‹ Dictionnaire des architectes français (volume 2)Chapitre 17 sur 125 · FUT DE CEST GVRAIGE MAISTRE PRINCIPAL · texte numérisé non relu

FUT DE CEST GVRAIGE MAISTRE PRINCIPAL

La même année, un ouragan ayant renversé « la Croix-aux- Loups »,il fut chargé de la relever, et termina ce travail le i^^ août 1446. En 1472,11 construisit, pour la ville de Metz, un moulin à vent situé dans la plaine de Saulcy. La tour de ce moulin était terminée lorsqu'elle se lézarda ; il fallut tout

I. M. Bégin a donné cette inscription dans son Histoire de la Cathédrale de Melun, mais il l'a bien mal lue ! Voici sa copie : Henry de Bouquenon, sire de Rançon val, Fut de cet owraige li maître principal.

Où M. Bégin a-t-il pu prendre les mots Bouquenon, sire et /?, qui n'existent pas dans l'inscription? Il a, d'un autre côté, mal orthographié plusieurs autres mots : dans l'inscription, la lettre finale d'Henri est un i et non unj^; l'adjectif démonstratif cest a pris sous la plume de M. Bégin une forme moderne qui n'est pas admissible; ovraige n'est pas écrit avec un w, et maistre doit conserver Vs de son ancienne orthographe. Terquem (Guide du voyageur dans Met:^) s'est plus rapproché de la vérité. Voici l'inscription telle qu'il la donne : Henry de Burstorf et de Ranconval Fut de cette ouvraige maistre principal. Seulement il a ajouté à ce texte la date quatorze cent quarante- cinq^ qui n'a jamais existé. Comment se fait-il qu'ayant écrit sur les lieux mêmes dont il s'agit, MM. Bégin et Terquem aient pu commettre d'aussi grosses erreurs? J'avais relevé cette inscription lors d'un voyage que je fis à Metz en 1862; mais, mes notes n'étant pas d'accord avec les copies de ces deux auteurs, je fis appel à l'obligeance de mon confrère M. Racine, alors architecte diocésain de Metz, qui voulut bien, à ma prière, m'adresser non pas seulement le texte, mais un dessin très-bien exécuté et aussi exact que possible de la porte des Allemands; c'est d'après ce dessin que j'ai rectifié les copies fautives de mes prédécesseurs.

recommencer , « et disoit on que ce donmaige estoit advenu parle déffault de maistre Henry Ranconvaulx, lequel se absenta et fut privé de ses gaiges, une espaice de temps w. Il travailla aussi pour le chapitre de la cathédrale. (Bégin. — Terquem.)

RANCONVAL ou RANGUEVEAUX (Jean de), fils du précédent , né sans doute à Metz , exerçait déjà du vivant de son père. En 1468,11 fit exécuter des travaux de réparations aux toitures de la cathédrale de Metz. En 1478, il commença la construction de la tour de Mutte, laquelle tour fut terminée au mois d'avril 1483 '. En 1480 il refit la porte Saint-Thiébault « plus belle, d'aultre façon quelle ne soilloit estre^ et pareillement lad. année fut refaicte la pourte des Allemands beaucopt plus forte et plus magnifique quelle n'es-

I. Voici, à ce sujet, ce que dit un chroniqueur contemporain, Philippe de Gérard : « Environ la mitte du mois de juillet 1478, fut accomencié ung magnificque et triumphant owraige en la cité de Mets, cest assavoir le grand clochier de la cité auquel est pandue la cloche de Mutte, et fust de cest owraige le maistre principal ouvriés un jantilz compaignon masson de la cité, nomé maistre Hannes de Ranconvaulx, et fut mis environ trois ans pour le parfaire, car moy l'escripvain de cest, il men souvient bien, et fus en ce temps mis demourer en l'abbaye de Saint-Mertin devent Mets, auquel lieu je allois à l'escolle, et sçay a vray que on moix d'octobre lan 1481, fust cest owraige exquis ainsy triumphament faict et eschevé (M. Bégin assure que cette tour ne fut achevée qu'au mois d'avril 1483), come chcscun le peult veoir, et y oit led. maistre Hannes louange et honneurs, car entre mil clochierz cest une belle piesse d'ewre. Cestuy maistre Hannes estoit grant geometricien et'espert en chiffre et argorime, et grant owiet de son mestiet, et ainsy est il a croire, car a l'owraige coignoit on l'ouvriet, et ny ait personne qui sceut croire le plonc et le fer qui est dedans cestuy clochiet, car toutes les pier du dedans de cestuy owraige sont touttes en cranponées en fers et en plonc, et est dedans enclos que on n'en voit rien. »

toit auparavant » ^ Le lo mai de la même année, Jean commença réglise de Saint-Symphorien, qu'il termina heureusement. On lui attribue, mais sans preuves, la construction du chœur de la cathédrale. On croit qu"'il mourut à Metz, et que ses cendres, comme celles de son père, furent transportées au village de Ranconval ou Rangueveaux (Moselle), dont la seigneurie leur appartenait. (Bégin, Cath. de Met^.)

RAULOT (Didier) fut nommé, en 1496, maître maçon ou architecte du duché de Bar, en remplacement de Jean de Saint-Pierre. Il exerça ces fonctions jusqu'en i522. (Lepage, Les Offices.)

RATABON (Antoine de). « Le jeudi treizième (mars 1670), déffunct messire Antoine deRatabon, cheualier, cons"" du Roy en ses conseils , cy-devant surintendant et ordonnateur gênerai des bastimens de Sa Majesté, arts et manufactures de France, demeurant rue de Richeheu, a esté porté en l'église des Pères Jacobins de la rue Saint-Honoré, pour y être inhumé. » Tel est l'acte mortuaire de cet artiste. (Jal, Dict. cri t.)

RAVIER (Jean), dit DE MORET,était(cmasson juré du roy « en 1403. — V. DU TEMPLE (Raymond).

RAVY (Jean), architecte et sculpteur , travailla pendant vingt-six ans à l'église Notre-Dame de Paris. Il est présumable ' que Ravy acheva quelques travaux restés imparfaits par la

I. Evidemment il ne peut s'agir ici que de la porte proprement dite, et non des tours qui la flanquent, puisque l'une de ces tours porte l'inscription rapportée plus haut, oii se trouve le nom de Henri de Ranconval (V. ce nom).

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mort de Jean de Chelles , qu'il entreprit quelques ouvrages nouveaux, et qu'il reconstruisit certaines parties de l'édifice que le temps avait compromises. Toutefois on ignore quelle fut la part prise par Ravy à l'édification de cette église • on sait seulement qu'il sculpta lui-même une partie de la clôture du chœur. La mémoire de cet artiste ne s'est conservée que grâce à une inscription qu'on lisait autrefois sur une porte de cette clôture, et qui est rapportée ainsi par Félibien ( Vie des Architectes) : « C'est maistre Jean Ravy qui fut masson de N.-D. de Paris par l'espace de vingt-six ans, et commença ces nouvelles histoires (l'Histoire du Nouveau et de l'Ancien Testament). Priez Dieu pour Pâme de-luy. Et. M^ Jean Le Boutelier, son neveu, les a parfaits Tan i35i. » Cette inscription accompagnait une figure agenouillée de Jean Ravy, qui se trouvait placée en face de la Porte rouge -, malheureusement cette partie de la clôture du choeur a été détruite sous Louis XIV. (Félibien. — Gilbert, Descript. hist. de la métrop. de Paris.)

RAYMOND. A la date du 28 février 17 19, le directeur de l'École de Rome mentionne, dans un rapport sur sa gestion, le sieur Raimond, architecte, qui « dessine assez bien la figure, sans négliger l'architecture et les ornements qui lui conviennent^ c'est encore un très-bon sujet ;». (Triqueti.)

RAYMOND GÈRVAIS. En 1 562, après l'invasion des calvinistes à Poitiers et la violation de la cathédrale, il fut procédé à la constatation du dommage causé par les pillards, La visite des lieux se fit le i^^ odobre, en présence du procureur du roi, par le chapitre, assisté de deux architectes , le maître des ouvrages de maçonnerie pour le roi en la ville de Poitiers et maître Raymond Gervais, maître de maçonnerie « en la maison commune », c'est-à-dire architecte de la

ville. Après quatre jours de travail on reconnut que les réparations des dégâts causés donneraient lieu à une dépense de 50,448 livres lo sols. (L'abbé Auber , Cath. de Poitiers.)

RAYMOND (Jean-Arnaud ou Arnoult) , né à Toulouse le 9 avril 1742, fît ses études professionnelles à Paris, à l'école de Blondel et à celle de David Leroy. En 1 766, il remporta le grand prix d'architecture sur : « Un portail de cathédrale )> • mais il n'obtint son brevet d'élève de l'École de Rome que le 24 juillet 1769. Après avoir passé à l'Académie le temps réglementaire, il visita Venise, Padoue, Trévise et Vicence. Il étudia particulièrement, dans cette dernière ville, les monuments élevés par Palladio. De retour en France en 1775, il fut appelé à Montpellier et y séjourna trois ans, pendant lesquels il eut à diriger divers travaux publics -, mais il n'en put terminer qu'un seul, la place du Peyrou. L'intendant des Etats de Languedoc lui demanda ensuite des projets pour plusieurs villes de cette province, et le chargea de la restauration des arènes de Nîmes. Redevenu Parisien, il fit un projet pour l'achèvement et la restauration du Louvre; mais on sait que ce projet ne fut pas réalisé. En 1800, il restaura l'église Saint- Laurent, à Paris '. Il fut chargé, en 1806, avec Ghalgrin , de faire un projet pour l'Arc de Triomphe de rÉtoile, à Paris. Ils commencèrent ensemble les fondations

I. Sur la paroi interne du portail de cette église, au-dessus de la petite porte latérale, on lit cette inscription : ce Le 17 fructidor an VIII, cette église a été rendue au culte catholique par une lettre du préfet de la Seine. Les réparations ont été commencées par le C. Raymond, architecte nommé par les administrateurs du culte, et sous la surveillance du C. maire du V^ arrondissement de Paris. Le 6 brumaire an IX (18 octobre 1800 V. S.), la réconciliation solennelle a été faite par M. l'évêque de St-Papoul. »

du monument avant d^avoir un plan arrêté et firent chacun un projet^ celui de Raymond fut préféré. Mais, en 1808, des conflits étant survenus entre les deux architectes, TAdministration se résolut à en sacrifier un des deux : Chalgrin l'emporta et Raymond dut se retirer. Il passa les dernières années de sa vie dans la retraite, et mourut à Paris le 1 8 janvier 1 8 1 1 . L'ancienne Académie d'architecture l'avait admis comme professeur en 1784 , et l'Institut l'appela dans son sein à Pépoque de sa création. Il a laissé : 1° un « Mémoire sur la construction du dôme de la Salute, à Venise, comparée avec celle du dôme des Invalides ». Ce mémoire, accompagné de 7 planches et publié dans les recueils de l'Académie des beaux-arts , a été tiré à part. — 2° un « Projet pour l'Arc de Triomphe de l'Etoile )), Paris^ Didot, 181 2, in-fol., lequel est accompagné d'une notice historique sur la vie et les ouvrages de l'auteur. {Biogr. toulousaine. — Rens. part.)

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