OBS
cbemios que les ennemis de la France de* valent tenir pour nous nuire, il leur prit accortement le devant, ne faisant jamais un laui pas* où leur faisant prendre des écarts pour les amuser. Et ayant d^jè mesuré leurs armes, il se ménagea de la sorte avec eux* que tous les coups qu'ils lui tirèrent furent perdus en Pair: informant cependant le Pape, ri les cardinaui de la vérité du fail, et du droit de la cause du roi, eifaçant de leur esprit les mauvaises impressions qu*on leur avait données, et faisant connaître Tinjustice des avis qu'on avait débités dans leurs cabinets. Par cette diligence, il donna un iivtre visage k l'affaire qu'il maniait, et bien ffue la contestation fût assez lonsterops opiifiAtrée, il déconcerta si fort tous les conseils qui lui étaient opposés, que sur le point auquel ils croyaient pousser jusqu'au bout le malheur de la France, ils virent leurs desseins avortés, at ne leur resta (lue le déplaisir d'avoir irrité un prince qui pouvait leur demander raison de ta partie qu'ils avaient dressée contre la réputation de ses intentions, et contre son Etat.
• Cependant le sieur d'Ossat s'étant fait considérer dans la cour de Rome, où il avait gagné avec sa cause, l'admiration même de ses ennemis, et attaché un beau fleuron h la couronne du roi : Sa Majesté lui procura Tbonneur du chapeau, qui égale les couronnes qui sont au-dessous de la souveraine, et le Pape lui donna par inclination, ce qe'il ne pouvait refuser à un si grand mé* rite, joint à l'instance d'un tel prince.
« Etant cardinal, comme il ne rat>attit rien de ces nécessaires et inviolal)les devoirs envers le roi son bienfaiteur et envers sa patrie, aussi s'adonna-t-il d'un soie particulier à l'exercice de la piété et des bonnes œuvres, selon la créance qu'il avait toujours eue uu'il n'y a point dd*fortune que celle qui a des intelligences avec la vertu; et lorsqu'il traitait les plus importantes affaires, il craignait de pécher môme contre l'Etat s'il en détachait les intérêts de celles de la religion, s'efforçant toujours de faire en sorte que Dieu et le roi ne Gssent qu'un parti.
« Comme il s'était proposé de servir Qdèlement ces deux maîtres, outre le temps de l'Office divin et do la Blesse qu'il disait presque tous les jours, il ordonna des prières communes à tous ses domestiques dans la chapelle de son logis sans que personne s'en pAt dispenser, où il assistait lui-môme ^ règlement h certaines heures du jour, tant il avait d'appréhension que sa dévotion fût suffoquée dans la foule des affaires, et que hn divertissements de la cour de Rome fissent diversion des sincères intentions qu'il avait dressées à Dieu.
« Les gentilhommes français qui allaient en Italie faisaient plus d'état d*avoir vu le cardinal d'Ossat que toutes les antiques de Rome, et prodtaient beaucoup plus chez lui que dans l'académie; car les jours de fôte il leur disait la Messe, après laquelle il les entretenait des devoirs d'un gentilhomme chrétien et d'un bou Français ; et ses audi-
teurs recueillaient ses paroles avec plus d^ soin que s'ils eussent ouï parler l'ombre de Sénèque ou de Caton, et avec plus de ravissement que si les langues de ces statues de marbre, qu'ils voyaient tous les iours, se fussent ramollies et dénouées en leur présence pour redire les oracles qu'elles ont autrefois rendus dans la vieille Rome.
« il élaitsi accueillant qu'il ne se fût pas rebuté du dernier homme du monde, et il était si bienfaisant qu'il se donnait la peine d'ouïr les plaintes des pauvres abandonnés» de leur dresser lui-môme des requêtes, de se charger de la sollicitation de leurs affaires; et c'était un spectacle digne des yeux de toute l'Europe lorsque, sortant de débattre le droit des rois, il allait disputer celui d'un artisan ou d'une pauvre veuve.
« Comme il avait le cœur et l'Ame eitrômement nobles, il aima mieux toujours, tant qu'il vécut, faire amas de mérites que de richesses, car bien qu'il eût eu le moyen d'en avoir jusqu'à les pouvoir fouler, il les méprisa par un généreux dédain et laissa échapper les belles occasions qu'il pouvait arrêter en serrant la main, relusant un office de secrétaire d'Etat que le roi Henri 111 lui voulut donner, renonçant h la poursuite des riches bénéfices qu'on lui présentait, et ne s'étant jamais laissé disposer è recevoir» des présents qui sont le prix de la hberté.
« N'y ayant plus rien au monde qui pût amuser ses désirs, il mourut à Rome où il avait demeuré trente et un an, après en avoir vécu soixante-sept et six mois, et fut enterré dans l'église de Saint-Louis de la même ville, où tout ce qu'il y avait d*hommes désintéressés donna des larmes à sa mort, et les autres ne refusèrent pas une approbation honorable à sa vertu. Mais quand on lui aurait dressé des statues avecla languedorée comme è cet ancien, et employé tous les sculpteurs d'Italie pour orner son sépulcre, on ne l'aurait pas honoré à l'égal de ceux qui ont fait imprimer après sa mort les productions admirables de sa prudence, où il n'y a point de lettre qui ne vaille un fort sur notre frontière.
« Ce fut le treizième du mois de mars de l'année 1604, de son Age la soixante- septième qu'arriva la mort de ce grand cardinal, qui ne laissa point d'autres héritiers que les pauvres et deux de ses domestiques, car il ignorait qu'il y eût au monde quelque personne de sa race. Plusieurs se mirent bien en peine après sa mort de lui trouver des l»arents, mais il n'en fallait point chercher au père de la patrie. »
TOUIIAU DU CARDINAL d'OSSAT.
Anialclo Dossato Gallo S. Euscbii presb.^canf. episc. Bajuceii., qui oiiiiiiiiiii per niullos aiiiios Gallicaiioruinin urlie iie{;oiioruiii, coiisîlîoniiiiqiie pariiceps, et ailiiiiiiisler, rarissini» in r«ges suos ftdei, egregioruuiqiie iiierilonim icstiiiioitio, sacra purpura oniatus, aniplis«inii oriliiiis digiiilalein ea sapienlix, iiilcgriiatisqnc fima, caque oflkioruiu iii oiuues propcusiouc
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DES
cumalafit, ut lal desiderinm exieris qiioqoe
DAiiofiibiis cum admiratione reliqiierii.
YUU annos lxtii, menses vi, diesix.
Dffcessit prid. Id. Mariii MDCI Y.
(Foy. le P. Tarquin Galluce; — Claude Robert ; — lean Cdenu.)
OSTINI (Pierre), né à Rome en 1775, évêqiie d*Albano,fut faîi cardinal par Grégoire XVI en 1831 ; il mourut eu 18^9.
OTON ou ODON, fut nommé en 1130, par le Pape Innocent II, diacre-cardinal du litre de Saint-George in Yelabro,
OTON, Lombard, créé en 1150, par le Pape Butène ill, cardinal du titre de Saint-Nicolas in Careertf fut légat en Espagne.
OTON GRILLl, fut fait, en 1252, par le Pape Innocent lY, diacre-cardinal et légat en Allemagne.
OTON COLONNE, créé diacre-cardinal, en 1M)5, par le Pape Innocent VII, fut Pape sons le nom de Martin V.
OTON, Espagnol, évoque de Tortose, fut créé en lUO par Tantipape Félix V, prêtrecardinal du titre de Sainte Pudentiane.
OTTOBONI (Pierre), Vénitien, créé en IM2 par le Pape Innocent X, prôlre-cardinal du litre de Saint-Sauveur tn £ntiro, puis de Saint -Marc, évéque de Brescia et de Porto, sous-doyen du Sacré Collège, fut, en 1089, élu Pape sous le nom d'Alexandre VIII, k r/lge de 79 ans 1/3.
OTTOBONI (Pierre), petit-neveu du précédent, naquit à Venise le 7 juillet 1667,— Il était Gis unique d'Antoine Olloboni, noble Vénitien, procurateur de Saint-Murc, précédemment général de l'Eglise romaine. Pierre OtlQboni, son grand-oncle, avant été élevé au pontificat sous le nom d'Alexandre Vllf, le 6 octobre 1689, s'empressa de l'élever aux premières dignités de l'Eglise ; et quoique son petit-neveu ne fût que dans sa vingt-troisième année, il le déclara d'abord secrétaire d*Elat et le pourvut de plusieurs abbayes. Le 7 novembre suivant il le créa cardinal, et le même jour le déclara vice*
chancelier de I*Eglise. En janvier 1690, il le nomma légat d'Avignon. Après la mori d'Alexandre VllI, le nouveau Pape Inno* cent VU le confirma dans la légation d'Avi-* gnon pour qu'il y achevât ses trois années. En 1692, le cardinal Oitoboni prit possession de la charge de protecteur de la Compagnie des peintre», sculpteurs et architectes de Rome. La dignité d'archiprôtre de la basilique de Sainte-Marie-Majeure lui fui conférée en 1702 par le Pap)e Clément XI. Ayant reçu de France un brevet par lequel il était déclaré protecteur des affaires de celte couronne à Rome, à la place du cardinal de Médicis qui venait de renoncer au cardinalat, il en donna communication k Sa Sainteté, mais ne commença à faire les fonctions de cette charge qu'en janvier 1713; il fut alors pourvu de plusieurs abba ves en France. En 172&,il passa dans l'ordre oes cardinauxprêtres et reçut les ordres sacrés dt'S mains du Pape Benoit XUI. L'année suivante révèché de Sabine fut proposé pour lui ; de cet évêché il passa è celui de Frascali ei devint sous-doyen du Sacré Collège par la mort de François Barberini, auquel il succéda dans les évèchés unis de Porto et de Sainte-Rufine. Enfin il parvint au décanat en 1738, 17 août. Les évèchés unis d'Ostie el de Vellétri, attachés à celte place, furent proposés pour lui en consistoire. 11 reçut en cette qualité le pallium des mains du Pape le 7 septembre, et i4 fit son entrée publique k Ostie le 29 du même mois; il mourut à Rome le 38 février 1740, dans la soixante et treizième de son Age. La fièvre maligne qui l'avait attaqué dans le conclave l'avait obligé d'en sortir le 25 précédent. Par son testament il instituait pour sa légatrice universelle dona Marie-JulieBuoncompagno, veuve de MarcOttoboni,duc de Fiano, son oncle, laissant au petit-Qls de cette dame une pension de 1,500 écus romains. 11 léguait à l'église de Saint-Louis des Français un calice d'or et une magnifique chasuble.
PACCA (BARTHéLciiT) naquit à Bénévent, le 25 décembre 1756, du marquis Horace Pacca et de Christine Maiaspina, de l'illustre famille de ce nom. — Il commençri %es études à Napleji , au collège des Noblos, dirigé par les Jésuites, el, après la suppression de cet iuslitui, il les termina à Rome, au collège Clémenliri, alors dirigé par les religieux de la congrégation Somasquc. Le jeune Pacca fit des éludes brillantes, et annonça de bonne heure un goût prononcé pour fa lilléralure. Il nous apprend luimême que, dans sa jeunesse, il lisait avec délices les poêles latins, italiens et français, el qu'il avait orné sa mémoire de leurs plus l>eaux passages. Son père lui avail manifesté le désir do lui voir embrasser la carrière ecclésiastique , lui rappelant que son
grand «oncle, François Pacca, archevêque de Bénévent, avait refusé le cardinalat pour ne pas priver les pauvres de son diocèse de la somme considérable qu'il aurait été obligé de dépenser en acceptant celte dignité.
« Mon nls, «lui disait-il, « cette belle action de votre grand-oncle sera récompensée en vous; c'est à vous que sera donné ce chapeau de cardinal qu'il refusa pour un si saint motif.» Ses études de collège terminées, Barthélémy Pacca , pour perfectionner son instruction , entra, en 1778, dans la noble académie eoclésiastiq[iie de Rome, que Pie VI venait de rétablir. Il y eut pour condisciples Sèveroli, Consalvi, délia Genga, depuis cardinaux, et dont le dernier a été le Pape Léon XII. Son mérite le fit distinguer de Pie Vi, qui le choisit pour un de ses cainériers
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MCTIOXMAIRE
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secrets, le 31 mai 1785, et, le 21 juin de la même année, le nomma archevêque titulaire de Damiette, et nonce apostolique è Cologne. Retenu par une Gèvre tierce opiniâtre, le nouveau nonce de Cologne ne put partir de Rome que le 6 mai 1786. « Mon voyage, » dit*il dans ses Jf^motret ,< dura plus d'un mois, è cause des accès de fièvre qui me forcèrent à m*arr6ler en plusieurs endroits. Peu après la rai-mai, j'entrai dans le Tyrol. A Inspruck, je présentai un bref du Pape à l'archiduchesse Elisabeth , sœur de l'empereur, laquelle me fit un accueil gracieux et honorable , et me donna un grand dtner , où je trouvai réunie la première noblesse. Dlnspruck j'allai è Augsbourg, belle cité de la Souabe, célèbre dans Thistoire de la réforme luthérienne. Je voulus voir la bibliothèque de Sainte-Anne, appartenant aui luthériens, laquelle avait encore pour bibriothécaire ce même Mertens , ministre protestant , qui reçut Pie Vl, quand ce Pontife, n'écoutant que son zèle, se rendit è Vienne auprès de Tempereur Joseph II, pour tâcher de le détourner de ses funestes desseins. Le ministre Mertens adressa au saint Pontife un discours en tout conforme aux sentiments d'un bon Catholique , discours qui lui attira les persécutions des autres ministres de la secte. Sur l'avis que je lui fis donner de ma visite, il se trouva à la bibliothèque h l'heure indiquée, me reçut è ma descente de voiture, prit te bord de mon vêtement, le baisa et me dit : « J'ai eu « l'insigne honneur de recevoir ici le grand « Pontife Pie VI, et je veux aujourd'hui « encore avoir celui de recevoir son repré- « sentant. » Il me montra toute la bibliothèque, ne cessant de me parler avec enthousiasme de Pie VI, et comme j'allais partir : « Je veux, » me dit-il, « vous montrer « encore les livres que nous gardons sous «clef. » Alors il ouvre une armoire, m'indioue du doigt et me nomme en souriant Bellarminl II avait raison de croire que j'apprendrais avec plaisir, de la bouche d'un ministre protestant, la crainte qu'inspiraient aux réformés les œuvres da|ce grand controversiste. En partant d'Augsbourg, je traversai la Souabe et j'arrivai à Bruchs^l, petite ville, résidence d'un évoque, prince de Spire; c'était alors le comte de Styrum , auquel je présentai mon bref de créance du Pape. Cet évêque me combla do marques de bienveillance et d*honneurs, me donna un splendide repas, et voulut me faire visiter sa maison de plaisance dans les environs de la ville. Dans nos conversations, il manifesta beaucoup d*estime et de vénération pour la personne de Pie VI , et un grand dévouement au Siège apostolique. Il m'ap-
Srit qu'à la nouvelle de l'arrivée de Mgr oilio (le nouveau nonce à Munich), les quatre archevêques-électeurs étaient devenus furieux, qu'ils allaient faire tenir par quatre députés un congrès dans le petit village d'Eras , appartenant aux princes do Nassau, pour se concerter sur les moyens de s orpuser au Pape et à l'exercice de la
juridiction des nonces en Allemagne... Cette nouvelle ro'aOligea sans me décourager. La guerre que les archevêques-électeurs d'Allemagne faisaient au Saint-Siège était d'une injustice si évidente, si contraire à leurs véritables intérêts spirituels et temporels, que j'entretenais l'espoir, peut-être par une présomption de jeune homme, de pouvoir un jour, en conférant avec les princes, justifier pleinement la conduite du Pape, et amener une réconciliation entre ces grands prélats et le Saint-Siège. Mais mon illusion ne tarda pas è s'évanouir, car les conseillers et les ministres, qui avaient excité ces princes h combattre la détermination de I électeur bavarois-palatin et à s'opposer à t'érectioA de la nonciature de Munich , firent si bien que je ne fus ni admis ni reconnu comme nonce dans les* trois cours électorales. De Bruchsal, je continuai mon voyage en passant par Heidelberg, Darmstadt et Francfort, ou je demeurai deux jours ; puis, par la route de Limbourg et de Sigbourg , j'arrivai è Cologne le 2 juin. Le jour de mon arrivée dans cette dernière ville , mon
grédécesseur, Mgr Bellizomi, était parti pour onn, afin d'avertir l'électeur de mon arrivée prochaine, et de lui demander, selon la coutume, de me présenter h la cour comme son successeur. A son retour, il me dit que le souverain avait décidé que le nouveau nonce ne serait admis à la cour, et reconnu en qualité de nonce , qu'après la promesse formelle de n'exercer aucun acte de juridiction dans l'archidiocèse. DéjM cette réponse avait été donnée h Mgr Bellizomi , dans un billet de l'électeur, en date du 7 juin; elle équivalait à un refus formel. Cependant, pour ne pas manquer aux égards dus à un si grand personnage, j'envoyai lé lendemain, à Bonn , mon maître de Caméra demander l'audience d'usage pour la présentation de mes lettres de créance. Je reçus, comme je m'y attendais , la même réponse. En même temps, j'appris qu'uu cooseiller de l'électeur^ faisait tous ses efforts pour empêcher aussi que le sénat, chef suprême du territoire de la ville, ne reconnût ma qualité de nonce apostolique ; ce qui, disaitil, ierait agréable à lélecleur. Toute la journée du 10, je ne sus si le sénat se déciderait À complaire à l'électeur, si je pourrais me fixer à Cologne, ou s'il me faudrait chercher asil-e dans un autre Etat. Je n'ouvris donc pas mes malles, afin d'être prêt à partir; triste commencement, surtout pour uo jeune homme qui débutait dans la carrière diplomatique, et qui devait trembler de se tromper à chaque pas qu'il faisait. Enfin le sénat se montra, comme toujours , fils soumis et obéissant de l'Eglise; il m'envoya, selon l'usage, une dépulation composée du bourgmestre-régent, de deux conseillers et du secrétaire, tous en costume de cérémonie, pour me reconnaître'solenneliement en ma qualité de nonce apostolique, et me présenter le vin d'honneur^ hommage otTert en Allemagne aux] personnages constdérabiesi et qui consiste eu quelques bouteilles
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de Tin vieoi du Rhin. i*en donnai avis h la secrélatrerie d'Etat, et , le 26 juin 1786, je reçus la rérK)nse suivante :
« Le Saint-Père approuve entièrement les démarches respectueuses faites auprès du prince-électeur. Il n'y a rien de nouveau ni dMnattendu dans les réponses de la cour électorale et dans sa conduite envers vous. Le nonce ayant satisfait à tous les devoirs de convenance devra s^abstenir de nouvelles démarches auprès de la cour dt Bonn, h moins qu'il ne reçoive des ordres contraires. » Cependant je crus devoir m'écarter un peu de cette instruction, et, dans les premiers jours de 'mon arrivée à Cologne, ie proGtai de quelques à-propos pour faire insinuer à la cour de Bonn qu'aussitôt que j*aurais l'assurance d'être reçu comme mes prédécesseurs, j'étais disposé à faire les premiers pas. Mais tout rut inutile, parce qu'on était bien résolu à ne recevoir aucun nonce, s'il ne promettait d'abord de renoncer è sa juridiction. Quand je fus certain de pouvoir résider à Cologne, j'adressai par la poste mes lettres de créance à tous les princes dont les Etats étaient du ressort delà nonciature. Ce ressort était très-étendu; car. outre les trois archevêques -électeurs, le nonce de Cologne était accrédité auprès des évêques de Munster, d'Hildesheim, de Paderborn, d'Osnabruck, lorsqu'il était Catholique, de Fulde, de Wirzbourg, de Worms, de Spire, de Liéga, etc. EnGn auprès des abbés de Corbie et de Slavelo, des abbesses d'Essen et de Thorn ( ces deux dernières principautés étaient alors réunies dans la princesse Cunégonde de Saxe). Les princesëvéques, les abbés et l'abbesse d'Essen et de Thok*n me répondirent poliment, reconnurent ma qualité de nonce apostolinuc, et protestèrent do leur dévouement et ue leur obéissance filiale au Saint-Siège et au Pape régnanti Pie VL En août 1786 mourut le
fSrand Frédéric U, roi de Prusse ; Ten reçus a nouvelle oflicielte par un billet de M. Dohm, minisire de la cour de Berlin près le cercle de Westphalie, résidant à Cologne. Dans ma réponse officielle, quoique pleine de courtoisie, je dus m'abstenir do donner au monarque défunt le litre de roi ; en voici le motif. Quand, en 1701, Frédéric, électeur de Brandebourg, prit le tilre de roi et fut reconnu comme tel par toute l'Europe, le Pape CléoieutXI protesta solennement dans un bref, et, depuis cette époque, le Saint- Siège n'avait jamais voulu reconnaître la dignité royale dans les électeurs de Brandebourg. Le ministre, prussien comprit la cause de ma rélicence et ne s'en oITensa pas ; mais, quelques jours après, il me fit visite et me dit que Rome ferait une chose^agréable au nouveau souverain, Frédéric-Guillaume H, en lui donnant le titre de roi dans l'ii/manach romain. Je transmis cette communicaiion à Rume, et, l'année suivante, la saiisfaciion demandée fut accordée. Le 25 août eut lieu la clôture du congrès d'Ëms, tenu par les quatre députés des archevêques d'Allemagne îles députés signèrent les ar-
ticles arrêtés par eux; et, au commencement de septembre, les quatre archevêques les adressèrent à l'empereur Joseph H, avec une lettre commune écrite par une plume trempée dans le Sel, lettre pleine d'accusations calomnieuses contre le Saint-Siége...i» Ces fiers princes-archevêques ne pensaient pas que la révolution française allait bientôt les dévorer. Le jeune nonce eut è lutter contre bien des diflicultés ; il en triompha par la dignité de sa conduite, par sa capacité et par son courage. Il défendit avec énergie les droits du Saint-Siège et força les curés compris dans le ressort de sa nonciature à ne reconnaître, relativement aux dispenses de mariage, que l'autorité seule compétente du Souverain Pontife. Sur les ordres de Pie VI, dans une lettre encyclique adressée aux curés , il déclara nuls les mariages avec empêchements dirimaots contractés sans la dispense du Saint-Siège. Les archevêques-électeurs de Cologne, Trêves et Mayence publièrent des manifestes contre l'encyclique et portèrent leurs plaintes è l'empereur Joseph IL Mais Pie VI adressa è 1 archevêque de Cologne une lettre pleine de force dans laquelle il déclarait que son nonce n'avait fait qu'exécuter avec modération ses ordres formels, et il rappelait qu*i7 n'y a de valabUi dispemei aux empéchemenli dirimanii que cellee du Saint- Siège. Dès que Pie VI apprit l'évasion de Louis XVI, en 1791, s'empressant de manifester à ce prince la consolation qu'il éprouvait à l'occasion de cet événement heureux, il voulut lui envoyer un nonce extraordinaire pour le féliciter et pour apporter remède aux maux qui aflliseaient la religion catholique dans un Elatdéjh séparé du Saint-Siège par un funeste schisme. Cette mission fut conGée À Pacca, uni était nommé nonce extraordinaire près le roi de France en quelque lieu qu'il fût. Un courrier lui apporta de longues instructions sur les grandes atfaires qu il aurait à négocier, avec la lettre suivante destinée à Louis XVI:
« A notre très*cher Gis en Jésus-Christ, roi très-chrétien des Français, le Pape Pie VL
« Très-cher Gis, nous apprenons qu'il est enGn arrivé cet événement, l'objet de tous nos vœux, que Votre Majesté, après tant de vicissitudes, d'angoisses et de dangers, est enGn parvenue à s'échapper, avec toute sa famille royale, du milieu d'une populace cruelle, eifrénée et frémissante de rage, et que déjà elle se trouve en lieu de sûreté. Nulle parole humaine ne pourrait exprimer la joie que cette nouvelle vient d'apporter dans notre cœur; etcette joie ce n'est pas nous seulement qui la ressentons, mais tout notre peuple, toutes les classes, sans exception,iie nos Etats, qui rendent grAces à Dieu, de vous voir, vous et les vôtres, échappés è tant de dangers. Les places et les rues de cette ville retentissent encore des cris d'allégresse de tout le peuple romain, se félicitant de votre délivrance; et, pour que vous ne puissiez nous taxer d'exagératiODSi nous invoquons le témoignage
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