‹ Dictionnaire des athées anciens et modernesChapitre 37 sur 134 · V. Rép. aux quest.prov. t. IV ch · texte numérisé non relu

V. Rép. aux quest.prov. t. IV ch

ENNUIS , ( Q. ) poëte épicurien. Il pensait comme Eveliemere , que Jes Dieux du peuple ne furent d'abord que dëà hommes célèbres .... La reconnaissance pour les services rendus par eus: pendant leur vie , leur valut un culte après la mort.

N. B. Cette origine des Dieux n'est pas seulement poétique.

On a dit :

~Lt premier qui fut roi , fut un brigand heureux.

Voltaire.

On pourrait dire , avec autant de jiistesse :

X>e premier qui fut Dieu, fut un père adore'.

La piété filiale fut la première et devrait être la seule religion.

ÉPICHARM1S , philosophe et poëte Sicilien.

Cet élève du sage Pythagore appelé Dieux le soleil, les astres , la terre , l'eau , le feu; en un mot , il divinise l'univers.

ÉPICTÈTE. Ce célèbre philosophe, stoïcien parfait , d'Hiérapolis , en Phrygie , désigne la nature sous les noms de génie , démon, Dieu - physique.

11 dit que la" mort n'est que le moment

où les matériaux dont l'homme est composé, vont se résoudre dans les élémens d'où ils ont été originairement empruntés ....

ÉPICURE était un véritable homme de génie. On lui donna de grands éloges , en avouant qu'il était un grand Athée.

EncycL artic. Epicuréisme.

Il disait qu'il y avait des Dieux , par pure politique , et pour ne pas exciter la haine qu'un athéisme reconnu lui aurait attiré.

Naigeon , d'après Posidonius le stoïcien,

Nullos esse Deos Epicuro videri, quceque ille de diis immortalibus dixerit , invidics de~ testandœ gratiâ dixisse ....

Ce sage semble ne reconnaître des I^ieux que pour plaisanter.

Deos y jocandi causa, ind.uxit Epicrns..*.

L'athéisme ne paraît ordinaireraeivï que masqué . . . . Naigeon.

Il est difficile de nier qu'il y a:l des 5>ieùx oui , en public. Mais discourant en particulier , rien de si facile.

Nous avons vu que Cicéron'était du même* avis qu'Epicure.

JV. B. Presque tous les philosophes ont sacrifié

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à la peur. Presque tous du moins ont préféré leur tranquillité personnelle au triomphe de la raison. C'est ce qui fait que la philosophie ancienne , et la moderne aussi, sont pleines de tant de contradictions» Il faut une clef, pour pénétrer dans le vrai sens de» systèmes de lu plupart des sages. On les croit inconséquens ; ils ne sont que dissimulé*. Us ont peur.

Tertulien et Saint Augustin , soutiennent qu'Epicure disait que la nature divine était composée d'atomes.

Ce qu'Epicure enseigne sur la nature des Dieux est très-impie ....

On ne saurait dire assez de bien de l'honnêteté de ses mœurs , ni assez de mal de ses opinions sur la religion.

Une infinité de gens sont orthodoxes et vivent mal; Épicure , et plusieurs de ses sectateurs , au contraire .... Bayle . . .

Epicure^ ( dit Garasse dans son style ) Epicure, qui était tout de lard, croyait que l'ame fut matérielle et corporelle.

Le- plus grand et le plus parfait Athée* de l'antiquité , qui avait banni toutes les raisons de l'existence de Dieu , y substitua celle du consentement général , pour tromper et abuser le peuple. Il la croiait d'autant plus mauvaise , qu'il avait un très-grand

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mépris pour l'autorité populaire et le consentement universel. Mais l'appréhension qu'il avait de l'Aréopage l'obligeait à quelque ménagement.

d'Argens , philos, du bon. sens% tom. //.

Parmi les apologistes d'Épicure , il y en devait avoir , ce me semble , quelques-uns qui , en condamnant son impiété , s'efforçassentde montrer qu'elle couiaitnaturellement et philosophiquement de l'erreur commune à tous les payens sur l'existence éternelle de la matière. Bajle.

Après un passage de Cicéron sur la secte d'Epicure , ( de Jinib. I. 20) , Bayle s'écrie :

Qu'on nous vienne dire , après cela , que des gens qui nient la providence ne sont nullement capables de vivre en société , que ce sont nécessairement des traîtres , des voleurs, etc.

To tes ces belles doctrines ne sont -elle 3 pas confondues par ce seul passage de Cicéron ? une vérité de fait , comme celle que Cicéron vient d'alléguer, ne renverse-t'eiie pas cent volumes de raisormemens spéculatifs ? Voici la-secte d'Épicure, dont la morale pratique ne s'est nullement démentie peu-

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dant quelques siècles ; et nous allons voi? qu'au lieu que les sectes les plus dévotes étaient remplies de querelles , etc. , celle d'Épicure jouissait d'une paix profonde,

N. B. appliquons au sage Épicure Vecce vir de notre épigraphe.

Cudwortli traite Épicure d'Athée, et d'homme qui ne parlait des Dieux que pour éviter la haine du peuple.

Epicure disait de Cherestrata , sa mère, qu'elle avait eu dans son corps cette quantité d'atomes , dont le concours est nécessaire pour former un sage. Plutarque ....

ÉPICURIENS. Selon eux, un législateur, plus rusé que tous les autres , imagina les Dieux .... Plutarch. de plac. pphor.

Les épicuriens niaient toute providence.

J.—J. Rousseau, Rép. au roi de Pologne.

ÉRASME. Luther, dans ses Colloques de table, page 377, parle bien mal d'Erasme. Il le dépeint comme un épicurien et un Athée.

Il en était quelque chose.

ESCHERNY , ( F. - L. d' ) comte du Saint-Empire.

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Le penseur qui parvient à l'athéisme par la route de la méditation , peut être un homme très-estimable .... il a pu conserver une morale et des principes purs et irréprochables. De V Egalité , t. II , p. 154.

Il est certain que l'idée de Dieu nous échappe de tous côtés ; qu'elle se dérobe à toutes nos recherches ....

De V Egalité , ou la Philosophie de la politique, tom. II , p. 4, in-8°. an V ( 1797 )•

J'ai vécu avec bien des Athées .... je leur aurais confié mon honneur , ma vie et ma fortune. Je n'en dirai pas autant des dévots .... Idem , p. 9.

L'Athée peut se passionner pour la vertu.

Idem , p. 63.

N.B. Non-seulement il le peut* il le doit même, pour être conséquent à ses principes.

ESCHYLE , le poëte tragique Grec.

IL ne ménagea pas assez la religion dans ses tragédies; ce qui le fit condamner comme un impie , à être lapidé. On lui fit grâce , à. cause d'une main qu'il avait perdue au service de la république d'Athènes, Bayle.

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Le docte Saumaise, rebuté des difficnltés qu'il rencontrait dans les pièces d'Eschyle , déclare que ce poëte est plus obscur que l'écriture sainte.

ESPAGNE, (Jean d' ) ministre protestant , au XVIIe. siècle.

Nous l'honorons d'une place dans ce dictionnaire , sous la condition qu'il ait parfaitement rempli le titre d'un de ses opuscules :

Erreurs populaires es points généraux qui concernent l'inielLigence de la religion.

Nous n'avons point vu ce livre , dont l'étiquette est si philosophique.

L'auteur nous est recommandé parBayle, puisqu'il le juge assez digne d'être lu.

ESPAGNOLS, (les ) ... . Parmi les Espagnols , on compte une foule d'Athées , qui ne croient rien , absolument rien , et qui soutiennent tout haut que l'existence de Dieu est un préjugé ....

Delangle , voyage en Espagne, tom. II, in-12 , p. il, seconde édition.

Ils ont un proverbe , qui pourrait servir d'axiome aux matérialistes :

Dios

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£>ios es todo y lo dernas nadaj C'est-à-dire :

Dieu est tout; le reste n'est rien.

ESPÉRANCE. ( Cap de Bonne ) Mandelslo et Thomas Rhoé prétendaient que les habitans du Cap de Bonne - Espérance étaient sans religion , et n'avaient aucune connaissance de Dieu.

Je n'ai remarqué , dit Gr. Schouten , aucune trace de religion parmi eux.

ESPRIT ( 1' ) des Esprits , ouvrage qui parut en 1777 , in-12.

Un peuple ne croirait point du tout en Dieu, si on ne iui permettait d'y croire mal.

194e. Pensées , p. 97.

ESPRITS-FORTS, (les ) C'est le nom que l'on donne aux Athées; ils ne le désavouent pas. Il leur faut en effet une certaine force d'esprit pour lutter contre un préjugé devenu imposant par sa haute antiquité , et par son influence presque générale. Mais ; JVerreur^ pour être vieille, est-elle moins l'erreur l

ÉTHIOPIENS. ( les ) Ex Us qui torridarn habitant non nulli sunt qui Deos esse non credunt. Sfcrabo. Geogr. III.

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Quelques Ethiopiens croient qu'il n'y a

point de Dieux.

Diodore de Sic. Bibl. Hist. III.

L'Éthiopien s'est entendu quelquefois trai, ter d'homme sons Dieu , parce que dans l'une de ses provinces , on ne consacre un culte qu'aux seuls bienfaiteurs de la nation.

Strabo. Geogr, Lib. XVII.

N. B. Idée toute naturelle ! . . . malheureusement on lui donna trop de latitude. La reconnaissance envers les mortels bienfaisans , dégénérée en religion envers des immortels que Ton crut sur parole , fut le premier pas vers la dégradation de l'homme ; laquelle suivit les progrès de la civilisation.

ETRE -SUPRÊME. L'un de ces nombreux Athées qui se contentent de l'être, sans se soucier de le paraître , visitait la Cité, le plus ancien quartier de Paris. Il y rencontre un vaste édifice public; et sur le frontispice, il lit, en lettres dorées:

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