LEO
sAvanls, et qui lui valut la pourpre. En 1303, le successeur de Céleslîn» Boniface ^ III, TetiToya en France, auprès de Philippele-Bel, avec le titre de légat, pour tâcher de rétablir, entre ce prince et le Saint-Siège, la paix qui avait été troublée, è cause des su'>aides que le roi voulait lever sur le clergé. Le cardinal Lemoine, qui était très-propre h servir de médiateur entre les deux cour^, puisqu'il avait la confiance do' Tune et de l'autre, ne put rien obtenir de TinOeiible Philippe, qui ne voulut faire aucune concession. Boniface prescrivit alors è son légat de mettre le royaume en interdit, et de mener è Rome le confesseur du roi, pour qu'il y rendît compte de sa conduite et de celle du prince. Le cardinal , espérant arriver h une conciliation, différait d'exécuter cet ordre, lorsque le Pontife, toujours ennemi des demi-mesures , chargea l'archidiacre de Coulances et un domestique du cardinal Lemoine, de porter en France les Nulles d*excommunicalion. Ces messagers furent peu discrets. Philippe, instruit do leur mission, les Qt arrêter è Trojes. Le légat fut aussi entouré de gardes. On afficha jusque sur les murs de Saint-Martin de Tours, où il s'était retiré, l'ordonnance qui convoquait les états généraux pour repousser les prétentions du Pontife. Le cardinal Lemoine assistait, en 1305, au conclave tenu à Pérouse, pour l'élection de Clément V, qu'il suivit è Avignon, où ce Pontife fixa sa résidence. Il 7 mourut le 20 août 1313. Son corps, transporté à Paris, dans un cercueil de plomb, fut inhumé, selon ses désirs, dans l'église du collège qu'il y avait fondé, rue Saint-Victor. Il en fit et refit les règlements dans les années 1302, 1308 et suivantes. Ses intentions portaient qu'il y aurait dans ce collège cent étudiants, et six bourses en faTeur des écoliers du diocèse d'Amiens, lesquels seraient è la nomination des chanoines de Saint-Wulfran d*Abbeville, Ces bourses ont été servies iusqu'en 1791. Le fondateur régla le prix des bourses sur le poids et le titre de l'argent. Les bourses dos artistes se payaient quatre marcs d'argent fin, au poids de Paris, et celles des théologiens, six marcs. Cette sage disposition préserva le collège de Kappauvrisseroentque lui aurait fait subir la baisse de la valeurdes monnaies. « C'est,» dit Duiaure, « le premier exemple de cette précaution conservatrice que présente Thistoire des fondalions des collèges de Paris.» Il ne nous reste du cardinal Lemoine que sa G/ose, imprimée è Paris, en 1535, et è Venise, en 1586, avec quelques autres fragments sur le droit canon, sous ce titre : Gloua aurea nobis priori loeo iuper 'sexio Decrelalium iibro iradita per J. JfonacAum, etc. (Voy. Hisi. d'Abbevtlle et de Ponthieu ; — LouàNDRE , Biographie d^AbbeviUeet deeee envirom.)
LENItJS (Jeak-Baptistb), Romain, évèque deMilet, faiten 1668, par le Pape Paul V, prêtre-cardinal du titre de Saint-Sixte, puis de Sainte-Cécile, évèque de Ferrare, mouru en 1627.
LENONCODRT (Kobebt de), fils de Thierry. seigneur de Lénoncourt, baron de Vigoory, baiïlydeVitrv.etc, fut nommé par le roi FrançoisI",enl535,èrévôchédeCnfllODS-sur- Marne. Depuis, évèiiue de Metz, il contribua beaucoup a faire rendre cette ville â la France en 1552.— Revêtu de la pourpre, dès 1538, par le Pape Paul III, il fut aussi archevêque d'Hmbrun » d'Arles , évèque de Sabine « prieur de la Charité, abbé de Saint-Remi de Reims, etc. Ce prélat fit achever dans son abbaye de Saint-Remi le magnifique tombeau du saint, qu'avait fait commencer son oncle, Robert de Lénoncourt, arclievdque de Reims. Ce dernier, qui avait mérîlé le glorieux surnom de Père dee pauvre$f avait sacré le roi François I", et était mort le 25 septembre 1531. Quant au cardinal de Lénoncourt, il termina se carrière à la Charité-sur-Loire, le k février 1561. Les huguenots, qui, l'annéesuivante, prirent cotte ville, ouvrirent son tombeau et dispersèrent ses os. [Voy. de Thou, Hiti, : Hisi. deê évéquet de Meix i^Annalet de Chdlons du P. Rapine ; — Fbizon ; — Sainte Marthe ; ^ Acbert.)
LENONCOURT (Phiuppe de), d'une noble et ancienne maison de Lorraine, et neveu du précédent, était fils de Henri, comte de Nanteuil - le -Baudouin , gouverneur de Valois, et de Marguerite de Rroyeji. Le cardinal, son oncle, l'emmena avec lui en Italie, où il se fit remarquer par son espril et par ses manières distinguées. De retour en France, il prit l'habit ecclésiastic|uo, et eut plusieurs bénéfices. Le roi Henri 111 lui accorda -sa confiance et son amitié, le fit commandeur de ses ordres à la première création le 13 décembre 1578, et le nomma h l'évèchédeChâlons, puis è celui d'Auxerre. Ce prélat eut encore les abbaves de Rabais, d'Oigny, etc., et le prieure de la Charité. Henri de Navarre, depuis Henri iV, avait pour lui beaucoup d'estime; et le Pape Sixte V, pour lui témoigner la sienne» le fit président de l'assemblée, instituée de son temps, pour l'indice des livres défendus. Revêtu de la pourpre sacrée, en 1586, par le même Pontife, qui le nomma archevêque de Reims en 1589, après le cardinal Louis de Lorraine, il ne prit point possession de cette église, étant mort è Rome le 13 décembre 1591, Agé de 65 ans.
LEON X, Jean de MEDICIS, fils de Laurent de Médicis, surnommé le MagnifiquOt et de Clarisse des Ursins, naquit è Florence le 11 décembre U75. — fin U89, h l'Age de l^^ans, il avait été fait cardinal par Innocent Vlli, et il parvint au pontificat, Agé seulement de 38 ans, après Jules II, le 11 mars 1513. Ange Politien, Démétrius Chalcondyle et Urbain Bolzane furent ses maîtres. Pic de la Mirandole, Erasme, Marsile Ficin, Jean Lascaris, Christophe Landî, enfin les principaux savants, ses contemporains, furent ses amis. Son éducation s'étendit è toutes les branches des connaissances humaines; il réussit dans toutes.
{Voy. le JDici. dei Papet.)