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DICTlO!RiJURB
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port4il ept air humble ri modesto, qui fait te caraclère d'un religieui, sans en rapporter lo faste et la fierté si ordinaires aut courtisans. Mais, plus il y fuyait la cour, plus la cour le cherchait t Clëment VIII, qui le connaissait toujours mieux, lui donnait tous les jours de nouvelles marques de sa bienfeillance; h la qualité de son théologien^ il ajouta celle de consulhiur du SainU OUice: il voulut mAme qu'il raccompagnât dans son voyage de Ferrare. Ferrare est une des terres que le Sainl-Siége avait eues par la donation solennelle nue lui en fit, vers 1100, la comtesse Ma!hiide, cette célèbre amazone de Tltalie, et qu*on aurait quelque droit d*appeier la généralissime des armées de l'Eglise, s'étani trouvée si souvent dans les comliats pour la défendre, et ayant déconcerté par sa prudence et par sa valeur foules les entreprises d'un empereur armé pour soutenir un antipape. Ce domaine, ériçé en duché, fut longtemps entre les nains des princes d'Esté, par l'investiture que leur en donna le SaintSiéçe, dont ils furent comme les vicaires: mais il en sortit après la mort d'Alphonse 11, qui mourut sans enfants, quelque envie qu'il eût d'en avoir, comme il paraît par le nombre de ses mariages. Toutes ses épouses, cependant, ne lui en ayant point donné, comme il se vit sans postérité, et sa maison par conséqoent en risque d.e perdre le duché do Fer^ raret qu'il avait un vif désir d*y conserver, îl fit an voyage h Rome en 1591 pour essayer d'obtenir du Pape l'investiture de ce duché en faveur de César d*E$te, son cou* sin et duc de Modène, issu par Alphonse son père, d'Alphonse I, duc do Ferrare, et de Laure Euslochia, dont Tétat a été cont4P8té, les uns soutenant que ce prince Pavait é|K>u8ée, les autres étant d'une opinion contraire.
Le duc de Ferrare était fort persua«lé quo ro défaut de naissance, ou au moins cette iucerliluile, allait être à Rome un grand obstacle h ses desseins: il ne déses|>éra pas cependant de le vaincre, appuyé par le duc de Sesse , ambassadeur d'Espagne, et par Deinhiui, ambassadeur de Venise; il était d'ailleurs dans des conjonctures très-Favorables, ayant affaire M Grégoire XIV, son ancien ami et auprès duquel il s'assurait de trouver des facilités beaucoup plus grandes qu'il n'eût o.«é s'en promettre sous tout autre pontifical.
Alphonse cependant étant mort sîins avoir pu obtenir ce qu'il prétendait, César se mit en possession du duché de Ferrare, et re- Vut le serment de fidélité des peuples, qui n'entrèrent point dans le différend de Home avec ca nouveau maître. Clément VIII, qui avait succédé à Grégoire XIV et à Innocent IX, n'était pas d'humeur h souffrir tinn pareille usurpation. Il commença par déclarer le duché de Ferrare dévolu au Saint-SiéKe ; et, pour se mettre en état de soutenir les droits de la dévolution, il défféeha en France Pierre Orsini |iour en porter la nouvelle au roi, et lui demander rap-
pui de tes troupes, s'il était obligé d'en nir à la voie des annes, |iour se faire justire. Henri IV, nui depuis sa réunion k l'Eglise ne laissa échapper aucune occasion de la protéger et de la défentlre, offrit au Pape tous les secours dont il aurait besoin, et l'en fit assurer par leducde Luiembourg* son amt>assadeur. On peut dire que c'est h ces assurances, qu'on savait Atre solides et que tinrent en respect tous les princes d'Italie, que le Pontife fut redevable du succès de son entronrise. César, cependant, avait en^voyé un ambassadeur à Rome pour traiter avec le Pape; mais Clément refusa de l'admettre à l'audience et même d'esa* miner les titres par lesquels il prélendail justifier leurs droits sur le duehé de Ferrare, ayant jugé de l'avis du Sacré Collège et surtout du cardinal Alexandrin, que cet examen préjudicierait à la notoriété publique des droits de l'Eglise; il passa plus loin : il procéda à l'excommunicatiou qui fut fulminée le 22 déc embre 1597.
Pendant que César perdait le temps en d'inutiles remontrances , Clément leva promptement seize mîMe boramesi qu'il fil marcher vers le Ferrarais sous la conduite du oaniinal Aldobrandin, son neveu al son légat, avec ordre d'assi^er Ferrare, et de forcei le duc à remettre la ville et le duché entre ses mains. Abandonné de ses alliés» César s'y résigna ; il sortit de sa capitale le 28 janvier 1598; le cardinal y entra le 29^ et en prit possession au nom du Siégo apostolique.
Clément s'y rendit lui-même en avril; i( y fut reçu au milieu des cris de joie dit peuple, heureux d'avoir pour maître cetni qui était le père de tous les fidèles, il eul le plaisir ^'y recevoir les compliments de» couronnes, et hi magnifique ambassade de Venise, composée de quatre procurateurs uni le félicitèrent, au nom de la Seigneurie* du recouvrement de Ferrare, dont on pré-' tend qu'ils étaient très-fachés dans te fond du cœur. Tout occupé qu'il était de son nouveau domaine, le Saint-Père avait une attention particulière à tout ce qui regardait fiellarmin; et» le voyant déterminéi^ selon l'esprit delà Compagnie, à loger dans 'o rx>llége, il v assigna 2& écus par semaine nonr fournir a sa dépense. Sa Sainteté l'envoyail chercher très-souvent, pour conférer aveo lui sur les affaires de fE^^lise, que celles Jn Ferrarais ne lui faisaienl imlleuient oublier. C'est alors qu'il le lit examinateur des évoques.
Quelque désir qu'il eut de Tavoir toujours auprèsde sa personne, il lui permit défaire avec le cardinal Baronlus, son ami» un petit voyage de 13 jours è Padoue, pour y révérer ensemble saint Antoine, auquels ils avaient l'un et l'autre une dévotion singulière. Jamais voyage ne fut ni plus doux, ni plus pieux, que celui de ces deux grands hommes, dont les entretiens, à cœur ouvert, ne roulaient que sur la sainte Ecriture* les histoires sacrées, la sainteté de la religion, las vertu^ proféras à Tétat ecclésias-
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DES CAKbti^Ac ^.
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tlqaet les tiienx «t les récompenses de l'autre vie. Le cocher, qni serrait depuis peu Baronios, et nul n*avaU jamais rjen enl#n<fn de pareil» en était frappé d*iin religieai étonnement ; c'est ce que lui-même a rapporté» et il ajoutait que depuis les ayant menés asseï souvent ensemble, dans le temps qu^îls étaient cardinaux Tun et Tau- Ire, il avait toujours été dans la même admiration ; mais qu*il fut surtout un jour touché jusqu'à verser des larmes* lorsqu'il rntpndit parmi beaucoup d'autres discours f nirilnel.s ees paroles sorties de leur boucne, et prononcées d'un accent tendre et animé: • Croyons-nous en vérité que cette ponrpre nous conduira dans le ciel.»
Bellarmin ne tarda guère à en être re- Têtu; Clément, è la suite duquel il était, ayant fait à Ferrare tin séjour de huit mois, pour donner une nôuveMe forme au gouvernement de TKtat, pour embellir la ville et pour y faire l)4tir une citadelle capable d*assurer sa conquête, retourna è Rome, où il le combla de nouveaux honneurs : mais cseluî qu'il lui Ht en allant à Frascati, l'oblifçpant à monter h cheval, h être continuellement pour s'entretenir familièrement avec lui, tète couverte, k la portière de son carrosse» ne laissa plus aux politiques nul doute qu'il ne voulût bientôt Thonorer d'un eha|>eaa de raniinal. Bellarmin lui-même rn trembla : il savait que sa proitoiion avait déjà été résolue par Innocent IX, et crai-
Snant tout des bontés du P«ipe présent, il en onna avis au général de la Compagnie, en le suppliant d'employer ses bons ofHees
Gnr empêcher sa nomination, offrant d'al- ' se jeter lui-même aux pieds de Sa Sainteté pour détourner ce coup, qu'il redoutait plus que la mort. Mais ni lui, ni le général ne purent rien gagner sur l'esprit du Pape; e*élait une affaire conclue, et il la publia le 3 mars 1S99, où il déclara trpize cardinaux, entre lesquels il mit Bellarmin^ avec cet éloge prononcé de sa bouche: « J'ai choisi celui ci, parce que TE^Iise de Dieu n'a pas aon pareil en savoir, et parce qu*il est neveu d*un grand et saint Pane. »
Le consistoire flnr, le cardinal Aldohranriin, qui avait des Imntés particulières pour Bellarmin, lui envoya le marquis Sannesio pour loi faire savoir sa nomination au cardinalat, et le commandement que lui faisait le Saint-Père, de ne pas sortir sans un ordre exprès de Sa Sainteté. Cette nouvelle fut lin coup de massue qui étourdit l'humble relii;ieux. Atteint d'une plaie profonde, et n*ayant pas la liberté d'en aller chercher le reiiiède liors de la maison dont la sortie lui était interdite, il assembla tous les Pères, pnur les prier de lui en suggérer. Tous convinrent qu'il n*ét9it pas possible d'en trouver» qni ne vtiit après coup. Il ne désespéra Cis cependant, et dépêcha sur-le-champ un Mome de confiance au cardinal pour lui dire» «qu'il le conjurait, les larmes aux yeux» de vouloir lui servir de métiiateur auprès de Sa Sainteté, ponr éloigner de lui une dignité, que l'iikstitut do la Compagnie
et sa propre insuffisance ne luiperraetraiant pas d'accepter, h laquelle d'ailleurs il sentait des répugnances insurmontables; qu'il lui aurait d'étenivlTes obligations, s'il ajoutait celte insigne faveur, qu il n'espérait que de lui seul, à toutes celles dont il l'avait si souvent honoré. »
Il était tout entier h sa douleur, quanl on vint l'avenir de se rendre auprès du Pape. En y allant» il espéra encore que le Souverain Pontife se laisserait fléchir. Il trouva dans l'appartement du cardinal Neveu tous ceux de la promotion, changeant gaiement d*liabits, et se disposant h recevoir la calotte rouge : pour lui, immobile à ce spectacle, il ne put parler au cardinal que pour lui faire, mais inutilement, la dernière instance. Aldobrandin lui ayant dit qu*il risquait de faire un péché considérable, en résistant à des ordres si précis, rhuuible religieux, en [ileurant, se revêtit de la pourpre, et fut ainsi conduit en présence de Sa Sainteté. Dès qu'il y fut, à peine avait-il ouvert la bouche pour plaider lui-même sa cause, le Pontife, à la première parole, lui imposa silence, lui ordonna en vertu de la sainte obéissance, et sous peine de péché mortel, d'accepter le chapeau, et lui défendit, sous peine d'excommunication, de faire aucune réplique.
Cette dignité allait lui coûter toutes les douceurs de sa vie. C'est le sentiment qu*it conserva jusqu'au dernier soupir, ayant toujours regretté la précieuse aldertion dont le privait celte éminente dignité. Tous ses amis durent le consoler; et, tandis qu'on félicite les autres de leur élévation, il fallut lui atlresser des compliments do condoléance, pour prendre part à 8\ tristesse. On ne trouva pas d'autre moyen d'essuyer ses ]armes,.qije de lui représenter la volonté du Seigneur, si clairement manifestée, en l'assurant d'ailleurs que le nouvel état où il entrait ne lui enlevait son repos,
3 ne pour qu'il en fit un sacritiee h la gloire e Dieu et h l'utilité de son Eglise.
C'est ce que firent, entre autres, les cardinaux de Vérone et Tarugi avec l'affection la plus tendre. Celui-ci, qui était sou com« patriote, et que Clément VIII avait tiré de l'Oratoire, pour le faire archevêque de Sienne et cardinal, s'exprima en ces termes dans une lettre qu'il écrivit à son ami affligé : • C'est une providence toute particulière de Dieu, que vous ayez été élevé malgré vous au cardinalat: le matlre du festin n'a pu vous souffrir nlus longtemps à la dernière place, que I humilité vous avait fait choisir; il s'est servi de son Vicaire pour vous prendre par la main et vous faire mouler plus haut. Je m'en réjouis avec toute l'Eglise: mais je ne laisse pas de m'en attrister avec vous. Je le fais d autant plus volontiers, que je sens moi-même le poids de la charge qui fait le sujet de votre douleur. Nous avons quitté, vous et moi, une vie tranquille, et nous voici jetés dans des ein« barras inévitables dans le poste où nous sommes. Nous avons cependant en cela
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m^ma de quoi noas consolrr; c'«esl.que taotre* étévation nous fournit 'plus de ilioyeDs pour servir PCglise. Conservons seulement, dans ce degré émiheut» rhumi- )lté de cœur, que nous arons apprise dans (a religion.» Ùautre cardinal était en vénération è Rome, pour son grand âge, pour son profond savoir et son éminenle vertu* Il écrivît à Bellarminà peu près Idans les mêmes termes.
• Quant à Jusle-Lipse, qui vivait trop loin dé lui pour bien connaître ses sentimenISi il lui adressa des félicitations. Ce célèbre érudît, né en Flandre, fut secrétaire du cardinal Granvolle, et depuis enseigna les beU les-letlres avec éclat dans plusieurs univer* sites, et surtout en celle de LDuvain. C'est le qu'il avait connu Bellarmin, et c'est par suite des liaisons qu'il cutavec lui» qu'ayant appris sa promotion. « Je vous en félicite de tout mon cœur, lui » écrivit-il, m non pas comme d'une grâce, mais comm« d'une justice qu'on vous a faite. » Le cardinal lui répondait le 2 novembre 1600: « Dans la félîcitation que vous me failes, je reconnais en même tfimps et voire bonté, dont je reçois le témoignage avec plaisir, et voire erreur que j'eicusedans un ami qui veut bien se tromper sur mon mérite. Ce que je puis vous ajouter, c'est que je no trouve rien, dans I éininent degré où l'on m'a mis, qu'un fond d'une très-périlleuse inquiétude. »
Après la promotion de Bollarmin, le général Aauaviva adressa h toutes les provinces de I ordre la circulaire suivante, qui fait connaître l'esprit de l'institui des Jésuites : « Vous aurez sans doute appris déjà par d'autres voies Télévation du P. Bellarmin aucardinalat et vous n'aurez pas manqué dé sentir comme moi upe vraie douleur, devoir la porte de la Compagnie s*ouvrir aux digni** tés de r£glise. C'est pour m'en consoler avec vous, que j'ai cru devoir vous mander qu'il n'a pas tenu à nous qu'elle ne fût toujours fermée. J'ai fait de ma pari, selon le devoir de ma charge, tout ce qui m'a été
Eossible pour obtenir du Vicaire de Jésus* hrist qu'il nous laissât la possession de notre humilité. Le nouveau cardinal lui-même, plus alarmé que tout autre,au premier bruit a ui courut Je sa promotion prochaine, fit pour I empêcher tous les eiforts imaginables et par hii et|iardesamis,dans le temps qu'on ia iui déclara il ouvrait la bouche pour faire do nouvelles instances au Sainl-Père, quand Sa Sainteté la lui ferma, en lui défendant irès-séyèrement« en vertu de la sainte obéis» sance, sous peine d'excommunication, de répliquer un seul mot: jajou tant qu'il ne s'agissait plus de délibérer d'une affaire qu il J)'avait conclue qu'après y avoir bien f^nsé, et avoir pris devant Dieu lus dernières résolutions. Je vous fais volontiers fuirt de toutes ces particularités, les sachant très-capables île vous réjouir, en vous faisant jcoonaltre toutes ies diligences que* nous avons em|)loyéi*$ pour défendre ce point essentiel de notre institut^ et le con-
server dans sa vigueur. Il a para ptr^ iQuIet le's circonstances dont nous avons été té» moins, que Notre -Seigneur» dont nous devons adorer la providence et respecter \n ordres, a voulu faire passer son: humbie serviteur, de l'obscurité de la religion, sur le théâtre de l'Eglise, pour j briller avec plus d*éclat et porter plus loin les lumières de sa doctrine et de sa piété. Nous le perdons à la vérité; mais qu'importe: c'est trop dé gloire à nous de le perdre pour Dieu, de.qQi nous l'avons reju, et à qui nous le rendoof. D'ailleurs il n'oubliera pas la tendresse a voe la(juelle la Compagnie l'a porté dans soq sein ; it protégera par son crédit celle qm l'a élevé avec tant de soin, et à laquelle II a déjà tant d'honneur par les ouvragns de son esprit et par les exemples desapiété«fii L'élévation de Bellarmin remplit de joie le monde chrétien ; elle fit honneur au npfà jusque dans les pays hérétiques; on ne pat s'y défendre de rendre justice k l'Eglise romaine qui savait couronner le vrai mérilet en mettant au nombre de ses cardinaux Bb« ronius et Bellarmin. Il y avait troift ans que celui-lè, tiré de l'Oratoire, avait été admis au Sacré Collège, et depuis ce temps il n'avait cessé de l'agiter pour obtenir le même honneur à Bellarmin. Il disait hautement qu*il était de toute l'Eglise celui qu'il en croyait le plus digne ; il épiait toutes les occasions favorables d'en parler è Clément VIII. L'ayant entendu un jour regretter la sagesse et Ins lumières de Tulet il lui fit de celles de Bellarmin une peinture si vive, ()ue le Saint-Père ne balança plus sur le choix de celui qui devait remplir dans le Sacré Collège, le vide laissé par la mort du cardinal, dont la perle lui tenait si fort au cœur* Il faut dire que l'illustre ami fut tçansporté de joie, uuaod il Vit ta justice qu'où rendait au mérite de Bellarmin» et qu^il ne commença k porter patiemment la pourpre
3ue lorsqu il en vit revêtu le compagnon eses études et de ses travaux pour l'Eglise. Ces deux grands hommes quels nature semblait avoir formés tout différents d'humeur et d'inclination, Baronius étant naturellement rigide et sévère, Bellarmin doux et gracieux, n'étaient qu'un môme cœur, et dans ce même cœur il n'y avait au'un même désir Je plaire à Jésus-Christ, et de consacrer à son honneur les rares talents qu'ils en avaient reçus. Ni l'un ni l'autre ne prenaient guère de résolution dans les affaires, sans avoir cnnsuilé son ami. Baronius avouait qu*il était quelquefois plongé dans] une mer d'amertume, quand il ne pouvait décharger son fœur dans celui de B'eilaroiin. Bellarmin, de son côté, avait pour Baronius un retour si affectueux et si tendre, qu*i ne pouvait être séparé de iui sans douleur^ et la mort de ce grand homme, qui arriva quelques années avant la sienne, ayant fait cette dure séparation, il le pleura a vi!C des larmes, arrachées par une vraie tendresse ; elles interrompirent l'éloge funèbre qu'il enfiten. présence de tous ses domestiques^ Il n*avait nul commercé avec la terre, dans
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le ÎÊÊops lift se9 eiisrclces spirituels; et penitoiil les prédeox jours qu*ily passiiiten solitade. Il réglait ceux qu*îl devait passer en- •aile dans ies fonctions d*une vie publique. Il n'en sortait point qu'il n*eût. mis sur le repier les lumières qn*il j avait reçues du Seint-Esprit ; et quoiqu'il ne les écrivit que r»«9ur8*en faire des refiles du conduite, il était contraint, parles instances de ses amis, de les communiquer au pul)lic.On les voit recnHIlies sur les cinq traités spirituels, qui ont été traduits f n liotrc langue.
Le premier, Deascem, meniis ad Deumper êfuiasrerum kHtnanarumy est celui dans lequel il enseigna h se servir des crénlures, comme de degrés pour monter au Créateur. il ledétlia au cardinal Aldobrandin, au(]uel il ne crut pas pouvoir mieux marquer sa ri*connaissauce, qu'en lui mettant en main lie quoi se sanctifier au milieu de ses imfjortantes occupations, et en lui montrant rart de les rendre spirituelles, et de faire pour ainsi dire, de la terre même une espèce d*échelle pour s'élever eu esprit dans le ciel.
Le 9* est, De VitemMt félicité des iaints, i la vue des<[uels il se consolait de la ton-
8 leur de son exil. H l'adresse au cardinal doard Farnè!»i>, bienfaiteur des Jésuites. CVst aux Jéusites mêmes qu*il présente son 8* ouvrage. De gemitu ea/umbcr, sive de hono iacrymarum, « li est birn juste qu'il retourne a vous, mps chers frères, » leur dil-il, » ce petit recueil de bonnes pensées, que le Saint-Esprit m'a inspirées chez V90S, où dès ma pn^mière jeunesse j'ai eu la douceur de vivre, de sucer le lait de !a même mère, et d'apprendre d'elle h le distribuer aiix autres. N'est-elle pas elle-même un membre viviint de la colombe mystérieuse, c*esl-&-dire de l'Eglise, avec lauiielle elle gémit, et pleure la perle des Ames? M'a-t-elle pas aussi le vol, la fécondité, la colère douce et sans Qd de la colombf*, ayant déjà |>orté jus<iu'aux extrémités de la terre le nom de Jésus-Christ, lui a^ant engendré tant d>nfaiits spirituels, et faasant la guerre au vice et à l'erreur, sans avoir ni diirelé, ni amertume pour ceux qui s'y trouvent ipaHieureusement engagés. D'ailieurs quand jevousexhorieauxlarntes.je neftiisqne vous animer à suivre les exemples domestiques, que vous avez dans la Gompa^tnie. Celui, qui en fut le fondateur, en répandit avec tant d'abondance, qu'il fut obligé, pour ne pas perdre entièrement la vue, d en demander a Dieu la modération. Soint François Xavier en versait de si douces au milieu des nations barbares, qu'elles lui faisaient oublier toutes ses peines, et tout nouvellement nous venons de voir les bienheureux Stanislas et Louis de tronzague en verser des torrents dans la ferveur de leurs prié-
Le 4* où il explique les sept paroles de Jésus-Christ mourant. De eeplem verbit a Ckriiio in cruce prolatiSf tut pour les PP. Célestins, et le 5\ De arie bene moriendi liM duOp est celui dans leifud il sti trace è
lui-même et ensuite h ses lecteurs. Tari de bien mourir, do tous les arts le plus importanty et le plus négligé de la plupart des hommes, surtout des grands du monde, qui vivent assez ordinairement, comme s'ils ne devaient jamais mourir, il roflTrit au cardinal François Sforce^ pour honorer en sa personne la mémoire de Grégoire XIII » auquel il était allié.
Sachant qu'un h(frame est nen propre aii gouvernement de la maison ne Dieu, s'il né sait pas gouverner la sienne, il mit un onlro admirable dans son domestique ; il Ht de sages règlement!>( pour y entrelenir l'innocence, la paix, la charité. Il voulait, entre autres choses, qu'on enien<ilt chaque jour la Messe, que lui-même disait tous les matins; qii on assistât aux litanies qu'il récitait publiquement è l'heure C|n'il croyait la plus commode è ses gens, qu'on fit la prière du matin et celle du soir, qu'on dît en quelque autre temps de la journée le rosaire de Notre-Dame; que tous approchassent , au moins une fois le mois, du sacrement de pénitence, et qu'ils reçussent de sa main celui de l'Eucharistie pour le moins aux principales fêtes de Tannée, h quoi il le* disposait quatre jours auparavant, en leur parlant des merveilles de cet adorable sa^ crement. Il avait soin que ceux qui étalent è son service no manquassent point h celui du Seigneur; il les instruisait lui-même, el^ aux instructions qu'il leur donnait chaque semaine, en forme de catéchisme, pour leur expliquer les mvstères et les vérités de la religion, il ajoutait souvent de familières, mais vives exhortations, pour leur faire aimer la loi de Dieu, et les porter è la garde de ses comman<lemenls. Ses serviteurs étaietit pour lui des amis, des frères, des enfants adoptifs.
Il n'aimait la pauvreté que pour lui seul , et c'est avec une espèce de scrupule qu'il se voyait obligé d'avoir un Iraîu convenable è sa position ; la délicatesse de sa conscience aurait été blessée, s'il n'en avait rendu un compte exact. Voici celui qu'il mit entre les mains du général des Jésuites, en le priant d*v retrancher librement ce qu'il jugerait excé<ier l'état d'un cardinal profès de la Compagnie. « Pour ce qui est du vivre, du vêtir et de ce qui regarde immédiatement ma personne^ je n'ai presque rien changé de mes ancio*mcs habitudes. Je suis^ confus du grand nombre de domestiques, qu'on m'a contraint de prendre chez moi ; il y en a dix qui sont de qualité, et quinze de moindre considération ; les premiers ont chacun un homme à leur service. A ta vérité dit personnes pourraient me suiHrc ; dois-je m'en tenir è cette nécji^ssité précise, ou avoir égard ft Tusago des plus réservés et des plus exemplaires du Sacré Collège qui tous entretiennent un nombre d'officiers, pareil à celui de ma maison.
c J'ai trois carrosses; deux me sont absolument nécessaires, pour me trouirer aux fonctions publiques; le troisième est pour suppléer dans les acddenis qui peuvent ar^
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riviH* aux deux autres* Mei monMet sont assez simples, è Texceptinn Je quatre chaises de velours* que je This prc^senler aux personnes de marque qui me font visite: e'esl h vous de voir si relie consid<^ralion doit femportersur los anciennes obligations de ma profession religieuse, qui me paraisienl toujours nouvrlles. J'ai pour loule argenterie quelques nambenux, un bassin, une aiguière, des cuillevetdes TourcheUes; toul le reste est d*étaîn. Trois de mes chnmbres sont tendues, en éti*, d'une tapisserie de cuir doré; deux en hiver, d^ine serge de peu de valeur. (CVst celle qu'il envoya quelques ann(^es après è des pauvres honteuT, pour qu'ils s'en fissent des habits pendant un rude hiver, en dînant que ses murailles n'av<iienl pas froid: et qu*il valait beaucoup mieux qu'elles fussent nues, que de manquer è couvrir les enfants de Jésus- Christ.) Enfin, quant h mes revenus, j'en emj)loie une partie h la livrée, aux gages el è Tentretien de^ mes gens; une autre au loyer de ma maison ; une troisième su soulâgeinent de mes proches, dont l^s vrais besoins me sont connus; la quatrième, h la nourriture des pauvres el h l'ornement des égl^ises. » Le général Aquaviva ayant trouvé qu*il étjit plus édifiant que le cardinal se passât des chaises de velours, elles furent incontinent supprimées.
Clément recueillit des conseils de Betlarmin tout le fruit qu'il s'en était promis. Il y déféra contre ses propres pensées, <Ians un jioinl important. Il s'était mis dans l'esprit de faire expliquera Rome la philosophie de Platon, au lieu de celle d'Aristote. Peutôire ce penchant lui était venu dans la lecture des Pères du r' siècle, qui donnent beaucoup plus dans les sentiments de l'Académie, que dans ceux du Lycée, ou bien, en lisant Platon , il y avait trouvé plus do rapport avec nosdo^mes. Quoi qu'il en soit, s'en étant ouverl à Bellnrmin , et lui ayant exposé sa pensée sur les deux philosophes, dont il préférait le premier, « S.iint-Père, » lui ré|K)ndit Bellarmin, « puisque Votre Sainteté m ordonne de lui dire ce que je pense sur ce sujet, je lui avouerai que Platon a été le philosophe des premiers Ihéologiensde l'Eglise; mais elle sait mieux que moi qu'il a été.le théologien des premiers hérétiques ; que c*est lui qui leur a fourni des armes pour combattre la religion ; que celte espèce de conformité, qu'il semble avoir avec la sévérité, est le piége dont ils se sont servis pour faire tomber dans l'erreur une infinité de personnes que cette apparence a séduites. C'est pour ce motif que TertuU lien, dans le traité De Came, s'est élevé contre ses idées, qu*il les a regardées comme les fatales semences des nl^veries des gnos tiques, et comme des mystères capables 4'enfanler l'imposture ; qii'Origène , pour s'être amusé h cueillir les fieurs de l'éloquence de Platon, a été surpris (>ar le poison qu'il n'y a pas aperçu, et qu'il a ensuite répandu dans ses livres : que ceux de Pla* ton ont été pour cela frappés d'aoalhème
par le cinquième synode , et proscrits des plus fameuses universités de l'Europe. Aristoie, au contraire, est aujouni'hui comme le philosophe universel, depuis qu'on' Ta démêlé des rêveries des Arabes, et qu'on a su prendre en main ses solides raisonne* ments, pour confondre les subtilités des novateurs. A la vérité, l'abus qu'en firent ces mauvais génies, et la crainte qu'on eut qam quelques commentateurs impies nV eussent glissé le venin de leur impiété, jetèrent, en un certain lemps, quelques flétrissures sur ses ouvrages ; jusqu'^ ce qne, le texte étant bien distingué du commentaire, et la véritable doctrine , de son mauvais usa^ « Alexandre de Ha'ès, Albert le Grand, Saint Thomas et beaucoup d'autres pieux et «a« vanis hommes remirent Aristoie en honneur, et firent refleurir sa doctrine dans les écoles. La raison qu'ils en eurent, c'est que cet auteur leur parut d'autant- moins dango« reux, qu'il fait moins le théologien , qu'il se tient renfermé dans la sphère de la pure philosophie^ et que ses principes , en beaucoup d'endroits, loin d'ôlre ot'posés è cenx de la foi , leur sont très-favorables. Rien enfin ne justifie mieux ce dernier philosrv» pho , et ne lui doit mériter plus d'estime dans l'esprit de Votre Sainteté que l'honneur
3ue lui a fait, il y a plus do cent ans, un e vos prédécesseurs , Nicolas Y, en appelant les plus habiles gens de l'univers pour en faire è ses frais une traduction fidèle, qui pût être entre les mains dotons les mattros. •
C'est à celte occasion que le Pontife répéta ce qu'il lui avait dit souvent, qu'il l'avait fait cardinal pour rendre justice à son mérite , et surtout pour avoir auprès de sa personne un homme qui lui dtt la vérité,
Bellarmin, qui respectait les paroles du Vicaire de JésuS'Christ comme celles de Jesus-Christ lui-même , so crut obligé , pour obéir, de lui tracer une courte idée de ses principales obligations, et de la lui présen* ter comme un miroir, dans lequel il pût découvrir les défauts qui peuvent se trouver dans le gouvernement de l'Eglise. Il adressa au Pontife un' Mémoire qui se trouve dans l'estimable ouvrage du P. Frîzon.
Personne n'ignore les célèbres contestations qui s'élevèrent h Rome, sous le pontificat de Clément VIII, entre les Dominicains et les Jésuites. Elles prirent naissance en Portugal, aussi bien que le livre de Molina, qui fut le sujet de ces disputes, lesquelles durèrent pendant plusieurs années, et necessè* renique par un ordre exprès dePaul Vq«ii laissa les deux partis dans la possession de leur doctrine. Ce fameux livre, on l'appelle ainsi, parce qu'il a fait bien du bruit dans le monde, est intitulé : La concorde du libre ar» bilre avec les dons de la grâce. Bellarmin joua dans cette querelle un grand rdle.
Bientôt il fut nommé à l'archevêché de Capouo. Suivant certaines gens, le Pontife aurait voulu se délirrer honnêlement d'un importun conseiller. Il est constant qu'il ne se détermina, qu'après en avoir été pressé par le cardinal Barouius. Cet ami fitièle
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i*iposa souvent h Sa Sdiiileté U pauvreté de Uellariutn ; riiopuissaiice où il élail de soutenir son rang , avec le |ieii de revenu qui hii était assigné, et la résolution où on le •avait de n'en donian'ier jamais de plus considérable. Il épiait les occasions fies bé* néflrcs vacants avec autant d*aitenlion, que ceux è qui Tintérèt ou l'ambition les fait brigner pour eui«mémes, afln de lui en faire toniiier quelqu'un ; et on peut dire avec justice que le siège de Capoue «lui fut donu& h la sollicitation du savant annnliste de l'Eglise.
Clément » de son cdté, élail souvient convenu avec Baronius, que Bollarmin n'avait imê de quoi vifre avec dignité; qne , moins lavait soin de lui-mémo, plus il méritait (|u*oa j|>our\Al; qu'il fallait |)révenir un bomme qui avait besoin de bi'aucoup , et qui ne demandait rien , el qu*il avait à se reprocher de l'avoir laissé , pendant trois aus, chargé des travèui de l'Eglise , sans lài donner de quoi les porter convenable* ment. Ayant donc fait venir Bellarmin, il lui dit avec cet air de bonté qu'il savait prendre quand il voulait donner du relief aux grâces qu'il répandait : « Il y a longtero|»a que je devais vous avoir fourni les luojrens d'entretenir avec honneur la pourpre, dont j'ai été heureux devons revêtir; vous vous êtes oublié vous-même; il fallait que je m'en soutinsse plus lot ; je me »uis trop reposé sur la confiance que je sup- |K>sais que vous aviez en moi, et sur la disfiosition où j'étais de ne vous rien refuser ; ▼otre désintéressement m'a fait tort plus qu*è vous; il faut que je me vtnge, que )e vous tire de l'indigence dans laquelle je ne devais pas vous souffrir si longlenifis et que je préfère k la satisfaction que j'aurais eue de vous posséder pendant ma vie , c^elle de vous mettre en état d'èlre k votre aise après ma mort ; c'est iK>ur cela que je vi:us lais aujourd'hui arclievôaue de Ca« •fKiue. » Il fut consacré eu avril 1U02.
Capoue, située dans le ro}aume deNaples, en la terre de Labour , nV*st |»lus cette Cajioiie si fameuse dans l'histoire , pour avoir sauvé Rome, en amollissant par ses délices l'armée d*Annibal. Les Romains s'en étant rendus maîtres , l'an de Rome 5i3 , ré|.argnèrenl en considération de cet iiii|)ortant service. Uais elle (ut ruinée depuis |iar dî« vers conquérants , qui n'avaient pas la même raison de la conserver. Une nouvelle Capinie fut bAtie sur la fin du vr" siècle, i»res(|ueffur les ruines, k 3 kilomètres de ranciennet sur les bords du Vulturne. Lus Lorol>ards« qui «^n jetèrent les fondements. De se mirent pas en peine de la rendre aussi considérable que la première ; elle Test devenue cependant ;car,sieile est inférieure 5 celle-ci en grandeur et en beauté, «file a a^joiird'hni le nom de métropole que lui donna, en 678, Jean Xlll, le jour môme
3u^is*y trouva avec Othon le Grand, venu 'Allemagne pour le rétablir sur son sié^e, lueroTaieut contraint de quitter le« P^-
que
main^, impatients de sa domination un peu dure.
Dès qu'on y sut la nominal ion de Bellar» min, la joie tut uniferselle; Capoue se crut aussi fortunée de l'avoir pour prélat , que Milan Tavait été d'avoir Chnrles Borromée pour archevêque : mais rien ne marqua mieux l'estime qu'on faisait de sa vertu, que la manière toute nouvelle avec laquelle on sedisposak le recevoir. Pendant que les autorités ordonnaient les préparatifs de cetle fête, les iiarliculiers travaillèrent déjà è la réforme de leur vie, persuadés qu'ils ne pou* vaii*nt rien faire, qui fût plus agréable au saint lioinine, que de corrîgi'r leurs mœurs profanes, et de purifier leurs rœurs, où ce nouvel Esdras venait rétablir la sainteté.
Il parut bien h son entrée que c'était le tout son dessein; car ce qui en fit la plus grande célébrité fut une indulgence plénière, qu'il avait obtenue du Pape, et qu il publia le jour même au pied des autels, ou l'on peut dire au'il fut porté comme en triomphe, au milieu desaoclaiiialions de tout son peuple. C'est là gu'adorani le souverain Pasteur des âmes, il se dévoua tout entier au service de celles qui étaient commises è se^ soins, et, k son exemple, s'otTril de verser ))Our elles jusqu'à la dernière goutte de son •anç.
Dès lejourde l'Ascension, qui suivit de fort près celui de son arrivée,il monia en chaire» |K)ur distribuer à ses enfants spirituels la nourriture de la p/irole de Dieu; ce qu'il continua de faire toutes ks fêtes et tous les dimanches avec une assiduité dont on n*avait jamais eu d'exemple à Capoue, et avec une diversité de matière, qui soutenait son auditoire dans une avidité toujours nonv< lie. Les sujets chaque année furent dilTérents.Ceux de la première furent l'ej^plication des £. ttres qu'on dit à la Messe; il traita dus Evangiles pendant la deuxième, et la troisième fut employée à exposer le sermon queât Moire-Seigneur sûr la montagnct pour apprendre k ses disciples, ejl, en leurs
iiersonufS, à tous les Chréiiens des siècles I venir, la sublimo doctrine qu'il é!ait venu apporter au monde. On étaii charmé de ses discours : on venait en foule à Capoue de tous les lieux d'alentour; les personnes b*s plus distinguées de Naples s'y rendaient pour avoir le plaisir de l'entendre, et ils estimaient les Canouans heureux d'avoir un tel archevêque. C était un spectacle d'autant plus nouveau, qu'il n'y avait jamais eu de prédicateurs, sinon dans les temps d'Avent et de Carême; et que les prédécesseurs du. cardinal, comme on le voit asst*z commune- j ment ailleurs, se déchargt*aieiit sur d autres du soin d'annoncer l'Evangile. Le saint prélat voyait avec joie germer la divine se« menoe, à mesure qu'il la jetait dnns les auditoires; sa parole, animée de lEsprit^aint, et soutenue par la sainteté de sa vie, encore plus que luir son caraiière , imprimait dans les Ames la crainte de Dieu, Thorreur du vice et Taniour delaïuété ; elle rappelait les plus