‹ Dictionnaire des architectes français (volume 2)Chapitre 21 sur 125 · ROBERT DE LUZARCHES. — V. LUZARCHES · texte numérisé non relu

ROBERT DE LUZARCHES. — V. LUZARCHES

(Robert de).

ROBERTUS. A la base d'une des colonnes de l'église de Saint-Révérien (Nièvre), qui est romane, on lit deux fois répété un nom qui doit être celui du sculpteur ou de l'architecte : ROBERTUS ME FECiT. (Bull. archéol..^x. m.)

ROBIN (Alexandre). En i5o5, un architecte de ce nom

fit marché avec un officier municipal de Tours pour la construction d'une petite chapelle au lieu de Sigoignes. Environ vingt ans après, il reçut cinquante livres tournois pour des réparations faites à la fontaine « estant près la porte Saint- Etienne dud. Tours )>. Enfin il fut payé, en i554, à un architecte du même nom et à Charles Rousseau, son confrère, la somme de « soixante sous tournois, qui deue leur estoit pour, par eulx, avoir vacqué a veoir et visiter au pont Saincte Anne, pour en prendre les haulteurs^ longueurs et profondeurs, affin

de faire le portraict que ladicte ville avoit délibéré y faire ^ »

(Grandmaison.)

ROBIN (Jean) fut l'architecte ou Tun des architectes du clocher ou beffroi de l'église Notre-Dame de Saint-Omer , pour lequel clocher un projet avait été fait dès 1474. On trouve dans les comptes de cette ville, à la date de 1 5 19, la mention suivante : « Jehans Robins, maistre machon d'ycelle église, lequel commenchia à tailler pour le cloquier » . Il travailla aux fortifications de Béthune de 1629 à i534. (Mélicocq, Art. du Nord. — Hermant, N.-D. de Saint-Omer .)

ROBIN (Pierre), maître des œuvres de la ville de Paris en 1400, [paraît avoir exercé ces fonctions jusqu'en 141 1. C'est probablement lui qui est mentionné ainsi qu'il suit dans un compte de la prévôté de Paris, pour les années 1429 à 140 1 : « M^ Pierre Robin, sgrgent d'armes et maçon général du roi notre sire » . Un autre Pierre Robin (est-ce le même?) commença en 1437, sur ses dessins, la construction

I. Il serait difficile de dire avec certitude que ces Alexandre Robin sont un seul et même personnage, dont la carrière aurait été trèslongue, ou s'il s'agit du père et du fils. Il n'est pas absolument impossible, d'ailleurs, que le Robin de i5o5 soit le même que celui de iSb^.

de l'église Saint-Maclou, à Rouen, laquelle ne fut achevée qu'en i52i. (Sauvai, t. III, p. 689. — Guilbert, Villes de France.)

ROBITAILLE (Robert), architecte de la ville d'Eu, commença, en 1624, la construction de Téglise de Blangy (Seine-Inférieure). On lui doit la partie méridionale de cet édifice, c'est-à-dire la reconstruction du mur goutterôt de la nef et le collatéral sud. (Découle, Essai hist.)

RODIER (Mathurin) était architecte delà cathédrale de Nantes en 1445. {Mél. dliist. et d'archéol. bret.)

ROGIER, architecte du XIII= siècle, établit, au mois d'avril 1289, le compte des travaux de réparations exécutés dans une maison appartenant à une ville du nord de la France, et dont une demoiselle Agnès Orelle était tenancib^eK [Rens. mss.)

I. Les comptes de travaux de bâtiment datant du XIII« siècle sont assez rares pour qu'il me soit permis de donner ici, 'in extenso^ la pièce intéressante qui m'a révélé l'existence de l'architecte Rogier. Voici la transcription de cette pièce, qui est en ma possession : « Sacent tout cil ki cest escrit vèront et oront ke demisièle Anniès Orelle amis, parl'assens des eskievins, a le grande maison Jehan de le Cambe (ou Delcambre pour De la Chambre) des maus sour le tournant de le rue Au viel, dont elle est en tenure dont boin escrit empèrent (en paraissent, en existent), a celle maison refaire et soustenir : As tuiles, XXIX s. et vi d. — As keminées refaire et au recouvrir, xxxvu s. — As gluis (chaumes), v s. et vij d. — As couvreur de glui, viij s. et IX d. — As manevriers iiij s. — As plakeurs, x s. — A le cave et au savelon et a le tiere, xvij et viij d. — A le fieralle (féraille) xiij s. — As claus (clous) et au plonk, xvi s. et vi d. — As tourniaus, iiij s et vij d — Au brouèteur, xxij d. — Au portage, iij et vij d. — A ij nohes (noues) et a marrien de rivage lxix s. — Au blanc bos

ROGIER (Jean) était architecte à Agen dans la seconde moitié du XV^ siècle. (P. Lafforgue, Art. en Gascogne.)

ROGIER (Robert). En 1667, les Jacobins de Lyon, voulant doter leur église d'un riche portail, chargèrent Lepautre de leur en fournir les dessins. Rogier fut chargé de l'exécution de ce portail ; mais, ayant conduit les travaux avec trop de lenteur, il fut remplacé en i658. (Leymarie, Ljon ancien.)

ROHAULT DE FLEURY (Hubert), né à Paris en 1777, élève de Durand, remporta le grand prix d'architecture en 1802, sur ce sujet de concours : « Une Foire avec salle d'exposition des produits de l'industrie «. Ses œuvres les plus importantes à Paris sont : le marché au beurre et aux poissons ( 1821 ); la caserne des sapeurs-pompiers de la rue de la Paix

(bois) xlv) s. — As ij nohes porter et assir, vj s. — A le talle (taille) de le vile, v. s. — A le corde, x d. — As sierjans, iiij d. — As carpentiers, XXXV s. — A iij serementès, ij s. — A maistre Rogier, v s. — As menus frais, xxx d. — A l'escrivent, xij d. — Some : xvi Ib. et iij s. et viij d.

« Et ce por cont (par compte) a raportet Maistre Rogiers, li serementès, as esckievins, et, pour chou ke demisièle Anniès Orelle en violt avoir aiuwe et warrant de se tenure et de chou ke elle en a paiiet, si en est cis escris fais et livrés en le main des eskievins, Nicholes Vilains au pot (peut-être pour au Pont), Ernous Catine, Jehan li Rois, Nicholes de Corberi, Watiers de sor le Pont, Gilles de Blaheries, Mikious (Michel) de Froiaine, en l'an de grasse m. ce. iiijxx et IX, au xxiièsme jor d'avril. »

Cette pièce, sur parchemin, est une charte partie, non par ABC, mais par une suite de petits cercles accolés commençant et se terminant par trois cercles plus grands, lesquels renferment un second cercle poché de noir.

1822); la caserne de gendarmerie, rue de Tournon ( 1 823 ) ; celle de la rue Mouffetard (i824)-, le passage du Saumon (i825-i83o) -, la restauration de la chapelle des Orphelins (1825). Il a fait plusieurs projets relatifs à l'amélioration et à Pachèvement des hôpitaux et hospices Saint -Louis, de la Charité, Saint-Antoine, Beaujon, des Incurables, de Sainte- Perrine. Il a été successivement architecte de la préfecture de police (181 3), membre du conseil général des Bâtiments et inspecteur général du même service. (Gabet, Dict. des aî^t.)

ROLAND DE VIRLOYS (Charles-François).

— V. VIRLOYS (C.-F. Roland de).

ROMPINLIR (de). Le nom de cet architecte est conservé par une inscription en caractères gothiques encastrée dans le parement interne de la façade deTéglise Sainte-Eulalie, à Bordeaux. M. Bordes, dans son Hist. des mon. de Bordeaux., relate cette inscription, mais sans en faire connaître le texte même, dont il s'est contenté de donner ce qu'il appelle une traduction : « Cette voûte fut achevée Tan mil trois cent quatre-vingts, le dix-huit du mois d'octobre, par de Rompinlir, ouvrier , lorsque vers le milieu de ce mois furent publiées les trêves pour vingt ans. «

ROMAIN (François), dominicain, architecte du roi. Sa sépulture était dans Téglise du Noviciat des Jacobins réformés (aujourd'hui Saint- Thomas - d'Aquin ) , à Paris. Il mourut le 7 janvier 1735. (L'abbé Lebeuf.)

ROMUALDE ou RUMALDE. Ébon, évêque de Reims dans la première moitié du IX^ siècle, voulant reconstruire la cathédrale de son diocèse, chargea Romualde de la direction des travaux, lesquels commencèrent vers 827 ou

828, Cet artiste était serf du roi Louis le Débonnaire, qui le donna à Ebon. On assure qu'il fit faire un rétable d'or enrichi de pierreries, une image de la Vierge, de même métal -, plusieurs châsses, des lampes d'argent, des chandeliers, et enfin un grand calice d'or, qu'on donna aux Normands pour tâcher d'éviter le pillage de la ville. (Flodoard, Hist. eccl.)

RONDELET (Jean-Baptiste) naquit à Lyon le 4 juin 1743. Au sortir du collège, et après avoir étudié les mathématiques, il fut placé par son père chez un architecte de Lyon, qui lui donna les premiers principes de son art, puis il vint à Paris, en 1763, pour y achever ses études à Técole de J.-F. Blondel. En 1 77o,Soufflot, qui construisait alors Téglise Sainte-Geneviève, le prit pour dessinateur et le chargea bientôt de l'inspection des travaux de son église. Dix ans plus tard, en 1780, Soufflot mourut, et Brébion fut appelé à lui succéder-, mais Rondelet resta attaché à la construction de l'édifice en qualité d'inspecteur. En 1783, les travaux dont il s'agit ayant été suspendus, Rondelet, devenu libre, partit pour l'Italie avec une pension de Louis XVI, et y passa deux ans à étudier les monuments les plus remarquables de l'antiquité. A son retour, la continuation des travaux de Sainte-Geneviève ayant été ordonnée, il reprit, sous l'architecte en chef Brébion, ses fonctions d'inspecteur et surveilla la construction du dôme, opération difficile qui nécessita un échafaud de plus de 60 mètres de hauteur, lequel fut exécuté susses dessins. Après avoir donné l'impulsion aux travaux de Sainte-Geneviève, Rondelet s'empressa de reprendre les études théoriques de son art qui avaient déjà occupé une grande partie de sa vie. L'Académie des sciences et belles-lettres de Lyon venait de mettre au concours le sujet suivant : « Des avantages et des inconvénients des voûtes surbaissées, etc., dans les différentes constructions soit publiques, soit particuHères )>. Rondelet prit part à ce

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concours, et il y a lieu de croire qu'il le fit avec honneur'. Pour revenir à l'église Sainte-Geneviève, il faudrait énumérer ici toutes les vicissitudes de cet édifice pendant les plus mauvais jours de la Révolution pour donner une idée des soins

I. Je ne saurais dire avec certitude que, dans ce concours, Rondelet ait remporté la première couronne, mais je suis bien près de le croire en relisant une lettre qui fait partie de ma petite collection. Cette lettre, adressée par le célèbre architecte « à Messieurs de l'Académie royale des sciences et belles-lettres de Lyon », présente cet autre intérêt qu'elle contient le premier plan du grand ouvrage de Rondelet sur l'art de bâtir; c'est ce qui me détermine à la donner dans son entier. La voici : « Messieurs, je ne saurois vous exprimer combien je suis sensible à l'honneur que vous venés de me faire et combien je suis glorieux d'avoir pu mériter vos suffrages. La satisfaction que j'éprouve est d'autant plus grande que le lieu de mon triomphe est ma patrie. Le seul moyen que j'aie pour vous témoigner dignement ma reconnoissance est de redoubler mes efforts pour mériter l'estime dont vous voulés m'honorer. J'espère que vous voudrés bien me permettre de vous addresser successivement plusieurs autres mémoires sur la construction des édifices antiques et modernes qui forment ensemble un ouvrage que je dois publier incessamment. Ce seroit pour moi un avantage bien précieux de pouvoir profiter de vos avis et de vos lumières. Votre suffrage, messieurs, seroit pour moi un sûr garant du succès qu'il pourra avoir; je n'ai rien négligé pour remplir cet objet. J'ai traduit, pour ainsi dire sur les ruines antiques de Rome, une partie des auteurs anciens qui ont parlé de la construction des édifices. Le premier mémoire traite des matériaux en général et particulièrement des pierres; le second, des briques antiques; le troisième, du mortier des Romains avec une dissertation sur le mortier Loriot et celui proposé par M. de la Faye, et enfin une comparaison sur la manière dont on le prépare actuellement en France et en Italie. Je traite ensuite des différentes espèces de constructions, de la manière de fonder les édifices et du rapport qui doit régner entre les murs et les points d'appui d'un édifice quelconque, comparé à la surface totale qu'il occupe, à la grandeur des pièces ainsi que la manière dont l'édifice doit être construit. Les méthodes que je propose son*-

éclairés, de la sollicitude et des peines que dut coûter à Rondelet cette période orageuse de notre histoire. On sait que quelques effets de tassement se manifestèrent dans les points d'appui principaux de Tédifice, lesquels avaient été élevés antérieurement à l'entrée de Rondelet dans les travaux de ce chantier. L'opinion publique, éveillée sur ces questions par des critiques plus passionnées que justes, s'était à ce sujet fort alarmée. Pour rassurer tout le monde sur l'état réel des choses et indiquer les moyens de remédier au mal, Rondelet publia un mémoire qui eut un plein succès, et l'administration, confiante dans son jugement, le chargea en 1806 de cette importante restauration, qui fut terminée en 1812. Rondelet publia en 1802 son « Traité de l'art de bâtir ». La même

fondées sur l'expérience et les principes de mathématique, avec des exemples tirés des principaux monuments de France et d'Italie.

« J'ai examiné dans des mémoires particuliers les différentes qualités du bois relativement à la construction des édifices et à la manière de les mettre en œuvre. J'ai fait une infinité d'expériences sur la force, l'adhérence, la fermeté, la pesanteur spécifique des principaux matériaux.

a J'aurai l'honneur de vous adresser aussi, m.essieurs, un mémoire sur une nouvelle grue que j'ai imaginée, et dont on fait usage depuis un an pour la construction de la nouvelle église de Sainte-Geneviève.

a Ces différents mémoires sont le fruit des études, des recherches et des observations que j'ai faites depuis plus de vingt ans que je suis employé à la construction de différens édifices, et d'un voyage fait en Italie aux dépens du Roi, par les ordres 8e Monsieur le comte d'Angivillier, pendant les années lyS'i et 17B4. Avant de publier cet ouvrage, je serois bien flatté de pouvoir en faire hommage à une compagnie qui fait l'honneur et la gloire de ma patrie, et qui rappelle le célèbre Athénée que l'empereur Caligula fonda autrefois en l'honneur d'Auguste.

« J'ai l'honneur d'être, Messieurs, avec la plus parfaite reconnoissance et la plus profonde vénération, de votre célèbre compagnie, le très-humble et très-obéissant serviteur. J.-B. Rondelet. »

année l'Institut lui décernait, dans sa séance du 5 avril, le prix du concours ouvert sur cette question : « Examiner quels ont été chez les différents peuples les progrès de cette partie de Tarchitecture, que l'on nomme la science de la construction des édifices, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. » Vers la même époque Rondelet, qui cultivait les lettres latines en même temps que l'architecture , publia une traduction, avec le texte en regard, des « Commentaires de Frontin sur les aqueducs de Rome ». Il venait d'obtenir le prix de l'Institut lorsque la coupole de la Halle au blé de Paris, construite en bois, à la Philibert De l'Orme, fut détruite par un incendie. Il publia alors un mémoire sur les différents modes de construction à employer pour remplacer cette coupole, soit en brique, soit en pierre ou en fer-, toutefois l'emploi de la pierre était conseillé de préférence par Rondelet. On sait que cette coupole fut construite en fer par Bélanger ; néanmoins l'administration, voulant récompenser Rondelet, dont l'intervention dans cette affaire avait été toute désintéressée, le nomma inspecteur général des travaux. En 1806, la chaire de stéréotomie de l'École des beaux-arts, étant devenue vacante, lui fut donnée par le suffrage unanime des professeurs de cette École. La même année il fut nommé membre du comité consultatif des bâtiments de la Couronne. En 18 14 il fut fait chevalier de la Légion d'honneur, et en 181 5 il entra à l'Institut. Il mourut à Paris le 26 septembre 182g, âgé de quatre-vingt-six ans accomplis. ( Quatremère de Q. , Not. hist. — Rens. mss. — Vaudoyer, Disc, sur la tombe de Rondelet.)

ROQUELIN (Jean). En 1497 ou 1498 il construisit' les deux piliers des « belles clerevoies » de l'église abbatiale de Saint- Bertin. Ce travail ne lui fut confié qu'à la condition qu'il façonnerait lui-même les ogives. En 1499 il travaillait

à la chapelle Notre-Dame de Milan, et pavait la chapelle Saint-Biaise, dans la même église. Il fat appelé, en i5oo, à donner son avis sur la continuation du clocher de la cathédrale de Saint-Omer, et reçut pour ses vacations 24 s. tournois. [Bull, du Comité, t. II. — Deschamps de Pas, Saint- Omer.)

ROUEN [Jean de) fut l'un des architectes de l'église Sainte-Croix, à Cointre (Portugal), et sculpta les rétables en pierre de cette éghse. (Dussieux.)

ROUEN (Jérôme de). Dans les premières années du XVP siècle, Dona Maria, fille du roi de Portugal Emmanuel le Fortuné, confia à cet architecte la construction de l'éghse de Luz, près Lisbonne, lui recommandant de faire en sorte que cet ouvrage fût un des plus beaux de l'Europe. (Dussieux, Art.fr.)

ROUGEVIN a construit Thôtel Saint-Ghamant, à Tangle des rues de Houssaye et Ghantereine, à Paris. (Thiéry.)

ROUHIER (Glaude), élève de Glément Métezeau , était « entretenu par ledit Métezeau pour estre instruit en Tarchitecture »•, le roi Louis XIII lui donnait, « pour son entretènement et horriture durant ladite année (1624), attendu sa condition d'aprentif » , la somme de 3 00 livres. {Arch. de l'art fr..^ 2^ série, t. IL)

ROULLEQUIN GOILLET, maître des ouvrages de la duchesse Marie d'Orléans, mère de Louis XII, pour le comté de Blois. Son commis, Jean Gratepin, certifie, à la date du -5 novembre 1475, que certains payements peuvent être

faits pour les réparations exécutées à la couverture du logis du comte de Dunois. (Bibl. nat., Cabinet généalogique.)

ROUSSEAU (Pierre), né à Nantes en 1760, élève de Potain, obtint, à la date du ib juillet lyyS, un brevet d'élève de rÉcole de Rome et partit pour l'Italie. En 1785, le i^'" janvier, il fut nommé inspecteur des dehors du château de Fontainebleau. Il construisit à Amiens, en 1782, la Halle aux grains, dont Touverture eut lieu le 26 juillet 1798 *, en 1791, rhôpital Saint-Charles-, et, de 1778 à 1779, le théâtre. En 1786 il éleva, à Paris^ Thôtel du prince de Salm, devenu le palais de la Légion d'honneur i, et exécuta, dans le jardin de rhôtel Montmorency, situé rue Montmartre, un pavillon ou kiosque chinois, qui s'élevait en bordure sur le boulevard. Gendre et successeur de Potain, Rousseau fut chargé, en 1791, de la construction de Téglise paroissiale de Saint-Germain en Laye, commencée par son beau-père en 1765. (Thiéry. — Goujon, Hist. de Saint -Germain. — Calland , Guide de rétranger à Amiens.)

ROUSSEAU (Charles), désigné comme maître maçon de la ville de Tours dans un document de i56i, est qualifié de maître des œuvres de la cathédrale de cette ville, dans un procès-verbal dressé à la suite du pillage de cet édifice par les protestants , lequel eut lieu en i562. (Grandmaison.)

ROUSSEL (Jean). Après la mort d'Alexandre de Berneval, une expertise ayant été ordonnée pour constater rétat de l'église Saint-Ouen de Rouen, dont certaines parties menaçaient ruine, il fut appelé à délibérer avec d'autres archi-

i. Cet hôtel, incendié en 1871 par les gens de la Commune, est en ce moment reconstruit en grande partie par M. Mortier, architecte.

tectes. Dans le procès-verbal de cette expertise, il est nommé Jehan Rouxel et qualifié de « juré du roynostre seigneur ». Il fut aussi un des architectes de la cathédrale de la même ville. Il avait travaillé, sous Jenson Salvart, au palais construit à Rouen pour le roi d'Angleterre Henri V. Son nom revient souvent dans les comptes de la fabrique de cette église, entre le 2 I septembre 1447, ^^^^ ^^ ^^ mort de Salvart, et le mois de février 1462, époque de la nomination de Geoffroy Richier. (J. Quicherat, Doc. inéd. — Deville, Rev. des Arch.)

ROUSSET (Pierre-Noel) exécuta, de 1756 à 1767, des travaux à la Sainte-Chapelle du Palais, à Paris, notamment un buffet d'orgues. Il construisit deux pavillons au château de Livry, les cuisines du château du Raincy, et éleva en 1753, dans l'île Saint-Denis^ près Paris, la maison de plaisance d'un sieur Larcher. On lui doit aussi une nouvelle décoration de l'hôtel de la duchesse de Bourbon , situé rue Neuve-des-Petits-Champs , et la construction de l'hôtel de Tessé, qui occupe l'angle ouest de la rue des Saints-Pères et du quai Voltaire, à Paris. Il fut admis à l'Académie d'architecture en 1758 et mourut en 1763. (Piganiol. — Rec. î71ss.)

ROUX (Jean). Après la chute de la tour septentrionale de la cathédrale de Bourges, en i5o8, le Chapitre réunit plusieurs architectes en renom pour « voir et visiter la démolition et ruyne de la tour et voùltes de la dite église, et comment on pourra icelie réparer ». Au nombre des artistes appelés de différentes provinces se trouvait Jean Roux. (Girardot et Durand, La Cath. de Boiirge^.)

ROUX (Léonard), né le 3 février 1725, secrétaire du roi, associé correspondant de l'Académie royale d'architecture, a'iaissé dans les portefeuilles de l'Académie de Lyon, dont il

était membre, la description d'une mosaïque trouvée à Lyon en 1776, dans une excavation faite près de Téglise des Augustins. On a en outre de lui différents projets pour la construction, en bois ou en pierre, du pont de Beliecour. (Bréghot du Lut et Péricaud, Biogr. lyonnaise. — Alm. hist.)

ROY, ingénieur et architecte du roi, donna, en i63o, les plans et dirigea les travaux de reconstruction du Palais de Justice du sénéchal de Rouergue, à Villefranche. Il envoya de Paris « deux maistres compagnons,pour y travailler pour la maçonnerie et la taille ». (Advielle, Beaux - Arts en Rouergue.)

RUZE (de) fut nommé, en 1701, contrôleur des bâtiments du roi pour le château de Saint-Germain- en-Laye ^ il obtint, le 22 décembre 1723, un brevet de gratification annuelle de 6,000 livres, en qualité d'ingénieur et contrôleur pendant dix ans des bâtiments du roi, à Saint- Germain et à Marly. Il donna les dessins du parc de cette dernière résidence. {Rens. part.)

SADORDI (Pierre) a été Tun des consuls de la ville de Montpellier dans la seconde moitié du XIV^ siècle. En i355 il fut témoin d'un marché fait pour la construction d'une tour dite « dels Patuts, à la Palissade ». En i363 on le choisit comme arbitre pour l'estimation de pierres provenant d'une maison détruite par Teffet de la guerre. En iSgô il travailla II. 33

à la construction du béai (canal ou fossé) d'un moulin, àPont- Méjan, qui coûta 25 francs d'or. (Renouvier et Ricard.)

SAINT- BONNET (le Père), jésuite, bâtit, en 1701, l'Observatoire du collège de Lyon, lequel est établi au-dessus de l'église. L'année suivante il se tua en tombant d'un échafaud qui avait été dressé pour cette construction. (Leymarie, Lyon ancien.)

SAINT-BOURGEOIS, maître des œuvres du duc de Bourgogne. Vers la fin du XVI' siècle il lui fut payé des honoraires pour être allé inspecter les travaux du château de Faucogney (Haute-Saône). Il habitait alors Dijon. [Inv. sojnf7î.^ Côte-d'Or.)

SAINT-GERMAIN. En 1624, un artiste de ce nom fut te retenu par S. M. (Louis XIII) pour travailler aux cartes, figures, délinéations des mathématiques et autres, lorsqu'elles se présenteront en ses bâtiments ». Ses gages étaient de 600 livres par an. [Arch. de Vartfr.)

SAINT-MARC (Guillaume de). En 1423, le 3i octobre, le grand arc du pont de Mâcon ayant été emporté par les eaux, les échevins de la ville, assemblés pour cette cause, décidèrent que Guillaume , qui exécutait alors le pont de Chalon-sur-Saône, serait appelé pq^r donner son avis sur le mode de construction à adopter pour ledit arc. Guillaume se rendit à Mâcon* il s'entendit avecles échevins, et les travaux furent commencés sous sa direction. Il recevait 40 sous chaque fois qu'il allait visiter le pont. (M. Canat, Maîtres des œuvres.)

'SAINT-MARTIN (André de). En 1499, lorsqu'il

s'agit de la reconstruction du pont Notre-Dame, à Paris, cet architecte fut adjoint à Golinet de la Chesnaye, maître des oeuvres de maçonnerie attaché aux travaux du nouveau pont. [Leroux de Lincf^ PontN.-D.)

SAINT-MARTIN (Barthélémy de). — V.DAVID DE PRAT.

SAINT-PHAR, architecte de l'administration des hospices de Paris, a construit l'hôpital de la Santé sur l'emplacement de l'ancien couvent des Capucins, ainsi que les bâtiments annexes de l'Hôtel-Dieu, rue de la Bûcherie. (Thiéry.)

SAINT-PIERRE (Jean de) était « maître maçon » au bailliage de Bar vers la fin du XVP siècle. Didier Raulot lui succéda en 1495. (Lepage, Les Offices.)

SAINT-URBAIN (Ferdinand de) naquit à Nancy le 3o juin i658 '. Il se rendit, en 1671, à Munich, près d'un de ses oncles, et de là parcourut l'Allemagne et l'Italie. Arrivé

I. C'est à tort que la Biographie universelle le fait naître en 1654 ; voici, d'ailleurs, son acte de baptême tel qu'il a été relevé sur le registre de la paroisse Saint-Sébastien de Nancy; on sait. qu'autrefois le baptême suivait de très-près la naissance : « Ferdinand, fils de Claude Urbain, « médailliste » (graveur en médailles), et d'Anne Lenoir. Le sieur Ferdinand de Florence, musicien du roi (Stanislas), par Dominique Pro, son procureur, parrain; damoiselle Marguerite Graillot, marraine ». (Cet acte porte la date énoncée plus haut.) On pense que Saint-Urbain fut anobli pendant son séjour à Rome. Cependant un François de Saint-\]rhd\xi vivait à Nancy dans les premières années du XVIP siècle, et présenta une fille au baptême le i5 août 1608. Etait-ce un ancêtre de notre architecte, dont le père, on vient de le voir, se nommait simplement Urbain?

à Bologne, il y fut reçu membre de TAcadémie, et la municipalité de cette ville , en lui confiant la direction de son cabinet de médailles, le nomma son premier graveur et son premier architecte. Il avait exercé pendant dix ans ces fonctions, lorsque le pape Innocent XI l'appela à Rome et fit de lui son premier architecte. Pendant vingt ans qu'il séjourna à Rome, il exécuta un grand nombre de coins et de matrices, soit pour des monnaies courantes, soit pour des médailles ou des jetons. Mais Léopold P'", duc de Lorraine, le rappela à Nancy et, en lui assurant un logement pour sa vie à l'hôtel des Monnaies , doubla le traitement qu'il recevait à Rome, En lyoS il jeta les fondements de Péglise primatiale de Pont- à -Mousson. La construction de cet édifice, interrompue en 1 7 1 6, fut reprise ensuite ; le second ordre fut achevé en 1 7 1 9, la toiture en 1 72 1 , les tours en 1723, et les flèches en 1726. Il mourut à Nancy le II janvier 1738. (Lepage, Archiv. de Nancy. — Biogr, univ.)

SAINT-URIN (Vital) vivait à Auch à la fin du XVP siècle. Il est mentionné dans les comptes des consuls de cette ville avec la qualité de « maistre maçon-architecte ». (LafForgue, Art. en Gascogne.)

SALAMO. En 1277-79, " -^^ Salamo, lapicida », de Lodève, et ses deux compagnons [socii) , Hugues Duclau (et un autre dont le nom est effacé^sur la charte qui nous a conservé ces noms), construisirent un pont à Vabres, sur le Dourdou, moyennant le prix de 8,5oo sous « welgoriens ». (Marlavagne, Art. du Rouergue.)

SALOMON DE CAUS. — V. CAUS (Salomon de).

SALVANH, SALVANTS ou SALVAING (An-

toine) était, vers i5[3, architecte de la cathédrale de Rodez- il avait alors trente-cinq ans. Il succéda très-probablement à Bernard Anthony, qui vivait encore en i5io, et il eut pour successeur son fils Jean. En 1614 il parut comme témoin, avec cette qualification « lapicida et magister operis fabrice ecclesie ruthenensis », dans un procès que les consuls et « ouvriers » de Villeneuve intentèrent contre François d'Étaing. (Marlavagne, Art. du Roiiergue.)

SALVANH, SALVANTS ou SALVAING (Jean),

fils du précédent. En i56i,(c Jean Salvaing, architecteur » et surintendant des réparations du château de Gages, reçut du cardinal d'Armagnac, évêque de Rodez, la somme de 600 livres, en plusieurs fois, pour être employée aux réparations dudit château. En i58o un Jean Salvanh, qui doit être le même, était qualifié « maistre de Tœuvre de l'église Notre- Dame de Rodez » , et travaillait à Téglise paroissiale de Castanet, en laquelle il avait promis de « volter la nef et y faire troys croysiers et deux arcs doubleaux ». (Marlavagne, ^r/^. du Rouer gue.)

SALVARD (Antoine).- V.DELMAS DE CRUE- JOULS.

SALVART (Jean, Jesson, Jenson ou Jehanson) fut nommé, le 1 3 mars 1 398, à l'office de « maître maçon » de la cathédrale de Rouen, vacant par la mort de Jean de Bayeux. Sa pension annuelle était de 16 livres tournois. En 1407, il remplaça la décoration du grand portail de cette église, qui menaçait ruine, par une ornementation plus riche, calculée de façon à harmoniser entre elles les parties si diverses de la façade. De 1409 à 1410, il fit exhausser d'un étage la tour Coquesart du château de Tancarville. Il substitua des fenêtres

à meneaux aux anciennes archières ou meurtrières des constructions du XIV^ siècle, ferma la tour à son sommet par une voûte destinée à porter une terrasse, et continua « la vuys » (Tescalier), qui fut couronnée d'un encorbellement. Le jour de la Saint-Michel 141 o, Salvart fit un voyage de Rouen à Tancarville, tant pour « esligner les créneaux de la Grosse Tour et iceux espasser et aussi pour esligner la derraine huisserie (la dernière porte) de la vuys d'icelle tour », que pour donner ses instructions aux ouvriers relativement aux clefs à faire entre les mâchicoulis. Il employa quatre jours à ce voyage, « tant alant, séjournant que retournant ». Le dernier jour d'avril 141 1, il faisait pour la voûte de la tour « neuf branches d'ogives et arc doublel pour miex fortiffier icelle voulte et soustenir la terrasse d'icelle tour » ^ En même temps qu'il travaillait à la tour Coquesart, Salvart reconstruisait « la maison ou chambre des chevaliers » du même château. Il fit jeter, en 141 o, les fondements de cet édifice, dont il avait donné les plans pour la maçonnerie. La charpente en avait été confiée à Jean Thomas. L'exécution des travaux fut adjugée à un maçon nommé Jehan Hormille, moyennant cinquantedeux sous six deniers par toise, et le marché en fut passé en présence de « maistre Robert de Hellebucerne , mestre des œuvres de la ville de Paris, et maistre Jensson Salvart, mestre des œuvres du comte de Tancarville ». En 1419, après que les Anglais se furent emparés de la Normandie, il fut chargé par Henri V de construire à Rouen, sous le nom de palais, un véritable château fort 2. En 1460, les chanoines de Rouen

1. Cette tour Coquesart, aujourd'hui en ruine, était encore habitable et habitée vers le milieu du dernier siècle.

2. Voici la lettre, scellée du sceau royal, par laquelle lui fut donné l'ordre de se mettre à l'œuvre : « Le roi à son cher Jehan Salvart. Sache que je t'ai mis à la tête d'autant d'ouvriers qu'il sera nécessaire

trouvant que les fenêtres supérieures du choeur de la cathédrale n'éclairaient pas suffisamment cette partie de Téglise, Salvart fut chargé de les remplacer par des ouvertures d'une plus grande dimension K La pension de Salvart, qui avait été fixée à i6 livres, lors de son admission à la maîtrise des travaux, fut réglée, en 1438, à 12 livres seulement 2, Salvart était alors « maistre juré des œuvres de maçonnerie de la ville » -, il conserva ces fonctions durant neuf années encore, mais le 21 septembre 1447 ^^ ^^^ donna pour successeur Jean

et opportun pour l'édification et la construction de certain palais à nous à édifier à neuf dans notre ville de Rouen, pour toi les arrêter et prendre et payer raisonnablement, ainsi qu'il pourra être convenu entre toi et les dits ouvriers. C'est pourquoi nous t'ordonnons que, sur ce qui est dit, tu avises avec diligence et fasses exécuter en la teneur dessus dite. Or nous donnons à tous et à chacun de nos hommes liges et sujets que cela interesse, par la teneur des présentes, le mandement formel que, pour l'exécution de la présente, ils te donnent attention, conseil et secours, ainsi qu'il convient. Témoin le roi, à son château de Vernon sur Seine, le 6^2 jour de mai (1419) ». Il ne reste plus rien aujourd'hui de ce château.

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