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vôque de Sienn<^, qui roulait retourner en Allemagne, el le Bt cardinal en H56. Calixte étant mort le 6 août li58, treize jours après le cardinal de Sienne fut é\\i en sa place, et prît nom Pie II. (Voy. le Dict. des Papes.)
PIB m (François TODESCHINI, ou PIC- COLOMINI), né le 9 mai 1499, était fils d*une sœur de Pie II, lequel Tadopta dans la famille de Piccolomini, le fit archevêque de Sienne et cardinal en 1460. — Après avoir occupé différents emplois jusqu à la mort d'Alexandre Vl, il fut élu, lo 22 septembre 1503, grAce au cardinal de la Rovère« 3 ai né cherchait alors qu*è exclure le carinal d*Amboise, jusqu'à ce qu'il crût le moment venu pour lui d'arriver au pontificat. Ce digne et savant Pontife mourut bientôt après d'une plaie qu'il avait à la jambe, , Tion sans soupçon d'avoir élé empoisonné, le 18 octobre de la même année, vingt-six jours depuis son élection, et dix après .ion couronnement. Il eut pour successeur Jules II.
PIE IV (]BA!f-A!fGB MEDICI), Milanais, né en 1499, était frère du marquis de Marigoan qui «^illustra dans la carrière militaire. ^ Protonotaire sous Clément VII, il mérita les bonnes grâces du cardinal Farnèse qui, élevé au pontificat sous le nom de Paul III, l'emplojra en diverses légations, lui donna plusieurs bénéfices, et l'éleva à la dignfté de cardinal en 1549. — Nommé par Jules III légat de l'armée envo;)rée contre le duc de Parme, il fut traité moins favorablement par le Pape Paul IV, ee q.ui ne l'empêcha pas de mériter le surnom de Pire des pauvres et de Prolsciiur des Muses. Enfin il ceignit la tiare après le même Paul IV, et fut élu la nuit après le jour de Noël 1559. (yoy. le Dict. des Papes.)
PIE V (Michel GHISLERI) naquit, le 17 janvier 1504, d'une famille obscure, è Bosco, au diocèse de Tortone, dans le Milanais. Entré, dès l'âge de 15 ans dans l'ordre de Saint-Dominique, il s'y distingua par ses talents et par ses vertus, et y enseigna la philosophie et la théologie. Après avoir rempli différentes charges, il fut nommé iD((uisiteur de la foi, ce qui le Ut conaître el estimer du cardinal Caralfe, commissaire général de ce tribunal sévère. Caraffe, élevé au pontificat sous le nom de Paul IV, lui dona l'évéché de Sutri.Ghisleri se proposait de quitter cette dignité pour se retirer dans son premier monastère; mais Paul IV s'y opposa, le nomma cardinal en 1557, et inquisiteur général de la foi. Pie IV lui donna en 1560, l'évtché de Mondovi, et l'eut pour successeur le 7 janvier 1566. ( Voy. le Dici. des Papes.)
PIE VI (J«Aif-Ai«GE BRASCHI), successeur de Clément XIV, prJt naissance è Césène, dans les Elats pontificaux, le 27 décembre 1717. Sa famille, noble et ancienne, quoique peu riche» lui fit donner une excellente éducation, qui lui permettait d'espérer les f>remières dignités ecclésiastiques. Secrétaire de Benoît IV, auditeur, puis trésorier de la chambre apostolique, enfin cardinal*
il ne resta étranger è aucune des grandes affaires des pontificats de Clément XIII et de Clément XIV, auquel il sucéd^ le 15 février 1775. {Voy. le Dict. des Papes )
PIE VU (BiBNABé Louis CHIARAMONTI)^ né h Césène le 14 août 1742, du comte Scipion Chiaramonti et de la comtesse Jeanne Ghini, entra, en 1758, dans l'ordre des Bénédictins. — Lecteur dans un couvent de cet ordre h Rome, en 1775, il fut ensuite nommé par Pie VI, son compatriote et son paretit« évoque de Tivoli, puis d'Imola, et cardin»t en 1785. C'était une justice rendue & ce sa*, vaut modeste, au prélat exemplaire. Pendant les mauvais jours qui se préparaient pour l'Italie, l'évoque d'Imola ne quitta son évéché que quand dos devoirs impérieux l'appelaient ailleurs. Nul ne fut plus afilj^é des désastres de TEglise, de sa patrie, des malheurs de Pie VI. Après la mort de cette auguste victime, les cardinaux pensèrent à s'assembler f)Our lui donner un successeur.- Réunis à Venise le 6 décembre 1799, au nombre de 35, ils élurent Chiaramonti la 14 mars 1800. {Voy. le Dict. des Papes^ et les articles Consalvi, Pacca, etc.)
PIE VIIIfFRANçois-XAViEft CASTIGLIONI), naquit è Cingoli, près d'Ancône, le 20 no« vembre 1761, d'une famille noble et recom« mandable. Plein d'heureuses dispositions, il fit de rapides progrès dansées lettres et surtout dans l'étude de la jurisprudence canonique et delà théologie.— On peut dire qu'il n'eut ni enfance, ni ieunesse, puisaue sqs ncMittres étaient obligés de lui ordonner de s'amuser. Quant à Tui| il ne connaissait d'autre distraction que l'étude } et ces études s'étendaient aux principales branches des connaissances humaines. Jeune encore, il prit une très-çrande part à la composition du Jus eanonicum de Devoti. Aussitôt après son exaltation. Pie VII, juste appréciateur du mérite, nomma Castiglioni évèque de HontaJte, ville des Etats de l'Eglise, èquinze^ kilomètres d'Ascoli, et patrie de Sixte-Quint. Quand s'ouvrirent les relations de Pie VII avec le premier consul, le Pontife eut plus d'une fois recours aux lumières de l'évèque de MoBtalte. Ces. lumières, autant que^ s» sagesse et sa fermeté furent précieuses dans les mauvais jours; mais son zèle le fit bien* tôt signaler. Le prélat surveillé, puis arrêté» > fut exilé successivement à Milan, è Parie et à Mantoue. Il resta soumis à la surveil-* lance de la police impériale jusqu'aux événementsde 1814, oàil lui fut permis d'aller reprendre son siège. Compris dans la promotion des vingt*hi]it cardinaux créés en 1816, il fut alors transféré à ré%êché de Césène, patrie des deux derniers Pontifes. Hus tard, passant dans Tordre des cardinaUiCévoques, il était nommé graud pénitencier^ fonctions qui dematident une science pro* fonde, unie à une vie austère, et pour lesquelles semblait fait le cardinal Castiglioni. On s'attendait qu'il succéderait h Pie VII; ce Pontife lui-môme, parlant au cardinal Castiglioni, lui disait familièrement: « Votre Sainteté Pie VIII fera mieux (|ue. nous
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après noQS.ir Léen XII^ siia^esseor de Pie VII, venait de mourir le 10 férrier 1820. Comme grand pénitencier» Castîglioni avait reçu les derniers soupirs des deux Pontifes. Il fui élu Pape le 31 mars 1S29. (Foy. le Die t. dei Papes.)
PIE IX (lEAfi-MiRiB MASTAI FERRET- Tl), de la noble Tamilledes comtes Mastaï, est né b Sinigaglia» ville de 7,000 Ames» sur rAdriatîaue, dans la légation d*Urbin-et- Pesaro, le 13 mai 1792. — Les premières années de sa jeunesse se' passèrent dans le monde où le faisaient remarquer sa naissance, ses talents, ses manières élégantes et distinguées. Destiné à la carrière des armes, il entra dans les gardes-nobles. Survinrent des accidents nerveux qui firent bientAt craindre qu*il ne tombât dans l'épilepsie. Les médecins n'espéraient point de guérison. Pie VII, touché de Tétat du jeune homme, rengagea h faire le pèlerinage de Loretle et à implorer Tassislance de la sainte Vierge. Mastaï Ferretti se rendit h ce conseil. Sa guérison fut complète. Fidèle au vœu qu'il avait fait, il voulut se consacrer au service des autels. Ses études ecclésiastiques terminées et ordonné prêtre, « Tabbé Mflsiaî prit la direction de l'hospice Tata Giovannt : on nomme ainsi une maison qu'avait fondée, pour faire vivre et élever chrétiennement de petits et pauvres orphelins, un vieillard chrétien» maçon de son métier, dénué de toutes ressources, mais riche .des trésors de la charité. Le jeune prêtre , touché de ce dévouement , lui associa le sien; il consacra son temps, son travail, son argent, tout ce qu'il avait, h cette œuvre de pieté et de bienfaisance. Il a fait ainsi son apprentissage auprès des oavriers,des pauvres et des orphelins ; il Ta continué pari apostolat. » (M. Bretonhbau.) MgrHuzi ayant été envoyé vicaire apostolique au Chili, l'abbé Mastaï l'accompagna en qualité de théologien. Il a done eu Farantage de toucher aux limites presque extrêmes de l'Eglise qu'il devait être appelé k
fouverner. Des différends ne tardèrent pas s'élever entre les envoyés du Saint-Siège el le gouvernement chilien. Le jeune théologien se fit remarquer par sa capacité et ?ar son courage. Pour le récompenser, le ape Léon XII le nomma prélat, chanoine de Sainte-Marie m Via hia, puis président du grand hospice Saint - Michel , a Ripa Grande^ un des plus beaux établissements de ce genre qu'il y ait au monde. Le Si mai 1827, Léon XII le promut è l'évêché de Spolète, que Mgr Mastaï occupa cinq ans, et où il se fit chérir de ses diocésains. Transféré en 1839 sur te siéçe dlmola, il fut, le lidécembre 18M,procTamé cardinal du titre des Saints-Pierre et Marcellln. 11 avait alors 48 ans. Telle était sa réputation de vertu, détalent et de sainteté, que le peuple luimême le désignait comme le futur Pontife. Grégoire XYI venait de mourir en 1846^ Après une vacance du Saint-Siège de seize jours et deux jours de conclave, l'élection du cardinal Mustai fut eplevée par acclama
tion, le 16 juin 1846. Le nouveau Pontife, qui prit le nom de Pie IX, en mémoire de Pie VU, évêque d'Imola comme lui, et sous lequel il était entré dans le sacerdoce, écrivait aussitôt k ses trois frères: « Il a plu à Dieu qui exaljte el qui humilie, de ro'élever de mon insignifiance à la dignité la plus sublime de la terre. Que sa volonté soit faite I je sens l'immensité de ce fardeau et la faiblesse de mes moyens. Priez pour moi. Si la ville voulait faire quelque démonstration publique k cette occasion, je vous prie de faire en sorte que la totalité de la somme destinée k cet objet soit appliquée à des objets jugés utiles h la ville par l'administration. Quant à vous-mêmes, mes chers frères, je vous embrasse de tout mon cœur en Jésus-Christ. Ne vous enorgueillissez pas, mais prenez plulAt en pitié votre frère qui vous donne sa bénédiction apostolique.» Pie IX est le 255* successeur de saint Pierre. La cérémonie de la prise de possession eut lieu le 8 novembre 1846* « D'après les anciens usages, les prélats composant le tribunal de la Rote devaient figurer è cheval dans le cortège ; mais Pie IXa voulu réduire le cérémonial à la forme suivie par Pie VII : au lieu de se rendre à cheval à la basilique de Saint-Jean do Latran, les membres du Sacré Collège s'y rendront en voilure. La cérémonie ne perdra rien pour cela de sa pompe; plus conforme h l'esprit des temps modernes, elle n'eu sera que plus grave et plus imposante.
Vers les deux heures, le Pape est arrivé sur la place de Saint-Jean de Latran. Le prince Orsini, sénateur de Rome, accompagné des conservateurs, des principaux magistrats du Capitole, de toutes les personnes de leur suite et d'un bataillon de la milice urbaine, attendait Sa Sainteté k l'oratoire de Tarchiconfrériedu Très-Saint- Sacrement, près d*i la Scala sancta^oit avait été dressé un portique richement décoré. Le grand écuyera ouvert la portière de la voilure du Pape et le prince-sénateur, au nom du peuple romain, a exprimé à Sa Sainteté, dans un discours latin, l'hommage d*obéissance et de fidéliié. A quelques pas de le, le vénérable chapitre de Saint-Jean de Latran est venu h la rencontre du Pape; la chaîne qui ferme rentrée du grand escalier de la basilique s'est abaissée ^ le Saint- Père est descendu de voiture ets'est avancé jusuu'à la grille du grand portique. Là le carJinal Barberini, archiprêtre de la basilique, lui a présenté la croix qu'il a respectueusement baisée à genoux, tandis que le clergé chantait l'antienne: Ecc$ iacerdoê magnus.
Le Sacré Collège, le corps diplomatique» plusieurs membres de la noblesse romaine étaient déjh réunis sous le portique, autour du Irène qui avait été élevé près de la Por/f- Sainie. Dès que le Pape y a été assis, le cardinal-archiprêtre s'est avancé, a filit une inclination profonde, a harangué leSaint-Père et lui a présqnté les clefs de la basilique, qu'un prélat portait ft cOté é^ tm « 4aM9 ua
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liassio d*or. Sa Sainteté a tenda la main pour les recevoir f et ensuite les a rendues au même prélat. Leseardinaux-évèques portant la chape et la roitre blanches, les cardinauxprêtres la chasuble» et les cardinaux-diacres la dalmaiique de la ro6me couleur, se sont rangés, ainsi que les évèqiies et les prélats, autour du trAne du Pape , pendant que le chapitre et le clergé de Saint-Jean de Latrap étaient admis au baiseoient du pied-
Après Tadoration , le Pape est entré dans la^ basilique par la porle majeure, où le dojen du Sacré Collège est renu lui présenter Tencens et Teau bénite. La procession sVsl avancée dans Tintérieur de I église ; le Pape était porté sur son tr6ne, placé sous le baldaquin , comme dans les grandes solennités. Le chœur de la chapelle pontiflcale a entonné le Te Deum. Arrivé devant Tautei de Martin Y, où le Saint-Sacrement était exposé; Pie IX est descendu de sou trftno , s'est mis h genoux sur le prie-Dieu et a adoré quelque temps le Seigneur , tandis que le chœur chantait le verset Te ergo quœ' Mumue. La procession remise en marche s'est arrêtée une seconde fois devant la tribune où reposent les têtes de saint Pierre et de saint Paul. Après avoir vénéré ces insignes reiii|ues, le Saint-Père est allé s'asseoir sur le trOne pontifical , au centra ue Tabside de la basilique. Les cardinaux se sont avancés par rang d'ancienneté, pour la cérémonie de l'obédience, et, au moment où ils lui ont baisé la main , le Pape a déposé dans leur mitre entr'puverte ueux médailles que le trésorier, è genoux près du trône, présentait à Sa Sainteté. L'obédience terminée , le Pape est allé de son trône à l'autel papal ; il j a déposé l'oiïranda d'usage renfermée dans une bourse brodée en or. La munificence de Pie IX s'est montrée en cette circonstance: il a fait don h l'église d'une somme de 2^,000 fr. etd'un calice en or massif. Après cette offrande , le visage tourné vers le peuple et la tête découverte, il a donné la bénédiction apostolique, puis il est rcAnonté aur le trône portatif: c'est alors qu'il a pris pour la première fois la tiare. Il a été ainsi porté processionnellement, précédé de la prélature , des évoques , des patriarches et des cardinaux , jusqu'au grand balcon de la principale façade de la basilique. En ce moment » l'aspect de l'auguste Pontife , apparaissant pour la première fois avec la triple couronne sur la tête, a électrisé h'mniense multitude qui couvrait au loin la
glace de Saint-Jean , les larges avenues de ainte-Croix de lérasalem » jusqu'au mur d*enceinte de la ville. L'enthousiasme populaire a éclaté avec un élan qu'il est impossible de rendre.
Ces vives acclamations de tout un peuple ivre de joie, cette masse de tant de milliers d*hommes agitant des mouchoirs ou des drapeaux de toutes les fenêtres , de toutes les tribunes élevées sur la place, de tous les cAtés de cette immense enceinte , avaient quelque chose d'électrique; puis toutes ces Toix ont fiiit silence , tout ce peuple est
tombé à genoux : le Pape'i debout sur son trône, la tiare en tête, les bras étendus, était bien en réalité le Pontife pacificateur suspendu entre le ciel et la terre : il a béni Rome et le monde, et celte bénédiction solennelle, regue dans un profond recueillement, a été suivie de nouvelles et plus vives acclamations mêlées aux fanfares militaires, au son des cloches, au bruit de seize pièces de canon rangées sur la pelouse de Sainle- Croix de Jérusalem. On évalue k plus de 50,000. le nombre des étrangers qui sont arrivés li Rome à cette occasion, de tontes les parties des Etals pontificaux et des BtaC^ voisins. [Ibid.) Les manifestations de la joie publique avaient pris un tel développement
3ue le Kouvernement pontifical jugea de son evoir de chercher k y mettre un terme. Une circulaire, envoyée aux diverses autorités des provinces , recommandait d'arrêter ces démonstrations dispendieuses , et qui dis* trayaient de leurs travaux les populations.
Les traits de Pie IX sont pleins d'animation et de noblesse; ils rappellent la grkre de Pie VI. Sa taille est moyenne, sa voix sonore ; son geste a un charme et une distinction toute particulière. Sa personne commande la confiance et inspire le respect. Bien que son organisation physique paraisse débile, sa santé nabituellement satisfaisante., donne lieu d'espérer qu'elle suflira aux travaux pénibles de sa haute mission. Sa parole est élégante et du meilleur goAt, quoique toujours simple. Elle s*éiève facilement h l'éloquence. C'est le gentilhomme , c'est le monarque qui ne se laisse pas arrêter k des effets oratoires, qui est sûr de ses auditeurs, qui laisse tomber des avis paternels énoncés avec un k-propos, un esprit, une grâce et une affabilité parfaites, et qui trouve d autant plus sûrement le chemin des cœurs qu'il n'a l'air de rien chercher, et qu'il estlui-même simple et convaincu. (i6td.) Quelques traits le feront mieux connaître.
Un habitant des Manti^ quartier voisin du Quirinàl, n'avait pour tout moyen d^exis* tence au'une mauvaise charrette et un cbe-> val qu il venait de perdre. Il eut la pensée d'aller au Qûirinal exposer son infortune et demander tout simplement un des chevaux des écuries du Pape, un de ces chevaux de rebut qui ne travaillent plus. Il rencontra sur l'escalier le secrétaire de Sa Sainteté, qui se chargea de présenter fa requête. Le Papo trouva ridée excellente, et fit donner un cheval k ce pauvre homme avec SO écus pour remonter ses affaires. 11 fallait voir la joie de ce malheureux 1
Lorsque Pie IK était sur le sié^e dlmola, il lui arrivait souvent de donner jusqu'k son dernier sou. Un jour qu'il ne lui restait pas la moindre pièce de monnaie, une pauvre femme se présente et lui demande l'aumône. Ne sachant plus que lui donner, le saint évêque aperçoit un couvert d'argent sur une table : « Prenez-le, » dit-il k cette pauvre femme, » allez le mettre au monl-de-piété;je le retirerai quand j'aurai de l'argent, b
Depuis que le cardinal est devenu Pape»
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un habitant de Pi<e lui lëgua en mourant une somme de 6,000 écus. Le Saint-Père accepta le legs , maïs défendit que la somme lui fût envoyée \ Rome : il roulut la dépo* ser dans la Tille du défunt. 3,000 écus furent affectés au soulfigenienl i\es indigents de PIse ; les 3,000 autres furent destinés k composer des dots pour les jeunes fliles pauvres.
La police de Rome avait arrêté an homme qui distribuait clandestinement des exemplaires d'un pamphlet intitulé: HUioire de Fie 1X9 Pape fn/riif , ennemi de la religion ^ chef de la jeune Italie. Dès qu*il eut connaissance de cette arrestation , le Souverain Pontife fit amener le coupable en sa présence, et, après Tavoir interrogé avec bonté, il lui dit: «TiOmme votre faute n'atteint que moi, je vous pardonnp. » Cet homme, touché d'une telle générosité, fondit en larmes , et se jetant aux pieds du Saint-Père, il offrit de lui dire le nom des auteurs du pamphlet. Le Pape ne voulut rien entendre : t Que leur faute, s*éeria-t-il , reste ensevelie dans le silence , et puisse le repentir pénétrer dans leur cœur!»
Quelques exaltés faisaient circuler une caricature représentant Pie IX sous la forme d'une tortue; on Tapporle au Pape: « Vraiment, dit-il I je voudrais l'avoir faite, cette raricature; oui, j'avance lentement, mais j'avance toujours ; je suis tortue, mais point écrevisse. •
Un enfant de 12 ans avait une mère Agée, infirme et dans la misère; il écrivit directement au Pape pour lui dire qu'il avait besoin de 37 paoïi, destinés k acheter divers objets indispensables h sa mère; il ajouta qu il passerait le lendemain chez Sa Sainteté
Cour prendre les 37 paoli , si elle voulait ien le permettre. Pie IX , qui ouvre luimême ses lettres, donna l'ordre qu'on ameiiAt devant lui l'enrant , s'il se présentait. Admis devant Sa Sainteté, l'enfant exposa de nouveau l'objet de sa demande. Pie IX lui donna une pièce d'or. « Ohl mais, Très- Saint-Père, dit l'enfant, cela ne fait que SO paoli , et il m'en faut encore 17. » Le Saint-Père tira de sa bourse une nouvelle pièce d'or, la remit k Penfant qui ajouta en le remerciant : « C'est 3 paoli de trop , et je n'ai pas de quoi vous rendre. » Le Pape se prît a rire de la naïveté de l'enfant , et lui dit de les garder; puis il le fit suivre pour s'assurer s il faisait bien les emplettes auxquelles cet argent était destiné. Touché de son exactitude et de sa sincérité , Pie IX le fit venir le lendemain, lui témoigna sa satisfaction, et lui annonça qu'il se chargeait désormais de son éducation et de son avenir. «Merci, Très-Saint-Père, » dit l'enftnt , « mais je ne puis accepter; c'est moi qui fais le lit et la cuisine de ma mère, et je ne saurais la quitter, b Le Pape, plus ému encore, lui dit : « Eh bien I puisque vous êtes si pauvres, ta mère et toi , je me charge de tous les deux. »
Pie IX est bon , gracieux , affable envers tous, avep le pauvre comme avec le riche. Il
a désigné le jeudi de chaque semaine pour nne audience publique. Quarante-huit personnes des dernières conditions sont ajmises sans dietinction aucune. Chacun lui porte ses plaintes , lui indique les abus« lui peint sa position, et chacun sort satisfait.
L'équité domine toutes les pensées, tontes les paroles, toutes les actions de ce saint Poniife. Un employé du ministère se plai-
f^nitau Pape d'un passe-droit qu'on lui avait ait. On alléguait son incapacité pour lui refuser la place qu'il attendait depuis vingt ans. Le Pape ne répondit rien , mais il fit formuler trois questions très-difficiles ayant rapport à l'administration dans laquelle était cet emfiloyé , et il les lui donna à résoudre. Celui-ci se tira de l'épreuve à merveille. Le Pape fit appeler le cardinal oui avait fait le passe-droit, et lui dit : « Excellence, l'homme
aui peut faire un tel travail est très-cannble e remplir l'emploi que vous Itii refusez. Dans deux jours je veux qu'il soit installé h cette place , et qu'à Tavenir il n'y ait plus rien de semblable.» Le cardinal s inclina et disparut; l'homme eut la place, et Justice Ait faite.
Les premiers actes de Pie IX sont des actes de clémence. Il acquitte de êes deniers les dettes de tous les prisonniers détenus au Capitole , et consacre à cette œuvre de charitable libéralité les économies qu'il se propose de faire dans son service personnel. Plus de douze mille écus romains sont répartis à titre de dots entre des jeunes fliles pauvres. Il encourage les collectes en faveur oes amnistiés nécessiteux. Il prononce un généreux pardon pour tous les condamnés ou inculpés politiques. Des milliers de firisonniers sont rendus k la liberté. AncAne est déclaré pari franc; les subsistances sont assurées , la justice énergiqiiement rendue. Peu soucieux des traditions du passé, el n'écoutant que les inspirations de son esprit supérieur et de sa conscience. Pie IX étend aux pères de famille Israélites les privilèges concédés en certains cas aux pères de fii«* mille catholiques , et il prescrit que , dans tous les cas , les Juifs nécessiteux soient assimilés aux Catholiques pour les secours distribués par les caisses publiques de bienfaisance. Sa sollicitude embrasse toutes les parties de l'administration publique^ Pour remédier au déficit toujours croissant du trésor, il statue que cliaque couvent , pendant trois années consécutives, payerait dix scudi , et chaque curé , un scudo. Bn même temps , il s'impose des habitudes sévères d'économie. Il a commencé par la réforme do sa table; il a dit k son majordome t «Quand l'étais évAque, je dépensais un éeu par jour; lorsque je fus fait cardinal, je dépensais on écu et demi ; maintenant que Je suis Pape, vous ne dépenserez pas deux écus. » Il a supprimé toutes les dépenses de luxe. Des quatro-vingts chevaux oui composaient l'écurie pontificale, il en a bit vendre cinquante. Puis est venu le tour do jardinier en chef, personnage important, et avant on carrosse ; le Pape lui demanda : « Combien
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