‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 124 sur 350 · GOU · texte numérisé non relu

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nans ce diocèse. Il fut un des pretuiers I corivoquerles conciles provinciaux; il aida puissamment le mouvement de retour è la liturgie romaine, et seconda partout les bonnes œuvres, aussi loin que son heureuse influence peut s'étendre. Proclamé cardinal en 1850, la nourpre du prince de l'Ei^lise n'a été pour lui qu'un moyen de plus, de répandre des bienfailsou derallacher les cœursh la religion dans son diocèse. Les plus hautes dignités n'ont rien ôté à son amour du tra< vail. 11 a publié, h Reims, une Théologie dogmatique ei une Théologie morale^ en langue vulgaire, qui sont pour ainsi dire, devenues classiques. Nous ne parlons pas des autres honneurs qui lui sont, échus: ils sont peu de chose au poids du sanctuaire, et nous espérons que la santé du vénérable prélat nous permettra de compter encore sur de nombreux et utiles services, pour la gloire do Dieu et le triomphe de la religion. Voici des citations que le célèbro^V; Ventura lui a emprunté.

« On entend par révélation primitiv$l m dii « le dodte archevêque, « celle qui a été faite « aux patriarches, et plus spécialement h « nos premiers parents. Or, on no peut ré- « voquer en doule celte révélation. » Suivent les preuves tirées de l'Ecriture sainte, particulièrement du magnifique passage du chapitre xvii de VEcclésiastique , que nous avons reproduit et commenté dans notre première conférence $ 4 (vol. I, p. 8); puis.

•^ iuiio ues iiainarcnes qui reçurent, de dis- « lance en distance, jusqu'à lloïse, les com- « mijnications du Tout-Puissant; mais en « voilà bien assez pour prouver l'existence « des révélations divines antérieures au lé- « gislateur des Hébreux.

« De plus, on peut prouver la révélation « primitive par ïimpossibilité oii se serait « trouvé le genre humain, livré à lui-même, « de connaître, nous ne disons pas les vérités « d un ordre surnaturel, mais même les « aogmes de la religion qu on appehe natu^ c relie. En effet de quelles connaissances, de « Quels .raisonnements pouvait être capable « I homme naissant , isolé, sans éducation, « sans éducation» sans expérience?

c Le culte du vrai Dieu a précédé l'ido- « latrie et la superstition sur la terre.... Les « vérités de la religion, c'est-à-dire les véri- « tés qui sont le moins k la portée de la rai- « soude l'homme, ont paru tout d'abord sur l'horizon de l'esprit humain; on les trouve au berceau de tous les anciens peuples; alors même qu'on connaissait à peine les choses les plus nécessaires à la vie, preuve manifeste que ces vérités ont été originairement révélées à l'homme. Si elles eussent été le fruit de ses recherches et de se$ inventions, loin de s'affaiblir avec le temps, elles se seraient naturellement fortifiées avec le développement des sciences humaines.

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nécessité reconnatlre quo la roligioa a écé primitivement révélée à nos premiers parenis, ou que nos premiers parents ont vécu (ians fabscuce de tous sentiments religieux, ou que la religion des patriar* elles n*a été que le fétichisme, le paganisme le plus grossier, ainsi que le |irétendent certains rationalistes de nos jours. Mais ces dernières hypothèses sont aussi absurdes qu'elles sont contraires à rhistoire. *

« Nous avons déjà fait justice de ces hypothèses dans notre première conférence 5 et 6 (pag, 17-25); nous y avons combntiu la théorie dégradante des deux écoles stoïcienne, éîicurienne, attestée par Cicéron et Horace, et éi/iblissant quo / éial $auiage a été Vétal primitif tl originaire de Vhomme; nous y avons aussi réfuté celle théorie des anciens philo* sophes |)nr leurs propres lémoignages, que, en tant que théologiens, ei dTaccord avec les poètes, ils ont rendus eux-mêmes h la <*royance antique, constante et universelle, d'un seul et unique Dieu, créateur ef maître du monde^ et de Vorigintditine de Vhomme et de la loi naturelle. Mais revenons au savant cardinal, nui, en citant le passage suivant d*un excellent ourrnge, continue ainsi : « Quoi! Dieu, en créant Thumanité, a-t il pu la condamner totit entière h crouf ir pendant une longue série de siècles dans une ignorance invincible des vérités les plus essentielles? Seul ici-bas, Thomme a reçu les facultés nécessaires pour connaiirc et servir son Créateur et son œil n'eut pas été fait dès l'origine pour voir, son cœur pour aimer celui qui est la vérité et la vie? Est-ce donc pour rester dans Tombre qti'il avait reçu ces larges ailes qui

f»euvent le soulever au-dessus de toutes es choses qui passent, et ce regard d*aigle « qui cherche au fond des cieui le soleil c divin? L'homme encore innocent, l'homme « sortant des mains de celte même Provic dencé {qui étend ses soins maternels sur « toutes ses créatures) eût été délaissé par « elle? Il n'a pas, lui, reçu en partage des t instincts qui se dévelopfient spontanément comme ceux du castor ou de 1 abeille, pour U conduire d*une manière infaillible à Taccomplissement parfait de sa deslinée.

Il est perfectible, mais h la' condition d'ôlre enseigné. Sans le secours d'une bonne éducation religieuse, ses facultés les plus sublimes demeurent stériles et s'atrophient par les déviations les plus monstrueuses. Et ce secours lui eût mantiué au moment même où il en avait le plus pressant besoin, et le genre humain eût élé condamné en masse, durant des milliers d'années à des erreurs profondément corruptrices et aux superslilions les plus dégradantes 1 Cela est-il bien vraisemblable? Peut-on supposer a prtort quand on croit un Dieu bon et. sage? Evidemment Donl Cela ne saurait être possible qu'au point de vue des athées et des panthéistes. Quaud on regarde le genre comme le produit du hasard, comme l'enfaot d'une loi

aveugle, d'un progrès nécessaire; quand on ne voit en lui qu'une oxcroissance du chimpanzé, obi alors je comprends qu'on refuse de croire à ta révélation. Mais qu*on préfère des hypothèses comme celle de rélat de nature et du fétichisme prînrttif, quand on croit sincèrement h la sagesse et « à la bonté de la Providence, c*est ce que « je ne comprends plus. » (Db VALmoGEi, Etudes critiques sur le rationalisme coniem^ pc/ram, liv. ii, secr. ii, ch. ^, § 5.)

« Ces hypollièses, » ajoute encore le cardinal Gousset, tk sont d'ailleurs contraires & niisioiro, au lémoigiiage des monuments lès plus authentiques.

« En effet, nous avons une preuve de la révélation primitive dans la croyance de tous les peuples; tous l'ont reconnue en principe, en atimettant comme venant de Dieu les principales vérités de la. religion, même celles qui sont d'un ordre naturel. Une croyance générale et constanle dont on ne peut assigner l'origine qu'en remontant à l'origine des choses fait nécessairement partie de la religion des patriarches. Los dogme? qui ont toujours été lie la croyance des peuples sont : l'existence de Dieu, d'un Elre élernel, unique auteur de toutes choses; la divine Providence et le cullo de Dieu; la distinction des bons et des mauvais anges; la chute « du premier homme suivie de la disgrâce « du genre humain; Paltented'un libérateur c et l'existence d'une autre vie. Ces dogmes, il est vrai, ont élô altérés par les erreurs et les superstitions de l'idolâtrie, au point (jue, sans le secours des traditions coiisî- « gnées dans les Livres saints, il serait im- « possible de débrouiller les traditions du peuple païen et d'en faire un corps de doctrine. Mais, en prenant pour guide les auteurs sacrés, on peut suivre les traces de l'enseignement primitif qui s'est répandu par la dispersion des hommes dcins les différentes parties du monde. » {Théo^ logie dogmatique^ par S. E. le cardinal Gousset, tom. 1, m* partie, chap. 1".)

« Ces considérations, qui ne sont c|u'à peine indiquées, sont cependant d'une grande portée et d'une grande force pour prouver l'existence de la révélation uriînitive

GOUT. — Foy.RAlMOND,BâBàUD.CL6MENTV.

GOZZADINI ou GOZADINO (Marc-antoi

we), issu des seigneurs de SiLuito eta<itro« îles de l'Archipel, était p;Urice de Bologne, et cousin du Pcipe Grégoire XV, qui le tire du poste de coUa'éral de Compidoglio, poui le revêtir do In pourpre en 1G22. — Il lui don na aussi l'évôché de Tivoli, et peu après celui de Faënza, qu'il garda peu de teicps, étant mort à Rome en septembre 1623, âgé

d:) 49 ans.

GOZZADLNI (Ultsse-Josepd), né à Bologne, le 10 octobre 1650, et de la même famillu que le précédent, chanoine delà basilique de Saint Pierre du Vatican, lut fait secrétaire des mémoriaux en décembre 1695, puis secrétaire des brefs aui princes en juillet 1697»

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déi;ljiré archeTÔque de Théotlosie efi aoAt 1700» et nommé» le 17 mai 1706, pour exercer par intérim la charge de secrétaire do ta cxiDgrégation de Propcipanda fide^ en Tabsence d*Aiitoîne Banchieri. — Le Pape Clément XI, le créa cardinal le 15 avrit 1709, fit la cérémonie de lui donner le chapeau le 18 du même mois, et lui assigna le titre de presbyléral de Sainte-Croix en Jérusalem. Le 17 février 1710, il fut aussi nommé évoque d*Imola , et légat de la Romagne. Le 90 août 17U, le Pape le déclara son légat a hUere pour aller à Parme complimenter» en son nom» la nouvelle reine d'Espagne. Il partit du Bolonais, pour remplir cette mission» le H septembre, et Qtson entrée solonitelle h Parme, le lendemain» avec une suite de plus de cinq cents personnes. Le 16, il fit la cérémonie des épousailles de celte princesse» et ayant eu, le 17» son audience de congé, il partit de cette cour le SO. Ce cardinal, justement estimé pour ses grandes qualités, mourut en son évèché dlmola, le 20 mars 1728, dans la 78* année de son âge, H de son cardinalat la 19* année ; ayant institué pour son héritier le sénateur Gozzadi- Di,8on frère, k la charge d'exécuter les dispositioDS du testament.

GRAMMONT (Gabaiel de) , évéque de Tarbes,puisarcbeTéque de Bordeaux et de Toulouse , fils de Roger de Grammont , et d*Eléonore, de Béarn, eut» après un de ses frères, l'évéché de Conserans, lequel se trou- Ye aujourd'hui dans le département de l'Ariége. — De Tévôcbé de Conserans il passa» en 1522, à celui de Tarbes, et c*est sous le nom d'évèque de Tarbes qu*il était connu. Très-i:onsidéré à la cour de François 1", il fut un des ambassadeurs envoyés l'an 1526 en Espagne» pour traiter def la déiivran-, ce du roi François 1**. Il y était encore Tannée suivante; et Tempereur Charles Y Ty fit arrêter, dès qu'il eut appris la ligue du môme François r* avec Henri Vlll, roi d'Angleterre ; mais comme les ambassadeurs, qu*il a?ait lui-même dans les cours de ces d^ux princes furent arrêtés dans le môme temps par représailles, il se vit obligé de mettre en liberté l'évoque de Tarbes. Celui-ci, de retour en France» fut aussitôt renvoyé par Je roi en Angleterre, avec ordre de traTailler secrètement à faire casser le mariage de Henri VIII avec Catherine d*Aragon, et de proposer k ce prince la main de Marguerite aOrléans, veuve de Charles duc d'Alençon. £lle était sœur du roi, et elle épousa peu après Henri d*Albret , roi de Navarre. Sanderus et d'autres ont prétendu que c*est le cardinal Wolsey qui avait conseillé celte négociation. Quoi qu'il en soit , le niôme prelatalla bientôt après» en qualité d'ambassadeur, h Rome» où le Pape Clément VII, le décora de la pourpre, le 8 juin 1530. 11 proposa ensuite le mariage du duc d'Orléans, second tils du roi, avec Catherine de Médieis, nièce du Souverain Pontife, et engagea môme Clément à venir jusqu'à Marseille , ce qu'il fil en octobre 1533. Le cardinal de Urammontsc rendit, par ses serviceSf de

plus en pius agréable au roi qui lui avait donné l'évéché de Poitiers en 1532, et qui lui donna en 1533, l'archevôché de Toulouse. Attaqué d'une fièvre lente, il mourut au chAteau de Balma, près de Toulouse, le S6 mars 153^. Son corps, transporté k Bidache, y fut inhumé dans le tombeau de sa maison. On remarqua que le roi François 1*' témoigna un déploisiroxtrômeiilela mort dece cardinal. [Foj^. GuicHàRDiN, I. XIV «l XX: — Sadolet, lib. VI, epist. 17; — le Fèros /ffiêt. de Fran^ çois I; — BoccHET, Annales d'Aquitaine; — Catel, Mémoires du Languedoc ; — Sainte* Marthe, Gallia Christiana; — Aubert.)

L'abbé Xaupi, dans une dissertation présentée à Tacadémiede Bordeaui, a prétendu que Gabriel de Grammont n*avait point accepté Tarchevôché de Bordeaux auquel il avait été élu par le chapitre de cette ville. Mais il a été solidement réfuté par les auteurs du nouveau Gallia CArû^ïatia, qui, dans une lettre insérée au Mercure de France^ novembre 1752, démontrent que Gabriel deGr.immont fut élu parle chapitre le U juillet 15S9, après la mort de Jean de Foix, arrivée le 25 juin précédent; que cette élection étantcontraire au concordat, le Pape le nomma de nouveau le ^h septembre suivant ; que ce prélat a joui plus de cinq mois de sa nouvelle dignité; qu'ensuite il s'en démit volontairement en faveur de son frère aîné, Charles de Grammont, alors évoque d'Aire,

?ui fut aussi confirmé par le Pape le 9 mars 530, et que Gabriel fut nommé au cardinalat trois mois aprèssa cession.

GRANVELLE (Antoine Perrenot de) naquit le 20 août 1517 à Ornans, f)etite ville de la Franche-Comté, alors possession de la maison d'Autriche. — Oroans, voisine de Besançon, est aujourd'hui dans le département du Doubs. Le père de Granvelle était chancelier de Charles V, dont il possédait toute la confiance, au point que, lors« qu'il mourut è Augsbourg, pendant la tenue de la diète, le 15 août 1550, ce |>rince écrivit è Philippe il : « Mon fils, je suis extrêmement touché de la mort de Granvelle; car nous avons perdu, vous et moi, un bon lit de repos. » Doué des dispositions les plus heureuses, le jeune Antoine fit ses premières études avec un grand succès à Padoue, qui appartenait alors h la république de Venise. L excès du travail ayant altéré $è santé, son père le rappela auprès de lui, et lui fit éludier la théologie à Louvain ; il l'initia ensuite à tous les secrets de la science administralive et politique. Sous la direction d*nn tel père, le jeune homme, dont la persévérance égalait la sagacité, eut bientôt acquis la prudence et la maturité, indispensables pour réussir dans les affaires. Bientôt il égala son père sur plusieurs points, et le surpassa en beaucoup d'autres, surtout en éloquence et en vivacité d'esprit; car il lassait souvent cinq secrétaires, leur dictant en môme temps des lettres en diverses lansues, dont il savait sept parfaitement. D'abord chanoine et archidiacre de Besançon, puis évoque d'Arras, il accompagna, ea

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DICTIONNAIRB

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laVjO, aux dièies Je Vorms etdc^ Ralisbonne, son 4)ère nui les présidait. Mais le lalent des deux négociateurs ne pnryint pas à étouffer les troubles suscités par Luther, et qui mettaient l'Allemagne en combustion. En 15^5, il assistait également avec son père à Tourerture du concile de Trente, où il fit entendre sa parole éloquente. La guerre s'étant rallumée entre François I*' et Charles V, les Pères se séparèrent en ajournant le concile, dont la première réonrerture n*eut lieu qu*en 1551. Le traité de Crespi en Valois [15^i] , (|ui rétablissait la paix entre ces deux princes, permit è Charles V détourner toutes ses forces contn) les protestants <rAllemagne. Vaincus h Mulhiberg [15V7] ils demandèrent la paix , dont Granvolle rédigea les conditions; dans le môme temps, il leur enlevait, par surprise. Constance, alors ville impériale, et aujourd'hui appartenant au grand-duclié de Bade, En 1550, âgé de 32 ans, il succédait à son père, comme garde des sceaux de l'empire, et devenait conseiller intime do Charles V. Ce prince avait espéré un instant terminer les

3i)erelles religieuses par la soumission des issidents consternés : mais, Ber de sa toute-puissance temporelle, il voulut prendre en main l'aulorité spirituelle; le prince séculier prétendit imposer à tous une profession de foi conciliatrice, qui fut appelée Vinterim. Il mécontenta les protestants qui crièrent à Toppression, les Catholiques qui crièrent au scandale. En même temps il menaçait les libertés politiques de TÂllema- Çncy par son projet de rendre la dignité impériale héréditaire dans sa maison. Cependant l'empereur ne s'inquiétait pas des murmures, et poursuivait Texécution de ses plans, chargeant Maurice de Saxe de réduire Magdebourg, qui seule lui opposait une résistance opiniâtre. Hais c'est Maurice, traître jadis en faveur de Chartes V, qui tout à coup mit fin à ses triomphes par une trahison nouvelle. Ses prétentions ambitieuses auraient dû donner l'éveil à l'emporeur : mais il aima mieux croire, sur la parole de Granvelle, qu'un ^ros AlUmand n'était pa$ capable de concevoir un plan^ sans qu'il fût aussilôl découvert dans tous ses détails; et il ne s'aperçut pas que son mépris pour les Allemands, sa prédilection pour les Espagnols causaient un mécontentement général. A peine à la tôle des troupes du de l'empereur, Maurice, exploitant avec adresse toutes les dispositions hostiles des princes, s'allia secrètement avec le landgrave prisonnier, avec le roi de France, et marcha tout à coup sur lospruck, où Charles résidait dans une sécurité profonde. Une sédition dans l'armée de Maurice l'arrêta un instant «t sauva Tempereur qui, infirme, malade, s'enfuit è grande peine au milieu Je la nuit, «t se réfugia dans les montagnes do la Carinthie. 11 lui fallut accepter la rraniac/îoii de PassaUf qui fit honneur à Thabiloté de Granvelle. Cette trêve fut suivie de la paix <rAug8bourg [1555] , qui accordait aux proleslants le libre eiercicc d(^ leur culte, ot

leur maintenait les biens ece.ésiasliqnes dont ils étaient on possession. Malheureusement, il contenait plusieurs points liti«i gieux, qui ne tardèrent pas h amener da nouvelles querelles. Charles V fatigué , accablé d'infirmités, avait déposé toutes ses coa* ronnes, laissant k Ferdinand, son frère, la trône impérial, et, à son fils Philippe, TEf* pagne, les Pays-Bas, Naples, 'etc. Granvallo jouit, auprès de ce prince, de la même fa«' veur qu*il avait eue auprès du père. Il avait précédemment négocié le mariage de Pbi« lippe avec Mario, reine d'Angleterre , ma* riage qui no fut pas heureux. Après Fabdi* cation de Charles V, Philippe II demeura quelque temps dans les Pays-Bas, pour j affermir son autorité; il redoutait k la fola le mécontentement des peuples et les pro« jets de la France. Henri II rompit en effet la trêve de Vaucelle. Granvelle fit poursuivra la guerre avec vigueur ; par son ordre Saint- Quentin est assiégé [1557], et, sous les mura de cette ville, les Espagnols remportèrent une victoire éclatante ; mais, l'année suivante, le duc de Guise reprit Calais. Granvelle renoua les négociations pour la paix, qui fut conclue en 1559 h Cateau-Cambresis. En partant pour l'Espagne, Philippe confia le gouvernement des Payb-Bas à Marguerite d'Autriche, duchesse de Parme, sa sœur, avec Granvelle pour ministre. La froideur, la sévérité de Philippe lui avaient aliéné .le cœur des Flamands. Ils voyaient avec peine l'autorité passer entre les mains d'une femme et de Granvelle, qui était pour eux un étran«

f;er. La présence du roi n'avait pas contenu eurs murmures; dès qu'il fut parti, ils éela* lèrent contre Granvelle, et l'accusèrent auprès de Philippe II. Celui-ci leur répondit en nommant Granvelle archevêque de Malinea.

Vers le môme temps, en 1561, Pie IV releva au cardinalat. Ces nouveaux honneura ne firent qu'exaspérer davantage ses ennemis. Granvelle avait h servir la sombre el dure politique de son mattre. Ce prince, maigre une opposition gf^nérale, avait établi, aux Pays-Bas, un tribunal seiilblable à celui de l'Inquisition, disant : Plutôt nepoê régner^ que de régner sur des hérétiques ; il avait laissé, aux frais du pays, une armée espagnole pour comprimer les soulèvements, au mépris des privilèges des dix*sept provinces, dont Charles V lui-même avait constamment respecté la constitution. Ellea s'alarmèrent des atteintes portées à la foie à leur liberté politique et à leur liberté re* ligieuse. L'établissement de plusieurs noa« veaux évôchés, conférés à dos Espagnols, et dotés avec les biens des anciennes abbayes, enfin la publication dos décrets du concile de Trente, dont les troupes du roi furent chargées d'assurer l'exécution, mirent le comble au mécontentement. En vain Granvelle avait demandé à son maître de modifiiir ses premiers ordres, en vain fai- Siiit-il tous ses efforts pour en adoucir l'exécution ; l'irritation des Flamands contre lui devint telle , que Marguerite , princesse pleine d'babileto et do modération, autant

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que de (Jévoiienient II \a foi calholique» se fit otili^ée de demander son rappel. Philippe refusa d*abord d*acc^der à cette deman:le; mais les instances étant réitérées, GraoTelie reçut* en 156iii', Tordre de se ren* dra eu Franche-Comté. Les Flamands ne lardèrent pas à regretter le sage administrateur qu'ils n'araient pas su apprécier, quand Philippe leur eut envoyé le duc d*Albe, le eruel AUarès de Tolède, qui fit partout dresser des échafauds. Marguerite elie-même. voyant les populations s*enfuir de leur iDilhaureuse patrie, ou périr dans les suppliées, reconnut la faute qu'elle avait faite de »e priver des services d*un conseiller sûr ai éclairé; elle lui écrivit pour le presser de venir reprendre ses fonctions auprès d'elle, mais il déclina respectueusement ces offres, et elle donna sa démission. Granvalle, de retour dans sa |)atrie, trouvait sa consolation dans la culture des lettres. Il y avait amené Térudit Juste-Lipse, son secrétaire, et rhabile helléniste Suffride Pétrit c S<in palais était d'ailleurs constamment ouvert aux savants; et c*est dans leur société qu'il passa cinq années qu'avec moins d'ambition il aurait regardées comme les plus heureuses de sa vie. Il avait assisté au conclave où Pie Y fut élu Souverain Pon* life. Philippe le renvoya à Rome en 1570

Ç^ur négocier un traité avec le Pape et les énitiens contre les Turcs. Les lenteurs de Philippe arrêtèrent les effets de la coalition. Les Turcs, maîtres de Ttle .de Cypre » mecaçaiaot le royaume de Naples d*une invasiOB : c'est dans ces circonstances que Graovelle en fut nommé vice-roi. Il succédait au duc d'Alcala, chéri pour la douceur «le son gouvernement; oouvait-il espérer de le faire oublier 7 il s occupa d'abord de nattra les côtes k Tabri des insultes des Jurâtes, assura, par de. sages règlements, la ïranquiilité intérieure du royaume, et réprima i'audace des nouveaux hérésiarques qui s'y étaient introduits; mais en môme |ÎMnps(]u*il prouvait son attachement sincère à la foi, il osa, quoi(|ue prince de TEgiise, résister plusieurs fou aix volontés de la cour de Borne, sous le frivole prétexte de loaintanir à l'abri do toute atteinte les droits de son souverain. La garde, du royaume de Naples était confiée aux troupes étrangères : il tit rendre des armes aux habitants, les forma en milices ré-

t;léas, et sut en tirer do grands secours. I proscrivit le jeu et l'usure, deux sources de la misère publique, défendit nu*aucun eccJésia6ti(|ue s'iiumisçât dans des fonctions civiles, empêcha le tratic honteux des béoétices, régla le prix des denrées, et fil renaîtra l'abondance dans un pays longlemps malheureux. On attendait, dit Giannone, de plus grands avantages encore de l'habileté et de l'intégrité du cardinal dn Granvalle, lorsqu'il fut appelé, en 1575, au conseil d'Espagne. Philippe, jaloux de la réputation de gouverner par lui-môme, se contenta de donner à Graovelle les titres de président du conseil suprême d^Jlalie et

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de Castiile; de sorte que, sans avoir le nom de premier ministre, le cardinal en eut les honneurs et les fonctions. Il négocia, avec plus de dextérité que de bonne loi, Tunion du Portugal à l'Rspagne ; fut témoin de la révolte des Pays-Bas, qu'il avait prévue, et qu'il no pût empêcher, et conclut le mariage de Tinfante Catherine avec le duc de Savoie , alliance justement regardée alors comme un chef-d'œuvre de politique, puisqu'elle mettait un obstacle presque insurmontable aux vues que U France conservait sur le Milanais. » ( UicuàUD, Biogra* phie^ art. GranvelU. )

Granvcllc, élu en 1534 archevêque de Be* saoçon par lecha|:)ilrc de cotte ville, fut sensible à ce souvenir de ses compatriotes,* V. se démit de Tarchevêché de llalines, et sollicita vainement de son maître la permission d*aller Gnir ses jours aux lieux qui J*avaient vu nattre. 11 mourut à Madrid au comble des honneurs et de la gloire , aimé et regretté du roi, le 21 septembre 1586, à l'êge de 70 ans. Son corps, transporté à Besançon , fut inhumé dans Téglise des Carmélites, auprès de celui de son père. Plu* sieurs historiens, et entre autres le Jésuite Strada , attribuent à ses fautes une partie des désordres des Pays-Bas; ils lui reprochent d'avoir été un homme dur, ambitieux, opiniâtre. Il est aujourd'hui démontré qu'il ne fut point consulté sur l'érection des nouveaux évêchés aux Pays-Bas, et qu'il s'opposa constamment aux mesures de rigueur prises contre des peuples égarés, c Quelque opinion qu'on ait de la conduite de Granvelle, on est obligé de convenir qu'il avait les qualités qui font les grands miuistres. Actif, ferme, l'esprit Juste et élevé, constant dans ses |jrojets, irréprochable dans son ad* miuistralion, modéré même euvers ses ennemis lorsqu'il pouvait s'en venger, toutes ses vues furent constamment tournées vers la prospérité de l'Espagne et ratTermissementde la foi. Les écrivains protestants, en Faccusanl d'avoir été la cause des troubles des Pay&-Bas , ont cherché à excuser les excès et les désordres dont se souillèrent alors tes partisans de la réforme ; depuis longtemps les Flamands rendent plus de justice à son administration. MaisGranvello était ambitieux, tier, haut, sévère; rap[)robation qu'il donna au massacre de la âaint- Barthélemi, en disant qu'on avait seulement eu tort de le différer, prouve qu'il aurait été capable de conseiller cette affreuse journée. Granvelle aimait les lettres; il protégeait pensionna un grand nombre de savants; il soutint par ses libéralités l'imprimerie de Planlin a Anvers, et ût une partie des frais pour l'impression de la Bwle polyglotte » sortie des presses de cet artiste célèbre. 11 agrandit les bâtiments du collège fondé h Besançon par son père, et y attira, entre autres, Alciat et Dumoulin. U enrichit sa galerie d'un grand nombre de tableaux des plus habiles artistes, tels qu'Albert Durer, Martin Devos, Michel-Ange, Raphaël, etc., et forma une collection de livres et de

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nianiiscrils dont une partie, acquise de ses héritiers, Fail aujourd'hui le fonds le plus riche de la bibliothèque de la ville. Les restes de ce grand homme n*onl point été k Tabri des outrages révolutionnaires. Son tombeau fut violé en 1793 ; le cercueil de picmb et la pierre qui le renfermait, ont servi pendant plusieurs annés d*abreuvoir public. 1» {Jbid.)

(Voy. Paul JovE, Hiit.^ I. xlv; — de Thou, Btst.^ I. Lxxiiv ; — Bembo , Epiêt.^ I. yi ; — Strida y De bello Belgico , dcc. 1 , I. ii ;-* Chifflet, flûl. l?j/<un/. ;— Ughelli, lialia iacrOf De epiic. Sabin. (Granvelle avait été fait 9 en 1578, évoque de Sabine) ; — Petra- MKLLAEius, NomencL card. ;— Sander, Elog. Belg. ; — Sammarth., Gallia Christ. ^ t. I ; — Gasci, Hist, eccléêiast, det Pays Bas; — Uavrnsii's, De erectione nov. episc. in Bel' gio : — BoisoT, Projet de la vie du cardinal de Granvelle 9 dans les Mimoirei de littéra^ ture et dhiitoire^ recueillis par Desinolets , de rOratoire, t. IV* p. 1; Mémoires pour servir à Vhistoire du cardinal de Granvelle , par le Bénédictin D. Prosper Lbtesqcje. Ces derniers Mémoires, dit M. Weiss, pou agréables è lire, contiennent beaucoup d*erreurs.)

Granvelle a laissé manuscrits, de précieux Mémoires sur les affaires de son temps, qui sont conservés h la bibliothèque de Besançon ; ils ont été publiés, en 1839 et années suivantes, par les soins du gouvernement français, sous le titre de Papiers d'Etat du cardtnal de Granvelle.

Voici son éloge par le P. Alby [i6kh] :

« Comme l'on ne connail point d'honneur dans le monde plus solide et plus élevé que celui qui se tire de la fidèle et légitime adro^inistration des charges de TEglise, aussi n'y a-t-il rien qui rende tant les ecclésiastiques honorables , que de bien user de semblables honneurs quand ils ornent leur ministère par Thonnèteté de leur vie, et en relèvent Téclat par la splendeur de leurs merlus. Car on voit ensuite les honneurs du eiècle les courtiser h Tenvi, et toute la pom^ie des lumières qui les environne se re* cueillir en eux, comme les rayons au corps <iu soleil. A quoi put servir d*eiemple,quand tous les autres manqueraient, le cardinal de Granvelle pour s*ètre rendu autant digne de toutes sortes de glorieux emplois et de charges honorables du siècle, qu*ii avait su dignement s'acquitter de celles de l'Eglise. I «( Il était de la ville de Besançon, en Bourgogne, sorti d'une famille remplie d*honneur, dans laquelle il trouva de grands mérites et de belles actions réservées à son imitation. Son bel esprit se fit voir avec tout ce que Ton pouvait attendre de lui aux |)remières années qu'il fut appliqué h l'étude des lettres , comme la rose j)romet en son bouton toutes ses beautés. Jl avait l'entendement brillant, net et capable de toutes sortes de lumières et de connaissances, un jugement bien assis, une mémoire fidèle à retenir tout ce qu*il lisait, et à le réciter de bonne grAce avec l'adroiratluia des écoulants; ce qui lui donna l'a-

vantage d'approndre une grande quantité de langues dont il se servait et pouvait parli-r avec facilité. Car outre sa langue maternelle , qui était la française , il savait dans quelque perfection l'italienne, l'espagnole, la flamande , l'allemande, la grecque et la latine. Il se montra encore fort curieai d'apprendre les secrets de l'histoire naturelle, les vertus des plantes etdes minéraux, l'art spagyrique, la philosojihie et lesautres sciences qui sont capables de faire un habile homme, se croyant d'autant moins homme, qu'il était moins savant , et qu'il avait sod' esprit en éclipse de quelque connaissance.

« Ainsi doué avantageusement de tant de bonnes qualités, il monta comme par degrès des plus basses jusqu'aux plus hautes dignités de l'Eglise, vivant avec tant d*honhêtelé et de vertu dans tous les devoirs de sa profession , qu'à l'âge seulement de«Si ans [son mérite extraordinaire le dispensant des lois ordinaires du temps) il fut pourvu de Tévèrhé d*Arr^s, de l'administration duquel il fut tiré à la cour de l'empereur Charles V, qui était fiour lors un flux et re» flux de grandes afl'aires pour le service dé TEtai, et pour les nécessités publiques de TEglise. Incontiaent oue ce nouvel astre se leva et déploya ses clartés en cette ^ande cour, il attira à soi les yeux et Tadmiration de tous les courtisans. La beauté et la majesté de son corps, la vigueur et la politesse de son esprit, sa langue gracieuse et diserte, son humeur douce , aflanle et communieative, lui ouvrirent un large chemin à toutes les faveurs du prince, et à toutes sortes d'emplois qui pouvaient être déférés à un hoiame de sa perfection. A quoi servit encore le crédit que son lère avait lors k It cour comme conseiller d'Etat , auquel il fuC depuis associé en la plupart des négociations qu'il traita, tant pour la paix que fioar la guerre, l'accompagnant même au concile de Trente en uualité d'ambassadeur de Tempereur, où il harangua cette grande assemblée, et la remplit de l'admiration de se grave et vigoureuse éloquence.

« Il n'y eut depuis grande affaire dans le ressort de l'Empire qui ne fut confiée k la conduite de ses conseils. Il passa ambassadeur devers François 1*', roi de France , et devers Henri VIII , roi d'Angleterre , pour traiter de la paix. Il se trouva aux expéditiooe des armées, aux siég<'Sdes places, aux diètes, aux assembléesdes Etats; pratiqua des alliances , apaisa des séditions , dompta des matincrics des peuples avec un si glorieux succès, qu'il semblait qu*il tint h gages la bonheur pour le suivre en toutes ses entreprises. Mais il faut aussi avouer que la force de son esprit et de son éloquence, et la sîncéi ilé de ses actions et de ses intentions y prirent une grande part , l'évèque d*Arras étant en réputation d'homme sur qui les allèchements et les périls de la fortune ue pouvaient rien au préjudice de la raison et de la religion.

1 Ce fut aussi en faveur de la religiiîu qu*il avait {vartout servie avec une grande

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fidélité, iiu*il fut fail archevêque de Malines, en Flandres, et deux années après cardinal, du titre de Saint-Barthélémy en Tlle, par le Pape Pie IV , dans lesquelles dignités il reliot la générosité de sa ?erta , qui ne changea rien en lui, sinon qu'elle accrut d'autorité pour avancer tout ce qui regardait le bien et l'honneur de l*Ej$lise, principalement en la Flandre , où il emporta la gloire d'y avoir combattu pour la religion catholique, et défendu ses aroils et sa possession avec autant de zèle et de courage qu'elle y fut attaquée avec d'ardeur et d'opiniâtreté des peuples révoltés, par lesauels il était communément appelé le cher du parii papislique, comme it fut aussi vivement attaqué et pris 5 partie par toute la faction hérétique. Et comme il était h délibérer prudemment de tout, et 5 tout faire heureusement. Si présence comme son conseil, étaient jugés nécessaires partout. 11 alla h Rome pour y traiter avec le Pape Pie V, d*uite ligue catholique contre les Turcs, et fut en môme temps nommé vice-roi au royaume de Napies, oh il se porta encore comme légat en- Toyé du Pape, pour mettre entre les mains de dom Jean d'Austria , général de Tarniée catholique, TétenJard bénit, et lui bailler avec sa bénédiction une certaine caution des glorieux événements qui réussirent de cette entreprise contre 1 ennemi le plus dangereui de l'Eglise. De là , il fut encore rappelé pour la nécessité urgente des affaires publiques qui demandaient son conseil ; toujours sérieusement occupé, et jamais ne semblait pressé. A quoi aidait grandement la fermeté de sou jugement , jointe à une é^le vivacité dVsprit , avec laquelle il lassait sept secrétaires, pour habiles qu'ils fassent, qui écrivaient dessous lui, leur dictant en autant de langues , et représentant an un seul homme la force et l'adresse de plusieurs génies.

« Mais encore l'ardent amour qn'il avait

Cur les intérêts du public n'étoulfait point I charitables soins qu'il prenait pour le Wao et l'avancement des particuliers : et quoique l'éminente condition , tant de son aapritque de sas emplois, le relevAt beaucoup pardessus le commun des hommes , sa douceur néanmoins, et sa fagon tout affable at eondescendante , le rendait familier à tous ceux qui avaient besoin de son aide ; ^jusqu'à leur faire part de ses avis et des rares at admirable?* secrets qu'il savait, pour la giiérison des maladies et pour d*autres choses ; ne voulant taOU plus s'ingérer par osteutation aux alTaires superQues • comme il ne voulait jamais manquer par charité aux nécessaires.

« Il faisait ressentir les effets de sa libéralité tant aux |)auvres nécessiteux et affligés de maladie, pour lesquels il eut toujours de grandes tendresses, ne dédaignant pas de visiter souvent en personne les hô|>i* taox, comme à toutes sortes d'habiles et curieux artisans, peintres, sculpteurs, ar-

chitectes, et à tous les hommes savants qu'il prisait et estimait beaucoup, et k la conversation desquels il se plaisait merveilleusement; assaisonnant toujours ses repas de leurs entretiens; éveillant partout, et piquant les beaux esprits au travail de rétude, parla réputation véritable qui courait de lui, que la connaissance qu'il avait des mérites de l'esprit ne demeurait jamais infertile à ceux qui les possédaient.

« Son désir extrême était de sonner la retraite aux affaires et aux honorables travaux qu'il avait pris jusqu'alors pour le bien de l'Etat , et de unir doucement ses jours dans les exercices de la piété, au pays qui lui avait donné la naissance, principalement depuis qu'ayant quitté l'archevêché de Malines, en Flandre, il avait éié fait, par le commun désir de ses patriotes, archevêque de Besançon. Mais ses mérites passés lui avaient donné tant de crédit dans l'exécution de toutes les grandes affaires, qu'il fut éloigné malgré lui de ce dessein, et envoyé en Espagne pour assister au sacre du roi Philippe III, et servir de conseil h rétablissement de son règne; et de là en Sicile pour la gouverner en qualité de viceroi et présider au conseil des affaires d'Italie , d'où encore il fut tiré dans l'année , h l'occasion du mariage de Charles-Philibert, duc de Savoie, avec l'infante Catherine, fille atnée du roi Philippe II , lesquels il épousa solennellement k Saragosse, en Aragon, faisant partout aussi bien espérer de la bénédiction de son caractère que de la sagesse de ses conseils.

« EuQn sa précieuse vie, qui ne s'était filée que pour le bien de l'Eglise et pour la gloire de la maison d'Autriche, sachevk heureusement au dernier voyage qu'il fit à Madrid ; où, après avoir accueilli une Oèrre mortelle pour la rigueur avec laquelle il pratiquait le ieùne du Carême en un Age déjà caduc, il attendit, durant sept mois qu'il eut à languir, le coup de la mort avec une disposition franche et résignée, jusqu'à railler les médecins qui se travaillaient vainement à chercher la cause de l'o* piniâtreté do son mal, disant qu'il n'y en avait pas d'autre, sinon qu'il s'était levé trop matin et qu'il était temps de se cou-» cher; voulant signi&er qu'il avait assez longuement vécu , et (|u'il était parvenu à la période que la Providence, qui gouverne nos vies, assignant à chacune sa durée , lu! aurait marqué. Ainsi mourut ce grand homme, l'oracle de son temps des conseils d'Espagne, en la cour d'Espagne, scellant sa glorieuse vie d'une mort vraiment chré* tienne, le ii septembre 1586, de son âge la soixante et douzième, regretté en sa mort des grands et des petits, qui avaient tous trouvé leurs intérêts dans sa vie. »

TOMBEAU DU CARDINAL GRANTELLB, HOSPB^. AULICCS.

H. Qtiis ciibai liic inodica magniH tellure septittos?

A. Graiidia ciii celsos veta dabant litiilos. II. Ctir pehigus vit;e siilcans Durate (9) secundis

j9) H |iortait povr sa devise an navire secoué de la tounueute. avec ca uipt: Dusatk,

CKR

DiCTlONiNAIRE

GRE

liiqiiil.— A. N« qiionil:iin iioniina pArla caiiniii, Clara illa iiii|>erio Garoli, ri^gnoqiie Pliilippi Qiionim coiisiliis pra^fiiit aiitc poteiis. H. Rrgo manu clavuni striiixii, nnviniqiic gtibcrnaiis Diiravii falis? — A. Iiisiipcrabilibus.

II. Alnediu? — A. Dccies scpleiios vixil in annos Si*quaniciquc fnil gloria prima soli.

IL Qiiocapiiur porlii?-^A.Ciniciis quînieia iaboriiin, S«'ii pueri, juvciics, bîs piiprivo senes.

il. Suflice rex t:ilem diibiis qui durel in undis, Qtias fera rex sacris gens ciel, atque libi.

GUASSELLINI (Gaspard), né à Palermo le 19 janfier 1796, a été créé et proclamé curdinal-diricrC) par Sa Sninielé Pie IX, dans le consisloire du 16 juin 1856. -- Il élaît lirénédenimonl commissaire pontiflcai extraordinaire pour les quatre légations et prolégat de Bologne.

GRASSl (AcuiLLB dk), évoque de Bologne, sa patrie, fait cardinal en 1511, par Jules II, mourut en 1523.

(;RASSiS (Charles de), Bolonais, gourerneur ile Rome, cré<^, en 1570, par le Pa()e Pie V, prétre-cardinai du titre de Saintefnphémie, mourut en 1571.

GRATlËN, de Pise, fut nommé, on 1178, diacre-cardinal du jtitre de Saint-Cùmo et de Saini-Damien, par Alexandre 111, Pape do 1159 à 1181, et qui, pendant un pontitjcat do vingt-deux ans, créa cinquante cardinaux en cinq promotions.

GRAVINA (Pirrre), Sicilien, né en 1749, arrhevôque de Païenne, fut fait cardinal eo 1816. par Pie Vit. Il mourut en 1830.

GRÉGOIRE VIII, dont le nom était Albert DE MORA, naquit è Bénévent. — Créé, en 1155, cardinal, par le Pape Adrien VI, il fut fait clianceiier de TEglise, par Alexandre liliqui renvoya, avec le caractère de légal, en Espagne, puis en Angleterre. Ce prélat succéda, le iO octobre 1187, h Urbain III. (Foy. le Dût. det Papes.)

GRÉGOIRE IX, d'Anagni, précédemment nommé HUGOLIN, ou HUGUETIN, de la famille des comtes de Segui, était neveu du Pape Innocent III qui, en 1198, le Ht cardinal et évéque d'Oslic^-Envoyéen Allemagne avec le titre de légat, et depuis employé en Italie, il ceignit la tiarô, après Honorius

III. le 19 mars 1227. [Voy. le Dict. dti Papes.) GRÉGOIREX,dontleuométaitTHIBAUD,

né à Plaisance, de la famille des Visconti, était arcliidiacre de Liège. 11 fut élu par compromis, et \x lu persuasion do saint Bonaven* ture, le 1"" septembre 1271, après que le siècle eut va^iué deux ans et neuf mois, depuis la mnrt de r.lément IV. Thibaud était alors dans la Terre-Sainte avec Edouard d*Angleterre, qui s*élaitcroisé pour cotte expédition. A la nouvelle de sa promotion, il monta en chaire, et (it un éloquMit discours où il avait pris pour tcEte ces |)aroles du psaume cxjlxvi : Si je i* oublie jamais ^ 6 Jé^ ruMi/em, que ma droUe sèche et soit vouée à r oubli. Que mu langue s'aUacfie à monpalais^ si iu nés toujours présente à mon esprit^ si je ne place toujours Jérusalem comme le premier obiet de ma joie. Il arriva, le 10 février

1272, è Vitcrbo, où les cardinaux Pattiîijdaient, et de là se rendit h Rome, où il fat consacré et couronné le 27 mars suiTant. (Voy. le Dict. des Papes.)

GRÉGOIRE XI (Pierre-Roger), né, en 1329, au château de Manmont, dans la paroisse de Roziers, en Limousin, était fils de Guillaume, comte de Benufort en Vallée, nui jouissait d'une grande faveur è la coar (U France et h celle du duc de Normandie. — Neveu de Clément VI, qui le fit cardinal à l'âge de 17 ans, il se distingua de bonne heure par les progrès qu*il Ot dans ses étiH des, et acquit toutes les connaissances de son temps. Il était pourvu du prieuré de Raye» les-Angers, de Parchidlnconé de S<>ns, du doyenné de Bayeux, d'un canonicat dans TE^clise de Paris, quand, le 29 décembre

1370, il fut élu, au premier tour de scrutin,

Îiour succéder à Urbain V. Roger, devenu Grégoire XI, fut ordonné prêtre le fc janvier

1371, et couronné le lendemain. Il retint auprès de lui le fameux iurisconsulta Balde, qui lui avait enseigné le droit; il le consultait dans les aSTaires épineuses, et il se servit utilement de ses conseils. {Voy. le Dict. des Papes.)

GRÉGOIRE XII, Ange COR ARIO, VéDH lien , avait été évéque de Chalcide et de Venise, et patriarche de Constantinople. — Envoyé, en qualité de nonce, dans le royaume de Naples, par Boniface IX, il fût élevé au cardinalat, t^n lli>05, par le Pape innocent VII, auquel il succéda le 30 novembre li06, alors que l*Eglise était afflgée d*UD schisme fâcheux. (Voy. la suite de It vie de Grégoire XII dans le Dict. des Papes.) — Disons seulement que la fin de sa vie appartient encore k rhistoire du cardinelel, car, après sa déposition, il fût nommé, eo 1M5, doyen des cardinaux.

GREGOIRE XIII, Hugobs BdONCOHPA- GNO, né à Bologne, cardinal du titre de S liot- Sixte, succéda a Pie V, le 13 mai 1572, k Tâge de 70 ans. C'était un des hommes de son temps, les plus versés dans la jurisprudenoe civile et canonique, qu'il avait professé» avec grande réputation. Sous le ponlifieel de Paul III, il prit (>art aux travaux du con« cite de Trente. Depuis, promu au eardinulet par Pie IV, it fut porte sur le Sainl-Sîége par l'influence du cardinal de Granvelle. {Voy. le Dictionn. des Pajyes.)

GRÉGOIRE XIV, Nicolas SFONDRATB, de Milan, et dit (eCardinal de Crémone^ ptften qu'il était oriî;inaire et évéc|ue^de celte viliOf fut élu le 8 décembre 1590, le siège ayant vaqué deux mois et sept jours depuis la mort d'Urbain VII. Le conclave d'où éliif sortie son élection, composé de cinquante* deux cardinaux, avait été très-orageux. Il flt distribuer h chacun mille écus, k titre d'indemnité pour leurs dépenses. Grégoire, qui fut couronné le jour de la fête de la Conception de la Sainfe Vierge, ne tînt le pontitical que dix mois et dix jours. Ce court poutiticat ne fut signalé que par une excommunication qu'il langa contre Henri IV et les Calvinistes de Fraucoi et par les

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fMM^ours (le toule espèce qu'il envoya aux Ligueur^. Il répaûdil auçsî d'abondantes aomdnes dans la ville de Rome, en proie h la diseUe depuis longtemps. Aussi il eut bientôf épuisé les trésors Intssés par Siile V. C'est lui qui donna le cliapenu rouge aux cardinaux réguliers. Accablé d^inllrraités, il y auecoraha le 15 octobre 1591. Son successeur fut Innocent IX. {Voy. le Diction' maire des Papes.)

GRËGOIRB XV. Alrs^aivdro LUDOVISIO, «ncGéda h Paul V le 9 février IGil, âgé de 97 ans. Archevêque de Bologne, sa patrie. puis nonco en Espagne, il y avait terminé Imureusement les différends d<' Philippe 111 avec le duc de Savoie. — Son éU'Ction« ap~ fiavée par les Orsini, combattue par les Borghèse, reçut rap|)robalion générale. Il avait toujours montré beaucoup de droiture, de fiiélé, les meilleures intentions. Le duc de Leadiguières lui avait dit : « Je me ferai catholique quand vous serez Pape. » Il tint

Krole. Grégoire publia une bulle touchant lection des Pape.s par le suffrage secret. Avant lui, les suffrages se donnaient k bau« U voix, ce qui favorisait les factions. Il fonda la Propagation de la foi, érigi^a Tévôché du Paris en église métropolitainey canonisa, en 162-2, saint François-Xavier, saint Philippe de Néri, sainte Thérèse et saint Ignace de Loyola, fondateur de l'institut dos Jésuites. (Foj^. pour la suite le Dix'l,de$Papei^ GRÉGOIRE XVI, Malr t.APELLARI, né .k Bellune» entre Cadore et Trévise, dans ranci(*n Etat véniti(M),Ie 18 septembre 1765, appartenait h une famille lionorabU*, et dont plusieurs membres avaient exercé les fonctions de la magistrature. — Entro de bonne heure dans la congrégation des Bénédictins* Camaldules, ils*y fit remarquer, non-seulement par une coniuile exemplaire, mais encore par de rapides progrès dans Tétude «les diverses branches de la science ecclésiastique. Il s'adonna spécialement aux langues orientales, qu'il culiiva avec succès, trt à la théologie, qu'il fut bientôt appelé à professer dans son monastère. Ses supérieurs ne voulurent point que son talent demeurât enfoui. Sous ce tilre : Le triomphe du Saint- Siège et de l'Egtise, contre tes attaquée des novateurs battus par leurs propres armes^ iç P. Capellari publia, en 1799, un ouvrage remarquable et qui restera. Le rapprochement de ce titre et de cette date léiîioigne de Tin- Yincible foi de l'auteur. On sait sous quel poids de calamités gémissait à ce moment l*Eglise catholique et de quels malheurs le Saint-Siège allait être frappé. Mais le moine bénédictin ne pouvait se laisser préoccuper iifS nuages qui passent dans lo ciel , ni oublier que le soleil y denteure immobile; il parlait donc do triomph^^ sans prendre

Î(ardo aux orages. Ce livre, liirigé particuièrement contre les écrit<< de Tamburini de Pavie, le coryphée des Jansénistes italiens, réfute du môme coup la foule des écrivains français qui, dans lo dernier siècle et dans celui-ci, ont travaillé à propager et à resauscitor les doctrines du jaQbéuisiue par-

lementaire et du gallicanisme politique.

L'auteur traite de la nature des gouvernements, établit rimmulabilitédu gouvernement de TEglise, démontre que Jésus- Christ en a fait une monarchie et donné dans cette monarchie, le souverain pouvoir au Pontife romain. Il fait voir que, dans TEglise, le pouvoir ne vient pas d'en bas, mais d'en haut; que le Papa le lient immédialement de Dieu, au lieu de le recevoir de la multitude des fidèles, et que toutQ |iarlieipation à ce pouvoir, que toute juriiliclion vient du Pape. S élevant ensuite contre ceux qui, le sachant ou ne le sachant pas, trompeurs ou trompés, tnivaiilent à déchirer la robe sans couture du Sauveur, è détruire l'unité de la foi , en plaçant le centre de cette unité dans les conciles pour l'ôter du Saint-Siège où Jésus-Christ l'a mise, le P. Capellari montre la vanité de leur doctrine et prouve contre tous leurs sophismes Tiufaillibiliié du Souverain Pontife.

Si le Souveraiu Pontife n'est pas infaillible, personne ne l'est dans l'Eglise, et le dépôt de la révélation demeure livré aux disputes des hommes. Avec le Souverain Pontife infaillible, on comprend l'infcillibilité des conciles qu'il convoque, qu'il préside par lui-môme ou par ses légats, dont il approuve et contirme les décisions ; le concile et le Pape ne font alors qu'une seule et môme personne mornle, et les membres participent aux privilèges divins du chef. Mais avec un chef inûrme et faillible, ((ue peuvent ôtre les membres, sinon inQrmes et faillibles comme lui ? D'ailleurs, les conciles ne sont point des assemblées permanentes; on n'en a point vu depuis le concile de Trente, et ils sont devenus presque impossibles : comm nt convoquer les évoques des Amériques, de la Chine, de l'Australie, etc. 7 Les décisions des conciles ont besoin d'une autorité toujours et partout prôsenle qui les interprète et qui les applique. L'Eglise a besoin, pour l'interprélalion et l'application de l'Ecriture sainte, autrement abandonnée è toutes les folies de la raison individuelle, d'une autorité extérieure, vivante et visible. Les décisions des conciles, approuvées et confirmées par lo Saint-Sié^e, sont, comme rËcrilure,inspirées parle Saint-Esprit; mais, comme l'Ecriture, elles sont susceptibles d'interprétations et d'applications diverses; le droit de les interpréter, de les appliquer, sera-t-il laissé è tous, et ne faudra-l-il pas une autorité pour elles comme pour l'Ecriture? Cette autorité, où sera-t-ellc, si le Souverain Pontife n'est pas infaillible?

On ne peut donc voir dans la doctrine de l'infaillibilité du Pape unesim[deet indifférente opinion : les théologiens de toutes les écoles (j'excepte, bien entendu, l'imperceptible minoiité que l'Eglise tolère, formée de ceux qui la combattent et qui sont incompétents pour la qualitier), les théologiens, dis-je, s'accordent è enseigner que cette doctrine ^'en/ à la foi; car c'est ainsi, ce me semble, que l'on |>cut, en bon franuais, rendre leur expressiou : Pr^^xima fidei*

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DICTIONNAIIUE

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D*où il sait queTupinion contraire, nuoiqiie non hérétiqoe, se rapproche de rbérésie, k la grande joie de tous ceux qu*atlire ce ?oiaîDage. On ne peut donc s*étonner que le •avant religieui, qui devait un jour s'appeler Grégoire XVI, ait consacré ses premiers travaux h la combattre. — L'ouvrage dont ftous venons d'indiquer le sujet ne fut pas le 5eul fruit de ses veilles. Membre de i^académie de la religion caifaolique, récemment fondée ft Rome» le P. Capellari j lisait, dès 1801, le Mémoire dont voici le titre : Lei diverse$ errtun qui ont accompagné guelquefoii U consentement général sur l existence de Dteii, n'atténufnt pas la force de cet argument. De semblables Mémoires furent présentés par lui les années suivantes; il éialilissait dans celui de 1802, que la loi naturelle prescrit de rendre à Dieu un culte extérieur et intérieur que ton désigne sous le nom de religion, réfutant avec une invincible puissance les sofibismes de ces rationalistes, selon lesquels es actes du culte extérieur ne sont pas des actes de religion.— En 1807, le P. Capellari était un des censeurs en excercice de l'académie dont on vient de parler; il devint, un peu plus tard, professeur émérile en théologie, vice*procureur général des Caroaldules, et abbé du monastère de Saint-Grégoire h Rome, r/est dans Téglise de ce monastère que se trouve la chapelle de Saint-André, où le martyre de cet apôtre est si admirablement peint dans les fresques du Doniiniquin H du Guide. Lorsque Pie Vil fut enlevé de Kome, les ordres religieux étant dispersés par la forc', le P. abbé de Sainl-Grc^goire se réfugia avec quelques-uns de ses frères, à son ancien monastère de Saint-Michel de Murano, près la ville de ce dernier nom, dans l'Etat de Venise. L'abbé Traversi leur procura un peu de sécurité, en fondant avec eux dans le monastère un collège dont il fut protiseur, dont le P. Zurin, depuis cardinal, était recteur, et où enseigna le P. Capellari. Au commencement de 1811^, ce collège fut transporté h Padoue où dut se rendre le professeur : c'est là qu'il apprit le retour de Pie VU è Rome, où il fut bientôt appelé, ajant reçu la charge de procureur général des Camaldules.

Pie Vil le nomma successivement e.onsulteor dans les sacrées congrégations de l'Inquisilion, de la Propagande, des Affaires extraordinaires ecclésiastiques, pour l'examen des évéques, pour la correction des livres de l'Eglise orientale. Il fut choisi pour vicaire général du P. Zurla dans la congrégation des Camaldules, lorsque ce savant religieux fut créé cardinal.

Léon XII, afirès l'avoir réservé in petto^ le 21 mars 18S5, le proclama cardinal le 15 mars 1826, et lui donna le titre presbvtéral de Saint-Calixte. Puis il le nomma préfet de la Propagande, poste difficile, et dans lequel le cardinal Capellari apprit à connaître Tétât des missions catholiques, auxquelles Grégoire ^Vl devait donner, dans tout Tunivers* nn si grand développement. Chargé tie oégocier, en qualité de pléuipotentiairti

nn concordat avec Tambassadeur des Pay»» Bas, il sut obtenir un traité qui garanlisMil les droits de l'Eglise. C*est avec le même succès qu'il traita avec les agents des Etats- Unis, après les avoir amenés h mettre de cÂté des prétentions inacceptables.

Sous Pie Vlll, le cardinal Canellari pril une grande part, comme préfet ne la Propagande, aux négociations dont le résultat fiil I émancipation des Arméniens eatholiqoes de Constantinople.

Pie VIII mourut le 30 oorerobre 1890: le conclave s'ouvrit le Ik décembre, et le. f février 1831, après cinquante jours de conclave et soixante-quatre jours de Tacanee» après une exclusion donnée par l'Espagne au cardinal Giustinlani, le cardinal Capel* lari fut élu. Il prit le nom de Grégoire XVIt en mémoire de Grégoire XV, fondateur de In Propagande. Nousn'essaverons pas même de retracer les principaux événements de ce long et laborieux pontificat; ce serait, même en abrégeant, un volume k écrire. Il soflH de dire que, comme souverain temporelfil introduisit dans l'administration de aes Etats de salutaires et réelles améliorations; qu'il fonda ou encouragea la création d*un grand nombre d'établissements industriels et d'utilité publique; que les travaux magnifiques, exécutés par ses ordres à Tivoli, préservèrent les contrites voisines des ravages que l'Anio leur causait depuis la ruine des vieilles cascades; qu'il embellit Rome et les principales villes de l'Etat ecclésias* tique; que la capitale des beaux-arts lui doit de nouveaux et magnifiques musées.

entre autres le musée Etrusque.

Comme évé<|ue de Rome, il acheva la re» construction de la basilique de Saint-Paul hors les Murs, si malheureusement dévorée par l'incendie, la décora avec splendeur et en consacra l'autel. Comme Souverain Pootife, il eut le bonheur de décréter la cano* nisalion de plusieurs saints, d'ériger, dans les cinq parties du monde, quarante no». voiles Eglises, archevêchés et évèché.s, de préparer l'érection de plusieurs autres, de donner à l'Angleterre quatre nouveaux vicaires apostoliçiues, d'imprimer h la Projiagalion de la Foi une impulsion nouvelle, et de voir, sous celte impulsion, la prédication évangélique prendre, sur tous les points du globe, d'immenses développements. Il créa soixante -quinze cardinaux de la sainte Eglise romaine, et plus de cinq cents évoques ont reçu de lui l'institution, sur les nuit cents qui, aujourd'hui, régissent les Eglisea catholiques, sur tous les points du gfol>e« Voici les quarante nouveaux sièges érigés par Grégoire XVI : Adélaïde, dans l'AusIralie méridionale; Arci-Réale, en Sicile; Ayacucho, dans les Indes occidentales; Bruges, en Belgiqise; Caltanisetta en Sicile; Haut-Canada, en Amérique septentrionale; Californie, au Mexique; Saint-Charles, daus l'Amérique méridionale ; Chachapoyas, dans le Bas-Pérou ; Chicbagia, dans le territoire des Illinois, aux Etats-Unis; Dubuque, dans TAmérique septentrionale; Galwaji eolr*

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DES CARDINAL^ X

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hinrie; Giovennzzo, dans le royaume de Naples; Saint-Jean de Cuyo, dans rAméri-

Î ne méridionale; Alger (Jnlia C/rsarea) en friciue; Halifax, dans la Nou?elle-Ecosse; Hartford el Rhode, aux Elats-Unis ; Hobart- Town, dans Tlle on terre de Van>-Diemen; GuayaquiU dans rAroériqjue méridionale; llilwanchîa, anx Etats-Unis ; Montréal* dans le Bas-Canada ; Nashytlle* aux Etats-Unis; Natcbez, auT Etats-Unis ; Nocera de'Pagani, royaume de Naples; Noto» en Sicile; Nou- Teau-Brunswirk, possession anglaise près duCanjsda; Ortona, royaume de Naples; Pampelune la Neuf e» dans l'Amérique méridionale; Petricola ou Liltle-Roch, aux Etats-Unis ; Poggio-Mirtelo, Etals ecclésiastiques; Saint- SauTeur, dans TAmérique centrale; Sereoa, dans TAmérique méridionale; Sydney, dans la Nouvelle Galles méridionale ; Tempio, en Sardaigne ; Terlizzi, royaume de Naples; Trapani, en Sicile; Vincennes, aux Elats^'Unis; Perth, dans la NouYelle-Hollande ; le Cap-Breton, dans la Nou Tel le- Ecosse.

Outre les sept cent six églises, archevêchés ou évèchés répartis sur tous les points du globe, il y avait encore, sous Grégoire XVI, un certain nombre de vicariats apos« ioliques, savoir : six en Afrique, pour le cap de Bonne-Espérance, PArabie, l'Egypte, U haute et basse Guinée, Tlle Maurice et Tunis. Celte partie du monde avait de plus sept préfectures apostoliques : l'Abyssinie, le Congo, rtle de la Réunion, Madagascar, le Maroc, le Sénégal el Tripoli ; en Amérique, neuf vicariats apostoliques : les Antilles anglaises, è Tlle de la Trinité, les baies d*Hudson et de James, Curaçao, la Jamaïque, Oemerary, rOréj^on, Surinam, Terre-Neuve, le Texas; et cinq préfectures : celle des Frères*Minours observanlins, dans l'Amérimie méridionale, Cayenne, la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Pierre el Miquelon ; en Asie, trente vicariats apostoliques : celui d'Alep, celui d'Asie Mineure, les dix-huit de la Chine et des royaumes adjacents, les dix des Indes orientales; la préfecture de ^Hong-Kong et celles des colonies françaises *de l'inde, sans compter Tévêché d'Ispahan, où sont les missions desCarmes-Deschaux, des Lazaristes et des Arméniens, et dont l'évéque de Babylone est administrateur apostolique; en Europe, vingt-cinq vicariats ej)OStoliques : celui des trois duchés, Anhall- (^oetheo , Anhall-Dessau , Anhalt -Bernbourg; la Bosnie, Constnntinople, TAlle- Diagne (Missions septentrionales), Gibraltar, les huit vicariats d'Angleterre, dont quatre érigés par Grégoire XVI, la Moldavie, les quatre vicariats de la Hollande, celui de la Saxe, les trois de TEcosse, celui de Sopbia, capitale de la Bulgarie, la Suède, la Valachie et la délégation apostolique de Grèce, l'abbaye de Saint-Maurice, dans le Bas-Valais, la mission des sept archiprêlres de Hollande, les trois préfectures apostoliques : de Melsocina el Calança, sur les confins du Milanais el de la Suisse, de la llianie et de la Luzace, de Rezia, au terrir

foire des Grisons italiens; dans TOcéanie, six vicariats apostoliques : Batavia, la Méla« nésie, l'Océanie occidentale, TOcéanie orientale, rOcéanie centrale, les îles Sandwich. Le vicariat de la Nouvelle-Hollande a été partagé en quatre évèchés, érigés par Grégoire XYI. Les vicaires apostoliques sont presque tous évèques inpartibuê; quelques préfets anostoliques ont aussi le caractère épiscopal. En tout : soixante-seize vicariats et vingt délégations, préfectures ou missiona apostoliques, qui portaient alors à plus de huit cents le nombre des circonscriptions territoriales, assignées par le successeur de Pierre aux princes de l'Eglise.

Grégoire XVI renouvela presque en entier le Sacré Collège; il ne restait, 5 sa mort, que deux cardinaux de la création de Pie VII, et sept de la création de Léon XII. Il n'en fut point créé par Pie VIII, dont le ponlificiit passa si vile. Grégoire XVI vil mourir soixante -six cardinaux, dont vingt-deux créés par lui ; de ce nombre le pieux et vénéré P. Odescalchi, mort Jésuite, après avoir renoncé è la pourpre.

Si le temps n'est pas encore venu de bien apprécier les actes de Grégoire XVI dans ses rapports avec les puissances temporelles, on peut au moins constater les résultats obtenus : les rapports rétablis entre le Saint- Siège et le Portugal, la fin de la lutte si héroïquement soutenue par Tarchevèque de Cologne entre l'Eglise et le cabinet de Berlin, el l'audience mémorable demandée au Souverain Pontife par l'empereur de Russie, Nicolas.

Comme docteur suprême des Chrétiens, Grégoire XVi a frappé du glaive de la parole apostolique, et immolé sur l'autel do la vérité de grandes et puissantes erreurs : riiermésianisme en Allemagne, le lamenaisianisme en France; et ceux-là surtout doivent h sa mémoire une éternelle reconnaissance, qu'il a détournés des voies dangereuses où ils s'aventuraient.

Sorti du clottre, Grégoire garda sur le trône pontifical la simplicité et l'austérité monastiques; dans son palais, comme dans son monastère,iln*avaitqa'une paillasse pour couche. Bon pour sa famille, ilsutse préserver de cet entrafnemenlsinaturel,qui vatrop souvent au delà des bornes <le la justice. Une de ses pareRle.«, à la veille do marier sa tille, aurait voulu que le Saint-Père célél)rât le mariage : Elle a son curé, répondit le Poniife , cela suffit. Une dépulalion lui offrant, pour son neveu, la place de grandbailli de l'ordre de Malte, qui rend cinq mille écus romains : o J'accepte avec plaisir, » répiiqu.) le Pape, « mais pour le cardinal Odescalchi. »

Une humble mort a couronné au Vatican celle vie humble au, sein des grandeurs : Je veux mourir en moine et non en souverain, disait Grégoire XVI, peu de jours av^ot d'expirer; et il l'a fait comme il Ta dit. La mort ne Ta point surpris, car il était prêt, et la veille même, il avait regu le pain iW% anges; mais la mort a prévenu ses serviteurs

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