‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 247 sur 350 · I6SS · texte numérisé non relu

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chambre , pirr son cliapelain » aussitôt qii*il était éveillé; puis il se recouchait pour se lever è Theure accoutumée. Le Pape l'avait dispensé de dire TOffice canonial aui différentes heures, mais il y suppléait par une formule de prières plus courtes et approuvée par le Sainl-Siége. Il aimait les |Té'iieateurs en renom , les appelait dans sa chambre, et les faisait prêcher pour lui seul , a8n de pouvoir entendre des choses ifui lui convinssent. Il témoignait toujours un vif repentir de ses péchés.... » {Mémoi' res relatifs à Phistoire de France ^ tome X, 2* série, pag. 100. Collection Petitot, Paris, 1819-1824.)

Nous n'avons pas à repousser les accusations calomnieuses portées contre ses mœurs, et qui se réfutent d'elles-mêmes. I^lais sous le rapport religieux et moral , qu'il y a loin des habitudes du cardinal français, è l'austérité du Franciscain espagnol I Quel foi vive, quelle piété ardente dans celuici; quel mépris des grandeurs! il ne les conservait que pardévouement et par patriotisme. Richelieu ne pouvait vivre sanselles» et il les avait poursuivies avec autant d'ar* deur que l'autre en avait mis pour tAcher de 8*y dérober. L'un et l'autre furent bienfaisants et généreux; mais la libéralité de Richelieu ne l'empêchait pas d'éclipser le roi par son faste ; Xiroenès exerçait la sienne en se privant de tout pour lui-même , en renonçant h toutes les jouissances de la vie. « Ximenés, » dit Arnao, « sut réunir en sa personne les vertus du moine le plus pieux, du prélat le plus zélé , de l'homme d Etat le plus accompli.... L'Espagne a vu alors l'époque la plus heureuse de son histoire. Puisse un autre Ximenès renaître au milieu du xix* siècle pour le salut de ma patrie I » L'Espagne aurait grand besoin que ce vœu se réalis&t.

Ximenès a eu plusieurs historiens en espagnol; dans notre langue » Ftéchier, Mar* sollier, 1693. L'abbé Richard a aussi publié: Parallèle du cardinal Ximenès f premier mi-nisire d'Espagne^ et du cardinal de Richelieu^ premier ministre de France, Rotterdam, 1705| ouvrage qui a eu plusieurs éditions. De nos jours, le docteur Hefele, professeur de théologie è Tuniversité de Tubingue, a encore donné : Le cardinal Ximenès et V Eglise d'Es'^ pogne^ etc....« ouvrage bien traduit par MM. sisson et Crampon; Paris» Lyon, 1856, chez Pélagaud, un fort vol. in-8*.

Voici son éloge par le P. Alby [1644] :

« Quand, pour décrier les désordres de la police et des charges publiques, on a dit que la vie privée , quelque morne et sobre qu'elle soit, a d'autant plus de part à la gloire, qu'elle ne sert la vertu que par conscience et sans prétention ; et, partant plus noblement et plus hautement, que ne fait la ▼ie civile, qui se porte aux actions éminentes de son ressort, plus par gloire que par conscience; on n'a voulu parler aue de la fausse vertu politique qui tient a l'intérêt » comme h sa racine , et qui prend quelaue Kloire volage pour sou objet et pour le Dut

dé sa visée. Car on ne peut nier que, dans la police humaine et dans l'administration civile, il n\ ait une vertu princesse et politique, qui soutient dans ses fonctions Jes devoirs plus Apres et plus tendus que pas une des autres : qui fait les vrais homnces d*Etat , qui les die à eux-mêmes pour les donner au public, rendant la conduite de ses actions, comme celle du mouveooent du ciel et des astres, proGtable h tout le monde; à qui, malgré les outrages du temps et de l'ennui , le Ciel a promis ses bénédictions « la postérité ses applaudissements, et rimmortalité ses couronnes.

« Or , entre ceux qui ont fait profession ' de cette vertu en quelque éroinence, le sîè* cie passé ne nous a point fourni d'exemple plus éclatant que celui du cardinal XimeDèSt qui, dans les négociations du gouvernement, a rempli la réputation du ministre le plus accompli que l'Europe ait eu en ce tempsh dans retendue de ses Etats. Et quoique ÏVnaui ne l'ait pas épargné pendant qu*ii a vécu, il a néanmoins mérité l'approbation de toute la postérité : le temps » qui lave autant le fard que les taches de la vertu » rendant tous les jours plus belle et plus illustre l'image de sa vie.

« il était de la famille des Cisnères, noble au pays de Villaizar, en Esnagne, d'un bon et riche naturel et d'un génie brillant d'éclairs dans la molle pAte de son enfance» S|ui faisait déjà prendre des conjectures de sa uture grandeur. Sou père, qui découvrait les richesses de cet esprit, s efforça, nonobstant ses incommodités domestiques, de le faire élever dans les meilleures académies, premièrement h ^Alcala , où il acheva ses études de la grammaire et de l'éloquence, et puis è Salamanque, où il apprit le droit civil et le canon, et commença incontinent après k renseigner lui-même en des lectures privées , pour soulager de son gain la . dépense de son entretien, et avoir moyen de monter en l'étude de la théologie et des saintes Lettres, qui donna les dernières façons 5 son esprit, et le rendit autant ca-

Eable de toutes sortes d'emplois dignes d'un omme bien né, qu'il fut rendu par ces sublimes connaissances plus capable de Dieu.

« La fortune qu'il entreprit de courtiser, dédaigneuse qu'elle est, et qui ne veut point qu'une âme lAche et découragée présume de la rechercher , tira de rudes épreuves de sa constance , avant que de lui départir ses faveurs. 11 avait cru de rencontrer dans la cour de Rome ce que l'Espagne lui gar* dait dans le partage de ses honneurs. Il obtint congé de son père pour y aller ; mais les voleurs le dépouillèrent en chemin et ie réduisirent è une extrême nécessité* I( se produisit ensuite avec peu de succès au grand théâtre de Rome, la pauvreté, gui fait d'ordinaire le contre«poids à Télévation des bons esprits, Tarant attaché pour soulager ses incommodités à la chicane d'une chambre, où il plaida quelque temps pour ceux de sa nation. Il ne rapporta de toot

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