CAL
littérateur à Rome , vers la fin du xv siècle. Bayle dit qu'il n'avait point de religion. Il appellait Dieu communem errorem ; l'erreur populaire.
CALIGULA. ( * C. ) Il se trouve dans ce dictionnaire, non pas comme Athée 5 tout au contraire : on donne ici cet empereur Romain pour exemple que les pins perdus scélérats dont l'histoire fasse mention , ont reconnu la divinité. Bayle.
L'homme vertueux, seul , a le droit d'être Athée.
Sylvain , Lucrèce français.
CALLAIQUES. ( les ) Callaïcos Hispanos ( les peuples de la Galice ). Niliil de diis sensisse perhibent. Strabo. Geogr. III.
Quelques auteurs rapportent , que les Callaïques , peuple de l'Espagne , étaient Athées.
CALMET. ( Aug. ) Le nom de Dieu renferme toutes choses.
Dictionnaire de la Bible, au mot: Jehovalu
N. B. C'est ce que Spinosa disait avant dom Calmet.
. CALVINISTES, (les) dans des thèses publiques , ont avancé cette opinion :
« Tout ce qu'on dit en faveur de Pîm- » mortalité fie lame, estime invention » pour faire Bouillir la marmite du clergé ». Ad sialuciidam suam culinam excogilatum.
C AMP.A NELEE , ( Th. ) de la Calabre.
Cyprianus croit cpie dans le fonds Campanclla n'avait point de religion
Il n'avait pas assez d'étoffe pour être Athée , dit Naigeon.
Son livre : Alheismus triumphatus , serait mieux intitulé: Atlicismus iriumplians.
I.( in de combattre et de vaincre l'athéisme, il le ménage et le fait même triompher.
Vingt - sept années de prison et sept tortures, empêchèrent Campanella d'aller aussi loin qu'il aurait pu le faire.
CANARIES. La nature était l'unique divinité des anciens habitans des Canaries.
Herbert , voyageur Anglais.
CANAYE. ( P. ) Point de raison , c'est la vraie religion! fait dire St.-Evremont au père Canaye , conversant avec d'Iïocquincourt.
CAP-VERD. Il serait sans doute mal aioé d'assurer quelle est la religion des peu-
pies du Cap-Verd; il vaudrait peut-être mieux dire qu'ils n'en ont aucune. Dellon, t. L p. 10.
N* B. On devrait appliquer textuellement cette observation à presque toutes les nations de la terre , tant anciennes que modernes.
On pourrait dire aussi que presque toujours, presque par - tout , le peuple professe un culte et n'a point de religion.
CAR.AMUEL. L'ignorance de Dieu est quelquefois invincible.
N. B. Cet aveu naïf est précieux.
CARDAN. (Jérôme) ( Voyez ce mot.) Homo nullius religionis ac Jiclei , et inter clancularios , (Voyez ce mot. ) atheos secundi ordinis cevo suo facile princeps.
Theoph. Raynaud, de bonis ac malis libris.
Cardan ayant comparé entr'elles etfaitdisputer l'une contre l'autre, les quatre religions générales , finit sans se déclarer pour aucune.
« Je laisse au hasard à décider de la vicie toire ». Liv. II , de la Subtilité.
Cardan avait composé un livre de la mortalité de Vaine, lequel il montrait quelquefois à ses bons amis. Ce livre n'a jamais été imprimé 5 au contraire , le public a un
ouvrage de Cardan touchant V immortalité <\e l'ame , où l'on trouve mauvais qu'il ait dit que le destin et les conseils lui défendaient de déclarer tout ce qu'il pensait sur cette matière. C'est un signe , ajoute-t'on,
qu'il ne publia ce livre que par politique
Del Rio , disquisit. Th. Raynaud , erotem. de ma lis libris.
Quelques paroles du traité de Cardan sur l'immortalité de l'aine , sont la pure impiété d'Averrcës. Scaliger.
Cardan agite la question ....
Videamus an foriem ad bene beatequc vivendum , animœ immorialilatem credere plurinium conférât ....
C'est-à-dire : examinons si l'opinion dô l'immortalité de l'ame contribue pour beaucoup à nous faire vivre avec honnêteté et agrément.
Voici sa conclusion ; elle est négative : atque ut video , nec in hoc utilis est hœc opinio.
C'est-à-dire : cette opinion ne me paraît pas utile à cet objet.
CARNÉ ADE , philosophe Grec , de Cy-
rène
rêne. Défenseur de l'incertitude aussi ardent qu' Arcèsilas , il était de ceux qui disaient qu'on ne peut rien comprendre.
Hormis la morale , dit Moréri , Carnéade négligeait toutes les autres choses.
N. B. C'est le parti aucjuel il faudra tôt ou tard revenir.
CARRA. L'homme est pour l'homme l'être par excellence . . .
C'est sous ce rapport que l'homme a conçu l'idée de la divinité . . .
iV. Principes de physique „ 178 1 , t. I,p. 1.
La philosophie , disent les poètes , est fille <lu ciel ; elle est pour moi fille du génie et de la vertu. Idem.
CARTÉSIENS. Les plus subtils dentre -ces philosophes soutiennent que nous n'avons point d'idée de la substance spirituelle.
N. B. On voit où cela mène.
On soupçonne d'irréligion les Cartésiens.... de sorte que , selon le santiment d'une infinité de personnes , les mêmes gens qui ont dissipé dans notre siècle les ténèbres que les scholastiques avaient répandues par toute l'Europe -9 ont multiplié les esprits
forts et ouvert la porte a l'athéisme ou au pyrrhonisme.
2V. B. Cela ne pouvait guère être autrement.
CATINAT , ( Nicolas ) maréchal de France, et philosophe épicurien, de l'école du Temple , à Paris.
CASSIUS, ( Caius Longinus ) l'un des justiciers ( meurtriers ) de César.
Il croiait , selon les principes d'Epicure , la mortalité de l'ame , et Pâme du monde.
CATON d'Utique, On ne voit pas que Caton d'Utique, cet homme si parfait, se soit appliqué à connaître la divinité, et à lui rendre quelques devoirs.
Ilist. de la Philos, aïicicnne.
N. B. C'est quTil n'avait pas besoin décela pour devenir parfait.
GATONS ( les deux ) sont placés par des hommes d'une autorité grave , au nombre des panthéistes , ou matérialistes.
CATULLE. ( G. V.) Voici son brevet d'Athée :
Soles occidcrc et redire possunt , T^obis , cum semel occidit brevis lux , JS7ox est perpétue nna dormier.da,
C'est-à-dire :
ta nuit sans fin succède aux. jours de notre vie.
Voye^ -dncLcrion.
N. B. Car il n'est pas nécessaire d'avoir composé des in-f°. comme Bayle, des in -4°. comme Spinosa, pour être admis au portique des hommes sans Dieu: une morale douce, une philosophie pratique, et quelques vers aimables , enfans d'une imagination libre et dégagée de toutpréjugé, doivent suffire pour caractériser l'Athée , ami des seuls plaisirs que donne la nature , en dédommagement des maux de la politique.
CAVALCANTE , gentilhomme Florentin , de l'ancienne famille des Cavalcanti , si féconde en grands hommes. Il avait beaucoup d'esprit , de valeur et de prudence.
Il était épicurien de moeurs et de principes.
C AVALCAOTE, ( Guido ) son fils , poëte italien , contemporain du Dante. Il mourut à Florence, sa patrie , en i3oo, soupçonné de pencher secrètement vers l'athéisme.
Il avait épousé la fille de Farinata.
Voyez ce nom.
i Ce noble Florentin était un homme fort, méditatif , habile philosophe , et qui
témoigna beaucoup de constance dans sers malheurs. L'on disait que ses profonde* spéculations avaient pour but de prouver qu'il n'y avait point de Dieu. Bajle.
Bocace le soupçonne d'avoir des douterun peu trop forts sur la divinité.
Morêri , dieu
CAYLTJS . . . , Les divinités sont les hommes bienfaisans et les rois courageux qui obtinrent , dans les premiers siècles „ des autels long-temps après leur mort.
Antiquités 7 préface y t* V* in-40.
TV. B. Ce savant respectable n'en pouvait dira plus dans le temps où il écrivait. Une censure, qui n'était point celle de Caton , pesait alors sur la. plume des amis de la vérité»
CELIUS.
Nullos esse De os , inane cœlum Affirmât Celius , probatque ....
Martial , épigr. IV.
C'est-à-dire : Celius affirme et prouve qu'il n'y a point de Dieu . . * ♦
CENRAVACH. La secte de ce nom, chez les Indiens , tient qu'il n'y a ni Dieu , ni paradis, ni enfer. Moticonys^ Schouten*
CERINTHE , disciple de Simon dit le Magicien , publia sa doctrine , à Antioche , en Syrie , vers la fin du premier siècle de Père chrétienne.
Il soutenait que le monde n'est pas l'ouvrage de l'être suprême, mais d'une espèce de force motrice , distinguée de Dieu , qui avait arrangé les différentes parties de là matière.
CES ALPIN, (A.) renversa non-seulement:
la providence, mais aussi ra distinction entre le créateur et la créature. IL s'est attaché au sens d'Aristote. Ses principes ne diffèrent guerres de ceux de Spinosa ; ce qui confirme la conformité de Spinosa avec Aristote.
Bayle.
L'auteur de la Bibliographia curlosa , compte Cesalpin parmi les plus grands génies. Il prétendait que l'ame des bêtes est Une portion de la substance de Dieu.
Ce savant Athée était médecin.
CHALDÉENS . ( les ) La croyance de ce vieux peuple était un pur spinosisms ; ils disaient le monde éternel ; et ils opinaient pour une grande ame , infusée dans la matière. V. Pliilon et Diodore , le sicil.
CHASlPEATJX. (Guillaume de ) Le sentiment de Guillaume de Champeaux était dans le fond un spinosisme non développé.
Abailard fut son élève.
CHAPELLE , ( E. Luillier ) poète épicurien , français , né à la Chapelle près Paris. Il fut le maitre de Chauiieu. Fojez Catulle.
CHARRON , ( le Théologal P. ) parisien ; sage comme son livre de la Sagesse.
Diclionn. des honn. gens.
Le'soleil était le Dieusensible de P. Charron Toutes les religions ont cela , qu'elles sont étranges et horribles au sens commun.
De la Sagesse, n , 5.
Le P. Garasse accuse Charron de dire ouvertement que la religion esl une sage invention des hommes pour contenir la populace dans son devoir.
Tout le discours de Charron , ( dit le même ) porte l'esprit de ses lecteurs à secouer la créance de Dieu.
.... Cette espèce d'athéisme, ( c'est-àdire , de ceux qui , tout à plat, nient la déïté, et par discours veulent résoudre n'y avoir point du tout de Dieu ) , première , insigne >
formée et universelle , ne peut loger qu'en une ame extrêmement forte et hardie
Certes ! il semble qu'il faut autant et (peut-être,) plus de force et de roideur d'ame à rebuter et résolument se dépouiller de l'appréhension et créance de Dieu, comme à bien et constamment se tenir ferme à lui.
Des trois Mérités.
Il faut être simple, obéissant et débonnaire , pour être propre à recevoir religion .... Assujétir son jugement et se laisser mener et conduire à l'autorité publique.
C'est un abus de penser trouver aucune raison sufÊsante et démonstrative assez pour prouver et establir évidemment et nécessairement que c'est que déïté : de quoi l'on ne se doit pas esbahir ; mais il faudrait s'esbahir s'il s'en trouvait ....
Dieu, déité , éternité , toute puissance, infinité , ce ne sont que mots prononcés en Pair , et rien plus
Des trois Vérités, i. 5.
Beaucoup de gens s'élevèrent contre le livre de la Sagesse, et le décrièrent comme un séminaire d'impiété !
Le président Jeannin dit haut el clair que ce livre n'estait pour le commun et bas eslage du monde , ains ( mais ) qu'il n'appartenait qu'aux plus forts el relevés esprits d'en faire jugement , et qu'il estait vrayenient livre d'Estat.
CHATELET , ( la marquise du ) dans V avant- propos de ses Institutions de Physique , le chapitre II. a pour titre : de l'Existence de Dieu. Il renferme ce qu'on a dit de mieux sur cette fameuse question. Il faut lui rapprocher le n°. 86 , du chapitre "V , désigné par ces mots : de /' Utilité des abstractions.
« Notre esprit ( dit la savante du Chate- » let ) a le pouvoir de se former par abs~ » traction des êtres imaginaires, qui ne con- » tiennent que les déterminations que nous » voulons examiner .... etc. ».
2V. B. Que pouvait-on dire de plus significatif pour des lecteurs qui savent lire ?
CHAULIEU. Ce poète épicurien n'avait pas plus de religion qu'Anacréon. Cela nous valut de charmantes poésies , qui survivront à/' And- Lucrèce, aux deux poèmes de Racine le fils , aux vers sacrés de Le franc de Pom-
piguan,
pignan, et aux œuvres posthumes du cardinal Bernis.
Dieu n'a jamais été si bien servi par les poètes , que l'Amour.
Chaulieu chanta le plaisir et l'amitié, sur les genoux de la philosophie.
Alm. des Rép. p. 119.
CHAUSSARD. Vôtre grand Être ressemble bien fort à la nature. — C'est elle-même. Vos prêtres ont menti.
Le nouveau Diable Boiteux , t. I , p. 187.
Le génie et la vertu brillent encore sur l'humanité. VoiLà la seule providence. T*II.p.55.
CHAUSSIER , professeur d'anatomie à l'école de Santé.
Voyez sa table synoptique de la force vitale. S'il faut entendre par Alliée l'homme tolérant qui s'élève au-dessus des préjugés , qui n'est d'aucune secte religieuse , qui n'admet d'autre culte que celui des lois , dont la vie consiste dans l'exercice des vertus sociales, la probité , la philantropie, la recherche du
vrai , la perfection de la raison
certes ! le dictionnaire des Athées comprendra les philosophes de tous les temps, de tou s les pa^ys . • . .etc. Jusqu'à présent, ces mots
lO
à' Atuée et d'athéisme ne sont réellement que des dénominations vagues, indéfinies , insignifiantes, qui ont servi de prétextes àtoutes les sectes, à tous les sots, pour calomnier et persécuterceux qui ne partagent pas leurs opinions, ceux qui n'encensent pas leurs idoles.
CHERCHEURS. Philosophes anglais , s'occupant sans cesse à chercher la véritable religion, et condamnant toutes celles qui sont établies. Ils n'en suivent eux-mêmes aucune, en attendant qu'ils aient trouvé la véritable.
Stoup assure que de son temps il y avait encore de ces philosophes en Angleterre et en Hollande.
Espèce de secte Anglaise , qui, sans avoir pris parti en matière de religion, était toujours en haleine pour trouver la vérité.
Histoire des Trambleurs , Liv. II.
CHEREMON , et les plus savans prêtres de PÉgvpte , étaient persuadés , comme Pline, qu'on ne devait admettre rien hors le monde .... Dupuis , Origine des cultes.
Les Dieux , ( dit Cheremon , sage d'Egvpte ) ne sont que les vertus de la nature , répandues dans tcus les corps qui la composent. Porphyr. ad Janeb. Ejnst.