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On Teiit nous faire opter ici entre les lois de l'Eglise que nous ne pouvons enfreindre, et les modiques restes de nos furtunes, tristes débris qui ont échappé h votre avidilév lorsque vous nous avez fait si indécemment notre part en confisquant nos biens, et que vous regarderez peut-être à présent comme iïes dons de votre munlQcence ; mais nous nous souviendrons. Messieurs, qu'au moment où Ton veut nous placer dans cette ailcrnative, on vous a proposé de suspendre, par un décret, toutes Jes ordinations dans le royaume. Nous nous abstiendrons de caractériser une persécution qui renouvellerait, pour TÉglise, cette époque de désastre et de gloire où les pontifes de' la religion, dévoués au ministère du roartvre, étaient obligés d'aller se cacher au fonu des cavernes, pour imposer les inaîns à leurs successeurs.... Nous dirons qu*îl y a autant de lâcheté que d'injustice h attaquer des hommes oui ne peuvent opposer aux outraçes que la patience, et à la fureur que la résignation; nous dirons à nos détracteurs que si le tombeau dans lequel ils croient nous avoir ensevelis, ne leur parait pas encore assrz profond pour leur rér>ondre de notre anéantissement, ce seront leurs injures, ce seront leurs persécutions qui nous en feront sortir avec gloire, pour reconquérir l'estime et l'intérêt de la nation, et que la nitié publique nous vengera bientôt du mal que nous a fait Tenvie.... Vous verrez, par l'exécution du fatal décret que TOUS êtes prêts h prononcer, si vous ne devez pas regarder comme des ennemis de M patrie les fanatiques persécuteurs qui oppriment et tourmentent sans intérêt de faibles pasteurs accoutumés à prier pour ceuz qui les insultent, et dont la patience a dû vous apprendre, dans la séance d'hier au soir, ce qu'ils savent souffrir et endurer en silence, quand ils défendent les intérêts de la religion.... Qu'on ose donc nous vezer en nous demandant»des serments contraires à nos principes l nous retrouverons cette éner-
Î;ie ae courage qui ne compte plus pour rien e sacrifice de la fbrtune et de la vie, quand il faut sMmmoler au devoir. Prenez-y garde, Messieurs , il est dangereux de l'aire des martvrs, il est dangereui de pousser à bout des nommes qui ont une conscience, des hommes qui sont disposés è rendre à César ce qui appartient à César, mais qui veulent aussi rendre à Dieu ce qui appartient à Dieu, et qui, en préférant la mort au parjure, vous prouveront par l'elTusion de leur sang, que, s'ils n'ont pas été assez heureux pour se concilier votre bienveillance , ils savent du moins mériter et forcer votre estime. »
Hélas l il le voit et le prophétise en vain, la force aveugle triomphera de tous les raisonnements, mais viendra se briser contre un dernier argument, celui du martyre, qui ne saurait effrayer un cœur sacerdotal. Certes, il y avaii du courage et même de la générosité h parler ainsi , surtout quand, au sortir de l'assemblée, il fallait traverser des
groupes menaçants qui criaient : L'abbé Maury h la lanterne I < Y verrez- vous plus clair, P répondait-il ; et il passait d*un pas vif et ferme. Une autre fois un furieux s'élançait contre lui brandissant un couperet, et voulait renvoyer dire la Mené à tou$ leg diabUi. — « Soif, » disait Maury, « si tu as du cœur, tu viendras la servir, voici mes burettes. • Et il tirait deux [lislolets, dont la vue mettait en fuite le jacobin, tandis que la foule changeait ses huées en applaudissements. Kn pleine assemblée, un jour que les furies de la tribune cherchaient k étoufter sa voiz par leurs clameurs : « M. le présid(*nt, irs'écria-t-il,» faites donc taire ces sansculottes. »
Ces saillies, cette dextérité de tous les instants, jointe^ à un grand tact parlergen^ taire, sauvèrent Maury; il fut peut-être le seul qu*on n'envoya pus è l'Abbaye, parmi les improvisateurs qui prirent part aux combats journaliers de la tribune. Ses succès se bornèrent là; ils ne purent contenir le torrent, et quand la Constituante fut dissoute, il dut quitter la France. « Mon ami, » disait-il è MarmontcL « j'ai fait ce que j'ai pu, j'ai épuisé mes forces, non pas pour réussir dans une assemblée où j'étais inutilement écouté, mais pour jeter de pro« fondes idées de justice et de vérité dans les esprits de la nation et de l'Europe entière; j'ai même eu l'ambition d'être entendu de la postérité. Ce n'est pas sans un déchirement de. cœur que je m'éloigne de ma patrie el de mes amis, mais j'emporte la ferme espérance que la puissance révolutionnaire sera détruite. »
Hélas I toujours cette gloire, cette grandeur humaine, cett*{ idole du paganisme lettré du xviii* siècle, qui nous gAte, en Tinspirant, un beau talent et un grand courage dans la plus belle des causes!
Maury jouissait déjà de la récompense ambitionnée; son roi, Louis XVI, lui avait écrit (3 février 1791) : « M. l'abbé, vous avez le courage des Arabroise, l'éloquence des Chrysostome. La haine de bien des gens vous environne. Comme un autre Bossuet, il vous est impossible de transiger avec l'erreur; et vous êtes, comme le savant évêque de Meaux, en butte avec la calomnie; rien ne m'étonne de votre part; vous avez le zèle d'un véritable ministre des autels et le cœur d'un Français de la vieille monarchie. Vous excitez mon admiration, mais je redoute pour vous la haine de nos ennemis communs; ils attaquent h la fois le trône et l'aute), et vous les défendez l'un et l'autre. Il y a quelques jours, sans votre imperturbable sang-froid, sans vos ingénieuses reparties, je perdais un Français totalement dévoué à la cause de son roi, et l'Eglise un de ses défenseurs les plus éloqui^nls. Daignez songer que nous avons besoin de vous, que vous nous êtes nécessaire, et qu'il n'est pas toujours utile et toujours bien de s'exi)Oser à des périls certains. Usez avec modération de ces talents, de ces conuaissBOCOSf
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