‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 123 sur 350 · GIU · texte numérisé non relu

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que le désir du roi d'Espagne é(ait qu'il fit retirer de dessus la porto de son palais les armes de S. H. Catholique qu'il y avait fait élever; à ^uoi il répondit qu'il écrirait au roi, et qu'il lui exprimerait lui-même ses intentions et son attachement très-respectooux pour sa personne et pour sa couronne. Mais n djani point eu de réponse favorable de Madrid, et se voyant poussé à t)Out, il fit ôler, le 19 mai, les armes d'Espagne de dessus la porte de son palais, et, le 17 décembre suivant, y fit arborer celles de l'empereur, après avoir visité les jours précédents l'ambassadeur impérial, e( rrçu sa visite. En octobre précédent, il avait été nommé par le Pape secrétaire de la congrégation du Saint-Omce. Il fut également nommé préfet de celle de l'Immunité. En avril 1719, il reçut la nouvelle, par les mains de l'ambassadeur.de l'empereur k Rome, par laquelle sa maison et lui-même étaient rétablis et réintégrés dans la possession des domaines de Giovenazzo et de Cellamare, et dans la jouissance des bénéfices qu'il avait dans le royaume de Naples. Ayant reçu, le 12 août de la môme année 1719, des dépêches pour

f^reodre soin, en qualité de ministre de 'empereur, des affaires d'Allemagne en cour de Rome, h la place du cardinal de Schrottenbach , nommé k la vice-royauté de Naples, il alla, le Si du même mois, k l'audience du Pape, et il présenta h Sa Sainteté les lettres patentes qui l'accréditaient en cette qualité. Il en fit les fonctions jusqu'au 28 août 1720, qu'il remit au cardinal d Althann, nommé pour le remplacer» tous les papiers concernant le ministère des affaires de la courfropénale.

Devenu sous-dojen du Sacré Collège , il uitta l'évôché de Palestrine, et opta celui e Frascati. La mort du cardinal Tanar^ le rendit doyen de celte auguste assemblée, et, en cette qualité, il fut, dans un consistoire du 12 juin 172i, proposé par le Pape pour les évêchés d'Ostie.et de Vellétri. Enfin il mourut à Rome, après une longue maladie, le 10 octobre 172&, dans la 78* année de son êge, et la 36' de son cardinalat. H s'était démis au mois de février précédent de son archevêché de Monréale. Par son testament, le cardinal Giudice instituait pour $es héritiers ses deux neveux, le duc de Giovenazzo, et le cardinal Giudice, qui suit. Il fit quelques legs narticuliers; il laissait de quoi achever de b&tir l'église de Monréale, de même qu'un monastère, et de quoi fonder six chapelles.il y avait aussi des legs en fave^ur des couvents de mendiants de Rome, et de*s récompenses pour sqs domestiques.

GIUDICE (Nicolas}, neveu du précèdent, et second fils de Dominique Giudice, due de Giovenazzo, prince de Cellamare, grand d^spagne, et de Constance Pappacoda , naquit à Naples le 16 juin 1660. — En 1694, le Pape Innocent Xll le fit référendaire de Pune et de l'autre signature, et prélat domestique. En 1695, il le nomma préfet de l'Aumône, et, Tannée suivante,

président de la chambre apostolique. U fut aussi protonotaire apostolique participant. Le Pape Clément XI le nomma, en 1715, majordome du palais apostolique. Il fut continué dans cette charge en 1721 et 172(, sons les pontificats d'Innocent XIII et de Benoit Xlll. Ce dernier le créa cardinal (e 11 J4]in 1725, et lui assigna le titre de diacre de Sainte-Marie aux Martyrs,dile /a Ao^ond^, dont il prit possession le 27 août. Le nouveau cardinal entra dans les congrégations de la Propagande, de l'Immunité, du Concile, de la Consistoriale, des Eaui et de l'Aumône. Déclaré par l'empereur protecteur du royaume de Sicile, an lieu et place du feu cardinal Giudice, son oncle, il prit possession de cet emploi dans l'église de Sninte-Marie de Constantinople h Rome, le 10 février 172^.

En janvier 1727, il fut encore déclaré protecteur de l'ordre des Carmes. Ce prélat mourut à Rome le 30 janvier 17M, êgé de 82 ans.

GIUSTINIANI (Jacocbs), né à Rome en 1T69, évêque d'Imola, fut fait cardinal en 1826 par Léon XII. Il mourut en 18i3.

GIUSTINIANI (Alexandre), né à Gênes en 1778, fut fait cardinal en 1831 par Grégoire XVI. Il mourut en 1843. — Yoy. Jus-

TIlflANI.

GIZZL Nous empruntons h FUnivert l'article suivant sur S. Ë. le cardinal Gizzi.

• Le cardinal Pascal Gizzi ef^t né le 22 septembre 1787, à Ceccano , petite ville du diocèse de Ferentino, dans cette partie des Etats Romains qui touche à la frontière de Naples, et qu'on appelle Terra diCampagna. La famille de Gizzi, sans être noble, occupe un rang très-distingué à Ceccano. Elle prit le plus grand s(»in de l'éducation du jeûna Pascal, qui fut envoyé au collège de Ferentino, où, sous la direction de pieux et savants professeurs, il étudia les belles-letires, les sciences, la philosophie et la théologie. 11 obtint de grands succès dans ses études» et ses supérieurs conçurent de lui les plus hautes espérances. Ses condisciples n'admiraient pas moins ses belles qualités que ses talents; et telle était son influence sur eux qu'ils le prenaient pour arbitre de leurs

Suerelles. Grand ennemi des dissensions, oux, cordial, franc et toujours prêt pour le dévouement, ses compagnons d'études l'avaient surnommé Tout à tous.{TuUo dituiti.) Après avoir terminé son cours de théologie» il reçut les ordres sacrés et vint è Rome , afin d'y étudier le droit.

«Trop modeste pour songer k entrer en carrière et à se frayer un chemin vers la préla* ture, l'abbé Gizzi ne chercha point k se faire des protecteurs ; il ne voulait avoir d'autres relations que celles qui lui étaient imposées par ses études, c'est-à-dire les professeurs de la sapience, quelques condisciples et un avocat, sous la direction duquel il se formait k la pratique des affaires.

« Mais Dieu» qui connaît ses serviteurs fidèles, tira bieniôt Tabbé Gizzi de l*obsrur cabinet où il étudiait les lois pour le faire intervenir dans les affaires les plus difficiles de

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notre temps» et le mettre en présence des eombnfs de la liberté moderne.

« En 1819, Mgr Nasalli ayant été nommé nonce h Luceriie, proposa è l'abbé Gizzi de raccompagner en qualité d'auditeur de nonciature. L'abbé Gizzi accepta ce poste fmportant, qu'il rempli avec tant de distinction et où il rendit de tels services à l'Eglise, que dix ans après, en 1829, le Saint- Siège le nomma internonce près de la cour de Turin. Il resta à Turin jusqu'en \83k; à cette époque il fut envoyé à Bruxelles, où MgrFornari le remplaça en 1837. Sacré ar* chef dquede Thèbes, le 18 févrit^r 1839, il retourna en Suisse, et établit sa résidence h Schwitz , où i1 fut accrédité comme nonce près la confédération helvétique. Nous le voyons de nouveau à Turin , depuis 18M jusqu'en 18i(^ , mais alors avec le titre de nonce apostolique. Il était temps qu'un personnage si habile prH place dans le suprême conseil de l'Eglise, et que la pourpre, qu'il avait si glorieusement méritée, vtnt récompenser son zèle et son dévouement; il fut )»roclamé cardinal dans le consistoire du S2 anvier iSïh. Peu après Grégoire XVI l'envoya è Forli pour y exercer les fonctions de légat. Son administration sage et juste lui mérita l'estime d'un peuple qui, grflce à lui, resta tranquille et calme au milieu d'une province agitée par les plus déplorables troubles. Le cardinal Gizzi resta à Porli gus*qu'à la convocation du conclave.

« Telle a été la carrière diplomatique et administrative du ministre que Pie IX vient d'appeler, aux applaudissements de Tllalie entière, à partager avec lui la lâche difficile et glorieuse de gouverner l'Eglise et les Etals Romains. Les hommes les plus sages el les plus expérimentés voient dans un tel elioix une précieuse garantie. Les affaires «uxanelles le cardinal Gizzi s'est trouvé mêle, la part qu'il a prise à l'action des Catholiques en Suisse et en Belgique, sont aussi un gage de rintelligence avec laquelle il appréciera les efforts des défenseurs de l'Eglise dans les pavs libres. Homme d'un grand eœar, génie profond, vif et pénétrant, esprit lucide et juste, caractère droit, généreux et constant dans ses desseins, le cardinal Gizzi aime sincèrement le bien, et pour l'opérer, il ne négligera aucun des moyens que sug* gèrent la prudence et la justice. Il connaît parfaitement notre épo(]ue, l'état des peuples, leurs tendances diverses, les stratagèmes de la politique, les artifices dos factions, les ruses si variées de l'Eglise, et enfm les abus et les dangers de cette condescendance qu'on ap)ielle modération^ et qui n'est en réalité trop souvent que faiblesse. Naturellement ouvert, franc et aimable, il est froid, ferme et impassible quand il s'agit d'affaires. Sa longue carrière lui a fait connaître par expérience les affaires et les personnages uui les traitent dans tous les cabinets de I Europe. En Suisse, où il se trouva dans des temps très-orageux, il défendit la cause de la religion et du Saint-Siège avec la plus grande vigueur. En Sardaig^ne, comme en

Belgique, il sut se concilier k la fuis la conflànce du pouvoir, de l'épiscopat, du clergé et de la nation. Dans beaucoup d'autres né* gociations très-difficiles, il se conduisit avec tant de fidélité, de zèle, de sagesse' et d'habileté, que le Saint-Siège, juste appréciateur de son mérite, lui prodigua les plus honorables témoignages de satisfaction. »

GLDSIANO ou GLDSIAN-CASATE. né k Milan, s'avança à la cour de Rome par son savoir et son mérite. Nicolas 111 mit ses talents à profit dans des affaires importantes, et Martin 11 le décora de la pourpre sacrée en 1281. — Glusiano mourut le 8 avril 1287. Le cardinal Jacaues Colonne, son ami, lui fit élever, dans l'église de Latran, un tombeau qu'«n voit encore avec son épitaphe.

(Voy. Onuphrb; — CiAcoNius,l^t70er(re5/a Romanorum Pontificum et cardinalium; — AuBERT, Hist. des carditkaux.)

GODIN (Guillaumb-Pierbe), né i Baronne, où il entra dans Tordre deSaint-Dominique, enseignait la philosophie dès avant 1282. — En 1287, il commença è enseigner la théologie, ee qu'il continua de faire jusqu'en 1292, année ou il fut envoyé à Paris pour prendre ses degrés. Devenu lecteur du Sacré Palais en 1306, il mérita le chapeau de cardinal, que lui donna Clément V en 1312. Nommé évoque de Sabine en 1317, il alla en Espagne, en 1321, avec le litre de légat,et célébra, un concile à Valladolid. Le cardinal Godin mourut le ik juin 1336 è Avignon, alors ré* sidence de la cour pontificale, et fût inhumé îi Toulouse, dans 1 église de son ordre qu'il avait fait rebâtir, ainsi que celles de Bayonne et d'Avignon. {Voy. MARiArvA , Hist. Bisp. I. XV, c. 17; — Frison; — Aubbrt ; —Ferdinand DE Castille; — EcHARD, ScrtpL ordinis Prœd.^ t. 1.)

GOEZ (Jean, baron de) était un diplomate distingué. — Employé parl'empereurLéopold dans les affaires et dans les ambassades, il fut nommé par ce prince pour aller traiter de la pâiir avec la Porte Ottomane, après la défaite des Turcs, à Saint-Gothard; en Hongrie. A son retour, il embrassa l'état ecclésiastique, et reçut de l'empereur Tévèché de Gurck, en Cariothie. Depuis il fut choisi, en 1678, pour être chef de l'ambassade impériale au Congrès assemblé èNimègue pour traiter de la paix. Le Pape Innocent XI lo nomma cardinal le 2 septembre 1686. En 1689, après la mort de ce Pontife, il reçut de l'empereur l'ordre d'aller en toute diligence à Rome, malgré son grand âge, pour veiller, dans le conclave» aux intérêts de la maison d'Autriche ; mais, en arrivant, il apprit, h la porte de Rome, que le cardinal Oîtoboni venait d'être élu Pape, et avait pris le nom d'Alexandre VIII : ce qui interdit tellement ce cardinal, qu*il s'en retourna sur ses pas, reprenant le chemin de l'Allemagne ; mais il en fut détourné par les personnes qui ve naient au devant de lui. Il assista au couronnement du nouveau Pontife, el fut depuis chargé des alfaires de l'empereur h la cour de Rome, où il mourut d apoplexie le 19 octobre 1696, en la 86' année de son âge et

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Il 11' de son cardinalat; il y fut inhumé en réglise des Capucins^ ainsi qu'il TaTail demandé.

(iOIZON fut, en 1138, créé, par le Pape Innocent H» prêtre-cardinal du litre de Sainte- Cécile.

GONDI (Pierre de), d*ane faroiHe illustre, originaire de Florence et alliée aui Médîcis, év6i|ue-(lucdeLangres, puis de Paris, prélat d*un grand mérite, qu'on ne.putjamais engager dans les complots de la Ligue, futnommé cardinal en 1587 par le Pape Siite Y. — Le roi Henri 111 Tavait fait commandeur de l'ordre du Saint-Esprit à la première création du 31 décembre 1578. Il avait été chancelier et preniier aumônier de la reine Elisabeth d'Autriche, et s'était trouvé aux Etats de Blois. Il fut aussi ambassadeur à Rome, mourut à Paris le 17 février 1616, âgé de 84 ans, et futinhjamédanslachapelledeGondi, on l'église cathédrale de Paris.

GONDI (Henri i^e),û\\ le Cardinal de Retz, était le second fils d'Albert de Gondi, duc de Retz, marquis de Belle-Ile, pair et maréehal de France, etc. et de Claude-Catherine do Clermont. — Maître de Toratoire du roi, évèque de Paris par la démission de son oncle, il officia, en 1610, aux obsèques du roi Henri le Grand, se trouva aux états-généraux tenus h Paris en 16U, et fut, en 1618, revêtu de la pourpre sacrée par le Pape Paul y. Commandeur des ordres du roi en 1619, il fut employé, dans les affaires^ par Louis XIII, et mourut, le 3 août 1622, à Béziers, où il avait suivi le roi qui, par.son conseil, marchaîtrles armes h la maia^ pour réduire les huguenots.

GONDI (Jean François-Padl de), cardinal de Retz ; souverain de Coromercj, prince d'Euville, second archevêque de Paris, était fils de Philippe-Emmanuel de Gondi, général i\ei galères, etc.» qui, devenu veuf; ei après s'être signalé dans plusieurs expéditions navales, se retira parmi les Pères de l'Oratoire, se fil prêtre, et mourut h Joignj, au milieu des exercices de la plus fervente piété, le 99 juin 1662, âgé de 81 ans. — Sa mère était Françoise-Marguerite de Sill j dame de Gommercy, femme aussi vertueuse que son époux, et qui mourut jeune. Le jeune Gondi, né à Montmirail en Brie en octobre 1614, eut pour précepteur le vénérable Yiocent-de-Pauie,

3ui fut depuis aumônier de la reine Anne 'Autriche, et fondateur de la congrégation des Prêtres de la mission de Saint-Lazare. Destiné dès l'enfance à l'état ecclésiastique, il' fut pourvu, en 1627, d'un canonicat de Notre-Dame de Paris, par son oncle qui était alors archevêaue de cette ville. Il avait déjà les abbayes de Buzai et de Quimperlé en Bretagne, et celle de la Chaume dans le duché de Retz. Il fit ses éludes aTec distinction, et, dès sa jeunesse, on vit se développer en lui les heureuses dispositions qu'il avait naturellement pour hi affaires. Le cours d'études fini, il fut reçu de la maison et société de Sorbonne, et prit )e bonnet de docteur. En 1643, il futnommé coadjuteurde J 'archevêque dePari^, avec la titre d'arche-

vêque Je Corinthe, et fut sacré par son oi)cle le 31 janvier de Tannée suivante. Quelque dégoût que le coadjuteur sentH pour Tetal ecclésiastique, qu'il n'avait embrassé qoe malgré lui, il sut pourtant bientôt s'assigettir è la décence qu'exigeait son caractère, et il remplie les fonctiorrs de.répiscopnt avec tant de zèle et d'assiduité, qu'on aurait dit qa*il était né pour être ecclésiastique; mais 1» désir de la popularité* la vanité et l'ambition étaient ses mobiles, et les véritables motifs de sa régularité et de sa vigilance pastorale. Voici couiment, dans ses If/motret , il justifie son père contre ceux qui lui reprochaient d'avoir fait de son fils un ecclésiastique : « Je ne crois pas qu'il y eOt aa monde un meilleur cœur que celui de mon père; et je puis dire que sa trempe était celle de la vertu. Cependant et mes duels et mes galanteries ne l'empêchèrent pas de faire tous ses efforts pour attacher à TEglise Tême la moins ecclésiastique qui fût dans l'univers. La prédilection pour son fils aîné, et la vue de l'archevêché de Paris qui était, def^uis près d'un siècle, dans sa maison produisirent cet effet-là. 11 ne le crut pas» et ne le sentit pas lui-même. Je jurerais qu'il aurait lui-même juré, dans le plus intérieur dé son cœur, qu'il n'avait en cela d'autre mouvement que celui qui lui était inspiré par l'appréhension des périls auxquels la profession contraire aurait exposé mon âme. » Le coadjuteur joignait h une mémoire extraordinaire un génie hardi, intrigant, <f)lein de ressources, une pénétration étendue, nu caractère d'esprit libre et indépendant, et une vivacité surprenante. Le clergé lui confia souvent les affaires les plus importantes de l'Eglise ; c'est lui qui, en 1646, porta la parole au nom du clergé de France, dans ia remontrance qui fut faite au roi en présence delà reine-mère. Il joua un des plus grands rôles pendant les troubles qui agitèrent la minorité de Louis XIV, et dont on peut voir le détail dans les Mémoires qu'il a laissés, et dans les histoires du temps. Dans ces tristes circonstances» il se para de beaucoup de zèle ()aur la défense du bien public; mais on convient qu'il n'avait d'autres vues que de croiser les projets de Mazarin, et de se venger avec éclat du mépris qu'avait fait le cardinal de son entremise lors de la fameuse journée des barricades. Le cardinal Mazarin» qui était persuadé que le coadjuteur voulait occuper sa place dans le ministère, le tra* versait en tont, et il mit tout en œuvre pour empêcher qu'il ne parvint au cardinalat; mais le coadjuteur fit mouvoir tant de ressorts qu'il força, pour ainsi dire, le prince à lai accorder ce qu*il recherchait avec tant de passion. Louis XIV le nomma donc cardinal en septembre 1651, et le Pape Innocent X lui acccrda le chapeau.

Mazarin, vivement piqué de cet événement, entreprit de se venger du nouveau cardinal en le perdant dans l'esprit de la reine régente et il parvint À le faire arrêter dans le Louvre. On le conduisit au château de Viacennes. Après qu'on lui eut (ait don-

lier sa flémission de rarchev^^ché do Paris» en le flattant de IVspoir de sa Khertéf on le transféra dans îe château de Nantes. Il fut Bsspz heureux pour s'échapper de cette uoutelle prison, et, dès qu'il se vil en IIhert^y il rétracta sa démission et sortit de France. Le cardinal de Retz passa en £•• pagne, d*où il se rendit à Rome où il prit part au conclave qui élut Alexandre VU. Le nouveau Pontife ne paraissant pas disposé ii prendre ses intérêts aussi chaudement qu'il aurait désiré, il quitta l'Italie et se retira en Franche-Comté, alors possession espagnole, d'où il alla pendant longtemps errer en Hollande, en Flandre et en Angleterre. Après la mort du cardinal Mazarin, arrivée en 1661, il se rendit aux volontés de la cour et donna enfin sa démission dans la forme qu'on exigeait de lui. C'est alors que le roi lui donna l'abbaye de Saint-Denis. Quelques années après il prit le parti de la retraite, il voulut même se démettre du cardinalat; maisClément X, alors Souverain Pontife, n'y voulut jamais consentir. On peut dire que cette retraite du cardinal de Retz fut l'action la plus éclatante de sa vie. En se séparant du monde, son premier soin fut d*acquitler les dettes immenses qu'il y avait contractées. Il vendit noblement .ses deux souverainetés; et ne se réservant que vingt mille livres de rente pour sa subsistance, il abandonna tout le reste de ses revenus à ses créanciers. Il vint heureusement è bout de les satisfaire, et après avoir acquitté pour onze cent dix mille écus de dettes, il se trouva encore en état de créer des pensions pour ceux de séparais qui en avaient besoin. Ce prince de l'Eglise mourut à Paris dans l'hAtel de Lesdigui^res, le 24 août 1679; Son c«)rpsfut trdn$()orié dans ral>baye royale de Saint-Denis dont il a été le dernier abbé.

Voici le catalogue des ouvrages qui nous restent de lui : L Avii de M. le coadjuteur^ prononcé au Parlement pour Véloignemeni ae$ créatures du cardinal àtazarin^ le H juil" Ici 1651, in-i**. 11. Avis désintéressé sur la conduite de M» le coadjuteur^ 1651, in 4*. III. Le bon frondeur qui fronde les mauvais frondeurs et qui ne flatte pas la frondu-maxor rifie de ceux qui ne sont plus bons frondeurs^

1651, tn-4*. IV. Apologie de l*ancienne et légitime Fronde^ 1651, in-4*. V. Le vrai et le faux de M. le prince et de M. le cardinal de Bettf 1652, in-4*. VI. Le vraisemblable sur la conduite de M, le cardinal de Retz^ 1652, 111*4*. Vil. Les conire^temps du sieur de Cha* vignij premier ministre d'Etat de M. le prince^ 1652, in-4*. Vlll. Les intérêts du temps, 1652, în-4% IX. Le solitaire. 1652, in-4*. X. Avis aux malheureux f 1652, in-4% XL Le manifeste de M. de Beaufort^ par /equel il déclare se joindre à Son Altesse royale, au Parlement et à la ville de Paris^ lë5â, îu-4*. Xll. L'esprit de paix, 1652, in-4*. Xlli. Lettre d'un bourgeois désintéressé,

1652, in-4\ XIV. iTaran^ue faite au roi à Compiégne It 12 septembre pour la paix gé" néraie. 1652, iii-4-. XV. Héponse de M. le cardinal de Retz faite au nonce du Pape le

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4 août, 1653, in* 4% XVI. Remontrance adressée au roi sur la remise des places maritimes de la France entre les mains des Anglaie, 1658, in 4% XVll. Le plus considérable de ses ouvrages sont ses Mémoires qui furent publiés pour la première fois en 1717. En 1731 on les a réimprimés avec ceux de Mme de Nemours, h Amsterdam, 4 vol.

in-12; c'est une belle édition. En 1751, îly en a eu une autre, qui ne lui est pas infé* rieure, en 4 petits volumes in<12. On y a joint les pièces suivantes : 1. Procès-verbal de la conférence faite à Ruel, etc. IL Lettre présentée au Sacré Collège- de la part du cardinal de Retz pendant sa prison (elle est en latin). 111. Le courrier burlesque de la guerre de Paris , etc. IV. Sermon de saint Louis, prononcé par M. J.-F.-P» de Gandin à Parie le jour dudit saint Louis, Vannée 1648. V. La conjuration de JeaU' Louis, comte de Fiesque; ouvrage que de Retz composa n'ayant encore que dix-sept ans. VL Avis à M, le cardinal Mazarin sur les affaires de M. le cardinal de Retz. Ces Mémoires ont été réimprimés dans la iVbiivelle collection des mémoires pour servira l'histoire de France de MM. Michaud et Poujoulat, Paris, 1836-37, en 2 livraisonSf formant un volume grand in-S*" à deux colonnes.

Il no sera pas hors do propos de rapporter ici quelques fragments sur le célèbre cardinal.

< Puis-ie oublier celui que je vois partout dans le récit de nos malheurs? Cet nomme si fidèle aux particuliers, si redoutable à l'Etat, d'un caractère si haut qu'on ne pouvait ni l'estimer, ni ,1e craindre, ni l'aimer hI le haïr à demi ; ferme génie, que nous avons vu, en ébranlant l'univers, s'attirer une dignité qu'à la An il voulut c|[uitter comme trop chèrement achetée, ainsi qu'il eut le courage de le reconnattro dans le liea le plus éminent de la chrétienté et enfin comme peu capable de contenter ses désirs, tant il connut son erreur et le vide des grandeurs humaines 1 Mais pendant qu'il voulait acquérir ce qu'il devait un jour mépriser, il remua tout par de secrets et puissants ressorts ; et, après que tous les partis furent abattus, il sembla encore se soutenir seul, et seul encore menacer le parti victorieux de sqs tristes et intrépides regards. La religion sMntéresse dans st% infortunes; la ville royale s'émeut et Rome même menace. Quoi doncl«n'est-ce pas assez que nous soyons attaqués au dedans et au dehors par toutes les puissances temporelles 7 Faut-il que la religion se môle dans nos malheurs et qu'elle semble nous opposer de près et de loin une autorité sacrée?» (BossuBT, Oraisons funèbres,)

« Paul de Gondi, cardinal de Retz» a beaucoup d'élévation, d'étendue d'esprit, et plus d'ostentation que de vraie grandeur. Il a une mémoire extraordinaire, plus de force que de politesse dans ses paroles, l'humeur facile, de la docilité et de la faiblesse à souffrir let plaintes et les reproches de ses amisf

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pea de pi^^té^ quelques apparences de religion.

cil paraît ambitieux sans l'Atre; la vanité et ceux qui Pont conduit lui ont fait entreprendre de grandes choses, presque toutes opposées à sa profession; il a suscité les plus grands désordres de i'Elat sans avoir un dessein formé de s'en prévaloir; et bien loin de se déclarer ennemi du cardinal Mazarin pour occuper sn place, il n'a pensé qu'à lui paraître redoutable et à se flatter de la fausse vanité de lui être opposé. 11 a su néanmoins profller avec habileté des malheurs publics pour se faire cardinal; il a souffert sa prison avec fermeté et n'a dA sa liberlé qu'à sa hardiesse. La paresse l'a soutenu avec gloire durant plusieurs années dans l'obscurité d'une vie errante et cachée. Il a conservé l'archevêché de Paris contre la puissance du cardinal Mazarin ; mais après la mort de ce ministre il s'en est démis sans connaître ce qu'il faisait et sans prendre cette conjoncture pour ménager les mtéréts de ses amis et les siens propres ; il est entré dans divers conclaves et sa conduite a toujours augmenté sa réputation.

«Sa pente naturelle est l'oisiveté, il travaille néanmoins avec activité dans les affaires qui le pressent, et il se repose avecnonchalence quand elles sont unies. Il a une grande présence d'esprit et saitlelloment tourner à son avantage les occasions que la fortune lui oiïre, qu'il semble qu'il les ait prévues et désirées. 11 aime à raconter, il veut éblouir indifféremment tous ceux qui l'écoulent par des aventures extraordinaires, et souvent son imagination lui fournit plus que sa mémoire.

c 11 est faux dans la plupart de ses qualités, et ce qui a le plus contribué à sa réputation est de savoir donner un beau jour h ses défauts. Il est insensible k la haine et k l'amitié, quelque soin qu'il ait pris de paraître occupé de Tune ou de l'autre. Il est incapable d envie et d'avarice» soit par vertu, soit par inapplication. Il a plus emprunté de ses amis qu'un particulier ne pouvait espérer de pouvoir leur rendre. Il a senti de la vanité à trouver tant de crédit et à entreprendre de s'acquiiter ; il n*a point de goût ni de délicatesse; il s'amuse à tout et ne se plait k rien ; il évite avec adresse de laisser pénétrer qu'il n'a qu'une légère connaissance de toutes choses. La retraite qu'il vient de faire est la plus éclatante et la plus fausse action de sa vie; c'est un sacrifice qu'il faitk son orgueil sous prétexte de dévotion ; il quitte la cour où il ne peut s'attacher, et il s'éloigne du monde qui s'éloigne de lui. » (la Rochefoucauld.)

c On a de la peine k comprendre comment un homme qui passa sa vie k cabaler n'eut jamais de véritable objet. Il aimait l'intrigue pour intriguer : esprit hardi, délié, vaste et un peu romanesque, sachant tirer parti de l'autorité que son état lui donnait sur le peuple, et faisant servir la religion k sa politique; enerchant quelquefois k se faire un mérite de ce qu'il ne devait qu'au hazard, et ajus-

tant souvent après coup les moyens aux événements.

c II fit la guerre au roi; mais le personnage de rebelle était ce qui le flattait leplus dans sa rébellion; magnifique» bel esprit, turbulent, ayant plus de saillies que de suite, plus de chimères que de vues, déplacé dans une monarchie et n'ayant pasce qu'il fallait pour ôtre républicain, parct qu'il n'était ni sujet fidèle ni bon citoyen; aussi vain, plus hardi et moins honnête homme que Cicéron , enfin plus d'esprit» moins grand et moins méchant que Catilina.

«Ses Mémoires sont très-agréables k lire ; mais conÇoit-on qu*un homme aii le courage, ou plutôt la iolie, de dire de lui même plus de mal que n'en eût pu dire son plus grand ennemi? Ce qui est étonnant, c'est que ce même homme, sur la fin de sa vie, n'était plus rien de tout cela, et qu'il devint doux, paisible, sans intrigue, et l'amour de tous les honnêtes gens de son temps, comme si toute son ambition d'autrefois n'avait été qu'une débauche d'esprit, et des tours de jeunesse dont on se corrige avant l'Age r ce qui prouve bien qu'en effet il n*y avait en lui aucune passion réelle. Après avoir vécu avec une magnificence extrême , et avoir fait pour plus de quatre millions de dettes, tout fut payé, soit de son vivant^ soit après sa mort. » (Le président Hfr-

IIAULT.)

On se repose de la turbulence du cardinal de Retz, en lisant ces quelques lignes d'un autre cardinal» sur l'instituteur du premier :

« A la tête de ces protecteurs de l'humanité souffrante, je vois un homme qui a reçu du ciel le don de l'élocution, et la sensibilité la plus profonde; éloquent k force d'âme et de vertu, fécond en pensées du cœur, et parlé même également sublime et populaire dans ses discours, doué du plus rare courage d'esprit, de la conception des grandes entreprises et de la patience des plus petits détuils, d'une imagination hardie et d'un jugement sage, d'une prudence consommée pour discerner l'k-propos des moments opportuns, saisir le point de maturité dBs projets utiles, et s attacher aux établissements durables; enfin d'un zèle ardent et inébranlable, d'un attrait de persuasion qui rallie toutes les opinions k ses sentiments, et du talent plus heureux encore et plus rare, d'embraser les cœurs du feu divin dontilest consumé lui-même. Cet homme anime tout» propose les bonnes œuvres, discute les moyens, indique les ressources» écarte les obstacles, correspond à la fois avec; le gouvernement, avec les riches , avec les malheureux. Son regard embrasse toutes les provinces; il veille sans cesse pour la patrie; il est présent k toutes les calamités; il atteint tous les malheurs par sa bienfaisance ; il transporte tous ses auditeurs au milieu des désastres publics ; il les entraîne dans ce tourbillon de charité qui l'environne, les pénètre de terreur» les fait fondrs en larmes, les oppresse de sanglots, leur ôta

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lour âme pour lour donner la' sienne, ei cet homme de la l»rov)den(îtil esl Vincent de Paul (|tii, du milieu de son assemblée de charité, semble dire, comme le Fils de Dieu, d*une ?oix qui est entendue jusqu'aux extrémités du rojauine : Venez à moi, 6 vom qui souffrez^ et je vous soulagerai. i>\(Matth. xi, 28.) (Le canlinal Maury , Panégyriq. de saint Vincent de Paul,)

GONTIER GOMEZ DE LUNA, AragonaJs, créé prôlrp-caidinal en 1382, par i'antipape Clément Vil, mourut en 1391.

GONZAGUE (François), fils pnlné de Louis lllt marquis de Mantoue, et de Barbe doiBraodebourg, fait cardinal en 1461, par le Pape Pie 11, et, peu après, évoque do Mantoue, mourut en 1483, après avoir été employé dans des affaires importantes.

GOMZAGflE (SiGisMOND dk), déjà estimé comme homme de guerre, ajouta à sa réputation après avoir embrassé l'élal ecclésiastique. En effet, ayant accepté le commandement des troupes que François 11, marquis de Mantoue, son frère, destinait à secourir l'empereur Maximilion r% et ayant de nouveau signalé sa capacité et sa valeur, il s'acquit l'estime des cardinaux schismatiques, qui tentèrent vainement de Tentralner dans leur parti. Ce prélat soutint contre le concile de Pise, diri^^ contre la personne du Pape Jules il, les intérêts de ce Pontife, qui Ta* ▼ait fait cardinal en 1505. Ce même Pontife renvoya, depuis, en qualité de légat, dans la Romagne, où, ayant pris la ville de Bologne sur liis Bentivoglio, il la réunit au Saint- Siège. Pendant sa légation de la Marche d'Ancône, il fit bâtir un magnifique palais pour les légats de cette province Lé^at dans le Montferraf, sous le pontiGcat de Léon X, et alors évéque de Mantoue, il fit rebâtir Thôtutal épiscopal, tel qu'on le voit aujourd'hui. Il fil partie du conclave où fut élu Adrien VI, auquel il donna sa voix ; mais il s*en repentit bientôt après, et mourut h Mantoue, sous le pontificat de Clément VU, en 1525. Son corps fut inhumé dans l'église cathédrale de cetie vil e. Ce prélat, d'une grande piété, était protecteur de Tordre des Carmes« et portait un vif in-' lérêtà celui de Saint-François. (Koy. Sainte- Marthe ; — Bemro; — ONUPHRiuSyJu/it // Vita; — PossEviN, Hisl. de Boyard; — Gariubert;

— ViCTORELLI ; — AUBERY.)

GONZAGUE (Pyrrhus de) , évèque de Mantoue,'petit-fil:» do yeari-Fraripc^û, marquis de Mantoue, et frère de Louis de Gonzague, dit ie Turcy cultiva les lettres avec succès, et s'attacha au Pape Clément Vil* qui le fit cardinal en 1527, pour récompenser ses services et ceux de son frère, qui avait contribué à la délivrance de ce Pontife, retenu prisonnier par les impériaux. Le cardinal de Mantoue mourut en avril 1529. Il portait pour devise un Hercule, frappant de sa massue les têtes renaissantes de l'hydre, avec ces mots : Tu ne cède malis. {Voy. Possev», lu Gin. Gonz.; — PETRASANCTA,Àj/m6. Aeroi., L Ti; — Mascardi et Hossio,£/oy. dHHuttr. tapit.; — 0?(uphre; — Albert.}

GONZAGUE (Hercule dk), fils de François II du nom, duc de Mantoue, naquit en 1505, fut nommé évAque do Mantoue è l'ftge de 15 ans, par la résignation do Sigismond de Gonzajicue, son oncle, et fait cardinalâ l'âge de 22 ans, en 1527, pur le Pape Clément VII. — Il fut aussi archevêque de Tarragone, et eut encore l'administration des églises de Fano et de Soana ; mais il résigna ce dernier bénéfice au cardinal Farnèse, élevé dnrmis au trône pontifical sous le nom de Paul 111. Pendant la minorité de ses neveux, François \\\ du nom^ et Guillaume, successivement ducs de Mantoue, il gouverna leurs Etats l'espace de seize ans» avec douceur et prudence, mais il n'abandonna pas le soin de son église. Il prit, pour l'aider dans cette administration, Philippe Arriva* Bene, noble Manlouan, évoque de Jeropolî, et Léonaro de Mazin, patrice génois, savant Dominicain, et évê.|ue de Lnodicée, à Taido desquels il fit imprimer un Catéchisme pour l'instruction des curés de son diocèse. Il fut aussi légat de la Campagne de Rome et de la Marche; il fui également envoyé, en cette qualité, vers l'empereur Charles V, en 1530, lorsque ce prince vint à Bologne pour recevoir la couronne impériale. Nommé par le Pape Pie IV, son premier légat au concile deTrente, ilfit, en cettequalilé, un éloquent discours aux Pères assemblés pour la continuation de ce concile; mais il n'eut pas le bonheur d'en voir la fin, étant mort après la sixième session, le 2 mars 1563. Son corps fut transporté dans sa cathédrale de Mantoue, qu il avait rebâtie et ornée, après qu'elle eût été brûlée. Il avait été gouverneur de Tivoli en 1530, et avait concouru aux élections des Papes Paul 111, Jules 111, Marcel II et Pie IV, de qui il obtijfit la pourpre pour son neveu Frédéric, malgré les oppositions qu'y formait te cardinal Gisleri, depuis Pie Y, oppositions fondées sur la jeunesse de ce prince. Le cardinal Hercule,

f»ère des pauvres, protecteur des gens de ettres , était lui-même très-instruit; ses contemporains eu font le plus grand éloge. (Voy, PossKviN, in Gonzag ; — Sadolet, ÉpistoL; — Sponde, Annales, A. C. 1563, n. 9; — Garimbkrt; — Petramellario ; — Michel JusTi?(iANi, Hist. des gouverneurs de Tivoli.) i

GONZAGUE (Fraikçois), fils de Ferdinand, prince d'Ariano et de Guastalla, et d Isabelle deCapoue et de Baux, et frère de Jean- Vincent, aussi cardinal sous Grégoire XII, fut instruit dès son bas &ge dans les lettres, et surtout dans la jurisprudence. — Le Pape Pie IV, allié h la maison de Gonzague, lui donna l'abbaye d'Aqnanegra et le fit cardi< nal en février 1561. Quelque temps après, il le déclara légat de la Campagne de Rome et le pourvut de Tarchevôché de Conza, dans la Pouillo, puis de i'évêché de Mantoue. On concevait de grandes espérances de ce jeun« prince, qui mourut peu de j(»urs après Pio IV» le 6 janvier 1656, Agé de 26 ans et demi. Soq corps fut enseveli dans l'église de Saint- Latireot tu Lucina, qui était sod tilr».

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lr»ae. n^ ^n IS»0. fiî$ r-o^l^am^ de Fr^dérîr. daç «ie M.infoae. cl de Mnrsrnerilp Paféolo^ne. étuHa dan? {*unÎTer«'rt4 «Ia Bof*tçnp: et k reine e*' fnt-i' «nrti. ntie le P^re Pie IV lecr^4 eaniinai en 1563 Ce rrince moarot ifé dA.25 ;in«. le 21 r^fripr 1565.

G05ZAGrE fJEA^-ViîccE^T^ rhetaîier de rordre.de Saint Jean de Jérusalem el frère ifri r^rdmal Fnnçois Gonzagiie. rréé en f578 par Gr^sroîre XIlK diarr^-raHinal d'i litre de Saînl G^orsre*. mis de Snîn'e-Marîe /« Cêtmt^in, et prêtre du titre de Sainl-Alexi.s mnnmt en 1591.

GOI^AGCE-MANTOUE (Scipioti) atalt beaucoup d'esprit, un extérieur asréable. une crande coonai<«.«ance des lettres greeques et latines. ^- L*ërudil Muret lui dédia auel- (|Me»-unes de ses harangues. Seîpion Gnnzigne composa lui-même des ouvrages inffénieui, et, entre aulres, des poésies italiennes qui ont et' publiées arec d*antres ouTrages des membres de Tacadëine de Padoue, qu'il ?Talt fondée. Il protégea le Tasse et Guarini. Toutefois ce prébt se Si un«» affaire h Ronip arec Gui!!anroe« dur de Mantone, et fut arrêté pnr orire du Pape Grép^îre HW. Mais Sixte V non-seulement le Mît en lil)«^rlé, mais ii lui donna, en 1587 Je rhapean de carlinal. Il mourut en 1593. Vn de «es frères, François de Goozague, a été un des plus sages prélats de son temps. Général de Tordre de Sainl-Françoîs, puis nonce en France, où il accompagna le légal Alexandre de M^^dîeîs, depuis Pape s'^us le nom de Léon XL François de Gonzague tra- Tailla è remplir les devoirs d*un saint prélat, dans son évêché de Mantoue, qu'on ravail contraint d*accepler, après qu'iî eut eu celui de Cifalu en Sicile, et celui de Parie. Il mourut en réputation de grande piété, réputation bien méritée, en 1620, flgé de T^ ans.

GONZAGUE nPERni!(AND), sixième dnc de Mantoue« quatrième de HonlferraU second fils de Vincent 1", avait été fait cardinal en 1607 par le Pape Paul Y. — Il déposa la pourpre pour succéder k son frère en 1613, et se maria ; dès lors son histoire n'appartient plus h celle du cardinalat.

GONZAGUE (Vi5CE!fT II), créé cardinal en 1615y dans la sixième promotion du Pape Paul V, renonça h la pourpre, aussi pour succédera son frère en 1626. Il mourut en l'année suivante, nommant pour son héritier 'e duc de Nevers.

GCXNZAGUE (Silvio-Vale?iti). Mantouan, fut créé cardinal en 1738 par le Pape Clément Xil.

GONZAGCK (T^ocis-Valentin). Manlouan, néen 1725, évèqiie d'Albano, fut fait cardinal par Pie VI en 1776. 11 mourut en

PE GONZIE (François), archevt^que de Toulouse, fut uûuîQDé cardinal par le Pape Eugène IV.

GORREVGD (Uuia de), ëvêque de Mau rîcnhe, créé en 139^ par Tantipape Clé-

ment VII, prélre»eirdin«l du fftro de Saint»

CéMÎre.

GORREVOD fLocis de), prince do aalot «>mpire et abb^ «i'ArobnMiay, ét^it fils de Jean de Gorrevod. d*une des meilleures maisons de la Bres<e, et de Jeanne de Loriol. — Le Pipe Alexandre VI lui donna l'évèché de Siinf-Jean dr- M 'vienne en 1 V99, et Léon X avant fonde ei: 1515 un évéclié ^ Bourg, en d<^nna radministr^tion à ce prélat, que le duc de Savoie avait envojé, eu qualité de son ambassadeur, pour se trouver au con* file de Lalran. Le Pane Clément VII le pro* mut au eardinnlat en 1S30, et le nomma son légal alaieredans leus les Etals de la maîsôn de Savoie. Le testament du cardinal de Gor» revod, qui mourut en 153T, est daté de denx années auparavant. Il j ordonnait plusieurs fondations pieuses, comme de la collégiale dt' Pont-de-Vaux, et*'. — (Voy. Oncfhrk; — CiACOxics *»l AcBERT. Hhi- dei eardinnuM : — Si!!itb-Marthb. Galh'a Cfcrwltona;— GuH CBR?vo!f, Hist. de Bresse.)

GOSTAGm ^Vi^cEXT\ Génois, créé en 1623 par lt»Pa>p C hnîn VIIK diacre-cardinal du titre d»- Saînlp-Mnrie in Portiru^ puis de Saînt-Anffe in foro piscium^ de Sainte-Marie vn Cosmedin et de Snint Eustache, prêtre du titre de SninUCalixte. mourut en 1660.

GOTinS DE ARIM1NIS, c*est-h-dire de Rimini, fut ainsi nommé du lieu de sa naissance : le nom de sa famille était Batta-. et! A. — Dès 1310 il enseignait le droit. En 13S5, il fut fait patriarche de Constantinople pour les Latins. En 1338, le Pape Inno« cent XII Tenvova avec le caractère de légal en Sicile, ave** Ralier, évoque de Vaison ; et, la même année, le 18 décembre, il le créa cardinal. Gotîns fonda une chapelle dans TéfiriisA deRimî* i. et mourut vers 13i5. — (Fev* Balczb. Vii(^ Puparum Aveniennium.)

GiOTTI (Vi?icE^T-Louis\ Donvînirain ml* 1anaîs« fut fait cardinal en 1728 par Be« nolt XIII.

GOUFFIER (AD»iï!f), dit h Cardinal di Boisi, était le troisième Bis de Guillaume, seigneur de Boisi« en Poitou, et le frère du grand-msttre et de Tamiral. I^ faveur de ses frères contribua beaucoup h son élévation.— Il porta d*abord le titre de protonotaire de Boisi: et, en 1509. fut évoque de Coutances. Le roi François I" demanda lui-même pour ce pnMal le chapeau de carlinnl au Pape LéonX. dans la conférence de Bologne; et ce Pontife le Ini accorda dans un consistoire secret, le U décembre 1515. En 1519, il fut revêtu du caractère do légat en France. Il était déjà grand aumAnier, oiiirn qu'il pos- <:«^dait encore l'évèché d*Albî. Talibaye de Bourg-Dieu el divers aulres bénéfices con* sidérables. Il mourut au chAfeau d« Villen* (Iron sur-Indre, près d'Issoudun, le 24 juillet 15â3.

GOUSSET (Thomas}, cardinal-archevêque de Reims, est néàMonligny-Iès Cherlieu, le 1*' mai 1792, dans le diocèse de Besançon. — Il appartient i une famille obscure mais bonorable ; son père é:ait un cultivateur

f0?5 GOU DES CARDINAUX,

efillmé qui le conserTa près de lui, dans les travaux de là campagne, jusqu'à sa dix-seplième année. C'est seulement k cet âge qu'il commença ses éludes, au bourg d'Amance, dans une instilucion particulière. Il s'élait fait remarquer par sa piélé, mais il déploya dans ses classes un zèle et une capacité extraordinaires. Après deux ans et demi pastés] sur les bancs de l'école, il se présenta devant l'académie de Besançon, et reçut le diplôme de bachelier. Entré au séminaire de Besançon, il yobliul dessuccès non moins précieux, et ne tarda pas d'être nommé maître de conférences.

Ordonné prêtre en 1817, par Mgr de La- IH, il lut envoyé comme vicaire à Lure : celait alors un poste difficile, mais il sut admirablement g*y concilier l'estime et l'affection de tous. Rappelé ensuite pour remplir les fonctions de professeur de théologie, au séminaire de Besançon, il y resta qualorzeans qui furent employés aux travaux les plus utiles. C'est alors qu'il publia une édition des Conférences d'Angers ; l'exposition de la Doctrine de VEqlise sur le prêta intérêt; de satants et précieux commentaires sur le Rituel de Toulon ; et une ëdillon enrichie de notes, du Dictionnaire i/e /A/o/oyiedeBergier, et le Code civil expliqué dans ses rapports avec la théologie morale. Nous ne saurions oublier un de ses ouvrages les plus connus et le mieux appréciés, sajusliScation delà théologie de saint Li^ori. Ce' livre ayant soulevé d'injustes critiques, M. Gousset publia une vigoureuse défense où l'on admira autant l'adresse et l*esprit que la solidité de la doctrine.

On comprend que sa réputation de savoir et le mérite de ses écrits ne devaient pas le laisser dans sa chaire de professeur. 11 reçut d*abord des lettres de grand-vicaire en 1830, et fut nommé évêque de Périgueux en 1836. C'est Mgr de Quélei», archevêque do Paris, qui le sacra, dans l'église des Carmes, h Paris, avec l'assistance de Mgr de Forbin- Janson, évêque de Nancy, et de Mgr de Mazenod, évêque de Marseille.

L'infatigable savant avnit publié, en 1835, une Lettre sur la communion des condamnés à mortf et pendant son premier épiscopat, il donna ses Statuts, ensuite le compendium du Bituel de Périgueux. Un esprit de cette élévation et une conscience aussi fortement attachée k la saine doctrine, ne pouvaient pas laisser de côté les grandes luttes pour la liberté de renseignement : Mgr Gousset 6t donc paraître ses Observations qui excitèrent l'attention de l'Eglise. A côté de ses travaux et des no-mbreux devoirs de sa charge pastorale, il trouva encore le temps de réaliser dans la cathédrale de Périgueux les constructions et et les améliorations les plus intelligentes : il construisit, de plus, un magnilique séminaire à Bergerac. C'est au milieu de ces occupations si dignes d'un évêque et si continuelles, que le choix du pouvoir le présenta au Souverain Pontife pour Tarcbevêché de Reims, en 1840. Nous o'a- VOM pas à raconter le bieo qu'il • opéré

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