‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 144 sur 350 · LEM · texte numérisé non relu

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Le Pontife lui en fit un reproche obligeant ; et le P. L/inria s*excusa sur ce qu'il n*Ar>partenait pas h un pauvre religieux omroe lui, (te se présenter devant Sa Sainteté parmi la foule de ceux qui lui étaient supérieurs sous tous les rapports. Le Pape s'entretint familièrement avec lui, et lui dit en termes obligeants^ qu'il ferait tort à leur amitié de ne pas croire qu*il le ferait cardinal; que c*élait son intention bien arrêtée, cl qu'il la réaliserait. Hais le P. Lauria lui répondit en napolitain : Sancthsimo Padre^ tu non êai ancora eoia e Vesser Papa, io ti dico eht tu non mi forai cardinale. Clément IX, étonné de ces i^aroies du P. Lauria, lui demanda comment il pouvait assurer si affirmativement qu'il ne le ferait pas cardinal, puisque cela dépendait de lui, Souverain Pontife, qui étaiX bien maître de le faire. Le P. Lauria lui reparlit : Si ii te Io dico tu non mi forai cardinale. Il faut remarquer que les Papes, dans les premières promotions, quand ils ont un neveu, ne font de cardinaux que de concert avec lui, a&a qu'il connaisse ceux à la tète desquels il doit être placé. Clément IX avait dressé la liste de ceux qu*il devait faire cardinaux ; et comme dans ces sortes de promotions on admet ordinairement un tbi'ologien distingué, il avait mis le P. Lauria sur sa liste, non-seulement comme son ami» mais comme un grand théologien connu par ses ouvrages, et par les emplois qu'il avait eus dans plusieurs congrégations. Mais il n'avait pas encore communiqué culte liste à son neveu qui était internonce en Flandre, au moment <Je sa création, et qui, après avoir traversé la France pour se rendre è Rome, était tombé malade en Piémont, où le duc de Savoie l'avait entouré des soins les plus affectueux. EnQn le neveu arriva auprès de son oncle qui l'attendait pour faire la promotion des cardinaux, et qui lui en montra la liste. Le neveu les approuva tous, à Teireption du P. Lauria. 11 Qteolendreàson oncle qu*il sérail toujours temps de donner è ce Père cette marque d'amitié; qu'il valait mieux, dans la circonslance présente, obliger le duc de Savoie; au'il s'était comme engagé à faire donner le chapeau au P. Bona en reconnaissance des soins qui lui avaient été prodigués par le prince dans sa maladie. Le Pape Clément IX, ne voulant désobliger ni son neveu, ni le duc de Sa« voie, préféra le P. Bona, homme d'un trèsgrand mérite aussi, et digne de la pourpre, au P. Lauria qu*ii remit à une autre promotion; mais il coin|»ia sans la mort, qui le firévint. Il était ré!>er^é à Innocent IX de laîre celle justice. Ce Pontife créa cardinal le P. Lauria, dans la promotion du 1" septembre 1681. Le cardinal Lauria n'était pas 4 u faveur auprès de TEspagne, quoiqu'il lût né sujet de celte couronne, qui lui donna l'exclusion dans le conclave où fut élu Alexandre VIII. Autrement, il avait de

firandes chances de parvenir au ponlitical. I avait eu quinze voix dans un des premiers SGfUtius. 11 mourut à Rome le 1'' décembre

DiCTiONit. DES Cardi:«ai X.

1693, âgé de Sâans, et fut inhumé au couvent des Haints-Apôlresj dont il était titulaire. Il a laissé un grand nombre d*ou- Tniges, dont plusieurs sont restés manuscrits ; les suivants ont été imprimés: L Index alphabeticui rerum et locorum om^ nium memorabiîium ad Annalee cardinalis Baronii, 1 voK in-4"; II. Epitome canonum^ conciliorum generalium et provîncialium ^ epiitolarum^ dtcreialium et eonslitutionum Pontificum usque ad Alexandri Vil annum qunrtum^ Rome 1659; Venise, 1673; Cologne, 1685; III. Commenlairei sur les quatre livra des Sentences, 8 vol- in-foL; IV. De oratio" ne chriitiana ejusque speciebu» in tyronum orantium gratiam, Rome, 1685. in-&*; V. Com^ pendium Nicolai de Lyra, VI. Vita harmonice compoêita juxla quatuor evangelistas; VU. Un volume in-fol. contenant huit traités sur des sujets différents, et remplis d'une érudition très- variée. Mais le plus célèbre des ouvrages qu*ail composés le cardinal Lauria est son Traité latin de U prédestination , de ta réprobation^ et de$ grâces actuelles : c*est un ïn^k'*^ imnriroé d'abord à Rome en 1687 ou 1688, et réimprimé h Rouen, en 170j, avec toutes les approbations qui sont dans l'édition de Rome. L'auteur déclare dès sa préface qu*il n*a point d*autres opinions que celles de saint Augustin, dont il dit que la doctrine a été adoptée et suivie par les Papes, par les conciles, par les Pères, par les anciens théologiens, et par les plus célèbres universités catholiques.

LAVAL DE MONTMORENCY (Louis- Jo- SEPH db) né au diocèse d*Angoulème en 172&, évèque de Metz, fut fait cardinal en 1789 par Pie VL 11 mourut en 1808.

LE JEUNE (Jean), évèque d'Amiens, puis de Térouane, né h Amiens» était flls de Robert Le Jeune, avocat, qui dut son éleva* lion aux services qu'il rendit au duc de Bourgogne, et eut le gouvernement d'Amiens et d'Arras. Jean, son ûls, élevé à la pourpre, en 1&39, par le Pape Eugène IV, dont il a écrit la vie, se trouva au concile de Florence et à l'élection de Nicolas V, après la mort d'Eugène IV. Envoyé par le même Nicolas, en qualité de légat è Ferrare, la cardinal le Jeune mourut à Rouen en 1451, de poison, suivant quelques-uns. [Yoy. FmzoFf, Galiia purpurata ; — Monstrelbt, Chronique: — SAiitTE^MARTHE, Galiia Christiana: — Gazbt, Histoire ecclésiastique des Pays - Bas ; — Valèbb - André , Bibliolh.

Belo '"""^AUBERT )

LEMOINE (Jean), né è Çrécy, petite ville voisine d'Abbeville, célèbre par la bataille de ce nom, sortait d'uno famille obscure^ qui n'a point laissé de traces. — Il commença ses éludes dans son pays, et alla les terminer à Paris, où il fut reçu docteur en théologie. Le Pape Céiestin V, qui connaissait ses talents, l'appela *.\ Rome, et l'accueillit avec distinction. Nommé auditeur de Rote et cbancelier de TEglise, Leuioine ût un commentaire sur le siiièmo livre «les Décrétales^ travail qui l'ut goûte par tous les

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