‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 42 sur 350 · BEM · texte numérisé non relu

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Bembo ne pensail pas alors & entrer dins réiat ecclésiastique. A ia suite d*iin commerce illégitiiije avt'c Momsina» il eut trois enfants, deux tils. Torqualo e( Lucilfo, el une fille Hélène, qui épousa un noble Vénitien. « Ces enfants, il les Ht élever avec lo plus grand soin» dans les bonnes mœurs et dans les lettres. > Ce sont les fxpressiuns du pieux etKrave Mazzuchelli. {Hi$t. (fital.^ (om. IV, p.7M.] Celle liaison, ou son amour pour les lettres l*empècha de se marier et d^accepter les emplois qui lui étaient offerts dans sa patrie. Homme de cabinet et constamment occupé h étudier vi h écrire, il connut néanmoins les plaisirs de i*ann*tié. Il eut la faveur du prince Alphonse d'Esté, époux de la célèbre Lucrèce Borgia. Quand il fut de retour à Venise, il devint un des principaux membres de Tacadémie qui s*y était formée dans la maison du savant Aide Manuce; il se faisait un plaisir de corriger les épreuves qui sortaient de cette imprimerie célèbre. En 1506, il se rendit à la cour d'Crbin où les gens de lettres étaient sûrs d'être bien accueillis et où il se lit des amis puissants. li était à Rome en 1512, lorsquon envoya des bords du Danube, au Pape Jules II, un ancien livre que personne ne liouvait déchiffrer. Bembo y étant parvenu, recat ators du Pape la riche commanderie de Bologne, de Tordre de Saint-Jean de Jérusalem. Quand Léon X eut succédé à Jules 11, il prit Bembo pour secrétaire et lui donna pour collè^'ue son ami Sadolet. Quand il avait è conher quelque mission exigeant un homme sur, c est Bembo qu'il choisissait. Celui-ci 8*élait vu ainsi arraché à son indopeudance pour être jeté dans le tourbillon des affaires qu'il avait tant en aversion. Son •fsidttité au travail, aes veilles continuelles altérèrent sa santé; on l'obligea à changer d*air et il se rendit & Padoue, oC^ il ap|M-it hieotôl, [1521], la mort de Léon X. Pourvu de riches bénéfices, il ne demandait plus qa'à renoncer aux affaires pour se réfugier au milieu de ses livres el cfe ses amis. If se fontenta d'aller h Rome baiser les pieds du Doureau Pontife, Clément Vil, second Méàieih qui, comme le premier, se fût em-

fireasé d'élever Bembo pour peu que celui-ci 'eût voulu. En 1529, la république de Venise Tarracba de nouveau à sa retraite pour le charger de la continuation de son histoire, laissée interrompue par la mort de Na- ?agero. Bembo se crut obligé d'accenter, quoi qu'il en coûtât à ses goûts, mais il refusa les émolumenls attachés à cet emploi ; il n'accepta que le logement aux frais de l'Etat, à Venise, où il n'avait pas de maison. Il était en même temps bibliothécaire de la bibliothèque de Saint-Marc. Paul 111, qui en lUi succéda è Clément VU, désirait vive- Bneot élever Bembo au cardinalats Mais on loi représentait la nature des écrits et surtout des poésies de ce dernier, ses opinions •I sa vie qui n'était guère celle d'un Chrélîoo. Enfin, en 1338, le Pape ne ^e laissa arrêter par aucune considération et le créa cardinal. Beiubo était loin do s*aUeudre à

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celte promotion. On dit mtMne qu*il nu se serait jamais déurminé à accepter si, en- Irant dans une église pour v faire sa prière ^ et demander conseil .\ Dieu,* il n'eût entendu le prêtre dire ces paroles de Jésus-Christ à saint Pierre : Pierre, suicez-moù II crut que le Fils de Dieu lui parlait à lui-même et accepta une dignité qu'il n'avait point recherchée. Il n'était pas enrore. dans les ordres sacrés, car écrivant [15301, à un de ses parents, il disait : « Je serai «acre à ces fêtes de Noël et je prendrai l'ordre île prêtrise, puis je m'instruirai àoéK^brer Ki Messe. Admirez le changement que Dieu a eu la bonté de faire en moi. » Dès lors il renonça entièrement aux lettres profanes pour ne faire son uniaue occupation que do Tétudo des Pères et des Livres saints. Il lîi tons sos efforts pour détruire ses ancifns traviiux, ne voulant conserver quo co qu'il avait écrit sur rhistoire de Venise. Paul III le nomma h lévôché de Gubbio, puis à celui de Bergame, qui était d'un revenu considérable. Il remplissait ses nnuveaux devoirs avec un zèle exemplaire. Enfin il mourut en iWî^ dans la soixante-seizième année de son Ajjc, pour s'être blessé au côté contre une muraille, étant h cheval. 11 fut enterré h Sainte- Marie de la Minerve où son ûls Torqualo lit graver sur son tombeau cette inscription :

Petro BemlKi pairicio Voneto

Ob ejus siiiKul.ires vîrlutcs

A Pàido m iKiiitif. inax.

In sacrum collej^îiim cooptato

Torquatus Bcmbus P.

A. P. Sembo, palicien dé Venite, Admit dam iê Sacré Collège par Paul iil^ Souverain Poaiifê^ T. Bembo a élevé ce monumenL

Jérôme Quirinî, son ami, prit soin, après sa mort, de lui faire élever, a Podoue, dans la célèbre église de Saint-Antoine, une belle statue de marbre. Jean de la Casa a écrit rhistoire de la vie de ce cardinal ; on y trouve rénumération de ses ouvrages tant italiens aue latins. Entre ces derniers, il y a seize livres de lettres écrites pour Léon X, alors que Bembo était son secrétaire; six livres û'ÈpUres familières ; un Dialogua contenant la Vie de Gui Uhaido de Montefeltro, duc d'Urbin; diverses Ilaranguei; VHistoire de Venise en douze livres, etc. Ces ouvrages et surtout le dernier, sont écrits purement en latin; tuais on y chercherait vainement de grandes idées. Entre ses pièces italiennes, le poëme qu'il a fait sur la mort de son frère Charles, est une des meilleures ; il n'y a rien de plus beau, de plus délicat, déplus passionné. César Scaliger, Ambro&io Personna. Bealiaous et d'autres, ont consacré des éloges funèbres h sa mémoire. Jules Scaliger lui reproche une imitation trop servi le (Te Cicéron, même dans ses vers. Il blflme aussi, dans ce poëte, ta licence ciu'il s'est donnée, d'appeler Jésus-Christ un héros, en «luelque sens qu*il l'ait voulu entendre. — Sus poésies lalinos sont, en général, éli'gantes et ingénieuses. Queluuud-unes, ouvr^igo

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