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iln'y a de feu plus chaud que des bois humides.

« Il etnplojra toute sa vie la même force d'esprit, où il s'agit de soutenir Thonneur de Dieu et les intérêts de la religion; qui fut la belle louange que lui donna un jour le roi Henri le Grand» qu^on s'efforcerait en vain de vaincre le courage du cardinal de GivrVt où il avait la raiion de ion côté et où il défendait la cause de Dieu. E( toute cotte force et vigueur qui était en lui , comme l'autorité incomparable qu'il avait acquise, n'était, à vrai dire, que le rayon de sa grande vertu et de la sainteté do sa vie, universellement reconnue et avouée même de ses haineux, qui était l'ornement singulier de son grade , le reproche du vice, la loi du bon ordre et la règle des bonnes mœurs.

« Dans celte haute réputation , il acheva heureusement le cours de sa vie en sa maison de Vie, aux confins d'Allemagne, le 19 du mois d'avril de l'année 1612, de son âge la 7&*. Son corps fut porté à son église de Metz, où il est enfermé dans un riche sépulcre de marbre , avec son efligie, qui représente la dignité de son maintien et la gravité de ses mœurs.

TOKBEàU du cardinal DR GIVRT.

Pils manîbiis aDlernae mem. plorabili busio Anlislilis ilesidcraiis&imi omni sbvo reiro <iolendi. Annie Descars Ut. S. Susanns S. R. E. presbvteri carclinalis de Givry nuncupAii, qui paierna sobole, Clara fainilia Descars : materna prosapia primae Longevicorum nobilitatis, egregia principuin Aurelianensium consanguiniiaie, itifelicissimo sascalo féliciter Ëcclesix datiis, Parisiis [editus, Oivione in aniiquissimo D. Benigni Gxnobio S. Beiiedicti disciplina instiiatus, professusaue indidem abbas ; tuin Lexoviorum antistes electiis» toia Gallia j^raeclanis, Romae perquam iUustris, Métis amabilis, ufoique stupenda fenitate, spectabili senio, rara pietate, innata gravitale mirabilis, ac venerandus, régi percarus, Ponlificl Max. jucundissimus, omnibus xtemuni lainenlabilis* Ecclesiae Metensis poniificaui, simul ei castissima viia perfiinclus, vitain immortali gloria de properaiam oppeiiil xiii Kal. Maias, anno aeiat. lxvii, saRculi vero. Cbrisliaiiissimi

MDC. Xll.

Frizon a décrit en abrégé la vie et les actions de ce cardinal.

ESCODBLEAU (François d'}, cardinal de Sourdis « d'une maison noble et ancienne, originaire du Poitou , était un des flis de François, seigneur de Jouy, d'Aunau et de Ifontdoubleau , marquis d'Alluye , gourerneur de Chartres , etc. Il entra , par vocation , dans l'état ecclésiastique. — Son mé« rite et les services que sa famille avaitrendus au roi Henri le Grand , engasèreht ce princ'é h demander pour d'Escoubleau un chapeau de cardinal. Le Pane Clément Vlll la lui donna le 3 mars 1598. L'année suivante» le cardinal de Sourdis (il est connu 80US ce nom» oui est celui de la branche aînée de sa famille) fut placé sur le siège de l'Eglise de Bordeaux , qu'il gouverna avec .autant de sagesse aue de piété. Il fl( plu-

sieurs voyagf*s à Rome , où il se trouva h la création des Papes Léon XI et Paul V. Il était très-considéré de ce dernier Pontife, comme il le fut de Grégoire XV et d'Urbain VIIL En 1607, il baptisa le duc d*Orléans,.second Gis de Henri IV, et, en 1615, il Gt les cérémonies du mariage d'Elisabeth de France avec don Philippe, qui fut depuis roi d'Espagne sous le nom de Philippe IV. Cette même année il avait assisté h l'assemblée du clergé de France. Dans celle de 1625, qui fut tenue à Paris, il harangua le roi Louis XIU. L'année précédente, il avait célébré, avec huit de ses sufTragants, un concile provincial dont les ordonnances sont un modèle d'édification. Les actes, qui nous en sont parvenus, témoignent <iu zèle de ce prélat pour la discipline ecclésiasti-

?ue. Il mourut à Bordeaux , le 8 février 628, dans la 53' année de son âge. {Voy. Spondr, Annales: — Sainte-Marthe, Gallia Chris tiana.)

ESPAGNE ( Louis- Antoine-Jacques, infant d') , archevêque de Tolède, fut créé cardinal, en 1735, par le Pape Clément Xll. ESPINAY (André d'), abbé de Sainte- Croix de Bordeaux, et prieur de Saint-Martin des Champs, à Paris, était 61s de Richard* seigneur d'Espinay, en Bretagne , et de Béatrix de Montauban. — En H68, il fut élevé sur le siése archiépiscopal de Bordeaux. Depuis, il prit part aux affaires publiques de son temps. Après la mort de Louis XI, arrivée en lii^S , il fut envoyé en Bretagne; il se trouvait ensuite aux états de Tours, et, en 11^89, le Pape Innocent VIII lui conférait le cardinalat, è la recoinn.andation du roi Charles VIII. Le cardinal d'Espinay suivit ce prince dans son expédition en Italie et dans le royaume de Naples, dont il fit la conq^uèle. Il en revint avec le roi, en 1495, et il se trouvait avec lui à la bataille de Fornovo, si glorieuse pour les armes françaises. Nommé , en 1499, à l'archevêché de Lyon, que lui céda Hugues de Talaru, il mourut à Paris, au château des Tournelles, le 10 novembre 1500. Son corps fut inhumé dans l'église des Célestins de Paris, où l'ou voyait ses armes et son épitapho. {Voy. Argentré, Uist. de Bretagne, l.xii; — Augustin de Pas, Hist. générale de Bretagne ; — Frizon, Gall. purp. ; — Sainte- Marthe, Giiilia Christiana; — Aubert , Hist. des card.; — le Laboureur. Tomb.

des personn. illustres; — Sbvbrt, De arrAeepisc. Luadun.)

ESPIN08A (Don Diego de), premier ministre de Philippe II, naquit en 1602, dans le bourg de Martimunos de las Posadas (Vieille Castille), d'une famille noble, mais déchue. — Doué des plus heureuses disposi* tions, il Ht de brillantes études, et commença très-jeune encore, à enseigner avec éclat, à l'université de Salamanque, la jurisprudence civile et canonique. La réputation qu'il s'ac- (][uit d'un des premiers jurisconsultes de 1 Espagne lui ouvrit la voie des premières dignités. D'abord auditeur à Séville, nuis membre du conseil royal de Castille, il fut

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DES CARmNAUX.

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remarqué de Philippe II» qui, appréciant son mérite, le nomma président de ee conseil, inquisiteur générai des E^pagnes, premier ministre, éveque de Siguenza. Dans toutes ses fonctions, il montra une grande fermeté, punissant à outrance les préraricateurs.

Gomme inciuisiteur, il déploya une sévérité exci^ssif e, et servit à sounait le sombre et farouche Philippe II, son maître. Peu de ministresen Espagne avaientjouid*une aussi grande autorité : toutefois son administra* tion fut marquée par de tristes événements, le soulèvement des Maures, la révolte des Pays*Bas, la mort mystérieuse de don Carlos. On sait que ce fils de Philippe II et de Marie de Portugal devait épouser Elisabeth, fille du roi de France, Henri II, et que son père, alors veuf de Marie d'Angleterre, le supplanta dans ce maringe; de là Tanimosité du fils contre le père, qui la lui rendait avec usure. C'est h Es[>inosa que don Carlos dit un jour : « Hé quoi, petit curé, tu as Taudace ue te jouer à moi, en empêchant que Cisneros (c'était un comédien qu'il aimait) vienne me divertir 1 Par la vie de mon pore, il faut que je te tue. » Mais Espinosa lui échappa des mains, et n'y retomba jamais depuis, dit Amelol de la Houssaje.

En janvier 1568, don Carlos, qui avait traité avec les Pays-Bas soulevés, et qui était accusé, sans preuves toutefois, d'avoir conspiré contre son père, fut arrêté par l'ordre de ce prince* Quelques mois après il mourait dans sa prison, de consomption suivant les uns, condamné par Tlnquisition, suivant les autres. Il était Agé de 23 ans. La même année, Espinosa fut créé cardinalprêtre par le Pape Pie V. Aux funérailles du malneureui prince, il marchait entre les archiducs Rodolphe et Ernest, que Philippe avait, quatre ans auparavant, appelés de Vienne, afin de leur assurer la succession de ses Etats, au détriment de don Carlos qu'il déclarait incapable de gouverner. Le grand inquisiteur ne put assister jusqu'à la fin de la cérémonie; il s'arrêta à la porte de l'église, disant qu'il se trouvait mal. Les causes de cette syncope furent diversement interprétées. Antonio Perezditdu cardinal Bspinosa, dont la carrière politique fut si brillante et si courte : « Ce fut un éclair, on ce qu'il étincela partout, qu'il éblouit et oflTusqua tous les autres ministres et conseil-

mattre, ce qui était plus difficile au'il ne le fut à Richelieu de conduire Louis Xlil. Un jour, le prince Rui Gomez de Silva, favori du roi, ayant tardé à venir au conseil chez Espinosa, celui-ci osa lui dire que s'il ne se montrait plus eiact, sa place serait donnée à un autre. « Je désirerais savoir,» répondit Rui Gomez, % par qui elle pourrait m'êlre ôtée 7 — Vous l'apprendrez par les effets, » repartit le cardinal. Le roi étant resté étranger à ce démêlé, les autres conseillers en devinrent encore plus soumis au cardinal. Ouand il y avait quQlquQ détermination

n prendre, quelque entreprise à former, au lieu dédire : « Il serait bonde faire tello chose, » le ministre disait impérieusement è son maître. Faites ou ne faites pas cela^ comme si leurs rôles eussent été intervertis. Philippe toléra a^sez longtemps une telle arrogance, parce (]ue Espinosa, dont l'esprit, suivant un historien, était aussi vaste que la monarchie qu'il gouvernait, lui était devenu un homme nécessaire. Il se lassa pourtant à la fin ; il ne pouvait plus souffrirces manières hautaines, ce ton familier, la liberté avec laquelle le cardinal disposait des emplois. D'un autre côté, les grands se réunirent contre celui-ci; ils ne cessaient de se p\ajndre do ses insolences. Philippe II n'aimait pas les grands ; il prenait, au contraire, plaisir à les humilier; mais il ne fut pas fâché d'avoir l'air de sacrifier à leurs plaintes un ministre qui commençait à lui porter ombrage, et de couvrir sa jalousie du prétexte de la haine publique, li préluda à lui annoncer sa disgrâce en lui disant froidement ufi jour : « Cardinal, c'est moi qui suis maintenant le prc^sident du conseil de Castille. » C'en fut assez pour l'ambitieux ministre, qui ne put survivre à la perte du pouvoir. Il mourut, âgé de 70 ans le 5 septembre 1572, peu de jours après la tristejournée de la Saint-Barihélemy en France. « Dans une syncope qui lui prit, on se pressa tant de l'ouvrir pour l'embaumer, qu'il porta la main au rasoir du chirurgien, et que son cœur palpitait encore après l'ouverture de l'estomac. Ce fait est attesté par Cabrera, qui vivait à la cour de Philippe II, et qui ajoute que la crainte qu'on avait que ce cardinal ne revint en santé fit bâter sa mort, pour contenter le prince et les grands, qui la désiraient dans l'espoir que son successeur userait plus modérément du pouvoir. Il y avait trois ans qu'Espinosa était plus roi que Philippe dans la monarchie espagnole. » Un autre mstorien rappelle à l'occasion de la mort trafique et singulière de ce ministre, une particularité encore plus rare sur sa naissance. La mère d'Espinosa, ensevelie dans sa bière, avait été portée è l'Eglise, et les prêtres récitaient pour elle l'OlDce des morts, lorsqu'elle revint subitement à la vie en mettant au monde un fils, qui fut le cardinal ; et elle vécut encore q[uatorze ans après cette apparente résurrection.... Philippe rendit dans la suite un éclatant témoignage aux SQrvices d'Espinosa. Passant par Martimunos de las Posadas, patrie du cardinal, il s'y arrêta pour entendre la Messe dans la chapelle où il est enterré, et commanda au prêtre de la dire pour le repos de l'âme du défunt. Puis il dit à SOS enfants : « Ici repose le meilleur ministre que j'aie eu dans mes royaumes. » (MiCHAUD, Biogr. universelle.) Moréri ne consacre aucune notice à Espinosa. Il se contente d'estropier son nom, et de l'appeler don Diègue Spinola , en donnant les promotions des cardinaux créés par Pie V. ESTAMPES VALENÇAY (Achille d*) naquit à Tours, le 5 juillet 1593, de Jean

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DlCTlOiNNAIUE

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j'Eslarnpes, seigneur de Valençay, et de Snra d'Happlaincourt, qui le firent recevoir chevalier de minorilé dans Tordre de Malle, h rage de huit ans. — Il montra , dès son enfance, tant de hardiesse et de courage, que son père se détermina à renvoyer de bonne heure è Malle. Après s*ôtre distingué par sa valeur sur les galères de la religion , il chercha toutes les occasions de se signaler en France^ en Italie, dans les Pays-Bas. Au siège de Montauban, il se fit remarquer par son intrépidité avec ses qualre frères. 11 obtint ensuite, du roi Louis XIII, une compagnie dans son régiment do cavalerie, servit au siège de la Rochelle en qualité de vice-amiral , et , après la réduction de cette ville, en 1628, fut fait maréchal de camp, et honoré du commandement des gardes de la reine mère, Marie de Médicis. Dunuis, il se signala de nouveau au combat au Pas de Suze, en Piémont. La paix lui ayant permis de retourner è Malte, il fut nommé général des galères de Tordre , et Qt des actions d'éclat a la prise do Tile de Sainte-Maure, une des lies Ioniennes. Quelque temps après , sur les offres du bailly de Valençay, son neveu, qui était alors ambassadeur à Romo, il fut engagé, par le Pape Urbain YIII, à se rendre dans celte capilale du monde chré* tien, pour servir l'Eglise contre le duc de Parme. Il fut bien accueilli, fut nommé général des armées pontiûcales, sous le cardinal Antoine Barberini, et fixa la victoire sous les drapeaux du Saint-Siège. Eu récompense de ses services, il reçut, le li décembre 1611^3, le chapeau de carainal avec le titre de Saint-Adrien. C'est alors qu'il soutint haulemeni, et avec sa vigueur accoutumée, les intérêts français contre l'amirante de Éaslille, ambassadeur d'Espagne, qui avait tenu des propos indiscrets sur la personne du roi de France; le cardinal de Valençajr l'obligea è faire des excuses et à rendre visite au cardinal d'Esté, protecteur de France auprès de Sa Sainteté. Le rardinal de Valençay mourut , à Rome, le 7 Juillet 16^6, âgéde cinquante-lrois ans. Il fut inhumé, suivant son désir, dans Tégiise des Carmes de la Victoire, sous un tombeau irès-simple et sans épilaphe.

ESTE (HippoLTTE d) appartenait & une des plus illustres maisons souveraines de Tllalie. — Fils d'Hercule d'Esté, premier de ce nom, duc de Ferrare et de Modène, et d*Eléonore d'Aragon, il montra, dès son jeune Age, une piété exemplaire. Jean , cardinal d'Aragon , remit Tarcbevôché de Sirigonie à Hippolyte, son neveu, qui n'était âgé que de huit ans. Le jeune archevô(|ue se rendit en Hongrie, où il fut bien accueilli du roi Matthias et de la reine Béalrix, sa tante. Il resta huit ans dans ce royaume, ot> il s'instruisit dans les lettres divines et humaines, et où il eut occasion de rendre de grands services à la reine, devenue vei^ve. En 1493, il se rendit à Rome pour recevoir le chapeau de cardinal, que lui donna le Pape Alexandre VI. Il retourna ensuite en Uoiigriei puis revint en Italie, où il asçislft

de ses conseils Ludovic Sforce, duc de Milan, son beau-frèré, dans la guerre qu*it allait soutenir contre les Français. Ceux-ci s'élant emparés du Milanais, le cardinal se retira en Allemagne, d'où il revint pour assister au mariage d'Alphonse , son frère aine, avec la célèbre Lucrèce Borgia , fille d*Alesandre VI. Quand Alphonse, duc de Ferrare, devint ]*alliéde Louis XII, HipiKH lyte reçut de ce prince des marques particulières de bienveillance. L'alliance des Français sauva les Etals de Ferrare, qui allaient être envahis par les Vénitiens; et le cardinal Hippolyte célébra, dans un de ses écrits, la victoire de Ravenne , où les Vénitiens perdirent soixante drapeaux. Hippolyte cultivait les lettres et les mathématiques ; il protégeait les savants. C'est à lui qu'était attaché TAriostc ; mais ce patron n'était guère digne du grand pocle qu'il avait Thonneur de protéger. Rival de son frère naturel Jules, Hippolyte entendit la dame ferraraise, objet de leur passion commune, vanter la beauté des yeux de Jules, qu'elle avait préféré. Furieux, pendant que son frère était à une partie de chasse , il aposta des assassins qui le firent descendre do cheval, et lui fil arracher en sa présence ces yeux qui avaient provoqué une jalousfe si féroce. Cet attentat, qui excita Tindignalion des contemporains, resta impuni. Pendant que Jules II persécutait la maison d'Esté avec la violence qui lui était naturelle, le cardinal prit le parti de faire un voyage en Hongrie, d'où il ne revint qu'après 1 élection de Léon X, qui l'envoya complimenter le roi François I", avec lequel il devait avoir une conférence è Bologne, en 1516. Quelque temps après, le cardinal d'Esté fut envoyé en Pologne , pour assister au mariage de Bonne Sforce, sa cousine, avec le roi Sigismond. En revenant, il passa par la Hongrie, et, de retour en France, il y mourut le 3 septembre 1520. (Voy. Guichab- DiN, flû/., liv. III, IV, VIII el seq.; — Paul

JOVB ; — ViCTOREL.; — ClACOMUS ; — Au-

bert; — Sainte-Marthe; — Sardo, Vie du cardinal Hippolyte d^Eete.)

ESTE (Hippolyte d'), dit le Cardinal de Ferrare f archevêque do Milan, d'Aucb, d'Arles et de Lyon , évoque d*Aulun , abbé de Flavigny , etc., était fils d'Alphonse V\ duc de Ferrare el de Modène, et de Lucrèce Borgia; il était, par conséquent, le neveu du précédent. — Né le 2k août 1509 , il fut élevé avec grand soin auprès du duc , son père, qui réunissait la gloire militaire aux talents politiques, et dont la cour servait d'asile à toutes les grandes illustrations de TEurone. Ce prince se (Il un plaisir d'instruire lui-même son Gis dans les secrets du gouvernement et de la politique. Hippolyte vint en France, où il se concilia l'estime et TaQTection du roi François 1*% qui le nomma conseiller d'Etat, le combla de faveurs, et demanda pour lui le chapeau de cardinal , que lui accorda le Pape Paul I|I, le 5 mars 1538. Il jouit de la môme considération sous {{t règne de Henri 1| , qui ordonna aux aiu-

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bASsaileufS et aux générnux dûs troupes qu'il avait en Italie, de ne rien enlreprcn(lr« «ans consulter le cardinal. Révolu par Pie IV (lu caractère de légat en France, il se trouva au colloque de Poissy. Il monrnt à Rome , sous le pontiûcat de Grégoire XIII, le 2 dé-* cerobre 1572 , dans la soixante et unième année de son âge. Son corps fut inhumé à Tivoli y où il avait fait bâtir un magnifique

fialais. L*érudil Antoine Muret prononça *oraison funèbre du cardinal de Ferrare , 3 ai avait été son protectt^ur, de même que e Paul Hanuce » ae d*Ossal et de beaucoup d'autres savants. (Voy. Petramellarivs ; — ViCTOREL.; — Garimbbrt; — Morbt; — Aubbrt; — GiACONius; — Gastelnau, Mémoi' rti; — Saimte Marthe.)

ESTE (Louis d*), Qls d'Hercule II, duc de Ferrare et de Modène, et de Renée de France, Olle du roi Louis XII, naquit le 25 décembre 1538. — Il montra de bonne heure tant de sagesse et de modestie, que le Paf)e Paul III le Ht, è dix ans, coadjuleur de Tévèché de Ferrare. Henri II le nomma à Tarchevèché d'Auch, et Pie IV Téleva au canlinalat en 1561. On l'employa en différentes négociations, qu*il conduisit avec autant de bonheur Suc de prudence. Deux fois revêtu du titre e légat en France, sous le règne de Gharles IX et de Henri 111, il se trouva, en 1578, aux états de Blois. Il fut aussi protecteur des affaires de Franco en cour de Rome. Le roi Henri III le nomma commandeur de Tordre du Saint-Esprit, lors de l'institution. L'historien de Thou l'appelle le trésor des pau» weSt et l*omement du Sacré Collège. Il n*y a rien à ajoutera un pareil éloge, et dans una bouche si peu suspejcte. Ge prince de l'Eglise mourut è Rome le 30 décembre 1586; il avait ordonné que son cœur fût porté en France, pour être déposé dans l'église méiropotitaioe d'Auch; qu'on ensevelit ses entrailles dans l'église de Saint-Louis de Rome, et

Îue son corps fût placé dans celle de Saiolrançois de Tivoli. Guillaume Leblanc, évéque de Vence, a écrit en vers sonéloge.

KSTB-MODÈNE (Alexandre d'), créé en 1588, par le Pape Glément VIII, prètre-cardînal du titre de Sainte-Marie de la Paix, évéque de Reggio, mourut en 162^«

ESTB-MODENE (Renaud d ), fait, en 16<^1, par le Pape Urbain VIII, diacre-cardinal du titre de Saint-Nicolas m Carcere^ puis prôtre du titre de Sainte-Pudentiane, évoque de Reggio et de Palestrine, mourut en

ESTB (Renaud d*), duc de Modène, de RegKio et de la Mirandole, prince de Garpi et de Gorregio, (ils du duc François 1'% naquit le 25 avril 1655, et fut élevé au cardinalat en 1686. «-Mais la branche ainée de M famille s'étant éteinte par la mort de son neveu, il fut appelé, en 16%, au trône ducal de Modène. Il déposa la pourpre dans le consistoire du 29 mars 1695, et épousa, le 18 novembre suivant, Gharlotle-Félicilé, tille aînée de Frédéric de Brunswick, duc de Hanovre. La nouvelle duchesse de Modène, dont la sœur avait épousé ioseoh l**, roi

des Romains, depuis empereur, fii embrasser à son mari le parti de la maison d'Autriche, dans la çuerre de la succession d'Espagne, que se disputaient l'àrchiduc Charles et Philippe, petit-fils de Louis XIV. II eo coûta au duc de' Modène ses Etats, dont s'emparèrent les Français, et il fut obligé de se retirer à Rome, en attendant Tissue d'une guerre è laquelle il ne prenait point part personnellement. En 1707, il recouvra son duché par la retraite des Fcançaîs. L'année suivante, Fempereur, son beau-frère, lui donna le gouvernement du Milanais, ^X ensuite lui vendit le petit duché de la Mirandole, qu'il a vaitconBsqué surFrançot^Pic, dernier duc de ce nom. Une nouvelle guerre ayant ramené, en 173^, les armées françaises • en Italie, pour rétablir les Bourbons d*E$pagne sur le trône de Naples, le'duc de Modène fut encore obligé de fuir de ses Etats: Rentré dans s^l capitale en I73flr, il y mourut le 26 octobre 1737, dans sa 83* année.

ESTEING (Pierre d*}, était le quatrième fils de Guillaume III de ce nom, baron d'Estoing en Rouer^içue, et d'Ermengnrde de Peyre, dame de Valenlines et vicomtesse de Gheilane. — A peine sorti de l'enfance, il prit rhabit de religieux de Saint Benoit, en l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, y fit profession le 13 octobre 13^1, et, en 1361, fut choisi, pour son mérite, afin de remplir le siège épiscopal de Saint-Flour, vacant

Car la mort de Dieudonné de Ganillac. Il fit Atir dans cette ville un monastère de Dominicains aui frais de Jean de France, duc de Berri, comte dn Poitou et d'Auvergne. Pierre d'Esteing jouissait de l'estime et de la confiance de ce prince, qui contribua sans doute à le faire transférer h Tarchevêché de Bourges, après le B. Roger le Fort, décédé en 1367. Quelque temps après, le Pape Urbain V, son parent du côté maternel, l'appela en Italie, le revêtit de la pourpre romaine à Montefiascone, le 7 juin 1370, en lui donnant le titre de Sainte-Marie delà le Tibre; le nomma camerlingue de l'Eslise, et le laissa en Italie, avec le caractère de légat et de vicaire général de l'Eglise. Grégoire XI, successeur d'Urbain V, confirma dans ces pouvoirs le cardinal d'Esteing, qui en usa pour traiter avec les citoyens de Pérouse, avec les princes de Ferrare de la maison d'Esté, et ensuite avec l'empereur de Gonstantinople. Le célèbre Raymond Lulle, l'alchimiste et l'inspiré, sur lequel on a débité tant de merveilles, après avoir mené une vie fort dissipée, avait quitté le monde vers 1265, et était entré, comme religieux, parmi les Dominicains d'Aragon, quoiqu'il fût marié et qu'il eût des enfants. 11 avait composé des ouvrages fort suspects; le Pape ordonna au cardinal d'Esteing de les examiner, et les condamna sur le rapport du prélat. Ge dernier ayant rétabli la paix en Italie, travailla è y ramener le Pontife. Les lettres que lui écrivit sainte Gatherine de Sienne le déterminèrent à prendre ce parti. Il reçut Grégoire à Rome le 17 janvier^l377, et y mourut le 15 novembre suivant, étaat alors

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évoque d'Oslio el de Ferraro. Son corps fui inhumé dans Téglise de Sainte-Marie tram Tibnim. Ce cardinal avait' fondé, le 16 avril 1368« le chapitre de Norre-Dame de Ville- Dieu» dans le diocèse de Saint-Flour. — {Yoy. UaHELUt llalia iacra^ De epiicop. Oit. H Ferrar. ; — Sainte-Marthe , Gallia Chri" $iiana; — Aubkrt, Hiit. des cardin.; — Actes de' la maison d*Esteing; — Fondation du chapitre de Ville-Dieu»)

ESTODTEVILLE (Guillaume d'), d'une ancienne famille de Normandie, élail Ris de Jean, seigneur d*E$louteville et autres lieui, et de Marguerite de Harcourt.— Il fut d*abord Bénédictin, puis archidiacre d*Ângers, et prieur de Snint-Martin dps Champs h Paris. Il eut aussi Tévêché de Saint-Jean de Maurienne en Savoie, puis celui de Béziers. Le Pape Nicolas V le nomma archevêque de Rouen, et Eugène IV le revêtit de la pour-

f>re en 11^37. Le nouveau cardinal prit alors e titre de Saint-Martin des Monts, quMl changea depuis pour Tévèché de Porto, et opta ensuite celui d*Ostie et de Velletri. C*était un homme intrépide, rigide observateur de la justice, et sachant se la faire lui même, quand on négligeait de la lui rendre. On dit que le barigel de Rome ayant surpris un voleur, qu'il Toulait faire mourir sur-le-champ, el ne trouvant point de bourreau, obligea un bon prêtre français, qui passait h ce moment, de faire cet ofBce; ce qui était le comble de Tindignité. Le cardinal d*Estoutcville en ayant été informé, et n*ayant pu obtenir satisfaction, envoya chercher ce chef des sbires et le fit pondre h une des fenêtres de sa maison. Il fut employé par les rois de France Charles VII et Louis XI h des négociations importantes. Après la prise de Constantiuople par les Turcs, en 1/^53, Nicolas V l'envoya en France pour lâcher de ménager un accommodement entre Charles VII et le roi d'Angleterre, afin que ces princes, étant réconciliés, pussent tourner leurs armes contre les Turcs, dont les progrès étaient inquiétants pour la chrétienté. Le cardinal devait aussi solliciter quelaues modifications à la pragmatique, que la cour de Rome avait consentie avec tant de peine, et aussi intervenir, au nom du Siiint-Siége, en faveur de Jacques Cœur, dont 00 faisait alors- le procès. D'Estouteville, légat du Sainl-Siége en France, ne put faire cesser les hostilités entre la France et TAngleterre. Pendant sa légation, avec l'aide de commissaires pris dans le parlement el dans le clergé, il introduisit de grandes réformes dans l'université de Paris; il réprima de nombreui abus, Ht d'utiles règlements, en abolit d'autres aui ne pouvaient se justifier, notamment le statut qui interdisait l'enseignement de la médecine aux hommes mariés; il restreignit les immunités et privilèges attachés à la déricature et à la scolarité. Le cardinal retournait en Ilalie; déjà il avait passé les monts, lorsque, informé que dos hostilités allaient commencer entre Louis XI 64 le duc de Savoie, il retourna sur ses pas, et fut assez heureur pour pré-

venir la guerre entre ces deux princes*;

Jacque.<*, cardinal de Pavie lui dédia set Commentaires; et François Philelphe l'appelle, dans les lettres 'qu'il lui écrivit, le soutien de l'Eglise, Columna et eolumem S. Romanœ Ecclesiœ. Ce cardinal mourut k Rome, le 22 décembre 1^^, Agé de 80 ans et doyen des cardinaux. 11 fut enseveli dans l'église des Augustins qu'il avait fondée, et où on lui a élevé dans le xvii* siècle une statue de marbre avec son éloge, qu'on peut lire dans l'abbé Ughci. {Voy. Prilklpbus, 1. xxtif, epist. 15; I. xxxi, epist. 50; — Ughblli, ïtalia sacra; — Saints-Martob, GalL CArûf.;— Matthieu, Hist. de Louis XI; — Frizon, GalL purp.; ^ Aubert, Bist» des card.: — Monstrelbt; — Onvphrb.)

ESTRÉES (CésAR d'), camerlingue du Sacré Collège, evèqued'Albano, abbé de Saint* Claude, en Franche-Comté, de Longpont, du Hont-Saint-Eloy, de Saînt-Nicolas aux Bois, de la Stafarda, en Piérhont, docteur de Sorbonne, doyen de l'Académie française, où il fut reçu en 1657, et protecteur de l'Académie de Soissons en 1668, naquit k Paris le 5 février 1628. -- Il était fils de François-Annibal, duc d'Estrées, pair et ma* réchal de France, et de Marie de Béthune* Charost, morte en lui donnant le jour. Quant à son père, il mourut en 1670, Agé de ^ans selon les uns et de 102 ans suivant les autres. Dès que César eut pris ses degrés en Sorbonne, il fut nommé évoque, duc de Laon, pair de France en 1653, et fut sacré en 1655. C'est alors que, par ordre du roi et de l'agrément du Souverain Pontife, il fut chargé du rôle de médiateur entre le nonce de Sa Sainteté et les amis des quatre évoques Pavillon d'Alet, Buzanval de Beauvais, Caulet dePamiers et Arnauld d'Angers, qui avaient refusé de souscrire à la condamna* tion de Jansénius. Le jeune prélat fit preuve en cetle circonstance de tant d'habileté et de sagesse, qu'il amena une réconciliation, au moins apparente. L'auteur d'un accommodementr qui procuraft la paix à l'Eglise de France en fut récompensé par le chapeau de cardinal. Le Pape Clément X le Gt entrer dans la promotion du 23^ août 1671 ; mais Sa Sainteté ne le déclara que l'année suivante, et lui donna le titre de la Trinité du Mont, le 16 mai i&fk. La «apacité qu'avait montrée l'évoque de Laon le fit juger propre k remplir les fonctions de chargé d'affaires de France en cour de Rome. Après la mort de Clément X, le cardinal d*Estrées entra seul des cardinaux français dans le conclave où fut élu Innocent XI, et fit sus* pendre l'élection pendant plus de cinq se* maines (ce ^m parut fort extraordinaire)

t'usqu'à l'arrivée des cardinaux nationaux, /année suivante, il revint en France où if ne resta que six mois, le roi l'ayant envoyé en Bavière pour plusieurs affaires im|)ortantes, et entre autres pour négocier le mariage du Dauphin avec la princesse électorale. Il ne revint de Munich qu'en 1679. Après la ratification du traité d^ Nimègue avec l'Empire, s'étant démis de son évéch4

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