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qu'on n*aiirnil peut-être jamais aplanies, si Henri n'ava*rtcn!M)y(^«en llalie le oardinnl de Joyeuse, pour mettre la dcniîëro aiain h cette grande œuvre.
Le roi ne pouvait mieux choisir; outre que le cardinal était h«ibilo politique» adroit, insinuant, persuasif, il était vu de bon œil des «leui poissancf^s» qui le croyaient chacune flans ses intérêts. Ayant donc trouvé les ▼oies de paix dé'jh frayées par les ministres du roi ; secondé d'ailleurs par le cardinal du Perron, qui levait tous les jours quelques obstacles; après avoir fait quelque séjour h IVôme, où il était allé d*abord, il en partit, muni des pouvoirs du Saint-Père, pour conclure la réconciliation deVeniso avec Sa Sainteté. D6squ*il fut arrivé, il notlGaces pouvoirs au sénat, et, après quelques conférences, on convint de toutes les conditions, dont Ws principales furent : Que les deux prisonniers aéraient consignés à l'ambassadeur de France, è qui la seigneurie» sans préjudice
loAs rétablis, è l'exclusion des Jésuites, sur lesquels la république ne voulut jamais se relâcher ; que le cardinal , accompagné de du Fresne irait au collège, où il déclarerait .es éensures levées, et que le doge, en même tempa, lui mettrait en main Tacte de protestation, qui par là sérail censé nul et révoqué ; et, de peur qu'on écrit ne fît nattre de nouvelles difficultés, que l'accord se passerait verbalement. Tout cela fui exécuté de point en point. Le doge rendit grâce à 8. M. trèi-chrétienne; et le cardinal ayant prié la seigneurie d'envoyer un ambassa- Jcur h Roma, elle nomma» dèsle jour même» le chevalier Contarini pour celte célèbre ambassade. Ainsi se termina cette grande affaire à la sati)ifaction des deux parties » à la consolation de l'Eglise et à la gloire de Benri IV.
Les Jésuites, |5our être les seuls exceptés» De laissèrent (las de prendre part è la salis* faction publique; et, dans le déplaisir qu'ils eurent d'avoir perdu les bonnes grâces de I auKUSte sénat, pour lequel ils avaient une Téneralion profonde, ils ne f*erdirenl pas fespérance de les recouvrer un jour; comme ils firent lieureusement, en 1657, par le crédit et l'éloquence du duc Pesaro» qui leur regagna les cœurs et la confiance des Vénitiens. En attendant le temps marqué pour leur rétablissement, ils eurent la consolalion de savoir que le Saint-Père était sensible è la continuation de leur disgrâce, et qu'il ne passa qu'avec peine sur l'article de leur exclusion. C'est ce qu'on publiait hautement è Rome, où on leur faisait celte juslice de dire que la paix de l'Eglise les touchait beaucoup plus que leurs propres intérêts» et qu'ils étaient conlenls d'ôtre jetés au mer, comme Jonas, si l'orage devait ces* ser è celle condition. Ce que dit le cardinal de Joveuse pour essayer de vaincre, en leur faveur» la résistance de la république» leur fait beaucoup d*boDneur. Voici en quels
termes le rnpnorlo l'historien de Venise: « Le cardinal fit de grandes instances pour les Jésuiles, disant qu'il pouvait lever les censures sans cette condition : mais qu'il la demandait comme une chose vivement désirée du Pape pour sa réputation; du roi, son maître , pour le contentement de Sa Sainteté et enfin de lui cardinal» qui estimerait celle grâce autant qu'une couronne. »
Bellarmin cul une joie infinie de cet accommodement si nécessaire au bien des âmes , et si conforme è ses inclinations, qui le faisait toujours pencher vers la clémence. Le Pape aimait en lui Ct3ile bonté do naturel ; et, comme il connaissait d'ailleurs sa profonde sagesse» il voulut qu'il fût de son conseil, et lui déclara qu'il ne fallait plus songer à Capoue ; «J'ai besoin de vous à Rome,» lui diUil,t pourm'aidcrà soutenir le poids du gouvernement de l'Eglise, » C'est ce que lui avait déjà fait entendre son prédécesseur dès les premiers jours de son exaltation. Bellarmin, à qui les volontés du Souverain Pontife paraissaient celles de Dieu môme :t Votre Sainteté, Sain l-Pôro,» lui ditil» «me fait trop d'honneur, quand elle m'attache h son service : je n'ai sur cela qu'à lui témoigner la très-humble reconnaissance dont je suis pénétré : vout-elle bien qu'en recevant cette grâce je lui en demande unp autre 7 J'avais beaucoup de raisons qui naa faisaient souhaiter de vivre et de mourir m mon Eglise Je Capoue; je l'abandonne trèsvolontiers, pour obéir au Vicaire de Jésus- Christ : mais pour obéir à Jésus-Christ même, agréez que je la résigne absolument ; n'y pouvant résider, je ne puis la retenir. » —■Vous pourriez» À votre ordinaire» y mettre si bon ordre, » repartit Paul V» i qu'elle ne souflfrirait guère de votre absence; pour peu cependant que ce point vous fasse de la pei^ ne » celui de ne pas vous avoir auprès de moi devant m'en faire davantage» disposez de votre archevêché, j*y consens» en faveur de qui vous voudrez; je ro*en tiendrai h celui que vous jugerez dfigned'en être gra-p tifié. » Le saint nomme, noyant regardé que le bon plaisir de Dieu en acceptant cette mé^ tropole, fil de même en la quittant; il n'en«>^ visagea rien autre chose, quand il fallut se donner un successeur ; et» fermant les yeui à tous les intérêts de la chair et du sang» pour ne les ouvrir que sur celui de Jésus* Christ, il chercha un homme selon son cœur, pour le mettre en sa place. Parmi ceux qu'il se contenta de nommer au Pape, auquel il on voulut absolument laisser le choix, Antoine Cajelan» depuis cardinal» fut pourvu de ce bénéfice considérable, où il se conduisit avec un zèle et une prudence capables d'essuyer les larmes des CapouanSf si l'idée du cher pasteur, qu'on leur avait enlevéi n'eût fait dans leurs cœurs une plaie trop profonde pour être sitôt fermée.
Le saint homme leur écrivit h ce sujet la lettre la plus affectueuse el la plus consolante; il leur répéta ce qu'il leur avait déjà dit» qu'il les porterait toujours dans son cœur, ^outapt qu'ils pouTaient. compter