‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 11 sur 350 · XII. I · texte numérisé non relu

XII. I

ALTAEMPS, Altibmpi (Marc), (ils de Wolfang, comte de Tempire, au diocèse de Constance, et d'une sœur du Pape Pio IV, fut fait cardinal en 1561, après avoir été élu évéque de Constance. — Il présida au concile ue Trente, en qualité de légat, au retour de sa nonciature en Allemngnr; fut rappelé de Trente pour levor des troupes, et pour s'opposfT aux luthériens allemands qui menaçaient Rome, où il mourut en 1595.

ALTUANN (MicHBL-FR^DéRii;, comte d*) naquit à Glatz en Bohême, le 20juillul 1682. Il rut d'abord chanoine des églises cathédrales d'Olmutz et de Dreslau ; et nommé par l'empereur pour aller remplir à Home la charge d'auditeur de Rote pour la nation germanique, il partit de Vienne, en 17l4, pour s*y rendre, — Depuis, étant de retour en Allemagne, il fut nommé» en 1718, par Tempereur è l'évéché de Vaccia. Ce souverain le déclara en même temps conseiller d'Etat du royaume de Hongrie, h la noblesse duquella maison d'Althann était abrégée depuis plus d'un siècle. Le Pape Chôment XI le créa et déclara cardinal le 29 novembre 1719, et, la bnrrelte lui ayant étô envoyée à Vienne, il la reçut, en ctVémunie, des mains de l'empereur, lo 18 lévrier 1720. S. M. 1. le déclara, le 18 mars, son conseiller d'Etat intime, et, le 21 du \uém\i mois, il |iréla serment en cette qualité. Il se rendit ensuite è Home où il fit son entrée, le 18 août 1720, avec une magnittcence uxtraordinaire.il élâil dans le < anosse du cardinal Paulucci, secrétaire d*E.a(, qui était allé le prendre à Aqualra versa, et six heiduques marchaient aux portières du carrosse; marque de distinction qui lui fut accordée en faveur du titre de ministre de Temperour, dont il était revêtu, et non à cause de sa dignité de cardinal. Le 22 du même mois, il reçut le chapeau dans uu consistoire public avec les cérémouiea aor

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coutumées; le 26, il fut iutroduil k rniidience du Pape, à qui il présenta ses lettres de créance en qualité de ministre» chargé des affaires de Tempereur h la cour de Roaie« ett le 28, le cardinal Giudîce lui remit tous les papiers concernant le ministère des affaires de Tempereur. Le Pape fit le 16 septembre la fonction de lui fermer et ouvrir la bouche, et ensuite lui assigna le titre de Sainte-Sabine. G*est sur les instances pressantes et réitérées qu*il fit de la part lie Tempereur, que l'église épiscopale de Vii^nne en Autriche fut érigée eu arche- Yéché. Après la -mort de Clément XI, il assista au conclave dans lequel fut élu Innocent XIII, à Taudience duquel il se rendit, le 29 juillet, accompagné d'un nombreux cortège, et lui présenta les nouvelles lettres de créance qu'il avait reçues de Vienne, et qui l'accréditaient de nouveau, de la part de l'empereur, auprès de Sa S.iinteté. L'empereur, l'ayant choisi pour être viceroi de Naples, au lieu du prince Borghèse, .ui dé[>écna de Vienne, le 30 avril 1722, un courrier pour lui en porter jla nouvelle et le décret, qu'il reçut le 10 mai. Il se rendit, en cérémonie, le 10 juin suivant, au palais du Quirinal, où il fit entre les mains du Pape le serment, pour l'investiture du royaume de Naples, en vertu d'une procuration de l'empereur, qui l'avait choisi pour celte fonction. Ayant pris congé de Sa Sainteté, il alla prendre possession de sa vice-royauté. 11 arriva k Naples le 22 du même mois de juin, et le lendemain, le prince ^Borghèse, dernier vice-roi, lui remit le gouvernement dans l'assemblée du conseil collatéral. Lui et les comtes d'AI* thann, ses frères, et leurs descendants h (lerpétuité, furent agrégés h la noblesse du royaume de Naples, par l'assemblée des nobles du quartier de la Montagne, le 8 avrill72^. Après avoir gouverné ce royaume pendant plus de sii années, il fut remplacé par le marquis d'Almenara. Parti de Naples le SI juillet 1728i il se rendit h Borne, où il séjourna jusqu'au 5 avril 1729, et en partit pour se rendre à son évéchô de Vaccia. Il mourut le 21 juin 1734.

ALTIERl(JBAii-BAPTisTB},descendaitd'AItieri Parraluci, mort le k juillet Itôl, à l'âge de 110 ans.-D'abord majordome du cardinal Scipion Borghèse, qui était neveu du Pape régnant Paul V, il fut ensuite évèqi/e de Camerina, vice-gérant et visiteur apostolique des six évèchés propres aux six anciens cardinaux, nonce à Florence, et enfin créé cardinal par le Pape Urbain VIII, le 13 Juillet 1643. Il eut encore l'évèché de Lodi, et mourut le 26 novembre 1654.

ALTIERl (Emile). — Voy. Clément X.

ALTIRRI (Paluzzo Paluzzi-Albertoni).

— Ce cardinal changea son nom pour pren* dre celui d^Aliieri, ayant été adopté par Clément X, après que ce Pontife eut perdu 80R frère Antoine, qui était mort sans en* fants mâles. Il avait été auditeur général de la chambre apostolique, gouverneur de liOrette, et honoré de la pourpre romaine

nar Alexandre VII, le 15 février 1664, avtH) le litre de Saint-Eusèbe. Il eut depuis eelui des Douze Apôtres, obtint l'évèché de Moa* tefiascone et fut sacré le S mal 1666. De cet évèché il passa k celui de Lodi, et, après son adoption, fut fait archevêque de Ba venue, dont il reçut le pallium le 6 juillet 1670, légat d*Avignon, de la Boroagne el d*Urbin, 1670; puis, préfet de la signature des brefs, protecteur de Tordre des Dominicains et deN. D. de Lorette; abbé de Tabhtye des Trois-Fontaines lès Borne, et camerlingue de la S. E. B., en 1671, toutes charges qui étaient devenues vacantes par la mort du cardinal Antoine BarberHu Eii 1673, il fut encore déclaré patron et surintendant de tout l'Etat ecclésiastiqoe, puis préfet de la congrégation De prejnijaiMb/Mf, abbé de Saint-Pierre del OImo, dans le Milanais, et protecteur de difl^érents ordres et de plusieurs églises. 11 opta pour l'évâché de Sabine le 28 février 1689, puis pour celai de Patestrine le 8 août 1691; fut fait aiu chiprètre de la basilique de Saint-Jean de Latran, et, devenu sous-do^en, il opta pour l'évèché de Porto le 27 janvier 1696. Il mou-

rut subitement k Borne la nuit du 89 juin

s l'église de Sa intf^ Marie in Campitello , dans Ta magnifique

suivant, et fut inhumé dajis

chapelle qu'il y avait fait bAlir.

ALTIERl (Laurbnt), nék Bome, le9J[uin 1671, créé cardinal-diacre du titre de Saiiil^ Nicolas m Carcere^ par le Pape Alexandre VIII, le 13 novembre 1690. et déclaré légat d'Drbin par le Pape Innocent XII, \e9h se|»* lembre 1696, laissa la diaconie de Saint- Nicolas m Carcere^ pour passer è celle de Sainte-Agathe des Goths le 1^ novembre 1718. — il quitta ce dernier titre, et opia, le 2&> juillet 1730, pour celui de Sainte- Marie m via Laia^ le premier de Tordre des cardinaux-diacres, el duquel il prit possession le 3 août suivant.

ALTIEBI (JbanBaptistb), né è Bome le 6 août 1673, était, dès 1713, président des chemins. — Le Pape Benott Xlll, è son avènement au Saint-Siège, lui donna le titre d'archevêque de Tyr, qu'il proposa dans son premier consistoire, le 12 juin 172ii>. Ordonné prêtre. AUieri fut sacré le 16 juillet» et, le 15 août suivant, déclaréévèque assistant au irônc. Cardinal le 11 septembre de la même année, il est le premier qu*ait créé Benoit Xlll. Ce Ptintife lui assigna le titre presbytérial de Sainl-liathieu m Merulana^

ALTII£BI (Vincb^t-Makib), Bomain, né en 172&, fui fait cardinal en 1777 |Nir Pie VL — Il dut donner sa démission en 179S.

ALTIERl (Louis). Ce prince de l'Eglise est né è Bome le 17 juillet 1805. Il fit en particulier Ses éludes de philoso(»hie, de droit et de théologie. Pour ces dernières, il suivit les cours des PP. Manera et Perrooe , célèbres professeurs du collège romain.

En 1826, il fut nommé camérier secret surnuméraire de Sa Sainteté Léon XII, el euvoj^é à Paris pour porter, comme ablégat apostolique, la barrelilB cardinalice i Mgr de Latilt archevêque de Beims.

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tics CARMNAl \

I fiA ër^T*^ t '\'hc:.tri suitacie ju?rè> &j ■lèsDePDCiilp. rr'EOs: preiïîf^r «mèrirr secret poBÛât& , « A fcoctloa dt coppiert

Js«Qv*ea iS36 î' serrit en II même qu.i 'iié LéoD un et !^j deni successeurs , P.e VIU ri Grpcvire XVI.

Ce à»ni!er le chii^ei en ISU annê« où il rtçQi Mordre* sarrés" de porter la tMrreile eardinlicc À.Mgr Carac^îolu, ancheTèque de

Kaplef.

Bb 1831,1^ fut noTT.mé secréiaire d^ ht eoogrésiiîon desEtades* sous les cardinaut Kuru et LambrjschtDî qjî en étaient priées.

Sfteré par le même Pape, *e 17 juillet 18:lA, arcb«Tèque d*£phèse » il fut immêdialement nomné nocce apostolique près la cour de Vienne, oik il resta iusqu*à !a tin de juillet 18Û» avant été pror/ame cardinal lo il avril de (a même année» avec le litre presbvtor.il (potsr tonte la vie] de S. M. in Purlico. Sa rréBlîaii remonte au H décembre IS^O.

Se retour i Rome, il remplit remploi de secrétaire des Mémoriaui , pour lequel il avait été choisi par le Saint^Père dsns l'acte même de sa promotion au cardinalat.

Confirmé dans la même charge par le 9ou- ▼erain Pontife régnant, S. S. Pie IX, il la eonsenra jusqu'en 18^7, époque k laqueMe il reçut la charge de président de la Tille de Rome et de la Camargue, après af oir présidé la commission chargée de (>roposer le rélabliasement de la municipalité romaine.

II exerça profisoirement sa charge de secrétaire des Mémoriaux pendant que le Saint Père séjournait à Gaële.

L'autorité pontificale avant été rétablie k Romet il fut un des trois'cardinaux composant la commission de ffoufernement qui administra pendant neuf mois les Etats de l*]^itse, jusqu^au retour du Pape à Ronie.

Enfin au commencement de 1855, s*éiant démis de sa charge de président, il demanda et obtint d'être rétabli dans son poste do secrétaire des Mémoriaux , qu*il occupe encore.

II appartient en même temps aux con}:;régations de la Visite apostolique, de la Propagande, des Rites, des Indulgences et reliques, des Etudes, de l'Index, do Lorette, de l'état des réguliers.

Il est protecteur de rAcadémie pontiricalo des nobles ecclésiastiques, des collèges 6*apranica et Ctementia^ et de la chapelle cl du collège Paolino dans Sainte-Marie-Majuure.

AMANATI. — Voy. Thomas.

AMAN ATI (Bonifacb), de Pisloie, protonotaire aposloliaue, créé en 1397, par Tunligape Benoit XIH, diacre-cardinal du litre de . Adrien, mourut on 1399.

AMAT DE SAINT-PHILIPPE E 90RS0 (Louis), né à Cagtiari en 1796, fut fait cardinal en 1837, par Grégoire XVI. — S. B. fit encore h 1 heure où nous écrivons.

AMAURY DB Lautsu, Français» évoque do Cominges, créé en 1385 , par Tantipape Qémeut Vil, prôtre-cardioaL du tilro de S. Eusèbo, mourut en 1390.

DiGTionsi. DBS Cabdinaus.

AMBOISE r,roBi;rs p" , i^.'»nn 1 M-^* *:» i>-

h^:re s.'»j< e ;:."*» de* c r-'iiit^*' i" I ^,' ^IJ^ naqui: cr. liW .^ii J^A;'a,; ^o i'.'^,i.ni'*-*»-î5î:r- Loire, rrès d'Ar^.^s?. — l t:ai :Vs A^ Piirre d'Amb>ise. se fttenr i:^ TîT^urî^oi-l, etc.. et ./Anr.e .^e Be.îil. Dès 'V,j:x- de qua*

cet'.e éjv^que ?a dîsc-.pine eivie>î.isîi.j:ie. On peut le dire avec d'autant moins d*he>itatio*t que d'Amboise, deTenu ministre, pi^rla l.i reforme dans celle |>artje, comme dans toutes les branches de ra.iministntion publique. Choisi par Louis XI, pour être un do ses aumîVniers. il montra taïit do dèsintorossoment et d'arorsion p'»ur riniri^rue que ce monarque dèii.^nt et Svni|\onnon\ no îo remarqua point. I! aT.'tii besoin copondant «le prudoniN» ; car il aimail bo.'*uct'»up le jeun* duc d'Orîêans. qui êiail as<oi nul ,i la ci>ur pour oiie ce fût un crime d*è!re do ses amis. Louis\l en mourant, ajani confié la rèj^i-nce du rovauiue ^ Anne do Beauje«i, sa li io atnée, le duc d'Orîoans, premier prince du sang • humilié d\in choix qui Texclu^iit des affaires prit une résolution qui impriino une tache à sa mémoire; il tU un appel aux armes, fut Taincaitla;balai lie de Saint-.\uhin du Cormier et enfermé. DWmboiseiratailU avec un zèle infatigable pour le f.iire sortir de prison. Son zèle le |>orta même un peu loin, caril fut arrêté lui-même. Charles Vlli parvenu à sa majorité rendit h la liberté les deux amis. Le duc d'Orléans acquit bientî^t un grand crédit; dWmboise partagea la nouvelle fortune du duc et obtint l'archevêché de ifarbonno qu*il échangea (lV9;î) pour celui de Rouen. Le ministère de ce prélat peut dater de cette époque, puisque le duc d Orléans qui était gouverneur de la Normandie lui abandonna toute Tautorité, et que U^s heureuses réformes, qu'il introduisit d;in< celle province étaient le préludu do celles qu'il devait bientôt opérer dans tout Itf royaume. Charles VIII étant mort(IV98) sans laisser de lîls, le du<^ d'Orléans monta sur le trône sous le nom do Louis XII et lo pouvoir que d'Amboise exerçait sur la Normandie s*ét(:ndit sur la rrance entière.

D'Amboise, premier ministre, conserva toute sa vie ce titro'cl l'amitié du monarque, 11 est peu d'exemples dans rhisloiro , d'une faveur si longtemps conservée; elle s'explique par les rapports intimes qui existaient cnlre lo caractère du priiico et celui du ministre, rapports qui, un siôdo plus titrd, devaient ogalcmonl immortuliser Henri IV et Sully. C'est h tort qu'on a reproché à d'Amboisedo n'avoir pas détourné |j)uis XII de la conquôto du Milanais. Le désir d'aUer guerroyer en Italie élait une lièvre qui s'était emparée de la noblesse française ; et rien n'aurait pu retenir Louis Xil, qui voulait revendiquer le duché do Milan sur lequel il avait des droits inconteslablos du chef du Valentino Visconti, son nitMile. Pour juger les hommes , il ne faut pas les séparer do l'esprit de leur temps. — Dès 1S98, Césaf

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BoFi^ifl élail venu de la pari d'Alexandre VI apporter le chapeau do cardinal à d'Amboine. A la mort de co Pape» le ministre , .s*il eût «D des vues ambitieuses» pouvait parvenir au Sainl-Siége. Pendant les préliminaires de réfection il consentit à faire éloigner de Rome les troupes françaises pour ne pas influencer les suffrages » et le cardinal de la Rovère» qui avait eu de bonnes raisons pour lui donner ce conseil » fut élu à sa place et prit la tiare sous le nom de Jules II. Aux fonctions de premier ministre en France le cardinal d*Amboise réunit aussi celles de légat du Pape dans ce royaume, réunion sans exemple; ot des fonctions aussi incompatibles ne lui attirèrent jamais le moindre reproche, soit de la cour de France , soit de relie de Romo. — Il fut enlevé trop tôt à la France et mourut en 1510, dans le monastère desCélestins, à Lyon, oii il avait suivi la cour. Sa mort excita les vifs regrets de Louis XU, et toute la France pleura un ministre qui avait gouverné sons orgueil et sans avarice , un cardinal qui se contentait d*un seul bénéfice, et qui ne considérait que la gloire du roi et Tavantage des peuples. — Comme légat du Pane, il a'élait occupé de la réferme de quelques ordres religieux, et particulièrement de celui de Saint-François. Il donna h la ville do Rouen un parlement sédentaire, au lieu de la juridiction de Técliiquier (qu'elle avait eue jusque-là. Il la dota de iontaines, de cloches, de places, de divers édifices. Il ne recevait que le tiers des revenus do son bénéOce, abandonnant les deux autres, suivant la prescription des canons, à la nourriture des pauvres et è l'entretien des lieux saints. Il DO demanda jamais rien au roi; il se contentait d'accepter les présents qui lui étaient offerts parce prince» quand il craignait de l'oCTonser par un refus. Un gentilhomme de Normandie avait une terre voisine de la belle maison de Gaillon» qui appartenait à Tarchevèché do Rouen. Manquant d*argcnt

f>our marier sa Glle» il offrit au cardinal de ui vendre sa terre à vil prix. Celui-ci qui connaissait la position du gentilhomme, lui laissa son domaine, et lui fit don de la somme dont il avait besoin. On pourrait citer d'autres traits de ce genre, h Ihonneur du noble prélat. Son testament fut une preuve de sa charité pour les pauvres, de sa modération à Tégard de ses parents. Il conseilla à ceux-ci de ne point rechercher les affaires publiques, de peur qu'ils n'y en-

f;ageassent leur honneur ou leur conscience. I témoigna do regret d'avoir employé h ces affaires le temps qu'il devait à l'instruction de son troupeau» et sembla porter envie au frère Célestin, qui lui servait d'infirmier dans sa maladie» en lui répétant souvent : i^ Frère Jean» aue n'ai-je été toute ma vie frère JeanI r Son cœur fut enterré dans Téglise dea Célestins de Lyon» et son corps lrans|H)rté à'Rouen» où i73n voit encore le mausolée qui lui fut élevé dans la cathédrale, (loy. Baudier, Hist. du cardinal d*ylm- Ooûf ; — Desmontaonbs et Legendre, Tie du

cardinal d'Aènboise ; — Seissel, Vie de Louit XII : — l'autour du 4a Vte de Éayard^ c. M ;

— GuicHARDiN ; — QiAGOïiics, plos counu sous lo nom de Chacon ; — Onupbrb; — Frizon ; — AuBERT, Hist. des cardinaux ;^^

5;ENEBRARD ; — SPONDB ; — DsCOStS ; — )ubouchet-Dutillet; — Sainte Marthb;

— MÉZKRAi; ^ DcPLEix, etc.)

Voici son éloge par le P. Alby (16U) : • Le temple de la gloire n'est pas ouvert en tout temps, et à tous venants, comme était autrefois celui desGrftces. Elle n'y permet point l'entrée h ceux qui n'apportent que la. seule recommand.ition de la fortune^ et qui ne s'y présentent au'avec les dienités, les richesses, là noblesse et les alliances, qui sont toutes plumes de dépouille» et qu il ne faut non plus compter entre les ornements qui rehaussent le prix de l'homme, que ses obligations dans la valeur de ses biens. Elle demande do plus le témoi-

5 nage des belles actions, et le consentement e la vertu, à qui elle a laissé la charge des portes de cet auguste sanctuaire, et l'office d'assigner les places à ceux qui y doivent tenir quelque rang; et après avoir dépouillé leur mortalité, ôlre revêtus de l'honneur d'une éternelle mémoire.

9 Ce que je dis sur le sujet du cardinal d'Aroboise, qui étant venu au monde par la porte de Thonneur avec toutes les recomniandations les plus favorables delà fortune» n>ut jamais eu d'accès ni de part aux faveurs de la gloire, s'il n*eut été particulièrement reconnu au témoignage de sa vertu, et par les caractères de son (iropre mérite. Ils étaient huit frères en la famine» dont Tun fut grand matlre de Rhodes » cinq furent évèquos, et deux gouverneurs de province : et néanmoins notre cardinal pour ses belles actions a été comblé de gloire beaucoup plus avantageusement que tous eux» c|uoi qu'ils participassent également avec lui au bonheur d'une môme naissance.

« La vivacité de son naturel, avec la force et la résolulioti de son esprit Je poussèrent d'entrer si avant dans la réputaîîon publique, qu'il se fit estimer aussitôt que connaître* Car à peine était-il sorti de cultiver sa jeunesse et son esprit pur les lettres dans l'Académie, qu'il fut jugé capable des fonctions épiscopales, et pourvu de l'évèché de Montauban, et bientôt après de l*archevêcbé de Marbonne : comme si le talent du gouvernement et du maniement des affaires qui vient aux 8<itres par les expériences de Taçe lui eût été donné avec la raison et le sens.

« Un mouvement particulier de son inclination, qui est è plusieurs l'introduction au théâtre de l'honneur, le jeta dans le parti et dans les intérêts de Louis» duc d'Orléans» alors le plus proche successeur de la couronne; qui pour avoir été refusé aux états du royaume tenus à Tours» de la régence qu'il prétendait comme premier |>rince du sang, pendant la minorité de Charles VIII avait pris les armes, avec dessein d*enlever le roi dentre les mains du comte et de la

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comtesse de Beauje » Anne de France* sœur aillée du roi» qui avaient été préférés à lui* le roi consentant k cet enlèvement, et le déairaiit. Hais !d secrète brigue qui avait été accortemefit liée à la cour pnr Georges d*Amboise, ayant été éventée* et lui fait prison* nier ; (/« quelque temps après, le duc d'Orléans ^ancore prisa la bataille de Saint-Aubin en Lretagne, et conduit en la tour deBourge«, un chacun condamna ouvertement les jr.'jines pratiques de rarchevèi|ue deNar-* bonne, et Tentreprise téméraire du duc»

nu*on appelle communément ta folle guerre. Toutefois ni la détention, ni le blAme de rinexécution dont on chargea Tarchevêque, n'abattit nullement son courage, qui s*élant comme répondu de la bonne fortune du duc, travailla heureusement après avoir obtenu sa liberté, à procurer celle de son maître, après trois ans de prison ; signalant son affection, et sa fidélité envers lui par un si notable service.

« Aussi depuis il posséda singulièrement entre tons I affection réciproque, le secret et la confidence de ce prince, qui ayant ref^ de la faveur et de l'amitié du roi, avec la liberté, le gouvernement de Normandie , obtint peu après la lieutenance pour Tarchevèque de Marbonne, avec l'archevêché de Rouen qui vaqua en ce temps; faisant triompher la gloire de la fidélité, dans une si légitime reconnaissance.

€ Et il D*était pas beaucoup éloigné de posséder encore les affections du roi, quand ses envieui piqués de le voir dans le chemin d'une grande fortune, entreprirent de le traverser, versant quelques blAmes injurieux sur sa fidélité envers son prince légitime, à dessein de la perdre, ou de l'éloiguer de la cour. Mais la mort inespérement survenue du roi Charles Vlll brouilla leur fusée, et rendit leurs artifices inutiles. Car le duc d'Orléans succédant à la couronne et à Tautorité royale sous le nom de Louis XII, s*éleva k un si haut degré de faveur qu'il fut inaccessible aux envies, et éblouit les yeux jaloux de son éclat.

« Depuis on put dire de lui ce qu'en a dit un historien étranger, que sa langue et son autorité au maniement de tontes les affaires, furent la langue et raotoritéduroi.Eicomme il s'employa sans aucune réserve à servir è la gloire de son maître, et à la grandeur de sa couronne; aussi le roi assisté en lui du plus fidèle conseil, et du ministre le plus

Î généreux qui eût jamais soutenu le faix de 'Etat, porta la réputation de son règne au plus haut point de la gloire, remplissant sa cour de magnificence, son royaume de commodiléiy ses sujets de félicité, ses ennemis de terreur, et ses voisins d'admiration ou de jalousie.

c Ce fut par son conseil que le roi è rentrée de son nouveau règne, réforma sa justice, qui est la base des trônes, et en ôta les longueurs avec les formes et les amusements de chicane qui étendaient les procès k Tinfini; cbfttia les corruptions manllestes, et les friponneries du palais ; ordonna à l'a-

vantage des pauvres que Ton eût è traiter leurs causes avant toutes autres affaires; retrancha ce qui nuisait h l'exercice des sciences en l'université-; diminua la taille» et les subsides par tout le royaume ; réprima . l'insolence des gens de guerre qui ruinaient les paysans, et pillaient la campagne; ordonna les garnisons, punit les vagabonds» et fil jouir son peuple dans tous les Etats» de l'abondance du repos et de la liberté.

« Cette noble et obligeante conduite do l'archevêque de Rouen lut le précieux aimant qui lui attirèrent la bienveillance et la bénédiction des peuples, et toutes sortes do félicités, dont ensuite le Pape Alexandre VI lui envoya de son propre mouvement le boiK net de cardinal par César Borgia due de Va* lenlinois, qui apporta ensemble les bulles du démariage du roi avec Jeanne de Franco» et de la dispense de parenté pour épouser la duchesse Anne de Bretagne, allumant les feux de la joie publique dans tous les cœurSt comme dans tous les coins de la France.

« Au môme temps le roi ayant été solli* cité à se resouvenir des droits que la maison d'Orléans avait sur le" duché de Milan, la guerre d'Italie fut conclue par le conseil da 'cardinal d'Amboise, les finances nécessaires trouvées par son adresse, sans faire aucune nouvelle imposition sur le peuple, l'entre* prise acheminée avec tant d heur et de diligence, que le roi étant encore è Lyon qui suivait son armée, les nouvelles lui furent apportées de la prise et réduction de Milan » oit il alla faire son entrée ; faisant éprouver aux Milanais par les sages avis du cardinal la douceur de sou gouvernement, qui leur apporta toutesisortes de biens, d'honneur et de commodités. Ce fut aussi à ce voyage qao le cardinal ayant pris corinaissance de tous les hommes de quelque rare mérite qui étaient en Italie, leur fit éprouver les laveurs et les libéralités du roi, comme aux docteurs et jurisconsultes renommés» Jason». Dece, Curtie: à Jean Lascaris, h Deroetrius» à Paul Emile, et quelques autres hommesdo lettres, qui apprirent pour leur bien, que les vertus étrangères se sont toujours dorées auprès des lys de France.

« Toute ritalie eut des applaudissements et de l'admiration pour cette nouvelle et si soudaine conquête, suivie de la reddition do Gènes etd'autrea places. Il ne restait que do laisser un bon ordre pour la conservation de ces Eiats : à quoi les soins du roi, et la

Crudence éveillée du cardinal travaillèrent ien. Mais comme les meilleurs conseils ont souvent des disgrâces, et des traverses qui se bandent à les faire condamner ea t événement; il ne se passa que cinq mois entre la conquête, et la perte du Milanais : le duc Ludovic Sforce v étant rentré avec lo secours des armes de l'empereur. Toutefois comme il fut prompt en son expédition, lo fortune lui tourna lodos aussi bientût. Car le cardinal ayant été renvoyé par le roî comme son liouieuant-géuéral en Italie, fivoc de grandes forces, et deux cents geiitilsbon>mes do sa maison pour l'accompagner* ot W

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DICTIONNAlRe

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suivre quelque port qu*i1 irait ; il reconquit éo un instant tout le pays, prit le duc, le cardinal Ascagne son frère, ot Ions les chefs du parli ennemi. Et au lieu que les Milanais devaient attendre de son juste courroux une sanglante vengeance de leur rébellion » ému de leurs ettrémès sommations* et des cris pitoyables de quatre mille petits enfants vfl* lus de robes blanches qui furent en procession devant lui avec Timage du cnicifit , il leur donna au nom du roi absolution de leur crime ; et eut tant de jalousie dVgaler les victoires de sa bonté, à celles de la puis- Mnce de ses armes, que pour empêcher que la ville de Hilnn ne fAl saccagée, et tout la pays otitragé de Tinsolence du soldat, il ftit trois jours sans dormir, faisant restituer font ce que les gens de guerre avaient pris, depuis qu*il en eut «publié les défenses. Il entreprit et mena h chef un bon nombre d'autres affaires en Italie, au soulagement des princes, et au contentement singulier du Pape qui, en témoignage de sa recon* naissance et de sa conjouissance pour tant de glorieux succès, le créa pour dix-buil «Dois son légat en France. Dont toutes cho* ses expédiées, il partit d*ltalie, ayant laissé son neveu le grand maflre de Cbaumoni, amiral et maréchal (!e France, gouverneur et lieutenant général dans TEiat de Milan. A son retour il Ht son entrée dans Paris avec konneuret magnificence, comme légat apostolique ; et procéda peu après h la réforma* llou des couvents, avec des soins et des di« Hgences si grandes, quMI fit comprendre h tous, qu'il ne manquait point de volonté, non moins que de pouvoir, aux louables exécutions; et qu'il ne relèverait jamais la gloire de sa dignité, que sur les ruines du ▼ice.

a La nécessité desafiniros du roi prépara bientôt k Tesprit du cardinal de nouvelles occupations: aussi était-il comme un feu éleiuiel qui s*éclaircissait dans racfion, et «^augmentait, et se nourrissait de ses charges. Une trêve ayant c^té conclue avec Tenipereur Maximilion, et l'ouvcrhire faite d*un mariage de Claude» fille unique du roi, avec Philippe fils ntné de Tarchiduc : le canlinal fut envoyé à Trente devers Tempereur pour concerter les conditions de ce mariage, comme aussi pour traiter d'une li;;ue contre les Vénitiens, et de rassomblaged*un concile général pour le bien de TËglise. Et a peine fut-il de retour de ce voyage, qu*il en i|iitreprit ux\ nouveau avec le roi pour Tltalie, «où la présence de Sa Majesté semblait nécessaire pour le bien de ses affaires en ce l»ays-lè ;et pour donner pied à quelques nouveaux desseins surle royaume de Nciples, dont il laissa l'exécution au duc de Nemours» Louis d'Armagnac, qui ayant assez heureusement partagé avec les épées françaises, la couronne de dom Frédéric avec Gonsalve, capitaine espagnol, fut enfin contraint de lâcher sa part et sa prise è la tromperie, et k la violence de son concurrent.

« Cet accident avec la mort survenue du Alexandre VI, obligèrent le cardinal à

repasser les monts, et Ik se rendre en dili-

Sence à Rome accompagné dfs cardinaux *Aragon et Sforze, à qui il avait procuré déjà sa liberté, où étant arrivé suivi de l'armée du roi, et le conclave s'eiïrayant aucunement de Tarmée française qui était toute dedans et aux environs de Rome,il se laissa duper aux artifices du cardinal du Roure,

a ni lui promettait le pontificat sans contreit, pourvu qu'il donnât seulement la liberté à réiection, qui sans faillir se devait faire de lui : ce qui apporterait une autre commodité qu'en éloignant ses forces, il mettrait k néant les prétextes que l'on pourrait prendre de contrainte et de violence, pour faire schisme dans l'Eglise. A quoi, pour s*6tre trop franchement accordé, non-seulement il déchut, aux deux élections qui se firent en moins de deux mois, de la souveraine dignité, que la brigue de France et son autorité lui avaient préparée» mais il s'engagea è une extrémité de périls et d'épineuses affaires, par la faction ouverte des Espagnols et des Vénitiens, qui lièrent d'intelligences les Ursins avec les Colonne pour traverser les in* téréts du roi, et son entreprise au recou-* vrement de Naples, auxquels se joignit le cardinal Ascagne, armant contre son libérateur ses propres bienfaits. Ce qui apporta un très-sensit)le déplaisir au cardinal, et quelque déeri h sa conduite, pour avoir été défavorisée (lu. succès h Rome et à Naples ; quoi que k vrai dire, quand la vertu lutte contre la fortune et contre les embûches de la trahison, on no la doive pas moins estimer pour être demeurée au-deçè de l'exécution.

€ Cependant l'esprit du cardinal piqué au vif s'essaya de mettre les ennemis du roi dans leur'tort, et dans les voies de se repentir d'avoir trahi leur conscience, et abusé de sa franchise. En effet, dans peu de temps les ambassadeurs de l'empereur vinrent eu France solliciter la paix; et ensuite le cardinal fut en Allemagne peur la conclure dans Haguenau, et la faire jurer tant h Tem-

Ïereur Maximilien, comme à Philippe son 1^. Il était encore après pour le bien de la France de lier l'amitié du Pafm (qui l'avait continué légat) avec lo roi, quand ce dessein fut traversé par la rébellion des Génois, co qui fU résoudre le roi dW aller en personne pour les châtier; ayant fait avancer le cardinal avec ses troupes jusqu'à la ville d'Ast. De quoi les Génois 'effrayés envoyèrent des députés vers le roi qui avait suivi à grandes journées, qu'il fit ouïr par le cardinal, et sans s'amuser passa outre^ attanua et gagna kl mantagne de Gônes, donna Détaille aux rebelles, les défit, entra comme en triomphe dans la ville, armé de toutes nièces, te cardinal d'Amboise, accompagné ae trois autres cardinaux, marchant après lui, armé aussi de toutes pièces, portant en sa main son épée nue, comme général d'armée» et vainqueur des Génois par les armes du roi : tout le peuple abattu implorant par des corps élancés sa clémence ei sa miséricorde.

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DES CARDINAl \.

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• El Don-seuI«-me!:t Gdfies, mais (<^ule Tllalîe demeura comme frappée des éclairs de la Ticloire ei de la puissance du nn, qui p,^rut en dÎTers endroits de ces provinces rorama un astre luisant de gloire, suivi d*untf^ înfiniléd'acclamations et d'appl^tidissonienls des peuples, li n*y avait que les Vénitiens qui regardaient d*un œil envenimé ta pros- IN'iité de ses armes. Ce qui lui fit mettre en délibération après son retour en France, s*il n<> serait point h pro|>os do se ressentir des offenses qn*il avait reçues d*eux aux guerres de Naples» et de retirer l'Etat de Crémone qu'ils lui occupaient. Sur quoi quelques sages conseillers furent en doute s*il ne valait point mieux les avoir pour amiSiquede les affaiblir, pour fortifier la faction envieuse do cette couronne. Mais le cardinal qui D*eul jamais le génie douteux, où il s'agissait de la gloire de son roattra et de la grandeur de son Etat, fit par le crédit qui accompagnait ses conseils conclure In guerre, à laquelle le Pape etTempereur dé.sirèrent se jointire pour recouvrer les places que les Vénitiens détenaient ou de l'Eglise ou de IlSmpiro. Il accompagna le roi h ce voyage, et bien qiril fôt'si pressé de violentes douleurs de la goutte qu'il ne put aller à cheval : il se fit ttortcr» et passer les monts en litière, se trouva tout malade qu'il était à la bataille d*Agnadol, donna ordre partout oi!l il était besoin, exposant franchement sa personne è tontes sortes de périls, pour faire réussir à Thonnenr du roi l'entreprise qu'il avait consi'illéc, qui s'acheva avec la défaite de rannée vénitienne, la prise du général et do toute l'artillerie, le massacre de quatorze mille i\QS ennemis, la reddition de Créniono et de toutes les places appartenant aux confédérés du roi, qui recueinireni les fruits de la victoire, sans y avoir rien contribué.

Enfin, après tant de glorieuses expéditions étant de retour en Franco grièvement malade, il s*arrèia à Lyon , où après avoir en vain éprouvélous les remèdes humains contre la fièvre qui lui allait ravageant d'une flamme subfile, avec ses forces, jusqu'aux moelles des os, il se disposa chrétiennement h faire une sortie du monde qui ne démentit point le glorieux cours de la vio qu'il avait menée. Il se relira pour cet effet aux Cé!estins, pour recevoir plus commodément les assistances spirituelles de son âme, convertissant toutes les lumières de sa grande prudence en pensées de rare piété. Il y fut visité du roi, h qui il prolesta d'avoir tou-

I'uurs api>orté de très-sincères intentions au )ien de l'Etat, et è l'honneur de son service, et de n'avoir jamais abusé de son crédit pour amasser des trésors et piller le royaume; de quoi il prit Dieu à témoin, aux mains duquel il était prêt de défiosor les liions et les honneurs qu'il avait acquis, sa vie» son âme et ses dernières esf^érances. Après avoir ainsi parlé et donné au roi quelques avis seciets |>our le bien de ses affaires, il lui dit le dernier adieu, qui frapf>a sensiblement le f-Œur du roi» et lui lira les larmes des yeux. 11 dit encore un solennel adieu è tous ses

parents, à qui il la s>ii avec de grands Inens. uo avis plus précieux qu^ lo>isles trésors ? de ne s'enfoncer jamais si autant que In* dans Tadministralion de l'Etat, d*où ils au* raient peine de sauver, comme il avait fait, leur conscience et leur honneur. Il com^ manda de marier cent cinquante filles, ou l'honneur de la glorieuse Vierg;» ot Mèro de Dieu. Et sentant dès lors que son esprit tirait au déclin de la vio mortelle, h laquelle il passa, comme il est à espérer fort paisi* blemeni, disant lui-mémo en mourint un hymne de la croix, et scelhnt sa bouche avec la profession 00 sa foi. Ainsi mourut Ih cardinal d*Amboise, gra'id ministre d*Ùtat en France, le vingt-cinquième jour de mai do l'année mil cinq cent dix, âgé do cinquante ans; narsonnage orné da qualités grandement relevéosde courage, de sagesse, de conseil et de modération dans une grande fortune, aimé du roi, chéri des Françai>, craint dos étrangers, loué^et estimé'dotous; la mort duquel rendit la gloire, et los prospérités de la France douteuses que sa vie et ses conseils avaient toujours assurées.

« Le roi ayant eu les nouvelles do sa mort, témoigna par ses larmes combien grande il en estimait la perle. Jamais on ne vit dans Lyon tant do monde onsomble qu'il s'en trouva pour honorer ses obsèques. On mena parmi la pompo dos funérailles une statue et une personne on vie do la st.ilure du cardinal révolue de ses habits par toutes les grandes églises de Lyon, accompagnée d'onze mille prêtres ri do douze conis prélats, do doux cents geiUilshomiiies ot de cent ai-» cliers do la garde du roi, qui environnaient le corps couché en un lit do camp^ oncourtiné de velours noir» cl paré de ses armes ; monsieur le duc do Lorraine ot dix autrcM grands seigneurs, par le commandement du roi, mennnl le grand deuil. Son cœur lut enterré aux Coloslins do Lyon, et son corj*s conduit depuis Lyon jusqu'à Uouen partnds cents liomuics pauvres, vôtus do noir,portajit torches, riuq évéqueset un cardinal, aitcompagnésdo cinq cents chevaux tous'hous* sésdo noir jusques en torre, et de |)lusiours chariots de religieux inendianis, marchant avec eux un persunnage on arohovèquo r<vèlu de rhabillomenl du défunt, (]ui lira IfS larmes h tous ses diocésains, en leur ronou*» volant la mémoire do ses incomparables mcrilcs. »

T0UBB4U DU CARDIM\t D AUB-tlSR.

Pasior cran) clcri, popiili p:iii*r. .iiirrn scsc

Lilia KiibdclMiit , qiiciciis ot i)>Sii iiiitii.

Monuiis en j.icco, mon*: tfxsiiiigMiiniiir honores :

Al virliis inorlis iicicia iiiortovgel.

{Voy. Jacques BAtJDiER,DKS Mo:<itao;iks»

HlLARION, LA COSTB, Du T(LLET, Chiudo KOBEKT.)

AMfiOlSE (Louis d'). Français, évoque d'AIbi, créé, en 1507, prèlre-cardinal du litre de Saiul-Marcollin -et do Snint-Piert ♦% )Kir Juleâ II, Pape do 150J à 1513, et qui nomma vingt -sept cardinaux» mourut oa

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