‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 201 sur 350 · FOL · texte numérisé non relu

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3ui peuvent passer'poar des chefs-d'œuvre e politique et d'éloquence.

t POLUCCI (Frahçois)/ né è Forli, secrétaire des brefs» créé, en 1657, par le Pape lAlexandre VII, prétro-cardînal du litre ae jSainl-Jean Porte Latine, mourut en 1661. POLUS (Renaud POLE, plus connu sous le nom latin de), né, en mars 1500, è Stowerton-Castle, dans le comté de Stafford» est un des beaux caractères de l'histoire. — Il était fils de Richard, cousin-geriiiain du roi nenri Vil; sa mère était Marguerite, comtesse de Salisburj, fille de Georges, duc de Clarence, et frère d'Edouard IV. A TÂge de 19 ans, après avoir fait ses études à Oxford, il alla voyager sur le continent. Il passa cinq ans à étudier à l'université de Padoue, et s'y lia avec Bembo, Sadolet, depuis cardinaux comme lui, et avec beaucoup d'autres savants de cette époque de renaissance alors si brillante en Italie. Après avoir visité les principales villes de cette contrée, il retourna en Angleterre, et vécut loin de la cour, bien qu'il fût très-considéré du roi Henri Vin. Ce dernier avait épousé avec dispense du Pape la veuve de son frère atné Arthur, Catherine d'Aragon, fille de Ferdinand et d'Isabelle, et tante de Charles V. Après dix-huit ans de mariage, il s'éprit d'Anne deBollen, une des suivantes de la reine; et alléçuanl des scrupules religieux sur ce mariage, il sollicita vainement Clément VII pour en obtenir la dissolution. C'est pendant les négociations qui eurent lieu pour cet objet que Polus jugea prudent de quitter l'Angleterre pour se retirer è Paris. Henri, n'ayant pas réussi auprès du Pontife, espéra trouver plus de complaisance dans les universités. Il chargea Polus de servir ses intérêts, ou plut6t sa passion, auprès des docteurs français; mais celui-ci se garda bien d'en rien faire. Henri, qui attachait la plus grande importance au suffrage d'un homme entouré de l'estime publique pour sa droiture et son savoir, l'appela auprès de lui et mit tout en œuvre pour le gagner; mais promesses et menaces, tout fut inutile ; Polus ne cessa nas de se prononcer contre le divorce. Il était réfugié en Italie, quand le tyran le fit sommer de reconnaître sa suprématie spirituelle; et, sur le refus de Polus, le déclara déchu de ses bénéfices et de la pension qu'il lui faisait. Le Pape Paul 111 le dédommagea eu le revêtant de la pourpre sacrée, et en l'envoyant comme légat en France et en Flandre, d'où il serait è portée de retourner en Angleterre, dans le cas où réussirait la négociation ouverte par Charles Vet François 1", pour réconcilier avec Rome le prince anglais. Celui-ci, sourd à toute proposition, ne pensa plus qu'à se venger du cardinal. Il le fît déclarer par son servile parlement, coupable de haute trahison, condamnera une amende de cent mille écus; obligea François 1" à l'expulser de la France ; fil les offres les plus brillantes aux Etats de Flandre, sur le territoire desquels il s'était retiré, s'ils le lui livraient; enfin il promit cinuuaate mille écus è qui lui apporterait

ia tôte du prélat. Celui-ci se r<^fugia h Viterbe, où Paul III lui donna des gardes. Henri VIII, ne pouvant l'atteindre, se vengea sur la famille au cardinal ; il fit condamner et exécuter comme traîtres la comtesse de Salisbury sa mère, lord Montaigu son frère et plusieurs autres de ses parents. Cependant le Pontife le chargeait d'écrire contre Vinterim; on désignait sous ce nom un concordat dressé à Augsbourg par Charles V en 15^8, pour apaiser les troubles religieux de l'Alleniagne; il faisait des concessions aux luthériens comme aux Catholiques, et mécontentait les deux partis. Précédemment le même Pontife l'avait Jélégué comme un des trois présidents du concile de Trente. Après la mort de Paul III en 1549, tous les vœux appelaient Polus sur le trône pontifical, et il y eût été élevé, pour peu qu'il eût voulu s'y prêter: Jules III, qui fut élu, lui disait, en l'embrassant, que c'était è la modestie et è l'humilité du cardinal au'il devait son exaltaiion. Celui-ci, retiré dans un monastère près de Vérone, était tout entier à la prière et è l'étude, quand Marie, fille de Henri VIII et de Catherine d'Aragon, fut appelée au trône. Cette princesse, restée Catholique comme sa mère, admirait la vertu du catUinal Polus; et, comme il n'était que diacre, elle pensait à l'épouser. Charles* Quint, de son côté, poursuivait, pour son fils Philippe, la main de la nouvelle reine. C'est alors que Jules III nomma le cardinal Polus son légat en Angleterre, pour qu'il y travaillât à rétablir le catholicisme. Comme le légat traversait la Souabe, Charles V, qui n'ignorait pas les dispositions de Marie, le fit arrêter. Il gagna les ministres de Marie qui l'obligèrent à subir un mariage qu'elle redoutait, et qui devait la rendre si malheureuse. Le légat, qui n'était plus è craindre» fut laissé en liberté ; il fit son entrée solennelle è Londres le 9k novembre 1554, et reçut l'abjuration des membres des deux chambres, qui ne tardèrent pas à abjurer, en sens contraire, sous Elisabeth. Bientôt après, ordonné prêtre, il fut nommé archevêque de Cantorberjr, primat du royaume, et président du conseil. Il aurait voulu qu'on procédât par degrés è la révolution religieuse qui s'opérait, qu'on s'abstînt des voies de rigueur, mais les évoques Gardiner, Bonner, Tirlby, étaient maîtres du gouvernement, ils tenaient à l'exécution des lois portées par Henri VIII contre les hérétiques. Quant au cardinal, il ne se départit jamaisde sa modération, n'employa que des mesures conciliantes et préserva son diocèse des exécetions qui en ensanglantaient d'autres. S'il obligeait les prêtres mariés à se séparer de leurs femmes, et à s'abstenir des fonctions sacerdo^ taies, il ne les destituait point. Il maintenait dans leurs bénéfices et dans leurs fonctions des évoques et des prêtres, qui avaient adhéré au schisme de Henri VllI. Il ratifia aussi l'aliénation des biens du clergé en faveur de leurs possesseurs actuels. Paul IV était monté, en 1655, sur lekône pontifical. Il n'aimait pas le cardinal, et lui relira ses

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