‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 28 sur 350 · DAU · texte numérisé non relu

DAU

UICTIONMAIRE

BAV

fnire le bien, tint ï y rester, et rerusa, en 1788, révêclié de Grenoble. Il fit partie des deiii assemblées dos notables en 1787 et 1788. L'assemblée constituante ayant en iT90, supprimé son évèché avec beaucoup d^auires, il réclama, mais inutilement. Il quitta la France à la fin de 1791» puis y rentra Tannée d'après. Survinrent les mauvais jours, et le règne de la Terreur. M. de Bausset fut arrêté et jeié en prison , où il resta oublié pendant la tourmente. Rendu è la liberté après le 9 tbermidor et la chute de Robespierre, il se retira h la campagne, près do Longjumenu, chez une de ses parentes , Mme de Bassompierre. De là, il taisait i Paris quelques rares excursions pour ▼oir ses amis, au nombre desquels était H. Emery, le célèbre supérieur de Saint-Sulpice. C*esl de concert avec ce respeclalde ecclésiastique qu'il publia, en 1797, VExposé des principes sur le serment de liberté et d^égaliléf et sur la déclaration exigée des ministres du culte par la toi du 7 vendémiaire an IV. M. de Bausset fut un des premiers à accéder à la demande faite, en 1801, par Pie Vil, aux évêques de France de se démettre de leurs sièges. Après la mort du cardinal deBoisgelin, en 180^, M. de Bausset adressa h son ami un dernier adieu dans une Notice historiguet qui respire une douce sensibilité. Mais ses principaux titres littéraires sont ses Histoires de ténélon et de Bossuet^ qu'il avait entreprises pour faire diversion h une maladie cruelle, la goutte, dont il était at*^ teint depuis longtemps déjà, et qui le fit souffrir presque tout le reste de sa vie. V Histoire de Fénelon parut en 1808, en 3 fol. in-8% portés à k dans l'édition de 1817. VHisloire de Bossuet fut publiée en 1814> (fc vol.in-8*). Ces Histoires eurent un grand sruccès; elles ont été souvent réimprimées. Bien que quelques critiques les trouvent fades et sans couleur, il faut convenir qu'elles sont écrites avec beaucoup de pureté et de correction; qu'elles méritaient enfin l'accueil qu^elles ont reçu. Elle offrent, en effet, beaucoup d'intérêt : et peut -on, d'ailleurs, n'être pas intéressé, quand il i*agit de ces deux gloires de la France, qui ont rencontré un historien digne d'eux, de ces deux prélats qui, s'ils eussent vécu de nos jours, n'eussent point manqué au cardijaaial? On a souvent mis en parallèle ces deux Pères de l'Eglise, qui n'avaient d'autre point de comparaison que d^égales vertus avec de grands talents, mais des talents opposés. Fénelon fait revivre dans ses écrits la pureté, la délicatesse, la perfection grec- (Tue. Bossuet, dans son originalité puissante, a élève au-dessus des règles, se fait un jeu de les enfreindre. On pourrait trouver dans Tantiquilé, et chez les modernes, des hommes supérieurs h placer auprès de Fénelon; il n'y a qu'au aigle do Meaux.

BÎinsces deux Histoires, il est une exprèssion qui revient souvent sous la phune de M. de Bausset, c^est celle d'Eglise gallicane. Il n'y a pas une Egalise gallicane, comme il y a une EgHse aitgKcane, dont la reine Vic-

toria est la souveraine pontife, comme il y a une Eglise russe, prussienne, ou soédoise. La France, comme les autros Etats catholiques, est une fraction de l'Eglise catholique, apostolique et romaine, qui est une, dont le centre est à Rome, et dbnt le chef visible est le Souverain JPontife, vicaire de Jésus- Christ. Dans les Etats non-catholiques, la puissance spirituelle et la puissance temfK)relie sont réunies sur la même tète. Le souverain est à la fois chef de l'Etat, et souverain pontife. Dans les Etals catholiques, au contraire , ces deux puissances sont distinctes, tellement, que l'autorité spirituelle est indépendante du pouvoir temporel. Celui-ci, ;l est vrai, n'a pas toujours respecté cette indépendance, mais l'Egiise l'a toujours maintenue contre toutes les attaques. Quant à l'expression d'Ealise gal^ licane^ elle devrait être t>annie de la langue française.

M. de Bausset était chanoine de Saint- Denis, lorsque après rétablissement de I Université imf)eriale, il fut nommé par Napoléon r% en 1810> conseiller titulaire, et, en février 1815, créé, par Louis XVIH, président du conseil de l'instruction pub'iqne: iuais les évérieinents des Cent-Jours l'empêchèrent d'exercer ces fonctions. Au retour des Bourbons, il fut fait pair de France, et reçut, en 1817, le chapeau de cardinal. L'an* née précédente, il avait été admis à l'Académie française; mais il n'assistait presque jamais aux séances : ses inGrmiiés ne le lut permettaient pas. Elles le forcèrent égale* ment à interrompre un çrand travail qu'il avait entrepris sur l'histoire du cardinal ù% Fleury. Dans les derniers temps de sa vie, sa distraction fut de composer des notices historiques sur des personnages qu'il avait connus : une Notice historigue sur Tabbé Legris Duvnl, laquelle fut publiée en tête des sermons de ce prêtre vénéré; une Notice historigue sur le cardinal de Tallejrand- Périgord, aussi imprimée, J822, in-8'; «ne autre notice sur le duc de Rif'hclieu, qui fnt lue, [rar M. de Pastoret, à la chambre des pairs, le 8 juin 1822. Une grande conformité de mœurs, une profonde sympathie de ca* ractères unissaient étroitement le fondateur d'Odessa et le cardinal do Bausset, qui voyait disparaître tous ses amis. Pressentant sa tin prochaine, il se prépara h la mort avec (a ferveur d'un vrai Chrétien; et, après avoir reçu tous les sacrements avec une parfaite connaissance, il s'éteignit le 21 juin 182i«

BAVIÈRE (Philippe Guill4Umc, duc de), évêaue de Ratisl>onne, créé cardinal en ilSQ6 par le Pape Clément VIII, mourut en lâM.

BAVIÈRE (François-Guillaume de), comte de Wartemberg et de Sjhauiibourg, né le 1^ mars 1593, fui créé comte du Saint-£aipiro, pour en porter le titre tant que subsis* lerait la branche de WiKelmine. — Il fui évêque d'Osnabruck, de Minden, de VerdeQ et du Ratisbonne. Elevé à la pourpre» eu 1660, par le Pape Alexandre Vil , il mourut le 1" décembre 1661.

BEA

BIvA

BAYANB f Alphouse-Hubkrt db Lattier , duc de), né à Valence, en Dauphiné, le 30 octobre 1739, d*une ancienne famille, fut, dès son enfonce, destiné è l'état ecclésiasti'iue. En 1777, il fut nommé auditeur de Rote h la cour de Rome. Ces fonctions sont souvent comme un degré pour arriver au cardinalat; elles y conduisirent, en effet, If. de Bayane» quoiqu'un peu tard, puisqu'il ne fut nommé que le 9 août 1802; encore i]*ancepla-t-il qu'après avoir obtenu l'agrément de Louis XVllI, qui résidait alors en Courtaude. Chargé, par le Souverain Pontife, d'une mission h Paris, il revint dans sa patrie, qu'avaient traversée, pendant sa longue absence» bien des révolutions et bien des gouvernements. Il fut bien accueilli du gouvernement impérial, qui le combla de distinctions. Il fut même nommé sénateur en

Après la restauration des Bourbons, quoique Louis XVIII Teût fait entrer dans la chambre des pairs, il resta en France pendant les Cent-Ji)urs,et assista h la Messe célébrée au Çhainp-de-Mai par M. de Barrai, arcbevAque'de Tours. Le roi Louis XVJll, rentré è Paris, en juillet 1815, ne punit point le cardinal de celte espèce de défection; au contraire, il l'appela de nouveau à la chambre des pairs. Lors du procès du maréchal Nev, qui eut. lieu peu après, il se récusa avec les autres pairs ecclésiaslir)ues. M. de Bayane, de mœurs sim|)los et douces» n*élait f>as un homme poliii(|ue. Il vivait très-retiré. Il est mort à Paris, le 26 août 1818. Pendant qull habitait Home, il publia, en italien, une brochure oii il attribuait la tnal' aria de quelques contrées de rilalie aux exhalaisons de la terre; pour s'en garantir, il conseillait de n'habiter que des neux dont le voisinage lût pavé.

BEATOUN (David), né en 1V94, de la famille des comtes de Fife, une des plus nobles de TEcosse, fit ses études h Paris. — Le roi d*Ecosse, Jacques Y, l'envoya, en 153^, en qualité d'ambassadeurauprès deFrangois I'% qui le nomma à l'évèché do Mirepoix, et, en J538, le Gt nommer cardinal par le Pape Paul IIL Beatoun fut depuis légat en Ecosse, où il succéda au chancelier Jacques Beatoun, son oncle, sur le siège archiépiscopal de Saint-Andrews. tl'est lui qui avait négocié le marioge de Jacques V, d'abord avec &larguerite de France, tille de François 1*% en 1533, puis avec Marie de Lorraine, en 1538. 11 fut l'un des plus zélés antagonistes de la réforme en Ecosse. Chancelier de Jactjues V, après la mort dece prince, en 15^^, il le fut encore de la jeune et infortunée Marie Stuart, el exerça sous son nom l'autorité avec beaucoup de rigueur. Mais il eut à lutler contre des dilScultés dont il ne put triompher. Son zèle pour la défense de la foi orllioiloxe, ou ses différends avec le comte de Lesley furent cause de sa mort. Il fut assassiné un matin, en 1546, en somant du lit, et ton corps fut |i€Ddu, avec les habits de cardioal^ a une feoAlre de son palais. 'Yoy.

Leslet. Bist. (TEcosse^ I. ix ec x; — Dbmps- TER, MartyroL d'EcoMif; — Paul Jovs; —

BUCHANAN ; — SPOîIDE, Annal.; — SAMMARTHt

GalL Christ,, lom. II; —Albert.)

BEAUFORT (Heiiri), était fils de Joan« duc de Lancastrc, et frère du roi d'Angleterre, Henri IV. — Après avoir étudié dan» les universités d'Oxford et d'Aix-la-Chapelle, il obtint, en 1397, Tévèché de Lincoln, et, en 140^, celui de Winchester. Il fut ensuite employé dans les affaires les plus impor* tantes; fut chancelier d'Ang'eterre el ambassadeur en France. En lïl7, il entreprît le voj'age de la Terre-Sainte; et, passant h Constance où se trouvait assemblé un concile général, il y prit un gran I ascendaiif, et parvint è persuader aux prélats de donner un chef à l'Eglise. En effet, ils élurent Martin V qui, en 1^26, donna le chapeau de cardinal à l'évoque de Winchester. De retour en Angleterre, ce prélat fit mettre en liberté Jacques I**, roi d'E<:osse, qui y était retenu prisonnier; il s'opposa aussi aux projets du roi Henri V qui, pour entretenir la guerre contre la France, voulait lever de nouveaux décimes sur le clergé. Le roi fut obligé de renoncera celte entreprise; mais le cardinal, pour faire voir que ce n'était pas son intérêt propre qui le faisait agir, fit présent au roi de 20,000 livres sterling. Quelque temps après, le Pape Martin V envoya ce cardinal en qualité de légat en Allemagne, où il fit publier la croisade contre les hérétiques de Bohême, qu'il alla attaquer en 1429. Celte entreprise n'ayant pas réussi, il retourna en Angleterre, ou il employa l'argent que le Pape lui avait envoyé, à faire des levées de troupes qu'il joignit aux armées que les Anglais entretenaient contre la France. Cette conduite affligea vivement le Pape, qui en témoigna tout son chagrin. En 1431, le cardinal Beaufort conduisit en France le jeune Henri VI, son petil-neveu, et le couronna, au mois de novembre, dans l'église de Notre- Dame de Paris, au milieu d'une imposante cérémonie, afin de donner è la France une haute idée de la puissance anglaise. Il travailla ensuite, mais sans succès, à réconcilier les ducs de Bourgogne et de Bedford, que leurs intérêts avaient profondément divisés. Ce prélat violent est accusé d'avoir fait assassiner son neveu, le duc de Glocester. Shakespear fait allusion h ce crime dao^ sa tragédie de Henri VI (acte III, scène m). Il y décrit, avec son énergique originalité, les remords et les derniers momeuts de la vie de Beaufort* Une autre tache è la mémoire de ce prélat, c'est d*avoir été membre du tribunal qui condamna au feu l'héroïque Jeanne d'Arc. Sur la fin de sa vie, il s'était retiré à Winchester, où il fonda un hôpital» et où il mourut en ikkl. (Voy, Th.WALSiiiG- HAM, in Henrie. F; — Monstrelbt, tom. II; — GoDWiif, De episc. FriR0ton.;*-AuBBBV, Hiêi. des card.f — Jbhhoff, Hi$t. d'Angt.y etc.)

BEAULIëU (Simon), naquit h Beaulieu, eu Brie, d'une famille noble. —11 fut trchi» diacre de Chartres et de PoitierSi puis etiA-

BEL

D1CT10NNA1RB

BEL

noîne de Bour;;es et de Saint-Martin de Tours. Le pape Martin IV, qui avait été trésorier de Saint«Martin de Tours , conserva toujours beaucoup d'amitié pour Beaulieu^ et lui donna, en 1281, l'arche? écbé de Bourges. Cé)e^tin V le fit cardiual en 1295. Le iiouveau cardinal avait toujours rempli ses devoirs d'une manière exemplaire. Il fut «nvoyé par le Par^e Boniface Vlll en France, comme lésât, à I occasion des différends oui divisaienlieroi Philippe le Bel.et Edouard!", roi d'Angleterre. Il avait nour co-iégat Beraud de Goth ; mais, malgré leur zèle et leurs efforts, ils échouèrent dans leur mission. Le cardinal de Benulieu mourut peu après, le 18 août 1297. {Voy. Frizon, Gatl. purp.; — Cghelli, Uat,tacr.. Ep. Prœnesl,: — Aniotil WioN, Lig, VUœ^ lifa. i, c. W ; — Aubkhy, Bitt, dei card. ; — Sammartb., Gall, Christ. ; — Ciaconius ; — Onuphbe ;-^ Robert ; — Sponde, etc.) • BEC (Michel du), Français, doyen de Saint- Queniin, chanoine et archidiacre de Paris, fut iail cardinal en 1312 par Clément V. Il mourut en 1316.

BëCCâRIA (TuESàURus), de Padoue, abl>é et général de l'ordre de Vallombreuse , légal è Florence, mort en 12S8,'fut le seul cardinal crééfpar Alexandre IV, Pape de 12UàJ261.

BEDMAR. — (Marquis de). — Yoy, Cueva.

BELLAGIO (Gui), cardinal du litru de Saint- Chrysogon, eiail de Florence. — Le Pfipe Innocent 11 le créa cardinal en déeemtire 1138. En 11^3, il fut envoyé, comme légat du Saint-Siège, dans le royaume d'Aragon ; et, en llb7, Eugène 111 le nomma pour accompagner le roi Louis le Jeune dans l'expédition de la Terre-Sainle, où il avait la qualité de légat. II était de retour en 1 153, et il mourut peu de temps après. (Voy> BanoNius, A. C. iiVt et 1153; -^ Mariana, De rebui HUpaniit lib. x, c. 18; — Aubebt, Hist. dei tard. ; — Oruphre; — Ciacomus, etc.)

BELLAUM1N. — La Yit de BeUarmin a été écrite par Frizon, Nancy, 1708,1 vol. in-4*de 550 pages. Nous en donuons ici uue analyse étendue:

Monte-Pulciano , petite ville de Toscane» située sur une agréable colline, vers le lac de Chiano, l'ut la patrie de ce grand cardinal. Quoi(|ue peu considérable, elle a produit, en divers temps, beaucoup d*hommes eéièbres; de ce nombre, Angelo Bassi, si connu sous le nom d'Ange Politien, et célèbre surtout h Florence, pour y avoir enseigné longtemps les langues, et y avoir élevé les entants de Côme de Médieis surnommé le Grand. On y compte, en moins d*un siècle, quatre cardinaux, l'un desquels fut Marcel Cerv in, qui retint son même nom, c^uand il fut élu Souverain Pontife, et à qui rien ne manqua qu'une longue vie pour 6tre un des plus grands Papes qui aient jamais gouverné TÉglise ; car il en est peu qui aient d'abord congu déplus vastes desseins pour le bien de la religioni et en qui

ae soit trouvé tant de droiture, de sagesse el de courage pour les exécuter.

La Providence, nar la disposition de laquelle il fui enlevé au monde chrétien dte le vingt-deuxième jour de son pontiflcat, lui avait destiné, dans la personne de Bellar-" min, fils de Cynthie Cervin, sa sœur, un neveu capable de consoler l'Eglise d'une si grande perte, par les services considérables qu'il lui devait rendre; il n'avait que treize ans, quand mourut Marcel II, ton opcIr s mais il avait déjè toutes les qualités qu'on peut appeler les premiers traits d'un homme

farfait; il n'eut pas besoin d'attendre un ge plus avancé pour mûrir. Son père s'ap* pelait Vincent Bellarmin, et sa mère, comme on vient de le dire, Cvnthie Cervin, l'un et l'autre encore plus illustres par leurs ver* tus que par leur naissance, étroitement unis parles liens de la charité, aussi bien que

1)ar ceux du mariage, et conspirant ensem- >le è ne mettre des enfants au monde, que pour en faire des serviteurs de Jésus-Christ et des héritiers de son royaume. L'équité« la droiture, le zèle du bien public et la piété de Vincent étaient si connus dans Monte-Pulciane, qu'il ne put se défendre, tant qu'il vécut, d'en être le magistrat per<pétuel. La dévotion de Cynthie s'accordait parfaitement avec la vertu de son époui : pendant que celui-ci gouvernait la ville, cHle-là réglait les aiïaires de la maison, et, renfermée dans sa famille, y attirait les bénédictions du Ciel, par son assiduité à la prière, et jetait de bonne heure dans le cœur de ses enfants les semences de piété qui devaient un jour porter des fruits si rares, surtout dans la personne de Bellarmin.

Robert-François-Uomule Bellarmin vint au monde le h octobre 1542, jour où llîglise fait la fête de saint François d'Assise, dont il devait imiter les admirables vertus, et sous la protection duquel il voulut être tous les jours de sa vie. Son premier nom fut celui de Robert ; il le reçut du cardinal Robert Pucci, Florentin, auquel il fut glorieux, comme écrit un historien, d'avoir tenu Bellarmin sur les fonts du baptême. La Providence, lui donnant cet illustre parrain, sembla déjà vouloir marquer, par cette circonstance, qu*dle le destinait aux dignités de l'Eglise. Il sembla effectivement être né, sinon f)Our les posséder, au moins pour les mériter par les traits de sainteté qui parurent en lui dès son enfance, et par l'inclination qu*il témoigna dès lors f)0ur le sacré ministère. A peine avait-il 6à 7 ans

au'il en savait déjà les cérémonies, qu'il ressait, pour s'y préparer, de petits autels, qu*il élevait des chaires pour y faire le prédicateur; ce qui lui arriva surtout un jour de lé Passion, où le saint enfant parla si divinement do ce grand mystère de notre religion en présence de sa mère, que, surprise de ces présages extraordinaires , elle se crut plus que jamais obligée de les seconder par ses soins, et de coopérer, par une éducation toute sainte, aux desseins

ttEL

DES CAEDINAUI.

BLL

que le Seigoeur paraissait avoir sur son Gis.

Il n*avaît encore que dix ans, et déjh il <tail Texemple et l'admiration des enfants de son âge» qui le regardaient comme un saint et le respectaient, en celte qualité» comme leur supérieur. Il n*aimait ni les

I'eux ni les plaisirs. La chasse cependant ne aissa pas de lui être agréable, parce qu'il la trouvait propre, en lui exerçant le corps, h donner à son Ame, en pleine campagne, tnutt) la Iit)erté de s'entretenir avec son Créateur. La musique lui plaisait encore davantage, surtout la musique religieuse. Les chants qui sont en usage dans l'Eglise, et que la dévotion des tidèles a consacrés, étaient singulièrement à son goût; tout ce qui lui parlait d'un Dieu qu'il aimait, le remplissait de bonheur. Il n'en éprouvait pas moins à parler de ce grand Dieu, dont il exposait les bontés avec une éloquence bien au-dessus de son Age. On ne pouvait comprendre d*oà lui venait un talent, que nul maître n'avait encore pu lui enseigner.

Il lui arrivait assez souvent» lorsqu'il était dans une métairie de son père, de monter sur un chêne, qui lui servait de chaire, pour prêcher aux paysans d'alentour. Ces bonnes gens accouraient en foule à ce speclacio nouveau d'un si ieune et si touchant prédicateur; et l'avidité avec laquelle ils recevaient de sa bouche la nourriture de TAnio, leur Taisait oublier d'aller prendre colle du corps. — Bellarmin l'oubliait aussi pour vaquera la lecture, & la prière, aux exercices de lu vie intérieure; et, comme il les savait incompatibles avec les satisfactions des sens , il commença par s'en priver, dès qu'il fut capable de les prendre. Il s'accoutuma de bonne heure au jeûne et à 1 abstinence , qu'il observait avec autant d'exactitude que les religieux les plus austères. Sjn courage et son amour de la pénitence le soutenant , mal|;ré la faiblesse de son enfance , en ces pénibles exercict*s, l'oraison elle-même, au lieu de TaffaiLlir augmentait ses forces. Après un sommeil assez court, il se levait la nuit pour étudier et pour prier; la prière le disposait à Tétude, son esprit, élevé par êu$ communications avec Dieu, et dégagé des objets terrestres , devenant plus propre à concevoir aiséuienl ce qu*on lui enfreignait.

Aussi ne fallut-il que très-peu de temps pour lui apprendre la grammaire parlaitenienl ; il passa aussitôt à t*éloqueuce et à la |K>ésie, ou la facilité de son esprit ne lui fit trouver que des Heurs; il en répandit à pleines mains sur le tombeau du cordinal Robert Nobili, qu'une mort précipitée venait d'enlever à sa patrie, composant en l'booneur de ce cardinal une églogue funèbre, qui parut plutôt Touvrage d un matlro que celui d'un enfant. Il y parla d'une manière si fine et si teudre des aimables qualités du eurdiual que Home avait presque aussitôt perdu qu'admiré, qu'il tira les larmes des yeux de l'illustre assemblée , qui la lui •otoudit prononcer ; il eu lit une autre

si spirituelle A Tabbé Nobili, frère du défunt, qu'elle eût calmé sa douleur, si elle eût pu l'être. Son coup d'essai en vers fut un petit poëme en Thonneur de la virginité, où il fit voir en même temps la finesse de son esprit, et le tendre amour qu'il avait pour une vertu si chère à la plus pure des vierges, qu'il avait toujours regardée comme sa mère et sa protectrice. Il n'avait encore que seize ans qu'il était maître en fait de poésie ; son inclination naturelle A la lecture des poètes, surtout de Virgile» son rare génie» son bon goût l*y avaient déjA rendu si habile, qu'il y aurait eicellé snns contre-p dit, s'il n'en avait sacrifié le plaisir h tles études plus importantes, qui ne Tempéchèr rent pas cependant, dans les moments do ses récréations permises, de laisser couler encore de sa veine quelques vers, qui ont mérité les éloges clés connaisseurs. Telle est l'ode qui commence par ces mots : Spi^ rilut celsi dominator axi$ , aussi bien que l'hymne : Pater tuperni iuminii^ qu*il fit sur la Aladt'leine, et qu'on trouve dans le bréviflire réformé par l'ordre de Clément VIU. C'est ce Pape qui la lui fit composer, A Frascati, où il prenait quelques heures do relâche aveo lui et le cardinal Sylvius , leur ayant proposé A l'un et A l'autre une espèce de défi, pour voir lequel des deux réussirait le mieux on l'honneur de la sainte, dont probablement la fêle se célébrait ee jour-là. C'était une récréation digne du Pontife (t des doux cardinaux qu'il honorait de sa confiance, et avec les']ucls il se délassait, en homme d'esprit, de ses pénibles travaux.

Nous passons sous silence un poëme héroïque, qu'il fit sur les oppositions apportées par sa famille A sou entrée on religion : ouvrage digne de son esprit et de sou zèle, que sa rare modestie, ou son respect potir se$ parents lui Uljeter aufeu,de peur qu'où ne rendit public» un jour,^e qu'il avait fait en secret pour s*animer A suivre la vocation de Dieu.

Avant de se résoudre A y obéir, il s'appliqua sérieusement A la connaître, Il ren« tra souvent en lui-même, pour y examiner la situation de son propre cœur, ses inclinations , ses mouvements intérieurs : ce soot comme des voix secrètes , par lesquelles le Saint-Esprit fait ordinairement entendra aus Ames ises saintes volontés.

Il n*y remarqua jamais qu'une grande aversion du monde et qu'un amour extrême pour l'Eglise; il vit l'une et l'autre de ces dispositions tracées jusque dans les amusements de son enfance, qui n'avaient jamais eu rien de profane. Ayaut toujours senti comme une espèce de main secrète qui l'éloignait des vains divertissements du siècle, il concluait de lA ijiu'il n'était pas fait pour le monde; que Dieu le voulait A lui, elle destinait au sacré ministère : mais il était encore incertain sur le choix de l'état ecclé* siastique, ou de l'état religieux. Pour s'éclairer sur cette ininortante alTaifii, il cher* cha la solitude, dans l'espérance que le

nEL

BEL

Saint-Eftpnt, qui se \\h\i h pnrler au cœur de ceux qui s*y relirent pour écouter sa voixt la lui ferait enlendre si distincte et si précise, qu*il ne lui resterait plus d'incprlitude sur le parti qu*il devait prendre. Il ne fut pas trompé dans son attente ; à

f»eine était-il au désert, h la faveur d'une umidre surnaturelle , que le Seigneur tit briller aux yeux- di' son Ame» il découvrit plus clairement que jamais le néant de Ibules les fortunes du monde, la menteuse prospérité du siècle» le peu de fond qu*on «ioit faire surtout ce qui s'appelle grandeur humaine. Quelque saintes qu'il estimât les dignités de l'Eglise, elles ne laissèrent pas de lui paraître dangereuses; Téclat qui en est inséparable, les qualités éminentes qui sont nécessaires pour les remplir digne* menf, le poids des obligations dont on est €har(!é quand on en est revêtu, tout cela lui sembla redoutable, et lui fit conclure, sans balancer, que le plus sûr pour lui était d'embrasser la vie religieuse, qui le mettrait è Tabri dos périls, qu'il ne pourrait éviter partout ailleurs. C'est la môme considération qui lui fit jeter les yeux sur la Compagnie de Jésus , où il savait que les profès attachés aux plus laborieux emplois de l'Eglise n'ont nulle part h ses prélatures; qu'ils font même profession de les fuir, et qu'iiq s'engagent même par vœu h ne consentir jamais è les accepter, s'ils n'y sont forcés par un commandement exprès du Souverain Pontife. 11 s'y sentit encore attiré par la bonne odeur que répandait partout ce nouvel ordre , qu'il voyait dans toute sa ferveur. Dans le même temps, Richard Cervin, son parent et son tendre ami, qui étudiait è Padoue , sollicitait son admission dans la Compagnie de Jésus. Bellarmin, déterminé, écrivit donc au P. Laynez, général de l'ordre, de. vouloir bien l'y admettre. Laynez, qui honorait l'illustre famille d'où était sorti ifki grand Pape , fut ravi que son ordre en eût des rejetons, dans la pensée qu'ils y produiraient un jour de bons fruits h la gloire du Seigneur. 11 répondit à Bellarmin qu'il était prêt à lui donner l'entrée de la religion, pourvu que «es parents y consentissent. Ceux-ci ne s'y opposèrent pas absolument; ils avaient trop de piété mvers Dieu pour détourner de ses voies un fils qu'ils lui avaient tant de, fois offert : piais ils le virent avec peine pencher pour une Compagnie qui a tant d*éloignement des dignités ecclésiastiques ; car ils s'étaient flattés, par les rapports qu'ils avaient à Rome, que les plus éminentes ne pourraient manquer uu jour à Bellarmin, qui commençait à s'en rendre digne par^son application constante h l'étude et par sa prêté exemplaire.

IPour a^ir prudemment dans cette alTairo délicate, ils la communiquèrent à Alexandre Cervin , Thomme de son siècle le plus capable de donner un bon conseil, et ils furent surpris de le voir lui-même dans la perplexité où ils se trouvaient. C'était le père de Richard i k qui la vocation de son

fils donnait des inquiétudes toutes pareilles. La résolution des deux pères fut, après avoir consulté Dieu dans la prière, d'écrire au général de la Compagnie, et de lui demander encore un an pour éprouver la vocation de leurs fils. Us n'eurent pas de peine k l'obtenir; mais les fervents jeunes hommes eurent une vive douleur d'être obligés d'attendre si longtemps un bien qu'ils pensaient déjà tenir entre leurs mains ; et, semblables h ces navigateurs qui, se voyant près du port« en sont repoussés bien loin par un coup de vent qui enlève leur vaisseau et les rejette en pleine mer, ils déplorèrent ensemble leur disgrâce; car Cervin était de retour do Padoue ; et , s'en étant plaints l'un et Tau* tre par une lettre commune , mais pleine d'une confiance filiale, au général de la Compagnie, qu'ils regardaient déjk comme leur père, ils en furent consolés parla promesse qu'il leur fit de compter cette année d'é-

fireuve pour la première de leur noviciat. Is la passèrent a peu près comme ils auraient fait dans une maison de la Compagnie; ce qui leur fut d'autant plus facile 3 ne, retirés du grand monde , ils furent ans une agréable solitude, h deux kilomètres de Monte-Pulciano , là où commence h s'élever la montagne de Sienne.

Les moines de Camaldule y avaient eu autrefois un fameux monastère, qu'une troupe de scélérats saccagea et renversa de fond eifl comble en 1538. fies saints religieux, qui furent obligea d'en sortir, résolus de ne re« tourner jnmais dans un lieu otl ils n'auraient trouvé que de malheureux restes de cette rifroyable désolation, en vendirent le fonds h Marcel Cervin, depuis élevé au souverain pontificat, et alors simple prélat. Comme il aimait la campagne, et qu'à ses grandes qualités, il joignait un goût exquis de Tarchitecture, il changea ce triste désert en un séjour délicieux : il y fit bêtir un palais, qu*il appela le Vif, du nom d'un ruisseau assez considérable, qui serpente autour de ses murs.

C'est dans ce lieu riant, mais retiré, qui fut depuis la maison de plaisance des Cervin, que les deux cousins tirent la première année de leur noviciat. On peut dire qu'Alexandre lui-même, père do l'un et oncle de l'autre, leur servit à tous les deux de maître des novices. Comme il était de ces sages

3ui savent parfaitement accorder les règles e l'honneur et des bienséances avec celles de l'Evangile le plus pur, et de la plus exacte religion, il les instruisait admirablement des unes et des autres. Bien loin de les retenir dans le siècle, et de leur en apprendre les maximes relâchées, il faisait assez voir par la sainte morale dont il était l'interprète, qu'il n'avait suspendu leur entrée en rellpion, que pour les mettre en état d'y être un jour de plus parfaits religieux. Sous sa conduite, leur temps se partageait entre l*5S exercices de l'étude, et ceux de la piété; ceux-ci, comme les plus importants, avaient les heures les plus solides de la journée; 00 passait ensuite aux autres avec une ep*

Sll

ISEL

DES CÂRD1NAI31.

BEL

plicatTon presque égsle; ei, après y aroir vaqué» on prenait quelque récréation honnête qui délassait l'esprit, sans fatiguer le corps. Jamais séminaire ne fut plus réglé que cette maison de plaisance» sous l.i direction du sage et pieux Alexandre Cervin ; lui-même y expliquait les Géorgiquei de Virgile; Richard, la poésie d'Arislole, Uérennius» frère puîné de Richard» et qui fut depuis référendaire de Tùne et de I autr^ signature» le Procorona de Démosthènes, et Bellarmin» le Pro Milone de Cic<^ron : tout se passait avec (ant d^ordre en cette retraite» qu*on peut dire qu'elle fut une espèce de ressource qui- répara pleinement et la perte des classes, dont ils furent lires, et le relard de leur entrée dans la maison de noviciat.

Bellarmin» sachant qu'on avait coutume d!y exercer les novices h faire des calhéehismes, et qu'en certains temps de Tannée» on les dispersait dans les villages» pour y instruire les habitaists de la campagne, et se former eux-mêmes de bonne heure à cet emploi de charité» si essentiel è leur vocation» Bellarmin voulut le pratiquer; et pour y animer ce cher cousin, qu'il regardait déjà comme son frère en Jésus-Christ» « Allons» frère» » lui disait-if» « allons faire les essais de ce que nous serons obligés par état de faire un jour. » Transportés du même lèle» tons deux parcouraient à Tenvi les hameaux voisins» ils^ consolaient les malheureux» ils y instruisaient les ignorants» ils apprenaient aux petits enfants à aimer et k honorer leur Père céleste» et, après ces excursions» ils retournaienl gaiement h leur solitude. Leur joie cependant ne laissait pas d'être mêlée de quelque tristesse; tandis

Su'ils étaient dans le siècle» ils s*y regaraient toujours comme des exilés, et assis de temps en temps sur le bord du ruisseau,

Îpii arrosait la plaine voisine, comme autreois les enfants d'Israël sur les rives de TEu- Shrate» ils soupiraient après leur chère ion.

Le temps de s'y rendre étant enfin venu» pleins d'une sainte allégresse» ils partirent

E)ur Rome» après avoir pris congé de leur mille. Bellarmin passa à Monte«Pulciano»

pour rendre h son père ce devoir de piété ; lesçenoux en terre, il lui demanda la bénédiction paternelle» en présence de ses proches qui fondaient en larmes; ce bon père» le bénissant» et pleirrant sur lui comme sur risaac qu'il allait immoler» « Allez, mon fils, » lui dit-il tendrement, « allez où Dieu TOUS appelle» je lui sacrifie de bon cœur, en votre personne, toutes les espérances de ma famille. » Il arriva dans la suite h ce pieux père à peu près ce qui arriva h Abraham ; le sacrifice lui coûta comme è ce père des croyants; mais ce fils h l'immolation duquel il eut le'couragedese résoudre» fut la source de toutes les bénédictions que le Ciel versa sar sa maison. La Providence » qui va sou- Y6Dtà ses fins par les voies qui v paraissent la plus opposées» conduisit Bellarmin aux dieoités de l'Eglise par les routes qu'il avait pnses pour les éviter; c'est ce que sembla

prédire le célèbre Guillaume Siriet» alors protonotaire apostolique» depuis cardinal, en assurant qu'on avait tort de traiter do disgrâce celte disposition de Die.u. Comme il devait une bonne partie de sa fortune à Marcel II, aussi bien qu'à son mérite» .«a reconnaissance l'ayant attaclié h la famille des Cervin, c'est à lui qu'Alexandre» père de Richard» adressa son fils et son neveu» en le priant de les présenter l'un et l'autre au général de la Compagnie, ce qu'il fit avec une grande consolation de son &me» après les avoir retenus un jour chez lui» pour avoir le plaisir do les examiner sur leurs études et sur leur vocation. Il assura depuis qu'il en fut satisfait au ilii\h de ses espérances» quoi-

3u'il en eût conçu de fort grandes de l'un et e l'autre; qu'il leur trouva tant de capacité pour leur âge» et tant de ferveur religieuse» qu'il no pouvait se lasser de les admirer. C'est dans ce sens qu'il en écrivit à Monte- Pulciano, en y rendant compte de sa cornmlssion»dès le lendemain qu'ilTeut exécutée. Dans la même lettre, il ajoutait qaec*eût été' une grande faute do mettre des âmes si saintes h de plus longues épreuves; que c'était même un péché considérable, dont on devait demander pardon h Dieu» que de les lui donner avec regret» et que d'estimer leur entrée en religion un désavantage à leur maison.

C'est le 20 septembre 1560 que les deux amis entrèrent au noviciat avec une joie de leurs cœurs d'autant plus vive» que la jouissance de leur bonheur leur avait été plus longtemps différée. Ils y furent reçus comme des anges venus du ciel , par tout ce qu'il y avait de novices qui» avant de les voir, avaient déj^K conçti une profonde estime de leurs vertus» d'après les portraits qu'on leur en avait tracés. Toute la Compagnie les aima» comme elle avait été elle-même aimée du grand Pape» leur oncle, et elle s'estima heureuse de pouvoir lui marquer sa reconnaissance dans la personne de ses neveux. Bellarmin se crut transporté dans le ciel, quand il se vit dans la maison du Seigneur. Charmé d'y voir une jeunesse vive et ardente ; malgré le feu de Tâgc, modeste et réglée dans tous ses mouvements, aussi dégagée iïos choses de la terre, que si elle n*était plus, aussi chaste que le sout de purs esprits, appliquée comme eux uniquement à aimer et a louer leur Créateur, il se persuada véritablement qu'i^ était dans un paradis ; et il ne fut pas peu confirmé dans cette consolante pensée» quand il fit sa retraite de dix jours ; car il y goûta de si pures délices» qu'il se serait cru dès lors abondamment récompensé de ce qu*il avait abandonné dans le monde»

3uand la foi ne lui aurait pas fait apercevoir ans l'autre vie un état infiniment plus heureux. Il fut lire de sa solitude» pour être employé aux offices les plus bas» et surtout à celui de la cuisine; il y trouva le même plaisir» parce qu'il n'y en chercha point d'aa« tre que d'accomplir la volonté du Seigneuf, et que d'imiter les anéantissements de son Fils. Dans cet esprit, il servait l'ofiicier avec

Page 1