‹ Dictionnaire des athées anciens et modernesChapitre 56 sur 134 · LIN · texte numérisé non relu

LIN

LINACER j (Th. ) anglais: médecin et prêtre , il ne pouvait pas être fort crédule. Aussi , son nom se lit sur la liste des hommes éclairés et impies.

LINGAM. ( le ) Au fond des temples les plus antiques de l'Inde , se trouve encore aujourd'hui placée une figure colossale , de douze coudées de haut, autant qu'il y a de signes dans le Zodiaque. Cette statue > ou plutôt ce grouppe, représente à-là-fois un homme et une femme qui se tiennent en- ~ semble , et sont en adhérence l'un à l'autre, tellement que les deux ne font qu'un; si bien que la moitié de la Leie, un bras , une main , un coté du corps, appartiennent à chacun d'eux. Chacun d'eux aussi porte son sexe , ostensiblement et parfaitement distinct l'un de l'autre. C'est le Phallus des Egyptiens , des Grecs et des 'Romains.

Ce corps double est parsemé 'cie montagnes et de mers , de fleuves et de poissons , d'animaux et de plantes. Sur la poitrine de l'homme est peint le soleil , la lune sur le sein de la femme. Le visage ~ est l'orient; le côté droit est le septentrion j le gauche est le midi.

Le

Le peuple Inclous adore dans cette caricature sa grande divinité.

Pour les hommes instruits des antiquités nationales , c'est le symbole du principe actif et du principe passif de la génération de tous les êtres ; c'est le caractéristique de la nature , qui possède et renferme en elle la cause et les efFets ; qui n'a besoin que d'elle-même pour être, et être toujours. C'est Tirnage de l'éternité, de la toute-puissance et de l'universalité de la nature ; c'est le monde : c'est, en un mot, l'Univers, le grand Tout , le Dieu Pan , ou le Dieu Tout de la Grèce et de Rome. Enfin , c'est le spinosisme 5 ou plutôt , c'est l'athéisme personnifié.

LINGUET. Suivant Linguet, la religion n'est qu'une invention sublime.

Essai philosoph. sur le Monacliisfne.

iV. B. Sublime ! ... si l'on peut prostituer cette express ion au charlatanisme des anciens législateurs. Le génie de ces premiers hommes d'état eût été sublime , en effet , si , calquant leufrs lois sur celles de la nature, ils eussent donné pour base à leurs établissemens politiques , l'intérêt éclairé sur les besoins réciproques j d'où résultent lei> droits et les devoirs de l'homme en famille, ou

ttewfft d'ace société plus nombreuse. M-.- fo ? le monde n'eût pas trouvé son compte a cette législation naturelle.

LISIERE . ( François Bajèl de ) ne à Senlis , l'an 162*, mort en 1-04.

L'irreUdr.n de Liaière l'a fait anpeler i'Athée de Senlis.

Despréaux disait qu'il n'avait d'esprit que contre Dieu.

Linière mourut comme il avait vé^u, et presqu'octogenaire. L'aimable Deshouîières prit le parti de ce poète . philosophe épicurien et caustique.

On n'a point recueilli ses vers. Ses vaudevilles impies étaient , dit-on , fort gpis. L'athéisme n'est pas aussi triste, aussi désolant qu'on voudrait bien le faire croire. Cette opinion comporte tous les charme* de la poésie légère, ainsi que tout le sublime de l'ode.

LIXUS. Les panthéistes croient de la cause et de l'origine des choses ce qu'en a cru L î nu s , le t^ès - ancien et très -saint j ■: être de la science , et ils disent avec lui :

Les choses viennent de tout , ou Dieu ; et le tout est le composé des choses.

Ils ont sans cesse ce vers à la bouche. Voyez le Panthêisticon de 'Toland.

LIPSE. ( Juste ) Mi schlujfelburgi , . . . omnis religio et nulla religio sunt milit unum et idem ; disoit Juste Lipse.

C'est-à-dire : mon cher ami , avoir ou n'avoir pas de religion , est pour moi à-peu^ près la même chose.

Vide Boëclerus , dis s. de polit. Lipsii 9 page 54.

In re theologicd aut quoeunque modo ad religionem pertinente , lubricus , anceps 9 vagus y in ornnes formas mulabilis.

Ce savant était tellement girouette en fait de religion , qu'il donna à penser qu'il n'en avait point du tout. Il a bien des imitateurs.

J". Lipse s'est proposé de rétablir toute la doctrine stoïcienne, tant à Pégard de la physique que de la morale .... Il a proposé les choses les plus diamétralement opposées à la religion. Formey.

On a de plus graves reproches À faire à ce Belge savant. Il était intolérant 9 et peu philosophe dans ses moeurs,

LISZT N SKI , ( Casimir ) gentilhomme

Polonais.

Dieu n'est pas le créateur de l'homme : mais l'homme est le créateur d'un Dieu qu'il a tiré du néant.

Il fu t décapité et brûlé à Grodno , comme Athée , le 3o mars , 1689.

C. Liszinski, martyr Polonais , bridé vif pour avoir cru davantage à cette propositions ■+■ 2 — 4, qirà l'existence de Dieu-

Die t. des Hep. p. 112.

LITANIES. L'auteur d'un commentaire

sur les LITANIES de la providence , au Paraciei , et à Paris > i?83, in~i.il , semblo avoir imité B -JJon. ( Fofez cet article ). Qu'on ajoute le terme nature au mot providence , ce petit traité devient très-philosophique.

LOCKE , (.T.) philosophe anglais.

La doctrine de l'immatérialifé , de la simplicité , et de l'indivisibilité de lâ substance qui pense } est un véritable athéisme, uniquement propre à fournir des appuis au spinosisme.

Voyez V Entend. Humain, 5 part. IF % page 415, ouvrage de la métaphysique la plus

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