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ticr, rue Culture-Sainte-Cathcrine; du comte d'Évreux, place Vendôme. Il fit aussi exécuter (avec Gabriel) des travaux d'embellissement à l'hôtel de la Force, rue du Roi-de-Sicile-, des travaux de décoration à l'hôtel de Mesmes, rue Sainte- Avoye, dans lequel Law établit plus tard sa Banque générale. On cite encore parmi ses œuvres, en 1684, la fontaine de la place Saint-Michel , le maître-autel de l'église de la Sorbonne \ en 1675, le quai Pelletier; une porte d'ordre dorique servant d'entrée à la pompe Notre-Dame ; la porte de l'hôtel de Terrat, rue de Tournon \ les plans de modifications à faire dans les bâtiments conventuels de Saint-Martin-des-Champs \ le château d'Issy, pour la princesse douairière de Conti:, le tombeau d'Anne de Montmorency, dans l'église de ce nom -, l'avantcorps du palais archiépiscopal de Bourges. En 1676, il leva le plan de Paris, lequel, gravé en douze feuilles, fut publié sous ce titre : « Plan de Paris levé par les ordres du roy et par les soins de messieurs les prévôt des marchands et échevins en l'année 1676, parle sieur Bullet, architecte du roy et de la ville, etc. » Une seconde édition de ce plan, avec des changements, fut publiée en 1707 par Jaillot, le fils. Les autres ouvrages publiés par Bullet sont : « L'Architecture pratique ». Paris, 1691. — « Traité de l'usage du pantomètre ». Paris, 1675. — « Observations sur la mauvaise odeur des fosses d'aisance ». 1696, in-12. Bullet fut admis en i685, par ordre de Louvois, à l'Académie d'architecture, et mourut en 17 16, à l'âge de 77 ans. (Dargenville. — L'abbé Lambert. — Piganiol. — Roquefort.)
BULLET (J. B.), fils de Pierre, seigneur de Chamblain, fut admis à l'Académie royale d'architecture le 5 mai 1699.
II a construit le château de Champ-en-Brie (Dangerville).
BURGARD KETTENER commença en i3i3 la
reconstruction de la nef de l'église Saint-Thomas, de Strasbourg-, il cumulait les fonctions de receveur de la fabrique et d'architecte de l'église. Burcard n'acheva pas son œuvre, ce fut Jean Erlin qui y mit la dernière main vers i33o. En 1 3 1 1 il avait fondé, pour le salut de son âme et de celle de sa femme Gertrude, deux autels établis sous la tour du nord; c'est là que les deux époux furent enterrés et que reposent peut-être encore leurs cendres. (Schnéegans, Eglise Saint-Thomas.)
BUSSIÈRE (Jean) semble avoir été l'architecte du couvent et de l'église des Minimes du Plessis- lès-Tours. Il vivait encore en 1 507, époque de la mort de saint François-de- Paule, puisqu'il édifia, avec Michel Marseil, le tombeau de ce saint personnage. (Grandmaison.)
CACHANT (Toussaint) , architecte chartrain. En 1 5 1 8, le 4 février, il traita avec les fabriciens de l'église de Poivillier (à 7 kilomètres de Chartres) pour « construire et édifier bien et deuement le cueur de l'église de Poisvilliers a cinq pans et a six pilliers de pierre de taille a cinq vourieres », etc. \Arch. de Vartfr., t. VII.)
CAILHON (Jean). Il quitta Paris en 1629 pour se rendre à Auch et continuer les travaux du grand portail occidental de la cathédrale de cette ville, commencés en i56o par Jean Beau jeu. Un contrat signé le 16 juin de la même année nous fait connaître les conditions imposées à Cailhon
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pour cette entreprise '. (L'abbé Caneto, Sainte-Marie cTAuch. — Lafforguc, Hist. de la cath. d'Anch.)
CAILLETEAU. — V. LASSURANCE.
CALLET, né à Paris le 10 mars 1 755, mort dans la même ville, presque centenaire, vers i85o, fut architecte voyer pendant 32 ans, de 1796 à 1828. Il n*est guère connu que par la publication qu'il fit en 1842 d'un volume intitulé: « Notice historique sur la vie artistique et les ouvrages de quelques architectes français du XVIe siècle 2. »
CALLET (Félix-Emmanuel), fils du précédent, né à Paris en 1 791 , élève de Delespine, remporta le deuxième grand prix en 1 81 8 et le premier grand prix en 1 8 1 9. En 1 827, associé à M. Lesueur, il publia un ouvrage ayant pour titre : <c Architecture italienne, ou palais, maisons et autres édifices de l'Italie moderne (in-folio). » Il fut nommé en 1837 membre du jury d'Architecture de l'école des Beaux- Arts. Les principaux édifices publics ou privés élevés par Callet sont les suivants : l'embarcadère du chemin de fer de Paris à Orléans, qui vient d'être reconstruit, et celui de Corbeil ; l'ancien hôtel des Commissaires-priseurs, place de la Bourse, occupé au-
1. « Item faire le tout cy-dessus décleré de bonne pierre de taille non subjecte à la gelée ny au vers, et pour ce esuiter la faire tirer depuis le mois de janvier jusques au mois de septembre ainsin qu'il est nécessaire et lad. pierre de la perrière appartenant à lad. fabrique qui
est au lieu dict et proche de la vigne des héritiers de feu Bernard
Vines, ou plus près s'il en trouve de meilleure ou semblable, en payant par l'entrepreneur la juste valleur de l'héritage, après l'auoir fait reconoistre au dict seigneur archeuesque et intendants de la fabrique. »
2. Ces études biographiques, faites à la légère, fourmillent d'erreurs.
jourd'hui par la Chambre de commerce; l'hôtel de M. Casimir Lecomte, place Saint- Georges, à Paris; la villa Bartholony, à Sécheron, près Genève ; la maison de M. Dufour, à Bellevue; les Halles centrales de Paris (en collaboration avec M. Victor Baltard). On lui doit aussi les monuments funéraires du maréchal Clausel et des familles de Marcilly, Tattet, Bartholony, Leconte, Perier, Delacroix, Ganneron, etc. Il mourut à Paris le 2 août 1854. (Rens. part.)
CALMIS (Nicolas de). En 1 3 19 et 1 3 20 il était maître de l'œuvre de la cathédrale de Sens ; en cette qualité il vint à Paris acheter de Colin Cheile des pierres de Saint-Leu, destinées aux travaux de cette église. Calmis ne résidait pas à Sens, car, lorsqu'il s'y rendit à la Saint-Jean en i32o, on lui accorda 5o sous pour ses frais de voyage. (Quantin, Not. hist.)
CAMMAS (Guillaume), peintre et architecte, né à Angers dans les premières années du XVIIIe siècle, a construit à Toulouse, au milieu de ce siècle, la façade du Capitole. Son buste est placé dans une des salles du musée de Toulouse. {Biog. toulousaine.)
CAMMAS (Lambert-François-Thérèse), fils du précédent, naquit à Toulouse en 1743. Il a fourni des projets de décoration pour la plupart des églises de sa ville natale et peint la coupole de l'église des Chartreux de Toulouse. Il mourut en 1804. {Biog. touîousame.)
CAMPANOSEN (Jean), de Normandie, fut appelé en Italie vers 1 39g pour conduire les travaux de la cathédrale de Milan. Il succéda dans cette entreprise à Henri de Gamodia, architecte allemand, qui dirigeait les mêmes travaux depuis
i3oj. Il travailla au dôme avec un autre architecte français jusqu'en 1402. [Cicognara, Sioria délia scultura.)
CAMUS (Vincent) construisit de 1680 à 168G le dortoir des sœurs de charité de l'hôpital Saint-Jean-d'Angers. (C. Post., Inv. de l'hosp.)
CAMUS de MÉZIÈRES. - V. LECAMUS de MÉZIÈRES.
CA N N ETEL ( Bernard). A la date du 1 1 mai 1397, son nom est mentionné dans des lettres patentes de Louis, duc d'Orléans, à propos de travaux à exécuter dans les comtés de Valois et de Beaumont. En 1 39g, il fit payer sur son certificat des travaux exécutés à Paris à la chapelle des Célestins et dans un hôtel du duc Louis, situé rue de la Poterne « lez Saint Pol », et dans un autre hôtel sis à Chailluiau (Chaillot). (Delaborde, Ducs de Bourg.)
CAPMARTIN (Dominique) était , à la fin du XVIe siècle, maître des œuvres et réparations royales en la sénéchaussée de Toulouse. En 1599, associé à Souffron, il dirigea les travaux de construction du pont de Saint-Cyprien de Toulouse, lequel avait été commencé en 1 543 par Nicolas Bachelier. (Lafforgue, Art. en Gasc.)
CAQUE (Pierre) éleva en 1745 le portail de l'église des Prêtres de l'oratoire Saint-Honoré, à Paris, la tribune qui lui est adossée et le maître-autel. (Roquefort.)
CAQUETON (Louis). Lors de la construction de l'Hôtel de ville de Paris, de 1529 à 1 533, il fut, avec d'autres architectes, adjoint à Boccador. En 1 53 1 il était commis à la
direction des travaux d'entretien des fortifications de la même ville et recevait pour ses gages 60 livres tournois par an. (Leroux de L., Hôt. de Ville.)
GARGINT (Pierre de) fut maître des œuvres de maçonnerie pour le roi au bailliage de Rouen. En cette qualité, il reçut, le 16 août 1394, la somme de 20 livres 4 sous tournois pour ses gages. (De Laborde, Ducs de Bourg.)
CARDIN de GHANTELOU, dit VALENCE. — (V. VALENCE.)
CARDIN GUÉRARD, un des architectes de la cathédrale de Sens. En i528 il était maître de l'œuvre de l'église ; en i53o il passa un marché pour certains ouvrages de la « tour de pierre » ; le prix de ces ouvrages fut fixé à 70 livres tournois. (Quantin, Not. hist.)
CAREME (Marie-Antoine), une des célébrités de l'art culinaire, commença par étudier l'architecture. On a de lui plusieurs projets pour les embellissements de Paris et de Saint-Pétersbourg, lesquels ont été publiés en 2 vol. in-fol., 1821. Carême, né à Paris le 8 juin 1784, est mort dans la même ville en 1 833. [Biog. univ.)
CARISTIE (Auguste - Nicolas), fils et petit-fils d'architecte, naquit à Avallon (Yonne) le 6 décembre 1783. Elève de Percier et de Vaudoyer, il obtint le prix départemental en 181 2 et le premier grand prix en i8i3. Le sujet du concours était « un Hôtel de ville pour une capitale ». A son retour de Rome, Garistie fut chargé de la restauration de l'Arc antique d'Orange; il acheva ce travail en 1829, et au Salon de 1 83 1 il en exposait les dessins. En 1824 il éleva, à Quiberon,
le mausolée des victimes de la fameuse expédition de l'an IV. En 1827 il fut nommé inspecteur général des bâtiments civils, en [835 membre du jury d'architecture de l'école des Beaux- Arts, en 1840 membre de l'Académie des Beaux-Arts, et en 1848 membre de la commission des Monuments historiques. Caristie a publié les ouvrages suivants: « Monument destiné à honorer les victimes de Quiberon. » Paris, 1 824, in-folio avec 6 pi. — « Plan et coupe d'une partie du Forum romain et des monuments de la voie sacrée, etc. ». Paris, Didot l'aîné 1 82 1 , gr. in-folio. — « Notice sur l'état actuel de l'Arc d'Orange et des théâtres antiques d'Orange et d'Arles. » 1839, nz-40, 9 pi. — « Monuments antiques à Orange. Arc de triomphe et théâtres. » Paris, Didot, 1 856; gr.in-fol. Il mourut à Paris le 5 décembre 1862. (Daly, Rev. deVArch., vol. 21).
CARLIER (François) fut, en 171 2, envoyé de Paris en Espagne par Robert de Cotte, pour diriger l'exécution des jardins du Buen-Retiro et du palais de Madrid. Il fît exécuter dans le même palais, sur les dessins de de Cotte, le grand cabinet des Furies. Cette mission se termina en 171 5. On retrouve plus tard Carlier à Madrid, sous Ferdinand VI, construisant le couvent des religieuses de l'ordre de Saint-François-de- Salles, fondé par la reine Marie Barbara. (Dussieux, A rt.fr.)
CARON construisit à Paris le marché de la Culture- Sainte-Catherine, rue des Francs-Bourgeois, dont la première pierre fut posée le 20 août 1783. (Piganiol.)
CARON (Jacques) fut l'architecte du beffroi de l'Hôtel de Ville d'Arras, comme l'atteste une inscription gravée dans l'intérieur du corps de garde de l'Hôtel de Ville. (Guilbert, ( Villes de Fr.)
CARON (Jacques). En i5i2 il jeta les fondements de l'Hôtel de Ville de Dreux, lequel fut continué en i5i6 par le premier Clément Métezeau et Jean des Moulins. (Berty, Les Grands Arch.)
CARRE (Jean) travaillait en 1 53g, en qualité de maître des ouvrages de maçonnerie, aux fortifications de Béthune. (Melicocq, Art. du Nord.)
CARTAUD (Jean-Sylvain) , né à Paris en 1675. lia construit à Paris, en 1704, l'hôtel de Pierre Crozat, sis rue de Richelieu l ; l'hôtel de Choiseul, qui a été augmenté par Le Carpentier- le portail de l'église des Petits-Pères (1739); l'œuvre de la même église -, de nouveaux bâtiments au Palais- Royal *, l'église des Barnabites, dans le quartier de la Cité-, une chapelle dans l'église de la Madeleine de Traisnel, rue du Faubourg-Saint-Antoine • l'œuvre de l'église Saint-Roch; celle de Saint-Eustache \ la chapelle de saint René, dans l'église des Madelonnettes ou Filles de la Madeleine; l'hôtel Duchâtel, rue de Richelieu ; la maison Guillot , rue des Mauvaises-Paroles \ la maison Hurel, rue Saint-Martin -, l'hôtel Crozat, rue de Montmorency. On cite encore parmi ses œuvres le château de Montmorency (en 1708), pour Pierre Crozat-, le château de Bournonville (Marne) ; la maison de plaisance de d' Argenson, à Neuilly. Cartaud fut aussi architecte du duc d'Orléans2 et membre de l'Académie royale d'architecture, où il fut admis le 24 août 1742. Il mourut à Paris le i5 février 1758. (Blon-
1 . Un nouveau corps de logis, en façade sur la rue de Richelieu-,- fut bâti vers 1730 par Oppenord, quieut son logement dans cet.'hotél.
2. En 1736 il prenait aussi, comme parrain, dans l'acte de baptême de Jean-Sylvain Bailly, le titre d'architecte du duc de Berri.
del, Cours d'Architecture. — Jal, Dict. crit. — Mariette. — Thiery.)
CASANOVA (Jean) construisit en i3y5 le campanile de la maison du consulat de Montpellier. Cet ouvrage lui fut adjugé le 7 août. (Renouvier et Ricard.)
CASIER fut l'architecte de l'église Saint-Laurent, à Beauvais. (Cambry, Dép. de l'Oise.)
CASSAGN ES, religieux capucin de Rodez, fut, en 1758, l'architecte de l'église de Saint-Amans, de cette ville. Cette église, appartenant à la période romane, menaçait ruine depuis longtemps, lorsqu'il en entreprit la reconstruction. Il la fit soigneusement démolir et la réédifia sur le même plan, dans le même style et presque de tous les mêmes matériaux. Cette abnégation , ce respect pour le passé , sont peut-être sans exemple, surtout dans le dernier siècle. [Ann. arch., t. XII.)
CASSAS (L.-F.), peintre et architecte, naquit à Azay-le- Féron (Touraine) en 1756. On a de lui, à l'École des Beaux- Arts de Paris, 74 modèles des chefs-d'œuvre d'architecture des différents peuples, et un « Voyage pittoresque en Istrie », infolio. Il est mort en 1827. (Biogr. portative).
CASTAND. En 1740, le comte d'Argenson, alors ministre de la guerre , acheta de son beau-frère, Hérault de Séchelles, une modeste habitation située à Neuilly, près Paris, sur la rive droite de la Seine. Sur l'emplacement de cette maison il fit bâtir par Castand le château qui, agrandi, devint plus tard une des résidences royales de Louis- Philippe. (Joanne, Env. de Paris.)
CATELINE (Michel). En i52>2, Cateline et Vitecoq achevèrent le jubé de l'église Saint-Laurent, de Rouen, commencé en 1 5 1 1 par Pierre Desvignes. En 1677, un curé nommé Martin Dauno fit détruire ce jubé. (Rev. des Soc. sav., 4e série, t. VII.)
CATOIRE (Louis), élève de Percier et Fontaine, exerça les fonctions d'architecte du département de la Dordogne de 1827 à 1841. Parmi les nombreux édifices publics et privés construits par lui dans ce département, il faut citer particulièrement le Palais de Justice de Périgueux, le théâtre, le marché couvert de la même ville et le grand séminaire diocésain l . (Rens. part.)
CAUMONT (Jacques), élève de l'école de Dijon, né dans cette ville en 1785. On lui doit la construction du château de Velars-sur-Onches, situé à deux lieues de Dijon (Bellier.)
CAUS (Isaac de). — V. DE CAUS (Isaac).
GAUS (Salomon de). — V. DE CAUS (Salomon).
CAYART reconstruisit, de 170 1 à 1705, l'église française de Berlin, sur le modèle du fameux temple protestant de Cha-
1 . Les œuvres de cet architecte se distinguent par la simplicité et le judicieux agencement des plans, l'élégance des profils et l'étude consciencieuse de la construction. Cette dernière qualité, fort rare à l'époque où travaillait Catoire, doit être surtout remarquée. Le marché couvert, et surtout le Palais de Justice de Périgueux, méritent d'être mentionnés particulièrement. Le Palais de Justice, élégant pastiche grec, bâti de 1829 à 1 835, est une œuvre d'un vrai mérite.
renton, bâti par de Brosse et démoli en i685. (Descripl. de Berlin.)
GEINERAY fit, avec Crucy (V. ce nom), la décoration de la place Louis XVI, à Nantes.
CELERS (Zacharie de) reconstruisit en 1 55 1 les halles d'Amiens, détruites l'année précédente par un incendie. (Goze, Rues d'Amiens.)
CELLÉRIER (Jacques), né à Dijon le 11 novembre 1 742 , élève de Blondel et de David Leroy. Il éleva à Paris divers édifices publics et privés, parmi lesquels, en 1770, l'ancien théâtre de l' Ambigu-Comique, qui était situé sur le boulevard du Temple ; l'hôtel de Saucour, rue d'Anjou-Saint-Honoré. Il exécuta, en 1 786, des travaux d'embellissement à l'hôtel de Fitz-James, qui forme l'un des angles des rues Saint- Florentin et de Rivoli. Vers 1788, il fut chargé de reconstruire l'église de Sainte-Geneviève-aux-Bois (Seine-et-Oise), mais la Révolution vint en suspendre les travaux. Cette église, restée inachevée, a été démolie. Sous le Consulat, il fut chargé de travaux d'appropriation à l'hôtel Soubise, devenu le dépôt des Archives nationales. En 1807, il construisit la salle actuelle du théâtre des Variétés ', et commença la restauration de l'église abbatiale de Saint-Denis. Vers la même époque, il donna les plans de la salle de spectacle de Dijon, sa ville natale- mais les travaux de cet édifice, commencés à la fin de 1 8 1 o et interrompus en 1 814, ne furent repris qu'en 1823, après la mort de Cellérier. Il entra au Conseil des bâtiments civils en 1812,
i . Pour être vrai, il faut dire qu'Alavoine, attaché à la direction des travaux du théâtre des Variétés en qualité d'inspecteur, fut le véritable architecte de cet édifice.
et mourut le 27 mars 18 14. (Bélanger, Not. sur Cellêrier. — Roquefort. — Gourlier, Bât. civils. — Pinard, Hist. du cant. de Longjumeau.)
CHALGRIN (Jean-François-Thérèse), né à Paris en 1739 % élève de Moreau et de Boulée, suivit les cours de l'Académie d'architecture et remporta le grand prix en 1758 sur : « Un Pavillon à l'angle d'un grand parc. » A son retour d'Italie, il fut attaché, en qualité d'inspecteur, à Moreau, son ancien maître, qui était architecte de la ville de Paris. Vers 1765 le duc de la Vrillière le chargea de lui construire un hôtel rue Saint- Florentin , travail qu'il termina en 1767 2. Le 7 mai 1770 il fut admis à l'Académie
j . Quatremère de Quincy, dans ses Notices historiques, et la Biographie universelle, font naître Chalgrin en 1739, bien que l'acte de décès de Chalgrin, inscrit au registre de l'ancien onzième arrondissement de Paris, dise qu'il mourut le 21 janvier 181 1, âgé de 71 ans. On voit qu'il pourrait être né en 1740, du ier au 21 janvier. Mais cette marge est bien étroite ; il est plus probable que la naissance de Chalgrin date de 1739. Bélanger, l'un de ses intimes amis, et qui fut l'auteur de la notice du célèbre architecte qu'on lit dans la Biographie universelle, Bélanger, dis-je, avait donné la date de 1740; c'est celle qui se trouve dans le manuscrit de cette notice; mais à l'impression le millésime 1739 a été substitué à l'autre. Or, Bélanger, pour écrire cette notice, qui est très-détaillée, dut être renseigné directement par la famille de son ami. On peut donc, je crois, considérer 1739 comme l'année de la naissance de Chalgrin.
2. Bélanger raconte que le jour de l'inauguration de cet hôtel, qui existe encore à l'angle des rues Saint-Florentin et de Rivoli, Chalgrin, invité à la fête donnée par le ministre, arriva un peu après l'heure qui lui avait été indiquée; mais le duc, au lieu de lui reprocher son inexactitude, ne s'en prit qu'à celle de sa montre et lui en offrit une autre qu'ornait une Minerve en sardoine entourée de diamants. Cet hôtel de la Vrillière, qu'il ne faut pas confondre avec celui bâti pour Phélypeaux par F. Mansart, était devenu, en 1776, la propriété du duc de
royale d'architecture; plus tard, lors de la création de l'Institut, il fut un des six architectes composant la section de son art. Chalgrin, architecte du roi, premier architecte du comte de Provence et intendant des bâtiments du comte d'Artois, a élevé un assez grand nombre d'édifices publics ou privés, dont voici rénumération presque complète : à Paris, la tour septentrionale de Téglise Saint-Sulpice, commencée en 1777, ainsi que la chapelle des fonts et le buffet d'orgues de la même église*, Téglise Saint-Philippe-du-Roule, dont les premiers fondements furent jetés en 1769, mais qui ne fut achevée qu'en 1784; la reconstruction du chœur de l'église Notre-Dame-de-Délivrance, du Gros-Caillou ; l'agrandissement des bâtiments du Collège de France, place Cambray, même année -, la chapelle du séminaire du Saint-Esprit, rue des Postes-, l'hôtel de Langeac, à l'angle de la rue de Berry et des Champs-Elysées-, la restauration du palais du Luxembourg, lors de l'installation du Directoire dans cet édifice I *, la reconstruction intérieure
Fitz-James, qui le vendit, en 1787, à la duchesse de l'Infantado, laquelle l'occupa jusqu'à la Révolution. En 1793, on y établit la fabrique de salpêtre de la section des Tuileries. En 1812, il fut acheté par M. de Talleyrand. Il appartient aujourd'hui à la famille Rothschild.
1 . Ces travaux eurent pour résultat la suppression de la cour d'honneur qui existait entre les deux pavillons saillants du corps de bâtiment principal ; l'établissement de deux avant-corps à colonnes qui donnent accès, l'un au grand escalier d'honneur, l'autre au jardin public et aux dépendances du palais; la construction d'un étage-galerie au-dessus du portique en arrière-corps de la façade sur le jardin; la suppression du dôme qui, originairement, couronnait l'avant-corps milieu de cette façade; l'achèvement de la galerie Est ; la suppression de l'escalier primitif qui existait au centre du bâtiment principal, et, sur cet emplacement, la construction du vestibule actuel à colonnes; l'établissement de plusieurs escaliers de service et du grand escalier d'honneur pratiqué à l'Ouest, sur une partie de l'emplacement de l'ancienne galerie Rubens; la distribution des appartements de réception
du théâtre de l'Odéon-, en 1806, l'Arc de triomphe de l'Etoile, qu'il éleva jusqu'à la hauteur de 5m4o. De 1806 à 1808 il eut Raymond pour collaborateur -, mais à partir de 1 808 il fut seul chargé de la direction des travaux, lesquels furent continués, à sa mort, par Goust, son élève. En 1786, il dessina et fit tracer à Versailles, sur des terrains voisins du Pavillon Letellier,un parc anglais qui appartient aujourd'hui au grand séminaire diocésain, et où subsistent encore des rochers, des grottes, des cascades, qui sont l'œuvre de Chalgrin. On doit aussi à cet artiste une partie des bâtiments du château de Brunoy, construits pour le comte de Provence. En 1795 , lors de la première organisation du Conseil des bâtiments civils, sous le titre de « Conseil d'examen des bâtiments de la République », il fut nommé membre de ce conseil, où il se trouva en compagnie de Rondelet, de Brongniart et de Peyre ; il conserva ces fonctions jusqu'à sa mort, c'est-à-dire jusqu'au 21 janvier 1 8 1 1 . On connaît de lui trois publications : « Plan topographique de l'église Saint-Philippe, un vol. gr. in-8, i5 pi. gravées par Tara val. » — « Livre d'Architecture, contenant plusieurs temples avec tous leurs détails, in-folio, 29 pi. » — « Description de l'Arc de triomphe de l'Étoile. » Paris., 1810, in-4, fig. ' (Bélanger, Not. manusc. sur Chalgrin. — Qua-
et d'habitation Intérieurement, au premier étage, à l'Ouest, la salle des Gardes, celles des Huissiers, des Messagers d'État, des Conférences, et enfin la salle des Séances destinée à contenir une assemblée de quatre-vingts sénateurs.
1. Bien que Chalgrin, pendant plus de quarante ans qu'il exerça sa profession, ait occupé de fructueux emplois et exécuté des travaux considérables, il ne paraît pas qu'il ait su profiter des sourires et des dons de la fortune. Dès 1781, ses affaires embarrassées s'accusent dans la lettre suivante que j'ai sous les yeux : « Monsieur et amy, vous avez un effet de moy païable à la fin de ce mois ; je vous avouerai que je me trouve dans l'impossibilité d'y faire face ; écrasé de dépenses pour mes
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tremère, No/, hist. — Le Roi, Rues de Versailles. — Betty, Topogr. — Thiéry.)
CHAMAGNE (Nicolas de). De 1617 à 1618, il lui
affaires, touchant à peine en solliciteur des fonds pour remplir les engagements passés. Aïant été la proie de la basse jalousie et de l'envie, il a fallu que je fasse honneur à beaucoup d'objets que ma malheureuse facilité m'avoit fait contracter. Enfin j'espère être assez heureux pour les terminer avant peu et rendre un peu de calme à mon âme ulcérée. Je vous avouerai que comptant infiniment sur vous, j'ay cherché à me libérer avec des estrangers. Je suis accablé de travail pour Monsieur (le comte de Provence) aïant dans ce moment cinq cents ouvriers à Brunoy où je vais jour et nuit... » A la date du 22 août 1786, il écrit à M. Lemaire, procureur au Parlement, pour s'excuser de ne s'être pas trouvé à un rendez-vous d'affaires chez ce procureur, avec lequel il avait très-probablement à traiter des questions d'argent, car il lui fait observer que M. Lefèbre a entre ses mains une obligation de trente -six mille francs qui lui sont dus par le Roi. Dans une autre lettre, datée du i3 vendémiaire, il écrit à son ami Bélanger : « Mon cher amy, je ne puis cacher à votre amitié mes peines et mes chagrins, quoique je les renferme dans mon intérieur; ils ont été au moment de me conduire au tombeau. Je n'aurois pas été témoin des chagrins cruels que j'ay éprouvés depuis et de la position affreuse où je me trouve," manquant de tout, aïant vendu successivement tout ce qui pouvoit me soutenir et sans autres ressources que mes liquidations qui, si elles se réalisent, pourront, mes dettes païées, me donner le moïen d'exister. Mais d'ici là je n'ai pas le moïen de vivre ni même de me procurer le moindre secours. J'ai tout perdu et si je ne trouve pas, en attendant que mes affaires soient terminées, quelqu'un qui puisse me secourir de deux cents francs par mois pour exister, il faut que je prenne le parti de travailler de mes bras; ma malheureuse tête n'y est plus.... Je vous ouvre mon âme; je sais que vous avez des embarras et des peines, mais vous vous en retirez heureusement, et je le vois, mon cher amy, avec plaisir. Mais votre ami n'est pas né heureux ! J'ai trop sacrifié pour ma famille, mais je comptais sur un avenir qui s'est évanoui comme un songe. C'est à un véri-
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. l3l
fut payé des honoraires par la ville de Nancy, dont il était l'architecte, pour les plans de boutiques élevées devant l'Hôtel de ville. En 1627, il reçut d'autres sommes pour les mêmes fonctions et pour la construction du pont Mongeat. (Lepage, Arch. de Nancy.)
GHAMANT (Joseph), peintre, architecte et graveur, travaillait au milieu du XVIIIe siècle. Il fut architecte de l'empereur d'Autriche François Ier, à Vienne. Ses tableaux représentaient des sujets d'architecture. (Dussieux, Art.fr.)
GHAMBIGES (Louis) '. En i6o5, le 23 février, il fut appelé avec Desnots pour « visiter (en l'église Saint- Pierredes-Arcis) le cintre de la voûte qui est sur les fonts, ensemble
table amy que j'ouvre mon cœur, et je compte bien qu'il ne révélera jamais ce que je lui confie; cela doubleroitmes chagrins... » Enfin, en 1807, dans une lettre adressée à un M. Delaunay, il s'exprime ainsi : « Je me suis rendu chez M. Alexandre à trois heures; j'étois exprès sorti des Bâtiments civils. J'étois pressé de rentrer chez moy, et n'ai
pu vous attendre. M. Alexandre y a mis toute l'honnêteté possible
je suis passé Faubourg Saint-Honoré, le bureau estoit encore ouvert et je n'ay rien reçu puisque l'on a mis opposition non seulement sur l'ancien, mais même sur le mandat dernier... la personne m'a dit que, sans un consentement des trois parties, je ne pourrois toucher ... »
1 . Le nom de Chambiges a été orthographié très-différemment depuis la fin du XVe siècle jusqu'aux premières années du XVIIe. Il a fallu choisir entre Chambiche, Cambiche, Cambriche, Campiche, Sambiche et enfin Chambiges. Cette dernière orthographe a prévalu depuis la découverte faite d'une soumission de travaux consentie par un membre de cette famille pour le tombeau des Valois, à Saint-Denis, à la date du 14 mars i582, laquelle est signée P. Chambiges. Le même nom, moins Ys finale (Chambige), est inscrit sur un exemplaire de la Perspective, de Jean Pèlerin, qui existe à la bibliothèque Sainte-Geneviève.
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le pignon qui est sur la ruelle Sainct Barthélémy et donner advis de l'état de la dicte maçonnerie, et combien elle peut subsister sans péril ». Il mourut en 1619. [Arch. de VEmp., registre L. L., 912, p 3.)
CHAMBIGES (Martin) est le premier connu de la famille d'architectes de ce nom qui marqua à l'époque de la Renaissance. En 1489 il habitait Paris, d'où il fut mandé par les chanoines de Sens pour diriger les travaux entrepris à cette époque à la cathédrale ; il éleva les deux bras du transsept de ce monument. En 1495, il quitta Sens pour retourner à Paris, laissant à un autre architecte, Hugues Guvelier, le soin de diriger, sur les dessins du maître, la construction du portail du nord. En 1497, 1499 et i5o3, on le retrouve à Sens, exerçant encore les fonctions de « maître de l'entreprise et conducteur de la croysée ». Le i5 octobre 1499, le pont Notre- Dame, à Paris, s'étant écroulé, Chambiges fut, avec plusieurs autres architectes, consulté sur le parti à prendre pour sa reconstruction; En 1 5o6, il élevait le transsept de la cathédrale de Beau vais I. Il se rendit de Beauvais à Troyes au mois d'août i5o2, afin de conférer avec le chapitre et d'autres maîtres des œuvres relativement à la construction projetée du portail et des tours de la cathédrale 2. A la suite de son voyage, Cham-
1. C'est à tort que, dans ses Grands Architectes, Berty dit que Martin Chambiges « dirigea l'œuvre du chœur de cette cathédrale » : le chœur de Beauvais est du XIIIe siècle et non du XVIe. »
2. Ce voyage dura près de trois semaines. Dix jours furent employés à l'aller et au retour, et l'artiste séjourna environ huit jours à Troyes. Cela est consigné ainsi qu'il suit dans un compte de dépenses de 1 5oii5o2 : « A maistre Martin, pour dix-neuf journées qu'il a occupées à venir dudit Beauvais séjourner par huit jours et demy en ceste ville, et là resté pour retourner au dit Beauvais. Pour ses peines et voyages, sans la despense de bouche, paraccort fait à lui, où moys d'aoust luy
biges fit « les pourtraiz des tours et portaulz » , et le messager de la ville, Jacques Fuzelier, fut chargé de rapporter ces dessins de Paris, où se trouvait alors le maître. Il retourna à Troyes le 23 octobre i5o6 « et demora par aucun temps tout à pourjecter et veoir le lieu où on veult faire les dites tours et aller visiter les perrieres ». Son salaire était fixé à 40 sous par semaine, un pain de prébende par chaque jour, et le payement de sa chambre. Il se rendit de nouveau à Troyes vers la fin d'avril 1507, époque à laquelle on mit enfin la main à l'oeuvre. La première pierre des constructions fut posée en sa présence le 3 mai i5oy, jour de la Sainte-Croix. On suspendit les travaux au mois de novembre suivant, pour ne les reprendre qu'au mois de février 1009. A cette époque, un nouveau voyage du maître des œuvres ayant été jugé nécessaire, un messager conduisit à Beauvais un cheval qui ramena Me Martin à Troyes le 1 o février ; il était accompagné de deux tailleurs de pierres (deux appareilleurs, sans doute), Legier Ghambiges et Simon, de Saint-Omer. Pendant son séjour sur le chantier, qui dura jusqu'au 18 avril suivant, Chambiges fit préparer sa pierre, dresser les échafauds et installer divers engins nécessaires au levage des matériaux. Puis il fut reconduit à Beauvais l. Il se rendit de nouveau à Troyes au mois de février
fut baillé xii éscus ou soulel Item à luy, qui lui avoit
esté baillé à Paris pour venir jusques en ceste ville... lx s. » Indépendamment de ces honoraires et frais de voyages, le Chapitre de la cathédrale eut à payer au commis de Chambiges, Huguet Hamelier, trois écus d'or à la couronne (io5 s.) ; à Jehan Garnache, xxn s. x d., pour avoir assisté le maître des œuvres de Beauvais; à Henrion Sonnet, xl s., pour seize journées de nourriture des chevaux « desdits maçons ». Enfin le Chapitre remit à Me Martin, pour être offert à sa femme, une bourse achetée « à la femme Hutier de la Viezville, laquelle bourse coûta xm s. »
1. ce Chambiges emporta avec lui, dit M. Pigeotte (Étude s. Us trav.
i5io et y séjourna jusqu'à la fin du mois d'avril suivant. En i 5 i i , sa présence ayant été réclamée avec instances par le chapitre, il retourna visiter ses travaux. Un conseil fut alors tenu par l'évêque et les notables de la ville sur la question de savoir comment serait fondée la seconde tour, celle « par devers l'ostel de mondit seigneur de Troyes ». A la suite de cette conférence les travaux furent suspendus pendant quelque temps. Chambiges retourna à Troyes l'année suivante-, il y arriva le 7 mai et y resta quatre semaines. C'est pendant son séjour que « fut mise et assise la première pierre du fondement de la deuxième tour, par Révérend Père en Dieu Maistre Jehan Baillet, évesque d'Auxerre ». Chambiges fit un nouveau vo}rage à Troyes au mois de mai i5i3, et peut-être ce voyage fut-il le dernier l. Il était d'ailleurs représenté sur le
d'achèv. de la cath. de Troyes), des témoignages de la générosité, on pourrait dire de la magnificence du Chapitre. On a déjà vu qu'il était logé gratuitement. A son arrivée on lui avait fait don d'un muid de vin vermeil, acheté à Torvilliers (Aube) le 17 février 1 309, moyennant 60 sous (98 fr. 47 c). On avait trouvé que ses gages de 40 sous par semaine « étaient petits » : pour ce motif et pour les frais de son retour, on lui accorda une gratification de 12 écus au soleil, plus une paire de brodequins. Une de ses filles devant se marier à la Pentecôte prochaine, le chapitre lui donna, comme cadeau de noces, 6 écus à la couronne. Il fit remettre en outre à Martin Chambiges deux bourses, l'une de drap d'or et l'autre de velours « nervée de drap d'or », qui avaient coûté ensemble 4 livres 10 sous (147 f. 70 c). De ces deux bourses, l'une était pour sa femme et l'autre pour sa fille. »
1. En 1 5 1 5, le Chapitre, ayant résolu d'appeler sur les travaux son premier architecte, expédia à Beauvais un messager « pour quérir maistre Martin », mais l'artiste s'excusa « à cause d'un fondement qu'il avait commencé », et le messager ne ramena à Troyes que la femme de l'artiste. Singulière substitution de personne ! On lit dans les comptes du Chapitre de Troyes pour l'année 1 .:■ i 5 : 0 A la femme dudit Maistre Martin, à laquelle je baille à son partement de ce lieu,
chantier par Jean de Damas ou de Soissons, son gendre, qui lui succéda à Troyes le 3 décembre i5i6, sans pourtant que le "chapitre ait voulu décharger Martin de la haute direction des travaux, pas plus que de la responsabilité qui lui incombait. En effet, seize ans après avoir renoncé à la conduite des travaux de Troyes, Ghambiges était encore consulté sur ces travaux; le 3i mars i532, Jean Bailly reçut mission de se rendre à Paris et de là à Beauvais, « pour parler à maistre Pierre Cambiche, l'un des quatre maistres maçons de Paris, et à maistre Martin Cambiche, son père, maistre maçon de Beauvais, pour consulter avec eux touchant la besogne des tours de cette église, et principalement du pillier parvoye que Ton veult présentement fonder ». — En i5i3, Ghambiges s'était encore une fois rendu à Sens pour inspecter les travaux du transsept et faire achever le portail du nord de la cathédrale. Les armes de Chambiges, d'après l'épitaphier de la bibliothèque de l'Arsenal, étaient « d'azur au compas d'argent, accompagné en chef, à dextre d'une étoile d'or, à senestre d'un croissant d'argent, et en pointe d'un cerf d'or couché sur une terrasse de sinople 1 ». (Vallet de V., Arch. — Leroux de L.,Po7it Notre- Dame. — Viollet-le-Duc, Dict. de V Arch. — Armand, voy. Archéol. dans VAube. — Berty, Les Grands Archit. —
qui fut le vm juing, la somme de vu 1. .^217 f. i5 c.) pour son voyage d'aller et venir.... et encore afin qu'elle estre retornée au dit Beauvais, elle sollicite de venir le dit Maistre Martin pour ce que grande nécessité est qu'il vienne ». On ne s'explique guère ce voyage fait aux frais de la fabrique par la femme de l'architecte. M. Pigeotte présume, et je suis de son avis, que Chambiges gardait ses plans par devers lui comme sa propriété et qu'il n'avait voulu, pour les envoyer à Troyes, les confier à d'autres mains qu'à celles de sa femme.
1. Berty croit qu'au lieu d'un cerf il y avait en réalité une biche placée sur une sorte de champ, ce qui formait des armes parlantes.
l36 DICTIONNAIRE
A. de Montaiglon, No/, sur Jean Pèlerin. — Quantin, Nul. hisl. — Pigéotte, Cath. de 'frayes.)
CHAMBIGES (Pierre), fils de Martin, apparaît pour la première fois en i5oç), travaillant à la cathédrale de Troyes, dont son père était l'architecte en chef. Son salaire était de 4 sous 2 deniers par jour. Il fut attaché à ces travaux jusqu'en 1 5 12. En 1 5 1 6, Martin Chambiges s'était démis de ses fonctions d'architecte de la cathédrale en faveur de Jean de Soissons, mais, de gré ou de force, il avait conservé la haute direction de cette entreprise. Cependant, en 1 5 19, déjà vieux sans doute et ne pouvant plus prendre une part active à ses affaires, il avait chargé son fils Pierre d'inspecter le chantier de Troyes. Celui-ci arriva le 8 juin, « visita la maçonnerie », et fit son rapport au chapitre , lequel lui marqua sa satisfaction par une gratification de 20 1. (578 fr. 5 c). On retrouve Pierre à Troyes en i53i, ordonnant des travaux d'étaiement sur certains points de l'édifice où des mouvements s'étaient manifestés. En i532 il fit un nouveau voyage, le dernier sans doute, ayant un double objet : donner son avis sur la construction des piliers intérieurs des tours ou « piliers parvoye », et choisir un successeur à Jean de Soissons, son beau-frère, qui était allé naguère « de vie à trépas ». Pour cette .visite « ses sallaires seulement » furent réglés à xlix 1. x. s. (représentant 920 fr. i5c). En 1 536 — il était alors maître des œuvres de maçonnerie et pavement de la ville de Paris — il visita, avec le maçon Pierre Moreau et en compagnie du prévôt et des échevins, les fortifications de cette ville. Vers la même époque il conduisait les travaux de l'Hôtel de ville de Paris, sous la direction de Dominique de Cortone. Sauvai rapporte qu'il était payé 25 sous par jour. D'après un compte du domaine de la prévôté de Paris, pour l'année i53o,, rapporté par Sauvai (t. III), il est mentionné ainsi qu'il suit : « Me Pierre Chambi-
ges, maistre des œuvres du Roi au bailliage deSenlis, pour les formes et portraicts que le Roi a commandé lui faire de certains bâtiments que ledit seigneur entend et délibère édifier en son hôtel et environs de Nesle, à Paris, pour la fondation du collège des Trois Langues. «Vers 1540 il dirigeait des travaux aux châteaux de Fontainebleau et de Saint-Germain-en-Laye ; le 22 septembre 1 541 il passa un marché pour les ouvrages de maçonnerie du château de la Muette, à Passy. Ghambiges mourut en 1 544, ainsi que l'indique l'épitaphe suivante qui se voyait dans la nef de l'église Saint-Gervais, à Paris : « A la mémoire des âmes de Pierre Chambiges, maistre des oeuvres de maçonnerie et pavement de ceste ville de Paris, qui décéda le xixe (ou xve) jour de juing 1544. — Jacqueline Laurens, femme dudict Pierre Chambiges, qui décéda le 3e de juing i5.. », etc. [Arch. de V Empire, reg. II, 1779. — Sauvai. — Berty, Les Grands Arch. — P. Lacroix, Rev. univ. des arts. — Pigeotte, Cath. de Troyes.)
GHAMBIGES (Pierre), probablement fils du précédent. C'est à lui qu'on attribue la petite galerie du Louvre commencée en 1 566 ou 1567. En 1 568, le 27 mai, il fut parrain d'un enfant de Jean Bullaut, baptisé à Écouen. Le 14 mars 1 582, il soumissionna pour les travaux du tombeau des Valois, à Saint-Denis. Sur un registre de la ville de Paris, aux dates du mois de mai 1599 et du 25 février 1602, il est dit « juré du Roi en l'office de maçonnerie », et, en cette qualité, chargé, avec son confrère François Petit, de visiter les travaux faits à la porte Saint-Germain. En la même année 1602, il fut choisi pour arbitre par les maîtres du chapitre de l'hôpital du Saint-Esprit. En 1608 il fut consulté, ainsi que Claude Guérin et Claude Vellefaux, sur l'interprétation d'un marché passé avec le prévôt des marchands de la ville de Paris et l'entrepreneur Marin de la Vallée, au sujet d'une corniche de l'Hôtel de
ville. Il prit aussi part à la rédaction d'un devis relatif à la construction d'un « pavillon du Saint-Esprit » dépendant de l1 Hôtel de ville. Le censier de l'évêché de Paris pour ibi3, dans sa première rédaction, mentionne encore Pierre Chambiges; mais son nom y est raturé avant 1620. Il devait être alors très-vieux, car il est le seul auquel on puisse attribuer la petite galerie du Louvre, commencée en i566 ou 1567. On présume qu'il mourut vers 161 5 '. (C'arac, Musée de sculpt. —Reg. de ta Pille de Paris, XV IIe et XVIIIe, H. 1794, i795. — Arch. de l'art français. — Berty, Les Grands Arch.)
CHAMBIGES (Robert). Il est qualifié seulement de bourgeois de Paris dans un accord du 16 décembre 1564 \Arch. deVEmp., carton S 62), mais comme il se trouve là au nombre des experts et qu'il s'agit de construction, il y a apparence que ce Chambiges était architecte comme les précédents.
CHAMBRAY ( Roland -Frkart , sieur de), né à Cambrai, mort en 1675. Ce fut lui qui ramena Le Poussin de Rome à Paris. On a de lui les deux ouvrages suivants : « Parallèle de l'architecture antique avec la moderne, avec un recueil des dix principaux auteurs qui ont écrit des cinq ordres », Paris, ï65o, gr. in-folio, fig. Une seconde édition du Parallèle fut publiée en 1702 par Émery et Michel Brunet : « Parallèle des principaux auteurs qui ont écrit sur l'archi-
1. Un Chambiges est encore mentionné dans un registre des archives de l'église Saint-Pierre-des-Arcis, en la Cité, à Paris, à la date du 23 février i6i5. Peut-être était-ce un fils de Pierre II. Il est qualifié là de juré-maçon et chargé avec un autre architecte nommé Desnots « de se transporter en l'église, pour veoir et visiter le cintre de la voûte qui est sur les fonds, ensemble le pignon qui est sur la ruelle Sainct-Barthélemy, et donner advis de Testât de la dicte maçonnerie, et combien elle peut subsister sans péril. »
tecture ». Paris, 1766, gr. in-8°, fig. Chambray a traduit en français le « Traité de la peinture » de Léonard de Vinci. (Brunet, Man. du Libr.)
CHAMBRY (Michel) vivait à Auch vers le milieu du XVIe siècle. Il épousa la fille de Jean Beaujeu, architecte de la cathédrale de cette ville, et fut probablement son collaborateur. (Lafforgue, Art. en Gasc.)
CHAMOIS, architecte de la fin du XVIIe siècle. Il a construit à Paris l'hôtel de Louvois, rue de Richelieu, sur l'emplacement du square qui en a conservé le nom-, le couvent de la Visitation, faubourg Saint-Germain; le couvent des Bénédictines de la Ville-Lévêque -, celui des Nouvelles-Catholiques-, le château de Chaville, près Paris, pour le ministre Louvois. [Recueils mss . — Hurtault et Magny.)
CHAMPAGNE (Jean), architecte et sculpteur, vivait à Rome dans la seconde moitié du XVIIe siècle. 11 refit à cette époque, dans l'église de la Trinité-du-Mont, le maître-autel, ainsi qu'un groupe de la Trinité et deux statues d'apôtres qui l'accompagnaient. Il éleva dans la même église les deux chapelles qui flanquent le chœur de jour des religieux. On lui doit la décoration de la porte principale de Saint- André du Noviciat des jésuites. Il fît aussi à l'église du Giesu deux statues en
stuc. (Dussieux, Art. fr.)
CHAMPLAIN vivait dans le XVIIe siècle-, il a bâti l'hôtel Dodun, rue de Richelieu, à Paris. [Recueils mss.)
CHANTELOU (Cardin de). —V. VALENCE.
CHAPONNAY (Guillaume de), juré du roi en l'of-
ficc de maçonnerie, était, vers 1 570, « contrerôlleur général des bastimens des Thuillerics ». Ses gages étaient de 36o livres par an. (Berty et Legrand, Topogr.)
CHARGEAY (Jean de), maître des œuvres du duc de Bourgogne, fit payer, vers le milieu du XVIe siècle, à Perrin Griffon, alors prévôt de Gray, la somme de 10 liv. 10 sous, qui lui était due à propos de la réfection du pont de Gornuel (Haute-Saône). (Rossignol, Invent.)
CHARPENTIER (Jean), augmenta les bâtiments du Palais-Bourbon, à Paris, commencés en 1722 par Girardini, architecte italien , et continués par Lassurance et Barreau. Il fit exécuter en outre, à Paris, des changements et augmentations considérables dans l'hôtel de Noailles, une maison rue Neuve-Saint-Roch, une autre rue Saint-Honoré, vis-à-vis de l'Oratoire, des travaux au château de Champ, appartenant au duc de Penthièvre. (Legrand et Landon.)
CHARPENTIER (Jean), l'un des architectes du grand clocher de l'église Saint-Pierre- de- Béthisy (arrond. de Compiègne), dont la construction fut commencée en i52o. — (V. BRÛLÉ.)
CHARTRES (Philippe de). André Colombeau ayant abandonné, en septembre i5i8, la direction des travaux de l'église de Brou, direction qu'il ne reprit qu'après une absence de cinq mois, Philippe de Chartres le remplaça pendant cette absence et conserva longtemps auprès du premier architecte une position secondaire. (Depéry, Biogr.)
CHASSIGNY ou CHASSIGNEY* (Pierre de), 1. Le nom de cet artiste est écrit ainsi différemment dans les do-
l'un des maîtres des œuvres des ducs de Bourgogne. En 1420, 2 francs lui furent payés pour avoir indiqué les travaux à faire « en la maison du Parlement de Beaune ». Il figure dans un compte de 1426- 1427 en qualité de maître des oeuvres pour les duché et comté de Bourgogne l. En 1429 il accompagna le visiteur général des ouvrages et forteresses, Jean de Saulx, dans l'inspection qu'il fit de certains travaux exécutés au Châtelet et aux halles de Chalon-sur-Saône. (Canat, Maîtres des œuvres.)
GHASTILLON (Claude de), né à Châlons-sur- Marne en 1547. Il abandonna la maison paternelle et parcourut la France, la Savoie, la Suisse et une partie de l'Italie, et rapporta de ses voyages un grand nombre de dessins et d'études de monuments civils et militaires. Il fut nommé topographe du roi en i58o, travailla au siège du château de Sancère et dirigea, en 1589-90, les travaux des sièges de Corbeil et de Lagny. Sous Henri IV il conduisit les attaques de Chartres et construisit, pour arriver de la contrescarpe à la brèche, un pont de bois couvert qui détermina la place à capituler. Il assista, en qualité d'ingénieur, aux sièges deLa Fère et d'Amiens, et construisit les forts de Gournay, de Jargeau et de Châlons. Chastillon donna les plans de l'hôpital Saint-Louis, à Paris, en 1607, fit élargir le Pont-Neuf et bâtit la place Dauphine et le Collège de France -, il est considéré comme l'archi-
cuments, mais c'est évidemment à la première orthographe qu'il faut donner la préférence. Chassigny est un nom de lieu qu'on trouve en Bourgogne dans Saône- et-Loire et dans la Haute-Saône, tandis qu'il n'existe aucune localité du nom de Chassigney.
1. En 1421-1422 les maîtres des œuvres du duc de Bourgogne résidant à Dijon recevaient, pour leur salaire, 4 gros par jour, plus une robe par an.
tcctc de la place Royale. Chastillon fit aussi un projet pour une des portes de Paris, la Porte de France, projetée par Henri IV. Cette porte, qui devait donner accès sur une vaste place du même nom, située sur remplacement de l'enclos du Temple, ne fut pas exécutée, mais les dessins en ont été gravés par Poinssart. Chastillon a laissé un recueil précieux de vues de France, publié sous le titre : « Topographie française, ou représentation de plusieurs villes, bourgs, chasteaux, maisons de plaisance, ruines et vestiges d'antiquitezdu royaume de France, dessignez par Claude Chastillon et autres, et mise en lumière par J. Boisseau, enlumineur du roy». Paris, 1 641 l, in-folio. Chastillon mourut en 16 16. {Biogr. univ. — Bonnardot, Ane. enceintes. — Brunet, Man. du Libr.)
CHAUBAULT (Nicolas). Charles III, duc de Lorraine, ayant résolu, en i56i, défaire construire le jeu de paume de son château sur le même plan que celui du Louvre, envoya à Paris un artiste de Nancy, nommé Claudin Marjollet, pour en relever le plan. Les travaux de cet édifice furent exécutés sous la direction de Chaubault, maître des ouvrages du duché de Lorraine, lequel fut payé, pendant les 96 jours que dura la construction, à raison de xn gros par jour. ■ Lepage, Palais ducal,)
CHAUDIN ^Pierre). Le roi Charles V, par ses lettres de l'an 1072, ordonna la confiscation des biens de Pierre Chaudin, maître de l'œuvre de l'église collégiale de Saint-Quentin,
1. Les planches de ce recueil sont d'une exécution médiocre, mais elles offrent la représentation d'un grand nombre d'édifices depuis longtemps détruits. Il y a des exemplaires qui portent la date de 1647 et d'autres celle de 1648; ces derniers sont plus complets que les autres çt renferment environ cinq cents pièces.
pour le produit en être employé aux travaux de cet édifice. Les lettres royales disent : « pour la grande dévotion et affection que nous avons à notre église de Saint-Quentin, considérant le bel ouvrage que Ton fait de jour en jour en notre ditte église, et pour l'avancement d'icelui ». (Gomart, Egl. deSainl- Qiientin.)
CHAUFFART construisit à Paris, rue Thiroux, vers 1780, l'hôtel de M. de Meulan, receveur général des finances. (Thiéry.)
CHAUMES (Nicolas de) fut l'un des architectes de la cathédrale de Sens. De 1 3 1 9 à 1 3 20 il se rendit à Paris et fit un achat de pierres et de colonnes pour la cathédrale. Sa pension était de 10 francs par an. [Mém. lus à la Sorbonne, ann. 1868.)
GHEFDEVILLE. — V. BARREAU.
CH ELLES (Jean de) naquit dans le bourg de Chelles ( Seine-et-Oise) et fut un des architectes de l'église Notre-Damede Paris. C'est à lui qu'on doit les deux portails du transsept et les premières chapelles du chœur de cette cathédrale. Au pied du portail méridional, au-dessus du socle, on lit une inscription en beaux caractères et taillée en relief, qui donne la date de cette construction et le nom du grand artiste ; en voici le texte exact : anno. domini. m. ce lvii. mense. febrvario.
IDUS SECUNDO. HOC. FUIT. INCENTUM. CHRISTI GENITRIS. HONORE : KALLENSI. LATHOMO. VIVENTE. JOHANNE. MAGISTRO : (Dubreul.
— Viollet-le-Duc et Guilhermy.)
CHENAVARD (Aimé), architecte et peintre, né à Lyon en 1798, mort au mois de juin 1 838. On a de lui les publica-
tions suivantes : « Voyages en Grèce et dans le Levant faits en 1843 et 1844. y> Lyon, 1849. Une deuxième édition a été publiée en 1 858 par L. Perrin. — « Nouveau recueil de décorations intérieures, contenant des dessins de tapisseries, tapis, meubles, bronzes, vases et autres objets d'ameublement, la plupart exécutés dans les manufactures royales. » Paris, îS'ij.
— « Album de l'ornemaniste, recueil d'ornements dans tous les genres, etc. » Paris, 1845. — « Lyon antique restauré, d'après les recherches et documents de F. Artaud, etc. » Lyon, i85o. — « Tombeaux, d'après les dessins de Chenavard. » Lyon, 1 85o.
— « Fontaines, esquisses. » Lyon, 1864-1865. Chenavard a peu construit, mais il a beaucoup dessiné. Il exposa au Salon de i833 des projets de restauration pour le Théâtre-Français et pour celui de l'Opéra-Comique. (Guyot de Fère. — Rens. part.)
CHENEAU (Jean), né à l'Ile- Bouchard, diocèse de Tours, en 1460, fut appelé à Bourges en i5o8 pour donner son avis sur la reconstruction de la tour nord de la cathédrale, qui s'était écroulée le 3i décembre i5o6. Il fut chargé, avec son confrère Nicolas Biard, de la reconstruction de cette tour. Ces deux artistes étaient payés chacun 10 sous par jour. En 1 5 14 Cheneau et Biard étaient remplacés par Guillaume Pellevoisin, leur aide, qui devint plus tard le « maistre masson » en titre de la cathédrale. Cheneau a travaillé en outre pendant seize ans à la cathédrale d'Auch. (Girardot et Durand.)
CH ERPITEL (Mathurin), né à Paris en 1736, élève de Blondel, remporta, en 1758, le grand prix d'architecture, sur un « Pavillon à l'angle d'une terrasse », et reçut son brevet d'élève de l'école de Rome le 2 5 août 1759. Admis le 21 avril 1776 à l'Académie d'architecture, il ne fut pas compris dans la section des beaux-arts de l'Institut, lors de la création de
ce corps savant. Il construisit à Paris, en 1775, l'église Saint- Pierre du Gros-Caillou, qui fut démolie au commencement de la Révolution; celle de Saint- Barthélémy en la Cité; l'hôtel Necker, rue du Mont-Blanc; ceux de Rochechouart et du Châtelet, rue de Grenelle-Saint-Germain. Cherpitel, qui avait eu avant la Révolution le titre d'architecte du roi, mourut à Paris le i3 novembre 1809. (Roquefort. — Thiéry.)
CHEVOTET (Jean-Michel), né à Paris en 1698, remporta le grand prix d'architecture en 1722, sur « un Arc de triomphe » , et fut admis à l'Académie royale d'architecture le 4 mai 1733. Il a construit, sur ses dessins, les châteaux de Mareil, de Champlâtreux , de Petit-Bourg. Il exécuta, en collaboration avec Contant, le château et le parc d'Arnouville, près Gonesse , et fit une restauration de l'hôtel d'Antin, à Paris. On lui doit aussi le pavillon (que nous appelons de Hanovre) qui dépendait de l'hôtel du duc de Richelieu à Paris, et qui forme l'un des angles de la rue Louis-le- Grand et du boulevard des Italiens. La chalcographie du Louvre possède douze ou quinze planches gravées par Surugue d'après les dessins de Chevotet. Ces planches étaient destinées à une description de Versailles. Chevotet mourut à Paris le 4 décembre 1772 ; Sedaine lut son éloge à l'Académie d'architecture. (Piganiol. — Thiéry.)
CHUPPEAUX (Guillaume). Parmi les tombes de l'église Saint-Gervais, à Paris, se trouvait celle de « Honorable homme Guillaume Chuppeaux, en son vivant maçon, et l'un
des archers de cette ville de Paris, qui trépassa le » Sa
femme, qui fut enterrée auprès de lui, mourut le 27 septembre 1546 (Bibl. imp., Épitaph. de Paris, t. IV). Évidemment, sa
femme le précéda dans la tombe : il vivait donc encore en
CLAUDE (le Frère), religieux du noviciat général des Jacobins, à Paris, donna les dessins du portail de la chapelle de ce monastère, devenue l'église paroissiale de Saint-Thomasd'Aquin. Le frère Claude vivait dans la première moitié du XVIIIe siècle. (Guilhenrry, Itin. arch.)
CLAUSSE, architecte messin, fut chargé en 1475 de faire la « pourtraiture » et le devis de la chapelle de la Victoire ou des Lorrains, élevée en souvenir du triomphe remporté par la ville de Metz sur Berthold Crantz, surnommé la Grande- Barbe, qui avait surpris Metz et tenté de s'en emparer. On fit la dédicace du sanctuaire de cette chapelle le jour de saint Michel 1478. (Bégin, Cath. de Met\.)
CLAVAREAU (Nicolas-Marie), né à Paris en 1765, construisit, en 1800, le portail actuel de l'Hôtel- Dieu, à Paris. Il a construit aussi l'école clinique de la rue des Saints-Pères, l'hôpital de la ville d'Arras, et exécuta de grands travaux d'assainissement dans les hôpitaux de Paris. Il fut, en outre, architecte de l'hôpital de la Charité et de F Hôtel-Dieu. On a de lui un Mémoire sur les hôpitaux de Paris (in-8°, Paris, i8o5). Il mourut le 10 février 1816. (Gabet.)
CLÉMENCE (Joseph) remporta le grand prix d'architecture en 1798 sur ce sujet de concours : « une Bourse maritime ». [Rens. part.)
CLÉRISSEAU (Charles-Louis), né à Paris en
1 722 ', remporta en 1 746 le grand prix d'architecture; le sujet du concours était « un Grand hôtel ». Il reçut son brevet d'élève de l'école de Rome le 4 mai 1 749. En Italie, il se lia avec un architecte anglais nommé Adam, qui l'emmena à Venise, et delà à Spolatro, sur les côtes de la Dalmatie, où il releva les restes du vaste palais que Dioclétien fît élever dans cette ville après son abdication. Les deux artistes retournèrent ensuite à Venise, où les dessins de Glérisseau furent gravés pour une publication qui parut à Londres en 1764. Après avoir passé dix ans en Italie, il en rapporta 20 volumes de dessins qui devinrent plus tard la propriété de l'impératrice Catherine IL En revenant d'Italie, il parcourut le midi de la France et dessina les monuments romains de l'antiquité, De retour à Paris en 1 768, il paraît s'être moins occupé d'architecture que de peinture. Il s'appliqua principalement à reproduire , au point de vue pittoresque, les ruines antiques au milieu desquelles il avait si longtemps vécu. Ses dessins, très-recherchés2, lui firent une réputation telle que, s' étant présenté, en 1 769, pour être admis à l'Académie de peinture et de sculpture, il en fut reçu à l'unanimité membre titulaire. Cependant les travaux d'architecture ne lui arrivant pas, et sa réputation s'étant étendue jusqu'en Angleterre, il alla, en 1 771, s'établir à Londres, où il vécut quelque temps de son talent de dessinateur.
1. Mariette, dans son Abecedario, le fait naître en 1718, et la Biographie universelle ep. 1720; mais la date de 1742, qui est celle des registres de l'Académie d'architecture, me paraît être la plus certaine.
2. A la vente des collections de M. Soret, qui eut lieu à Paris en mai i863, on adjugea un « Arc de triomphe de Constantin », beau dessin au bistre ; des « Vues de Rome et de France », 52 dessins à la plume, au bistre et à l'aquarelle ; un album contenant 44 dessins coloriés (études de monuments et autres). Les dessins de Clérisseau, quoique très-nombreux, se vendent cher dans les ventes publiques.
Après être rentré dans sa patrie, il fut chargé, en 1776, par le maréchal de Broglie, de la construction de l'hôtel du gouvernement, à Metz (devenu le Palais de justice de cette ville). Peu après, l'impératrice de Russie ayant eu le projet de faire construire un palais semblable « à ceux des empereurs romains », elle fit demander en France, à l'Académie d'architecture, un artiste capable de diriger une construction de cette nature, et l'Académie désigna Clérisseau. Toutefois, il ne paraît pas qu'il ait bâti en Russie le palais pseudo-romain souhaité par Catherine '. Quand vint la Révolution, Clérisseau, qui ne voulut y
1. A propos des relations de Clérisseau avec l'impératrice de. Russie, la baronne d'Oberkirch raconte, dans ses mémoires, une anecdote qui montre l'artiste français sous un jour singulier ; cette anecdote mérite d'être citée. Le grand-duc de Russie Paul et la grande-duchesse, sa femme, ayant, lors de leur voyage à Paris, en 1782, accepté une invitation de Grimod de la Reynière, ils se rencontrèrent chez le célèbre gourmand avec Clérisseau. Ce que fut cette rencontre, on en jugera par le récit de la baronne d'Oberkirch : « A peine entrionsnous dans la salle à manger, un vrai temple! qu'un homme s'avança vers M. le comte du Nord (le grand-duc) et le salua; c'était M. Clérisseau, architecte de l'impératrice de Russie et associé honoraire de l'Académie de Saint-Pétersbourg. Le prince lui rendit son salut avec la même politesse qu'il le fait à tout le monde et fit deux pas en avant. Cet homme lui barra le passage et l'arrêta de nouveau. « Que « voulez -vous, monsieur? demanda le prince. — Vous ne me recon- « naissez donc pas, monseigneur? — Je vous reconnais parfaitement, « monsieur; vous êtes le sieur Clérisseau. — Pourquoi ne me parlez- « vous pas, alors? » Nous crûmes que cet homme était fou. M. le comte du Nord haussa légèrement les épaules et voulut passer outre, après avoir répondu : « Parce que je n'ai rien à vous dire. — Et vous « allez être ici ce que vous avez été chez vous, monseigneur, me mé- « connaître, me traiter comme un étranger, moi, l'architecte de l'im- « pératrice, moi qui suis en correspondance avec elle! Aussi je lui ai « écrit, à madame votre mère, pour me plaindre de l'indigne réception « que vous m'avez faite. » A ce mot tout le monde se regarda. Son
prendre aucune part, quitta le Louvre, où il avait son logement, et se retira à la campagne. Dans sa retraite, il prépara une nouvelle édition de ses « Antiquités de la France », laquelle fut publiée en 1806 avec la collaboration, pour le texte, de J.-G. Legrand, son gendre et son confrère L Le gouvernement impérial accorda à Clérisseau la décoration de la Légion d'honneur-, il était alors plus qu'octogénaire. Il mourut à Auteuil, le 19 janvier 1820, à l'âge de quatre-vingt-dix-huit ans. (Mariette, Abecedario. — Dussieux, Art. fr. — Baronne d'Oberkirch, Mémoires. — Guide du voyageur à Met\.)
CLOCHAR (Pierre), né à Bordeaux en 1774, remporta deux prix, en 1801 et 1809, aux concours ouverts pour la distribution des terrains du château Trompette, à Bordeaux, et pour le projet d'un palais à élever sur ce terrain. Ces projets ont été gravés. Il a élevé, au cimetière du Père- Lachaise, à Paris, le tombeau de Monge, et aux Chartrons, de Bordeaux, le moulin Teynac. On a de lui les ouvrages suivants : « Palais, maisons et vues d'Italie, etc. » Paris ■, l'auteur, 1809 (ïri-fol.) ; — v Monuments et tombeaux, mesurés et dessinés en Italie, etc. », gravés à l'eau-forte et terminés par P. -G. -P. Lacour et E. Thierry. Paris, l'auteur, 181 5 (grand in-fol.). Une 2e édition parut en 1821 et une 3e en 1 833. (Gabet. — Borde, Hist. des mon. de Bordeaux.)
Altesse impériale hésita un instant; puis il reprit avec un fin sourire, en écartant légèrement ce Clérisseau : « Écrivez-lui donc, à madame « ma mère, que vous m'empêchez de passer, monsieur; elle vous en « remerciera certainement. »
1. La première édition, publiée en 1778, est moins complète que la seconde, mais elle a l'avantage de contenir les premières épreuves. L'édition de 1778 ne compte que 42 pi.; celle de 1806 en comprend 63, plus un volume de texte.
l5o DICTIONNAIRE
COCHERY fut admis à l'Académie royale d'architecture le 5 mai 1699, [Rens. part.)
COCHET (Claude-Ennemond) naquit à Lyon, le 6 janvier 1760, d'un père architecte1. Après avoir étudié à Paris, à l'école de Brongniart, il partit pour l'Italie, et obtint, en 1 786, le prix d'architecture de l'Académie de Parme. Rentré en France, il concourut, pendant la Révolution, pour un projet de Temple décadaire, et mérita dans ce concours la première couronne. En 1800 il fut reçu membre de l'Académie de Lyon, et prit part avec le même succès au concours ouvert pour l'érection de colonnes départementales. La même année il présenta au premier consul le projet d'un monument à élever à Lyon sur la place Bonaparte. A la même époque il fut chargé de transformer la vieille église des Jésuites, à Lyon, en une salle de séance pour l'assemblée des États cisalpins. La ville de Lyon lui doit aussi la construction de la Loge maçonnique ( 1 804) ; le monument funèbre élevé dans la plaine des Brotteaux aux victimes du siège de Lyon (1814). Nommé à cette époque professeur d'architecture à l'Académie des beauxarts de L}ron, il remplit ces fonctions jusqu'en 1824. Il mourut membre correspondant de l'Institut le 14 mars 1 835. (Gabet. — Bréghot du Lut et Péricaud, Biogr. lyonnaise.)
COIN ou COING (Jean), l'un des architectes du Louvre, est présumé avoir bâti avec un des Fournier (Louis ou Isaïe) l'étage supérieur de la Petite Galerie (la galerie d'Apol-
1. C'est à tort que la Biographie universelle lui décerne le grand prix d'architecture de l'année 1783, qui fut remporté par Vaudoyer père. Cochet, d'ailleurs, ne figure pas sur la liste des lauréats de l'Académie.
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. (5l
Ion) l. En 1608 il prit part à une expertise avec d'autres jurés du roi. Le 27 octobre 161 2, il fut chargé de la conduite des eaux du Rungis à Paris. Le 20 mars 161 3 il était à Coulommiers, en compagnie de S. De Brosse, de Jean Gobelin et de Charles Du Ry -, là ces artistes réunis « prirent l'alignement » du château, ce qui doit signifier qu'ils en plantèrent les bâtiments. Coin était mort en 1618. (Berty et Legrand, t. IL — Dauvergne.)
COLARD DE GIVRY fut maître des œuvres de la cathédrale de Reims pendant trente ans. L'ancien jubé qui fermait le chœur de cette église était son œuvre. Il l'avait commencé en 141 7, mais il ne put l'achever faute d'argent. Ce jubé fut détruit en 1747. Colard mourut en 1452. (Tarbé, N.-D. de Reims.)
COLARD-NOEL, de Valenciennes, fut l'un des architectes de l'église collégiale de Saint-Quentin. En 1477 il commença la reconstruction du bras et du portail méridional du transsept de cette église, travail qui avait été mal exécuté par Jean d'Ervilliers. Ces ouvrages étaient terminés en 1487 et reçus le 1 o décembre par les officiers du roi, assistés de plu-
1. Sauvai et Clarac donnent pour associé à Fournier un nommé Plain, dont le nom n'a été retrouvé dans aucun document , par la bonne raison, sans doute, que l'homme n'a jamais existé. Ce Plain n'est évidemment autre que Coin, dont le nom a été mal lu, soit par Sauvai, soit par son éditeur. D'autres erreurs du même genre, qui existent dans les Antiquités de Paris, autorisent à ne guère douter de celle-ci; ainsi, à la page 646 des Preuves de Sauvai, on trouve un Pierre Huissain qui n'est autre que Pierre Guillain (V. ce nom). Il est d'autant plus probable que Coin fut le vrai collaborateur de Fournier pour les travaux du Louvre que, dès 1 590, les deux artistes travaillaient ensemble.
sieurs architectes. On attribue à Colard-Noe'l l'Hôtel de ville de Saint-Quentin. (Gomart, Egl. de Saint-Quentin.)
COLARD D'HANDRECIES.— V. HANDREGIES