‹ Dictionnaire des athées anciens et modernesChapitre 36 sur 134 · DUP · texte numérisé non relu

DUP

ïes noms sont connus dans toute l'Europe , Pétion , Sieyes , Condorcet et autres , entourés dans le panthéon , comme les philosophes Grecs à Athènes , d'une foule de disciples venus des différentes parties de l'Europe , se promenant à la manière des Péripatéticiens , et enseignant, celui-là, le système du monde 9 développant ensuite les progrès de toutes les connaissances humailies ; celui-ci , perfectionnant le système social . . . ( De nombreux applaudis s emens s'élèvent dans l'assemblée presqu entière et dans les tribunes, etc. ).

Depuis , J. Dupont donna , sur les places publiques , des leçons de morale et d'athéisme.

N. B. Il n'en résulta aucun désordre. Ce fait répond à bien des calomnies.

DUPUIS, de l'Institut national, professeur au collège de France , et auteur de V Origine des cultes , III vol. in-40.

Dans V Abrégé de cet ouvrage , I vol.

in-8°. 1798, ce philosophe savant établit, p. 417 , que la religion est inutile et même dangereuse.

Papou paraît Athée. Il dit , p. 385 de son Abrégé de ^origine des cultes ,

La chimère d'un Dieu.

Note de Lalande.

Dans le grand ouvrage , on lit :

Il est certain que tout le cérémonial religieux des anciens était fondé sur les phénomènes de la nature. Toni. I.

i\\ B. Cela devait être ainsi, les anciens n'ayant d autre divinité qu'elle.

Ce sont les femmes , les enfaus , les vieillards et les malades , c'est-à-dire , les êtres les plus faibles qui sont les plus religieux , parce que chez eux la raison décroit en proportion de PafFaiblissernent du corps.

Le culte ne peut jamais être qu'une invention moderne dans l'éternité.

La religion , telle qu'elle a presque toujours existé . est incontestablement le plus grand fléau qui ait affligé les hommes. Note qqqq , tom. /. Orig. des cultes.

N. B. Le nombre des livres augmente dans une progression effrayante. Dans peu , il faudra nécessairement y porter le flambeau de la criti(jue. On commencera îans doute par les montreuses biblia-

thèques de la théologie. L' Origine des cultes dédommagera amplement de ce sacrifice. Cet ouvrage renferme tout ce qu'il importe de savoir sur Dieu , et sur les^ religions , filles verbeuses d'un père muet.

DUVERNET. ( J. ) Pourquoi cette longue querelle entre les philosophes et les théologiens ? Le voici :

Les sages, les hommes instruits de tous les pays , ont dit à tous les théologiens du monde : parlez clairement , parlez raisonnahlement ; et nous vous croirons.

Il ne s'agit pas ici de raison , ont toujours répondu les théologiens.

Note, Histoire de la Sorbonne> t. II.

N. B. Pouvaient-ils répondre autre chose ? Qu'ont de commun, en eftet, la raison, le bon sens , avec un Dieu incompréhensible à ceux-là mêmes qui s» consacrent à l'étude des choses divines l

Il faut être Athée , ou Sorbonniste.

OSTEM. Ce personnage célèbre1 qui parvint à transférer le kalifat, de la famille des Ommiyach à celle des Abbâs , passe pour avoir cru que toutes choses finissent par retourner dans un principe commun , ou Dieu. Opinion que les anciens Arabes appellent la métempsycose de la résolution , et que nous qualifions de pur matérialisme.

iV. B. Nous croyons avoir déjà remarqué que le» Arabes sédentaires , peuple éclairé depuis longtemps, ont professé la plus haute philosophie. C'est de l'Orient que nous vient la lumière.

ECBATANE , ( les mages d' ) ville de Perse. Ils ne reconnaissaient point d'être supérieur à la lumière.

Fou cher , Mém, de l'Ac. des Inscript.

. Ils faisaient profession de ne voir , de n'admirer dans la nature que la nature.

N. B. Ils avaient une moralité aussi pure que leur doctrine. C'étaient de véritables sages.

ECEBOLE , l'un des instituteurs de l'empereur Julien. Indiffèrent sur le chapitre des religions, pour vivre tranquille , il se rangea toujours du côté de la dominante ; c'est n'en avoir aucune. LCette sorte d'à-*

théisme a toujours compté beaucoup de partisans. On craint plus les hommes que Dieu. Beaucoup d'honnêtes gens aiment à reposer ]a tête sur leur oreiller , sans avoir l'appréhension d'en être arrachés par des fanatiques. C'est ce qui empêcha toujours une foule de bons Athées de àe déclarer.

N. B. Nous l'avons éprouvé dans la rédaction de cette honorable nomenclature.

EFENDI , ( Mahomet ) turc Athée, exécuté à Constantinople , dit en mourant , « qu'encore qu'il n'eut aucune récompense » à attendre , l'amour de la vérité Pobll- » geait à souffrir le trépas pour la soutenir ».

L'athéisme a eu aussi ses martyrs , dit le chancelier Bacon.

EGNATIUS , ( J.-B. ) savant littérateur Vénitien du XVIe. siècle.

Peu de temps après son trépas , arrivé à l'âge de quatre-vingt ans , on publia une lettre où on l'accuse de n'avoir eu nulle religion , ni pendant sa vie, ni à l'heure de sa mort.

Il avait reçu des leçons d'A. Politien.

N. B. Ils sont deux fois sages ceux- -ià qui se conduisent de manière à ne craindre la persécution

is6 E G Y

qu'autour de leur tombeau : mais ils ne sont sage»

que pour eux.

ÉGYPTIENS, (les) Jablonski, a l'article du Phtha, dépeint les Égyptiens comme Athées, dont le système ressemblait tellement à celui de Spinosa , qu'il n'est pas possible , dit-il , de s'y tromper , pour peu qu'on ait de pénétration.

slEgyptiorum scandalosus est atheismus po~ tins , quant thcologia.

Eusebius Prœpar. évang.

Oient spinosismum. Reimmannus.

Les Egyptiens ne remontaient pas audelà clu monde visible , dans la recherche des causes. Cheremon,

N. B. Est-ce pour cela qu'ils ont été qualifiés de sages l

La philosophie Egyptienne suppose que l'homme et les autres animaux avaient toujours été avec le monde ; qu'ils étaient un de ses effets , éternels comme lui.

Euseb. prœpar. évang. I. 7.

Les Egyptiens ont deux théologies , Yéso-* térique , ou secrette , et Vexotérique , ou externe : la première consistait à n'admettre

d'au treDieu que l'univers, d'autres principes des êtres que la matière et le mouvement.

Diderot, Encjclop.

N. B. C'est cette doctrine qu'on dévoilait aux initiés , après les plus rudes épreuves pour s'assurer de leur discrétion. Cardés ce temps-là , comme encore aujourd'hui , on ne trouvait pas qu'il fat prudent de tout dire au peuple. On produisait pompeusement sur les autels l'erreur et le mensonge; on cachait la vérité au fond des puits creusés tout exprès derrière le sanctuaire des temples de Memphis et de Thebes.

Politique misérable ! elle ne tend qu'à distribuer la pauvre espèce humaine en deux castes : celle <les dupes , et celle des fourbes.

L'instruction publique ! l'instruction publique î voilà le cri de guerre de tous les bons esprits.

EKCLES , ( Salomon ) habile musicien anglais : après avoir été quakre, il reconnut iui-même la vanité de ses prophéties , et passa le reste de ses jours dans le repos , mais sans religion.

Histoire des Trembleurs , ///.

iV. B. Son exemple a fructifié.

ELEATES. ( les ) Les philosophes de ce »om étaient tous matérialistes , ainsi que

les Pythagoriciens avec lesquels on les confond , à cause de la conformité de leurs principes.

ELH-ELTAHKIK , ou gens de certitude ,

hommes de vérité : secte mahométaue.

Il n'y a point d'autre Dieu que les quatre élémens .... Il n'y a pour tout que les quatre élémens qui sont Dieu , qui sont l'homme , qui sont toutes choses ....

EMPEDOCLES , poëte , médecin , et philosophe de la secte pythagorique. Suivant lui , les dieux immortels ne sont que les sages après leur mort. Sa grande divinité était 1 ether pur où l'ame des hommes allait se perdre. Lucrèce en fait le plus grand éloge.

.... Vix humana vidëatur stirpe créa tu s.

Nat. rer. lib. I. V. 727.

ENCYCLOPÉDISTES. ( les ) Le fanatisme a fait beaucoup plus de mal au monde que l'impiété. Dictionn. au mot Fanatisme.

Sur cet article ( la religion ) , l'intolérance, le manque d'une double doctrine, le défaut d'une langue hiéroglyphique et sacrée, perpétueront à jamais les contradictions, et

continueront

•continueront à tacher nos plus belles producductions. Un homme s'enveloppe dans des ténèbres affectées; ses con temporains mêmes ignorent ses sentimens.

T. V , au mot Encyclopédie , p. 648, in-f°„

jV. B. Les encyclopédistes ont prêché d'exemple : écrivant sous le règne d'une double inquisition , politique et religieuse , ils ont mis tout leur art k dire à-peu-près tout ce qu'ils devaient dire , sans trop se compromettre ; et ils n'ont pas toujours réussi.

L'expérience nous force à croire que plusieurs philosophes anciens et modernes ont vécu et sont morts dans la profession cT a~» théisme.

ENFANT. Un nombre infini de gens se persuadent qu'un enfant élevé exprès, san3 lui enseigner aucune chose, ou exposé dans un désert , parviendrait de lui - même à connaître Dieu . . .

L'expérience combat cette prétention ; et Bayle à ce sujet rapporte l'histoire du jeune homme de Chartres , en 1703 , citée par Fontenelle , dans les Mémoires de l'Académie des sciences ....

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