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de sa jeunesse, sont peu morales ; mais nous avons vu combien il le déplora, {^oy. J. de LA Casa, in Vita P. BembU P- 153, ColUclio Balesiiy in-i^**. — Thuanus, Bist.f I. m, ad annum 15^7. — Cses. Scaliger, Hypercrii, feu, I. VI PoetiCf p. 800 ; — Joseph Scaligee, in Prim. scal.^ p. 27; — Laeochepozat, No' mencL card, ; — Spondb, in Annal. ; — âl'ee- RT, Hist. des card. ; — Impériales, in Mus» hist, ; — Ughel, liai. sacr. ; — Bosio ; — Onuphre ; — Cabrera ; — Tipotics ; — Cos- TAR, l. II de la Déf. de Voiture^ d. 6; — Olaùs BoRRiGHius, Dissert, de poet, Lai.^ p. 9& ; — Baillet, Jug.des savants sur les poêles moder* nés, t. Vil.) Voici son éloge par le P. Alby [16U] : « La nature nous baille tous ses biens à usage, et en prêt gratuit; la fortune a changé» et à intérêt : la venu les donne libéralement.
«(C'est aussi ce qui a été de tout temps un digne sujet de Testime des grands hommes qui ont été le plus avantagés de raison, d'instruction etd esprit, qu'ils ont eu autant de passion d*acquitter fidèlement les premières dettes, et les plus justes devoirs envers la nature ; comme ils se sont montrés retenus aux occasions de ne s'obliger point h la fortune ; quoiqu'ils aient tenu toujours à honneur d'être engagés de foi, et de demeurer redevables de reconnaissance et de service h la vertu.
« Ce qui a grandement paru an cours de la vie du cardinal Bembe, qui, ayant reçu des «oins les plus curieux de la nature toutes les faveurs qu'elle peut faire è un homme» les a rendues lionorables par un droit usage, et justifié la profusion de ses grâces par un bon emploi. Et quoique la fortune 1 ait longtemps poursuivi avec ses présents & la main, il les a toujours dédaignés, ne voulant être tenu de tous ses avantages, qu*è la seule vertu , qu'il se proposait encore de servir, comme disait Tun de ses anciens courtisans, non pour ses récompenses, mais pour ses miracles.
« Il était noble Vénitien, sorti d'une maison illustre, où depuis une longue suite d'années l'éclat d'un mérite extraordinaire avait toujours été joint avec celui des dignités, et des emplois les plus relevés. Ce qui le tira h diverses occasions du lieu de sa naissance, pour suivre son père, homme de grande estime, et bien versé en la politique, qui, ayant été envoyé en ambassade h Florence pour les affaires de sa république ; y mena son fils, étant encore en son bas Age, et l'y fit soigneusement élever par de bons et habiles maîtres, qui jetèrent dans son Ame, comme dans un terroir très-propre, et que Ja nature avait fort avantageusement préparé, las semences de la vertu, et des bonnes lettres; d'où on vit lever en peu de temps une douce moisson des fleurs de son esprit; ayant composé, devant même que de sortir de Florence, des livres ou langues toscane et latine, qui furent les premiers essais de la gentillesse de son génie,
et les aimables gages du mérite de sa plume qu'il donna au public.
« Les applaudissements qu'il recueillit de ces premières productions de son esprilf le rendirent plus curieux de se perfectionner en la connaissance de la langue grecque, qu^il savait être un grand outil des sciencea, laquelle il alla apprendre en Sicile auprès du renommé Constantin Lascaris, etd*ou il ne se départit qu'après trois années d'étude laborieuse et d'exercice continu, pour aller accompagner son père è Ferrare, et depuis encore h Urbîn, où il était appelé par les ducs Hercule, et Guidobald, pour prendre l'intendance des affaires, et du gouvernement politique de leurs Etats : durant lesquels temps, l'esprit de notre Bembe comme un feu toujours agissant qui ne se nourrit que de nouvelles conquêtes, ne semblait vivre que de sciences et de vérités, qu'il se ren« dait tributaires par l'exercice de son étude; comme il gagnait toutes les volontés, par les charmes de ses belles mœurs.
« Il n'était pas néanmoins qu*ii n*eAt à grands désirs de se retirer du tumulte des cours de ces seigneurs, quelque grandes el excessives caresses qu'il y reçût, et de sau* ver son loisir de tant de compliments, et d'entretiens profanes qui l'occupaient con* tre son inclination. Ce qui fit qu'étant de retour h Venise, il se plongea tout entier dans ses chères études, et rendit son esprit h ce doux et agréable repos, où il engendra en la compagnie des muses, ces excellents ouvrages que tout le monde admire. Auquel temps le Pape Léon X a^anl été promu au pontificat, l'appela incontinent auprèa de sa personne, pour être le témoin de ses secrets, et l'interprète de ses volontés, aux dépêches les plus importantes qui se devaient faire en son nom. Et non-seulement il eut l'honneur de prêter des paroles aux intentions et aux pensées de ce grand Pape, mais encore de le servir à l'exécution de ses des* seins en diverses occasions, et notamment la ligue qui fut conclue des armes de l'Eglise, avec celles de l'Empire, et du roi d'Espagne* dans laquelle il fit entrer les Vénitiens, eC les détacha du parti de France, par une éloquente harangue qu'il prononça dans leur sénat; montrant par tout qu'il n^était pes moins habile dans l'action du ministère «t dans la délibération du conseil, que dans la méditation du cabinet.
a Cependant ayant été accueilli de quelques fièvres lentes, coume les médecins eussent été d'avis qu'il changeât l'air de Rome , en celui de Pavie , il arriva en même temps que le Pape Léon son bon maître , changea le séjour de la terre, et les soins de sa charge, avec le repos du ciel. Ce qui le fit résoudre à bon escient de ne servir désormais autre mettre que Dieu, et de faire de son repos le sujet de son ambition, et des vertus chrétiennes, sa grandeur et sa meilleure fortune.
« Son mérite néanmoins était si universellement connu, qu'il fut depuis recherché de$P()nliro$ Adrien et Clément qui suosé*
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dèreni au pontififjl h Léon, desquels il estima |»lus raf.probalion, qu*il n*ainia la liveor. Et il fit bien voir combien il était peu touché de cette passion d'honneur, qui est souvent le faible des grands esprits , lors-
3De le Pape Paul III lui envoya le bonnet e cardinal à Venise ; car il persista quelques jours dans la résolution constante de refuser cet honneur, quelque presse que ses amis lui en fissent an contraire, jusau'k ce qu*entrant dans une église, il ouït chanter ce root de l'Evangile {Matlh. ix, 9) : Pierre^ fuif-mot, qui lui sembla porter le commandement, de soumettre ses épaules au fardeau des charges ecclésiastiques qu'il refusait, et
3u*il ne croyait pas môme être supportable es Vertus du ciel, sans les faire trembler. € Une si digne élection fut accompagnée ces éloges publics des plus beaux esprits de ce temps-là , et des lettres de conjouissance de ces grands hommes du siècle, Contaren, Sadolet, Certes, Moron et Polus, ses eollègues, avec lesquels il lia depuis une étroite amitié, et eut toujours une parfaite conformité de mœurs, aussi bien que de sentiments et de zèle pour l'honneur de l'Eglise, et pour la manutention de ses droits. Et comme il s'efforça en tout de satisfaire TopiDion si avantageuse que le Pape avait coDçae de sa suffisance, et d'égaler Témi- Bence de la dignité qu'il lui avait conférée,
Gr celle de ses vertus; il fut aussi singuirement chéri du Saint-Père, qui lui donna quant et quant Tévôché d*Eiigube, et puis celui de Bergame : et agréa tellement ou sa modestie, ou sun jugement en ses demandes, qu'on dit du carainal Bembe, ne lui avoir Jamais rien demandé, dont il ait été refusé.
c Certes toutes ces vertus douces qui attirent, mais plutôt qui ravissent les cœurs, et tant de |>erfeclions aimables d'esprit et de bonté, paraissaient lors en lui, en telle quantité, et avec tant de pompe, que la voii et les vœux communs du monde étaient, qtie s'il survivait au Pape qui lui avait donné la chapeau, on ne pouvait faire élection d'antre, qui lui succédât en la dignité souveraine, que du cardinal Bembe.
« Hais Dieu le destinait à aller plutôt recueillir la couronne de la félicité souveraine, i laquelle il passa, comme il est à présumer de sa bonne et innocente vie, par un léger accident qui lui advint, d'une froissure au oAté, comme il entrait è cheval dans une porte. Ce uui lui causa au commencement une petite émotion de fièvre, qui s'alluma bientôt dans la sécheresse de son corps, et détacha son âme sans effort, comme un fruit déjk mûr, qui suit la main do celui qui la cueille.
« Tous les poëtes d'Italie qui l'avaient reconnu pour l'Apollon de leurs muses, liront couler h l'envi des larmes de leur veine, pour regretter cette mort , qui furent à vrai dire trop basses pour être consacrées h une il fleurissante mémoire. On lui dressa encore des statues de marbre, à Pavie et h Kugube, qui représentent l'auguste taille de son corps. Hais ses livres, tant que l'hon-
neur des belles lettres et les éléments du monde dureront, porteront l'illustre monu« ment et l'image de son esprit. Sa mort arriva l'année de Notre-Seigneur iW! de son ftge la soixante-seizième ; et fut enseveli en Téglise de la Minerve, comme il était ué dans le sein des muses. »
TOMBEAU DD CAHSUfàL SEHBO.
Peiro Rembo patrîcio Veneio
Ob ejus sin^uUres viriuies a Pstilo 111.
Pool. Max. III Sacrum CoUegiam cooplato.
Toroiiatiis Berobus P.
Obiil XV. Kal. Febr. MDXLVIl.
Vixil aanos lxxvi, M. Vil. D. IXVIIK