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éeri?aîD9 ont laissé des relations de la mort de nUustre martyr. {Yoy. BblxaemiSv De icripî. ecelesia$tieis ; — Possbvin^ in Appar : — Spotidb» i4nna/w ; — PiTSEOs;—DopiN, Wbliothique des aut, ecclésioil. duwi* iiêcle.)
FITIGNY ou FESTIGNY (Pibreb de), est nommé aussi par plusieurs écritains Pierre FoNTEBBAG » mais à tort. — Chanoine de Chartres » il était en même temps un des plus célèbres avocats du parlement de Paris. Il se chargeait principalement de la défense des ecclésiastiques, des veuves el des orphelins. Son intégrité, son désintéressement étaient admirables. 11 exerçait ce ministère de d<^TOueraent et de charité* lorsque le Pape Clément YII, séant h Avignon, le promut au cardinalat en 1383. Fitigny n*avait fait aucune démarche, aucune sollicitation pour être élevé i cette dignité, et il fut très surpris, Iorsqu*il en regut la nouvelle. Il mourut le fc novembre 1392, è Avignon, où il fut inhumé dans Téglise Jes Célestins, avec cette épitaphe :
Hic reqttiescU lion» memori.'e dominiit Pelrus tie Filliiiaco, iilriiisqiie juris docior« qui atlvocaïutparlamenii.eicanoniciis Parisieiisls existons, et pitgil Ecclesiae; iinde non immerilos per dominuni Cleiuentem Papam VII assiimpius fuii in BeakP. Mariae in Aquig diaronnm rardinaieui, qui obiil anno Doinini MCCCXCll.
Ici repose Herre de Ftlîgrty, docteur en droU civil et aen drgit canonique , wcaî au parlement^ chanoine de Partie eidéfenêeur de fEgliie; Ha mériîi d'être créé^ par Sa Saimeléie Pape Clément Vll^ cardinal-diacre du litre de Mute' Marie damUê Eaux. Il eu mon Pan du Seigneur 1392.
(Foy. Balozb, Vilœ Paparum Avenierim $ium. )
FLANDRIN (Pibbbb), né au diocèse de Viviers, dans le Vivarais, fut d*abord doyen de Bayeux, puis auditeur de Rote, et référendatre sous le Pape Grégoire XI, qui le chargea d*examiner les écrits de Raymond de Terrage, dit le Néophyte. ^ La grande érudition de Flandrin, et surtout la connaissance qu*il avait de la jurisprudence canonii|ue décidèrent Grégoire XI h le revêtir delà pourpre sacrée en 1371. Le cardinal Flandrin mourut II Avignon le 23 janvier 1381. Il est confondu par quelques auteurs avec Pierre de Sortenac. (Voy. Spo^tob , Ànnates, A. C. 1372, n. 13;— Aubbrt, Hist. dei card.; — Frizo!!, Gallia purpurala; — Oivvphbb.)
FLAN4;iNI (Louis), né è Venise en 1733, patriarche de celte ville, fut fait cardinal par Pîe VI en 1789. Il mourut en 180^.
FLIiURY (Andrâ-Hbrculb db), né leS2
t'uin 1653, è Lodève, ville aujourd'hui chafieu de sous-préfecture du département do THérault, était, dit Duclos dans ses Mémoireê^ HIs d*un receveur des tailles de celte ville; mais bien certainement il descendait d*une famille noble et ancienne du Languedoc. — Dettiné , dès son enfance , k la carrière ecclésiastique, il fut amené à Paris k TAge de siz ans,titses humanités au collège do Clermoût, dirigé par les Jésuites, et, après sa
rhétorique, passa au collège de Harcourt pour y faire sa philosophie. Doué des dispositions les plus heureuses , secondées de l*amour de Tétude, il obtint de brillants succès dans toutes ses classes; succès qii*il couronna en soutenant, en grec et en latin« des thèses dans lesquelles il ezposait avec une grande érudition les principaux dogmes enseignés par les anciens philosophes dans les écoles a*Athènes. Ces exercices, réservés aux écoliers d*élite, commençaient i devenir rares, et Tusage finit par s*en perdre. Nommé, en 1668, h TAgede 15 ans, chanoine de Montpellier, il alla en prendre possession, et revint la môme année h Paris pour v continuer ses études. En 1076,11 subit le^ epreu* ves de la licence, mais il ne reçut le doctorat que longtemps aprè<. Introduit à l.i cour, il obtint une charge d*aumônier de ta reine Marie-Thérèse d*Autriche, femme de Louis XIV. Il en fit les fonctions au mariage de la princesse Marie Lou'tse d*Orléans avec te roi d*Espagne, Charles II, frère de la reine de France. En 1682, il assistait comme chanoine de Montpellier, et en Qualité de député de second ordre, i l'assemblée du clergé Iui proclama les quatre fameux articles, près la murt de la reine, devenu aumônier du roi , il tint, en cette qualité, le poêle au marioge de Philippe de France, depuis duc d'Orléans, et régent pendant la minorité do Louis XV. Son mérite, sa modestie, sa conduite prudente et ri^servée, ne pouvaient manquer d'attirer l'attention de Louis XIV, qui jui^eait si bien les hommes. Le 1** novembre 1698, ce prince le nomma è Tévèchô de Fréjus. Les contemporains afiirment que ce présent, qui reléguait le nouvel évêque è lextrémité de Ia France, ne lui plut que médiocrement. « 11 disait,» prétend Voltaire {Siècle de Louis IIV)f « que, dès qu'il avait vu sa femme, il avait été dégoûté de son mariage; et, dans une lettre de plaisanterie, adressée au cardinal Quirini • il signa : Fleury, écêque de Fréjus par tindignaiion divine. » Quoi qu'il en soit de cette prétendue répugnance, ses devoirs n'eurent point à en soutlrir; rendu dans son diocèse, il en sortit peu, se consacra à rédiflcation de son troupeau, soulageant les pauvres, remplissant consciencieusement tous les devoirs de son ministère. Pendant la guerre de la succession d'Espagne, le duc de Savoie, i la tète d*une puissante armée d'alliés, soutenue par une flotte de quarante-huit vaisseaux de guerre, fit, en 1707, i|ne entreiirise sur la ville et sur le port de Toulon. Les habitants de Fréjus, d'autant plus alarmés que leur ville était sans défense, et offrait la proie la plus facile au pilla^je, voulurent l'abandonner, et se retirer loin des cdtes, où se portaioiii toutes les forces des ennemis. L'évèque les en empêcha, et fit aussitôt nommer troii députés pour aller au-de- Tant du prince, et, dit Moréri, pour lui représenier tris • respeeiueusemeni combien il était digne de Son Altesse Royale d'user avec modération de la victoire. La réponse fut favorable, mais conditionnelle, par la dilD-
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culte de retenir le soldat en pareille occasion, et da6s une armée composée de nations dlATéreoles. Fitarj eut ensuite des conférences particulières avec le duc de SaToie* pendant ttrois jours que ce prince
tassa ï Fréjus; il ne cessa pas d*étre admis sa lable« où se trouvaient en môme temps le prince Eugène» M le prince de Hesse Cassel, depuis roi de Suède. Le prélat plut» et obtint ce qu'il demanda. La contribution fut modérée; aucun désordre ne fut commis dans la ville ni dans les campagnes voisines. Cependant le duc de Savoie étant parti avec le gros de l'armée» le eéaéral Spingel
3 ai commandait l'arrière^arde» voulut, sous ivers préteiles» mettre le feu è la ville; mais I évèque» Tétant allé trouver, le ramena h la douceur» et préserva encore les habitants du péril qui les menaçait. En 17U» le prélat ayant fait un voyage a Lodève» apprit que le duc de Savoie, depuis peu roi de Si* clle» devait débarquer à Nice en revenant de
iirendre possession de ses nouveaux Etats. I écrivit aux magistrats de FréjuSi et les engagea h envoyer au nouveau roi une dénutation pour le féliciter de son avéoepent a la couronne royale, et pour lui renouveler les assurances de son respect et de sa reconnaissance. Les députés furent bien accueillis» et toute l'audience se passa h parler de l'évèque de Fréjus. Fleury conserva cet é.vèché jutqu*en 1715. Le climat ne paraissant pas convenir è sa santé, il demanda el obtint la permission de se démettre, et reçut, en compensation , Tabbaye de Tour<p nus; il Dossedait déjk depuis longtemps Tabbaye oe la Rîvour, de l'ordre de Citeaux» au.diocèse de Troyeg. Louis XIV allait des-f cendre dans la tombe ; par on codicille annexé h son testament» il désignait M. de Fréjus pour précepteur de son arrière-petitflis, Louis XV. Pl&t è Dieu que celui-ci, qui lionor^ si peu la royauté» eût toujours suivi les leçons de son précepteur , et qu*il n'en €At jamais suivi d autres! Investi de fonc^ lions si délicates» Fleury sut se faire aimer de son élève au point qu'ayant disparu pendant quelque temps , lorsque le régent fit •ri'ôter le duc de Villeroy, les larmes du Jeune prince ne tarirent que quand son précepteur lui eut été rendu. A cet attachement succéda une confiance sans bornes, que méritaili il est vrai» l'évèque de Fréjus, et qu'il conserva toute sa vie. Toujours simple» toujours modeste, cherchant h s'effacer, il se concilia la bienveillance du récent, et l'estime publique. L'archevêché de Reims étant devenu vacant » ce prince» pour être agréable au jeune roi» lui présenta Fleury pour ce poste éminent. Celui-ci, loin d'être ébloui par l'éclat de la pairie» et d'une haute fortune ecclésiastique» refusa en allé-
J[uant que ses fonctions auprès da roi ne ui permettraient pas de s'acquitter des devoirs de l'épiscopat. Il refusa pareillement plus tard le cordon de l'ordre du Saint-Esprit. Ce n'est qu'après les plus vives instances Gue le régent parvint a lui faire accepter I abbaye de Saint-Etienne de Caen. K la
mort du régent, en 17S3, il ne tenait qoTi Fleury de devenir ministre- dirigeant; il proposa pour cette plaee le duc de Bourbon» et ne prit que la feuille des bénéflres» qui n'avait peut-être jamais été en meilleures mains. 11 ne prit véritablement part aux affaires qu'après l'exil du duc ; il s'y trouva porté naturellement. Quoiqu'en ayant toute l'autorité, il ne voulut pas du titre de pr<>mier ministre, et conseilla même au roi de le supprimer. Les intrigues n'étaient pas possibles auprès d'un ministre si intègre. Quoique sa position eût bien charigé, il ne changea rien dans ses mœurs ni dans sa manière d'être. Qu'il y avait loin de Fleury à Richelieu et h Mazarin» ses devanciers, qui» par leur faste, éclipsaient l'éclat de la royauté ! « On fut étonné,» dit Voltaire,* que le premier ministre fût le plus aimable des courtisans et le plus désintéressé. Il laissa tranquillement la France réparer ses pertes» et s'enrichir par un commerce immensr»
sans faire aucune innovation; traitant l*£iat comme un corps robuste et puissant, qui se rétablit de lui-même. » Dans la promotion du 11 septembre 1726 il fut élevé au cardinalat, qu il n'avait pas demandé, et reçut la barrette des mains de Louis XV» qui l'embrassa affectueusement. S*il ne fit pas de grandes choses» il en fit de bonnes, et en prévint de mauvaises. Il diminua les im-
Sôls» mit quelque ordre dans les finances, i» par une économie excessive, mais dictée par les meilleures intentions, il ne sut pas maintenir l'influence de la France au dehors, cependant» par le traité de Vienne (1736}» il fit céder par l'Autriche k l'ancien roi de Pologne, les duchés de Lorraine et da Bar» réversibles à la France» après la mort da Stanislas. Si» dans la guerre de la succession d'Autriche, nos armées ne jouèrent pas un rôle brillant, la faute n'en fut pasè lui seul» si tant est qu'il y eut de sa faute. Au reste, il n'en vit point la fin. « Il laissa» dit-on» dépérir la marine. Cette imputation est peut-être la seul^ qui 9oit méritée. Il fit» cependant» pour venger le commerce français, sortir de Toulon une escadre qui alla bombarder Tripoli» et forcer cette république de corsaires i venir di*mander au roi grflce et pardon. Une autre escadre, quelques années après» al'a contraindre les Génois k payer le prix d'un navire brûlé par un armateur de la république, et è faire au roi satisfaction. Enfin uuh flotte que le duc d'Antin commandait tint la mer pendant huit mois» et fit respecter le pavillon français,
« Fleury né protégea pas moins les scien* ces et les lettres que le commerce. Il fit achever les bêtiments projetés pour la Bi* l)liothèque du roi» et donna plus d'étendue au nian qu'op avait arrêté , pour rendre cet édifice digne de sa destination. Il envoya des savants en Bgypte et en Grèce*pour recueillir des manuscrits rares ; il en fit venir de la Chine» et ne négligea rien pour enrichir ce précieux dépôt. Il fit partir k grands frais dés acadéniiciens pour le Nord et le
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DES CARDIMâVX.
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Pérou, afin de mesurer un degré du méridien et de déterminer la figure de la terre. » (MiCBAtJDy Biographie^ art. Fteury.) « Son économie était minutieuse, » dit Lacretelle, « mais non sordide. Il faisait éprouver plus de refus aui courtisans qu*aut malheureux ; mais il avait des fonds en réserve pour les grandes calamités. C*est ainsi qu'il fit rebAtirla ville de Sainte-Menehould, consumée presque en entier par un incendie... L'économie de ce ministre eut peu d*imitateur$ ; son dësintéres^ment en eut encore moins. Le cardinal Fleury joua plusieurs fois le rôle d*ail)itre de TEurope; sa médiation était souvent demandée et suivie d'heureux effets* genre de gloire que la France n'avait jamais eu aussi souvent, depuis le règne de saint Louis, le conciliateur de tant de rois. » Ce prince de l'Eglise était encore surintendant général des postes, courriers et relais de France, proviseur de la maison et société de Sorbonne, supérieur de celle de Navarre. En 1717, il avait été appelé h TÂcadémie française , peu après il devint membre honoraire de celles des sciences et des ioscrif)lions et belles-lettres. Sa conversation ét^iit spirituelle et intéressante. Il parlait et écrivail avec élégance et facilité ; Il ne manquait pas d'éloQuence : les Uandements qu'il publia à Fréjus en sont une preuve. « Â l'Age de 73 ans, il enchanta le congrès de Soissons, » dit un historien, « et, nouveau Nestor , il fit découler le miel de ses lèvres, et ga-
fna tous les sufTraKes. » Il arriva ainsi une grande vieillesse, conservant jusqu'à la fin toutes ses Acuités* toute sa présence d'esprit. Il s'éteignit à Issj, près Paris, le 29 janvier 1743, Agé de plus de quatre-vingt-neuf ans et sept mois. Louis XV voulut honorer dignement la mémoire de son précepteur; il ordonna qu*un service solennel lui fût célébré è Noire-Dame, comme aux princes de sang, et qu'on lui élevAt un mausolée dans Téglise de Saint-Louis du Louvre. VEloge du cardinal de Fleury fut lu par Mairan i TAcadémie des sciences, et se trouve imprimé dans les Mémoires de c^tte Académie, pour l'année 1743: è l'Académie des inscriptions, il fut lu par Fréret. LeP.de Neuville, Jésuite et prédicateur célèbre , prononça son oraison funèbre , qui a été imprimée. Tout homme de bonne foi conviendra que son administration fut sage, qu*il montra, dnns une position élevée, une grande modération, un désintéressement rare. Ce désintéressement, il l'avait déjà montré plusieui s fois avant que sa fortune fOt assurée, et notamment quand il renonga à la succession du baron de Pérignon , pour l'abandooni^r à son neveu. « A sa mort, » dit Duclos,»sa succession se trouva être à peine celle d'un médiocre bourgeois, et n'aurait l>as suffi à la moitié de la dépense du mausolée que le roi lui Si élever. Cette mort pourrait rappeler ces temps éloignés o^ des citoyens, après avoir servi leur patrie, mouraient si pauvres, qu'elle était obligée de faire les frais de leurs funérailles. )i A ceux qui eut reproché au cardinal d'avoir porté
trop loin l'économie et d'avoir lainsé tomber la marine» le même Dnclos ré|[K)od en ces termes : c Son esprit d'économie le trompa sur ce point. S'il l'a portée quelquefois trop loin, ceux qu'elle gênait en murmuraient , et tAcbaieot de prouver qu'il, ne voyait pas les choses en grand ; et mille sols, qui ne voyaient ni en grand ni en petit, répétaient le même propos : mais le peuple et le bourgeois, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus nombreux et de plus utile dans l'Etat, et qui en fait la base et la force, avaient à se louer d'un ministre qui gouvernait un royaume comme une famille. Quelque reproche qu'on puisse lui faire , il serait à désirer pour l'Etat qu'il n'eût eu que des successeurs de son caractère, avec une autorité comme la sienne. » Il n'y a rien à ajouter à un pareil éloge, surtout sorti de la bouche de l'acerbe Duclos.
FOIX (PffBiiEB db), dit FAncien^ né on 1386, était fils d'Archambaud , seigneur de Grailly, captai de Buch, et d'Elisabeth, comtesse de Fuix. — Après avoir fait d'excellentes études à Toulouse , il prit l'habit de religieux de Saint-François à Morias, où il se livra à une étude approfondie des lettres divines et humaines. Il en fut tiré
Eour être placé à la tête des diocèses de escar et de Cominges , qu'il administra avec une sagesse, une maturité au-dessus de son Age. L'antipape Benoit XIII , soit pour récompenser son mérite, soit pour attirer dans son parti les comtes de Foix , l'éleva au cardinalat, en 1409. Pierre, qui n'avait que vingt-trois ans, fut attaché è ce faux Pontife jusqu*à l'époque du concile do Constance, assemblé pour examiner les droits des prétendants au trône pontifical. Dans la seconde session, tenue le S mars 1415, le Pape Jean XXIil déclara renonciT à la papauté, dans le cas où Grégoire et Benoît feraient de même. Mais, pendant la nuit, il prit la fuite, fut ramené au concile, et déposé du pontificat en la douzième session. Deux jours après, il abdiqua lui-même, et Grégoire envoya aussi sa soumission, par son ambassadeur Charles do Malateste, seigneur de Rimini, dans la quatorzième session. Benoti seul demeura obstiné. Le cardinal Pierre de Poix, député par celui-ci au concile ,. fut reçu avec honneur par les Pères assemblés au nombre de deux c<nt cinquante, honneur rendu à son mérite encore plus qu'à sa dignité. Mais, préférant les intérêts de l'Eglise à ceux de son ami, il se réunit aux Pères du concile qui anathéma- Usèrent l'antipape.. Dans la quarante et unième session,, commencée le 8 novembre 1417, on disposa tout pour l'élection d'un Pa|»e : on entra ensuite en conclave ; et, le 11 suiiLdnl, Othon Colonne, élu Pape, prit le nom de Martin V, et ferma le concile pnr la quarante-«:inqoième session , tenue le 22 avril U18. Alors le cardinal Cmbaido, ayant prononcé ces paroles : Domini, ite in pnee, tous les Pères répondirent : Amen. Pierre de Foix avait été, dans le concile, confirmé dans aà dignité de cardinal , el il avait ob-
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DICTIONNAIKE
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tenu Tnlisolulion pour les penpies d« Poix ei de Rénrn , qui a?aîeii( suivi le parti de RenolU En H25, il fut choisi par Martin V, h la créalion duquel il avait concouro^pour aller» atee le caractère de légat » auprès du roi d'Aragon» q\i\ tenait encore pour Benolfy né son sujet » et il parvint è ren délacber. Dans un second voyage qu'il fit en Aragon , en la même qualité » il lint h Torlose an concile» en 1429» y reçut la démission de l'antipape Clément Vlll» que quelques cardinaux aragonais avaient donné pour successeur è Benoit» et termina un acliisme qui affligeait l'Eglise depuis plus de vingt ans. Le Pape» les cardinaux » tout le monde chrétien applaudit à l'heureux succès de la négociation de Pierre de Foix , «iue les Espagnols» charmés de sa douceur et de son affabilité, n'appelaient pas autrement que le bon légat. Eugène lY le fit encore légat d'Avignon et du comlat Venaisftin ; en 1450» il le nomma à l'archevêché d*Arles. Trois ans après, le cardinal Pierre de Foix y tint un concile provincial ; en 1457» il en convoqua un autre à Avignon» où furent prises de sages mesures pour Tadminislration des diocèses, C*est lui qui avait Tonde à Toulouse le collège de Foix » d'où sont sortis tant de grands hommes» et surtout dans le xvii* siècle. Cet illustre prince de TEgiise s'éteignit à Avignon , le l3décembre 1464» Agé de soixante etdix-huit ans» dans la cinquante-sixième onnée de son cardinalat. (Voy. Onuphub et Ciagotiius» Vita Pontif,: — Spoiude » Annales; — S^xi » Poniif. Artlaê.: — Faiio^f» Gall. purp.; --' DucHÈNB et AvBBRT» Bi»$, de» cardinaux;^ 8AfifTB-MABTHB» GalUa Chriiiiana.
Voici son éloge par le P« Alby [1644] : c 11 est de la noblesse du sang» comme de la chevelure qui embellit les beaux visages, et enlaidit ceux qui sont déjà laids ; car de même celle qualité relève les ornements de la rertu en ceux qui la possèdent; et rend aussi les taches de leurs vices plus noires et leurs péchés plus criminels. Auquel sens il a été bien dit, que les vertus et les vices tirent leur grandeur du sujet où ils résident ; que tout est srand aux grands ; aue leurs Tertus sont héroïques» et leurs défauts des scandales. Ce qui a merveilleusement paru en la personne et en la vie du cardinal de Foix» en qui toutes sortes d'excellentes vertus concertèrent si heureusement avec la gloire de sa naissance pour faire un grand prélat de l'Eglise» que la noblesse royale qu'il tira de son extraction reqdit ses vertus plus illustres ; comme les lumières de ses vertus rehaussèrent l'bonnetir et l'éclal de . i»on extraction.
« Ses parents» qui furent Gaston comte de Foix, et Iiéonor de Navarre (qui succéda depuis audil royaume è son père Jean» roi d*Aragon el de Navarre)» ayant reconnii dans tes premières années les douceurs de son naturel» et les favorables dispositions qui étaient nées avec lui pour la piété» le destinèrent aux ministères de l'Eglise» jugeant bien qu'il ^tailà mieux réussir eu celle pro«
fession» que s il demeurait à leurs côtés pour établir une maison digne de an naissance. Cependant le gentil esprit dont il était doué, et qui était comme la fleur de sop âme» s'ouvrit tellement aux premiers rayons des vérités (|ui se montrèrent à lui; et les tendres désirs de son cœur se tournèrent si fort d'où ses espérances lui promettaient de la solide félicité, qu'ilserésolut de quitter le monde» quelque bonne mine qu'il lui fit; et avant môme qu'il eût bien reconnu sa malice» pour ne point imiter le nocher mal avisé» quij pouvant aisément aborder au rivage» se jette en pleine mer pour éprouver de quel visage il verra la tempôte» et se trouve enfin trompé de son courage» et forcé du danger qu'il avait bravé.
« Le dessein de sa retraite du monde encore qu'il ne fût pas si nouveau» qu'il ne reçût un bon nombre d'exemples de pareille vertu sans en chercher plus loin qu'en France^ ne laissa pas d'ôtre traversé» comme il advient d*ordinaire» d*ôtre trouvé étrange de ceux qui n'ont que des fantaisies creuses de grandeur» qui s*étonnent souvent des vertus qui leur sont extraordinaires» presque plus que ne font les astrologues, quand ils découvrent de nouvelles étoiles au ciel. Il soutint néanmoins si courageusement tous les efforts contraires qui combattirent sa résolution» qu'il obligea par sa constance ses parents a écouter la voix de la grice, plutôt que celte de la nature» et h changer le deuil qu'ils avaient déji fait pour sa perle» en feux de joie pour sa victoire.
«11 entra donc en la religion de Saint-François» el se jeta par une résolution éclairée du Ciel» dans le meilleur parti qu'il eûl jamais pu choisir, pour y faire profession de la bienheureuse el adorable folie de la croix» et pour y faire des actions que toutes les faveurs des rois» quelque éclatantes qu'elles fussent fie pouvaient pas récompenser.
« Les vertus au*il pratiquait oans une si graqde ferveur d'esprit» el les sciences qu'il acquit en peu de temps dans un degré qui passait le commun» trahirent son humilité qui les tenait soigneusement closes; dont il iut tiré du secret de |a solitude pour prendre la surintendance de deux Eglises abandonnées de leur parleur; el changer sa doctrine en la loi des peuplesi et sa vie eu l'exemple du public, n
« La répulation de son iè\e le fit bientôt nommer à l'arçhevèché de Toulouse» en l'administration duauel il montra un courage digne de son degré et de sa naissance; et» dans les grands emplois qu'il trouva préparés à sa vertu» il en ^t voir l'éclat pareil è celui de la perle» qui ne paratt jamais mieux qu'en plein jour. Là» non-seulement il régla les mœursf de cette grande ville» et fit retidre le respect aux lois de T^glise, mais il prit encore soin de réformer les abus des études publiques» el de redonner le lustre et l'exercice aux arts ; ayant pour cela employé de grandes sommes è la fondation et dotation d un collège qui porte encore au-> jour(j|*hui son nom, elqui fera refleurir arec