‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 31 sur 350 · WEL · texte numérisé non relu

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parut que neuf ans après [15021, sous les auspices el sous le nom de Cléroenl VIII. €'est alors que dans Touvrai^e entier de fieU larmîA, on eut une espèce d^arsenal univer* sel » fourni de toutes les armes offensives et défensives, avec lesquelles il sera toujours aisé de défendre l*Eglise , et de Ja faire triooipber de tous ses ennemis. Une particularité à noter» c*est que Bellarmin , ayant rangé ses com|>osilions , se contenta « pour obéir , de les porter au général» en les lui abandonnant avec une aveugle soumission , et se souciant fort peu qu'elles vissent le jour.

Mais, s'il fut tranquille au moment où elles sortirent de ses mains, il le fut encore dav^antage, quand eHes furent en celles du public. 11 fut aussi insensible aux éloges qu'elles lui attirèrent, Qu'aux calomnies que lui suscita, de la part des hérétiques; le dépit de se voir tous ensemble désarmés et défaits par un seul homme. Nous dirons un mot i\e ces éloges et de ces calomnies, puisque les unsetïos autres fout un égal bon-. u«*ur à Bellarmin , à qui on peut appliquer ce que saint Jérôme disait autrefois a saint Augustin, après les victoires qu*il avait remportées sur toutes les erreurs de son temps : « Rome retentit de vos louanges : tous \es Catholiques vous respectent comme le défenseur de \a vraie foi, et ce qui, peutêtre, vous est encore pins glorieux, tous les hérétiques vous détestent.» (HiER.,epist. 57, ÂdAng-) On peut avancer, à la gloire des Coniro9erset de Bellarmin , qu'il est peu de livres ayant fait tant d'honneur h TËglise, et qu'il faudrait remonter plusieurs siècles*, j[K>ur en trouver un qui méritât de lui être préféré. Ce sont les termes dont se servit plus d'une fois le cardinal du Perron : élevé parmi les calvinistes, il était plus capable que personne de juger d*un ouvrage qui combattait des erreurs qu'il avait autrefois suivies, et qu'éclairé depuis par l'étude de la vérité, il avait non-seulement abandonnées lui-même, mais qu*îl avait fiiit encore ak)Midoiiner à un gr^nd nombre d*illustros égarés, et entre autres à Henri IV.

Ce cardinal n*eut pas plutôt vu les Con/ro- ««rses de Bellarmin , nu'il en fut Tadmirat«ur,el qu'il en regarda l'auteur comme son mettre. Tant qu'il se trouva à Rome avec lui, s'il était chargé d'avoir è s'expliquer sur quelque point de doctrine , sa coutume étaH de ne rien décider sans l'avoir consulté, et de dire en parlant de lui : t Allons su maître. » Les membres les plus distingués du Sacré Collège avaient pour lui la jQéme estime: il y était considéré comme un des plus habiles théologiens de son temps, le plus ferme appui de la religion, le marteau des hérétiques et le boulevard de l'Eglise; ce sont les propres termes des cardinaux de Sourdis et d'Ascoli.' Le cardinal Uhaldini l'appelle l'Alhanase et TAugustin de son siècle. Le cardinal Dietricht disait do ses livres ce que saint Jérôme avait dit autrefois de ceux de saint Hllaire sur ^i . Trinité, qu*otï pouvait les lire en assuranc s

et sans crainte d'y rencontrer .a moindre erreur.

Il n'est pas jusqu'aux ennemis de l'Eglise, car Bellarmin n'en eut guère jamais d'autres^ qui ne l'aient loué, et qui n'aient rendu jos» tice h ses Controverses ; la vérité ayant arraché de leur bouche et de leur plume fte^ louanges qu'il était d'ailleurs de l'intérêi de leur parti de dîssimuler. Witlachenis el Junius, l'un Anglais, Taulre Français, sont de ceux qui ont paru de meilleure fol; car dans les ouvrages mêmes, qu'ils ont essayé d'opposer è celui de Bellarmin , ils avonebl que c'est l'écrivain le plus solide, le plu9 capable et le plus universel, que l'Rglisa romaine ait produit dans ces derniers sièclias. « Bellarmin, dont le nom est grand el ré-' lèbre parmi les Jt^suites , a traité des con» troverses théologiques à l'admiration et I l'applaudissement <ie tout le monde, » dit le premier, dans son livre De la paroU dêDim contre Bellarmin. Le même répondant è C4^ cile, trésorier d'Angleterre, qui lui avatt demandé ce qu'il pensait de Bellarmin: « H l'estime, » dit-il, « un homme d'un profond savoir , d'un génie heureux , d'un jugement subtil et d'une grande lecture; agissant pTtis nettement et plus franchement que n'açis* sent d'ordinaire les papistes , poussant I argument plus vivement que tout autre, et ne sécartant jamais de son sujet... Ses écrits , depuis quils ont paru, nous ont fait voir plus clairement quelle est toute la moelld du papisme, que nous ne croyons pas être plus intimement ilans le cœur du Ptipe même, aue dans les J('*suiles. » L'autre, en pailanl du livre De$ controversn ^ Timagine comme une formidable armée rangée en bataille par son auteur, dans le dessein non pas d'abattre quelques hérétiques , mais de renverser en un seul coup toutes les sectes; il avoue que l'ouvrage est grand, ardu, qu'il a fallu, dans celui qui l'a traité^ une science immense, (Junius , in Prœf. animad, in pri^ mam Bell, controversiam.) Les Hollandais, assez connus |)our n'être pas prodigues en louanges à l'égard des Jésuites , nont pas laissé d'en donner è l'auiour des Coniro» verses^ le reconnaissant de bonne foi comme un des plus sincères et des plus forts auteurs qui aient jamais écrit contre eur. Tho:nas Morton , évêque anglican , enchérit sur les ministres hollandais: « Accordons à Bellarmin, j» dit-il, <v la solidité de l'esprit, la connaissance des langues , une profonde érudition, et si Ton veut même lui attribuer la parfaite intelligence de la théologie scolasliquo , nous ne nous y opposons fias, » (T. HoRTOR } i 6 , lib. cui titulus : Cousa regîa.)

Le grand ouvrage que Bullarmin eom»

mençaè l'âge de 311^ ans ne parut pas plutôt que tout le parti protestant en fut eflfrayé; 1 alarme se répandit en France, en Allemagne, en Angleterre ; il se tit un mouvement général dans toutes les Eglises se disent réformées, et l'on s'y crut perdu si jes ministres des sectes différentes, qnelque opposés qu'ils fussent entre eux, ne réuHis-

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