MARNES I A
Horace ne vit plus qu'an temple de mémoire. Il n'est resté de lui que ses vers et sa gloire. Pour l'ami qui survit , triste soulagement ! Mécène en ses jardins élève un monument ;
De ses bois fréquentés par tant d'hommes célèbres.
Il ne recherche plu- q :e les cyprès funèbres.
Sous leur ombre lugubre il cède à ses douleurs
Et se livre au plaisir de répandre des pleurs.
A^yle f!e ia mort , retraite taciturne ,
Vous élevez son ame ! Appuié sur une urne ,
Du songe de la vie il voit la vanité ,
Et de >oa terme enfin n'est plus épouvanté.
Il mesure l'abîme , et veut , prêt d'y descendre ,
Aux restes d'un ami qu'on unisse sa cendre.
Il embellit la mort dans sa touchante erreur,
Et croit que dans la tombe il sentira son coeur.
Mais c'est envain qu'il veut préserver -a poussière
De l'empire du temps sur toute la matière :
Rien ne reste de nous , quand nous ne sommes plu»,
Si nous ne survivons par h éclat des vertus.
Essai sur la nature champêtre , palme , ch. II , page 38 , édit. de Prault , 17$-.
MAKSAIS , ( C.-Ch. du ) Marseillois.
C'était le Larbntahie des philosophes. Il fut accusé d'irréligion; et cette accusation est fondée. Dict. Hist.
Les qualités dominantes de son esprit étaient la netteté et la justesse , portées l'une et l'autre au plus haut degré.
Idem,
N. B. C'est précisément cette justesse d'esprit gui mena Dumursais droit à l'athéisme.
Dumarsais a été un des Athées les plus fermes et les plus hardis qu'ily ait jamais eu...
Ce philosophe avait , comme tous ceux qui pensaient à-peu-près comme lui sur ces matières ? une doctrine publique et une doctrine secrète. Naigeon.
Quelques lumières naturelles de raison et quelques observations sur l'esprit et le cœur humain , ont fait voir que nul être suprême n'exige de culte des hommes ....
La religion n'est qu'une passion humaine, comme l'amour, fille de l'admiration , de la crainte et de rdspérance ....
Le Philosophe : ouvrage que d'Alembert appe'lait Opus aureum.
Dumarsais fut l'un des Encyclopédistes.
MARS Y , ( Fr.-Mar. ) poète et savant de Paris. Nous ré lamons dans ces notices , l'abbréviat ur de Bayie , celui qui rassembla, en quelques volumes, sous le titre
d' Analyse de Bar le , tout ce que ce critique philosophe a pensé le plus fortement.
MARTIN . ( P. -An ire ) prêtre de l'Oratoire.
Selon ce théologien, sous le nom d'imbroise Victor . Dieu est-il rien autre chose
que la vérité ?
Deus igi-itr uumquid nihil est verlias ?
Philosophia christiana.
If. B. Kardouin a raison. C'est être Athée que de rèléguer Dieu parmi le» attractions; une abstraction n'est qu'une opération de l'esprit. Dieu r.e serait donc qu'un enfant perdu de l'imagination humaine.
MARTIN de Bussr , subs. au gr. conseil , né en 1724.
L9Ëther9 ou l'Être suprême élémentaire , poëme philosophique ei mot/ai , à Priori , en 5 chants , Paris , 1796 , in-S°. 64 p.
Martin de Bussy , a fait en 1-94, un poëme sur la matière ét-éré^, qu'il met à la place de Dieu. ÛYoce de Laiande.
Osons donc publier que la religion ïsaquit du fanatisme et de l'ambition; Que son unique objet , Dieu , nV-t q i'une chimère, Un fanttme impuissant, une oinhre mensongère,
Qu'on
Qu'on ne proche aux humains que pour les opprimer...
J'iiime inieux imputer à la nécessité
Mon être et mes destins, qu'à la divinité ....
Ier. Chant.
.... S'il est un Dieu qui règne au firmament , C'est l'éther dont l'essence est d'être en mouvement.
Chant IV.
Le vrai culte n'est dû qu'aux hommes vertueux ; Ils sont Dieux sur la terre, atomes dans les cieux.
Chant IV.
Nous , pratiquons le bien , aimons-le pour nous-mème* Voilà des bons esprits la science suprême ; fit-on jamais pour Dieu ce que Ton fait pour soi l
Chant V.
Dans une ode , la Nature , le même auteur s'exprime ainsi :
. . Et puisqu'il n'est qu'une substance , Disons que tout doit l'existence A la matière , au mouvement.
IXe. strophe.
Dieu , c'est le tact élémentaire.
Eh ! qu'un esprit eût-il pu faire ?
Il ne saurait même exister.
Strophe VII.
MARVEIL , ( Arnaud de ) troubadour Péri gourdin.
Après la saison d'aimer , Arnaud donna
dans la philosophie. Il nous a laissé un poëme renfermant ses principes de morale , d'autant meilleurs , d'autant plus purs , qu'i | ne les base point sur la divinité.
Ce po'ëte mourut à la fin du douzième siècle.
MAB.ULLE. ( Michel ) Les sentimens de M. Manille , poëte penseur , ( tarclianiote 5 né à Gonstantinople , ) en matière de religion, étaient fort éloignés de l'orthodoxie. Piérius Valérianus , rapporte que lorsqu'il mourut ,
Convitia et maledicta in superos delorsisse,
Manille disait qu'il fallait seulement lire les autres poètes , mais apprendre par cœur Lucrèce. Voici quelques-uns des vers qu'il fit à l'imitation de son modèle . . . .
<Sed neque fas , neque jura Deos mortalia tangunt t
Et ravit arbitrio sors fera cuncta suo. Jsam quid prisca fides juvit , pietasque pelasgos /
JSempe jacent nirtlo damna levante Deo.
Imitation.
Ce monde est. le jouet du sort impitoyable ; La vertu , la justice y réclament envain • Isa divinité même , et. forte et secourable , Tout, dans cet univers, doit céder au destin-.