Mariette fixe la date de l'enterrement au 22 janvier
2. La bibliothèque de Versailles possède un très-beau volume de dessins originaux contenant un grand nombre de costumes de théâtre et de décorations, tous dessinés et peints de la main de Bérain. (Leroy, Rues de Versailles.)
BÉRANGER-CORNET. Il commença en .1258 la construction de l'église paroissiale de Najac, laquelle coûta 3 1,000 sous de Cahors. Cette église fut consacrée le 14 septembre 1 363. (Marlavagne, Art. du Rouergiie.)
BERAUD-CALHIER. Quoique charpentier, cet artiste était évidemment architecte. Il est d'ailleurs qualifié de « Maistre des œuvres es baromès de Montpellier et Homelas » dans un acte existant dans les archives de Montpellier. Depuis 1468 jusqu'à la fin du XVe siècle, il eut la direction d'un grand nombre d'ouvrages au pont Juvénal, à la Grande-Loge, à Notre-Dame-des-Tables, etc. En 1492 il fut chargé, avec plusieurs autres architectes, ses compatriotes, de visiter une des portes de Montpellier qui menaçait ruine et d'indiquer les travaux de consolidation à y entreprendre. (Renouvier et Ricard.)
BÉRENGER, évêque de Perpignan, alla voir l'église du Saint-Sépulcre pour en bâtir une semblable. {Gallia Christiana, t. VI.)
BÉRENGER. Il est mentionné ainsi qu'il suit dans un nécrologue du XIIIe siècle : « un Kal. novembris 1180, obiit Berengarius ecclesiae artifex bonus ». Est-ce à lui qu'on doit le porche occidental de la cathédrale de Chartres, élevé sous l'épiscopat de Guillaume de Champagne vers 11 70? Il est permis de le présumer. (L'abbé Bulteau, Cath. de Chartres.)
BERGERON (Antoine), « juré des massonneries du roy », prit part en 1660 à la direction des travaux du château de Vaulx -le- Vicomte, près Melun, appartenant au surintendant Fouquet. (Arch. de Vartfr.., t. XI.)
BERKHEIM (Jean Ameister de) était architecte de la ville de Strasbourg en 141 5 et exerça ces fonctions jusqu'en 1429. Il eut pour prédécesseur Jean de Bernheim,et pour successeur son fils. Son sceau montre deux marteaux posés en sautoir au-dessus de trois montagnes héraldiques, lesquelles indiquaient sans doute l'origine du maître ou de sa famille : de Berkeim (Berg, mont, montagne). Ce sceau portait pour légende cette inscription : S (Sigillum) Hans Ameister der murer (Sceau de Jean Ameister le Maçon). (Schnéegans, Maîtres d1 œuvres l.)
BERKHEIM (Jean Ameister de), fils du précédent, remplaça son père en 1429 dans les fonctions de maître des œuvres au chantier de la cathédrale de Strasbourg, et conserva ces fonctions jusqu'en 1466. L'écusson d1 Ameister fils diffère de celui de son père : au lieu de deux marteaux ou maillets, il en montre trois posés debout chacun sur les petits monts héraldiques, dont la disposition est aussi modifiée. (Schnéegans, Maîtres d' œuvres.)
BERNARD a bâti à Nancy les églises Saint-Roch et des Dames du Saint-Sacrement. (Lionnois.)
1. M. Schnéegans, en réunissant les matériaux d'une histoire de l'art et des artistes à Strasbourg, a eu la bonne fortune de découvrir une série de sceaux, d'écussons et de marques des anciens architectes de cette ville, et c'est au travail publié par lui dans les Annales archéologiques que j'emprunte les détails suivants : « Dans l'origine, dit le savant archéologue, les tailleurs de pierre et les maçons prenaient tout
simplement les armes de leur métier , mais, dès la seconde moitié
du XIVe siècle, il s'introduisit une première innovation consistant en ce que les maîtres ajoutaient parfois leurs armoiries de famille aux armes communes de leur tribu. Il s'ensuivit que les armes devinrent souvent parlantes, comme celles de l'architecte Ameister. »
BERNARD ( Pi ER r e : , ne à Cavaur, le 24 décembre 1761, élève de Frouard, obtint en 1782 le grand prix d'architecte sur « Un Palais de Justice ».
BERNARD (Anthony). En 1 5o2 il travaillait à la cathédrale de Rodez avec vingt ouvriers sous ses ordres. Il est qualifié ainsi dans un acte de cette époque : « Lapicida ac magister et gubernator dicti ediflcii ». On devait lui payer pendant un an, pour son entretien et celui de ses vingt ouvriers, 3o pipes de vin, 160 setiers de seigle, 10 setiers de froment, et, d'autre part, 180 livres tournois. En i5io, il dirigeait encore les travaux de cette cathédrale. ( Marlavagne , Art. du Rouer gue.)
BERNARD (Eugène). Il succéda en i55o à Pellevoisin comme architecte de la cathédrale de Bourges. (Girardot et Durand.)
BERNARD (Louis), religieux feuillant de la ville de Tours. 11 commença en j556, à Orléans, la construction de la chapelle du couvent de la Visitation. Cette chapelle a été détruite à l'époque de la révolution. (Buzonnière, Hist. ctOrl.)
BERNARD DE NANCY construisit les églises du collège des Feuillants et des Dames du Saint-Sacrement, de Nancy. [Biog. de V Ancienne Lorraine.)
BERNARD (Scipion). En i528, le 1 1 décembre, il fut adjoint à Martin Chambiges pour la direction des travaux du transsept de la cathédrale de Beauvais. [Bull, mon., t. X. Note de M. Woillez.)
BERNARD DE SOISSONS, l'un des architectes
de la cathédrale de Reims. Bernard fit plusieurs des voûtes de cette église et travailla à la grande rose du portail. (Tarbé, N.-D. de Reims.)
BERNARD DE WORMS fut maître des œuvres de la ville de Strasbourg entre i5io et i528. (Schnéegans, Maîtres et œuvres.)
BERNARDEAU (Jean), un des architectes de la cathédrale de Chartres, fit en 1 543 le maître-autel et le jubé l. Bernardeau décora la même année une des chapelles de la cathédrale, celle dédiée aujourd'hui à. Notre Dame des Sept Douleurs-, mais il ne reste plus rien de cette décoration. (L'abbé Bulteau.)
BERNEVAL (Alexandre de). En 1419, Henri II, roi d'Angleterre, voulant faire construire à Rouen un château, acheta le terrain sur lequel devait s'élever cette construction. Au nombre des architectes chargés d'estimer la valeur de ce terrain se trouvait Berneval. Vingt ans plus tard on trouve le même artiste à l'église Saint-Ouen, de la même ville. L'abbé Mardargent, mort en i33o,, avait laissé son église inachevée. Berneval reprit les travaux interrompus \ il éleva le portail méridional du transsept et fit la base de la tour centrale. Mais la mort vint encore interrompre l'œuvre commencée : Berneval mourut en 1440, ainsi que nous l'apprend sa tombe, placée dans la chapelle Saint- Agnès, de cette église, où se voit l'épitaphe suivante : « Ci gist maistre Alexandre de Berneval ,
1. Ces deux ouvrages furent détruits en 1793. Des bas-reliefs appartenant à ce jubé, recueillis d'abord pour le musée des Petits- Augustins, dont ils ont fait partie, sont aujourd'hui déposés dans les magasins de l'église abbatiale de Saint-Denis.
maistre des œuvres de machonnerie du roy nostre sire ou baillage de Rouen, et de ceste église, qui trespassa Tan de grâce mil ccccxi., le vc jour de Janvier. Priez Dieu pour Pâme de luy ». » (Deville, Observ. — Rep, des arch.)
BERNEVAL (Colin de), fils d'Alexandre et son successeur comme architecte de l'église Saint-Ouen, de Rouen. Colin fut, à la date du 23 janvier 1440 (huit jours après la mort de son père), chargé de consolider les quatre piliers et de faire les voûtes du transsept resté inachevé. C'est à lui qu'on
[. Cette belle tombe porte les effigies de deux architectes, l'un déjà vieux, l'autre encore jeune. Ils sont placés dans des niches surmontées de riches dais gothiques. La figure de gauche est celle d'Alexandre de Berneval, ainsi que le prouve l'inscription ci-dessus rapportée, et qui est gravée du même côté; quant à celle de droite, elle est restée sans épitaphe. Le Père Pommeraye, dans son Histoire de l'Abbaye de Saint- Ouen, a donné de cette double sépulture l'explication la plu s inattendue: selon lui, Berneval, à qui l'on doit la rose méridionale du transsept, aurait confié la conduite delà rose septentrionale à un de ses élèves, lequel, ayant eu plus de succès que son maître, aurait excité l'envie de ce dernier à un point tel qu'il aurait tué son élève. D'où il suit naturellement pour le P. Pommeraye que Berneval serait mort de la main du bourreau. Rien d'absolument impossible jusque-là; mais qu'ensuite les religieux de Saint-Ouen aient couché dans la même tombe, et dans une église, l'assassin et la victime, c'est ce que personne ne peut admettre. Au surplus, cette fable a fait son temps. Un document découvert il y a quelques années dans les archives de la Seine-Inférieure, et commenté par le savant professeur M. Jules Quicherat, explique d'une façon plus vraisemblable la présence du jeune compagnon dont la figure accompagne celle de Berneval : cette figure, on n'en peut pas douter, est celle de son fils Colin, qui lui succéda immédiatement et qui est le véritable auteur de cette fameuse rose du Nord, attribuée par le P. Pommeraye, dupe de quelque menteuse légende, à un élève quAlexandre eût sacrifié à sa féroce jalousie. (Quicherat, Doc. inédits.)
doit la rose du nord et le raccord des hautes fenêtres. (Quicherat, Doc. inédits.)
BERSER (Pierre) fut dei38o à 1 385 maître des œuvres de la ville de Strasbourg. Son sceau, qui a été conservé, porte, avec ses armes parlantes , cette légende : « 5 Pietri dicti Berser. » (Schnéegans, Maîtres d œuvres.)
BERTHAULT (Louis-Martin), né à Paris en 17711, se fit remarquer surtout par le goût qu'il déploya dans la composition des parcs et jardins anglais. Ce fut lui qui dessina et fit planter, pour l'impératrice Joséphine, ceux de la Matmaison. On lui doit aussi le château de Jouy-en-Josas, près Versailles, bâti pour Oberkampf \ les parcs de la Jonchère, près de Marly ; de Compiègne , de Pontchartrain , de Ruslay, de Saint-Leu, du Raincy, de Beauregard, d' Arminvilliers , de Condé, de Basville, et enfin ceux du fameux Château-Margaux. Il restaura les hôtels d'Osmond et Récamier, à Paris. Berthault conserva sous la Restauration ses fonctions d'architecte du château de Compiègne et des bâtiments de la Légion d'honneur, dont il avait été investi sous le premier empire. {Biog. univ. — Dussieux, Art.fr.)
BERTHIER (Jean-Baptiste), ingénieur géographe et architecte, donna les plans de l'hôtel de la Guerre à Versailles. Né à Tonnerre en 1721, il mourut en 1804. (Leroy, Rues de Versailles.)
BERTIN (Dominique), architecte parisien, a publié
1. Dussieux {Artistes fr. à V étranger) le fait naître en 1767, Gabet (Dict. des Art.) en 1783. La date donnée par la Biographie universelle m'ayant paru la plus probable, c'est celle que j'ai adoptée. ■ •
une traduction de Vitruve. Il vivait en 1 556 (Lacroix du Maine, Bibl. franc.)
BERTRAND DE DREUX. Il est mentionné comme maçon-juré du roi dans un mandat du 25 mars 1 678, relatif à une somme de 200 écus dont Henri III avait fait don à Thibaut Métezeau. (V. ce nom.) Il mourut cette même année. (Dussieux, Art.fr.)
BERTRAND (Jean). En i53i il fut chargé de construire trois chapelles adossées au collatéral de gauche de Téglise de Chaource (Aube). Ce travail, dont l'architecte Jean Lapro avait donné les plans, fut terminé en 1 538. (D'Arbois, Voy. paléogr.)
BERTRAND US. C'est le plus ancien « maistre de piera » connu de la ville de Montpellier. Son nom figure dans un état des censives de cette ville à la date de 1201. (Renouvier et Ricard.)
BERTY (Adolphe), né en 1818, mort en 1867, travailla longtemps à la Statistique de Paris, sous la direction de M. Abert Lenoir. Il fut l'un des collaborateurs de la grande « Histoire de Paris » que publie la préfecture de la Seine, et dont Tun des volumes parus : « Topographie historique du vieux Paris » , est tout entier son œuvre. Il a publié «Les Grands Architectes de la Renaissance » , « La Renaissance monumentale » et un « Dictionnaire de l'Architecture du moyen âge », Paris, Derache, 1845. (Rens. part.)
BESNOUARD (Guillaume), Pun des architectes de la ville de Tours au commencement du XVIe siècle. Dans un ancien compte finissant en 1 5 1 1 , il est mentionné plu-
sieurs fois ainsi qu'il suit : « A G. Besnouard et Macé Salmon, maistres des œuvres de maczonnerie et charpenterie de la dicte ville et autres ouvriers d'icelle, pour leur droit d'un mouton, ainsi qu'ilz ont accoustumé d'avoir deladicte ville par chacun an, le jour de l'Assumpcion Jésus-Chrit -, pour ce XXXV s. t. ». . « A Jean Fey... pour la disnée de nobles hommes maistre Jehan Fournies, notaire et secrétaire du roy nostre sire; Jehan Galocheau, esleu pour le dit seigneur en l'eslection de Tours, bourgeois et eschevins de la dicte ville; Thomas Jacob, per et conseiller d'icelle, les maire et esleuz appelez avec eux ; Guillaume Besnouard et Macé Salmon (qualifiés comme ci-dessus) et les quatre clercs d'icelle, après la Visitacion par eulx faicte aux grans ponts du dit Tours, sur la rivière de Loire, des réparacions qui estoient nécessaires à y faire, etc. LV 1. V. d. t. » D'autres visites ou inspections sont faites vers la même époque par cet artiste aux ponts de Saint- Éloy et de Saint-Sauveur; aux fossés « commencez à faire pour destourner les gérondes troublissans la fontaine, et délibérer la manière de garder de troublir et blanchir la dicte fontaine... » ; à des maisons situées dans le voisinage desdits fossés, afin de « veoir... s'il y aurait point de dangier et si besoing estoit de estaier les dictes maisons, etc. ». (Grandmaison.)
BETE AU fut architecte de Charles IV, duc de Lorraine. On lui doit l'église des Grandes-Carmélites, de Nancy, construite de 1 698 à 1 704, et dont la coupole a été peinte par Provençal. Il dirigea, « sur un dessin apporté de Rome », les travaux de la chapelle Notre- Dame-de-Mont-Carmel, de la même ville, dont la première pierre fut posée, le 26 mai 1699, par le prince et la princesse de Vaudemont. En 17 16 il reconstruisit, à Nancy, les bâtiments du monastère des Petites-Carmélites. (Ûurival. — Lionnois.)
BIARD (Nicolas)* Après la chute du pont Notre-Dame, en 1499, et lorsqu'il s'agit de le reconstruire, les magistrats municipaux consultèrent les maîtres d'œuvres les plus en renom et chargèrent Biard, qui était de Blois, Didier de Félin et André de Saint-Martin, de diriger les travaux du nouveau pont. Biard fut aussi l'un des architectes du cardinal d'Amboise : en i5o4 il se rendit de Blois à Gaillon pour visiter les travaux que le cardinal y faisait exécuter. Cette consultation lui fut payée soixante-dix sous, y compris ses frais de voyage. L'année suivante il fit à Gaillon deux autres visites, pour lesquelles il reçut, la première fois 18 livres 5 sous, la seconde fois 17 sous 6 deniers. En 1 5o6 il prenait part à la décoration de la chapelle du château K Le 14 septembre de la même année, il fut convoqué avec Guillaume Senault pour donner son avis sur l'achèvement de la tour de Beurre de la cathédrale de Rouen ; il s'agissait de savoir si cette tour s'amortirait en aiguille ou, selon le goût moderne, en couronne. Le 4 décembre
1 . Biard paraît n'avoir été, pour les travaux du château de Gaillon, qu'une sorte d'inspecteur général chargé d'un contrôle supérieur sur les ouvrages. A part ses voyages à Gaillon, dont l'importance d'ailleurs ne saurait être méconnue, on ne le voit pas prendre une part active aux travaux, encore moins s'en occuper d'une façon permanente, comme Pierre Fain, Pierre Delorme, Guillaume Senault, etc., qu'on trouve presque constamment sur le chantier. Toutefois l'intervention de Biard dans les travaux de la chapelle semble avoir été plus directe. On attribue à cet artiste un dessin paraissant se rapporter à la décoration de cette chapelle, et qui a été retrouvé dans les archives de Gaillon. Ce dessin, exécuté à la plume sur peau de vélin, appartient à M. Albert Lenoir; il est signé d'un B inscrit dans un triangle. On est d'autant plus fondé à voir dans cette lettre l'initiale du nom de l'artiste blésois que dans les Comptes il n'est fait mention d'aucun autre architecte dont le nom commence par un B. Ce dessin a été reproduit en fac-similé dans l'atlas joint à l'excellente publication de M. Deville sur les comptes du château de Gaillon.
de la même année, Biard était à Bourges, délibérant, avec plusieurs autres confrères, sur les mesures à prendre pour prévenir la chute de la tour du Nord de la cathédrale -, mais quelques jours plus tard cette tour s'affaissait sur elle-même. En 1 5o8 Biard fut chargé, avec Jean Cheneau, de la direction des travaux de la nouvelle tour. En 1 5 14 la tour ne s'élevait encore qu'à la corniche supérieure du portail- mais, à cette époque, Biard avait été remplacé. Nicolas Biard était né à Amboise en 1460. On possède, chose rare pour cette époque, quelques renseignements biographiques sur cet artiste*, ils sont extraits d'un procès-verbal d'enquête relatif à l'érection de la tour neuve de Bourges : « Colin Byart, depuis son jeune aige, a toujours esté meslé et entremis du faict de massonnerie, et entr'aultres a été à conduire le commencement des pons Notre-Dame, de Paris. Depuys fust appelle par le seigneur de Guyer (Gyé), mareschal de France, à veoir, faire et visiter quelqu'œuvres du chasteau de Verpré, et au chasteau d'Amboyse, et depuys au chasteau de Biois, qui sont choses somptueuses et de grant entreprise, et a toujours hanté et fréquenté plusieurs maistres expérimentés au dict mestier. » (Girardot et Durand. — Bull, arch., année 1843. Notice de M. de Girardot. — Deville, Compt. de Gaillon.)
BIART (Pierre), sculpteur et architecte du roi, né à Paris en 1 55g. Il existait au musée des Petits-Augustins, à Paris, un bas-relief de marbre blanc sculpté en l'honneur de cet artiste. Le sujet traité était un génie soutenant l'inscription suivante : « Cy gist Pierre Biart, en son vivant maître sculpteur et architecte, lequel, âgé de 5o ans, est trépassé le dixseptième jour de septembre 1609. Priez Dieu pour son âme. ' »
1 . Cette inscription était accompagnée des vers qui suivent :
Sculpteur, Peintre, Architecte, en mon vivant je fus, Digne, s'il en fut, d'un second Alexandre.
Sauvai [t. 1 er, p. 407) attribue à Biart le jubé de Saint-Étiennedu-Mont, à Paris, qu'il trouve « très-galant, quoiqu'un peu trop chargé d'ouvrage ». (Alex. Lenoir, Hist. des Arts en France.)
BICHEBIEN (Pierre), fut l'architecte de l'Hôtel de ville de Chartres, de l'ancien séminaire de Saint-Vincent et de quelques maisons situées dans le voisinage de la cathédrale. {Bull, monum., t. icr.)
BIENAIMÉ (Pierre-Théodore), naquit à Amiens le 1 1 janvier 1765, et vint à Paris en 1787 pour suivre les cours de l'Académie royale d'architecture. Il mérita le grand prix en 1 793, au moment où, par un décret de la Convention, toutes les académies allaient être supprimées : c'était jouer de malheur. A quelque temps de là, le gouvernement républicain ayant décidé qu'une colonne monumentale serait élevée au chef-lieu de chacun des départements, l'étude de ce monument fut demandée au concours, et, sur 800 projets envoyés, celui de Bienaimé fut jugé le meilleur ; quant à l'érection des colonnes départementales, il n'en fut plus question. Plus tard,
Paris fut mon berceau, ma paroisse, ma cendre,
Et le ciel mon esprit qui me l'avoit infus.
Le Démon de nature eut peur d'être confus,
Et, voyant mon ouvrage à sa gloire prétendre,
Il aborde la mort, il la force à me prendre :
« Volontiers, ce dit-elle, il n'est pas de refus. »
Elle me tira donc hors des geôles charnelles,
Pour être citoyen des voûtes éternelles,
Où le sang de Jésus me fît avoir un lieu.
Je travaillerois, las! selon mon ordinaire,
Si tout ce qui ressent l'inconstance lunaire
Ne me déplaisoit point, autant que me plaît Dieu.
Après avoir vu Rome, en France je revins,
Pour faire ma fortune aveque mon ouvrage ;
Mais son ingratitude abaisse mon courage :
Tout vient aux ignorans, rien aux hommes divins.
(Sauvai, t. I, p. 442. )
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. j3
sous le premier empire, il devint l'architecte de la princesse Élisa Bonaparte, et la suivit, en 1808, dans sa principauté de Lucques et de Piombino. Après avoir ordonné les travaux à faire pour l'installation de la princesse, il fut chargé par elle de parcourir ses Etats et de lui signaler les améliorations matérielles qui pourraient y être apportées. Déjà Bienaimé avait découvert une source d'eau minérale à capter, un établissement thermal à créer, des marais à dessécher, une mine d'alun à exploiter, etc., lorsque Napoléon donna à sa sœur le duché de Toscane. Il lui fallut tout quitter et suivre la princesse à Florence, où la nouvelle souveraine voulait faire restaurer et décorer à la française tout le palais Pitti. Mais un ordre de l'Empereur vint contrecarrer encore une fois lesprojets de la princesse et de son architecte. Bienaimé, fatigué de poursuivre en Italie la fortune sans jamais pouvoir l'atteindre, revint à Paris en 18 10. Le ministre de l'intérieur Fouché l'envoya alors à Montpellier pour reconstruire le Palais de Justice de cette ville : il y passa quatre mois à étudier ses plans • mais, au moment de commencer l'exécution des travaux, Montalivet, qui venait de succéder à Fouché, lui envoya l'ordre de tout suspendre et de revenir à Paris, où il lui promettait d'utiliser ses talents. En effet, il fut chargé, en 181 2, d'un des quatre « champs de repos » à établir aux portes de la capitale. 5oo,ooo francs étaient mis à sa disposition pour la réalisation de ce projet. Il pouvait croire enfin toucher le but, mais la campagne de Russie, cet autre grand cimetière, dévora les fonds que devait dépenser Bienaimé. Enfin on lui confia la restauration des Thermes antiques de la rue Saint- Jacques, à Paris , mais cette restauration resta, comme tant d'autres projets, sur le papier l. Il ne lui fut donné de mettre à exécu-
1 Cette notice dépasse peut-être un peu la mesure de l'artiste auquel elle est consacrée, mais il m'a paru curieux de suivre dans toutes les
tion que des travaux entrepris par des particuliers. En 1799 il refit la disposition et la décoration intérieure du théâtre Favart, occupé alors par les chanteurs italiens : il avait eu pour concurrents Poyet, Brongniard, Gclericr et de Wailly. Dans les premières années de l'Empire, il construisit au Valsous-Meudon une fontaine publique et une manufacture de faïence*, il lit à Carrières-sous-Bois la plantation d'un parc avec pavillons, glacière, fontaines, etc.; à Jouy l'agrandissement du château; à Neuilly un canal de 25o mètres de longueur sur 8 mètres de largeur, etc. Il mourut à Paris le 14 décembre 1826. [Biogr. des hom. célèbr. de la Somme. — Rens. part.)
phases de sa carrière cet artiste, que la malechance a poursuivi avec un acharnement peut-être sans exemple. Il est juste d'ailleurs que la postérité le venge de ce que la fortune n'a pas voulu faire pour lui. Bienaimé avait du talent, il l'a prouvé dans des concours où il eut pour compétiteurs des hommes comme Percier, Fontaine, Brongniart, de Vailly, etc., et où, néanmoins, il l'emporta par le mérite. Cependant il usa sa vie presque entière sans pouvoir donner des preuves effectives de son talent, et, par conséquent, sans en recueillir les fruits. J'ai sous les yeux une lettre de Bienaimé qui achève de peindre sa triste existence d'artiste. Cette lettre, qui est en même temps une autobiographie, est adressée au comte de Chabrol, préfet de la Seine, et porte la date du 21 février 1816. Bienaimé y expose au préfet qu'il est depuis cinq ans et plus sans emploi, sans travaux, et qu'après avoir fait le sacrifice d'une partie de ses effets pour donner du pain à ses enfants, il se trouve sans ressources. Puis il donne l'énumération des succès qu'il a obtenus dans les concours publics, des travaux qu'il a fait exécuter pour des particuliers. Il termine en disant : « Si M. le Préfet me trouve digne de sa confiance, s'il veut bien me confier quelques travaux ou me faire parvenir quelques secours, je lui devrai le salut et le bonheur de mes enfants. » N'est-ce pas navrant ? Eh bien, le pauvre Bienaimé n'était pas encore au bout de ses souffrances : cette place qu'il sollicitait en 1816, il l'attendit pendant sept ans. En 1823 seulement il obtint un emploi secondaire d'inspecteur des Bâtiments civils : il avait alors 58 ans!
BIENVENU (Lucas). Il construisit en 1545, à Fontenay-le-Comte, pour le sénéchal Michel Tiraqueau, un hôtel où le sénéchal avait réuni une nombreuse collection d'objets d'art et de curiosité. (B, Fillon, Poitou et Vendée.)
BIGNIER (Thomas). V. VÉGNIER (Thomas).
BILLAUDEL. En qualité d'intendant des bâtiments du roi, il habitait à Versailles l'ancien hôtel d'Alaigre, qui avait été occupé, de 1723 à 1726, par le célèbre financier Pâris- Duverney. En 1737, le roi, ayant accordé cet hôtel au marquis d'Antin, donna 5, 000 livres à Billaudel pour le dédommager. En 1741, il fut appelé au contrôle des bâtiments de Saint-Germain et de Compiègne, en remplacement d'Aubert, et, en 1756, il succéda à Soufflot comme contrôleur des travaux de Marly. Il fut admis à l'Académie d'architecture le 14 décembre 1734, et mourut en 1762. (Leroy, Rues de Versailles. — Rens. part.)
BILLAUDEL (Jean-René), fils du précédent, remporta, en 1754, le grand prix d'architecture. Il fut nommé, le 27 octobre 1762, « intendant et ordonnateur alternatif des bâtiments du château du Louvre, de l'hôtel de Bourbon, du palais des Tuileries, de la pompe du Pont-Neuf, du collège royal de l'Université de Paris et des châteaux de Vincennes, Madrid, Saint-Germain-en-Laye, Fontainebleau, Château- Thierry ; des sépultures royales de Saint-Denis et autres lieux » . Admis à l'Académie d'architecture le 14 février 1774, il mourut en 1786. [Rens. part.)
BILLION (Etienne), dit BOCHARD, l'un des architectes de l'église paroissiale de Bourg. Il voulut, le 19 janvier i537, se démettre de ces fonctions, motivant sa démission
sur ce qu'on lui imposait la charge du guet, bien que les architectes en fussent ordinairement exempts. Le conseil de ville Tayant exempté de cette corvée, il consentit à retirer sa démission. (Jules Baux, Mêm. hist. de la ville de Bourg de i33G à 1789.)
BISCHOF D'ALGESHEIM (Pierre), l'un des architectes de la cathédrale de Strasbourg au XIVe siècle. Le sceau de cet artiste a été conservé ; il porte la légende : Bischqf von Algesheim. (L. Schnéegans, Maîtres a" œuvres. )
BLAISE ou BLAIZOT (Jean) fut l'un des architectes de l'église Saint-Germain d'Argentan, laquelle fut construite sur remplacement d'une ancienne chapelle des Templiers, détruite en i3io. L'église Saint-Germain fut commencée en 14 10, mais il est peu probable que Biaise en ait été le premier architecte. En 1442, sous la domination anglaise, il fut payé à cet artiste 20 deniers « pour avoir donné avis comment il fallait faire le mur de la nef vers la rue ». On s'occupait alors de la reconstruction du bas -côté septentrional. (L'abbé Laurent.)
BLAIZOT (Jean). V. BLAISE (Jean).
BLANC (Bernard). En 1692 il reçut des honoraires comme architecte pour des travaux de réparations exécutés au Palais de Justice de Pau. (Arch. des Basses-Pyrénées.)
BLASSET (Nicolas)1, architecte et sculpteur. Il n'est
1. Dans une notice publiée par M. Dubois, chef de bureau à la mairie d'Amiens, je trouve l'acte de naissance de l'artiste amiennois;
guère connu que par ses ouvrages de sculpture, notamment les statues qui décorent la chapelle Saint-Sébastien de la cathédrale d'Amiens et le mausolée du chanoine Guillaume Lucas, dans la même église. C'est à ce mausolée qu'appartient le célèbre génie funèbre connu à Amiens sous le nom d'Ange pleureur. Blasset naquit à Amiens le 8 mai 1600, et mourut le 2 mars i65g. (Biog. des homm. céleb. de la Somme.)
BLONDEL (François), seigneur des Croisettes et de Gallardon, naquit à Ribemont,en Picardie, en 161 7 ou 16 18, fut reçu membre de l'Académie d'architecture en 1 67 1 , et nommé directeur de la même académie en 1672. Blondel mourut le 21 janvier 1686. Ce fut en quelque sorte par hasard qu'il devint architecte. Choisi par le secrétaire d'État de Loménie pour achever l'éducation de son fils et l'accompagner dans ses voyages, il partit en i652 avec le jeune comte de Brienne et parcourut avec lui une partie de l'Europe. En Italie, la vue des monuments de l'antiquité lui ayant inspiré un goût trèsprononcé pour l'architecture, il se livra à l'étude et à l'exercice de cet art. Il débuta, en i665, par la reconstruction du pont de Saintes, opération qu'il mena à bonne fin. En 1670 il fut chargé de reconstruire la porte Saint- Bernard, à Paris, laquelle fut démolie en 1792, et en 1672 il restaura la porte Saint- Antoine et décora le chœur et la chapelle de la Vierge
il est ainsi conçu : « Ville d'Amiens. — Paroisse Saint-Leu, mai 1600. — Le vme jour dudit mois, baptizé un fils nommé Nicolas, à Philippe Blassel, les pareins et mareinnes Adrien Voiturier, Pierre Salle et leurs femmes. » Mais il est probable que ce nom propre fut mal orthographié ou qu'il a été mal lu. Il existe un beau portrait de Blasset gravé par Lenfant en i658, où le nom du modèle, encore vivant à cette époque, se termine bien par un T, et non par un L. Voici, d'ailleurs, la légende inscrite en bas de la gravure : « Nicolaus Blasset, Atnbianensis, Architectus et Sculptor Regius.
de l'église Saint-Laurent, à Paris. On lui doit aussi l'hôtel de Rouillé, situé rue des Poulies. Mais l'œuvre capitale de Blondel, c'est Tare triomphal de la porte Saint-Denis. Il fit aussi exécuter d'importantes constructions pour l'arsenal de Rochefort. Blondel publia, en 1675, sous ce titre : « Cours d'architecture enseigné dans l'Académie royale » , les leçons qu'il avait faites à ses élèves. Cet ouvrage, publié d'abord en un volume in-folio, eut une seconde édition en deux volumes qui porte la date de 1698. Blondel, qui joignait à son mérite d'architecte des connaissances littéraires et scientifiques trèsremarquables, publia d'autres ouvrages, parmi lesquels on cite : une Comparaison de Pindare et d'Horace (1673), une Histoire du Calendrier romain (1682), des Notes sur l'Architecture de Savot (1684), un Cours deMathémathiques, pour le Dauphin (1 683), l'Art de jeter les Bombes et nouvelle manière de fortifier les Places (i685), Résolution des quatre principaux problèmes d'Architecture (1673). Louis XIV, voulant récompenser les talents d'ingénieur militaire dont il avait fait preuve dans quelques-unes de ces publications, le nomma maréchal des camps et armées du roi. (Biogr. univ. — Quatremère. — Piganiol.)
BLONDEL (François). Né à Rouen en i683,cet architecte, qu'aucun lien de parenté ne rattache au précédent, construisit à Rouen l'hôtel des Consuls, qui existe encore \ il fit à Paris la décoration du chœur et de la chapelle de la communion de l'église de Saint-Jean-en-Grève, le baldaquin de la chapelle de la Vierge de l'église Saint-Sauveur-, à Versailles, l'hôtel des Gardes-du-Corps-, à Genève, trois maisons de plaisance, au nombre desquelles se trouve probablement celle qui est connue sous le nom d'hôtel Buisson. Il eut la direction des fêtes des deux mariages du Dauphin, père de Louis XV, lesquelles fêtes ont été gravées en deux volumes in-folio. (Blondel, Cours
d'arch. — Beaurepaire, Archives. — Dussieux, Art. fr.)
BLONDEL (Jacques-François), neveu de François Blondel, naquit à Rouen le 8 janvier 1 705, et vint à Paris, où ii restaura, en 1732, l'hôtel d'Aumont, situé rue des Poulies. Il ouvrit ensuite à Paris, vers 1739, une école d'architecture qui eut une certaine célébrité. Admis à l'Académie royale d'architecture le i5 septembre 1756, il y occupa longtemps une chaire de professeur. Il fit dans la même ville une nouvelle décoration du chœur de l'église Saint-Gervais, et la même opération à l'église Saint-Jean-en-Grève. Il éleva sur un des flancs de cette église une chapelle des Catéchismes. En 1764 il construisit à Metz Phôtel du Parlement, le palais épiscopal, le portail de la cathédrale, les bâtiments et la chapelle de l'abbaye royale de Saint- Louis des Dames chanoinesses, une caserne, l'Hôtel de Ville, etc. Vers la même époque il fit le palais épiscopal de Cambrai. En 1768 il donna les plans d'un hôtel de ville pour Strasbourg , et construisit dans cette ville la nouvelle place d'Armes, une caserne, la salle de spectacle, la place Royale et plusieurs ponts de pierre. Il a construit aussi une fontaine dans le parc de Jouy-en-Josas. Indépendamment de ces édifices élevés par lui, Blondel a publié plusieurs ouvrages importants : i° « De la distribution des maisons de plaisance et de la décoration des édifices en général ». Paris, 173 7. 2 vol. gr. in-40. — 20 (f Architecture françoise, ou recueil des plans, élévations, coupes et profils des églises, maisons royales, palais et édifices les plus considérables de Paris, ainsi que des châteaux et maisons de plaisance situés aux environs de cette ville ou autres endroits de la France, etc. » Paris, Jombert, 1752, 1764 et 1756. In-fol., 4 vol., 600 pi. — 3° « De l'utilité de joindre à l'étude de l'architecture celle des sciences et des arts qui y sont relatifs. » (Extrait du 3e volume du Cours d'architecture.) Paris, Ve Desaint, 1771. — 40 « Cours d'archi-
8o DICTIONNAIRE
tecture civile. » y vol. in-8° '- Blondcl a donne aussi une édition de Vignole. Il mourut à Paris le 9 janvier 1 774. (Th. Lebreton, Biogr. normande. — Legrand et Landon, Descrip. de Paris, etc. — Berty, Topogr. — Hurtault et Magny.)
BLONDEL (Jean-Baptiste) fut le dernier rejeton de la famille des architectes de ce nom. Il construisit pour la ville de Paris, avec Delannoy, son confrère, le marché du Temple, et avec Lusson, vers 1 8 1 5, le marché Saint-Germain. Il publia en i8i5, sous le titre suivant, une monographie de ce dernier édifice : « Plan, coupe, élévation et détails du nouveau marché Saint-Germain, par Blondel et Lusson. » Paris, 18 j 6. Il mourut à Paris en mars 1825. {Rens. part.)
BLONDEL (Jean-François). Il fut admis à l'Académie royale d'architecture en 1728, et mourut à soixantequinze ans, le 9 octobre 1 756. {Rens. part.)
BLOUET (Guillaume-Abel) naquit à Passy (Seine) le 6 octobre 1795. Il entra en 1814a l'atelier de Jules Delespine, et fut admis peu de temps après à l'École académique d'architecture. Dès 181 7 il remportait le second grand prix sur un projet de « Conservatoire de musique », et en 1821 il mérita le grand prix de Rome sur « Un Palais de Justice pour le chef-lieu d'un département )>. En 1824, un archéologue de Vicence, le comte Vélo, ayant entrepris à ses frais des fouilles importantes dans les ruines des Thermes de Caracalla, à Rome, Blouet, qui était depuis trois ans à la villa Medicis, profita de cette bonne fortune pour faire de la restauration de ce monument le sujet de son quatrième envoi à l'Institut. Son
1. Les deux derniers volumes du texte de cet ouvrage et le troisième des planches sont de Patte.
travail, arrivé à Paris en 1826, mérita l'honneur d'être publié aux frais du Gouvernement. La même année Blouet, de retour à Paris, ouvrit un atelier qui fut la continuation de celui de Delespine, que la mort venait d'enlever à ses élèves. Au commencement de Tannée suivante il fut nommé architecte des Thermes de Julien, à Paris, et il construisit, dans le cimetière de Passy, le monument funéraire du curé de cette commune. En 1828 le Gouvernement, profitant de la présence de nos soldats en Morée, avait résolu d'envoyer une commission savante explorer les ruines de l'ancien Péloponèse. L'Institut, consulté sur le choix des personnes, désigna, entre autres savants ou artistes, Blouet, qui fut nommé directeur de la section d'architecture et de sculpture de l'expédition. La commission se mit en route au mois de février 1829, et au mois de mars i83o l'expédition scientifique de Morée rentrait en France chargée des trophées de ses pacifiques conquêtes I. Au mois de juillet i83i,
1. Il est impossible d'entrer ici dans les détails si intéressants de l'expédition scientifique dont il s'agit. Les résultats, d'ailleurs, en ont été, on le sait, réunis et mis au jour par Blouet dans le savant ouvrage qu'il publia aux frais du Gouvernement (Expédition scientifique en Morée). Toutefois, il est bon de rappeler ici l'importante découverte qui fut le résultat capital de cette expédition. Parmi les ruines de la plaine d'Olympie, qui toutes sont des constructions en briques qu'on peut avec certitude considérer comme postérieures à l'époque qui suivit l'invasion des Romains, il en est une que tous les voyageurs avaient désignée pour être d'origine grecque : c'est celle qui est située à peu de distance, au sud-ouest du mont Saturne. Pouqueville l'avait prise pour un temple de Junon ; Chandler y avait vu un chapiteau dorique, quand MM. Gell et Cokerell, les premiers, remarquèrent que certains fragments appartenant à cette ruine avaient la proportion convenable pour s'accorder avec les mesures que donne Pausanias du temple de Jupiter Olympien. Aussitôt arrivés à Olympie, Blouet et son collègue M. Dubois, le directeur de la section d'archéo-
Huyot venait de faire poser le socle de Panique de l'Arc de triomphe de l'Etoile, lorsqu'on lui donna Blouet pour successeur. Voulant respecter l'œuvre d'Huyot, il proposa à l'administration la continuation pure et simple du projet adopté, mais M. Thiers, alors ministre des travaux publics, décida que l'attique projeté serait modifié, en ce sens qu'on supprimerait les statues qui devaient le surmonter. Blouet remplaça ces figures par une galerie composée de têtes de Méduse réunies par un ornement courant formé de boucliers antiques, et il décora les pilastres de l'attique, dont la face était nue dans le projet d'Huyot '. Blouet fît en outre exécuter, sur ses dessins, l'imposte du grand arc, le soubassement, le pavage et le ravalement général. C'est aussi sous sa direction que furent com-
logie de l'expédition, s'établirent au milieu de ces vieux restes et s'y livrèrent aux plus sérieuses recherches. Tandis que M. Dubois dégageait la face antérieure du monument, Blouet fouillait à la face postérieure et faisait chaque jour et à chaque instant de nouvelles découvertes, lesquelles devinrent bientôt autant de preuves irrécusables que cette ruine était bien réellement celle du fameux temple de Jupiter décrit par Pausanias dans son « Vovage historique en Grèce ». L'importance de ce résultat fut proclamée solennellement par Raoul Rochette, dans un rapport qu'il fit à ce sujet à l'Académie des Beaux-Arts. « Cette expédition, dit-il, n'eût-elle produit que la découverte du temple de Jupiter Olympien et la possession de quelques fragments des sculptures qui le décoraient, ce serait déjà un résultat si précieux que l'Institut pourrait, après y avoir contribué de plus d'une manière, s'en féliciter à plus d'un titre. »
i. Cet attique, qui appartient en propre à Blouet, est, sans contredit, la partie la mieux étudiée du monument. Un autre travail fort important fut commencé par lui, mais non achevé : c'est la décoration des immenses parois de la grande salle de l'attique, laquelle décora tion consistait principalement en une peinture à fresque représentant la France distribuant des couronnes aux vainqueurs. Ce travail était en cours d'exécution en 1834, lorsqu'un ordre supérieur vint en prescrire la suppression.
posés et exécutés les travaux de sculpture statuaire et les inscriptions qui jouent un si grand rôle dans l'ensemble de l'édifice. En i836, l'Arc était entièrement terminé. Blouet, plus heureux que ses prédécesseurs, Chalgrin, Raymond, Goust et Huyot, put voir l'achèvement de son oeuvre et assister à son inauguration, qui eut lieu pour l'anniversaire de la révolution de Juillet. Vers la fin de la même année, un nouveau sujet d'étude vint s'offrir à Blouet. La réforme pénitentiaire avait été mise à l'ordre du jour par les travaux de MM. de Beaumont et de Tocqueville sur les pénitenciers américains, et le Gouvernement, avant de prendre une détermination quelconque, voulut se renseigner sur les moyens pratiques d'introduire cette réforme en France. Blouet comme architecte, et M. Demetz comme magistrat, furent chargés d'aller aux États-Unis recueillir les notions propres à faciliter en France l'établissement de nouveaux pénitenciers. Après un séjour de quatre mois en Amérique, Blouet et M. Demetz rentrèrent en France, munis d'une abondante récolte de matériaux de toute nature dont le résumé fut publié par le ministère de l'intérieur r. En 1837, 1 838 et 1839, Blouet fut chargé de la décoration des fêtes de Juillet. Il entra la même année au Conseil des Bâtiments civils comme membre honoraire. On lui doit plusieurs monuments funéraires exécutés au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, et notamment ceux du marquis de Saint-Thomas (1837), de Bellini (1839), de la famille Seurre (1840), de Casimir Delavigne ((845), de la famille Lenglet (1849), de la famille Delpech (i852). En 1840 il fournit les plans et dirigea les travaux des bâtiments de la colonie de
1. « Rapport à M. le comte de Montalivet, ministre de l'intérieur, sur les pénitenciers des États-Unis, par M M. Demetz, conseillera la Cour royale, et Blouet, architecte du gouvernement.» Paris, Imp. roy. 1837. In-fol. de 65 feuilles et 14 planches.
Mettray, dont il fut l'un des fondateurs. Il fut élu professeur de théorie de l'architecture à l'Académie des Beaux-Arts en 1846, en remplacement de Baltard père. Il publia en 1847 un supplément à Y Art de bâtir ■, de Rondelet. Enfin, en 1848, Blouet ayant été nommé architecte du château de Fontainebleau, il exécuta dans cette résidence souveraine des travaux importants, dont les principaux furent la restauration de la façade sur la cour du Cheval-Blanc; la décoration des pièces donnant sur cette façade, celle de la bibliothèque au-dessous de la galerie de François Ier et du grand escalier y conduisant ; le déblai de la façade des anciens Bains ; la restauration du pavillon de Sully, celle de la galerie de François Ier; l'embellissement des parterres et jardins, etc. Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1834, il fut élu en 1837 membre de l'Institut des architectes britanniques, en 1842 membre du jury d'architecture à l'École des Beaux-Arts, en 1844 (et successivement réélu jusqu'à sa mort) président de la Société centrale des Architectes, en i85o membre de l'Institut. Il mourut le 1 7 mai 1 853. Une de ses dernières pensées avait été de doter T École des Beaux- Arts d'une rente annuelle et perpétuelle de mille francs, destinée à récompenser chaque année l'élève architecte qui obtiendrait la grande médaille d'émulation, dite « prix départemental ». Cette généreuse pensée fut recueillie pieusement par sa veuve : elle s'est chargée de remplir le vœu formé par l'homme honorable qui lui avait donné son nom. (Ad. Lance, Abel Blouet, sa vie et ses travaux.)
BOCQUET (Robert). En 1609, Maître Jacques Daubeuf, tabellion, rédigeait un marché passé entre « Robert Bocquet masson, les gentilhommes, paroissiens et thésauriers », pour façonner et monter la pierre nécessaire à la construction de la tour d'Ipreville-Biville, près Fécamp. (L'abbé Cochet, Les Eglises.)
BODIN (Jean-François), architecte, puis receveur des finances, puis député, naquit à Angers le 26 septembre 1766. En 1796, un concours ayant été ouvert pour l'étude des plans d'un monument à élever à l'armée française, il envoya un projet d'arc triomphal destiné au rond-point de l1 Étoile, à Paris. Il a publié les ouvrages suivants : i° en 1812-1816: « Recherches sur la ville de Saumur », 2 vol. in-8°; 20 en 1821- 1823 : « Recherches historiques sur l'Anjou et ses monuments », 2 vol. in-8°. Bodin mourut en 1829. (Biogr. iiniv.)
BODT (Jean de), élève du premier Fr. Blondel. Né à Paris en 1 670, obligé de s'expatrier après la révocation de l'Edit de Nantes, il se réfugia en Hollande, où il fut favorablement accueilli par Guillaume d'Orange. Il suivit le prince devenu roi d'Angleterre et prit part à la construction de Whitehall, à Londres. Appelé à Berlin en 1702, après la mort de Guillaume III, par Frédéric Ier, il fut chargé de continuer l'arsenal, dont la construction avait été commencée par l'architecte prussien Nehring. Il éleva en outre dans cette ville plusieurs édifices privés et donna les plans de l'hôtel des Invalides et des Ecuries royales. Il a travaillé au château de Potsdam et élevé le portail avec coupole qui fait face au marché. Frédéric-Guillaume éleva de Bodt au grade de général-major et le chargea de construire les fortifications de Wesel. Etant passé , en 1732, au service de l'Électeur de Saxe Auguste II, il construisit à Dresde les casernes et le portail du palais de Hollande. On lui doit aussi la décoration du pont de la même ville. De Bodt mourut à Dresde le 2 janvier 1745. [Rens. part. — Dussieux, Art.fr.)
BOFFRAND (Germain). Né à Nantes le 7 mai 1667, Boffrand était fils d'un sculpteur, et neveu, par sa mère, du poè'te Quinault. Il vint à Paris à l'âge de quatorze ans, y étudia l'ar-
chitecture et la sculpture, et gagna la confiance d'Hardouin Mansart par un dessin en perspective du château de Saint- Germain-en-Laye. Il suivit en i685 les travaux de l'Orangerie de Versailles, et, peu de temps après, la construction des édifices de la place Vendôme, à Paris. Il obtint ensuite la « commission du bureau des dessins des bâtiments du roi » avec un traitement de 2,5qo livres. En 1706 il décora les appartements de rhôtel de Soubise. Il fut admis en 1 709 à l'Académie royale d'architecture. Vers la même époque, la princesse de Condé le chargea des réparations qu'elle fit faire au palais du Petit-Bourbon. En 171 1 il fit exécuter des travaux d'embellissement dans l'hôtel de Broglie. Il succéda en 1728 à deLespine comme architecte de l'hôpital général de Paris et construisit en 1747, pour cette administration, l'hospice des Enfants-Trouvés, situé sur le parvis Notre-Dame, en face du portail de la cathédrale. Il reconstruisit en 1718 une partie des bâtiments de l'Arsenal. De 1733 à 1735 il fit le fameux puits de Bicêtre. Parmi les nombreux travaux exécutés à Paris par Boffrand, il faut citer particulièrement la décoration de la grande chambre du Palais de Justice, les hôtels de Guerchy et de Seignelay, rue de Grenelle; des embellissements à l'hôtel de Mesme, rue Sainte-Avoye, dans lequel, plus tard, Law établit les bureaux de sa Banque générale; l'hôtel de Montmorency, l'hôtel de Duras, l'hôtel de Voyer, rue des Bons-Enfants; en 1709, de grands changements dans l'hôtel d'Ormesson , rue Saint- Antoine ; l'hôtel de Torcy et celui de Seignelay, tous deux situés rue de Verneuil; l'hôtel de Tingry, la porte de l'hôtel de Villars; l'hôtel de Brissac, rue de Grenelle-Saint-Germain ; l'hôtel Amelot; une restauration de l'hôtel de la Première Présidence, occupé aujourd'hui par la Préfecture de police; la maison du peintre Lebrun, rue des Fossés-Saint-Victor; celle d'un M. de Mataran; la maison du prince de Rohan,à Saint-Ouen, près Paris; la restauration de la chapelle de l'église du Saint-
Esprit (1746)*, le portail de l'église de la Merci-, de grandes réparations à l'hôtel du Petit-Bourbon, pour la princesse Palatine; de nouveaux embellissements à l'hôtel de Broglie, devenu la propriété de Poulin de Beaumont; la chapelle de Noailles, à Notre-Dame; la rose méridionale dutranssept1 et la porte du cloître de cette cathédrale, etc. Il construisit encore : près de Melun, le château de Boissette -, à Sens, le pont en grès piqué jeté sur un des bras de l'Yonne -, à Montereau, un pont en bois -, à Dijon, le piédestal et la balustrade d'entourage de la statue équestre de Louis XIV. Boffrand travailla aussi pour l'étranger. Il donna les plans du palais de Bouchefort, près Bruxelles -, mais la" construction de cet édifice , élevé déjà jusqu'au premier étage, fut interrompue en 1 706 par la bataille de Ramillies. Il fut aussi l'architecte de l'Électeur de Bavière Maximilien-Emmanuel et de plusieurs autres souverains d'Allemagne. On cite également, parmi les oeuvres exécutées par lui dans ces contrées, le palais épiscopal de Wurtzbourg, en Franconie, et une belle fontaine ornant les jardins du château de la Favorite, près Mayence. Nommé en 1 766 premier architecte du duc de Lorraine Léopold, il éleva pour ce prince ou pour ses sujets de nombreux édifices. Les plus remarquables sont: à Nancy le Palais-Neuf, l'église primatiale, aujourd'hui la cathédrale; l'hôtel de Craon, aujourd'hui de la Cour im-
r. Une inscription commémorative de ce travail existe encore aujourd'hui dans le bureau de M. Viollet-le-Duc, architecte de la cathédrale de Paris. Cette inscription est gravée sur une plaque de cuivre de 0.22 sur 0.14; en voici le texte : « La première pierre de la Rose a été posée par Son Eminence Monseigneur le Cardinal de Noailles, archevêque de Paris, Duc de S. Cloud, Pair de France, commandeur de l'ordre du S. Esprit, proviseur de Sorbonne, supérieur de la maison de Navarre. Elle a été construite de ses propres deniers du règne de Louis XV, l'an 1727. Ladite Rose conduite par Claude Penel, appareilleur, le quel offre son labeur à Dieu. »
périale ; l'hôtel de Curel, l'hôtel Ferrari (rue du Haut- Bourgeois), l'hôtel de Vitrimont, l'hôtel de Lupcourt (rue Saint- Dizier), l'hôtel de Custines (place des Dames), l'hôtel de la Monnaie. A Lunéville il faut citer le Château, le pavillon du Trèfle, dans les bosquets de ce château; le palais du prince Charles, l'église abbatiale de Saint-Remy, aujourd'hui paroisse Saint-Jacques-, l'hôtel de la Gendarmerie, l'hôtel de Craon; puis encore le château de la Malgrange, près Nancy, le château d'Haroué, appartenant aujourd'hui au prince de Beauvau-, le château de Croismare ou Craon; l'abbaye d'Autrai, près Ramberviller. On lui attribue le château de Bugnéville, dans les Vosges, et le château de Saint-Léopold, près de Lunéville. Boffrand a publié : i ° « Description de ce qui a été pratiqué pour fondre en bronze d'un seul jet la figure équestre de Louis XIV, élevée par la ville de Paris sur la place de Louisle-Grand, en 1699. » Paris, 1 745. — 20 « Livre d'architecture, contenant les principes généraux de cet art et les plans, élévations et profils de quelques-uns des bâtiments faits en France et dans les pays étrangers (en français et en latin). » Paris, 174b. In-fol. fig. » On lui attribue aussi une Vie de Quinault, son oncle, placée en tête du Théâtre de ce poète et signée Bo***. Paris, 1 795 x . Boffrand mourut à Paris, âgé de quatre-vingt-sept ans, le 18 mars 1754. (G. Brice, Descrip.
1. Cette conjecture semble d'autant mieux fondée que Boffrand, neveu de Quinault, avait composé plusieurs pièces qui furent représentées à la comédie italienne et imprimées dans le recueil de Gherardi. Dans cette Vie de Quinault, il prend chaudement la défense de son oncle contre ses nombreux critiques. « Il expose ensuite, dit M. Morey, l'origine de l'opéra, d'abord en Italie, puis en France. Il se plaît à décrire les machines et les décors de la scène ; il cite les artistes qui y ont contribué, comme Balthazar Peruzzi, qui excella dans la proportion. Rien n'échappe à ses observations; il montre une connaissance parfaite du théâtre, des auteurs et des artistes de son
de Paris. — Blondel, Cours iïarch. — Courtépée. — Dargenville. — Piganiol. — Dussieux, Art.fr. — P. Morey, Not. sur Bqffrand.)
BOIILIVIIS, architecte provençal, construisit à Marseille Péglise de Maguelonne, qu'il acheva en 1 178, ainsi que l'indique une inscription qu'on lisait encore à la fin du XVIIe siècle sur une des façades de cet édifice. (Félibien, Recueil hist.)
BOILLOT (Joseph), né à Langres en i56o, fut employé par Henri IV en qualité d'ingénieur. On ignore la date de sa mort, mais il vivait encore en i6o3. On a de lui : « Nouveaux portraits de Termes, pour user en l'architecture, composé et enrichi de divinités et d'animaux représentés au vrai selon l'antipathie et contrariété naturelle d'iceulx. » Langres, sans date. (In-folio de 60 feuilles non chiffrées.) Ce volume est dédié au duc de Nevers par une épître datée du Ier janvier 1592. {Rens. part.)
BOLDÈRE ou BOLDOTRE (Pierre), « maistre architecte et maçon », succéda à Pierre de Beaujeu comme architecte de la cathédrale d'Auch. Il exerçait ces fonctions en 1.S73. (P. Lafforgue, Art. en Gasc.)
BOLDOYTRE (Méric)1. Les travaux de la cathédrale
temps. » Je me contente de citer ce passage de la Notice sur Boffrand, dont M. Morey est l'auteur, mais il faudrait pouvoir reproduire in extenso l'excellent travail publié par notre confrère sur le grand artiste nantais. La chose n'étant pas possible, je renvoie respectueument le lecteur à la brochure de M. Morey.
1. Evidemment ce Boldoytre et le Boldotre précédent sont proches parents. C'est le même nom orthographié de deux façons si peu dif-
cTAuch étaient dirigés par lui en 1 536. Dans les comptes des consuls de cette ville il est qualifié de « mestre de lobro ». Il fut à la même époque choisi comme expert pour la vérification de travaux que la commune faisait exécuter à la porte de la Treille. Les consuls lui offrirent à cette occasion une collation composée de pain et de vin blanc. En 1 547, Boldoytre était mort ou avait été remplacé par Jean de Beaujeu. (Lafforgue, Art. en Gasc.)
BOLOGNE (Jean de), architecte et statuaire douaisien. On a découvert récemment, dans les papiers de la famille Franqueville, de Douai, une pièce originale par laquelle Rodolphe II, empereur d'Autriche, octroie des lettres de noblesse à cet artiste. Cette pièce, contenant un dessin colorié et la description des armes de Jean de Bologne, est datée de la citadelle de Prague, en 1 588. (Rens. part.)
BOMMART (Philippe- Alexandre-Louis), né à Douai le 25 octobre 1750, mort le 3o décembre 1818. On lui doit la construction de plusieurs édifices dans sa ville natale, notamment la grande salle de l'Hôtel de ville, la restauration de la salle de spectacle, la décoration de plusieurs places publiques. (H. Duthillœul, Galerie douaisienne.)
BON (Jean). Ces mots : « joannes bonus », sont gravés sur un des murs de l'église Saint-Trophime, à Arles.
BON AVENTURE (Nicolas) vivait à la fin du XVIe siècle. 11 a fait l'une des trois fenêtres du fond du chœur de la
férentes qu'il n'y a pas même lieu d'en tenir compte. Pierre est certainement le fils de Méric.
cathédrale de Milan, celle du milieu. (Fr. Piroveno, Milano, nuova descri\ione.)
BONAVENTURE (Philippe). En i 388 il fut appelé à Milan pour diriger les travaux du fameux Dôme. La permission de sortir de France pour se rendre en Italie lui fut accordée le 8 juin 1389, et pendant huit ans il fut l'architecte de la cathédrale. (Giulini, Memorie spettanti alla storia di Milano.)
BONCOURT obtint le grand prix d'architecture en 1 724, sur ce sujet de concours : « Maître-autel pour une cathédrale. » (Rens. part.)
BON FIN. En 1756 il fut chargé de construire le théâtre de la porte Dauphine, à Bordeaux. Il devint, en 1773, contrôleur des travaux du Grand-Théâtre de la même ville, dont Louis était l'architecte en chef. En 1778 il construisit aussi le « château royal » de Bordeaux, qui était destiné à la résidence de l'archevêque prince de Rohan-Guéménée. Ce château devint, pendant la Terreur, le siège du tribunal révolutionnaire, et en 1808 Napoléon Ier en fit un palais impérial. Associé à Etienne, il a construit la mairie de Bordeaux. En 1 8o3 il couvrit la cour de la Bourse de la même ville. (Detchéverry, Théât. de Bordeaux.)
BONIFACE (Pierre). Eni388 il était l'un des maîtres d'oeuvres de la cathédrale de Limoges et avait pour collaborateur Jean Damnand. Son salaire était de 3 sous 4 deniers par jour. Boniface avait succédé à Jean Placen. (L'abbé Arbellot, Cathêd.)
BONNARD (Jacques-Charles), né à Paris le
3o juin 1765, élève de Renard et de Watelet, remporta le grand prix d'architecture en 1 788, sur ce sujet de concours : « un Trésor public ». Il était à Rome lorsque, Louis XVI ayant été ramené de Versailles à Paris, Renard fut chargé de restaurer le palais des Tuileries pour le rendre habitable. Sur la demande de ce dernier, Bonnard revint en hâte à Paris pour seconder son maître. Mais les événements, en précipitant la chute de la monarchie, ajournèrent forcément l'exécution de ces travaux, et Bonnard passa en Angleterre. De retour en France, il prit part au concours ouvert pour l'étude des plans d'un palais à élever sur le quai d'Orsay, pour le ministère des affaires étrangères. Son projet ayant été jugé le meilleur, il fut chargé de la construction de l'édifice ; mais les travaux, souvent interrompus, furent abandonnés en 18 14, pour n'être repris et achevés que sous le règne de Louis-Philippe, par Lacornée, l'un des élèves de Bonnard. Après le retour des Bourbons, il fut nommé en 1816, par Louis XVIII, membre de la nouvelle Académie des Beaux- Arts, et devint architecte des bâtiments de la régie des Droits-réunis. Il était à Bordeaux, où il avait été envoyé par cette administration, lorsqu'il mourut, le 29 octobre 1818. (Quatremère, Not. hist.)
BONNARD (Jean). Dans le registre de l'Épargne du roi Charles IX, année 1572, conservé aux Archives nationales, on lit cet article : « A Jehan Bonnard, architecte dud. Seig1', 100 liures en considération de ses seruices journaliers. 3o nouembre. » (Jal, Dict. cri t.)
BONNAVAINE (Nicolas) reçut en 1377 des honoraires en sa qualité de maître des œuvres du duc de Bourgogne Philippe le Hardi. [Juv. Somm., Côte-d'Or.)
BONNE-AME (Guillaume). Lanfranc, religieux de
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. g3
l'abbaye aux Hommes, de Caen, ayant été nommé archevêque deCantorbéry en 1070, chargea Bonne-Ame, son successeur, de terminer la construction de l'église de ce monastère, quïl avait commencée. (Charma, Lanfranc.)
BONN EAU fut, avec Convers, l'architecte de l'église Saint-Louis-du-Lou vre .
BONNELAIRE (Nicolas) était en 1377 maître des œuvres de maçonnerie du duc de Bourgogne, à Dijon. (Delaborde, Ducs de Bourg.)
BONNET construisit sous Louis XVI l'hôtel de Boufflers, sis à Paris, rue de Choiseul, à l'angle du boulevard. (Thiery).
BONNEUIL (Etienne de). Vers la fin du XIIIe siècle, il fut appelé à Upsal pour y bâtir l'église de la Trinité, sur le modèle de Notre-Dame de Paris. Il partit de Paris avec dix compagnons pour Upsal, en 1287. (Émeric David, Hist. de la sculpt. — Glarac, Musée de sculp.)
BONNEVIE (Éloi- Joseph), né à Mont-Louis, près Paris, en 1783, élève de Jules Delespine. Il a construit sous le premier empire, à Bruxelles, le grand Manège, et avec Damesme les prisons et le Théâtre-Royal de cette ville l. (Gabet.)
BORDEUSE (Austin de). Il construisit, vers le milieu du XVIIe siècle, un des monuments les plus considérables de
1. C'est à tort que Gabet attribue à Bonnevie le grand prix d'architecture de 181 5, qui fut remporté, cette année-là, par Provost. Bonnevie, d'ailleurs, n'a jamais obtenu cette haute récompense.
l'Indoustan, le tadj-Mahel, mausolée élevé près d'Agra par les ordres du shah Jehan, empereur du Mogol, à la mémoire de sa femme Noor Jehan. Ce monument, qui occupa 20,000 ouvriers pendant vingt-deux ans, coûta quatre-vingt millions de francs environ. (H. Stocqueler.)
BORE (Jean). Sur un des murs de l'église de Saint- Même (Charente), on lit l'épitaphe suivante, inscrite dans un encadrement ogival surmonté d'une croix : ici gist le