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DaiJS le chapitre général qui ^ célébra, peu de lemps après, le commandeur d'Aubnsson, qui y tenait un rang considérable , comme châtelain de Rhodes et procureur dn grand matlre, s'opposa fortement aux prétentions des Espagnols , qui voulaient que toutes les dignités de la religion fussent communes, et qui ne pouvaient souffrir que les Frnnçais en possédassent un plus grand nombre qu'eux. Il empêcha avec la même vigueur que le commandeur de Villemarin, Espagnol, n'empiétât sur la charge de capitaine général, attachée à la dignité de maréfhal de Tordre, et appartenant h la langue d'Auvergne, dont le maréchal était le chef. Dans le chapitre général qui fut tenu h Rome, en présence du Pape Paul II, lequel y avait mandé le grand maître Zacosta , le commandeur d'Aubusson s'attacha h faire connaître Tinnocence de ce grand matlre, et le libertinage de plusieurs chevaliers, ce qui donna lieu à de sages ordonnances. En 1&71, sous le règne du grand mattre des Ursins, on créa, dans un chapitre général, tenu h Rbodesy une nouvelle digniié de bailli capitulaire pour les chevaliers de la langue d'Auvergne, avec droit d'entrer au conseil de religion ; et on élut pour premier bailli la commandeur d'Aubusson. La première fois que d'Aubusson prit sa place dans le conseil , en qualité de bailli, il parla en fa- ▼«•ur de Charlotte do Lezignem , reine de Chypre, que fa rébellion de ses sujets avait forcée de chercher un asile è Rhodes, et Ot ordonner qu'on fournirait à cette reine ce
?ui était nécessaire pour le voyage qu'elle laltrésoluede faire a Rome. Quelque temps après il fut nommé surintendant des fortifications de Rhodes, et s'acquitta de celle charge avec une grande intelligence. Il obtint ensuite le grand prieuré d'Auvergne, Su'il quitta | our prendre le gouvernement e la religion , en qualité de grand maître. Il fit d'abord continuer les ouvrages que la mort de son prédécesseur avait inierrompus, et ordonna que, pour la sûreté du port (les galères, on- le fermât d une grosse chaîne, et que, sur les côtes de Ttle, on bft- (tt, de distance en distance, des tours et des forts, pour empêcher les descentes et les courses des pirates. Les affaires de Rhodes étant réglées au dedans, le grand maître , avec le consentement du Pape, renouvela la paix avec le Soudan d^Egypte, et conclut une IrtvedeSl ans avec le dey de Tunis. Ces alliances avec les Sarrasins et les Maures étaient très«avantageuses à l'ordre pour sou* tenir plus facilement les efforts des Turcs.
Cependant, depuis 1476, Mahomet il était enlre en négociations avec les chevaliers. ÎAbïs le grand maître , sans repousser les propositions qui lui étaient faites, n'en continuait pas moins ses préparatifs, croyant voir un piège dans le traité qu'on lui offrait. En effet, Mahomet leva bientôt le masque, et résolut d'exterminer les chevaliers. 11 donna la conduite de son armée au ))acha Paléologue , qui n'attendit pas pour partir que la grande flotte fût prête, et qui monta
sur les vaisseaux qui furent prêts les premiers. Il parut en vue de Rhodes le 4 décenibre 1479 , et fit débarquer les coureurs pour ravager les campagnes. Le grand mattre , craignant que les églises de Sainte- Marie et do Saint-Antoine , qui étaient hors la ville, et assez près des murailles, ne servissent de retranchements aux infidèles, les fit abattre, et fit transporter dans la ville tout ce qui pouvait être transporté. La flotte ottomane, ayant opéré sa jonction avec les vaisseaux de Paléologue, arriva devant Rhodes le 23 mai 1480. Elle était composée de 160 voiles ; 5 voir le magnifique appareil des vaisseaux, à entendre les fanfares des trompettes, il semblait que ce fussent des vainqueurs venant faire leur entrée dans une ville conquise. Mais d*Aubusson soutint le siège, pendant deux mois , avec tant de valeur, que les Tures , dont les chevaliers firent un affreux carnage, prirent enfin la fuite, se jetant précipitamment dans leurs gaîères, pour reprendre le chemin de Conslanlinoplc. Le grand mattre rentra dans In ville, couvert de sang et dangereusement blessé; mais une de ses blessures, qu'on avait crue mortelle, fut guérie avec les autres. Dès qu'il eut assez de forces pour marctier , il alla rendre grâces h Dieu , ot fit vœu de bâtir une église magni:lque sous le titre de Sainte-Marie de la Victoire j auprès de la muraille des Juifs, où les Turcs avaient été mis en déroute; et il accon)plit ce vœu.
Après la mort de Mahomet 11, en 1480, Zizim, un de ses fils, envoya demander un asile à Rhodes contre Bajazet II , qui s'était emparé de la couronne. Le grand maître d'Aubusson , comprenant combien il serait utile è la chrétienté d*avoir entre les mains un prince, héritier de Mahomet II, commanda aussitôt le grand navir-e du trésor avec des galères, pour l'aller chercher, et ordonna qu'on le traitât en Dis d'empereur. Il lui Ht ensuite une magnifique réception ; et, quelque temps après, il le fit accompagner en France, où le prince fugitif demandait è être conduit, par le chevalier dt^ Blanchefort et plusieurs autres, pour loi servir d'escorte.
Comme Zizim était toujours sous la gardo des chevaliers , la plupart des princes chrétiens voulaient l'avoir en leur possession. Les rois de Hongrie , de Sicile et de Naples surtout, assaillaient le grand maître de leurs sollicitations. Bajazet lui-même désirait vivement que le fugitif lui fût livré.
Enfin le Pape Innocent Vlll demanda Zizim au grand maître , lequel ordonna au grand prieur de Blanchefort de le conduire à Rome où il fut très-bien accueilli du Papo en 1489. En même tt^mps le souddn d'Egypte, h la persuasion de d'Aubusson, faisait hommage à Sa Sainteté, et s'enzageait h entrer dans la ligue des princes chrétiens. Le Pape, en reconnaissance des services signalés rendus au Saint-Siège par le grand matlre , lui donna le chapeau de cardinal, cette même année 1489, avec la qualité de lé($at général du Saiol-Siége en Asie. 11 renonça
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