‹ Dictionnaire des architectes françaisChapitre 79 sur 85 · GISENT CI EN CET. . . PAR SA GRACE QUE DEX BONNE MERCI LEUR FACE · texte numérisé non relu

GISENT CI EN CET. . . PAR SA GRACE QUE DEX BONNE MERCI LEUR FACE

amen et » Une grande croix fleuronnée divise en deux le

champ de la pierre , et de chaque côté de cette croix sont gravés, à gauche un fil à plomb et une longue règle, à droite une truelle et un marteau -1'.

1. J'ai vu bien des fois cette pierre tumulaire quand j'étais inspecteur des travaux de l'église abbatiale de Saint-Denis ; elle avait été enlevée d'une cheminée de la ville, où. elle servait d'âtre ou de foyer, et déposée dans les magasins dépendant de l'église. Sa longueur est de 2mi5 et sa largeur de imo5 à la tête et om78 à l'autre extrémité. Elle porte malheureusement des traces nombreuses de coups de pioche. Néanmoins c'est là un de ces monuments devenus rares, et qui méritent d'être précieusement conservés.

. GUERNE remporta le grand prix d'architecture en 1769, sur une « Fête publique pour un prince ».

GUÉRONNEL (Lucas) remplaça, en 1619, Pierre Legenepvois, de Rouen, dans la conduite des travaux de l'église Notre-Dame du Havre. En 1620 il fut envoyé à Paris pour se concerter avec Lemercier, architecte du roi, relativement aux travaux de l'église, et il revint au Havre, au mois de juin, avec l'artiste parisien, qui fit le toisé des voûtes et piliers. [Bull, du Com., vol. III.)

GUEROULT (François), né à Rouen le 4 août 1745, construisit dans cette ville, sur ses plans, tout le côté nord de la rue de Crosne , la Salle de spectacle ou Théâtre des Arts (1774-1776)-, une salle de manège dans la rue du Contrat- Social. Lors de la fédération rouennaise, le 29 juin 1790, il fut chargé de la décoration et de l'illumination de l'Hôtel de ville. Il mourut le 1 er décembre 1 804 à Fontaine-Guérard (Seine- Inférieure). (Th. Lebreton, Biog. normande. — Delaquerière, Ane. Hôt. de ville.)

GUESLIN fit, le 1 3 avril 161 9, un rapport à la cour du Parlement de Paris sur le danger de la chute du Petit-Pont, de cette ville. (Lobineau, t. III.)

GU ESNON , architecte du duc Léopold de Lorraine, fut, en 171 7, avec son confrère Révérend, chargé de la direction des travaux d'un des bâtiments du palais Ducal de Nancy désigné sous le nom de « Chasteau de la Cour ». Cette construction, continuée jusqu'en 1721 ou 1722, ne fut pas achevée. ( Lepage, Palais Ducal.)

GUIBAL (Barthélémy), architecte et sculpteur, né à

Nîmes, alla s'établir en Lorraine, où le roi Stanislas le nomma son second architecte. On lui doit la statue de Louis XV érigée sur la place Royale de Nancy. Il mourut à Nancy le 24 mars i55y, âgé de cinquante-huit ans. (Rens. part.)

GUICHARD (Antoine) fut l'un des architectes de Téglise Notre-Dame de l'Épine, située près de Châlons-sur- Marne. Cette église fut commencée en 141 9 par un Anglais nommé Patrice, qui, tenté par les sommes considérables dont il était dépositaire, s'enfuit un jour, laissant les ordonnateurs de la construction sans ressources pour continuer leur œuvre. Plus tard, en 1429, Charles VII, traversant la Champagne, fît reprendre les travaux, mais pour peu de temps sans doute , car ce ne fut qu'un siècle plus tard, en 1529, que Guichard put achever l'édifice. Le nom de cet architecte a été révélé par cette inscription en patois champenois qu'on lisait dans Téglise : « L'an mil vc et xxiiii, Guichard Anthoine tos catre nos at fet » îf) laquelle inscription s'applique aux piliers que cet

1. Cette petite inscription, qui n'a l'air de rien, devint, il y a quelques vingt ans, un des gros arguments qu'un archéologue prussien, M. Sulpice Boisserée, fit valoir en faveur de la prétendue origine allemande de l'architecture gothique. Il est vrai que M. Boisserée avait, — involontairement je veux le croire, — latinisé ainsi qu'il suit ces quelques mots de patois champenois :

GUICHART ANTHONIS COL. SACER. NOR. ACTÉE.

D'où cette conséquence un peu forcée qu'un prêtre de Cologne, Coloniensis Sacerdos, avait été l'architecte de l'église Notre-Dame-del'Epine. M. Boisserée avait, malheureusement pour lui, compté sans le savant et regretté Félix de Verneilh, qui lui prouva facilement alors, dans les colonnes des Annales archéologiques, l'inanité de ses théories tudesques. Quant à l'inscription pseudo-latine en elle-même, Verneilh la fit estamper et en publia un fac-similé qui dut avoir son éloquence. Je doute fort que M. Boisserée soit revenu à la charge.

artiste champenois réédifia « tous les quatre ». Guichard fut aussi l'architecte de l'église de Gourtisols, située à deux lieues de Notre-Dame-de-F Épine, ainsi que l'établit cette autre inscription : « L'an mille v.c et xx, Guichart Athoie ici me mist. » (Verneilh, Cath. de Cologne.)

GUIGNET (Jean-Baptiste), né à Versailles en 1776, élève de Heurtier et de Percier, directeur des eaux du château de Versailles, fut l'un des architectes de l'Université. Il a construit, à Paris, le collège Saint-Louis, et restauré les bâtiments de la Sorbonne. (Guyot de Fère.)

GUILHAMINOT ou GUILHEMINOT (Simon)

restaura, en 1471, le clocher de l'église Nojre-Dame-des- . Tables, à Montpellier. Dans les deux années qui suivirent il fut employé à des travaux exécutés aux murs de la ville et au pont Juvénal. En 1472 il figure dans deux expertises, la première relative à un ouvrage exécuté par un de ses collègues : un escalier alors en construction à Notre-Dame-des-Tables ; la seconde ayant pour objet une visite de travaux faits au pont Juvénal. (Renouvier et Ricard, Maîtres de pierre.)

GUI LL AIN (Guillaume) i fut maître des œuvres de maçonnerie de la ville de Paris et, de plus, juré du roi en l'office de maçonnerie. Voici les épitaphes de G. Guillain et de sa femme, telles qu'elles existaient dans la nef de l'église Saint- Gervais, à Paris : « Guillaume Guillain, maistre des œuvres de maçonnerie et pavement de ceste ville de Paris, qui décéda

1. L'ordre alphabétique des prénoms pouvant être gênant pour l'exposition des faits historiques relatifs aux Guillain, je suivrai, pour les notices de cette famille, l'ordre chronologique.

336 MCI [ONNAIRl

le » Et au-dessous : « Pcrrette Chambigcs ( fille de

Pierre Chambiges), femme dud. Guillain, qui décéda au mois de septembre i 549 ». Cette épitaphe nous apprend qu'en cette année (549, Guillain était déjà architecte de la ville ', mais qu'il n'était pas encore en possession de 1'oHïcc de juré du roi, ce qu'il n'eût pas manqué de relater dans l'inscription dont il s'agit. En 1 558, comme maître des œuvres de la ville, il fit abattre un mur qui fermait la rue du Petit-Reposoir, lequel avait donné lieu à un procès qui fut gagné par les appelants. En 1572, le maréchal de Cossé ayant acheté de Jeanne de l'Orme, sœur du célèbre Philibert, la maison dite le logis d'Etampes, qui était située rue Saint-Antoine, près la Bastille, G. Guillain fut, avec son confrère Grand-Rémy, chargé par le maréchal de constater l'état de cette maison et d^ndiquer les travaux et réparations à y faire. Le procès-verbal des experts porte la date du 8 janvier 1572. (Lobineau. — Sauvai. — P. Lacroix , Rev. univ. des arts. — Berty , Topogr. — Arch. de l'art fr., 2e série, t. II.)

1. En effet, au mois de juin de la même année, à l'occasion de l'entrée à Paris du dauphin, fils de Henri II, « tout le long de la dicte sepmaine... furent faictes les monstres des mestiers de Paris, qui dévoient marcher à pied à la dicte entrée du roy et de la roine Et pour la première fois se assemblèrent à la porte S. Anthoine, et allèrent, sous la charge des dicts capitaines de la Saulnerie et vicomte de Beaupré, jusques au bois de Vincennes, où ils furent si bien mouillez de la pluye, que ceux qui avoient porté leurs beaux habits de soye des couleurs du roy et de la roine, furent gastés. Et ne firent ce jour leur montres les imprimeurs, les maçons, tailleurs de pierre et les cousturiers; car les dits imprimeurs avoient un capitaine de leur estât, qui estoit Louis Chaudière, et les maçons, tailleurs de pierre et charpentiers avoient pour leurs capitaines maistre Guillaume Guillain, maistre des œuvres de maçonnerie de la dicte ville, et maistre Claude Girard, maistre charpentier... » (Lobineau, V, 36o.)

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GUILLAIN (Pierre), père du suivant. — V. page 338, note.

GUILLAIN (Pierre II). En i6o5,au mois de novembre, la reprise des travaux de l'Hôtel de ville de Paris ayant été décidée par les magistrats municipaux, la direction en fut confiée à Pierre Guillain, maître des œuvres de maçonnerie, et à Charles Marchant, maître des œuvres de charpenterie. Toutefois, P. Guillain et Marchant ne semblent avoir eu pour mission que de continuer l'œuvre de Boccador, premier architecte de l'édifice; en effet, à la date du 16 février 1607, ces deux artistes ayant à indiquer aux ouvriers la forme à donner au comble du bâtiment principal, furent obligés de se conformer « au dessin en parchemin qui leur avait été montré ». Les maîtres des œuvres décidèrent que la charpente de cette partie de l'édifice aurait « la forme, structure et façon du comble de la grande salle du Louvre, dont sera fait dessein et figure ». Le nom de Pierre Guillain figure encore, au mois de mars de la même année, sur les registres de l'Hôtel de ville, dans un marché passé, d'après son avis, entre le corps municipal et l'entrepreneur Marin de la Vallée, pour la construction d'un pavillon neuf qui devait surmonter la chapelle du Saint- Esprit, contiguë à l'Hôtel de ville, et compléter l'ensemble de la grande façade. En 161 3 le campanile de l'horloge de l'Hôtel de ville, ébranlé sans doute par la cloche de cinq pieds de diamètre qu'y avait fait placer, en 1609, le fondeur Antoine Lemoine *, eut besoin d'être consolidé, et, sur la demande des officiers municipaux, Pierre Guillain, assisté de deux experts,

1. Et aussi probablement par cette horloge construite en 1612, œuvre de Jean Lintlaër, laquelle était de « même grandeur, grosseur , estoffes que celle du Palais , voire plus pesante de trois cents livres ».

D1CT10NNA IRI

lit un rapport tendant à ce que de nouvelles pièces de charpente fussent ajoutées à ce campanile. Pendant les huit années qui suivirent celle de la reprise des travaux, P. Guillain fit exécuter, de i6o5 à 1607, les murs de face de la grande salle, « sur la place de Grève et sur la cour » • les combles, le campanile et la couverture du bâtiment-, en 1608, les douze colonnes cannelées de la façade-, en 161 o il acheva le pavillon de gauche dit du Saint-Esprit '. (Leroux de L. , Hot. de ville. )

1. La tombe d'un P. Guillain existait, comme celle de son frère, à Saint-Gervais ; elle portait les deux inscriptions suivantes : « Pierre Guillain, fils du dit Guillaume, aussy maistre des œuvres de maçonnerie et pavement de ceste ville de Paris, qui décéda le.... »; et au-dessous : « Gillette de la Fontaine, femme dud. Pierre Guillain, qui décéda

le i5e jour de février 1 558, le an de son aage et le commencement

du vingtiesme de son mariage». Mais évidemment, et quoi qu'on en ait pensé jusqu'ici, cette épitaphe n'est pas celle du P. Guillain dont les travaux sont exposés ci-dessus. Examinons. En 1 558, le Pierre Guillain de l'épitaphe devint veuf de Gillette de la Fontaine, laquelle mourut au commencement de la vingtième année de son mariage. Pierre l'aurait donc épousée vers 1 53g ; or, si on le suppose âgé de vingt ans seulement lorsqu'il se .maria, il serait né en 1 5 [9- D'où il suit que si le Pierre qui dirigea les travaux de l'Hôtel de ville, de 1607 à 161 3, était l'époux de Gillette de la Fontaine, il aurait eu quatre-vingthuit ans lorsque les travaux furent repris, et quatre-vingt-quatorze ans lorsqu'il céda la place à son successeur. On comprend qu'il est impossible d'admettre qu'un vieillard ait pu être maintenu jusqu'à un si grand âge dans des fonctions qui exigent tant de vigilance et d'activité. D'où je conclus facilement que le Pierre Guillain de 1607 à 161 3 n'est pas celui de l'épitaphe, mais qu'il doit être son fils. A la vérité, le nom du premier Pierre paraît avoir été ignoré de tous les historiens de notre Hôtel de ville, y compris Leroux de Lincy, car il ne figure pas dans la chronologie des maîtres d'œuvres municipaux donnée par le docte et consciencieux auteur. Mais cette chronologie est-elle complète? Il est permis d'en douter quand on considère que, pour le XVIe siècle, auquel appartiendrait le premier Pierre Guillain, on ne trouve entre Jacques

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GUILLAIN (Auguste) naquit à Paris le 4 janvier i58i, et eut pour parrain Augustin de Thou. Lors de l'entrée à Paris de Marie de Médicis, le 16 mai 16 10, Auguste

Arasse, qui apparaît en x52C), et le second Pierre, qui se met à l'œuvre en 1610 — c'est-à-dire dans un intervalle de quatre-vingt-un ans, — que le seul nom de Guillaume Guillain. Or, pendant le XVe siècle, les huit architectes qui se succédèrent à l'Hôtel de ville n'exercèrent chacun leurs fonctions que pendant une période moyenne de douze à treize ans. Evidemment il y a là une lacune, et cette lacune, je crois pouvoir la remplir. En effet, voici la note précieuse que je trouve dans Sauvai (t. III, Preuves, 646) ; elle est prise dans les comptes de la prévôté de Paris. «A Me Claude Perrot, procureur du Roy en la dite ville et Pierre Huissain, maistre des œuvres de la ville, soixante livres, à chacun d'eux trente livres, pour leurs peines, salaires et vacations d'avoir vacqué depuis le quinzième avril jusqu'au vingt-sixième du dit mois i5y3, à l'exécution d'une commission du vingt-septième mars du dit an, pour visiter les porte-eaux de Chaulny, Pont-Ste- Maixance et Creil. » Indubitablement Sauvai a mal lu le nom de ce maître des œuvres : son Pierre Huissain n'est qu'un cousin du Pierre, né de Amsterole, qu'il nous donne (t. I, p. 341) pour l'architecte de la Sainte-Chapelle. Au surplus, ce Huissain ne se trouve nulle "part ailleurs que chez Sauvai ; si donc Sauvai a bien lu et bien copié ce nom, il faut mettre ces coquilles au compte de ses éditeurs, car on sait que, lorsque son livre fut publié, l'historien de Paris n'était plus là pour revoir ses épreuves. Il n'en faut pas douter, ce nom défiguré, mais reconnaissable encore, n'est autre que celui de Pierre Guillain, et ce Pierre Guillain de i5y3, déjà maître des œuvres de la ville, ne saurait être celui qui succéda trente-sept ans plus tard à son père comme architecte de l'Hôtel de ville. Ce Pierre est le vrai fils de Guillaume et le mari de Gillette de la Fontaine. On a vu que la dernière trace certaine de Guillaume se perd en 1 572 ; si cette date est celle de la mort de ce personnage, il est tout naturel de trouver son fils lui ayant succédé en 1573. II faut le dire pourtant, dans sa chronologie des maîtres des œuvres, Leroux de Lincy a inscrit le nom de Guillaume à une seule date, celle de 1579, qui semble être en désaccord avec la qualification de maître des œuvres de la ville donnée au prétendu Pierre Huissain six années auparavant, en iS-jo; mais, d'une

Guillain était déjà désigné pour succéder à son père Pierre Guillain. En ellet, parmi les personnages appelés à faire partie du cortège, on voit a les sieurs Guillain le jeune et Pouriac reccus à survivance ez ollices de maistres des œuvres de maçonnerie et de charpenterie de la dite ville ». Il remplaça son père comme architecte des travaux de T Hôtel de ville, en 1 6 1 3, ' et construisit d'abord le portique de gauche de la grande cour. Plus tard, en iGi6, il fut chargé par le prévôt des marchands de dresser le plan d'une rue à ouvrir pour établir une communication entre la galerie du Louvre et l'ancienne porte Saint- Honoré (cette rue fut celle que nous avons connue sous le nom de Saint-Nicaise). Dans un marché daté du i3 octobre 1617, entre le prévôt des marchands et Thomas Boudin, « maistre sculpteur », relativement à la cheminée de la grande salle de PHôtel de ville, côté de l'arcade Saint-Jean, il est mentionné comme le maître des œuvres sous la direction duquel devront être exécutés les travaux. A la date du 2 mai 1623, il présentait le devis des ouvrages de maçonnerie à exécuter pour la construction de trois lucarnes qui devaient surmonter le même corps de bâtiment et être terminées pour le jour de la Saint- Jean- Baptiste de la même année '. En 1624, le 28

part, Leroux de Lincy a pu se tromper, il n'appuie cette date d'aucune preuve; d'autre part, le fils.de Guillaume pouvait bien être reçu en survivance à l'office de son père dès 073, puisque Auguste Guillain, le fils (voir ce nom), avait déjà obtenu cette faveur en 16 10, bien qu'il dût attendre encore trois ans (jusqu'en 161 3) avant que la mort de son père le rendît titulaire. Rien ne s'oppose donc à ce que ce Pierre Huissain apocryphe disparaisse de l'histoire pour rendre à Pierre Guillain Ier la place qui lui appartient.

1. Ces lucarnes, qui devaient couronner le corps de logis de gaucl e de la grande cour, ne furent pas achevées dans le délai prescrit, - 1 l'on en juge par l'inscription suivante, qu'on lisait sous le portique du bâtiment dont il s'agit : «Hanc. 7Edificiorum.molem.multi3.iam. annis.

juin, lors de la pose de la première pierre de la fontaine de Grève, à Paris, il fut averti , en sa qualité de maître des œuvres de la ville, de « tenir les martereaux prêts » pour cette cérémonie. Le 24 mai 1625, le prévôt des marchands et les échevins s'étant rendus au collège de Navarre pour une semblable opération, Guillain présenta au prévôt des marchands « une truelle d'argent avec du mortier, lequel sieur prevost a maçonné sur l'assise de la dite première pierre, et après, tour à tour, les dits sieurs eschevins et greffier en ont fait autant » . Le ier août 1628 il figura également à la pose de la première

INCHOATAM. ET. EFFECTAM. MARINUS. DE. LA. VALLEE. ARCHITECTUS. PARISIN. SUSCEPIT. AN. 1606. ET. AD. VLTIMAM. VSQUE. PERIODUM. FŒ-

liciter. perdvxit. an. sal. 1628. » (Marin de la Vallée, architecte parisien, a entrepris, l'année 1G06, ce grand édifice resté longtemps inachevé et imparfait, et l'a heureusement terminé l'an du salut 1628 ) Cette inscription est un mensonge adressé à la postérité par l'intrigant entrepreneur des travaux, Marin de la Vallée. Les vrais architectes de cette partie de notre Hôtel de ville sont les Guillain (Pierre II et Augustin); Marin n'en fut que le maçon, mais ce maçon était riche, tandis que les architectes qui le commandaient étaient pauvres sans doute, de là la prééminence qu'il put effrontément s'arroger. Au surplus, si peu de gens, même de nos jours, savent distinguer un maçon d'un architecte, qu'il ne faudrait pas trop s'indigner contre le prévôt des marchands d'alors qui toléra, qui autorisa peut-être cet effacement complet du maître de l'œuvre au profit d'un négociant malhonnête. Car, chose incroyable, dès 16 19 Marin de la Vallée avait été dénoncé à la justice comme n'ayant pas rempli fidèlement les obligations de son marché; des malfaçons nombreuses étaient signalées à cette époque dans ses travaux, et il fut condamné à refaire les ouvrages jugés défectueux par le maître des œuvres! Et ce fournisseur indélicat qui, de l'aveu du corps municipal et aux yeux de celui même qu'il frustrait avec tant d'audace , put s'approprier publiquement et pompeusement la gloire modeste de l'artiste. O puissance de l'argent, tu es parfois bien méprisable! — L'inscription ci-dessus rapportée a dû disparaître dans l'incendie allumé par la Commune.

pierre du collège de Clcrmont, rue Saint-Jacques. Augustin Guillain mourut en 1 G3G et fut enterré dans l'église Saint- Paul, à Paris. Voici Fépitaphe qu'on lisait sur sa tombe : « Cy gist honnorable homme Augustin Guillain , vivant maistre des œuvres, garde et ayant charge des fontaines de la ville de Paris," juré du Roy, des œuvres de massonnerie, lequel décéda le 6e jour de juin, jour de saint Claude, i636 ». (Leroux de L., Hôt. de ville. — P. Lacroix, Rev. univ. des arts. — Berty, Topogr. — Lobineau , t. V, Pr.)

GUILLAIN (Augustin), filsdu précédent, fut, de i636 (à la mort de son père) à 1643, conjointement avec Christophe Gamare, maître des œuvres de maçonnerie de la ville de Paris. (Leroux de L., Hôt. de ville.)

GUILLAUME a construit, à Dijon, l'église Saint- Bénigne. (Mabillon, Act. Sanct., t. VIII.)

GUILLAUME. A la face externe du chevet de l'église Saint-Étienne, de Caen , on lit l'inscription suivante gravée en caractères gothiques dans le mur de la chapelle de la Vierge :

« GVILLELMUS JACET HIC, PETRARUM SUMMUS IN ARTE ; — ISTE NOVUM PERFECIT OPVS DET PR.GMIA CHRISTUS. AMEN « '. Cette

inscription rappelle le nom de l'architecte du XIIIe siècle,

1 . Cette inscription, inexactement transcrite par Ducarel, et qui a été rectifiée par Delarue, est remarquable, dit M. Hippeau, parles signes et les abréviations qui s'y rencontrent, par les trois points qui séparent chacun des mots et par les signes d'invocation qu'on voit au commencement et à la fin, lesquels y sont figurés par une croix allongée avec trois points pour indiquer la Trinité. Les lettres minuscules et cursives qui la composent sont du XIIIe siècle.

auquel on doit la construction du rond-point de l'église. (Hippeau, Abbaye Sf-Étiènne de Caen.)

GUILLAUME, religieux de l'abbaye de Saint- Wandrille, né à Norville (Seine-Inférieure), travailla de 1288 à i3o4 à la construction du clocher de l'église de son monastère ; mais ce travail fut achevé par Guillaume de la Doullée ou de la Doublie, abbé, de i3o4 à 1342. (Cochet, Les Églises.)

GUILLAUME (Pierre), maître des œuvres de la ville de Paris. En 1602, le 23 novembre, il lui fut ordonné, par le prévôt des marchands et les échevins, de « se transporter au premier jour en l'arcenacq de la dicte ville, pour veoir quels ouvrages de maçonnerye il convient faire pour les répparations nécessaires et en faire son rapport ». (Leroux de L., Hôt. de ville.)

GUILLAUME DE MARBOURG. — V. MAR- BOURG (Guillaume de).

GUILLAUME MARTIN. Chorier, dans ses « Recherches sur les Antiquités de Vienne », signale ainsi qu'il suit le nom de cet artiste : « La colonne qui est proche de la porte la plus fréquentée (dans l'église Saint-André-le-Bas, à Vienne) a sa plinthe et son stylobate de marbre blanc. Aussi l'architecte de cette église l'a choisie entre les autres pour y graver des préceptes tirés de l'Évangile et son propre nom, qu'il a tâché d'immortaliser dans son ouvrage : il s'appelait Guillaume Martin et vivait en 1 152. » Voici l'inscription dont il s'agit, sauf quelques lettres détruites par le scellement d'une barre de fer :

ADORA TKDNM INAVLASGAEIV

-f- . ETCV . STATIS ADORADV . R . . .

ITTITE . SIQVID HABETISADVERSVS ALIQEVSQ . LXXES VUES -|- VVIILELMVS . MART INI . MEFECIT ANOMILL . CLII .'ABINCD

Voici comment cette inscription a été lue :

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