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LOMELLINI(Jba!«-Jérômb), de Tune des n familles nobles de Gènes, naquit en 1007. Après avoir exercé différents emplois sous le pontificat d*Urbain VlIT, fait cardinal en lOSSpar Innocent X, et légat de Bologne» il mourut le 5 arrit 1659. -^ (Voy. Foolieta, Elog, Genuern,; — Giustiniani, 5crt7r. délia Ligur. ; — Pbiorato, Sema (Thuom. iliutt. érïiaL)
LOMÉNIE DE BR1ENNR(Étienke-Charlbs db), né è Paris, en 1727, d*une famille oui a donnée la France plusieurs hommes d Etat dans les deux derniers siècles, fit ses études au collège d*Harconrt, et embrassa Tétat ecclésiastique. — Entré dans les ordres, il reçut le bonnet de docteur en 1752, et fut
Îrand vicairt) de Rouen. L'abbé de Brienne tait lié avrcTurgot, qui portail alors le petit collet, avec d*Alembert, avec TabbéMorellet, qui a laissé des mémoires si spirituels, et si peu ecclésiastiques. En 1758, il alla è Rome, an qualité de conclaviste du cardinal de Lajnes, lors de l'élection de Clément XHI. Nommé évéque de Condom h son retour, il fut transféré en 1763 è Tarchevêché de Toulouse, qu'il administra avec zèle. Il y Qt des fondations utiles, et réunit la Garonne au canal de Caraman par un canal qui a reçu de lui le nom de canal de Brienne. En 1768, il rétablit dans son diocèse les conférences ecclésiastiques, qui brillèrent par son abaence. Dans son synode diocésain de 1782, on prit des mesures bien entendues ; Tarchevéque fit aussi de sages règlements sur diverses matières. Nommé de toutes les assemblées du clergé, et, comme chef du bureau de juridiction, chargé des moyens à employer pour soutenir In religion contre les attaques du philoso|)hi.Hme, M. de Brienne était plus préoccupé du soin d'arrêter le zèle de ses collègues que de provoquer des mesures efficaces. Dès 1770, grâce è ses liaisons avec les philosophes, il avait été admis è l'Académie française ; ce qui faisait dire k Voltaire, dans une lettre è d'Alembert : «On dit que vous nous donnez pour confrère rarcnevèaue de Toulouse, qui passe pour une bote de votre façon, très-bien disciplinée par vous. » Un arrêt du conseil l'avait nommé membre d'une commission pour la réforme des ordres religieux ; il y prit la plus grande Influence, et, au lieu de réformer, il s'appliqua h saper sans bruit l'état monastique. Toutefois, en détruisant les abbayes, il s'en réservait pour lui-même un bon nombre, qu'il eut soin de se faire donner. M. de Brienne,hommed'espritelhommedu monde, d'une conversation facHe et brillante, disposant de grands revenus, ayant pour lui les Louches qui donnaient la réputation , était arrivé è une certaine célébrité. Ses prôneurs le vantaient comme un habile administrateur, faisant Im)0 marché du dévouement, de l'abnégation, des vertus qui font le saint évéque. A les entendre, il était le seul homme capable de sauver l'Etat. Vint l'assemblée des notables. M. de Brienne y siégeait dans la bureau de Monsieur, depuis Louis XVIII; il n'était pas un des derniers è se plaindre
des dilapidations et des abus, h crier centre de Galonné. Ce dernier fut renvoyé ; et après bien des hésitations du malheureui Louis XVI, qui avait une répugnance instinctive contre l'archevêque, celui-ci fut nommé en 1787 contrôleur général des finances, et, bientôt anrès, premier ministre. On pouvait croire gu il s'était préparé à une position, qui depuis longtemps était l'objet de sa convoitise. On fut étonné de son incapacité, de son embarras, de sa légèreté, plus grande encore que celle de son prédécesseur. Toujours en querelle avec les parlements, il voulut les contraindre à enrejjis- Irer les édits du timbre et de la subvention territoriale, les exila, puis les rappela. Des difl*érenls édits présentés, le parlement n'accueillit que celui qui plaçait les protestants dans le droit commun, et qui indiquait la manière dont seraient constatés leurs décès. M. de Brienne venait d'être transféré è l'archevêché de Sens, lorsque, le 15 juillet 1788, il fil rendre un arrêt qui convoquait les états généraux pour le mois de mai suivant. Le25 août, obligé , par la pénurie du trésor, à suspendre les payements, en butte à toutes les attaques, il quitta le ministère et fut remplacé par Necker. Celui-ci fut accueilli par une ovation populaire , peu flatteuse pour son prédécesseur. Afin de le dédommager, Louis XVl se fit encore violence, et demanda pour lui la pourpre romaine, que Pie VI ne crut pas devoir refuser. M. de Brienne, qui voyageait alors en Italie, n'alla point à Rome pour recevoir les insignes de sa nouvelle dignité. Rien que la révolulion poursuivit son cours en Frause, le cardinal Je Rrienne y rentra vers le milieu de 1790. Quand fut publiée la constitution civile du clergé, se séparant de ses collègues dans l'épiscopat, il prêta le serment, prit le titre d'évêque constitutionnel du département de l'Yonne. Toutefois un des nouveaux évêques constitutionnels s'étaot adressée lui pour recevoir l'institution canonique, il fit un retour sur lui-même, et refusa son concours. Le cardinal de Rrienne écrivit ensuite au Souverain Pontife plusieurs lettres où il tAchait de justifier sa conduite, puis il lui envoya sa démission du cardinalat. Elle fut acceptée par Pie VI, qui le déclara déchu de la pourpre, et de plus suspens è cause de son serment. Les concessions de H. de Rrienne à la révolulion ,ne le sauvèrent pas de ses fureurs. Arrêté à Sens le 9 novembre 1793 et enfermé dans les prisons de cette ville, puis relâché, il fut de nouveau décrété en état d'arrestation. Ceux qui étaient char-
F;és d'exécuter cet ordre, le 15 février 179ih,' ui donnèrent jusqu'au lendemain pour le conduire en prison, et passèrent, chez lui, la nuit è boire. L'idée leur vint d'aller réveiller le prélat et de le forcer à partager leur orgie, il eut beau supplier, se défendre; il reçut des coups avec toute sorle de mauvais traitements, et fut obligé de se soumettre. Cette triste scène se termina par une apoplexie foudroyante qui délivra M. de Rrienne.
LONGlSou LONGI (Guillaume), né àBer-
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DtcrONNAIREI.
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gaine, en Lombardie, d*une famille noble et ancienne, qui porloit autrefois le nom dcv LongaSpaia^ élait habile jurisconsulte eC chancelier de Charles H» roi de Naples. — Cëlestin V» qui de?ait son élévation h ce prince, fit cardinal, en 129i, Guillaume d^ Lonsis qui^ en 1312. assista au concile général de Vienne, et y défendit la mémoire du Pape Boniface VÛI. Quelques auteurs iToient que ce dernier Pontife avait employé le cardinal de Longis à la compilation du yf livre des Décritalei, Ce (irélat mourut }\ Avignon le 9 septembre 1319, et son corps fut transporté à Bergame,où il avait fait plusieurs fondations. \Voy. Collenatio, lib. v ; — Onuphre Parvin ;— Cuconil's:— Aubert.) LONGUEIL ( Richabd-Olivier de) était archidiacre d'Eu, dans le diocèse de Rouen, quand il fut proposé pour Tarchevûché de cetteEglIse. — En lUO, élu évoque de Coutances, il administra son Eglise avec uiie grande sagesse. Nommé par le Souverain Pontife pour revoir le procès de Jeanne d*Are, de Longaeil se signala entre les commissaires qui travaillèrent k réoarer Tinjustice dont cette héroïne avait été victime. Le roi Charles VU lui en sut bon gré et l'envoya en qualité d'ambassadeur auprès du duc de Bourgogne; il le fit ensuite chef de son conseil f premier président de la chambre des comptes de Paris, et , en reconnaissance de ^B% services, deooianda pour lui la pourpre sacrée, qne le Pape Calixte III lui conféra en 1556. On le trouve appelé le cardinal de Couiances, et quelquefois le cardinal d*Eu, parce que la ()remière dignité ecclésiastique dont il ait joui,* fut l'arcnidiaconé d'Eu. Ëti 1461, il assista au sacre du roi Louis XI, pais se retira bRome. Le Pape Pie II le reçut avec honneur, le fit archiprôtre de Saint- Pierre, le nomma légat de rOmhrie et des lieux circonvoisins, et lui donna l'évèché de Porto-Sainte-Rufine et Civila-Vecchia. Il se trouvait ainsi un des six cardinaux-évèquos suburbicaires. Les titres des cinq autres sont Vellétri, Frascati, Albano, Palestrine et Sabine. On sait que le Sacré Collège se compose de ces six cardinaux-évèques ; de cinquante cardinaux-prêtres, parmi lesquels se trouvent des évéques, ou archevêques de tous les pays, et de quatorae cardinaux-diacres, qui peuvent être prêtres. Ce nombre de soiiante-dix n'est guère jamais atteint. Pour juger de la considération dont jouissait auprès du Saint-Siège le cardinal de Coutances, on n*a qu'à lire ce que dit de lui le cardinal de Pavie, secrétaire de Pie II, dans la 97' de ses lettres: « Plût à Dieu, » dit-il, « oue nous eussions plusieurs cardinaux deLoutances 1 l'Eglise ne manquerait pas de conseillers. C'est un homme vénérable, rempli de savoir, de sagesse et de bonté, extrêmement sincère dans les avis qu'il
donne » Ce cardinal mourut à Sutri;
selon d'autres, è Pérouse, le 15 août 1470» Son corps, transporté à Rome, fut inhumé dans Téglise de Saint-Pierre. (Foy. Frizou, tiatlia purp.: — UtiHELLi, Italia sacra; — ^airtf-Martoe , Gallia ChriU.; — Blam-
CBARD, Hist. dei prégidenli du parlement de Parie: — Aubrby^ Hisi, deicard,; — Ciacoîiius : — Panviîi ; — Victobel.)
LONGDY (Claude de) , ou le Cardinal de Givry^ était fils de Philippe de Longuy« sei* goeur de Givrj, etc., et de Jeanne de Bauffremont. — Chanoine, archidiacre, puis évêque de Maçon par la démission d'Etienne de Longuf, son oncle, il fut transféré à l'évêché de Langres, ensuite h ceux d'Amiens et de Poitiers. Il eut aussi les abbayes de Saint- {lénigne de Dijon, de Poitiers, etc. Le Pape Clément Vil le revêtit de la pourpre en 1533. Le cardinal de Givry out une grande part a;ux affaires de son temps, et rendit son Ame h Dieu, te 8 août 1561, dans les sentiments de la plus grande piété. (Voy. Gallia CAri» s\iana: — Fbizon, Gallia purp.; — Albert, Hi$i. dee card.)
LOPEZ (Jean), né & Valence, en Espagne, enira, jeune encore, dans la maison de Rodrigue Borgia, qui parvint au pontificat sou» lo nom d'Alexandre VL — Ce Pontife lui donna Tévêché de Pérouse, puis l'archevêché deCapoue, envoya, comme nonce, en France un de ses frères nommé Jérôme Lopez, l*éleva lui-même au cardinalat en 1^%, et lui confia ses affaires les plus importantes. Jean Lopez fit reconstruire une fontaine sur le par» visdeSainle*Marie au delà du Tibre, comme l'apprend une inscription, qu'on y voit f^neore, et mourut lo 6 août 1501. On crut qu'il avait été empoisonné par l'ordredeCi^sar Borgia, jaloux de l'ascendant qu'exerçait Lopez sur l'esprit d'Alexandre VL (Voy. Guichabdi!^, 1. vi; — ZuRiTA ; — CiACOKits;— Parvis ; — Aurert.)
LORENZANA. ^ Nous lisons dans Tilmi de la religion du 12 août 1820 :
« Il a paru è Rome, et il nous est parvenu récemment, un Eloge funèbre du eardmai Françoit'Antoine de Lorentana; éloge qui a été prononcé, en latin, à Tacadémie de la religion catholique par Faustin Trevalo»
membre de cette académie, et honoré de la confiance du cardinal. Quoique M. de Loren* zana soit mort il y a déjà quelques années, nous croyons devoir à sa mémoire, aussi bien qu'à l'honneur de TEglise, faire connaître ses vertus et ses services, et nous joindrons aux renseignements que nous fournit son. éloge, des détails que nous avions déjà sur un des plus estimables évêques qu'ait eu l'Eglise dans ces derniers temps.
« François-Antoine de Lorenzana naquit à Léon, en Espagne, le 22 septembre ll±àf d'une famille ancienne qui compte parmi ses ancêtres saint Vincent de Lorenzano et qui est alliée à celle de saint Torubio de l^longrovejo. Il étudia d'abord h Léon sous les Jésuites, et y eut pour maître le pieux et savant Pierre Zurate, des leçons duquel il conserva toujours un tendre souvenir, il était de la congrégation des jeunes gens que les Jésuitesavaienl formée là comme ailleurs; coutume qui contribuait si puissamment à soutenir la jeunesse au milieu des dangers et à inspirer le goût de la piété. Lorenzana en fut même choisi préfet, et dans un Ago plus avancé il se rappelait avec complaisance
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losMendrps exhortations do P. François- Xav'er IJiaquos, fils atné du duc do Grenade, qui avait renoncé au monde» à ses plus brillantes espérances pour se consacrer è Dieu» et qui depuis partagea la disgrâce de sa compagnie et mourut dans l'exil h Bologne, en 1790. Ses premières études tf^rminées, le jeune Lorenzana fit son cours de philosophie dans un monastère de Bénédictins, passa dans Tunivorsité de Salaman- 3ue, et y fit ses cours de droit canonique et e théologie, dans le grand collège d*0?iedo; séminaire célèbre et très-fréquenté qui a été supprimé depuis ; il y resta deux ans et parait aussi aroir étudié à Valladolid.
« L*usage est en Espagne que lorsqu^il Taquo des canonieats on y nomme par concours. Lorenzana fut ainsi choisi pour une prébende de Siguenza. On remarq^uaiten lui une maturité de jugement, un esprit de piété, une candeur, une application b ses devoirs, une droiture peu commune. Ces qualités lui concilièrent Testime du P. François RaTago, confesseur du roi Ferdinand Vl, qui le fit nommer chanoine de Tolède. Peu après il devint grand vicaire de ce diocèse, puis abl>é de Saint-Vincent, et, en 1765, évèqoe de Placentia. Il avait h peine commencé h visiter son diocèse qu'il fut transféré. Tannée suivante, è l'archevêché de Mexico, pour lequel il partit de suite. Le nouvel archevêque se dévoua de suite aux soins de son troupeau, visita son immense diocèse, publia des lettres pastorales, qui sont imprimées, et tint un concile provincial qui est le quatrième de Mexico. Il reçut chez lui les évoques ses suûTraganls, et fit imprimer avec lieaucoup de magnificence un nouveau recueil des Ltttres et rapporté de Fernand Cor' tex^ avec des gravures et des dessins relatifs à l'ancien état du Mexique ; Mexico, 1770 in-4*. On lui doit aussi d'avoir fait imprimer en deux volumes les actes des trois premiers conciles de Mexico, 11 fonda dans celte ville un hôpital pour les enfants trouvés , et ayant appris sa nomination à Tarchevèché de Tolède, il laissa pour l'hôpital ce qui lui restait è recevoir des revenus de son siéçe, et emprunta ensuite de l'argent pour faire son voyage.
« Ce fut le 27 janvier 1772 qu'il fut institué pour le siège de Tolède, le plus riche de la catholicité. M. de Lorenzana n'y vit qu'une occasion de faire plus de b'en. Il s'entoura des ecclésiastiques les plus recommandables, régla sa maison, menant une vie sérieuse et occupée, s'interdisant toutes les aises do Topulence et vaquant, ou à des lectures instructives, ou aux fonctions de son ministère. Son goût pour les lettres et pour les bons ouvrages parut dans de grandes entreprises. 11 fonda è Tolède une bibliothèque remarquable par l'abondance et le choix des livres. Il établit dans la même ville une université. Il fil faire une belle édition des œuvres iie% Pères de Tolède. Sonelotum patrum Toletanorum quotquot etiam opéra; Madrid, 3 vol. in-folio, caractères d'Harra , édition accompagnée do préface et de notes savantes et
exécutées avec beaucoup de soins et de ran* gnificenre. L'archevêque iMratt en être lui* mémo l'éditeur et y a réuni les écrits de sos prédécesseurs Maniâmes, Eugène, saint Ildefonse, saint Julien, saint Euloge, etc., avec Tabrégé de leur vie. Le prélat fit aussi une nouvelle édition du bréviaire mozarabe avec une savante préface sur l'origine de ce rite. Cette édition sortait encore des presses d'Harra. Déjà, n'étant encore que chanoine de Tolède,il avait éclairci les rites de laMesso gothique, et le fruit do son travail parut à Angelopolis dans le Mexique.
« A ces magnifiques publications le prélat joignit encore d'autres ouvrages. Il fit paraître un discours latin dans lequel il se {oignait h la faculté de théologie de Madrid pour engager le roi d'Esnagne à solliciter du Pape une décision sur l'Immaculée Conception. Peu après il donna une édition des œuvres de saint Martin et de Léon, chanoine replier. Sancti Martini Legionensie preeb^ teri et eanonici regularii opéra nunc primwn in lucein édita; Ségonie, k vol. in-fol. L'archevêque ne se contenta pas d'avoir fait exécuter ces ouvrages avec soin, il en distribua gratuitement des exemplaires; il en envoya entre autres à l'abbé de Saint-Léger, qui \es répartit entre les grandes bibliothèques de Paris; Sainte-Geneviève, la Sorbonne, Saint- Germain des Prés, le collège Maznrin s'enrichirent des dons de l'archevêijue. Nous ne parlerons point de ses instructions pastora* les, ni de quelques ouvrages de piété qu'il fil imprimer è ses frais, ou dont il favorisa la publication ; l'auteur même do son Eloge^ François Trevalo, le seconda dans ces travaux. Le même présida à l'édition que Lorenzo fit faire h ses frais des œuvres do saint Isidore de Séville, revues sur les manuscrits du Vatican et imprimées à Rome; édition qui fut quelque temps interrompue par les troubles ae l'Italie, mais que le prélat fit reprendre dès qu'il fut possible : à peine ce travail fut-il terminé, qu'il voulut aussi iiiire exécuter dans le même format, le Missel suivant la règle de saint Isidore, et il a eu la consolation do voir cette édition toucher ^ sa fin ; elle a p<iru sous ce titre : Missale Gothicum eecundum regulam B, Itidori in uàum Mozarabum; Rome 18M, in-folio, fig. Pie VI félicita M. de Lorenzana par un bref tr'ès-fidtteur, de son zèle à reproduira, les monuments de l'antiquité.
« Les dépenses qu'entraînaient ces gran-> des entreprises n'empêchaient point l'archovôque de Tolède d'employer de grandes sommes à des œuvres de piété et de charité. Autant il était simple pour iui-mêmo, autani il était libéral pour le prochain. Il fonda une mai.<<on de charité à Tolède, et uno sembla-» ble maison de retraite à Madrid, pour y re* cevoir les pauvres et les occuner à Quelque travail utile; il fit rétablir un riôpital ruinée avec une maison et une église pour les Frèrea de Saint-Jean de Dieu, qu*on appelait en France les Frères de la Charité. Il bâtit une caserne pour recevoir les militaires, afin de soulager les habitants qui au|)aravaut étaicni
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obligés de les lojser, et afin de prévenir les incouTénients pour les mœurs de lenrséjour dans les maisons particulières. Dans les années de diseUe, ou lorsque les ouvriers manqU'iient de travail, il les occupait è refaire les routes, h réparer les ponts, et h d'autres ouvrages d*utiiité publiaue, noble emploi d'un grand revenu, magniuque sollicitude bien digne d*un évèque qui secondait ainsi les bienfaits du souverain, et savait rendre ses richesses si utiles k son troupeau.
c Je n'entrerai point dans le détail de Tadminislration pastorale de M. de Lorenzana. Assidu h tout ce qui était de son roinislèrp, il fit le voyage d'Afrique pour aller visiter la ville d*Oran, où aucun archevêque de Tolède n'était allé depuis le célèbre Cismeros. Sa maison étsit ouverte h tous les ecclésiastiques, et il pratiquait l'hospitalité de la manière la plus généreuse. Il faisait des provisions de vêtements, de toile et de quinquina |)0ur les distribuer aux pauvres. Les malades, les vieillards, |es familles ruinées trouvaient en lui un soutien. Présenté au cardinalat, il obtint celte di$2;nité dans la promotion du 30 septembre 1789, et fut fait, en 17%,
Srand inquisiteur. Il était de plus conseiller 'Etat, et chargé d'une multitude d'affaires. Lorsque la révolution française conduisit eu Espagne un grand nombre de prêtres, de religieux et de religieuses, le cardinal fut chargé par Charles IV de les jplacer convenablement, et il les accueillit généreusement, \e disputant sur ce point au pieux évêque d'Orense , si célèbre par ses largesses envers CCS honorables proscrits : on dit qu'il en défrayait k lui seul cinq cents.
c En 1797, le cardinal Lorenzana relevait d'une maladie, lorsqu'il fut nommé par Charles IV pour porter quelques consolations k Pie VI ; il aurait pu allésuer sa faible santé et son flgeavarxé; mais il saisit volontiers cette occasion de montrer son attachement pour le chef de l'Eglise, et l'intérêt qu'il prenait è ses malheurs. Il partit avec MM. Desping et Musquis, archevêques de Séville et de Séleucie, qui retournèrent en Espagne quelque temps après. Pour lui, il resta en Italie, et suivit le Pape lorsqu'on remmena hors de Rome. Peu après il partit de Sienne pour l'Espagne; mais il reçut en chemin une lettre du roi qui le chargeait d*accompagner le Souverain Pontife partout où on le conduirait. On ne pouvait lui donner une commission qui fût plus dans son cœur. Il résida près du Pape, soit k Sienne» soit dans le couvent des Chartreux près Florence, et pourvut aux besoins de cet auguste vieillard et à ceux de taut de cardinaux, d*évêques et de prélats alors proscrits et dispersés dans toute l'Italie. Il était alors le seul cardinal auprès du Pape, et le consolait par sa présence en même temps qu'il Taidait de ses conseils. On peut croire qu'il eut une grande part k plusieurs décisions importantes rendues nar le Pape dans sa captivité, et on dit qu il empêcha d'embarquer le Pape, comme on en avait le projet.
Lorsqu'on mena Pie VI en France, il le suivit jusqu'k Parme; et, n'ayant pu l'accompagner plus loin, parce qu'on lui refusa des passe-ports, il prit des moyens pour faire parvenir des secours au Papek l'insa de seê persécuteurs.
« Le désir du cardinal fut alors de retourner au milieu de son troupeau ; les mouve* ments des armées lui en fermèrent les chemins, et il se trouva en Italie pour le couclavo tenu k Venise. En 1800 il donna sa démission d'archevêque de Tolède, et ce siège fut donné k 1 infant D. Louis de Bourbon, k réduc<ition duquel il avait présidé, et qu'il avait fait archidiacre de son Eglise. Le cardinal fixa son séjour k Rome, où il s'occupait k des exercices de piété et de charité. Son noble penchant k donner ne se démentit jamais. Pendant qu'il était k Florence, un de ses neveux , chanoine de Tolède, et archidiacre de Calatrava, le fit son légataire universel; le cardinal partagea de suite toute la succession, qui était considérable, et en donna une partie pour doter de jeunes filles , et l'autre pour l'hospice de la capitale. Bon, affable, indulgent, sa société était douce, sa conversation aimable, ses manières toujours engageantes et affectueuses. Ses domestiques lui étaient aussi attachés que ses amis. Le 16 avril 1804, aa matin, il avait adressé une exhortation aux religieuses, dans le couvent des Quatre- Saints couronnés; le soir il s'était entretenu de bonnes œuvres avec ses amis, et avait annoncé le dessein de vendre sa voiture et ses chevaux pour augmenter ses aumônes: dans la nuit, il tomba dans une léthargie dont il ne se réveilla que pour do courts intervalles, et il mourut le 17 avril, dans sa quatre-vingt-deuxième année. Son corps fut exposé dans l'église des Douze- Apôtres, qui était son titre de cardinal, et enterré, comme il l'avait demandé, dans celle de Sainte-Croix de Jérusalem. Par son testament il avait nommé pour ses héritiers la maison de Charité et l'hospice qu'il avait fondés h Tolède etk Madrid. »
LORERIO (Denis) naquit k Bénévent en 1&97. — Entré fort ieune chez les Servîtes, il sy rendit très-habile dans la théologie et dans les mathématiques qu'il enseigna avec éclat k Pérouse, k Bologne, k Rome. Il était général de son ordre, lorsque le cardinal Farnèse, auquel il avait prédit sou élévation sur le Saint-Siège, parvint k la papauté sous le nom de Paul III. Ce Pontife éleva au cardinalat, en 1539, Lorerio, oui, trois ans auparavant, avait été chargé d'une nonciature en Ecosse. On prétend çpje ce prélat, gagné par les promesses ae l'empereur Charles-Quint, osa proposer dans un consistoire de retirer au roi de France le titre de très-chrétien. Presque tous les cardinaux, ceux-mèmes qui étaient partisans de Teropereur, accueillirent, comme elle le méritait, une proposition si exlrav&ganle. Dominique Cuppi, doyen du Sacré Collège, l'en reprit hardiment ; et un autre cardinal regardant Lorerio avec indignation : «Laissez, »aurail*
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