‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 170 sur 350 · V. fi · texte numérisé non relu

V. fi

Yixil annosLxxx, menses ii, dies xxni.

Uiia cum S. Pbilippi Merli filiis,

Filius îpse, el coiigregalionis propagator

Kesurreciioiiem exspeclat.

MONICO (Jacques). — Nous empruntons à VAmi de la religion Tarticle suivant :

c Nous avons annoncé la mort de son Km. Mgr Jacobo Mouico, cardinal-prêtre de la sainte Eglise romaine du titre des sainla martyrs Nérée et Achille, patriarche de Venise, primat de Dalmatie, métropolitain des Srovincea vénitiennes, conseiller intime de . M. J. R., chevalier de première classe de Tordre impérial autrichien de la couronne de fer, grand dignitaire, chapelain de la couronne du royaume Lombard-Vénitien, abbé commendataire perpétuel de Saint- Cipriano-di-Murano, etc., etc., etc.

« Il était né le 26 juin 1778, à Rieso, petit bourg du territoire de Trévise. Entré de bonne heure au séminaire de cette ville, il 8*y distini^ua par son application et les riches facultés de son esprit, et put, dès l'âge de vingt-deux ans, après des examens brillants, occuper la chaire de haute littérature dans la maison oii il avait fait ses études. C'est alors qu'il publia plusieurs panégyriques et oraisons funèbres, parmi lesquelles on remarque surtout celle du célèbre Canova. Nommé plus tard è la cure de Saint- Vito-di-Asolo, il y déploya tout le zèle d'un pasteur prudent et éclairé, et , quatre ans après, il fut nommé évoque de Ceneda, et consacré à Venise par le patriarche-cardinal Pyrker» le 9 novembre 1823. Les trois années qu'il passa à la tète de ce petit diocèse suUlrent pour le faire chérir par les fidèles qui ont gardé un profond souvenir de son gouvernement paternel* Quelquesunes des homélies qu'il aimait è prononcer devant son peuple ont été recueillies et offrent des modèles d'éloquence pastorale. En 1827, il fut appelé au patriarcat de Venise et prit possession de la chaire de Saint- Laurent-Justinien, puis Grégoire XVI le revôiit, en 1833, de la pourpre romaine.

• Sur ce siège éminent, Mgr Momco porta toutes les vertus qui l'avaient rendu un objet d'admiration dès les débuis du plus obscur ministère. Humble au milieu des honneurs, ferme dans les diflicultés, inaccessible à la crainte et aux considérations humaines, il montra courageusement à son clergé la voie qu'il devait suivre h travers les bouleversements politiques, et éleva la voix pour proclamer l'ardent désir qu'il avait ne voir le magnanime Pie IX. rentrer dans les droits dont la révolution avait prétendu le dépouiller. Tant de constance et ile force irrita les insurgés, maîtres alors de Venise; et violant son palais, ils se portèrent, sur sa personne, a des excès qu il sut souffrir avec une héruïaue patience et pardonner avec une charité de saint. Sa santé, affaiblie déjà par l'âge et les travaux de toute sa vie, regut alors de cruelles atteintes, et sentant la mort s'approcher, il partagea tout son bien entre les pauvres de Jésus-Christ, son séminaire et les serviteurs de sa maison. Le jour de PAques, en officiant pontiOcalement à Saint-Marc, il fut frappe à mort et ne put achever l'homélie, que malgré sa fai blesse, il avait commencée. Transporté dans son palais, on conçut quelque espérance de

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le conserTor à la vie, maïs bientôt le mal, roprit le dessus, et le 25 avril 1851, il rendft en paîi son Ame è Dieu, laissant dans le deuil la ville de Venise, qui n'oubliera jamais les vertus d*un pasteur si dévoué et d*un père si aimant et si cbarilable. » '

JilONTÂlGD (Gilles Aicelin de), fîls de Pierre Aicelin, seigneur do Monlaigu et d'Isabeau, fille do Robert II!, comte de Clermonl et dauphin d*Auvcrgno, se fit estimer du roi Jean qui lui procura Tévèché de Tbérouane , après Raimond Sacchelti. — Quand ce prince partit pour combattre 1rs Anglais, il raccompagna, combattit sous ses yeux ^ la désastreuse journée de Poitiers en 1356, et suivit à Bordeaux le roi prisonnier, en qualité de son cbancciior. H tint les sceaux auprès de ce monarque en Angleterre, d'où il ouvrit des négociations pour la paix ; mais voyant qu'elles restaient sans résultat, il remit les sceaux après deux ans de séjour è Londres, et se retira en Auvergne, sa patrie. £n 1360, le traité de Brctigny, qui coûtait à la France une forte rançon et plusieurs provinces, rendit la liberté au roi. Il s'empressa de rappeler son fidèle serviteur, et, l'année suivante, lui obtint la pourpre du Pape Innocent VI. En 1362, le cardinal de Montaigu assistait au conclave où fut élu Urbain V, qui, trois ans après, renvoya avec Jean de Bandiac pour travailler à la réforme Je l'université de Paris. Il s'était retiré à Avignon, résidence du Saini- Siége, où une paralysie le conduisit au tombeau en 1378. « Alors, » dit Froissart, c était chancelier de France, un moult sage homme et vaillant, nommé messiro G. de Montaigu, évoque de Térouane; son conseil était bon et loyal. »

MONTAIGU (Pierre Aicelin de), frère du

f précédent, prit, jeune encore, l'habit de reigieux chez les Bénédictins , et devint prieur de Saint-Martin des Champs. Après avoir été, pendant trois ans, chancelier du comte de Poitiers, il fut, en 1371, élu évoque de Laon, puis envoyé auprès du duc de Bretagne, dont la fidélité était suspecte à la cour de France. En 1373, il assistait h la séance du parlement où fût arrêtée l'ordonnance qui déclarait les rois majeurs à quatorze ans. Dix ans après l'antipape Clément VII la créa cardinal-prètre du titre de Sainl-Marc. Il mourut 5 Reims en 1388, après avoir laissé une partie de ses biens au collège de Montaigu, à Paris, fondé pap son grand-oncle, archevêque de Narbonne.

MONTA LTE (Félix PERETTI, dit).— Fey.

Sixte V

MONTA LTE (André PERETTI, dit), fait, en 1596, par Clément VIII, cardinal-évêque d'Albano, puis de Frascati, mourut à Rome le 3 août 1629, â^^é de 56 ans. — On vérifia qu'en trcnle-trois ans de cardinalat il avait donné aux pauvres jusqu'à treize cent mille écus, sans les charités qu'il faisait à la main et qui ne furent point écrites.

MONTALTÈ (François PERETTI, dit le cardinal de), Romain, archevêque de Mou-

réal en Sicile, prince de Vénafre, comte de Célano, élevé au cardinalat par Urbain VIII en 16il, mourut è Rome, le 3 mai 16S5, Agé de 58 ans.

MONTBELIARD (Etienne de), neveu de Calixte II, fut créé, par lui, cardinal du titre de Sainte-Marie m Cosmedin^ en 1119. — Quoique simple diacre, il fut titulaire de l'évêché de Metz, et mourut en 1165.

MONTEFIORE, bourg de la Marche d'Ancône, a donné son nom è Ge'ntile de Montefiore, franciscain. — Après avoir enseigné el donné, dans son ordre, l'exemple de toutes les vertus, il en fut élu général, puis revêtu de la pourfire, en 1298, par le Pape Boniface VIII. Envoyé par Clément V en Hongrie comme légat, et employé en d'autres missions, il s'en acquitta avec talent. Il se trouva au concile général de Vienne, et mourut è Lucques en 1312. Son corps fut porté h Assise, près de Pérouse, pour v être iuhumé dans une chapelle qu'il avait fondée en l'église de Saint-François.

MONTERUC (Pierre de), cardinal, vicechancelier de l'Eglise, et nommé à l'évêché de Pampelune, tirait son nom d'un bourg du diocèse de Limoges. — Fils d'une sœur d'Innocent VI, qui l'éleva h ces dignités en 1356, il fut un des exécuteurs testamentaires du cardinal Albornos. Il ne suivit point à Rome le Pape Grégoire XI, et mourut, le 30 mai 1385, h Avignon, sous l'obéissance de Clément VII. Son corps fut inhumé dans la Chartreuse de Villeneuve, qui le considérait comme son second fondateur. Ce prélat avait un neveu, fils de sa sœur, dont la notice suit.

MONTERUC (RiiNULPHE de), ou plutêt db LA CORSE, évoque de Sisteron, régent de la chancellerie apostolique, fut fait cardinal par le Pape Urbain VI, en 1378, et mourut à Rome, le 15 août 1382.

MONTESQUIOU (PICTIN, suivant d'autres PICTAVINde), de la maison de Montesqiiiou. Tune des quatre baronies du comté d'Armagnac, et dont le seigneur était chanoine de TEglise d*Auch, tils de Raimond- Aimeri IV, baron de Montesquieu, et de Longue de Montault, évoque de Bazas en 1323, d(ï Masuelone en 133i, d'AIbi en 1338, créé cardinal par le Pape Clément VI, le 17 décembre 1350, mourut en 1355.

MONTFAVEZ (Bertrand de), néà Castelnau, au diocèse de Cahors, et protonotaire apostolique, était considéré à la cour d'Avignon, où le Pape Jean XXU, son compatriote et son ami, le lit cardinal en 1316. — En 1337, envoyé, avec le titre de légat, par Brnoît X, en France et en AugUUerre, pour tacher de réconcilier les rois Philippe de Valois et Edouard 111, il échoua dans sa mission paciQcatrice. Le cardinal de Montfavez, mort en 1342 à Avignon, fut inhumé dans l'église de Notre-Dame de Bon-Repos, qu*il avait fondée.

MONTFORT (Guillalme de), dit de Dinan, évoque de Saint-Malo, fut fait cardinal en 1V26, par Martin V. Il mourut en U32.

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HONTI (Antoine}, né à MoDle di Saiiso- Tino, en Toscane, et habile jurisconsulte, était très-considéré h la cour de Rome sous les pontiGcais cTInnocent VIII, d'Alexandre VI et de Jules II, nui utilisèrent souyent ses services. — li n avait eu d'abord pour récompense qu*uri office d*auditeur de Rote, etTévêché deSiponte, quand Jules II, qui avait souvent éprouvé son dévouement, le créa cardinal en 1511. C'est h la persuasion du nouveau cardinal que ce Pontife assembla le concile de Latran. Le cardinal Monti en recueillit les éléments, les mit en ordre et les fit imprimer à Rome. Après avoir été légat à Pérouse el dans TOmbrie, il mourut le 20 septembre 1533, Agé de 72 ans.

liONTI (Jban-Marie), fait cardinal par le Pape Paul 111, en 1536, fut élevé en 1550, sur le trône pontifical. — (Foy. Jules 111.)

IfONTI (Innocent), créé, en 1550, par le Pape Jules 111, diacre-cardinal du tilre de Saint-Onupbre, puis de Sainte-Marie in Portieu et de Sainte-Marie la Neuve, mourut eu

MONTI (Christophe), créé cardinal par son oncle Jules 111, en 1551, mourut au bourg de Saint-Ange-du-Guai,près d'Orbain, le 2k septembre 1564, disgracié par le Pape Pie IV.

MONTI (François-Marie), revêtu de la pourpre, en 1588, par le Pape Siite V, mou'rut ^ Rome, évoque d*Ostie, doyen du Sacré Collège, le 29 août 1626.

MONTI (César), Milanais, patriarche d*Antioebe, archevêque de Milan, nonce apostolique en Espagne, fait cardinal par le Pape Urbain VlU, en 1629, mourut le 16 août

MONTI (Philippe-Marie), né à Bologne en 1675, fit d'excellentes études et entra dans la carrière ecclésiastique. — ,Venu è Rome, il y fut apprécié et remplit différents emplois. Il était secrétaire de la congréga* tion de Propaganda fide^ quand Benoit XIV le créa cardinal, en 17^3, dans la première promotion qu'il fit. Le cardinal Monti, ami des lettres et des arts, entourait de sa bienveillance ceux qui les cultivaient. Il mourut è Rome, en 1754^, figé de 79 ans, après avoir légué à IMnslitutde Bologne sa belle bibliothèque. On a de ce prélat : Elogia cardina^ Uum pieiaief doclrina ac rébus pro Ecclesia gestis iltustrium a pontificatu Alexandri JJl ad Benedictum XIIJ; Rome, 1751, in-4^

MORICHINl (Charles-Louis), né à Rome en 1805, évêque de Jesi, a été fait cardinal par Pie IX. en 1852. Son Éminence vit encore.

MORICOTTI (Henri), de Pise, religieux de Tordre de Cîleaux, créé, en 1150, par le Pape Eugène lU, prêtre-cardinal du litre des Saints-Néréeet Achillée, légat eu Sicile vers Tempereur Frédéric, en France el en Angle- •lerre, mourut en 1179.

MORICOTTI. — Voy. François.

MORIGIA (Antoine), religieut BarnabitOy

fut précepteur du prince de Toscane et théologien du grand-duc, qui lui procura Tarchevêché de Florence. — Le Pape Innocent Xn le fit cardinal m pttto dans la proipotion do 13 décembre 1695, et ne lé publia que dans le consistoire du 19 décembre 1698, di^clarant en même temps que Morigia aurait le pas sur tous les cardinaux faits en 1695, parce qu'il l'avait réservé avec cette intention. Il lui donna ensuite deux abbayes et le nomma h l'archevêché de Pavie. Ce cardinal mourut le 8 octobre 1708, âgé de 76 ans*

MORLOT (François-Nicolas-Madeleinej, cardinal-archevêque de Paris, est né à Langres (Haute-Marne) en 1795. — Après avoir fait ses premières études , comme externe , aucoltégedesavillenatale, il se rendit au séminaire de Dijon pour v suivre les cours de théologie. Bientôt après, il entra comme précepteur dans l'honorable famille de M. de Saint-Seine, et s'v concilia toutes les affections. Admis dans les maisons les plus recommandables de la ville, il ne cessa d'y mériter l'estime générale, et ce début répond admirablement au reste de la carrière qu'il a jusqu'à présent parcourue.

Il en est qui ont vu dans son élévation l'influence de puissantes protections; mais c*e$t là une hypothèse ridicule. Que la reconnaissance et un attachement puisé dans les plus nobles motifs, aient inspiré quelques.démarches , il n'y a rien là que de légitime et de naturel. Mais on comprend que les plus hautes médiations devaient échouer, s'il n'y avait pas chez le vertueux pontife le mérite le plus sûr et le plus incontestable.

Après avoir exercé peu de temps le saint ministère, il se vit porter par la voix pnbli- «que à la tête de l'administration diocésain«^.

cèse. M. Morlot, dont les intentions étaient louables, et qui tenait de toutes les forces de son zèle à la discipline ecclésiaslic^ue, se rangea malgré lui dans les rangs de 1 opposition , mais avec une prudence et une charité qui déterminèrent Mgr Rey lui-même ! à le nommer chanoine de la cathédrale. C'est alors qu'il publia une édition de VExplication de la doctrine chrétienne^ en forme de lecture, 2 vol. fn-12. On y trouve un extrait parfaitement coordonné du Catéchisa me de Couturier. Cet ouvrage fut suivi du Catéchisme du diocèse de Dijon, expliqué par des sous-demsndes et des récapitulations : volume gros in-i8. Cette forme a été souvent imitée pour les catéchismes des autres diocèses. Mgr Morlot a également coopéré à la publication des Heures choisies^ ou Ae« cueil de prières f pour les divers besoins de la vie, avec des instructions pratiques pour toutes les fêtes, par Mme la marquise d'Andelarre. On cite encore les Œuvres de piété de Mme de Fenouil , comme ayant reçu les conseils et la collaboration du saiul prêtre. ; Décoré de la Légion d^honneur après le baptême du comte de Paris, M. Morlot fui appelé au tiége d'Orléans au mois de mars

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