des manufactures et intendant des jardins des maisons royales. Ce prince lui confia la construction et la décoration d^un salon servant d^entrée à la vaste galerie élevée au Palais-Royal par F. Mansart. Ces bâtiments, qui s'étendaient jusqu'à la rue de Richelieu, ont été détruits lors de la construction de la salle du Théâtre-Français. Il éleva, en 1706, dans l'église Saint-Benoît, le tombeau de Marie-Anne des Essarts, femme de Frédéric Léonard, le célèbre hbraire. En 17 10 il fit exécuter, sur ses dessins, la chapelle de Saint -Jean- Baptiste , dans la cathédrale d'Amiens. En 1721 il fut chargé de la continuation des travaux de l'église Saint-Sulpice; c'est à lui qu'on doit le second ordre du portail septentrional de cette église. On cite encore parmi ses ouvrages le petit château de Montmorency, bâti pour Pierre Crozat, ainsi que l'Orangerie de ce château*, l'intérieur de l'hôtel du grand Prieur de France, au Temple-, la décoration du chœur et de l'autel de l'église Saint- Victor -, l'agrandissement de l'hôtel de Pierre Crozat, situé rue de Richelieu, à Paris, où Oppenordt était, dit Mariette, « commodément logé )), et où il mourut le i3 mars 1742. Il a laissé un recueil contenant « différents fragments d'architecture, etc. » Gr. in-fol., 120 pi. Paris, 1750. — On a gravé d'après lui plusieurs compositions d'ornements formant un recueil de six feuilles in-4°, intitulé : « Dessins, couronnements et amortissements convenables pour dessus de portes, voussoirs, croisées, niches, etc. » Paris^ ^lA"^- — Cent neuf compositions d'Oppenordt se trouvent, parmi un plus grand nombre de dessins d'artistes français, dans les appartements du château vojdX de Stockholm. (Mariette, Abecedario. — Piganiol. — Thiéry. — Goze, Rues d'Amiens. — Jal. — Geoffroy, Catalogue des musées de Stockholm. — Lazare, Rues de Paris.)
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ORBAIS (Jean dM. — V. D'ORBAIS (J.).
OUDOT (Jean). En i5i i il fut, avec Jean et Huguenin Baillyet Grand-Jean, ses confrères, chargé de visiter les travaux de Téglise Saint-Jean, à Troyes. (Assier, Comp. delafabr.)
OUYN (Guillaume). En 1467 il était maître des œuvres de maçonnerie et de charpenterie de la ville de Paris. (Leroux de L., Hôt. de ville.)
PACGARD (Alexis) naquità Paris le 19 janvier 181 3. Élève d'Huyot, il entra à PÉcole des Beaux-Arts à l'âge de dix-sept ans, et remporta, en 1841,1e grand prix d'architecture et le prix départemental. Son dernier envoi de Rome fut une restauration du Parthénon^, qui lui valut, à l'Exposition universelle de i855,une grande médaille d'or de deuxième classe. A son retour à Paris Paccard fut attaché comme inspec-
I. On se rappelle le vif intérêt qu'excita parmi les architectes et les archéologues ce travail remarquable. M. Guillaume, directeur de l'Ecole des beaux-arts, dans le discours qu'il prononça sur la tombe de Paccard, l'a dit avec raison : « Non-seulement il avait rendu et il nous montrait pour la première fois, avec le caractère qui lui est propre, les lignes de l'édifice ; non-seulement, par les observations les plus attentives, il en avait rétabli avec la plus grande probabilité toute la coloration, mais il fut l'un des premiers à reconnaître et à déterminer l'inclinaison des colonnes d'angle vers l'axe du monument et les courbes harmonieuses de ses degrés. Ce bel et savant ouvrage restera classique. »
teur aux travaux de l'État. En i853 il travaillait encore aux Tuileries, sous les ordres de Visconti, lorsqu'il fut nommé architecte du château de Rambouillet. Peu après il fut appelé à remplir les mêmes fonctions au château de Fontainebleau, en remplacement de M. Lefuel, nommé architecte du Louvre. Les principaux ouvrages qu'il exécuta dans cette dernière résidence sont les suivants : la transformation de la galerie de Diane en bibhothèque -, la restauration de la chapelle Saint- Saturnin ou de la Trinité, à laquelle il rendit sesbelles boiseries durègne de Louis XI II, qu'on avait reléguées dans les greniers; la restauration des appartements de Louis XIII -, la création de la galerie des Fastes; l'escalier monumental du pavillon Gabriel *, la restauration des façades de la cour Ovale ; la restitution de la galerie des Cerfs -, la construction de Tescalier dit de Philippe-Auguste, etc. On doit encore à Paccard la restauration de la tour de Gaston Phébus, au palais de Pau; la chapelle funéraire d'Ajaccio, qui renferme les restes de plusieurs membres de la famille Bonaparte. C'est à Toccasion de ce travail qu'il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur. En i863, lors de la réorganisation de l'Ecole des Beaux- Arts, il fut appelé à diriger un des- ateliers d'architecture de cette école. En 1867 un de ses élèves obtenait le grand prix d'architecture, et deux autres les premier et deuxième accessits. Il mourut à Aix-les-Bains le 18 août 1867 '. (Bélier, Not.
I. Quelques jours avant, le i3 août, Paccard assistait, à mon côté, dans le grand salon du Louvre, à la distribution des récompenses décernées aux artistes. Il paraissait plein de force et de sanié et sa joie était grande : il jouissait du triomphe de ses élèves ! Qui m'eût dit alors que je lui serrais la main pour la dernière fois! Paccard n'était pas seulement un artibte consciencieux et des mieux doués, c'était un homme excellent et modeste, plein des plus aimables et des plus exquises qualités; aussi fut-il estimé et aimé de tous ceux qui l'ont connu.
sur Paccard. — Guillaume, Disc, prononcé sur la tombe de Paccard.)
PAGOT (François-Narcisse), élève de De la Gardette et de Labarre, grand prix d'architecture de i8o3, naquit à Orléans le 3 i août 1780. Il fut professeur à l'Ecole d'architecture de cette ville, où il a élevé le Palais de Justice, la Halle au blé, l'Abattoir public, la Bibliothèque, Thospice des Aliénés. On lui doit aussi l'hospice de Patay, le dépôt de Mendicité et l'église de Gien, la restauration de l'église de Cléry, l'achèvement du portail de la cathédrale d'Orléans, terminé en 1829 •, la restauration de la cathédrale de Bourges. Il mourut dans sa ville natale le 4 décembre 1844. [Art. Orléanais. — Gabet, Dict. des Art.)
PAISIÈRE (Raoul), architecte picard du XV^ siècle, s'était fait une sorte de spécialité de la construction des clochers. Il en éleva un à Hesdin qui lui valut l'honneur d'être choisi par le maïeur et les échevins d'Amiens pour succéder à Mathieu Regnault comme maître des œuvres de maçonnerie de cette ville. (Dusevel, Rech. hist.)
PALANGIER (Pierre) construisit, en 1614-1524, l'église et le clocher de Belmont en Vabrais(Aveyron ), laquelle est aujourd'hui classée parmi les monuments historiques. Il fit pour cet édifice « une espèce de pourtroict et figure en deux feuilles de papier par long, enfilées et adjoinies, selon laquelle figure ycelle église et clocher se fairaient si bon leur sembloit (aux religieux de la collégiale) ». (Marlavagne, Art. du Rouergue. — Advielle, Les Beaux-Arts.)
Cette mort si prompte et si prématurée fut un véritable deuil pour ses amis et pour ses élèves.
lyS DICTIONNAIRE
PALISSOT (Sébastien), architecte ordinaire du duc de Lorraine, fut anobli à Lunéviile le 16 mars 1722. (D. Pelletier, Nobïliaiî^e.)
PANCHARD était, en i5ii, l'architecte de Téglise du May (arrondissement de Meaux). Le bas-côté sud et la tour furent exécutés à cette époque. {Bull, arch., t. IL)
PANSERON (Pierre), élève de J.-F. Blondel, professeur à rÉcole royale militaire, fut inspecteur des bâtiments du prince de Conti. Il a publié un assez grand nombre d'ouvrages relatifs à Tarchitecture, dont la plupart des planches ont été gravées par lui-même. Voici les titres des principaux de ces ouvrages : « Eléments d'architecture. » Paris ^ i772,in-4°, fig. — « Nouveaux Eléments d'architecture. » Paris., 1775-80. 3 vol. in-8°, fig. — « Mémoires sur les moyens de construire les planchers en bois avec plus de solidité et d'économie, m Paris., ly^O: in-8°. Suppl. 1787, in-4°. — « Études de lavis, ouvrage utile aux architectes. » Paris., 1 78 1 , in- 1 2. — « Dessins d'architecture-, lavis par feuilles détachées. )> — « Plan général des palais des Tuileries et du Louvre. » — « Recueil de jardins français. » — « Recueil de jardins anglais et chinois. « Paris., 1783, in-4°. [Rens. part.)
■ PAPIN (Jean) fut l'un des architectes de la cathédrale de Tours, ainsi que nous l'apprend son épitaphe, qui se voit encore dans l'église paroissiale de Saint-Pierre-des-Corps, de Tours : « Cy devant gysent honorables personnes Jehan Papin, en son vivant maistre des œuvres de l'Esglise de Tours,
qui trespassa le xxiiii'^ jour de décembre mil iiii'^ un'''' et
sa femme, qui deceda précèdentement le iii^ jour de juing
mil 1111'^ Lxxi )) J. Papin succéda à Jean de Dampmartin,
dans la direction des travaux de la cathédrale de Tours. C'est
à ces deux architectes qu'on attribue là construction des dernières travées de la nef. Dans un compte de 1462 on trouve là rnention suivante : « Item à Jehan Papin et Jehan Gaudin, maistres des œuvres^ pour leur vin d'estre allez pour ladicte ville (de Tours), veoir comme on receperoit le portai d'emprès l'arche Saint- Ciquault, à Vençay, à Saint-Sauveur et en autres ëndroiz des murailles et tours de ladicte ville qu'il falloit réparer, et à plusieurs foiz ont eu xxvniMiii d. t... » En 1478 Papin présida à la levée d'un plan de la ville de Tours. (Grandmaison.)
PAR A TE (Jean) était de Saint-Geniez-d'Olt(RouergQe). On lui doit le pont de Saint-Geniez,sur le Lot (167 1) -, le grand portail et deux galeries de l'ancien couvent des Dominicains de Rodez, qu'il bâtit en 1672 de concert avec Jacques Lacroix^ autre architecte de Saint-Geniez -, le principal corps du palais épiscopal de Rodez, vers 1704, et aussi, croit-on, T église Notre-Dame de Milhau. (Gaujal, Étud. hist.)
PARÉ (Robert), Tun des architectes du duc Charles d'Orléans. En 1415, au mois d'octobre, il certifie au receveur du duc qu'Hannequin, verrier à Orléans, a fait et livré certaines verrières « en Tostel de M. S. le duc à la venue du roy Loys et de la royne sa femme ». En 141 8, associé à son confrère Etienne Gaudin, il succéda à Arnoult de Lully dans la direction des travaux considérables exécutés à cette époque aux fortifications de la ville d'Orléans. (Buzonnière, Hist. d'Orl. — De Laborde, Z)«C5 ^e -5o«r^.)
PARENT (Mathurin) était, en i5ip, l'architecte de l'Hôtel de ville.de. Cambrai. [Rev. des Soc, sav.., 2^ série,
PARIS (Jean), dit THOU VENIN. En 1541 des'
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travaux d'embellissement au palais ducal de Nancy ayant été ordonnés pour la réception de Christine de Danemarck, qui venait d'épouser François, duc de Bar, depuis de Lorraine, Paris fut chargé de diriger la construction d'une fontaine décorative située devant Téchansonnerie. Maître des œuvres des duché de Lorraine et comté de Vaudemont, il était encore au service du duc en 1547. (Lepage, Les Offices. — Palais ducal.)
PARIS (Jean de). —V. PERRÉAL (Jean).
PARIS (Pierre-Adrien), né à Besançon en 1747, reçut les premiers principes du dessin de son père, qui était intendant des bâtiments de l'évêque de Bâle, et acheva ses études sous la direction de Trouard, architecte du roi. Après avoir suivi les cours de l'Ecole royale d'architecture, il remporta le troisième grand prix deux années de suite, en 1768 et 1769'. Il partit pour Rome en 1772, et le temps qu'il passa en Italie fut partagé entre l'étude de la numismatique et celle de l'archéologie et des monuments de Tarchitecture. De retour en France il se fit promptement connaître par les dessins qui furent gravés pour les Tableaux de la Suisse., de De Laborde,
I. C'est à tort que certains biographes ont dit qu'il fut envoyé à Rome, comme pensionnaire, à l'âgede vingt ans, c'est-à-dire en 1767, puisqu'en 1769 il était encore à Paris ai concourait pour le grand prix. Au surplus, il ne reçut son brevet d'élève de l'Ecole de Rome que le i3 juin 1772. On sait d'ailleurs que, de (767 à 1772, les grands prix d'architecture furent privés dS la pension de Rome. Le marquis de Marigny, voulant se venger de l'Académie d'architecture, dont il croyait avoir eu à se plaindre, envoya pendant six ans ses valets de chambre à Rome, au lieu et place des jeunes artistes' qui pouvaient prétendre à la pension. Cet abus de pouvoir cessa en 1773, quand l'abbé Terray eut succédé au marquis de Marigny.
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. l8l
et le Voyage à Naples^ de Saint-Non. De 1776 à 1777 il construisit, à Paris, rue Saint-Honoré, Thôtel du marquis de Chastenoix-, à Bourges, le Dépôt de mendicité. Il fit, à la même époque, un projet de palais pour le prince-évêque de Bâle. Paris fut nommé, en 1778, dessinateur du cabinet du roi ; peu de temps après il remplaça Soufflot à TAcadémie d'architecture. Nommé architecte des Economats, il fut, à ce titre, chargé de la décoration des fêtes de Versailles, de Marly et de Trianon. Pendant un second voyage qu'il fit en Italie, en 1783, il fut nommé architecte de TOpéra pour la direction des décors de ce théâtre. En 1787 il entreprit la continuation des travaux de la cathédrale d'Orléans-, c'est sur ses dessins que fut élevé le troisième étage des tours , ouvrage qui fut terminé en 1790. Il a travaillé aussi au portail de cette église. A la même époque (1787) l'hôtel des Menus -Plaisirs, à Versailles, ayant été choisi pour la tenue de l'Assemblée des notables, il fut chargé de décorer et d'installer pour cette destination un grand bâtiment neuf servant de magasin. En 1788 Louis XVI le nomma chevalier de Saint-Michel. Paris fut chargé, par l'Assemblée nationale, de construire cette fameuse armoire de fer destinée d'abord à renfermer les formes, planches et timbres employés à la confection des assignats, et qui plus tard reçut en dépôt la Constitution ^. Après la mort de Louis XVI il quitta Paris et se rendit chez un de ses amis, au château de Colmoulin, près du Havre. C'est dans cette retraite qu'il composa un projet de monument expiatoire de la mort du roi. En 1806 il repartit pour l'Italie. Arrivée Rome, il accepta, sur les instances de ses amis, la direction de l'Académie de
I. Cette armoire existe encore, et dans un état parfait de conservation, aux Archives nationales. Elle contient aujourd'hui des diplômes, des chartes, des traités, le testament olographe de Louis XVI,. la dernière lettre écrite par Marie-Antoinette, etc.
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France, mais il y mit pour condition qu'il serait dispensé du serment et quMl pourrait disposer de son traitement en faveur des pensionnaires. C'est vers la même époque qu'il reçut du gouvernement français la mission d'acquérir les antiques de la villa Borghèse , collection destinée au Musée du Louvre. En 1 8 1 1 il consentit à diriger les fouilles du Colysée et à dresser des plans exacts de ce monument '. Ces diverses
I. Je possède deux lettres de Paris qui se rapportent à cette phase de sa carrière. La première, datée de Rome le 19 octobre t8i3, est adressée à Chardon de la Rochette, auteur des « Mélanges de critique
et de philologie ». J'en extrais le passage suivant : « Je n'ai rien
de nouveau à vous dire de Rome; les fouilles vont leur petit pas. Au Colysée, le côté de St-Jean-de-Latran présente beaucoup de détails qui n'existent plus du côté de l'arc de Titus. Selon moi, on possède sur le Poimm tout ce qu'on peut souhaiter. A des modifications près, il devoit être comme l'a supposé Bianchi. On a mis au jour le mur qui renfermoit l'arène dans le tems où elle servoit de naumachie; on y trouve des détails qui ont encore besoin d'éclaircissements, mais que l'on obtiendra. Les eaux, plus élevées que jamais, contrarient beaucoup. Aux Thermes de Tiius on a trouvé une longue galerie dont la voûte peinte est bien conservée ; il y a cette drôle d'inscription :
DVODECIM DEOS HT DEANAM ET JOVEM OPTVMVM MAXIMVM HABEAT IRATOS
QvisQvis HIC MixERiT AVT cACARiT » Dans l'autre lettre, datée du
1 5 juillet de la même année et adressée à Huyot, qui venait de quitter l'école de Rome et qui était en route pour Paris, je trouve un passage ou Paris apprécie Palladio d'une façon très-juste, à mon avis du
m.oins. « Je pense comme vous sur Vicence, et tout en rendant
justice au grand Palladio, il s'en faut de beaucoup que mon opinion lui soit aussi favorable aujourd'huy qu'elle lui a été la première fois que je l'ai vue (Vicence). Il n'est pas aussi difficile que vous pensés d'appliquer le principe des Anciens â" un petit théâtre, et il s'est assés mal tiré des proportions de la partie des spectateurs. Je ne prétends pas rabaisser le mérite des grands artistes^de la Renaissance et je sens août ce que nous -leur devons. Celui-ci a moins de caractère, mais'il a peut-être -plus de goût que ceux qui ont fleuri à Rome; en général ses profils sont bons et il est sobre d'ornements, qualité que
occupations n'empêchèrent pas Paris de fournir à d'Argincourt des dessins pour son Histoire de l'Art ; c'est ce qui Tempêcha de rentrer en France en 1814. Il ne quitta Rome qu'en 1 8 1 7 pour se rendre à Besançon, où, déjà avancé en âge et très-fatigué, il se hâta de mettre la dernière main à un travail sur les édifices anciens de l'Itahe, dont il s'occupait alors depuis vingt ans. Il mourut dans sa ville natale le i " août 1 8 1 9. Paris a laissé les ouvrages suivants : « Recueil de dessins et d'architecture. » 9 vol. in-fol. — « Examen des édifices de Rome. » In-fol. avec pi. — « Restauration du Colysée. » 46 pi. in-fol. [Biogr. iiniv. — De Buzonnière. — Leroi, Rues de Versailles. — Bordier, les Archiv. de la France. — Rens. inss. — Gabet, Dict, des Art.)
PARxMENTIER (Victor-Marie-Justin), né en i83i, élève de M. Charles Laisné, fut chargé, en 1866, par le préfet de la Seine, de restaurer Fhôtel Carnavalet, dans lequel la ville doit installer son Musée historique parisien. Il s'agissait de rendre à cet édifice son caractère primitif, tout en l'appropriant à sa nouvelle destination. Parmentier avait exposé au Salon de 1864 une Restitution du château de Madrid, au bois de Boulogne, travail qu'il a légué au futur Musée Carnavalet. Il mourut à Neuilly , près Paris , le 14 mars 1870 ^.
j'apprécie. Sa Basilique est une restauration dont il s'est fort bien tiré ; c'est un homme d'un grand mérite, mais qui ne doit pas être loué avec tant d'exagération que ses compatriotes lui en prodiguent. Au surplus, vous avés pu remarquer que Vicence est une terre architectonique et que de tous tems elle a dû être distinguée sous ce rapport; encore aujourd'hui il y a des hommes qui mcriteroient des éloges s'ils n'étoient pas voués à n'être que de médiocres singes de Palladio ^ »
I. Parmentier a laissé les plus vifs regrets chez ceux qui l'ont connu. C'était l'idéal de l'artiste. Convaincu, studieux, désintéressé,
PARVIS remporta le grand prix d'architecture en 1748, sur ce sujet de concours : « Une Bourse ».
PASSIUS (Thomas), architecte du XIP siècle, restaura le vestibule qui précède le portail de Téghse de Loches. [Bull, mon.^ t. VIL)
FASTE (André) était, en lySS, à Dijon, maître des œuvres de maçonnerie du duc de Bourgogne Philippe le Hardi. (De Laborde, Ducs de Bourg.)
PATAG (Jean). Le calvinisme ayant détruit, à Genève, rétude et le goût des beaux-arts, des artistes étrangers y furent appelés à cette époque. Parmi ces artistes on cite J. Patac, originaire de Montéhmart, qui fut admis à la bourgeoisie en récompense de ses travaux. (Dussieux, Art.fr.)
PASQUIER DE LTSLE. On croit quMl fut Tarchitecte de l'église de Saint-Jean-en-Grève, qu'il rebâtit en i322, Gertains auteurs n'attribuent à cet artiste que la voûte qui supportait l'orgue de cette égUse. (Legrand et Landon. — Hurtaut et Magny. )
sa seule passion fut l'art qu'il a si honorablement cultivé. Sa modestie égalait son talent, ce qui n'étonnait perso4ine, puisqu'il avait eu pour maître mon cher confrère et ami Laisné. il faut avoir vu Parmentier à l'œuvre pour savoir avec quel zèle, avec quel dévouement il s'était voué à la restauration de l'intéressant édifice dont le rajeunissement lui avait éié confié. 11 ne s'en laissa distraire par aucun autre travail, il n'eut pas d'autre pensée durant les quatre dernières années de sa vie. Cette application tendue, ardente, exclusive, n'a pas peu contribué à hâter la fin de cet honnêie et sympathique jeune homme. Il es: donc mort glorieusement, au champ d'honneur.
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PATTE (Pierre), né à Paris le 3 janvier 1728, construisit pour le duc de Deux-Ponts, dont il était Tarchitecte en titre, deux corps de bâtiment du palais ducal et le palais de Saresbourg, imité du Grand-Trianon de Versailles. Il fit, en 1773, des plans et devis pour la reconstruction de l'église de Bolbec (Seine-Inférieure), mais ce projet ne fut pas adopté. En 1774 il présenta un nouveau plan, qui fut agréé et mis immédiatement à exécution -, la bénédiction de l'église eut lieu le 25 février 1781. Patte donna aussi, pour la même église, les dessins d'une chaire à prêcher qui existe encore, et d'un autel en marbre qui a été détruit pendant la Révolution. Le plus important de ses travaux, à Paris, est l'hôtel de Charost. Patte est plus connu comme écrivain " ; on a de lui les ouvrages suivants : (( Essai sur Parchitecture théâtrale, ou de l'ordonnance la plus avantageuse à une salle de spectacle, relativement aux principes de l'optique et de l'acoustique ; avec un examen des
I. Patte s'est rendu célèbre beaucoup moins par ses talents que par ses critiques violentes du système de construction de la coupole de l'église Sainte-Geneviève, de Paris. On sait quelle guerre il fit à Soufflot , qui, certes, valait mieux que lui. Il paraît résulter d'ailleurs des documents que j'ai sous les yeux que Patte ne fut que l'instrument de l'abbé Terray, alors contrôleur général des finances, lequel eût été bien aise de n'avoir plus à donner d'argent pour la construction de cet édifice. On prétend même que l'abbé Terray voulut ainsi détourner de sa destination le produit d'une loterie (à 24 sols le billet) organisée pour aider le gouvernement à faire les frais de l'église Sainte-Geneviève. Toujours est-il que Patte réussit à attirer l'attention publique sur sa petite personnalité, ce qui aurait été le but principal de sa polémique. C'est du moins l'avis d'un poëte contemporain, mieux intentionné qu'habile, qui nous a laissé le distique suivant :
Qui ne sait, d'entre nous, ce qu'a fait Erostratte ? Eh bien ! c'est à peu près comme veut faire Patte.
{Lettre d'un graveur en architecture à M. Patte, son confrère. — Paris, Jombert, 1770.)
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principaux tliéâtres de l'Europe et une analyse des écrits les plus importants sur la matière. » Paris^ Moutard, 1 782, in-8°. — « Discours sur Tarchitecture, où l'on fait voir combien il serait important que Pétude de cet art fit partie de Téducation des personnes de naissance, à la suite duquel on propose une manière de l'enseigner en peu de temps. )> Paris^ Quillau, 1754, in-8°. — « Description du théâtre de la ville de Vicence, en Italie, chef-d'œuvre d'André Palladio, levé et dessiné par Patte, architecte -, ouvrage enrichi de planches gravées entailledouce. )) Paris, 1780, in -4°. — « Monuments érigés en France à la gloire de Louis XV, précédés d'un tableau du progrès des arts et des sciences sous ce règne, ainsi que d'une description des honneurs et des monuments de gloire accordés aux grands hommes, tant chez les anciens que chez les modernes, etc. )) Paris., 1765, in-fol., 57 pi. — « Études d'architecture en France et en Italie ; première suite composée de vingt planches comprenant les développements des profils et la construction du péristyle du Louvre. » Paris ^ lySS, i vol. in-fol., fig. — Patte s'est aussi essayé comme graveur. Outre plusieurs des planches qui accompagnent ses ouvrages, on connaît de lui une suite de six estampes de perspective et d'architecture, d'après Piranesi, et un temple allégorique de Vénus gravé sur les dessins de Lelorain (juin 1755). Il mourut à Mantes, en 1812 selon les uns, selon d'autres en 1814. ( Gabet, Z)/c/. des Art. — Dussieux, Art.fr. — Les Œuvres de Patte.)
PAULLE (Pierre). Sur sa tombe, qu'on voyait dans l'église des religieux de l'Ave-Maria, à Paris, était gravée l'inscription suivante : a C3^-gist noble homme M^ Pierre PauUe, dit l'Italien, architecte du Roy notre Sire, valet de chambre ordinaire dudit Sire, contrôUeur de ses Bastimens et concierge des chasteaux de Fontainebleau, Moulins, Bourbon-
rArchambault, qui décéda le i8 décembre i63j. Priez Dieu pour son a.nie.n {Épi taph. parts, mss.)
PELLETIER (Jacques) travaillait, en i554, à l'Hôtel de ville de Cambrai. {JRev. des Soc. sav.., 2^ série, t. V.)
PELLEVOISIN ou PELVOYSIN (Guillaume) naquit en 1477, probablement dans la paroisse du même nom , aujourd'hui commune du département de l'Indre. Il alla s'établir à Bourges, fut « maistre-masson w du chapitre de la cathédrale, et construisit l' Hôtel-Dieu et l'église Notre-Dame de cette ville, autrefois Saint-Pierre-du-Marché. En i5o8 il prit part aux travaux de reconstruction de la tour du nord de la cathédrale, qui s'était écroulée en i5o6. Les architectes en chef étaient alors Golin Byard et Jean Cheneau, sous les ordres desquels il paraît avoir rempli l'emploi secondaire d'inspecteur des travaux. En i5i5 il avait remplacé Byard et Cheneau, et il exerçait encore les fonctions d'architecte de la cathédrale, car il reçut à cette époque « xxv 1. tournois pour avoir faict la taille et la massonnerie faicte de nouveau sur le puys commung estant près le peignon de la maison de madame La Gaillarde ». La tour dont il s'agit fut terminée en 1 538 ; elle porte le nom de Tour-Neuve ou tour de Beurre. (Girardot et Durand, Art. de Bourges. — Archiv. de Pari
PENCHAUD (Michel- Robert), architecte, élève de Percier, naquit à Poitiers le 24 décembre 1772^ Il commença par seconder son père dans la construction du château de ■
-I. Gabet, dans son Dictionnaire des Artistes, le fait naître seulement en 1775.
l88 DICTIONNAIRE
Verrière, appartenant au duc de Mortemart, et de celui de Dissais, que faisait élever Tévêque de Poitiers. Compris dans la levée de 3oo,ooo hommes et forcé de marcher contre les Vendéens, il fut fait prisonnier. Lescure, qui connaissait sa famille, lui ayant fait recouvrer sa liberté, il se rendit à la Rochelle et s^y fit admettre dans le génie militaire. Peu après il obtint sa réforme et partit pour Paris, où il reprit ses études sous la direction de Percier. En i8o3 il fut nommé architecte directeur des travaux de la ville de Marseille. Peu après il devint l'architecte de la Chambre de commerce et celui du département des Bouches-du-Rhône. Les principaux travaux exécutés sous sa direction , à Marseille , sont les suivants : le Jardin botanique et le Pont de pierre contigu -, les projets de restauration de Phôtel de la Préfecture, qui furent exécutés par l'architecte Michaud- la grande caserne de gendarmerie; le temple protestant ; le grand hospice construit sur la rade pour le traitement de la fièvre jaune-. Tare de Triomphe élevé en rhonneur des vainqueurs du Trocadéro, mais dont la destination a été changée sous le gouvernement de Juillet; la fontaine jaillissante de la place Montyon ; le pavillon d'entrée du Lycée -, la porte Majeure et les agrandissements du Lazaret-, la chapelle du port Dieudonné; des trottoirs établis dans les rues principales de Marseille; la distribution des eaux; enfin tous les embellissements exécutés dans cette ville de i8o3 à i83o. On lui doit aussi la façade du Dépôt de mendicité d'Aix ; la maison de Dépôt d'Orgon; l'église majeure de Saint-Rémy ; la maison d'arrêt de l'arrondissement de Marseille ; le Palais de Justice de Draguignan ; l'abattoir de Tarascon ; le palais de la Cour d'appel et des tribunaux'd'Aix. Un prix lui fut décerné en 1799, à la suite du concours ouvert pour l'étude d'une colonne départementale; un autre, en 1800, par la Société d'agriculture de Paris, pour projets de ferme et de bâtiments ruraux. Une collection métallique des grands hommes lui fut
donnée en 1818 pour récompense, à Toccasion de fouilles et de restaurations de monuments antiques. En 1 824 une médaille d'or lui fut offerte par l'Institut pour des Mémoires sur les antiquités nationales. Enfin diverses mentions honorables lui furent décernées par l'Académie des inscriptions et belleslettres, dont il était membre correspondant. Il était sur le point de commencer, à Marseille, un hospice pour les aliénés, lorsque la Révolution de i83o vint faire ajourner cette construction. En i832 il fut mis brusquement à la retraite, et quitta Marseille pour se rendre à Paris, où il ne tarda pas à succomber, le 22 décembre de la même année. (Gabet, Dîct. des art. — Biogr. univ.)
PERCENNET (L. N.). Il existe de cet artiste un joli portrait dessiné par L. R. Trinquesse et gravé par L. S. Lempereur. Ce portrait date de la fin du règne de Louis XVI.
PERCIER (Charles) naquit à Paris le 5 septembre 1764 ^ Son père était concierge à la grille du Pont- Tournant des Tuileries. Très-jeune, il entra dans l'atelier du peintre Lagrenée, puis il devint élève de Peyre le jeune, architecte du roi. Tout en étudiant chez son maître il dessinait, soit pour Chalgrin, soit pour Paris. Il obtint le second grand prix en 1 783, à l'âge de dix-neuf ans, et remporta le premier grand prix en 1786, sur un projet de « Palais pour la réunion des Académies 1). Ilpartit pour Rome, où il séjourna jusqu'en 1792. Rentré en France à une époque où on songeait plus à détruire
1. Gabet s'est trompé de dix ans sur la date de la naissance de Percier, qu'il fixe à 1774. M. Eysenbach [Rev. de V architecte) a commis une petite erreur sur la date funèbre : ce n'est pas, comme il le dit, le 8 octobre, mais bien le 5 septembre i838 qu'est mort l'illustre artiste; c'est du moins la date que porte la médaille commémorative que firent frapper ses élèves après sa mort.
rgO DICTIONNAIRE
qu'à édifier^ il fit des dessins pour les fabricants de meubles et les tapissiers, et introduisit ainsi dans Tameublement et la décoration intérieure des habitations les formes antiques, dont le goût persista jusqu'à la fin de TEmpire '. Il composa vers la
I. L'influence de Percier sur le goût public au commencement de notre siècle fat immense. L'illustre artiste fit école, non-seulement en France, mais dans toute l'Europe. L'art charmant de l'époque Louis XVI, arrivé à son déclin au moment de la Révolution, disparut avec le malheureux prince dont il avait pris le nom. Percier, imbu des idées nouvelles et frais émoulu de l'École de Rome, était tout préparé pour interpréter les sentiments de la société républicaine, et ce rôle, il sut le remplir avec bonheur. Alors qu'on voulait tout oublier de l'ancien régime, aucun autre art ne pouvait mieux s'adapter au nouvel état de choses que celui de l'antiquité romaine; de là le succès des productions de Percier. Toutefois, bien que voué par principe à l'art antique, Percier ne se montra jamais exclusif dans son admiration ^ il n'était pas de ceux qui croient le beau cantonné dans une époque ou dans un style et qui prétendent que, hors de telle ou telle église, il n'est point de salut. On a trouvé dans ses cartons bien des dessins exécutés d'après des monuments du moyen âge, et j'ai là sous les yeux la preuve qu'il savait, à l'occasion, rendre justice aux artistes de la Renaissance. Cette preuve, c'est une lettre adressée à son confrère Hurtault, après une visite faite au château d'Écouen; voici cette lettre : « Mon cher camarade, j'arrive d'Écouan. Depuis longtemps j'avais projeté ce petit voyage; l'ami Dernier m'en avait parlé comme d'une chose charmante, mais ce que j'ai vu a surpassé l'idée que je m'en étais faitte. Il porte cependant [l'édifice] le cachet des erreurs de ces tems-Ià, c'est-à-dire ujje architecture sans uniformité; mais, mon ami, en revanche, quels détails! Non, sans aucune espèce d'enthousiasme, je n'en ai jamais vu parmi les modernes de mieux faits; ils pourraient figurer àrcôté des beaux antiques. Le court espace de temps que j'y ai resté me laissa à peine voir et croquer bien lestement; mais en laissant tant de chefs-d'œuvre, je pris la ferme résolution d'y retourner la semaine prochaine, et pour que mon travail puisse être fait sans inquiétude, j'ai été trouver le citoyen David, et l'ai prié de me faire donner une autorisation du comité
même époque, pour TOpéra, des décorations qui furent trèsremarquées, notamment la chambre à coucher de Lucrèce, dans la tragédie d'Arnault, et le camp des Horaces, dans l'opéra du compositeur Porte. Vers la même époque, la section de Brutus voulant tenir ses séances dans l'ancienne église Saint- Joseph, devenue une halle au poisson, une députation de cette section alla trouver Percier pour le prier de diriger les travaux d'appropriation nécessaires à cette installation. Peu après Gisors ayant été chargé de disposer au palais des Tuileries la salle des séances de la Convention, il s'adjoignit Percier, qui fut, à vrai dire, l'architecte de ces travaux K Lorsqu'il s'agit de bâtir la salle du Conseil des Cinq-Cents, les architectes Gisors et Lecomte, désignés pour élever cette construction, s'associèrent encore Percier et son camarade Fontaine , auxquels seuls les contemporains firent honneur de ces travaux. Dès les premiers temps du Consulat, M™^ Bonaparte, sur la présentation de David, choisit Percier et Fontaine pour architectes de son château de la Malmaison. Cette circonstance heureuse fit connaître Percier du Premier Consul, et lui valut d'être nommé architecte du Louvre et des Tuileries. Il s'associa son camarade Fontaine, et tout fut dès lors commun entre eux. Quant aux nombreux travaux exécutés par ces deux artistes, on en trouvera l'énumération dans l'article spécial à Fontaine. Il faut toutefois ajouter à cette liste le mausolée
d'Instruction publique Adieu, mon cher camarade; joie et santé.
Croyez moi pour la vie, avec les sentiments d'un vrai républicain, votre ami et concitoyen,. Charles Percier. » Cette lettre, datée du « 2^ du 2^ mois de la 2^ année de la répque française », est adressée a au citoyen Hurtault, rue des Quatre- Vents, n" 649, faubourg St- Germain; section de Mutins Scevola. »
I.. C'est dans cette salle que fut prononcée, le 20 janvier 1793, la sentence qui condamnait Louis XVI à mort.
élevé, en 1824, dans l'église Sainte-Croix, à Florence, à la mémoire de la comtesse Albany, veuve de Charles Stuart, dit le Prétendant. Percier, nommé chevalier de la Légion d'honneur par Napoléon P"", fut promu au grade d'officier du même ordre sous la Restauration. Il fut membre de F Académie des beaux-arts. (Gabet, Biogr. iiniv. — Rens. part.)
PERET (Pierre), « maistre d'œuvre du château de Martigné-Briand, se rendit à Angers, de i5oi à lôoy, pour donner son avis sur la construction d^un pilier à la Basse- Chaîne. (Port, Invent.)
PERI DASPANHAYE. Le « Cabinet doré )> des archives de la ville de Montpellier contient un petit livre des dépenses faites par les consuls de la ville en 1 334, pour la réparation du pont de Castelnau. Péri Daspanhaye est ainsi qualifié dans ce document : « Maistre que hobra al pont de Castelnou. » (Renouvier et Ricard.)
PERIER (Jean) prêtait serment le 12 octobre i362, devant le chapitre de la cathédrale de Rouen, comme appariteur.^ c'est-à-dire maître de Tœuvre de maçonnerie. Il exécuta en 1367^ dans la même cathédrale, les travaux du mausolée destiné à recevoir le cœur de Charles V, Un imagier de la ville de Liège, nommé Hennequin, fut chargé de Texécution de cet édicule. Par lettres du 5 décembre 1 368, Charles V ordonnait de « bailler et délivrer sans délai à Jehan Perler, maçon et maistre de Tœuvre de la dicte église de Rouen, la somme de cenz franz en rabat de la somme de deux cenz franz, en laquelle — disait le prince — nous sommes aussi tenuz à lui à cause de certaine œuvre de maçonnerie de pierre qu'il a fait pour nous en la dicte église, etc. ». En 1370 Jean Perier travaillait au grand portail de la cathédrale; il en commença
cette même année la rose. Perier conserva pendant vingt-six ans le titre de maître de l'œuvre de maçonnerie. Il mourut en i388, et eut pour successeur Jean de Bayeux. (Deville, Rev, des arch. — Tombeaux.)
PERRARD-MONTREUIL, élève de Louis Moreau et de BouUée, a été l'un des architectes du comte d'Artois. Il construisit, en 1 78 1 , à Paris, la Rotonde du Temple, où fut installé depuis le marché de ce nom. Vers la même époque il fut nommé inspecteur général du dernier mur d'enceinte de Paris alors en construction. Les autres travaux exécutés par lui dans la même ville sont : Thôtel de Bénévent, situé rue d'Anjou-Saint-Honoré; celui bâti pour M. de la Bouillaie, à Tangle des rues du Houssaye et de Provence, et qui fut occupé plus tard par le prince de Brunswick. Perrard-Montreuil, en qualité d'architecte du grand-prieuré de France, fut chargé des travaux de toutes les commanderies de Malte, à Paris et dans les provinces. (Legrand et Landon. — Rens. mss.)
PERRAT (Pierre), architecte de la ville de Metz au XIV* siècle. En 1374, sous Tépiscopat de Thierry Boyer de Boppait, il exécuta de grands travaux à la cathédrale de cette ville. Ce fut lui qui, modifiant le plan général de ce monument, lui imprima le caractère qu'il a conservé. Il reprit les travaux au point où les avait laissés Jean Pollet, substitua aux lourds meneaux des fenêtres de son prédécesseur des divisions plus légères, et doubla presque ainsi la surface des vides de ces baies. Puis il couvrit la nef, qu'il termina à l'ouest, en l'éclairant au-dessus du portail par la clôture à claire -voie qui existe encore. Il raccorda la nouvelle cathédrale avec l'église Notre- Dame-de-la-Ronde. Ces travaux étaient terminés en 1392. Perrat mourut en 1400 et fut enterré dans sa cathédrale ^
Thierry de Sierck, son élève et son successeur, fut chargé de Férection de son tombeau. Perrat était représenté les mains jointes, la tête nue , agenouillé sur une console. Cette figure , placée à gauche d'une chapelle consacrée à la Vierge, était accompagnée de l'inscription suivante : « De sous cest altelt gist maistre Pierre Perrat, le masson, maistre de Touvraige de la citeit de Mes et de lesglise de Nostre-Dame do Carme et de la grant esglise de Toult et de Verdun, qui morut le jiii^ iour dut moy de julet lan de graice Nostre Seigneur m et cccc. Pries a Deu pour lui. » Il était alors âgé de soixante-dix à soixantequinze ans. ( Bégin, Cath. de Met\.)
PERREAL (Jean), qui habitait Lyon vers la fin du XV^ siècle et au commencement du XVP , se faisait appeler Jean de Paris. En même temps qu'architecte il fut peintre et valet de chambre ordinaire des rois Charles VIII, Louis XII et François P^ Il suivit Charles VIII dans sa campagne dTtalie. Perréal fut, par lettres-patentes, chargé de réparer les remparts de Lyon et de traiter de l'exécution de ces travaux •, mais il renonça à cette mission en faveur de la ville, au mois de mars i523. Perréal ayant été recommandé à Marguerite d'Autriche, lorsqu'elle voulut honorer la sépulture de son mari par un monument somptueux, il donna, de i5o6 à 1 5 II, les plans de l'église de Brou, les modèles des statues et autres ouvrages- auxquels travaillèrent les plus habiles artistes du temps. En effet, Michel Colombe, qui eut la direction des travaux de cette église, aurait « exécuté ses patrons selon le pourtraict et très belle ordonnance faite de la main de Jehan Perréal de Paris, peintre et valet de chambre ordinaire du Roy ». Il eut pour successeur, en i5i3, Louis Van Boghem ou Van Bughen, architecte belge, qui modifia les .plans primitifs. Il vivait encore en 1627, mais il mourut
peu de temps après '. (Péricaud, Not. sur Jean Perréal. — Leduc, Égl. de Brou. — Dufay, Nouv. doc.., etc. — Renouvier, Jehan de Paris.)
PERRAULT (André), fils de Claude, était, en 1708, architecte des bâtiments du roi 2.
PERRAULT (Charles), frère de Claude, né en 1626, fut contrôleur des bâtiments du roi. II mourut à Paris le 17 mai 1703.
PERRAULT (Claude) naquit à Paris, vers i6i3,de Pierre Perrault, avocat au Parlement. Il étudia d'abord la médecine et les mathématiques, et Ton prétend que ce fut Pétude des sciences exactes qui lui inspira le goût de Parchi-
1. M. Grandmaison, dans ses Document s inédits pour servir à l'histoire des arts en Touraine, nous fait connaître un Jean de Paris qui fit, en 1472, une verrière pour l'église des Carmes, à Tours. Ce Jean de Paris était alors établi à Orléans et marié. M. Grandmaison remarque judicieusement que cet artiste devait être déjà en possession d'une certaine célébrité, puisqu'on vint le chercher de Tours pour lui confier une œuvre importante, et il croit pouvoir en conclure qu'il s'agit de Jean Perréal. N'est-ce pas là une conclusion un peu hasardée ? Est-il probable que le même homme, « déjà en possession d'une certaine célébrité » en 1472, ait pu être chargé par le roi, cinquante et un ans plus tard, en i ^23, de réparer les remparts de Lyon? (Bréghot du Lut, Mélanges, p. 335.) Évidemment non. Cela n'est peut-être pas absolument impossible, je le veux bien, mais c'est trop peu vraisemblable pour autoriser la conclusion donnée par M. Grandmaison. Au surplus, le verrier d'Orléans ne put-il pas, comme d'autres Parisiens du nom de Jean, se faire appeler Jean de Paris, sans avoir pour cela rien de commun avec le peintre de Charles VIIÏ.?
2. Cela résulte d'une quittance signée de lui qui faisait partie de lacollection de M. Lucas de Montigny.
lecture. Vers 1664 il présenta un projet pour l'achèvement du Louvre-, mais, ce projet n'ayant pas été tout d'abord agréé par Louis XIV, on fit venir de Rome le Bernin; on lui demanda un plan, et Tartiste italien se mit à Toeuvre, mais sans succès. Cest alors que Perrault, aidé par son frère Charles, sollicita et obtint la succession du Bernin. En ifi65 il jetait les fondements de la colonnade du Louvre, et en 1680 ce grand travail était terminé'. De 1668 à 1671 il construisit les bâtiments de rObservatoire. Après la conquête de la Flandre et de la Franche-Comté, Colbert, voulant faire ériger un arc de triomphe à la gloire de Louis XIV, ouvrit un concours entre Lebrun, Levau et Perrault, qui fournirent chacun un projet. Le plan de Perrault fut préféré à ceux de ses concurrents-, il devait être réalisé à l'extrémité de Tavenue de Vincennes^ la première pierre en fut posée le 6 août 1670, mais le soubassement seul sortit de terre. La construction des châteaux de Versailles, de Trianon et de Marly détourna de ce monument l'attention du roi, et les désastres qui remplirent les dernières années de son règne ne permirent pas de le reprendre et de l'achever. Les autres œuvres exécutées à Paris par Perrault sont les suivantes : l'église Saint-Benoît-le-Bétourné, qui reçut plus tard sa sépulture ^ ; Tautel de Notre-Dame-de- Savonne, dans le transept de droite de l'église des Petits-
1. Le cadre de ce. dictionnaire ne me pecjjiet pas d'entrer dans les détails de cette grosse affaire. Il faut en lire l'histoire dans les Hommes illustres de Charles Perrault et dans le Louvre de M. Vitet, excellente étude, pleine de renseignena^nts précieux, qu'on ne saurait trop louer.
2. Il y reposa en compagnie du poëte Jean Dorât et du comédien Baron. Supprimée en 1790, l'église Saint-Benoît devint propriété nationale et fut vendue en 1796. On y établit alors un dépôt de farines, et, en i832, on transforma cet édifice en salle de spectacle.
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. igy
Pères-, un projet pour une nouvelle église Sainte-Geneviève ; Tœuvre de Saint-Germain-PAuxerrois, etc. Parmi les nombreux écrits laissés par Perrault, on distingue son « Architecture générale de Vitruve, réduite en abrégé. » Paris^ J.-B. Coignard, 1674. — « Ordonnance des cinq espèces de colonnes selon la méthode des anciens, etc. » Paris, Coignard, i683, pet. in-fol. — Il a laissé aussi une collection de dessins manuscrits formant deux volumes in-folio ^ Perrault mourut à Paris le g octobre 1688. On attribua sa mort à la dissection qu^il fit au jardin du roi, d'un chameau qui était mort d'une maladie contagieuse 2. (L'abbé Lambert, Hist. du
1. Cette collection, formée en 1693, par les soins de Charles Perrault, son frère, fut achetée par le marquis de Marigny. Elle se trouvait, sous le premier empire, dans la bibliothèque du sénateur Garnier. Elle a été vendue en 1822 et achetée pour la bib'iothèque du ministère de la maison du roi Charles X. Où est-elle maintenant?
2. On a dit tant de bien et tant de mal de Perrault, qu'il peut paraître oiseux de venir encore discuter ou vanter les mérites de cet homme célèbre. Si je ne crains pas de prendre la parole à mon lour, après tant d'autres, c'est que ce sujet tant rebattu ne me paraît pas épuisé. Perrault doit- il être considéré, oui ou non, comme l'architecte de la colonnade du Louvre ? Avant de répondre à cette question, il faudrait s'entendre sur le véritable rôle de l'architecte dans la construction des édifices. Évidemment, s'il suffit au premier venu d'emprunter au passé des expressions architectoniques quelconques et d'indiquer tant bien que mal, par un croquis, l'ordonnance générale d'un édifice, oui, Perrault a pu être l'auteur de la fameuse colonnade, car ce n'est pas par l'invention que brille ce fastueux frontispice de pierre, et rien n'était plus facile à imaginer. On comprend, en effet, qu'un homme intelligent ait pu avoir l'idée d'un édifice qui se réduit, en définitive, à une, suite de colonnes couplées reposant sur un soubassement. Mais que le docteur Perrault soit devenu, du jour au lendemain, capable de composer, d'étudier et de diriger lui-même la construction dont il s'agit, c'est une autre affaire, et, dans ce cas, je ne crains pas de le dire, non, Perrault n'a pas été l'architecte de cette
règne de Louis XIV. — Courtépée. — Annuaire des longitudes^ ann. 1844. — P. de la Grave.)
partie du Louvre. S'il a été l'inspirateur de la colonnade, ce qui est contestable comme on le verra plus loin, il n'a pu être que cela, rien de plus. Pour composer cette œuvre et lui donner la vie, il a fallu le savoir et le goût d'un homme de l'art, d'un artiste, ou, comme on dit vulgairement, d'un teinturier. Mais ce teinturier^ quel est-il? Charles Perrault, l'auteur des Contes^ préoccupé avec raison de la situation critique de Claude devant la postérité, est allé au-devant des objections que soulèverait le rôle invraisemblable de son frère :. il dit dans ses Mémoires que c'est lui, Charles, qui a eu la première pensée du péristyle, et que Claude ne l'a qu'embellie. Or, l'intention de Charles Perrault est ici bien transparente : il a voulu faire croire que son frère avait possédé les talents nécessaires pour traiter, étudier, embellir un thème architectonique quelconque. A vrai dire, Charles, qui avait l'oreille de Colbert, eut le grand talent de faire écarter du concours les vrais architectes qui y avaient pris part; et, au zè'e qu'il déploya pour la réussite de l'affaire, je ne serais pas surpris qu'il eut trempé en quelque chose au plan qu'il sut si habilement faire prévaloir. S'il n'avoua que plus tard cette part de paternité, c'est probablement qu'il pressentit la difficulté de faire accepter pour architecte à Louis XIV l'auteur des Contes de ma Mère l'Oie. Claude Perrault se trouvait, au contraire, dans des conditions en apparence bien préférables : il était de l'Académie royale des sciences, et je doute qu'à cette époque on sût mieux que de nos jours apprécier la différence qui existe entre un mathématicien et un architecte. Et puis l'étude des mathématiques développe si sûrement le sentiment de l'art! Charles s'effaça donc- devant Claude afin d'assurer le succès de l'intrigue fraternelle, et le « mauvais médeciti » fut. de par Colbert, décrété « bon architecte ». Il ne restait plus à ce dernier qu'à trouver un artiste qui voulût bien accepter d'être en réalité ce qu'il ne pouvait être qu'en apparence. Cet artiste, cfuel fut-il? On va le voir. Boileau (if*' réflexion sur Longin) dit, eri parlant de Claude Perrault: « Je ne nierai pas cependant qu'il ne fût homme de très-grand mérite et fort savant, surtout dans les matières de physique. Messieurs de l'Académie; néanmoins, ne conviennent pas tous de l'excellence de sa traduction de Vitruve, ni de toutes les choses avantageuses que monsieur
PESGHE (Noël) , l'un des architectes de Péglise Notre- Dame de la Ferté- Bernard, a construit T Hôtel de ville de Cherré (Sarthe), et probablement, en 1692, le couvent du même village. (Charles, Les Vieilles Maisons.)
son frère rapporte de lui. Je puis même nommer un des plus célèbres de l'Académie d'architecture (d'Orbay), qui s'offre de lui prouver, papier sur table, que c'est le dessin de M. Levau qu'on a suivi dans la façade du Louvre, et qu'il n'est point vrai que ni ce grand ouvrage d'architecture, ni l'Observatoire, ni l'Arc de Triomphe, soient des ouvrages d'un médecin de la Faculté ». C'est là, qu'on veuille bien le remarquer, le témoignage d'un contemporain désintéressé dans la question, et qui avait antérieurement décerné au personnage dont il s'agit le brevet de « bon architecte ». Il faut ajouter que Levau, directeur des bâtiments royaux depuis 1654, avait été l'architecte de Fouquet, ce qui ne devait pas être un titre à la faveur de Colbert. Sa charge de directeur des bâtiments lui avait été néanmoins conservée par le nouveau surintendant, et il la remplit jusqu'en 1670, époque de sa mort. Ce fut donc, administrativement au moins, sous la direction de Levau que les travaux en question furent commencés et poursuivis pendant quatre ou cinq ans. Sans doute il peut paraître étrange qu'un homme de la valeur de Levau se soit résigné à n'être que la doublure, le teinturier d'un architecte pour rire ; mais qu'on suppose un désir exprimé dans ce sens par Colbert, et tout s'explique, car ce désir eût été dans ce cas, pour l'artiste, un ordre. Il existe, d'ailleurs, une autre preuve de la coopération de Levau aux travaux de la Colonnade, c'est une estampe du temps représentant « la façade du Louvre du côté de Saint-Germain-l'Auxerrois », avec la légende suivante : « Ce chef-d'œuvre d'architecture fut commencé, quant aux fondations, en i663, sur les dessins du cavalier Bernin. Louis Levau, auquel on est redevable de ce superbe édifice, en commença les travaux en 1667. François d'Orbay, son élève, contribua beaucoup à sa perfection, en ayant eu la conduite après la mort de son maître. » Cette pièce gravée est signée A. Hérisset, sculp. Elle se vendait chez F. Chereau. Je ne sais si je me fais illusion, mais il me semble qu'en présence de ces témoignages, il est bien difficile d'attribuer plus longtemps au « mauvais médecin » qu'on connaît une œuvre qui est évidemment due à un véritable architecte, à Louis Levau.
PÉSIERE (Raoul) . Vers 1471, le chapitre de la cathédrale de Saint-Omer voulant modifier la forme du clocher de cette église, lequel se composait alors d'une tour basse surmontée d'une aiguille en charpente, un conseil d'artistes et de praticiens fut réuni pour donner son avis sur la question. Au nombre de ces artistes se trouvait R. Pésière. (Lepage, Saint-Omer.)
PETIT, maître des ouvrages de maçonnerie du duc de Bourgogne, fit réparer, vers 1460^ le donjon de Ghâtillonsur-Seine. (Rossignol, hivent.)
PETIT fit en i562, à Beauvais, « la maison du Pontd' Amour, où il y a une trompe sur l'angle, qui est un chefd'œuvre, et plusieurs autres maisons de la ville ». Il a eu deux fils, dont Tun, François, fut architecte d'Henri IV. (Simon, Suppl. à VHist. du Beauvaisis.)
PETIT (Adrien}, architecte de Gaston d'Orléans, répara, de 1639 à 1646, le pont de la ville de Pont-de-l'Arche. ( Beaurepaire, Archiv.)
PETIT (François) soumissionna, le 14 mars i582, des travaux à exécuter au tombeau des Valois, à Saint-Denis ; ses concurrents étaient Pierre Chambiges, Florent Fournier, Jean Le Breton et' Jean BuUant. Il était alors juré du roi pour les œuvres de maçonnerie. Le 28 mars 1609, le premier président De Harlay ayant obtenu la concession de l'emplacement compris entre le Palais de Justice et le Pont-Neuf, à Paris, à la charge d'y bâtir selon les plans qui lui seraient fournis par le grand -voyer de France, il remplit cette obligation en faisant construire par F. Petit les bâtiments qui bordent la place Dauphine. En 1608, le 21 mars. Petit fit, avec Pierre Cham-
biges, Claude Guérin et Claude Vellefaux, un devis pour travaux à exécuter à l'Hôtel de ville de Paris. (Leroux de L., Hôtel de ville. — Berty, Les Grands Arch. — Renaiss. monument.)
PETIT (Nicolas), maître des oeuvres de maçonnerie du duc de Bourgogne, était au service du duc dès 1444. En 1445 il demeurait à Dijon, et fut envoyé à Châtillon-sur- Seine pour visiter les travaux du château. Il est encore mentionné, en 1448 , dans un ancien compte du trésorier de Lorraine. [Im'. somm., Côte-d'Or.)
PETIT-RADEL (Louis-François), né à Paris en 1740, élève de De Wailly, suivit les cours de l'Académie d'architecture et remporta, en 1763, un troisième grand prix. Au retour d'un voyage en Italie il ouvrit un atelier d'architecture. On lui doit un projet pour la restauration du Panthéon-, l'abattoir du Roule, aujourd'hui démoli ; une restauration de l'église Saint-Médard , à Paris ^ ; il fut l'un des architectes du Palais- Bourbon et de l'ancien hôtel du Trésor royal. Il exposa, au Salon de 1806, plusieurs dessins, au nombre desquels s'en trouvait un dont voici le titre : « Destruction d'une église, style gothique, par le moyen du feu 2. j) Petit-Radel
1. C'est-à-dire qu'il voulut décorer cette église en y ajoutant des ornements grecs et en transformant ses piles en colonnes cannelées I
2. Pauvres églises gothiques, c'est pourtant ainsi qu'on les traitait en l'an de grâce 1806! Voici la petite explication que Petit-Radel donne de son procédé, aussi simple qu'économique et sûr : « Pour éviter les dangers d'une pareille opération, on pioche les piliers à leur base sur deux assises de hauteur, et, à mesure que l'on ôte la pierre, l'on y substitue la moitié en cube de bois sec, ainsi de suite. Dans les intervalles, l'on y met du petit bois et ensuite le feu. Le bois, suffisamment brûlé, cède à la pesanteur, et tout l'édifice croule sur lui-
mourut à Paris le 7 novembre 181 8, Il était alors membre de l'Académie des beaux -arts et architecte du gouvernement. (Gabet. — Lazare. — Rens, part.)
PETITOT (Edmond ou Ennemond - Alexandre) remporta le grand prix d'architecture en 1745, sur (c un Phare ». Ayant obtenu la pension le 6 janvier 1746, il partit peu après pour Rome, où il arriva le ib mai 1746. Il était de retour à Paris au mois de mai 1750. En 1760 il entra au service du duc de Parme, dont il devint le premier architecte. En 1776 il résidait encore dans le duché. Il fit pour ce prince les plans d'un palais-, mais ce palais exigeant des dépenses trop considérables ne fut pas exécuté. A Parme Petitot éleva la façade de TégUse Saint- Pierre ; il décora un salon et dessina les jardins du château de Colorno, situé à trois lieues au nord de Parme. Il donna également les dessins du jardin ducal. Après avoir été professeur à l'Académie de Parme, Petitot revint en France^ où il fut nommé chevalier de Saint-Michel. Il a publié une « Description des solennités qui eurent lieu à Parme », ainsi qu'une « Suite de Vases», tirés du cabinet de
même en moins de dix minutes. ■» Dix minutes, c'est bien peu, mais je n'ose pas contredire Petit-Radel,qui, sans doute, avait, pendant la Révolution, expérimenté plus d'une fois son système. Conçoit-on qu'un architecte ait pu professer avec aussi peu de vergogne la destruction des monuments de l'architecture! ^ le livret du Salon de t8o6 n'était pas là pour attester cet effronté vandalisme, on se refuserait à y croire. Il est vrai que le même Petit-Radel, consulté par un ministre de l'intérieur de la' première République sur les moyens de conservation à employer pour l'église abbatiale de Saint- Denis, ne craignit pas de conclure à la destruction de la grande voûte de cette église, laquelle voûte eût été remplacée par une couverture quelconque, afin de faciliter la transformation de l'édifice en un marché couvert et fermé!
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 2o3
M. du Tillot, marquis de Felino. En i8o3 il parut à Paris un ouvrage de Petitot, intitulé : « Raisonnements sur la Perspective, pour en faciliter l'usage aux artistes w. i vol. in-4°. (Dussieux, Art. fr.)
PEUSGHER (François) était, en i632, architecte du roi et maître des fortifications de Guyenne. Il reçut, au mois de décembre de cette année, la somme de cinq cents livres pour ses gages des deux derniers quartiers de l'année courante. [Rens. mss.)
PEXRE (Antoine-François), surnommé le Jeune, afin de le distinguer de son frère Marie-Joseph, naquit à Paris le 5 avril i ySg, remporta le grand prix d'architecture en 1 762, sur « Une Foire ouverte », *et reçut son brevet d'élève de rÉcole de Rome le 24 août 1763. En Italie il étudia à la fois l'architecture et la peinture. De retour en France il fut nommé contrôleur des bâtiments du roi à Fontainebleau, puis à Saint- Germain, où il construisit, en 1784, deux chapelles, celle de l'hospice de la Charité et celle de l'Institution des Dames hospitalières de Saint-Thomas- de- Villeneuve. Admis à l'Académie royale d'architecture en 1777, en remplacement de Bellicard, promu à la première classe, il fut, après la Révolution, élu membre de l'Académie des beaux-arts. En 1779 l'Électeur de Trêves le chargea de bâtir le palais de Coblentz, qu'un architecte de Strasbourg avait commencé, et dont Peyre corrigea les plans ' . A son retour en France il fut chargé d'é-
I. D'après le Rapport sur les beaux-arts présenté par la 4^ classe de l'Institut, « ce fut surtout dans les décorations intérieures que l'artiste déploya de la magnificence. La salle des Gardes, au premier étage, fut admirée par ses belles proportions : la galerie qui précède les grands appartements a plus de vingt mètres d'élévation. La chapelle est plus magnifique encore que les grands appartements. »
tudier les projets d'agrandissement du château de Versailles et de la Bibliothèque du roi ; mais la Révolution vint traverser Texécution de ces projets, qui restèrent sur le papier. Retiré au château de Fontainebleau, il y passa plusieurs années tout occupé à sauver d'une destruction certaine bien des objets d'art devenus suspects à cause des personnages qu'ils rappelaient; mais, devenu suspect lui-même, il se trouva un beau jour être prisonnier dans le château royal converti en maison d'arrêt. Quand le calme fut revenu, il prit une part active à la réorganisation des services relatifs aux beaux- arts. Nommé successivement membre de l'Institut, membre du Conseil des bâtiments civils et architecte de l'administration des hospices, il fut appelé à la discussion de tous les projets de travaux pubHcs. Vers la même époque il ouvrit un atelier d'architecture et fit de nombreux élèves. On a de lui les ouvrages suivants : « Restauration du Panthéon français, compte rendu, etc. » Paris ^ i799i in-4°. — « Œuvres d'architecture. » Paris ^ 1 8 19-1820, in-fol. de 81 pL, avec texte. — « Mémoire sur l'achèvement du Louvre, sur l'agrandissement du Muséum de peinture et de sculpture, et sur la nécessité de former promptement une école spéciale des arts. « Paris, 1795. — « Antiquités de la ville de Trêves. » Paris^ 1789- — « Mémoire sur cette question : la Bibliothèque nationale peut-elle rester entourée du Théâtre des Arts (l'Opéra) , des bâtiments dépendant de la Trésorerie, de maisons particulières , etc. » Paris ^ i8o3. — « Projet de Bibliothèque nationale à ériger sur l'emplacement de la Ville-l'Évêque. » Il mourut à Paris le 7 mars 1828, et fut remplacera l'Académie par Vaudoyer père. (Quatremère, Not. liist. — Goujon, Hist. de Saint- Germain.)
PEYRE (Antoine-Marie), neveu du précédent et fils de Marie-Joseph, naquit à Paris le 24 février 1770. Il fut
élève de son père, de son oncle, et de Boulée et Renard, architectes du roi. Il débuta dans les travaux publics, en 1795, par la restauration des bâtiments de l'Observatoire , et fut chargé de l'installation du Musée des monuments français, dans l'ancien couvent des Petits-Augustins. Il construisit, en 1800, l'ancien théâtre de la Gaîté*, en 181 2 le marché Saint-Martinet celui des Blancs-Manteaux; en 1828 l'Abattoir public de la ville de Lille. On lui doit aussi l'établissement de la Conciergerie du Palais de Justice de Paris ; la restauration des voûtes souterraines du même palais et de la partie latérale de cet édifice, sur le quai de l'Horloge ; l'amphithéâtre du Conservatoire des Arts-et-Métiers -, les bâtiments neufs de l'Institution des Sourds-Muets (1823) -, des travaux aux châteaux de Maisons et d'Écouen. Il exposa , au Salon de 1804, un projet de monument pour la transformation de l'église de la Madeleine en Temple de la Gloire, projet qui lui valut le troisième accessit dans le concours ouvert à ce sujet par l'Institut. Au Salon de 1824 il exposa un projet de villa à exécuter sur les hauteurs du Trocadéro, en face de l'École Militaire. Peyre a publié les ouvrages suivants : « Projets d'architecture. » Parîs^ 181 2, in-fol. — « Considérations sur la nécessité de rétablir l'ancienne école d'architecture, et un système d'administration qui puisse concilier à la fois la gloire de l'art et les intérêts du gouvernement. » Paris^ 181 5, in-4°. — « Lettres relatives à la reconstruction de l'Odéon. » Paris^ 181 8. — « Projets de reconstruction de la salle de l'Odéon, avec les plans originaires du Théâtre-Français. » Paris ^ 1819. — « Œuvres d'architecture», ouvrage de son père, dont il donna une édition en 1796. — « Palais de Justice. Rapport à M. le comte de Chabrol, sur les constructions et améliorations faites dans ce monument pendant son administration. » Paris ^ . Agasse, 1828*, in-4°. — ce Plans des hôpitaux et hospices civils de la ville de Paris , levés par ordre du Conseil d'administra-
2o6 DICTIONNAIRE
tion de ces établissements. » Paris ^ 1820, gr. in-4°. Peyre avait été décoré de la Légion d'honneur et de l'ordre de Saint- Wladimir de Russie. Il mourut à Paris le 24 mai 1843. (Gabet, Rens. mss.)
PEYRE (Marie-Joseph), frère aîné d'Antoine- François, né à Paris en i ySo, élève de Jossenay et dé Loriot, n'avait que vingt et un ans lorsqu'il remporta le grand prix d'architecture, sur (( Une Fontaine publique », et reçut son brevet d'élève de l'Ecole de Rome le 20 mai 1753. De retour à Paris, .après avoir passé plusieurs années en Italie, il obtint un emploi dans les bâtiments du roi. En 1764 il fut chargé par le prince de Condé (Louis-Joseph) de lui faire un projet d'hôtel, mais ce prince ayant ensuite acheté le Palais -Bourbon, ce projet fut abandonnée En 1765 Peyre publia sous ce titre:
I. Dans une lettre que je possède et qui fut écrite de Paris le 16 septembre 1764 par Marie-Joseph à son frère Antoine-François, qui était alors pensionnaire du roi, à Rome, je trouve sur ce sujet quelques détails intéressants. Voici les principaux passages de cette lettre, dont je rétablis l'orthographe un peu trop maltraitée : « J'ai toujours reculé, cher frère, à t'écrire, désirant t'apprendre des nouvelles au sujet des projets que j'ay faits pour l'hôtel de Condé; mais rien ne se décide. Ta sçais que j'ay été chargé de faire des projets il y a huit mois? Barreau en a été chargé en même temps que moi. Notre affaire est restée longtemps en suspens, ensuite on m'a donné des ordres pour en faire pour le Luxembourg, où il (1». prince de Condé) comptait pouvoir venir demeurer. La Cour s'y est opposée. Depuis il a acheté le palais Bourbon et a chargé plusieurs architectes de concourir, lesquels etoient M. Le Carpentfêr, M. Contant, M. Chevotet, Barreau et moy. Boulée a employé des protections et on lui a permis d'en faire aussi. L'architecte de la maison, qui est M. Brisse [et], un nommé Lorran (Laurent r), qui est un pauvre diable ayant appartenu autrefois au prince de Condé, ont demandé à concourir, et on leur a permis. M. Contant et M. Le Carpentier ont refusé. En sorte quç
(( Œuvres d'architecture «, un volume in-folio de projets qu'il avait dessinés à Rome. Cest lui qui, de concert avec De Wailly, fut chargé d'élever le nouveau Théâtre-Français, connu aujourd'hui sous le nom d'Odéon. Un premier plan fourni par Moreau avait reçu un commencement d'exécution, lorsqu'en 1 779 Peyre et de Wailly furent, par lettres-patentes de Louis XVI , chargés de présenter de nouveaux plans dont l'exécution ne se fit sans doute pas attendre, car en 1782 l'édifice était achevé. Les autres œuvres exécutées à Paris par Peyre sont la maison de campagne de M. Leprêtre de Neubourg, située sur le boulevard de l'Hôpital, la restauration de l'hôtel du duc de Nivernais, rue de Tournon (ancien hôtel Concini). Peyre avait été admis le 3o juin 1767 à l'Aca-
nous sommes restés de concurrents, M''^ Chevotet, Barreau, Boullée, Brisse, Lorran et moy, et il y a trois semaines que nous avons exposé nos projets dans la galerie-bibliothèque, comme l'on fait à l'Académie pour le grand prix. L'après-midi, à quatre heures, M, le Prince s'y est trouvé et nous a donné à chacun une audience particulière. Mes projets ont beaucoup plu, et si l'on juge par la bonté du projet, j'ai bonne espérance. Boulée a fait une machine immense dans laquelle il y a bien peu de chose convenable, cependant son projet ne lui peut faire que beaucoup d'honneur. Les autres ne valent pas la peine d'en parler. Il y a des cabales diaboliques, des intrigues, des protections, enfin c'est une affaire qui fait beaucoup de bruit à Paris et sur laquelle il serait fou de compter. Mon projet, suivant le détail que j'en ay fait, couteroit deux millions; les autres vont à peu près dans les environs. Boulée n'a pas fait de détail (devis), et il a bien fait, car il auroit bien
triplé notre dépense » Les espérances de Peyre ne se réalisèrent
pas, car les seuls architectes qui travaillèrent au Palais-Bourbon après L'Assurance furent Barreau, Charpentier et Belisart. Au surplus, dans la préface de la deuxième édition des Œuvres d'architecture, Antoine- Marie dit, en parlant des œuvres de son père contenues dans ce recueil : « J'ai supprimé les projets sur le ci-devant Palais-Bourbon qui n'étaient pas à la hauteur de ses autres ouvrages, v U ne faut donc pas s'étonner si Barreau l'emporta sur son concurrent.
2o8 DICTIONNAIRE
demie d'architecture, en remplacement de Hazon, promu à la première classe. Il mourut à Choisy-le-Roi le 1 1 août 1785 ; il était alors contrôleur des bâtiments de cette résidence royale. (Roquefort. — Lazare. — Prudhomme, Miroir. — Rens. mss.)
PEYTRET (Jacques) avait, en 1675, la direction des travaux de l'Hôtel de ville d'Arles, dont les premiers plans avaient été fournis par De la Valfenière. Son traitement comme architecte de la ville était de 400 livres par an. Il existe, dans les Archives municipales d'Arles, un compte fourni aux consuls par Peytret portant en titre : « Compte de ce que j'ay faict en 1676.... Pour avoir fait un dessein de l'obélisque'avec la façade de l'Hôtel de ville, le tout en perspective: 24 livres. — Plus, pour un autre petit dessein: 1 1 livres. — Plus, pour un autre dessein pour mander à M. de Poilly, graveur: 24 livres. — Plus, pour les desseins des deux grandes portes de FHôtel de ville: 6 livres.... » [Rev. des Soc. sap.,î. VI.)
PHILANDRIER (Guillaume), né à Chatillon-sur- Seine en i5o5, ami et lecteur du cardinal d'Armagnac. Il alla se fixer à Rodez, auprès de ce prélat, en 1 533, fut nommé chanoine du Chapitre en i534, et archidiacre en i56i. Il travailla à l'achèvement de la cathédrale de cette ville. C'est à lui qu'on doit le couronnement de la façade principale de cet édifice, les deux travées de voûtes joignant cette façade, la tribune qui occupe le fond de la nef et se prolonge sur les bas-côtés. Il fut probablement l'architecte de la maison dite d'Armagnac, située sur la place de l'Olmet, de cette ville -, on lui attribue aussi le plan de la terrasse de l'évêché. Les plus belles maisons de Rodez datent du XVP siècle, et l'on croit qu'elles sont dues pour la plupart au talent de Philandrier. Il donna aussi les plans des fortifications qu'on voulait établir à Villefranche-de-
Rouergue, pour mettre l'église en communication avec la tour du cimetière, laquelle tour se reliait aux murailles de la ville. Philandrier, conduit à Rome par Tévêque de Rodez, avait étudié Tarchitecture dans cette ville , sous la direction de Serlio. On lui doit une traduction annotée de Vitruve, qui paru pour la première fois à Paris en 1645, et dont une seconde édition fut donnée à Lyon en i552. Il mourut à Toulouse le 8 février i563, chez le cardinal d'Armagnac, qui lui fit élever un mausolée dans la cathédrale de cette ville. (L'abbé Papillon. — Advielle, Les Beaux-Arts. — Reiis. mss.)
PHILIPPE. Le château du Breuil, à Bonneuil (Charente), fut construit par lui, ainsi que rétablit Tinscription suivante, gravée sur une des façades à droite de la porte de l'escalier : la mil v'= fut achevée cette maison par moy
PHE Le temps a effacé les deux dernières syllabes du nom
de cet artiste. {Rens. part.)
PHILIPPE DE BOURGOGNE ou de VIGARNY,
sculpteur et architecte, était, vers i5oo, en grand renom à Burgos. Le cardinal Cisneros Pappela à Tolède pour travailler à la cathédrale. 11 alla ensuite à Grenade faire le rétable de la chapelle royale. De 1624 à 1627 il exécuta, à la cathédrale de Tolède, les sculptures du rétable de la descente de Notre- Dame et les dessins de celui de Téglise des « Reyes nuevos ». A la même époque il sculpta les stalles du chœur de cet édifice. Plus tard il reconstruisit le transept de la cathédrale de Burgos, qui s'était écroulé le 3 mars i539, et y bâtit les quatre piliers soutenant la coupole centrale et la tour qui la surmonte. En 1 536 il sculpta la clôture du chœur de la même cathédrale, puis il retourna à Tolède, où il fit, avec Beru- .guette, les stalles hautes du chœur de la cathédrale (celles
du côté "de TEvangile}. Il orna les dossiers de ces stalles de statues d^apôtres et de saints. Au-dessus des stalles il plaça des statuettes d^albâtre des patriarches et des prophètes. Il fit école en Espagne, et y laissa de nombreux élèves. (Dussieux, Art.fr.)