CORPS DE JEAN BORE MAISTRE ARCHITECTE QVI DECEDDA LE
v octob. 1720. On présume que cet artiste avait restauré l'édifice dont il s'agit. (L'abbé Michon, Statist. de la Charente.)
BORGONHON (Mondon). On trouve son nom dans les archives de Montpellier de 148 1 à i5oi. Il travailla dans cette ville au portail des Carmes, au pont des Augustins et à 'église Notre-Dame-des-Tables. (Renouvier et Ricard.)
BORGONHON (Pierre), probablement frère du précédent. En 1478, en 1491 et les années suivantes, il dirigea à Montpellier les travaux exécutés à Notre-Dame-des-Tables, aux tours et aux portes de l'enceinte de la ville, à des hôpitaux et à des fontaines publiques. Ses travaux de Notre-Dame-des- Tables furent principalement des chapelles, des autels, un tabernacle et des travaux de restauration. (Renouvier et Ricard.)
BOSC (Jaume), dit BOSQUET. En 1455, dans une expertise relative à la vis de l'église Notre-Dame-des-Tables, à Montpellier, où Bosc figure avec Guilheminot, il prend le titre de lieutenant du maître des œuvres. Cette même année il répara la contre-escarpe des fossés, trois arcs et les merlets du
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mur de la ville. En 1470 et 1473 il fut employé aux travaux du pont Juvénal. Il fit en 1478 d'autres réparations aux fortifications, et travailla à Notre- Dame-des-Tables pour changer le maître-autel et réparer la chapelle majeure de cette église. (Renouvier et Ricard.)
BOSC (Jean), dit BOSQUET, construisit en i38o la flèche du clocher de l'église Notre-Dame-des-Tables, à Montpellier, laquelle fut détruite par la foudre en 141 2 et reconstruite par le même artiste. En 1397 il fut consulté sur la reconstruction de la tour du palais de la même ville. (Renouvier et Ricard.)
BOSERY construisit à Paris, en 1726, la porte du marché de Bussy, et, en 1738, la chapelle du collège des Lombards, rue des Carmes, en même temps qu'il restaura l'ensemble des bâtiments de ce monastère. Il fut aussi l'architecte du château de Brunoy. (Piganiol.)
BOUCHARDON (Edme), architecte et sculpteur,né à Chaumont en 1698, mort à Paris en 1762. Il obtint le grand prix de sculpture en 1722 et partit pour Rome, où il séjourna dix ans. En 1739 il construisit sur ses dessins la fontaine de la rue de Grenelle-Saint-Germain, à Paris. [Recueil ?7iss.)
BOUC H ET (Jules -Frédéric) naquit à Paris le 3o octobre 1799. En 1822 il obtint le second grand prix d'architecture, et en 1824 le prix départemental. Il partit en 1825 pour l'Italie et y séjourna trois ans. De retour à Paris, il fut, en 1829, sur la demande de Visconti, nommé inspecteur des travaux de reconstruction de la Bibliothèque royale. En 1 834, les mêmes fonctions lui furent confiées pour la restauration des bâtiments de la Cour de cassation. De 1842
à 1 853, il fut attaché en qualité de premier inspecteur au Tombeau de Napoléon Ier, et il succéda à Visconti comme architecte en chef de ce monument, lequel d'ailleurs était alors à peu près achevé. Bouchet s'est surtout distingué comme dessinateur et comme graveur. Les ouvrages qu'il a laissés font le plus grand honneur à son talent- le premier en date est de 1837, et a pour titre : « la Villa Pia des Jardins du Vatican », le chefd'œuvre de l'architecte Pirro Ligorio. Il exposa au Salon de 1 849 ses « Essais de restaurations », huit beaux dessins qui lui valurent une médaille d'or • . Ces dessins se retrouvent, gravés]de la main même de Bouchet, dans les « Compositions antiques » qu'il publia en 1 85 1 . On doit aussi à cet artiste une restitution de la maison de Pline, le « Laurentin », travail qui fut exposé au Salon de i852 et gravé l'année suivante. Enfin, Bouchet ayant été nommé chef des travaux graphiques à l'École centrale des Arts et Manufactures, il composa pour ses élèves deux traités élémentaires, l'un de dessin linéaire, l'autre intitulé : « Perspective des ombres ». Il mourut à Paris le 16 janvier 1860. (Ad. Lance, J. Bouchet, not. sur sa vie et ses travaux.)
1. Les dessins de Bouchet exécutés antérieurement à cette époque, et notamment ceux qui appartiennent au musée de Compiègne, se rattachaient trop par leur style à l'école de Percier pour être appréciés par tout le monde à leur vraie valeur. Au contraire, les Essais de restaurations constituaient une nouvelle manière où la personnalité de l'artiste, dégagée de certaines entraves, se montrait sous le jour le plus séduisant. Personne n'a oublié ces œuvres charmantes; c'était la réalisation d'autant de beaux rêves comme les pouvait concevoir l'imagination d'un homme qui avait passé sa vie dans la contemplation des monuments de l'antiquité. Ces dessins, composés avec le plus grand art, étaient exécutés à l'aquarelle, mais avec une sobriété de tons, une suavité de coloris, quelque chose de si exquisement vaporeux dans l'effet général, que ces ravissantes images, bien qu'idéalisées par le sentiment poétique de l'artiste, semblaient de réelles invocations du passé lointain qui les avait inspirées.
BOUDROT (Gérard) acheva, de 1634 à i635, la tour neuve de la cathédrale de Troyes. (Vallet de V., Archives. )
BOUE (Jean -Joseph), élève de Delagardette , né à Salelles (Aude) en 1784, exécuta à Montpellier divers édifices publics, notamment les Bains publics, le Musée Favre, l'École de dessin, la nouvelle façade de l'église Saint -Mathieu. On lui doit aussi les hôtels de ville de Lodève et de Beaucaire, et le presbytère de Saint- Jean-de-Vades. (Bellier.)
BOULANGER (Hilaire), l'un des architectes de l'église Saint-Michel à Saint-Mihiel (Meuse), eut ses restes inhumés dans cette église, ainsi que le constate l'inscription funéraire qui suit : « -j- Obiit F. Hilario Boulanger hujus templi architectus, 5e jvl. 173 1 . » (Bulletin archéol., t. II.)
BOULANGER (Marc), probablement père du précédent, architecte de l'abbaye Saint-Michel à Saint-Mihiel (Meuse). Voici l'inscription gravée sur sa tombe et qu'on voit encore dans cette église : « D. O. M. Cy gist maître Marc Bovlenger architecte dv grand corps de logis de cette abbaye tovrné à l'Orient, qui, ayant achevé cet ouvrage, décéda regretté par messieurs les abbé et religieux et estimé d'vn chacvn pour vn homme de bien, loyal et pieux, Tan mil six cent quatre vingt et sept, le IVe novembre, aagé de 44 ans. Priez Diev povr son âme. Et Anne Dievdonné sa femme qvi... » (Bull, archéol., t. III.)
BOULARD (Catherine- François) habitait Lyon en 1 793 lors du siège de cette ville, auquel il prit part comme ingénieur. Victime des violences de la Terreur, il périt sur l'échafaud le 24 février 1794. Il fut membre de l'Académie de
Lyon et laissa différents mémoires estimés relatifs à sa profession, notamment un travail sur les aqueducs romains qui amenaient des eaux à Lyon. (Bréghot du Lut et Péricaud.)
BOULARD (Hervé), l'un des architectes de Henri III, roi de Navarre, reçut, en 1 563, 3oo livres de gages et honoraires comme architecte du château de Pau. Une somme de 38o livres lui fut comptée en 1 566 pour la construction de la chambre des Archives dans la grande tour du même château. En i582 il fit un dessin de la généalogie de la maison de Navarre. En i58o il éleva une fontaine dans les jardins du châ. teau de Nérac; en 1 585 des honoraires lui furent payés pour les mêmes fonctions d'architecte. (Arch. des Basses -Pyrénées.)
BOULARD (Jérôme), probablement fils du précédent, architecte du roi de Navarre Henri III, reçut en 1 583 des honoraires pour des travaux de réparations exécutés sous sa direction au château de Mont-de-Marsan. (Arch. des B. -Pyrénées.)
BOULÉE ou BOULLÉE (Étienne-Louis), né à Paris le 12 février 1728, architecte du roi, membre de l'Académie d'architecture, où il fut admis le i5 septembre 1762, construisit à Paris l'hôtel de Brunoy, rue du Faubonrg-Saint- Honoré ' ; l'hôtel acquis plus tard par le marquis de Golanges,
1. Rien de si agréable que la façade de cette maison du côté des Champs-Elysées, dit Thiery {Guide des Amateurs, etc., à Paris). Elle annonce le temple de la déesse du Printemps, orné de six colonnes ioniques soutenant un entablement couronné par la statue de Flore. Cet architecte, ajoute Thiery, a aussi imaginé de faire une promenade souterraine dans ce jardin pour ne point nuire à la vue des appartements.
rue de Suresnes ; l'hôtel de Thun, rue de Provence ; l'hôtel de la Bourse, rue Neuve-des-Petits-Champs. En 1773 il exécuta des travaux d'agrandissement à l'hôtel d'Évreux, faubourg Saint-Honoré, pour le financier Beaujon. On cite parmi ses autres œuvres le château de Tassé, à Chaville; celui de Pereux, celui de Chauvry, à Montmorency, une maison à Issyplusieurs hôtels dans la Chaussée-d'Antin, les deux chapelles du transsept de l'église Saint-Roch, à Paris, etc. Il a laissé des projets de restauration des châteaux de Versailles et de Saint-Germain, un projet de reconstruction de la Bibliothèque royale, etc. Boulée fut nommé membre de l'Institut le 12 décembre 1795 et mourut le 6 février 1799. (Roquefort. — Rens. part. — Thierry.)
BOULLAND, élève de Blondel, né à Troyes en 1739, mort en 181 3. En 1773 il était architecte du chapitre de l'église métropolitaine de Paris. En 1775 il éleva la chapelle de la communion de l'église Saint-Nicolas-des-Champs, dans la même ville. En 1775, en collaboration avec Antoine, il restaura la façade de la même église. Il commença la construction des bâtiments de l'abbaye royale de Jarcy, près Brunoy, dont la première pierre fut posée le 3 septembre 1780 par le comte de Provence. (L'abbé Pascal, Not. s. Saint-Nicolas-des-Ch., à Paris.)
BOULOGNE (Pierre de) acheva, en i386, la cathédrale de Prague, et sans doute aussi le palais de Kalstein, près de Prague. (Dussieux, Art.fr.)
BOURD1ET (Pierre), premier architecte du duc Léopold de Lorraine. Il est ainsi qualifié dans un registre des baptêmes de la paroisse Saint-Sébastien de Nancy, à la date du 18 juillet 1700. Il donna, en 1702, lesdessins des bâtiments de l'Aca-
demie de peinture de Nancy, lesquels furent érigés sur l'ancienne esplanade de cette ville, au-dessus de la porte Royale. (Lepage, Arch. de Nancy. — Lionnois.)
BOURDON (Amé). De i58i cà i582 il reçut 12 s. d'honoraires pour avoir fait « un pourtrait et éligiens pour les maisons au lieu de rétapie au vin », à Cambray. (Lefèvre, Mater. p. l'hist. des arts.)
BOURÉE (Jean), maître des œuvres du duc Louis d'Orléans pour ses comtés de Valois et de Beaumont. Il dressa en 130,5 le devis des ouvrages de maçonnerie et de charpenterie à faire « es deux pons leviz du pont de Beaumont sur Oyze ». A la date du 17 février 1 3g6, il fit marché avec un certain Simon le Maçon pour des réparations à faire au château de Crépy en Valois. En 1897, le 1 1 mai, il donna son avis sur des travaux à faire à des maisons et moulins dépendant des domaines du duc. (Delaborde, Ducs de Bourg-.)
BOURGE (de). — V. DE BOURGE.
BOURGEOIS (Jean). Il est considéré comme l'architecte du chœur de l'église collégiale de Saint-Quentin, bâtie au XIIIe siècle. (Melleville, Dict. hist.)
BOURGEOIS (Jean), l'un des maîtres des œuvres des ducs de Bourgogne Philippe le Hardi et Jean sans Peur. En 1 387 il fit exécuter à la chapelle du duc Philippe, à Dijon, « des ouvraiges » pour lesquels il paya aux ouvriers dix-sept francs d'or. Il reçut, en 1400, trente sous tournois pour aller visiter les travaux de maçonnerie exécutés à Agilly. En 1401- 1402 il avait la direction des travaux du château de Dijon. Il reçut des honoraires, en 1403, pour être allé « à cheval » inspec-
ter les travaux qu'on exécutait à Saulx, à Salives, à Aignay, à Duême, à Villaines, à Châtillon, à Maisey, à Lanternay, à Sulmaise. En 1404 il visita, en qualité de juré pour la ville de Dijon, les moulins d'Ouche. Il retourna à Saulx en 1406 pour « voir et visiter les ouvraiges illec faiz et nécessaires à faire » . Ses frais de voyages étaient taxés à quatre gros par jour. En 1410 le duc de Bourgogne lui fit un don de cent francs « en considération de ses bons services ». Il exerçait encore ses fonctions en 141 2. Avant d'être maître, J. Bourgeois avait travaillé, sous Jacques de Nuilley, ou de Neuilly, au grand portail de la Sainte-Chapelle de Dijon. (Delaborde, Ducs de Bourg. — Ganat, Maîtres des œuvres. — Juv. somm.^ Côte-d'Or.)
BOURGEOIS (Nicolas), religieux augustin. En 171 1, l'ancienne flèche du beffroi de Rouen , élevée au XIVe siècle par Jean de Bayeux, tombant de vétusté, fut démolie en toute hâte. Le frère Nicolas fut chargé de donner les plans de la nouvelle construction, laquelle consistait en un dôme surmonté d'un campanile ; ces ouvrages existent encore. Les travaux furent conduits par Jean Donnest, architecte de la ville. N. Bourgeois inventa le mécanisme du pont de bateaux de Rouen, lequel pont servait encore il y a trente ans. Il était alors fontainier de la ville aux gages de 260 livres par an. Il avait bâti, à Paris, le pont tournant qui servait de communication du jardin des Tuileries à la place Louis XV. [Rec. mss. — Delaquerière, Ane. Hôt. de ville.)
BOURGEOIS (Vincent). Il commença, en 161 1, la restauration du portail de la cathédrale de Reims, « et principalement la grande voulte (voussure) du grand portail, où la pluspart des pierres estoient corrompues et en pièces, et grande partie des figures de dessous tombées », V. Bourgeois était de
Laon. (Henry et Loriquet, Journal et Mém. de J . Pussot.)
BOURSIER construisit à Paris l'hôtel de Périgord , rue de L'Université, et, vers 1730, celui du prince Xavier de Saxe, rue du Faubourg-Saint-Honoré. (Thiery.)
BOUSSART (Simon) fut nommé, en 1476, « maître
visiteur du métier de maçonnerie » au bailliage de Vosge
duché de Lorraine), en remplacement de Jean Wiriot, de
Mirecourt, qui avait exercé cet office sous les ducs Jean et
Nicolas. (Lepage, les Offices.)
BOUSSIGNON. En 1735, les maire et jurats de Bordeaux ayant autorisé la demoiselle Dujardin à faire construire une salle de spectacle dans le jardin de l'Hôtel de ville, Boussignon fut chargé de donner le plan de cet édifice et d'en diriger les travaux. (Detchéverry, Théât. de Bordeaux.)
BOUTERON (Jean). Au mois de septembre 1400, Pierre de Soye, échevin d'Orléans, fut envoyé à Bonneval pour traiter avec cet artiste de la reconstruction de la Porte Bourgogne. (Delaborde, Ducs de Bourg.)
BOYER (R.). Il était deClermonten Lodevois. En 1370, la municipalité de Montpellier le chargea de diriger les travaux de restauration des aqueducs et conduits de la fontaine du chemin de Lates. Il fit à cette fontaine un arc nouveau et la décora d'un griffon. La fontaine de Lates était une des sources principales qui alimentaient la ville. (Renouvier et Ricard.)
BOYNET (Emmanuel), architecte et sculpteur, originaire de Loudun, alla s'établir à Rouen dans la première moitié du XVIIe siècle et y construisit une partie des maisons
les plus remarquables de cette époque. Il vivait encore en 1 660 ; il abjura cette année-là la religion protestante ; il était alors fort âgé. (Langlois, Essai hist.)
BOYNET (Emmanuel), fils du précédent, commença en 1654 la reconstruction des bâtiments du monastère de Saint- Wandrille, en Normandie. En i656 il restaura le clocher et termina en 1672 le jubé élevé à l'entrée du chœur de Téglise, lequel avait dû être commencé par D. Rivard. Boynet fils abjura le protestantisme le 5 mai 1657, entre les mains du sous-prieur de Saint- Wandrille. (Langlois, Essai hist.)
BOYTTE (Robert) construisit en 1 555, sur ses dessins, le grand portail de Téglise Saint- André, à Rouen. Une ancienne rose fut conservée par l'artiste dans l'ordonnance de cet ouvrage (Rep. des Soc. sap., 3e série, t. IV.)
BOY VIN construisit, vers la fin du XVIIe siècle, l'Hôtel- Dieu de Besançon. (A. Guilbert, Villes de France.)
BRALLE. Il éleva en 1806, à Paris, les fontaines du marché aux Chevaux, de la Pointe-Saint- Eustache, du parvis Notre-Dame, de la place de l'École et celle de la rue de Vaugirard formant l'un des angles de la rue du Regard. La fontaine du Palmier, élevée sur la place du Ghâtelet, est aussi son œuvre. (Roquefort.)
B RiE B E S ( J e an- Bapti ste ), architecte et graveur, élève de J. Marot, né à Paris. Il entra au service de l'Électeur de Brandebourg en 1690, et fut appelé en 1720 à Barby (Saxe': pour la construction du château, de cette ville, dans laquelle il mourut quelques années après. Il est l'auteur d'un recueil intitulé: « Vues des palais et maisons de plaisance de S. M. le
roi Je Prusse, dessinées et gravées par Braebes, ingénieur et architecte de S. M. » Cet ouvrage a été publié, longtemps après sa mort, à Augsbourg, en 1 7 7 3 . (Dussieux, Art.fr.)
BREBION (Max imi lien) obtint le grand prix d'architecture en 1740 sur <c Un jardin de 400 toises ». Il fut, le i5 septembre 1756, reçu membre de l'Académie d'architecture. En 1 780 il fit un escalier monumental conduisant au grand Salon du Louvre, lequel fit place à celui de Percier et Fontanie, qui lui-même a été détruit dans ces derniers temps. A la même époque il succéda à Soufflot comme architecte de l'église Sainte-Geneviève. Il donna en 1 78 1 les plans du marché Sainte-Catherine, à Paris, lequel fut élevé par lui sur l'emplacement du prieuré du même nom. En 1786 il commença, en collaboration avec Renard, la restauration de l'Observatoire de Paris. Il vivait encore en 1792. (Lazare, Rues de Paris. — Arago, Ami. des Lnogitudes, 1844. — Alm. du bâtiment, 1789. — Thiery.)
BRI S EUX (Charles-Etienne), né à Baume-les-Dames (Franche-Comté) en 1660, mourut le 23 septembre 1754. Il construisit à Paris , dans le quartier Montmartre , l'hôtel du fermier général d'Augny. Il s'est fait surtout connaître par les publications dont les titres suivent: « Architecture moderne, ou Fart de bien bâtir. » Paris, 1728. (Jombert a donné une seconde édition de cet ouvrage en 1754.) — « L'Art de bâtir des maisons de campagne, etc. » Paris, 1743, 2 vol. gr. in-40. — « Traité du Beau essentiel dans les arts, appliqué plus particulièrement à l'architecture. » Paris, 1752, 1 vol. gr. in-40 fig. (Brunet, Manuel du libraire.)
BRISSART (Pierre), de Saint-Quentin. En 1458 il fut appelé à Noyon pour visiter l'église Notre-Dame et donner
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son avis sur des réparations importantes à y faire. Il reçut à cette occasion, pour trois journées de séjour et de travail, 58 sous 8 deniers. (Mélicocq, Art. du Nord.)
BRISSET (Pierre), de Saint- Josse-sur-Mer. Il fut appelé en 1495 par les chanoines de l'église Notre-Dame de Saint-Omer pour donner son avis sur la restauration du vieux clocher de leur église. (Alex. Hermaud, Époques.)
BRONGNIART (Alexandre-Théodore), né à Paris en 1739, architecte du roi et du duc d'Orléans. Ses principaux ouvrages sont les suivants : à Paris , l'hôtel de Saint-Foix, rue Basse-du-Remparf, le petit palais du duc d'Orléans, dans la Chaussée-d'Antin-, le palais de mademoiselle de Condé , abbesse de Remiremont , rue Monsieur -, les écuries du comte de Provence et l'hôtel des Archives de l'ordre de Saint-Lazare, dans la même rue-, la salle du théâtre Louvois, détruite en 1 8 1 5 \ un projet de château pour lord Mulgrave; le parc de Maupertuis pour M. de Montesquiou- le cimetière du Père-Lachaise \ une galerie, des vestibules, des bains et un grand escalier à l'hôtel de Bézenval, rue de Grenelle-, l'hôtel de Monaco, dans la même rue-, le nouveau couvent des Capucins (aujourd'hui le lycée Bonaparte) \ la maison de Mlle d'Hervieux, restaurée plus tard par Bélanger -, l'hôtel de Mme de Montesson, rue de la Chaussée d'Antin; l'hôtel de Bouret de Vezelay , rue Basse-du-Rempart \ l'hôtel Dumas d'Anzely, rue de Babylone. Mais son œuvre capitale est la Bourse de Paris, dont la première pierre fut posée en 1808. Il fut architecte du Ministère des Affaires étrangères, de l'hôtel des Invalides, où il avait son logement, et de l'École Militaire. Brongniart fut admis à l'Académie royale d'architecture le 10 décembre 1781 et mourut le 16 juin 181 3, avant l'achèvement de la Bourse. Il fut enterré au Père-
Lachaise auprès de son ami l'abbé Dclillc. [Biog. univ. — Lazare, Rues de Paris. — Legrand et Landon. — Thiery.)
BROSSARD (Antoine), élève de Delespine, né à La Rochelle, a construit, dans sa ville natale, l'hospice des Aliénés et le Séminaire diocésain-, à Rochefort, la Maison d'arrêt, et à Saintes les prisons. (Bellier.)
BROSSE (de). — V. DE BROSSE.
BROUT (Nicolas), maçon-juré et garde de la voirie du roi, permit, en 1458, aux marguilliers de Saint-Jean-le-Vieux, à Paris, de boucher une ruelle qui continuait la rue aux Febvres jusqu'à la Seine. (Sauvai, t. ier.)
BROUTEL ou B RUTEL (Antoine) conduisit avec Gabriel Leduc, sous les ordres de F. Mansart et de Lemercier, les travaux du Val -de-Grâce. [Recueils mss.)
BRUAND (François), fils de Libéral, né à Paris le 22 juillet .16791, reçu membre de l'Académie d'architecture en 1706, en devint professeur en 1728 et donna sa démission d'académicien en 1730. C'est à lui, mais à tort, qu'on attribue la construction de l'hôtel de Belle-Isle, en 1721. (Jal, Dict. critique.)
BRUAND (Jacques), frère aîné de Libéral, fils de Sébastien Bruand, « général des bastiments du roy, ponts et
1. Libéral Bruand eut deux enfants du nom de François, nés, l'un le 20 avril 1668, l'autre le 22 juillet 1679. J'ai choisi cette dernière date parce qu'il m'a paru raisonnable de supposer que, si Libéral donna le même nom au dernier né, c'est que l'autre n'existait plus.
chaussées de France », architecte des bâtiments du roi et du duc d'Orléans, construisit vers le milieu du XVIIe siècle, à Paris, rue des Déchargeurs, la maison ou Bureau de la corporation des marchands drapiers. Ce bâtiment a été gravé par J. Marot. Il donna les plans d'un hôtel élevé à Cologne pour Evrard Jabach, et qui est connu dans cette ville sous le nom de Jabachischehaus. On lui doit aussi le château de Fayelle, dont J. Marot a gravé les plans. Il mourut à Paris le 7 septembre 1664, paroisse Saint-Paul. (Mariette, Abecedario. — Jal, Dict. critique.)
BRU AND (Jacques), fils du précédent, né le 22 octobre I6631, reçu membre de l'Académie d'architecture le 5 mai 1699, nommé professeur à la même Académie en 1728, mourut en 1752. (Recueil mss.)
BRUAND (Libéral) donna, en 1671, les dessins de la première église et des bâtiments de l'hôtel des Invalides, à Paris. Il éleva la chapelle de l'hôpital de la Salpêtrière et fut l'un des architectes de l'église des Petits-Pères, commencée par Lemuet. En 1681 il fut chargé, avec Nicolas de TEspine, de l'agrandissement des bâtiments du Châtelet de Paris. On lui doit aussi l'hôtel de Matignon, situé rue Saint-Dominique- Saint- Germain-, l'hôtel de Belle-Isle, rue de Bourbon2-, le
1. Le premier Jacques Bruand eut, comme son frère Libéral, deux frères du même nom. J'ai pris de préférence la date de la naissance du dernier né (voir la note ci-dessus).
2. Cet hôtel existe encore en partie; il a été restauré et augmenté il y a quelques années pour recevoir les services de la Caisse des dépôts et consignations. Construit pour le maréchal de Belle-Isle, petitfils du surintendant Fouquet, cet hôtel passa dans la famille de Choiseul-Praslin et servit de résidence au comte Demidoff, dans les
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château de Richemont, bâti sur ses dessins pour le duc d'Yorck. Il fut nommé membre de l'Académie d'architecture le 3i décembre 1671, lors de sa fondation, et mourut dans la rue Saint-Louis, à Paris, le 22 novembre 1697, « âgé de 60 ans, ou environ » '. (Lobineau. — Dussieux, Art.fr.)
BRU AND (Sébastien), « général des bastiments du roy, ponts et chaussées de France, architecte des bastiments du roy et du duc d'Orléans », père de Libéral. (Jal, Dict. crit.)
BRULE (J.) et Charpentier commencèrent, en 1 5 20, l'édification du clocher de l'église de Béthisy-Saint-Pierre (Oise). Une inscription en beaux caractères gothiques sculptés en relief, se déroulant à l'extérieur de l'édifice, a conservé la mémoire de ces artistes et la date de leur construction. Cette inscription est ainsi conçue : « J. Brûle et J. Cherpëtier, massons, ont comencé ce presët clocher, le treizième jour de mars Vcxx, fuz fini de par maistre Nicole Boucher, vicaire de ceas, Berteren Goufier, chambrier de Béthisy, Renaud Boucher, E. Caron, T. P. Thomas, autres paroissiens. Priez pour eulx. » (Rens. part.)
BRUN. Il éleva aux portes de Marseille, pour la famille
premières années de ce siècle. Il vient d'être à peu près détruit par les incendiaires de la Commune.
1. L. Bruand est qualifié ainsi dans son acte de décès : « escuyer, conseil1 secrétaire du Roi, maison, couronne de France et de ses finances ; architecte ordre des bâtiments de Sa Majesté ». Dans l'armoriai général de Paris, on lit : « Libéral Bruand, consr secrete du R., etc., porte d'or à un chevron d'azur accompagné en chef de deux glands de sinople, et en pointe d'un arbre de même, soutenu d'un croissant de gueules, l'arbre chargé d'un oiseau d'argent. » (Jal, Dict crit.)
Borély, le château du même nom. En 1767, l'édifice commençait à s'élever lorsque Clérisseau, à son retour d'Italie, s'arrêta en Provence et fit, sur la demande des propriétaires de ce château, un projet de façade. Ce dessin existe encore et ne fait pas regretter que l'édifice ait été achevé par l'artiste qui l'avait commencé. (Lagrange, Ga%. des Beaux-Arts, t. VI.)
BRUN EL, architecte du maréchal d'Albret, fut chargé, en 1677, avec son confrère Coussarel, de refaire à l'abbaye de Bassac (Charente) la deuxième voûte de la grande chapelle. (L'abbé Michon, Statist. de la Charente.)
BRUNEL (Pierre), maître des œuvres royaux de la sénéchaussée de Beaucaire et Nîmes, occupa cette charge sous les rois Jean et Charles V. Il est considéré comme l'architecte des fortifications de Villeneuve-lez- Avignon et des constructions militaires élevées vers la même époque dans le Bas-Languedoc l. (Renouvier et Ricard. — Achard, Art. d'Avignon.)
BRUNET-DEBAINES (Charles -Louis -Fortuné), élève de Vaudoyer père et de Lebas, né à Vannes (Morbihan) le 19 décembre 1801, mort à Paris le 25 avril 1862. En qualité d'architecte de la ville et de l'arrondissement du Havre, il exécuta dans cette ville les travaux suivants : en 1845, le Musée-, une Cité pouvant contenir i,5oo habi-
1. Brunel devait être Parisien. Des lettres patentes de Charles V, confirmant cet artiste dans la charge d'architecte du roi, qu'il tenait du roi Jean, ordonnaient aux agents des comptes d'avoir à payer ou à faire payer audit maître Pierre « les susdits droits, en la manière et aux époques accoutumées », et que « les payements lui soient faits à Paris sans difficulté aucune ». Ces lettres sont datées du 18 juin 1364.
tants pour le personnel de l'administration des Douanes ; le nouvel Hôtel de ville, dont la première pierre fut posée le 2 septembre i855*, l'Abattoir public-, l'église Saint-Nicolasde-l'Eure; l'hôtel de la Sous-Préfecture. On lui doit aussi, à Paris, la chapelle du couvent des Oiseaux, rue de Sèvres • celle du couvent de Sainte-Clotilde, rue de Reuilly • à Vaugirard, le collège de l'abbé Poiloup • à Graville, la restauration de l'église romane de Sainte-Honorine. (Bellier.)
BRUNET-DEBAINES (Claude-François), frère du précédent, né à Vannes (Morbihan) le 24 janvier 1799, mort à Santiago en 1 855, fut chargé pendant six ans de travaux importants pour le gouvernement chilien. (Bellier.)
BRUXELLES (Henri de). Jean Thierry et Michelin travaillaient depuis trois mois environ au jubé de la cathédrale de Troyes, lorsque, vers le 27 octobre 1 382 , Henri de Bruxelles, Parisien, se trouvant dans cette ville, vint leur faire concurrence. Il présenta un nouveau plan de jubé qui fut agréé par les chanoines et par une assemblée de bourgeois et d'ouvriers appelés à juger en dernier ressort. Il obtint qu'un maître maçon de son choix, nommé Henri Soudan et habitant aussi Paris, lui serait adjoint, et le salaire de chacun de ces deux maîtres fut fixé à un mouton d'or par semaine. Un cautionnement de quatre cents francs exigé d'eux par le Chapitre fut garanti par « Marguerite, jadis femme de feu Jehan de Huy, demeurant à Paris, au coing de la rue des Billettes, par devers la rue de la Vererye ». Cette Marguerite était la belle-mère de Henri Soudan. Le jubé construit par Henri de Bruxelles fut détruit en 1793. (J. Quicherat, Mém. de la Soc. des Antiq. de France, t. IX.)
BUACHE, né à Paris le 7 février 1700, obtint le grand
prix d'architecture de Tannée 1721, sur un « Plan d'église de 20 toises en carré ». Buache abandonna l'architecture pour se livrer entièrement à la géographie et devint membre de l'Académie des Sciences. Il mourut à Paris le 21 janvier 1773. (Rens.part. — Bellier.)
BUGNIET (Pierre-Gabriel) mourut à Charly, près de Lyon, le 5 novembre 1806, dans un âge très-avancé. C'est sur ses dessins que fut construite, en 1785, la prison de Roanne, démolie en 1837. (Bréghotet Pericaud.)
BULLANT (Charles), neveu de Jean Bullant, travaillait en 1573, sous les ordres de son oncle , aux tombeaux royaux de Saint-Denis. Il soumissionna des travaux pour la sépulture des Valois en i582, concurremment avec Pierre Chambiges et d'autres architectes. (Berty, Les Grands Arch.)
BULLANT (Jean). La date de sa naissance n'est pas connue1. Il alla dans sa jeunesse en Italie, où il étudia les monuments antiques. On lui doit le château d'Écouen, bâti pour le connétable de Montmorency, dont il demeura toujours l'architecte ordinaire. Des lettres -patentes de Henri II, délivrées à Saint-Germain le 25 octobre 1 55 1 , l'investirent des fonctions de contrôleur des bâtiments du roi, en remplacement de Pierre Des Hostels; il fut remplacé dans cette charge, en i55g, par François Sonnât. Bullant, devenu architecte de Catherine de Médicis, conduisit, à partir du 7 janvier 1 57 1 , les travaux des Tuileries 2, et éleva, en 1572, pour la reine-mère, sur l'empla-
1. M. de Montaigion, dans les Archives de V art français, croit pouvoir fixer cette date à i5io; Berty (les Grands Arch.) incline pour 1 5 1 5 .
2. On trouve à la fin d'un manuscrit de la Bibliothèque impériale
cernent du couvent des Filles pénitentes, rue du Four, à Paris, cet hôtel de la Heine, dit plus tard de Soissons, dont il subsiste encore une colonne adossée aujourd'hui à la Halle au Blé '. En ib~b il était contrôleur des bâtiments royaux : c'est en cette qualité qu'il dirigeait alors les travaux de Fontainebleau, ainsi que la construction de la sépulture des Valois à Saint-Denis. Aux Tuileries il éleva les pavillons à deux ordres de colonnes séparant les bâtiments de De l'Orme des ailes d'ordre colossal. Ces pavillons offrent un caractère qui les fait facilement distinguer ; toutefois ils furent remaniés sous Louis XIV par Levau dans leur partie supérieure. Il travailla aussi au château de Saint-Maur-les-Fossés, ainsi que cela est établi par des lettres patentes de Catherine de Médicis, délivrées en 1 57 1 , ordonnant le payement à Bullant d'une somme de 5oo livres, pour six mois de gages comme architecte des
intitulé : Etat de la dépense de Catherine de Médicis, 1 57 1 , l'article suivant : « A Me Jehan Bullant, architecte de ladite dame Royne, mère du Roy, au bastiment de son palais des Thuilleries, la somme de 1111e 1111** xi 1. m s. mi d. ts, à lui ordonnés par led. sieur Euesque de Paris (intendt des Bâtiments), et son ordonnance signée de sa main le VIIIe jour de mars M. Ve LXXI, suiuant les lettres de S. Majesté données au chasteau de Boullongne le XXIIIe jour de feurier aud. an, pour vnze mois vingt-quatre jours de ses gaiges, a cause dud. estât d'architecte du bastiment de son pallais des Thuilleries, commençant le VIIe jour de janvier M. Ve LXX et finissant le dernier jour de décembre ensuivant
au dict an, qui est à raison de Ve 1. (5oo 1.) par an »> Cette pièce a
été publiée pour la première fois par M. Anatole de Montaiglon.
1. Cette colonne, qui est creuse, servait d'observatoire à la veuve de Henri II. Une énorme sphère dominait sa plate-forme, à laquelle on arrivait par un escalier tournant établi dans le vide du fût. Lors de la démolition de l'hôtel de Soissons, la <■ colonne de Médicis » n'aurait pas échappé à la destruction si un amateur des arts, Petit de Bachaumont, ne l'eût achetée de ses deniers pour en faire hommage à la ville de Paris.
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. Il3
bâtiments de la Reine. On attribue à ce grand artiste, mais sans preuves, la maison dite de Diane de Poitiers, à Orléans. Bullant mourut à Écouen, où il paraît avoir résidé un grand nombre données, le 10 octobre 1 578 x. Il a publié sur l'architecture plusieurs ouvrages ; le plus ancien de ces ouvrages se compose de deux parties, la première ayant pour titre : « Recveil d'Horlogiographie contenant la description, fabrication et vsage des horloges solaires, par Iean Bvllant, architecte de haut et puissant seigneur Monseigneur le Duc de Montmorency, Pair et Connestable de France. Nouvellement imprimé à Paris, i56i, avec privilège. » La seconde partie de Touvrage est un traité de géométrie spéciale, et forme un volume intitulé : « Petit traicté de Géométrie et d'Horlogiographie pratique, par Iean Bvllant, architecte de haut et puissant seigneur le Duc de Montmorency, Pair et Connestable de France. A Paris, chez Guillaume Cauellat, à renseigne de la Poulie-Grasse, devant le collège de Ghambray, i5Ô2, avec privilège du Roy. »
Le second ouvrage de Bullant, de format in-folio et illustré comme les autres de gravures sur bois, fut achevé d'imprimer en 1564. En 1 568 il en parut une seconde édition avec ce titre : « Reigle généralle d'architectvre des cinq manières de colonnes, à sçauoir Tuscane, Dorique, Ionique, Corinthe et Composite ; et enrichi de plusieurs autres, à l'exemple de Tantique; veu, recorrigé et augmenté par Taucteur de cinq autres ordres de colonnes suivant les reigles et doctrines de Vitruue. Au proffit de tous les ouvriers besongnans au compas et à
1. Si l'on veut mieux connaître J. Bullant, il faut lire, dans les Archives de l 'art français, l'excellente notice que lui a consacrée M. de Montaiglon, et consulter aussi Berty, les Grands Architectes de la Renaissance. Ces deux érudits, le premier surtout, ont exprimé de ce sujet toute la quintessence.
l'esquierre. A Escouen, par Iean Bullant. A Paris, de l'imprimerie de Hierosme de Marnef et Guillaume Cauellat, au Mont S. Hilaire, à renseigne du Pélican, 1 568, avec privilège du Roy. » Ce livre se termine par cette belle devise : De jour en jour en apprenant mourant. (De Montaiglon, Arch. de l'art français. — Berty, Les Grands Arch. — Brunet, Man. du libraire. — Jal, Dict. crit.)
BULLANT (Jean), d'Amiens. Au mois d'août i562, un incendie consuma la charpente du beffroi d'Amiens. L'année suivante le Corps de ville, songeant à faire rétablir cette charpente, fit visiter la maçonnerie qui devait la supporter par Antoine Lambert, Jean Bullant et Nicolas de Bâillon, afin de s'assurer si elle était en état de « soustenir ung si pesant fardeau ». Ce ne fut pourtant qu'en 1574 que Bullant fut chargé de cette reconstruction, après qu'on eut constaté qu'elle n'offrait pas assez de solidité. Il fit le plan ou « pourtraict » du beffroi « sur six feuilles de grand papier collées ensemble ». On voit dans les registres de l'échevinage d'Amiens que Bullant était maçon de la cathédrale en 1 532. En i568, un Jean Bullant, le même sans doute, fut chargé de donner les dessins d'un bastion, et en 1 568 d'exhausser les remparts l. (Goze, Rues d'Amiens. — • Dusevel, Eglises.)
1 . On a fait plus d'une fois confusion entre ce Bullant et le précédent ; ce sont pourtant, à n'en point douter, deux individualités distinctes. En effet, l'architecte de Charles IX et de la reine mère était trop occupé à Paris vers i5?4 pour être en même temps le maître maçon de la ville d'Amiens. Evidemment il n'y a de lien entre ces deux artistes que l'homonymie. Quant au Bullant picard, le registre de l'échevinage d'Amiens contient sur lui un renseignement curieux. On y lit que cet architecte prenait plaisir à instruire les ouvriers qui travaillaient sous sa direction, ce qui déplaisait fort au mayeur et aux échevins. Voici ce passage : « Sur ce qu'il a esté dit que Jehan Bullant,
BULL A NT (Jean), peut-être le père du précédent, construisit en 1524 l'église des Prémontrés de l'abbaye de Saint- Jean-hors-les-Murs, à Amiens. Il est mentionné ainsi qu'il suit dans un compte de la seigneurie de Lucheux (Somme) pour Tannée i525 : «Jehan Bullant, maistre machon, demeurant à Amiens, qui vint audict Luceu pour conduire l'ouvrage de machonnerie d'une tour. » Il était encore l'architecte de la cathédrale d'Amiens en 1 532. (Goze, Rues d'Amiens. — Dusevel, Rech. hist.)
BULLET (Pierre), élève de François Blondel, conduisit, d'après les plans de son maître, les travaux de la porte Saint-Denis, à Paris. Il éleva sur ses propres dessins, dans la même ville, les portes Saint-Martin et Saint- Bernard, l'église du noviciat des Jacobins (aujourd'hui Saint-Thomas-d'Aquin), celle du couvent des Dominicains réformés ; fit la décoration de deux chapelles dans le transsept de l'église Saint-Germain -des- Prés ; les hôtels du banquier Jabach, rue Neuve-Saint-Merry -, de Crozat, place Vendôme -, des réparations à l'hôtel de Mesmes, rue Sainte-Avoye (avec Boffrand) \ les hôtels de Brancas, rue de Tournon -, de Tallard, rue des Enfants- Rouges-, de Vauvray, rue de Seine \ de l'intendant des finances Pelle-
maître masson de la ville, faict fort mal son debvoir d'entendre aux ouvraiges de massonnerie du beffroi où il est employé, mesmes que depuis huict jours il y a porté ung livre dont il a faict lecture aux ouvriers y estans par lespace de quatre heures de suicte, tous lesquels cependant n'ont faict aucun ouvrage sinon qu'escouter ledit Bullant, et quil luy sera faict et parfaict son procès en toute diligence. » Est-ce le livre, est-ce seulement le temps perdu par des ouvriers que payait la ville, qui excita si fort la colère des échevins? Le document dont il s'agit ne le dit pas; toujours est-il que, s'il se fût agi de l'architecte du roi, la municipalité d'Amiens y eût regardé à deux fois avant de lui faire son procès