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de ce courage dont vos amis e( moi lirons ▼Anilé, Sacliez (eonporiser; la prudence eal ici bien Bëcessaire : votre roi vous m conjure; trop heureux, s'il peut un jour s acquitter envers vous» et vous prouver son estime, sa reconnaissance et son amitié. — Luuîs. » — Le Souverain Pontife Pie V|, de son c6té, le j[)roclamait egregium virum en plein consistoire, et lui faisait écrire par le cardinal secrétaire d'Ëlal, pour lui offrir une autre patrie : « Souveoez-îous que le Pape brûle d*envie de vous voir, que sa reconnaissauce lui en fait un besoin, el que vous ne pouvez vous refuser à son impatience, sans faire semblant de méconiiattre, je dirai pnsquei de mépriser ses bontés. »
A fon arrivée h Cob*entz, six cents gentilshommes formèrent la . baie et battirent des mains sur son passage; son entrée à Rome fut un véritable triomphe; il fut reçu avec les honneurs réservés aux têtes couronnées. Lp Pape, qui ne l'appelait plus que son cher Mauiy, le nomma archevêque de Nicée ifi partibus, et bientôt le chargea de le repré>fnter à Francfort, au couronnement de François II. A son retour, il fut nommé cardinal et évêque de Montefiascone et Corneto. Louis XVUI, le comte d'Artois, le prince, de Condé, au nom de la noblesse, lui écrivirent pour le féliciter de sa nouvelle dignité, et exprimèrent au Pape leurs remercîments , pour avoir payé la dette de la monarchie, en même temps que celle de l*Gfflise. L^invasion des Français en Italie le lorça de quitter la ville pontificale ; il se sauva aiïubié d'une blouse de charretier. L'impératrice de Russie lui offrit un asile dans ses Etats; mais il préféra rester à Venise, oJÉ, après la mort du saint Pontife Pie VI, il prit part au conclave, qui lui donna Pie Vil pour successeur. Puis il retourna è Home avec le nouveau Pontife, au» rrès duquel Louis XVIII, réfugié è Mitlau, l'avait nommé son ambassadeur. Rientôl la France exigea son éloignement, et il se relira dans son évêché, montrant toujours un zèle très-vif de royalisme, et en jouissant de la légitime part d'influence qui appartient à la gloire et aux services rendus.
Cependant un astre nouveau s'était levé, dont l'éclat sans cesse grandissant Ltissait de nlus en plus dans l'ombre les Rourbons €1 leur fortune; les coalisés de PiJnitz, comme le successeur de saint Pierre, avaient été amenés, par les faveurs obstinées de la victoire, à s'incliuer devant la gloire du vainqueur de Marengo, et à reconnaître la nouvelle majesté impériale acclamée |)ar la Franea. Ls cause de l'antique dvnastie à laquelle s^était donné Maury, semblait perdue sans ressource; elle ne lui laissait pa« mèoie, dans une lutte désespérée, ce grand f6\t nécfissaire à son besoin de mouvement et de bruit. Amt>asssadeur de Louis XVIII auprès de Pie VII, il ne pouvait produire ses lettres de créance et se voyait confiné dans son diocèse par les soupçons de Nopoléon. Il se lassa euQn d'un dévouement obscur
et san^ gloire, que ne soutenaient plus d'ailleurs les excitations de la lutte, et écrivit au nouveau dispensateur de la fortune, sur l'invitation du Souverain Pontife, à ce qu'il assure (août 1804): «Sire, c*est par sentiment et par devoir que je me réunis loyalement à tous les membres du Sacré Collège pour supplier Votre Majesté d'agréer avec bonté et confiance mes sincères félicitations sur son avènement au trône. Je suis Français, sire, je veux l'êcre toujours. Tei constamment et hautement professé que le gouvernement de la France était sous tous les rapports essentiellement monarchique.
Nul Français n'a donc plus que moi le droit d'applauair au rétablissement d'un trOne héréditaire dans ma patrie. Je sens vivemeot. Sire , en ce moment surtout, le bonheur de n'être que conséquent et fidèle à mon invariable doctrine, en déposant aux pieds de votre Majesté Impériale l'hommage de mon adhésion pleine et entière au vœu national qui vient de l'appeler à la suprême puissance impériale... »
Aux yeux des contemporains ce n'était pas moi us qu'une apostasie politique; Maury s'amoindrit d'autant en considération morale, surtout quand rentré en France (I8M), on le vit accepter le traitement de cardinal' français, les fonctions et le traitement d*auniûnlerdu prince Jérôme, eiifin les fonctions et le traitement d'archevêque de Paris. Le maître lui-même s'en servait, mais no Taimait pas. Sa réputation littéraire seule était restée intacte, iteçu une seconde fois k TAcadémie, il se vit bientôt choyé, recherché des salons de l'empire comme il l'avait été de In vieille aristocratie; son vif sentimani du b( au faisait loi dans les choses d*imaginalion;ses saillies, son érudition étaient le charme des conversations. On rapportait dts lui une foule de bons mots : tantôt il avait répondu b l'entpereur qui lui demandait,
f)0iir Tembarrasser, où il en était de ses re* allons avec les Bourbons : 5iW, mon rupeci pour eux est inaîiérabie ; maii f ai perdu sur ce point ia foi et V espérance ^ i/ ne me re$te aue la charité; tantôt il avait dit au repunlicain Chénier, qui affectait de lui refuser le titre de M(»nseigneur : Pourquoi neme di^ riez-vous pas Monseigneur? citoyen, je vûum appelle bien Monsieur. Et Regnault de Saint- Jean^d'Angély ayant osé lui demander :
« Vous vous estimez donc beaucoup. Monsieur? — TrêS'peUf quand je me considère^ avait reparti riiiiperlurt)ahle el spirituel cardinal ; beaucoup quand je me compare, m Aussi madame d^Âbrantès croit-elle avoir tout dit pour prouver l'esprit, les connaissances et les talents artistiques de Jimot, quand elle a rap^iorté qu'il pouvaii tanser avec le cardinal.
Ainsi posé comme homme du monde, Maury n'inspirait pas la même vénéraiioa pour son caractère sacerdotal; quelques saillies et anecdotes rapportées par madame d'Abrantès montrent au moins en lui une singulière liberté d'imagination el de langage. Et pourtant on assure que chaque soir
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