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l*arnl venu, <^nvoya rherchor nn Vnlican la iiénédicUon quo'le Snint-Père a coiilumc d'envoyer a u-x cardinaux mourants; et deux heures aranlsa mort Je matin du dimanche, il Youlut réciter Theyre do Tierce, afin de remplir jusqu'à la fin ce devoir du sacerdoce. Sa fin a donc été semblable à sa Yie, c'est-àdire tout embaumée de paix, de confiance et de sainteté : sa mort a été la mort d'un prédestiné.
«Né le 10 décembre 1775, d^une famille <]e Gênes, où rillustralion est moindre encore que la piété, le cardinal Fransoni était entrédans le Sacré Collège le 3 octobre 1826. Appelé aux honneurs de la pourpre nar le Pape Léon Xll, si bon appréciateur (lu mérite, il gouvernait depuis de nombreuses années, en qualité de préfet, l'importante congrégation de la Propagande. Le Tardeau était devenu jourd pour ses épaules affaiblies par l'âge, et son extrême douceur eât dû peut-être trouver le stimulant de Ténergie; mais ses vertns étaient si hautes, sa l)onté si touchante, il commandait tant de rospect, tant de confiance, que son eouvornement n'en produisait pas moins de bons fruits et (]ae sa mémoire sera toujours eu bénédiction dans cet établissement.
« Plus farorisé des biens de ce monde que .c cardinal Bianchi, dont nous disions naguère la généreuse munificence, le cardinal Fransoni faisait de ses riciiesscs le môme usage, et laisse les mêmes regrets dans le cœur de beaucoup de pauvres familles qu'il soutenait, et de ses serviteurs dont, après avoir été le père pendant Qu'il vivait, il a voulu être le bienfaiteur et le soutien après sa mort. Ses dispositions testamentaires leur assurent pendant toute leur vte le payement intégral des gages qu'ils recevaieni à son •ervice. Si l'on veut retrouver encore ces traditions touchantes et chrétiennes qui unissent les maîtres aux serviteurs et oui font d'unemaison entière une seule famille, c*esl à Rome et dans le Sacré Collège ou^il but les chercher. On ne saurait assez admirerdes dispositions devenues si rares de nos jourSf et pourtant si nécessaires pour rapfH-ocher les classes qui souffrent de celles <|ui possèdent, les classes qui servent de celles à qui elles portent leurs services. Si tous les maîtres traitaient ainsi leurs serviteurs, il nous semble qu'il s'élèverait dans la société moins de plaintes et moins de rumeurs effrayantes, cl qu'une partie du redoutable problème qui s'agite de notre lem|is et qui ébranle si souvent Téditice social recevrait la solution la plus tranquillisante et la plus chrétienne. v « On eût dit que le bon vieillard prévoyait depuis quelque temps que le terme de sa longue carrière était enfin arrivé. C'est avec une sorte d'impatience qu'il attendait l'arrivée d'un frère qu'il chérissait et d \in neveu qui état pour lui un fils et qui a été sou héritier. Sa joie fut grande lorsque ces deux fiarents arrivèrent enfin, il y a une quinzaine de jours. La Providence lui ménageait cette aiuptême consolation. Un autre frère, liélas!
Dictions. d£s Cardi!iiox«
un exile» le saint archevêque de Turin, manquait à ce lit de mort et à ce dernier soupir. Heureuse famille qui a pu donner en même temps h l'Eglise un évêque confesseur de la foi et un cardinal modèle de toutes les ver* tusl Peut-être ce nom si cherauSaint-Siéga ne manquera-t-it pas longtemps au Sacré Collège, et le chapeau si dignement porté pendant un quart de siècle par Mgr Jacques- Philippe Fransoni, passera-t-il sur la tête de Mgr Louis Fransoni, son digne frère et son émqie. C'est le vœu que forment bien des cœurs, et, s'il faut en croire le bruit public^ c'est un vœu auquel Pie IK désire vivement pouvoir donner satisfaction.
« Cette mort a fait éclater dans toute la ville et sortir de toutes les bouches un concert de louanges et de regrets; chacun parlait des aimables qualités du cardinal qu'on vient de perdre, de ses vertus, de son commerce si sûr et si bienveillant, de cet air de modestie et dA grandeur, de Thumble simplicité unie à tant de noblesse, qui faisaient de sa figure si grave, si recueillie et pourtant si douce, un des plus admirables portraits de l'homme d'Eglise et parfait Chrétien. On rappelait sa piété si tendre pour la sainte Eucharistie, qu'il allait adorer chaque jour, malgré les occupations de sa charge, malgré l'intempérie des saisons, malgré la faiblesse de sa santé, dans ce sanctuaire si cher à tous les amants de Jésus, qui couronne le sommet du Quirinal et orne le voisinage du palais apostolique par l'exposition non interrompue de la divine hostie. On eAt dit gue son cœur tout entier était attaché à ce lieu béni. Ce cœur était aussi singulièrement dévoué à Marie, et ce fui pour lui une grande joie de recevoir du Saint-Père,
r'iques mois avant sa mort, la commission poser la première pierre de la colonne monumentale que la dévotion du monde élève à la gloire de Tlmmaculée Conception^ eu face du palais de la Propagand*^ , et du haut de laauelle la statue de la Reine des deux semble protéger d'une façon spéciale ce berceau de l'apostolat catholique.
« La connaissance de ses dispositions testamentaires a encore augmefité cette réputation si pure, cette mémoire si vénérée. C'est le testament d'un véritable évêque et d'un prince de r£glise. Aucune main profane ne doit approcher de ses restes mortels^ pas mémo pour les embaumer Ils doivent être revêtus de ses ornements les plus riches ; et il doit, le bâton pastoral eu main, la mitre sur la tête et comme prêt à célébrer pontificalement, attendre la venue du souverain prêtre et du divin pasteur de l'Eglise. Sou plus riche anneau, estimé 20,000 fr., sera envoyé à Notre-Dame-de-Lorette, et lo plus beau de ses rochets donné à l'église des Sacramentines du Quirinal. Une somme équi* valente, et supérieure même aux bonorairew
3ue depuis trois ans seulement l'économat e la Propagande l'avait forcé de recevoir comme préfet de cette congrégation, est restituée à cet établissement, afin que la récompeuse de ses longs serv^ices lui vienne de
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Dieu seul cl non pa<t des hommes; TarclievAque de Turin, son frère bicn-aimé, reçoit une pension mensuelle* comme adoucisscnienl à ses peines et aux besoins de Texil. L'avenir des prêtres et des officiers de sa maison est convenablement assuré par sa muniticence, et ses serviteurs toucheront» pendant le reste de leur vie, les mdmes gages mensuels quMIs recevaient de son vivant. Ce qui reste en dehors de ses legs, dont Tim-
iiorlance absorbe la majeure partie de sa brtune, revient à Tun de ses neveux qu'il fait son héritier; mais de cette fortune patrimoniale, dont il attribue une si large part aux églises , aux pauvres, à ses amis qui ont presque tous un souvenir de lui, il retranche encore une maison acquise pendant Toccupation française à Rome, etqu*il ordonne de rendre à la communauté religieuse qui on fut dépouillée, ne voulant pas laisser à sa famille un bien d'origine ecclésiastique, quelque légitime qu*en fût devenue la possession. Cette expression de sa dernière vo- Ifinté respire, en un mot, les sentiments les plus dignes d*un prince de TEglise, et elle met le sceau le plus pur à cette vie si chrétiennement et si charitablement dépensée.
c C*est à Sainl-Lauront in Lucina , titre cardinalice q[u*il avait depuis quelques mois comme premier cardinal de Tordre des prôtres, que ses obsèques ont été célébrées dans la matinée dujeud^â^ avril. Le Saint-Père j a assisté avec le Sacré Collège, la prélature «t une foule de fidèles. C'était un dernier hommage k cette sainte et douce Ggure de cardinal, dont la mémoire vivra dans le res- -pect et dans l'atTectueuse vénération de toute la Ville éternelle et dans la reconnaissance de tout le clergé soumis à la juridiction de la Propagande. Cette juridiction s'étend sur les trois quarts du globe et elle constitue l'une des charges les plus importantes de l'Eglise calholic|ue. Non-seulement les pays des missions lointaines et tes terres non encore civilisées sont de son ressort; mais In plus grande partie de l'Amérique, l'Angleterre, la HoUatide et bien d'autres contrées. »
FRANZONE (jacouks), Génois, nommé, en 1660, par le Pape Alexandre VII, prêtrecardinal du titre de Sainte-Marie in Ara cœlif puis légat de Ferrare, évoque de Camerinu, sous-doyen du Sacré Collège, mourut en
FREAUVILLE (Nicolas de), que les Ita* liens onl appelé, par corruption, Nicolas de Farinulaf descendait d'une ancienne famille de Normandie. Son père, du nom de Caignet, était seigneur de Freauville, hameau situé en Normandie, dans le pays de Caux, entre Dieppe et NeufchAtel.— T^icolas, né vers 1250, entra dans Tordre de Saint-Dominique, y enseigna la philosophie et la théologie, et, en 1295, fut appelé pour être conlesseur du roi Philippe le Bel. Enguerrand de llarigny, son parent, ne contribua pas peu à ce choix, qui attira des ennemis à Freauville. Vainement chercha-t-on ù ren-
dre sa fidélité suspecte au roi ; ses ennemis furent confondus. Philippe le Bel était alors engagé dans uua querelle violente avec le Pape Boniface VIll. Le confesseur da roi, oa lieu de prendre comme c'était son deroir, la défense du SouverafR Pontife persécuté» ne s'attacha qu'à justiGer la cooflance qu'avait en lui le prince» par sa conduite envers Bonifaco, qui lui ordonna de compa-^ rattre dans trois mois devant lui , pour être puni de ses forfaits^ ou pour se justitier, s'il lui était possible. Non-seulement Freauville n'obéit pas h cette injonction* mais dans les trois mois, c'est-àndire, Ie26 juin 1303, il adhéra à l'appel du roi au concile général. Les Flamands, exaspérés par la tyrannie de ChAtillon, leur gouverneur, s étaient révoltés et avaient battu les Français èCourtrai; mais, en 1304, Philippe remporta sur eux la victoire décisive de Monsen-Puello. Le Pape Benoit XI ordonna alors à Freauville de se porter médiateur; et celui-ci obtint pour les Flamands une paix honorable. Apres la mort de Boniface VI il et colle de Benoit XI, la lutte entre la cour pontincale et la cour de France avait cessé. Philippe le Bel avait fait élever à la pa^iautô un Français, Be**trand de Got, qui prit le nom de Clément V. Ce Pontife, dans sa première promotion, créa Freauville cardinal le 15 décembre 1305, et aussitôt employa ce cardinal dans les plus importantes affaires, qu'il termina à l'égale satisfaction du Pontile et du roi, quoiqu'ils eussent des intérêts fort opposés. Le cardinal joua aussi un rôle dans l'affaire des Templiers, triste et mystérieuse affaire, restée onveloppéo jus(|u h nos jours des plus épaisses ténèbres, mais dans laquelle il est certain qu'une (çrande cruauté fut déployée [1312]. En 1313, il fut revêtu du caractère de légat pour proposer en France la croisade ; assez de gens f prirent la croix de ses mains avec le roi et es princes; mais cette entreprise ne fut pas suivie d'effet. Après sa légation, il assista au conclave où fut élu Jean XXII, qui ne l'estima pas moins que son prédécesseur; il contribua puissamment h avancer la canonisation de saint Thomas d'Aquin, laquelle fut publiée le 18 juillet 1323, et mourut k Lyon le 14 février 132i. Sou corps fut transporté à Rouen, dans la maison de son ordre, a laquelle il avait fait beaucoup de bien de son vivant, et qui se ressentit encore de sa libéralité après sa mort. Dans le xvr siècle, son tombeau fut brisé par les calvinistes, et ses os dispersés. Il avait écrit des livres rituels, dont s'est servi Cortex dans son traité De cardinalatu. (Voy. Echard, Scriplor^'s or* dinis Prœdic.)
FRÉDÉRIC-CASIMIR, fils du roi de Pologne, évêque de Cracovie. créé, on H93, par Alexandre VI, diacre cardinal du titre de Sainte-Lucie, mourut en 1503.
FRÉDÉRIC CORSI, Romain, évêque de Todi, créé, en 15U, par le Pape Paul III, prêtre cardinal du titre de Saint-Pancrace, puis de Sainte-Prisquc, évêque de Crémone t de
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DES CAliDLNÂUX.
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Pnlf^strine, d*Albnno et de Porlo, mourut on 1565.
FREDOLl (Bârenobr), d^iine noble famille de Languedoc, naquit au châlcau de Benne, dans ie diocèse de Mogucione, diocèse qui fait aujourd'hui partie de cetui de Montpellier. — Profondi^ment versé dans le droit civil et canonique, chanoine è Béziers d'abord, puis ahbé de Saint-Aphrodise, il fut placé en 1298 sur te siège épiscopal de Béziers. Il avait été chapelain du Pape Boniface VIII, qui, In môme année 1298» l'employa avec Guillaume de Mondagol, archevêque d'Embrun, et Richard de Sienne, vice-chancelier de l'Eglise, à la compilation du VI' livre des Décrétâtes, dit le Sexte. On y vit une lettre du même Pontife à Bérenger Frédoli, qu'il instruit sur la procédure è suivre pour dégrader les clercs. Clément V donna, en 1305, dans sa première promotion, le chapeau de cardinal à cet évoque, dont les talents furent mis à proGt dans l'administration des affaires. Son mérite était si bien reconnu qu'après la mort de Clément V, en 1316, il fut un de ceui qu'on mit sur les. rangs pour occuper le trône pontifical. Il avait composé une espèce de dictionnaire de droit, tiré de la Somme de. Henri Suse, dit Ostiensis; et il dédia cet ouvrage, intitulé Repertorium jurit, h Guillaume de Mandagot, qui lui en avait adressé un portant pour titre : De eiectionibus prœ" latorum, Trilhème lui attribue un traité intitulé Oculus ; un autre : De sententia eX" communicationis , etc. Bérenger Frédoli mourut è Avignon en juin 1323; son corps fut transporté à Béziers, où l'on voyait son mausolée dans l'Eglise cathédrale de Saint- Nazaire.
FREDOLI (Bêrehger), surnommé le Jeune, neveu du précédent, évéque de Béziers en 1309, créé, en 1312, cardinal du tiire des saints Nérée et Achillée, mourut en 1323, la môme année que son oncle. Guillaume Frédoli, son frère, lui succéda au gouvernement de son église, dans le même temps que son autre frère André Frédoli était évéque de Maguelone.
(Sur les Frédoli, consultez Ciaconius et Onuphre, in Clémente V ei Joanne XXll ;
— Bosquet, in Clémente V ; — Frizon , Gaiiiapurp.; -- UGHELLr,7/a/iafacra; — Siintb- Marthe, GaliiaChristiana ; " Aubbry, Hist. tUi card.; — C atel, Mémoires du Languedoc; -^ TRiTHÈys, De scriptoribus ecctesiasticis ;
— Ball'ze, Vitœ Paparum Aveniensium^ 1.1.)
FREGOSE (Pall), de l'illustre famille génoise de ce nom, était frère de Pierre Frégose, qui fut doge de Gênes de H50 à 1458, ei qui, après une lutte longtemps soutenue avec courage contre Alphonse d'Aragon et contre les Adornes , famille rivale de la sienne, se vit obligé de céder la seigneurie de sa patrie au roi de France Charles Vil.
— Pierre» qui connaissait Thonneor volage et inconstante des Génois» conseilla h son frère d'embrasser l'état ecclésiastique. Jusque-là Paul avait vécu d'une manière peu
édifiante; il avait même un fils naturel, qua les Italiens nommaient Frégosin^ c'est-àdire petit Frégose^ et qui, dans la suite, épousa une fille naturelle du duc de Milan. 11 suivit ie conseil de son frère, et s'éleva à l'archevêché de Gênes, que son frère, alors doge, lui fit obtenir en 14'52, après la mort de Jacques Impériali. Quand les Français furent matlrcs de Gênes, ils ne tinrent aucune de leurs promesses, et mécontentèrent la population. Paul Frégose organisa contre OUI une sédition, et parvint è les chasser de la ville. Le 17 juillet l^'Gl, ceui«ci revinrent en force pour reprendre Gènes. Mats l'archevêque se mit à la tête des habitants, et remporta sur les Français une victoire complète. N'osant pas pour le moment s'emparer de la souveraineté, Paul établit comme doge Louis Frégose, qui avait déjà occupa cette dignité. Louis Frégose, homme sage, équitable et modéré, ne pouvait convenir aux fauteurs de troubles et aui meneurs. L'ambitieux Paul , de son côté, se lassait de sa position secondaire. Le lil^ mai de l'année suivante, aidé des séditieux, il chassa son cousin, et se mit à sa place. Cette violence indigna tellement les Génois que, deux semaines après, il se vit contraint de renoncer à la dignité qu'il s'était fait donner, et Louis fut investi pour la troisième fois de la magistrature suprême. Mais Paul n'avait abdiqué que par politique, et ponrattendrn une occasion ulus favorable. En janvier H63, il se met à la têie d'une bande de for* cenés, et trouve moyen de se rétablir au pouvoir. Il obtient du Pape Pie 11 des dispenses pour cumuler les fonctions ecclésiastiques avec des fonctions politiques.
En vain le Pontife lui donna-t-il les plus sages conseils pour régler sa conduite, pour gouverner un peuple dont il était doublement le père, et comme archevêque, et comme doge. Le nouveau doge commença par récompenser ses fauteurs en leur abandonnant fa ville comme au pillage, et en tolérant toute licence. Enfin il se rendit tellement insupportable par ses violences de toute nature, que les Génois, d'ailleurs peu constants, travaillèrent à secouer ce joug fâcheux, en appelant François Sforce, duc de Milan. Quand, l'année suivante, ce prince se présenta avec une armée devant Gênes, les amis du doge furent les premiers à aller se réunir aux Milanais; Paul Frégose fut ainsi réduit à quitter la ville, sans coup férir. En attendant des circonstances , plus favorables, il se fit écumeur de mer sur , une flottille c^u'il avait conservée, et exerça ce noble métier pendant tout le temps que dura l'occupation de Gènes par le duc do Milan. Mais l'occupation étrangère avait lo privilège d'apaiser la rivalité acharnée des Adornt;s et des Frégoses, ces chefs opposés du parti populaire. En l478, ils se réunirent de nouveau pour chasser l'ennemi commua et pour élire doge Prosper Adorne. Les Frégoses ne le laissèrent pas longtemps, et le remplacèrent sur le trône ducal par Baptiste Frégose, noveu de l'arcbefèqu^ ^'^
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dernier n*ëlait pas resté oisif ni élrangor h toutes ces cebalos et è ces révolutions. GrAce è rinlerméiiioiro de son ne?en, il ot)tint» en IMO, du Pape Siite IV, le chapeau de cardinal. L*ânnée suivante, il était envoyé, avec le caractère de légat, sur une armée navale que les Génois, à la demande du Pontife, avaient équipée contre les Turcs qui avaient pris Otrante, et qui l'abandonnèrent avant Tarrivée des Chrétiens. Après cette eipédition, le cardinal Frégosc, de retour à Gènes, n'eut rien de plus pressé que de s'occuper è supplanter son parent et son bienfaiteur; et il y parvint. Il était donc doge pour la troisième ibis. Mais ses tyrannies et ses violences réunirent contre lui tous les partis, et il fut obligé d*abdiquer en 1UI8. 11 fit charger de ses meubles les plus précieux deui vaisseaux dont l'un fit naufrage; et avec l'autre il se retira à Rome, d'où il ne cessa de solliciter les ennemis de sa patrie, pour qu*ils y changeassent le gouvernement; mais il ne jouit pas de cette révolution, qui n'arriva qu en ik99. Il était mort le 2 mars U98, à Rome, où il fut inhumé dans l'église des Douze-Apôtres. (Voy. Pie II, in Comment.; — Fogliettii Etog,^ et Hist gen, ; Guichardin, I. i et ii« — Onupbre; — AuBERT, Hist, des cardù
flfllUP )
FREGOSE (Frédéric), né h Gènes, vers Ifc80,était rii5 d'Auguste Frégose et deGentille de Monlefeltro, et frère d'Orta vien, doge, puis gouverneur de Gènes. — Il fut élevé auprès de Gui Baido, duc d'Drbin, son oncle maternel, qui lui fit donner, en 1507, l'archevêché de Salerne, par le Pape Jules II. Le roi d'Espagne, Ferdinand le Catholique, à qui appartenait le royaume de Naples', ne voulut pas le reconnaître en cette qualité, k cause de l'attachement à la France qu'avait montré Frédéric dans les dernières guerres; pour le dédommager, Jules 11 le nomma à I évA* ché do Gubbio, dans TEtat ecclésiastique La cour d*llrbin était alors le séjour et le rendez-vous d*un grand nombre de gens de lettres. Frédéric, qui y passa une partie de sa jeunesse, s'y lia avec plusieurs d'entre eux, et particulièrement avec Beoibo, depuis cardinal. Quand il eut quitté cette ville, il ne cessa d'entretenir avec eux une correspondance active. Les troubles de Gènes l'obligèrent, en 1510, à se réfugier à Rome : il y passa d'heureux moments dans laso-' ciétédeses amisBcmboet SadoIeL En 1513, son frère Octavien fut élu doge de Gènes; il retourna dans cette ville pour aider son frère de ses conseils, dans radministration des affaires publiques. C'est lui que sa pa« trie envoya comme ambassadeur auprès di^ Pape Léon X. Si, auprès de son frère, ii montra des talents administratifs, à la tètf des armées il déploya un courage et unt résolution qu'on ne devait pas attendre d'un homme d'église et d'un homme d'études.
Cortogoli, corsaire barbaresque tristement célèbre, ravageait avec vingt galères toute la côte de Gènes, près de laqurlle il avait même oulevé tout récemment dix-huit lia*
vires chargés de grains et de marcnandises ; li*s succès de ces barbares avaient jeté la consternation dans le commerce génois. On résolut de faire prendre la mer h une année navale, et le commandement en fut donné è l'évèqne de Gubbio. Il surprit Cortogoli dans le port de Bizerte» près de Tunis, passa ensuite à Tunis même et h nie de Gerbi, qui en est voisine; puis, il revint è Gènes, chargé de butin et couvert de gloire. En ISâS, cette ville fut pillée par les Impériaux, qui la surprirent dans le temps même où on traitait des conditions pour la rendre. Oclavien Fréçose y fut fait prisonnier, et Fréléric se jeta dans un esquif, d'oi^, YOulant passer sur un des vaisseaux français qui étaient alors tians le port, il tomba h la mer et faillit être noyé. Le roi Frangois 1*' Taccueillit avec la plus grande bienveillance et lui donna l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon, où Frégose se retira. Il y resta plusieurs années, partagé entre les exercices de piété et son étude favorite, Tétude des langues, particulièrement celle de la langue grecque et de la langue- hébraïque ; car il aimait h lire les Livres saints dans les X>riginHux. Lié aven les principaux érudits de son temps, de ce siècle de renainaneet il n'était pas demeuré étranger à ce grand mouvement si diversement jugé. En 15i9, retourné en Italie, il alla prendre possession de son évéchéde Gubbio, où il remplit avec édification tous les devoirs de son ministère» distribuant tout ce qu'il possédait, ce qui la fit appeler le Pire des pauses et le refuge dtê malheureux. Le Pape Paul 111 lui donna, en 1539, le chapeau de cardinal. Il fallut, dit-on» lui faire violence pour obtenir qu*il l'acceptflt. Ce digne prélat mourut à Gubbio le 2S juillet 1541. Lec^irdinal Sadolet, évoque deCarpentras, prononça son oraison funèbre* Le cardinal Frégose a laissé les écrits suivants : I. Trattato del* oraxione; Ih Medi^ taxioni sopra satmi cxxx e cxlv; 111. Oro" fione a Genovesi; W^Parafrasi sopra il Poter noster in terra rima. Le P. Tiraboschi» dans son excellente Histoire de la littéral tare italietine, dit que si Frégose avait voulu s'adonner à la poésie, il serait devenu un des premiers poètes italiens; Y. On a aussi de lui i\ts lettres latines qui se trouvent dans les recueils des lettres de Bembo, de Sadolet» etc. — [Voy FoGLfETTA, Historiœ Ge^ nuensiumlibri xii,au dernier livre. — Bkmbo» Epistol. : — Sidolbt; — GuicnàRDiii ; —
UOHBLLi; — AUBERT.)
FREZZA. — Nous empruntons à F Ami de la religion du 16 novembre 1837 les lignes suivantes :
« M. le cardinal Louis Frezza, qui vient de mourir, était né k Civitalaviuia le 17 mai 1783, d'une famille ancienne. Elevé au s6- Imînaire romain et au collège grec, il se consacra à Tétat ecclésiastique, fut ordonné prêtre et fut nommé sous-promoteur de la Foi etconsulteur de plusieurs congrégatioos. M- le cardinal Pacca, préfet des études dans . l'Université grégorienne, le choisit pour le remplacer. Léon XII se liAta de se Tattaclier
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eomme camérier secret et iC fit évèque de Terracine. Le même Pontife le nomma peu après archev^quede Chalcédoine, secrétaire du vicariat, puis de In congrégation des Affaires ecclésiastiques extraordinaires. Le Pape actuel lui confia la charge de secrétaire de la Congrégation consistoriale et du Sacré Collège. Réservé tu petto le S3 juin 1831^, M. Frezza fut proclamé cardinal le 11 juillet 18S5. Il conserva sa manière de vivre simple et modeste. Une longue et douloureuse maladie le surprit dans la force de Tége. Il la souffrilt et mourut avec calme le i\ octobre» muni de tous les secours de la religion. M. le chanoine Pacifici, qui lui a consacré UD article dans le Diariot loue ses talents» sa prudence, sa capacité pour les affaires» son penchant k obliger et è répandre dos bienfaits. »
PRIAS (Pierre de)» fait cardinal par Clément VU en 13M» mourut en Uâ9.
FROSiNI (Antoine)» né kModène en 1751, flit fait cardinal par Pie VU en 1823. U mourut en 1834.
FORIETTl (Joseph-Alexandre)» néèBergame en 1685» fut fait cardinal par Clément XIII en 1759. Il mourut en 176(h.
FDRSTEMBERG (Guillaume-Egon» prince de), longtemps connu sons le nom de prince Cruillaumê^ naquit en 1029» et» comme son frère François Egon» était un des chefs du conseil de l'électeur de Cologne» Maximilien- Henri. — Comme son frère, il s'attacha k la France» et en soutint les intérêts avec une fermetéquilui attira bien des désagréments. L'empereur Léopold était si irrité contre lui qu'il le fit enlever è Cologne» le ik février 167(h,pardes officiers et soldats du régiment de Grana» quoique revêtu du caractère de ministre plénipotentiaire de son matlre le prince électeur» aui conférences de la naii qu'on avait ouvertes dans celte ville. Il fut conduit dans les prisons de Vienne, puis transféré dans celle de Neustadt. L'empereur parla même de le mettre au ban de TempireJ Beaucoup d'écrits furent alors publiés pour attaquer cette entreprise» et beaucoup pour la justifier. Louis XIV» justement indigné d'un pareil attentat» rappela de Colùfù» ses plénipotentiaires. Le procès fut fait au prince ; mais on n'osa jamais pousser plus loin» et Guillaume recouvra la liberté enl679»après la paixdoNimègue.LouisXIV l'avait nommé évoque de Metz en 1663»
après la démission de son frère; mais lui-
môme s'en démit I année suivante. Après h mort de son frère» évô(|ue de Strasbourg, il fut élu h sa place le 8 juin 1682» et succéda k ses dignités dans le chapitre de Cologne» à la prévôté de Saint-Géréon de la môme ville» et à l'abbaye de Stayélo. Le nouvel évoque de Strasbourg établit dans cette ville un séminaire et un collège» qui furent par lui conGés à la direction des Jésuites. A l'exemple de son frère, il s'occupa à faire rentrer l'église de Strasbourg en possession de différentes propriétés situées sur la rive gaucheduRhin» et il y parvint, KrAceà l'influence de Louis XIV» qui lui donna aussi les abbayes de Gorzo» de Saint-Ef roui, de Saint-Vincent de Laon et de Barbeaux. Sur la désignation decerrince»Guillaume-Egon fut élevé au cardinalat par Innocent XI» le 2 septembre 1686, et te 2 janvier suivant il recevait la barrette des mains du Roi. Lk ne se borna pas la reconnaissance de celui-ci; il fit solliciter l'électeur de Cologne de prendre le cardinal pour coadjuteur. Le 7 janvier 1688, le chapitre de Cologne» assemblé au nombre de 21 capituianlit postula le cardinal pour coadjuteur de cet archevêché. Il eut 19 voix; mais la cour de France et celle de Rome étaient alors en lutte au sujet des franchises» et Innocent XI refusa les buJles de Goadjutorerie. L'électeur archevêque de Cologne étant mort le 3 juin suivant» on procéda a une nouvelle élection. Le chapitre» s'étant rassemblé, donna au cardinal un plus grand nombre de voix ; mais le prince Clément de Bavière, è peine flgé de 17 ans et déjà évoque de Ratisbonne, avait eu aussi des voix ; il contesta l'élection. Innocent XI» pour punir Louis XIV d'avoir enlevé au Saint-Siège Avignon et le comtat Venaissin» mit tout en œuvre pour faire échouer son protégé» et le prince de Bavière l'emporta. Peu après» la France et le cardinal de Furstemberg furent déclarés» par la diète de Ratisbonne» ennemis de Tempire. Louis XIV» pour donner au cardinal les consolations qui étaient en son pouvoir» le fit commandeur de ses ordres et lui donna la riche abbaye de Saint-Germain des Prés. Après la mort d'Innocent XI, en 1689, le cardinal se rendit à Rome pour user de ses droits» et prit part au conclave où fut élu Alexandre VIII. Il mourut è Paris, en son abbaye de Saint- Gerranin des Prés» le 10 avril 17M» dans la 75* année de son flgo.
GABRIEL DE VÉRONE» religieux de l'ordre des Frères mineurs» nommé» en 1477» par le Pape Sixte IV» prêlre-cardinal du titre de Saint-Serge et de Saint-Bacche» évêque d*Albe et d*Agria, mourut en U86.
GABRIELl» dit Gj^briel de Gadribli, oé è Fano dans la Marche il'Ancône» s'attacha au cardinal Julien do la Rovère, qui, •près son exaltation sou^ le uom de Jules II»
lui donna révêché dUrbIn» et le promut au cardinalat en 1505. — Depuis» légat è Pérouse» il mourut le 6 novembre 1511» à Rome» où il fut inhumé dans l^église do SainlePraxède» uni était son titre. — (Yoy. Onuphrb» in Julio //; — la Roghepozat»
Nomtnclator cardinalium; — Aubert» Uist.
des card.) G ABItlIiLI (Jules)» Romain» créé, en 16^1»
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|Uir le PapcCrhaiii VIII, diacre-cardinat du titre ,de Sa:nte-Agaltie, puis prôlre du titre de Sainte-Prisqiic, de Sainto-Praxède el de Sailli-Laurent m lucitia, évoque d*Ascoli et deSabino, mourut en 1677.
GABRrÉLI (Jean-Marie), né de parents pauvres, h Castello en Italie, le i2 janvier 165i>, s'éleva au cardinalat par son mérite et aussi par, des circonstances heureuses. — Entré dans l'ordre des Bornardins, de la réforme dite dps Feuillants, il y fit profession. Dès qu'il eut achevé ses premières éludes, il se livra h celles de la philosophie, de la théolop;ie el de la jurisprudence canoni(]ue, h la lecture des conciles el de l'histoire ecclésiastique. Les lumières qu'il acquit,, jointes à la sagesse de sa conduite et è sa prudence, le firent aimer et considérer dans sa congrégation. Il fut lecteur des notices en plusieurs monastères, passa par toutes les charges de son ordre el en fut élu supérieur général. Devenu président |de la congrégation de la Propagandt^, il se concilia dans ee poste l'estime et l'amitié du secrétaire des Mémoriaux, Fabroni, qui le recommanda au Pape Innocent XII. Ce Pontife goûta le P. Gabrieli, et, le ik novembre 1609, réleva au cardinalat. Avant sa promotion, Gabrieli avait été un des dii consultants nommés par le Pape pour examiner le livres des Maximes des saints sur la vie spirituelle de Fénelon, dont il approuva la doctrine et môme chaque proposition en particulier. Aussi fui' il toujours, dit-on, en rapports d'amitié avec le prélat, qui cependant condamna lui «même son propre ouvrage. Gabrieli n'était pas heureux dans le choix des causes donl il embrassait la défense : témoin encore le Nodus prœdestinationis du cardinal Sfondrate, qui lui imprimé h Rome avec son approbation. Le cardinal Gabrieli mourut le 17 septembre 1711. — {Voy. la Relation du quiétisme^ par Pneu- PEALx.) Cet ouvrage s'étend longuement sur le z.èle déployé par le cardinal Gabrieli en faveur de Fénelon et des Maximes des saints^ surtout pag. 310 et suivantes du tome 1*' el en plusieurs passages du tome II, à commencer, è la page 15, notamment pages 258 cl 259 où il est parlé de la nomination de Gabrieli au cardinalat, et où l'on apprécie son mérite.)
GABRIELLI (Jules), né h Rome, le 20 juillel 1748, d*une famille noble, déploya, dans des circonstances difficiles, une grande fermeté. ~ En 1808, le général Miollis enlevait au Souverain Pontife le cardinal Joseph ^Doria son pro-secrélaire d'Etat et lui signifiait d'avoir à se rendre à Gênes, sa patrie. En même temps il nommait, le 27 mars, pour le remplacer, le cardinal Gïibrielli. Celui-ci^ à peine entré en fonctions, écrivit aux ministres étrangers résidant è Rome, h l'occasion de l'ordre d'exil prononcé contre quatorze cardinaux : « Le Saint-Père ne peut plus ignorer qu'on veut non-seulement détruire sa souveraineté temporelle , mais qu'on atlaquc de front le régime spirituel de la cour romaiue représentée dans le Sacré
Collège qui forme le sénat du Sottverahi Pontife. Tout le mande a vu avec le plus grand étonncment que ce principe et eeire maxime destructive des liens les plus sacrés qui attachent les cardinaux au Pape par la force du serment, ont été proclamés et se sont manifestés dans le temnsoù le chef de l'Eglise se trouve au milieu aes tribulations. On n'en rencontre d'exemples que dans l'histoire du temps républicain [1798], qui fut pour Rome le temps subversif des principes les plus sainls. Jamais aucun prince séculier, qui protège la religion calholiqup» n'est allé jusqu'à obliger les cardinaux h rentrer dans leur propre pays sous prétexro qu'ils sont sujets de ces Etals. Chacun a respecté en eux le caractère éminent qui les lie étroitement au Souverain Pontife. Jamais aucun n'a entrepris de les faire dépiorter par la force, ni d'arracher ainsi h leur chef tant de coopérateurs au bien de l'Eglise univers selle. Quant au reste le Saint-Père, toujours résigné au jugement de Dieu, rassuré on même temps par la pureté de sa conscience^ sachant qu il souffre pour la justice, et fidèle è ses devoirs, après avoir fait tous ses efforts pour détourner la tempête qui agite le Sainl- Siéf^e,en laisscauGiel lesoinet la protection, et lègue h la postérité le jugoment de c^lte cause. » Le même jour, Miollis publiait v!i décret de Napoléon, portant, entre autres choses, que jamais h l'avenir des soldats ne se soumettraient à (J<'s prêtres. Le 7 avril, le cardinal écrivait au général Miollis qu'un détachement entré par surprise dans le palais de Monte-Cavallo avait désarmé les troupes pontificales. Il poursuit en ces termes : « Le Saint-Père, instruit de ces énormes attentats, a expressément ordonné de s'en plaindre hautement et de vous dire arec rranchise que chaque jour on comble de plus en plus la mesure des outrages et qu'on foule aux pieds ses droits souverains. Sa Sainteté déclare solennellement qu'elle n'a opposé et n'opposera jamais à ces outrages que la patience; à la dureté de pareils traitements, que la mansuétude qui lui est enseignée par son divin Maître; el qu'étant devenue, par son injuste et longue prison, un spectacle au monde, aux anges et aux hommes, elle attend avec une sainte résignation, accompagnée toujours de la fermeté inébranlable de ses principes, tout ce que la force voudra tenter contre le chef de la religion catholiqun, Sa Sainteté étant bien assurée que les humiliations qu'elle souffre tourneront h la gloire de celle même religion. V Le 11 avril, le cardinal annonce h M. Lefebvre, chargé d'affaires de France, que le Saint-Père a changé la cocarde de ses troupes, el que le gouvernement pontifical açit ainsi pour prouver qu'il ne reconnaît plus pour sienne celle que portait sa troupe incorporée à une armée étrangère. Le 19 avril, le cardinal donl toutes les paroles étaienl aussi nobles que prophétiques (Michaud, Biographie^ art. Gabrielli) écrit ainsi au même M. Lofebvre : « Le Saint-Père ne se règle pas sur des considérations huma»*
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nef, mais sur sa conscience; ses deYoirs et sa conscieDce Tonl empêché de consentir à ta fédérniion; Us rempôrhenl de môme de con<:enlîr è la ligne oiïensiTe et défensive* qiii ne diffère guère de Ta fédération que par te nom, puisque de sn nature elle n^exceplo aucun prince dont lo Pnpo ne fvuîsse devenir Tennemi. Comment Sa Sainteté pourrait-elle dénaturer son propre caractère et sacrifier ses obligations essentielles sans se rendre codpable devant Dieu? Si Sa Majesté veut renverser le Kouverneraonl pontifical. Sa Sainteté ne pourra Tempôiiher, et mettra sa ronfianre en la protection divine. Enfin Sa Sainteté, adorant profondément les décrets du Ciel, se consolera par la pensée que Dieu osl le père vi le mettre absolu de tout, et que tout cède à sa divine V()lonté, quand la plé-fiUude du temps quUlle a établi est arrivée, » {Rom. xiy 25.) Le 20 avril , le cardinal Gabrielli proteste contre Tarrestation du
Gouverneur de Rome »mmi«/re, dit il, ther la justice et à la tranquillité publique. Quand M. Lefebvre eut quitté Rome, les plaintes sont déférées au cnevalier Alberti, chargé d'affaires du royaume dltalie : « L'évidence des raisons énoncées dans la note h M. Lefebvre n'a point empêché Sa iMajesté d'exécuter ses menaces. Ce puissant monarque dans la droite de qui le Saint-Père a 91115, au pied des autels^ le sceptre et la main deJusticCf en est venu jusqu'à dépouiller Sa Sainteté, contre toute espèce de droit, de la plus belle portion des domaines qui lui
restaient Si la force ôte au Saint- Père
l'eiercice de ses droiis, il entend les conserrer entièrement dans son cœur» afin que Vd Saint Siège puisse en reprendre possession quand il plaira à Dieu, à ce Dieu fidile etwraft qui juge et qui combat avec justice^ H qui porte écrit sur ses vêtements et sur sa personne,^ Roi des rois et Seig^ibur des !do- MiRiTEURS. it{Apoe. , XIX 16.) Le 29 mai le cardinal envoyait encore des instructions aai évèques des provinces pontificales retranchées du patrimoine de TEglise et réunies au nouveau royaume d'Italie. Ces actes énergiques n'étaient pas faits pour plaire à l'empereur Napoléon : il envoya Torcire d'ar* réter le cardinal, d'apposer les scellés sur ses papiers et de le faire partir pour son évêché. Le cardinal Gabrielli protesta vivement; il fut remplacé, le 18 juin, par le cardinal Pacra. Pie VU ayant été emmené h Savone, puis à Fontainebleau» Gabrielli fut conduit k Paris. On lui lit un crime de n'avoir pas assisté au mariage religieux de l'empereur, i't on le relégua è Saumur. Sa résignation désarma ceux qui étaient chargés de le surveiller, et ils tâchèrent de lui rendre supportdble son séjour dans cette résidence. l«orsqu'en 1813 uuelques adoucissements fun^nt apportés è la captivité de Pie Vil, qu'il lui eut été permis d*avoir auprès de sa personne quelques cardinaux, Gabrielli s'em- Sressa de s'y rendre avec les cardinaui acca, Consalvi, Maltci et di Pietro. A fontainebleau, Gabrielli fut un dos plus ardents à soutenir le PoiUife, à le motirc en garde
contre la faiblesse. Après les désastres (te Napoléon, rentré h Rome, il avait quelquo.s chances de succéder k Pie Vit, lorsqu'il mourut en. 1822,. Agé de 74 ans, universellement regretlé et méritant do Tètre.
GADDI (NiGOLAs)^, né à Florence, de l'illustre famille de ce nom, alla^ jeune encore, è Rome où, entré à la cour, il exerça diverses charges. Il était évéque deFermo, dans l'Etat ecclésiastique, lorsque, le 3 mars 1527, il fut promu au cardinalat par le Pape Clément VII. — Suivant Paul Jove, il aurait été un des otages demandés par les Impériaux quand ils firent prisonnier ce Pontife. Le cardinal Gaddi se montra toujours fort porté pour la France; aussi Frangois I*' lui confia quelques affaires délicates, et le nomma, en 1533, è l'évèché de Sarlat. En même temps plusieurs de ses parents servaient dans les armées françaises d'Italie. Le cardinal Gaddi, qui fut encore archevêque de Conza , au royaume de Naples, mourut à Florence en 1552. Son corps fut inhumé dans la chapelle de sa famille, dite Sainte^ Marie la Nouvelle^ et une des plus magnifiques de Florence.
GADDI (Tuaddée), neveu du précédent, qui lui résigna l'archevêché de Conza et l'abbaye de Saint-Léonard, dans la Pouille, était savant dans la jurisprudence civile et canonique. Revêtu de la Ipourpre sacrée par le Pape Paul IV, en mars 1557, il mourut le 22 octobre 1561.