BEI
INCTIONNAIRB
BEL
SU
une soumission sans réserve; ii n*a?ait de ia peine que quand il en était menacé» et sa joie était parfaite, quand il se voyait appli-
aué par le bon frère è tout ce qu*il y avait e plus difficile et de plus dégoûtant. A peine eut il été quatorze jours dans ces exercices d'humilité, qui étaient selon son cœur, qu'il les lui fallut quitter par obéissance, pour en aller faire d'autres ailleurs ; le père provincial ayant trouvé h propos d'abréger son se- Îour au noviciat, où, en moins de deux mois^ I avait plus fait que les autres ne font d'ordinaire en deux ans, par l'application extraordinaire qu*il eut à J'oraisoo et à la mortification t regardées dès lors par lui comme les deux pôles sur lesquels roule toute la perfection religieuse.
Quelque douceur qiril sentît dans cette sainte maison, il en fit le sacriGce, et sans répliquera Tordre qu'il en reçut, il passa au Collège romain, pour y joindre l'élude des adences humaines h celle de la science des saints. Comme il avait l'esprit aussi bon que Je cœur, il devint en peu de temps aussi habile en la philosophie naturelle, qu'il l'était devenu dans la philosophie chrétienne; $a foi et sa piété lui ayant donné l'intelli-
{;ence et le goût des vérités de la religion, I péuétra bientôt au travers des obscurités de la métaphysique la plus abstraite. Ses auccès remplirent de joie le P. Parra, excellent philosophe et fervent religieux, qu'un avait fait venir d*Espagne, h cause de ses rares qualités, pour enseigner la philosophie aux jeunes Jésuites dans le premier collège de la Compagnie, il eut le bonheur d y voir un disciple qui n'avait pas besoin de maître; il admira la netteté, la solidité, la facilité de aon génie; et il n'eut pas de peine h juger par de tels commencements ce qu'il serait un jour.
On était surpris de ses progrès malgré son peu de santé ; car il ne fut pas plutôt en classe, qu'il y perdit ce qu'il avait de force; il tomba même dans des maladies qui firent prononcer aux médecins qu'il était ou pour mourir bientôt, ou pour traîner, le reste de ^es jours, une vie languissante. I! fut alta* que d'abord d*une espèce de léthargie; puis vint une douleur de tête, qui le rendait presQue incapable d'application, et une chute perpétuelle d'humeurs froides sur les parties vitales dont elles embarrassaient les fonc** lions. A ces maux se joignit une fièvre opinilitre, lente et maligne, que nul remède ne pouvditguérir,qui le minait insensiblement, §t qui parut le conduire à la phlhisie.
lout autre qu'un amant de Jésus crucifié se serait laisse abattre par tant d'infirmités; ^lles ne firent qu'augmenter le courage de 3ellarmin qui, venant de s'attacher h la croix du Sauveur par les vœux de la religion, regarda ces dispositions de la Providence sur lui comme les suites de son engagement, et comme de précieux moyens qu elle lui fournissait, de ressembler à celui
!|ui s'appelle dans l'Ecriture l'Aonime dedoueurs. 11 lui rendit d'humbles actions de |râcc9 d^ rbQOQear qu'il lui faisait de l'as-
socier il ses souffrances. Elles n'étaient an reste que dans le corps, car sa vertu s'affer<r missait dans les infirmités, et, à mesure que SA chair s'affaiblissait, il sentait dans son âme une nouvelle vigueur, qui le rendait supérieur h tousses maux.
Il se mit d'abord dans l'esprit, selon l'i** dée de ses règles, et l'esprit de l'Evangile, dont elles sont l'expression fidèle, que tout religieux est l'héritier d'un Dieu crucifié, que la croix est la portion de son héritage, qu'il y doit faire consister tout son trésor, et que le vrai moyen de l'accroître è l'infini c'est de mettre h profit toutes les occasions de souffrir qui lui arrivent. Dans cette pen<» sée, il eut une attention singulière à ne perdre aucune de ces occasions, il comptait ses richesses par le nombre et par la grandeur do ses maux; moins Notre-Seigneur les lui épargnait,plus il se sentait de courage pour les supporter. Jamais il ne pensa à en diminuer ni la longueur de ses prières, ni les rigueurs de ses austérités, les estimant nécessaires, les unes pour attirer du Ciel les grâces qui lui paraissaient encore plus nécessaires dans le temps de la maladie, les autres pour entrer dans les desseins d'un Dieu, qui ne le traitait de la sorte Que pour lui faire porter, dans tous ses membres, la mortification de Jésus-Christ. Les supérieurs, néanmoinst tout sensibles qu'ils étaient au pitoyable état où ils le voyaient réduit, ne laissèrent pas de l'employer, comme les autres, aux travaux de la régence, dès qu'il eut sou^ tenu ses thèses de philosophie.
Il est vrai que son acte public eut un suc*» ces si extraordinaire, qu'il donna lieu de croire qu*il avait beaucoup étudié, et qu'avant eu pour cela assez de force, il en aurait de même pour s'acquitter desonnou^ vel emploi. 11 fut donc envoyé à Florence, pour y enseigner les lettres humaines, soit
3u'on crût que cette occupation, moins sé« entaire, et demandant plus d'action, serait plus convenable à sa santé, ou qu'on espérât que l'air de la Toscane, son pays, pourrait la rétablir mieux que tout le reste. Quoi qu'il en soit, il partit pour s'y rendre; maison Tavait si peu fourni d'argent, qu'il en man* qua tout à fait, n'étant pas à mi-chemin,
Suelque soin qu'il prît de ne faire que pea e dépense. Cette position ne lui donna pas la moindre inquiétude ; et, comme il avait été content du peu qu'il avait reçu, il le fut aussi Quand, n'ayant plus rien, il se vit en état d expérimenter quelques effets de la pauvreté qu'il avait vouée. Après avoir fait ba prière à Dieu, qui accomplit les désirs des pauvres, il était sur le point, comme eux, de demander l'aumône, quand un gentilhomme espagnol, qu'il rencontra sur sa route, la lui fit libéralement, sans en être prié, et lui mit en mdin tout ce qui lui était nécessaire pour achever son voyage.
Arrivé à la maison de la Compagnie, fïi-. tigué, pâle, abattu, il parut plus fait pour prendre des remèdes dans une infirmerie,
?iue pour donner des leçons dans uueclasse. «et état alarma le recteur, pour le rassurefi