SOS
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^Ares que celles de la nature« que c'était pour toujoursqu*il allait s'en séparer.Elle lui était devenue très-chère par les fruits spirituels qu'il en recueillait tous les jours et par le repos qu*il goûtait avec elle dans Téloignement de la cour, qui lui paraissait une mer orageuse» où le moindre danger étnit de perdre è Tavenir toute sa tranquillité. Plein de cette idée, il monta en chaire pour faire ses adieux à son peuple : « Je ne suis pas prophète, chers fidèles, » leur dit-il, c mais je ne puis dissimuler les pressentiments que î*ai de ne vous revoir jamais ; cette parole, qui vous fait peine, m'en fait encore plus
au*k vous; car je vous aime véritablement ans les entrailles de Jésus-Christ ; je serais inconsolable, si- je n'espérais que vous profiterez des instructions que j'ai tftché de vous faire, et que vous travaillerez sérieusement à Textirpation des vices qui m'ont obligé, de temps en temps, h me jilaindre un peu de vous. Qui sait si le délai que vous avez apporté à suivre assez prouiplement les voies que je vous ai montrées, n'est pas la véritable cause qui m*arrache d*entre vos bras? » Pendant qu*il parlait d'une manière si touchante, son auaitoire fondait en larmes; tous se regardaient comme indignes d'un si saint prélat. Il tit tous ses cfTorls pour les consoler. A la sortie de la chaire, ils le reconduisirent au palais en faisant retentir l'église de leurs gémissements et de leurs soupirs.
C'est la veille de son départ qu'il leur fil ce triste adieu; mais ce fut bien un autre spectacle le lendemain, qui lut le jour de celte cruelle séparation. Il arriva h 1 homme apostolique ce qui était arrivé 1^ l'apôtre saint Paul : celui-ci prêt à sortir de Milel, oyani assemblé les plus anciens du clergé de cette nouvelle Eglise, dont il était le nèrecn Jésus Christ, et leur ayant déclaré qu il était sur le point de les quitter, pour ne les revoir jamais; ce fut parmi eux, dit l'historien sacré (AcL xx), un deuil inexprimable; celte parole imprévue les pénétra de la plus vive douleur; on se jeta au cou de Paul; on fileura sur lui , on l'accompagna jusqu'au vaisseau, qu'un coup de vent leur fil bientôt perdre de vue. Telle était la douleur des habitants de Capouo, qui croyaient perdre un père. Dès le matin de son départ, lu concours fut général à son palais. Riches et pauvres se prcs« saienl autour de lui : les uns voulaient lui baiser la robe, les autres lui l'aire toucher leurs chapelets, et tous avoir sa dernière bénédiction. Pour les contenir, il la leur donna en élevant la voix et la main, et en les assurant qu'il n'allait être absent que de corps; qu'il leur laissait son cœur, et qu'en laveur des pauvres, il avait pris des dispositions pour que ses aumônes se continuassent à l'ordinaire. Puis il entra dans sa litière attendri lui-même, et ne pouvant retenir ses larmes à la vue d'un peuple si aO'ectiouné, qui l'accompagna le plus loin qu'il put, et après i*avoir suivi des yeux, le suivit de cœur jusqu'à Rome.
A peine Bellarmiu fut-il arrivé» qu'il bllul
songer h donner h TKglise un chef capable de remplacer celui que venait de perdre I9 monde chrétien dans la personne d'IIippoly 10 Aldnbrnndin, qui avait pris le nom de Clé* ment VIII. Il faut convenir que ce fut ail grand Pape par ses qualités personnelles et par les actions mémorables de son pontificat. Il en est quatre, entre autres, qu'on ne peut lui contester, et qui sudisent pour rendre sa mémoire immortelle. Ln première est la réconciliation de Henri IV, qu'on ajustement appelé te Iils de ses prières et de ses larmes; la deuxième, la réunion de Ferrare au domaine ecclésiastiaue par le moyen du même monarque, dont le nom seul désarma toua ]es protecteurs de César d'Esté; la troisième» la paix de Vervins, conclue par sa médiation, entre les rois de France et d'Espagne, qu*il Unit è la défense de l'Eglise; et enfin la qua^ trième, le Jubilé universel, le plus fsmeui qui*fùt jamais par la multitude des pèlerins* qu'on fait monter jusqu'à trois cent mille, par le grand nombre de Turcs etd'hérétiquea qui, frappés de la majesté de la religion» en reconnurent la vérité, et par les charitabira profusions du Pontife, qui lui méritèrent les applaudissements et les éloges de toute Itt terre.
Les cardinaux, 'au nombre de soixante»
assemblés pour élire un digne successeur il Clément, se partagèrent, comme il arrive d'ordinaire; onze jetèrent d'abord les ^eut sur Bellarmin ; il eut de la joie de voir le plus srand nombre se déclarer pour Baronins, 10 plus fidèle ot le plus constant de êes amis.
En effet, il s'en fallut peu que la tiare ()ontificale ne fût placée sur la tête de ce meut et savant cardinal, qui avait assez fait d honneur è l'Eglise par ses Annales^ pour en mè* riliT la suprême dignité. Le Sacré Collège pencha longtemps de son côté. Il eut jusqu k Irente-ileiix suO'rages, et il est probable que son mérite eût emporté le reste si l'Espagne lui avait été aussi favorable que la France. Les vœux de tout le conchsve tournèrent enfin vers Alexandre de Médicis, qui ne trouva nul obstacle de la pari des deux monarchies, lesquelles, en qualité de légal du Saint-Siège, il avait pacifiées, en 1598, au traité de Vervins. Il fut élu le 1" avril 1605, et couronné le jour de Pâques sous le nom de Léon XI , mais la ()ompe de son couronnement fut bientôt chaiigée en celle de sea funérailles. Il ne fut |)as un mois entier sur le trône de saint Pierre; et, dans ce peu de temps, il montra tant de grandeur-d'Âme et de vrai piété, qu'il mérita d'être regretté par Henri IV comme son ami, par le peuple comme son père, par les gens de lettrée comme leur protecteur, et par toute rÉgliae comme celui sous la conduite duquel elle ne promettait que des triomphes.
A peine Teul-on pleuré, qu'il fallut rentrer au conclave pour une nouvelle élection. Baronius et Bellarmin, dont les cœurs étaient si unis, et qui faisaient des vœux l'un pour l'autre, eurent longtemps des voix ; Bellarmin en eut plus eo ce conclave que Baro-
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C'est !e seniiinent qu'il arait au fond du cœur, etdoiit ils'ouTrilà piusieurs CârJiiiaui« qui prenaient beaucoup plus de ;Ari que lui-même à la disposition de presque tout le coDdaTe en sa fsTeur. Il les supt'Iia de délouroer ailleurs les suffrages. Tout gra? a et tout réserré qu*ii était en ces con- Jonrtures, il ne laissait pas quelquefois de plaisanter arec ses amis : ■ Gardez-Tous bien de me choÎMr,» leur disait-iU« tous tous en repentiriez; tout faible et tout usé que tous me TOjeZt je suis encore pour virre long* temps ; je suis d'une famille» où Ton ra jusqu'à Textrême rieillesse. » Il répondit plus sérieusement è un de ses amis« qui lit tomber entre ses mains une relation du conclarcqui Tenait de unir; car» y ayant lu que ses manières qu*on trourait un peu aiiBples, aTaiml empêché qu'il ne fût Pape,
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e! >nr:,»;-.i je cr).^ de M^vm
ieiirjir.l, qji (^9rlaîI hantem:M:t de a*^^ «^ riîe, qui ne faisait jvni ;ie ^MiTt^rvu"^ enîw désirer d^aroir un saîM r.ipN ^l Si^uSaiM iVleeifon de Bellannin, et qnu wi }vre!i<fct^w» de touia sa coik, f\Iii>riA les e.^Mnuuv français parlant pour R.^ine, après U moii de Ciemeni, ae eonoounr .^ sa n%>:ianaihMi aree tout le iMe qu'ils doTsuMit a^Air poui i*E«;lise. L'éloge et los \iruid*unsi ^taml roi" faisaient trop d\'elal pour èlro tout 11 fait ignorés du caMmal. Il ne pouvait s'a« veugltr sur ce qui sVtait passi^ dans l^s premiers scrutins du prcy^denl conriare; il y en eut qualorxeau premier scrutin qui Uu donnèrent leurs suffrages, et II parait que tout le reste était k lui ; si des rat>^ns quii cous n'arons pas il approfondir, n'aïaieni fait Jeter les veux sur un autre, i^aoi quM ensoitt le seul |varti quVt'^:^ prendre alors sou humilité, était de craindre el de prier; ce fui là sa constante preoceupaiion |uft* qu'à l'élection du nouveau Pape« qni \o tira d'inquiétude i>our toujours, prtMo)aiii bien que» quand iisurviTrait à celui-ci. >ou Age très-a tancé le mettrait hors de dangei* de lui succéiler.
Le Pontife» élu le 17 mai IfMKii fut diiM le
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rardinal Camille Borghëse; il prit nom Paul V» cligne du trône pontifical par sesémiocnles qualités, accordant une haute science avec une tendra piété, un certain air de grandeur avec une bonté de père, une douceur charmante avec une inflexiblefermeté; celle-là en fil les délices de Rome, celle-ci lui mérita l'éloge d'invincible défenseur des libertés de TEglise.
La république de Venise, pour avoir fait des lois, qui lui parurent violer ces libertés, fut frappée d'interdit, et raiïaire pouvait avoir des suites très-fâcheuses, sans rinterventionde Henri IV, aimé du Saint Père et des Vénitiens. Cette grande querelle Gt trop de bruit dans le monde, et Bcllarmin Iui« même y eut trop de part pour qu*on n'en dise pas ici quelques mots.
Le différend, dont on parle, est un feu qui éclata sous Paul V, mais qui ne s'alluma que peu è peu. Il y avait longtemps que la république de Venise, très-susceptible sur. le chapitre do ses libertés, et la cour de Rome,
aui ne l'est pas moins sur la conservation e ses droits, avaient des difficultés ensemble. Elles s'étaient toujours accommodées, au moins pour un temps, par la médiation des cardinaui de l'Etat vénitien ; quelquefois même on avait fait des concordats, qui avaient à la vérilé empêché la rupture des deux puissances, mais qui avaient toujours laissé quelque aigreur dans les esprits.
Venise portail inipatiemmenl le joug de l'Inquisition; et, quoiqu'elle ne l'eût reçue que par la détermination dis Grand Conseil, au temps de Nicolas IV, en 1289, sans y avoir, été contrainte, comme on le lit entendre alors pour riioiineur del^tat, la seigneurie n'avait jamais pu gagner d'en faire un tribunal mi-parti, dont les juges fussent les uns ecclésiastiques établis par le Saint- Siège, les autres séculiers et qui fussent roamt)res du sénat. Tout ce qu'on avait pu obtenir, c'est (]ue ceux-ci assisteraient aux jugements, qui seraient rendus par les seuls ' inquisiteurs. Celait un triomphe que Rome avait remporté sur Venise. Venise, de son cô|é, avec sa politique ordinaire, avait profité de ce désavantage et elle s'en était servie, comme d'un frein, pour modérer t:i pour lier, quand il lui plairait, le pouvoir de l'Inquisition. Selon le concordat, on ne pouvait faire aucun acte juridique, sans y insérer celle clause, cum assistenlia et prœ- $mtia lUuitristim. et Excellenliss, DD.; de sorte que rien ne se décidait que du consentement du sénat qui, par ses assistants, savait tout le secret du tribunal, et en suspendait les arrêts, quand bon lui semblait. Cette dépendance d'une puissance séculière mortifiait les ecclésiastiques, qui en f sortaient souvent leurs plaintes à Rome, où 'on était déjè assez porté à affranchir TEflise de cette espèce d assujettissement, et réprimer ce qu'on appelait les entreprises de l'Etat vénitien. Celle de l'emprisonnement do Scipion Sarasin, chanoine de Vicence, et de Saldemarin, abbé de Ncrvèse, parut iBsoutenable à Paul V, dès son avéue-
ment au pontificat. H s'en plaignit au sénat par son nonce; ou reçut ses plaintes avec respect, mais on retint les deux prisonniers.
Il était déjè piqué de ce manque de soumission , quand on l'informa de quelques décrets émanés de la même autorité, et par lescjuels on prétendait que celle de rEglise était violée. Le premier, du 3 mai 1602, défendait à tous les ecclésiastiques de l'Etat, séculiers et réguliers, d'acquérir des biens immeubles. Par le deuxième , du 10 janvier 1603, il était dérendu de même, sous de fortes peines , de bâtir des églises , des couvents, des hôiâtaux par toutes les terres de la seigneurie, sans une expresse permission de sa part. Le troisième , du 6 mars 1605, et se rapportant au premier, empêchait l'aliénation des biens séculiers en faveur des ecclésiastiques. Ces décrets , qui furent regardés à Rome comme des attentats de la république contre l'Eglise , furent de nouveaux sujets de plaintes ; le Pontife les fit avec amertume au chevalier Nani , ambassadeur de Venise , et il lui recommanda de faire savoir à ses maîtres qu'il était résolu de s'op« poser, comme un mur d'airain, h ce qu'ils entreprenaient contre sa juridiction, et d*eu maintenir les droits au prix de son sang. Nani lui représenta que le pouvoir de {uger les ecclésiastiques en des causes séculières appartient aux souverains dont ils sont les sujets ; et que les lois , défendant l'érection des édifices publics et les aliénations dont il s'agissait, étant déjà sans contredit en vigueur à Venise, rien n'était plus juste que toutes les villes de l'Etat suivissent Texempie de la ville dominante et en ree ussent les usages. Le Saint-Père, trouvant les raisons mauvaises, le pressa de demander instamment la réponse du sénat. Elle fut « que la seigneurie ne pouvait ni se dessaisir des coupables , qu'elle avait justement emprisonnés, ni révoquer des lois qu'elle avait portées, après de mûres délibérations, pour le bien de ses sujets; qu'en toutes autres choses elle ne manquerait jamais de déférence aux désirs de Sa Sainteté; mais que, si elle était résolue de soutenir ce qui n'était nullement de sa juridiction, le sénat qe l'était pas moins de se conserver dans la liberté que Dieu lui avait donnée, et dont nul des Papes ses prédécesseurs n'avait trouvé l'usage illégitime. »
C'est alors que le feu commença à prendre. Paul , qui n'entendait pas que la république lui fit la loi, et qui prétendait bien la réduire, comme il venait faire celle de Lucques et celle de Gênes , qu'il avait obligées à des révocations pareilles, fit expédier deux brefs, datés du 10 novembre 1605, dont l'un regardait l'euiprisonnement des ecclésiastiques , l'autre les décrets en contestution; les deux brefs étaient adressés au duc Grimani et au sénat de Venise. Mais ce doge, étant à l'cxtréiuité au moment oi^ le nonce les reçut, et étant mort bientôt après, ils ne furent rendus qu'à son successeur. Ce fut Léonard Donat , que le sénat