‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 44 sur 350 · AUTRE · texte numérisé non relu

AUTRE

0 Tiiscs, 0 Latis Mas» decns, optime vates, El Venebe scriplor nObilis* historîae,

Fleiis tibi purpureos flores, spargiiqoe receniem Adriacum pelagus, Tibrîs, ei Ames aquam.

£( nympli» Inscribuni tumiilo, hoc inîserabile car- Mors rapuit Beiiibum, delicias boininum. [i

L'évoque Jean Case a écrit également la Vie de ce cardinal. Matthieu Toscan et Capace lui ont dressé des Eloges.

BENOIT, qui vivait dans le zi* siècle, fut créé cardinal par le Pape Urbain 11 , et Pascal 11 l'envoya comme légat en France t où il assembla un concile h Poitiers. — Il ^ excommunia le roi Philippe 1", qui avait ré- Êudié la reine, sa femme, pour épouser ertrade — Après la mort de Pascal, Benoît, retourné à Rome, assista à l'élection de Gélase. (Foy. Onuphrb; — Baronios; — AuBBRT, Histoire des cardinaux.)

BBNOIT, créé par Innocent 111, en ISOO, prêtre-cardinal du titre do Sainte-Suzanne , fut évoque de Porto et légat è Coostantinople.

BENOIT X (Jbàn Mingius), était évêqnede Velletri, et fils de Gui Mincius, de la noblo famille des comtes de Tnsculane. Il avait été créé cardinal par Léon IX. — Le Pape Etienne IV avait a peine fermé les yeui, qu'une réunion tumultueuse, composée en partie de ^ens armés, éleva [1058] Jean sur le Saint-Siége, au mépris de la recommandation qu'il avait faite de ne rien terminer avant le retour d'Hildebraod , qu'il avait chargé d'une mission en Allemagne. Cet homme célèbre étant revenu de son ambassade, fit orocéder è une élection régulière à Sienne. On y nomma [1059] Gérard, qui prit le nom de Nicolas II. L'antipape , informé qu*on allait le déposer dans un concile, reconnut sa faute, alla se jeter aux pieds du Pontife, qui lui pardonna, et lui permit de vivre dans l'église de Sainte-Marie-Majeure,' mais sans pouvoir exercer aucune fonction du sacerdoce. On croit qu'il mourut peu après, dans la môme année 1059. Il figure toutefois, sous le nom de Benoit X, dans la suite des Papes légitimes.

BENOlT XI (Nicolas Bocâsini), fut élevé sur le Saint-Siége, en 1303, et succéda à Boniface VUL— Il était fils d'un herser, ou, selon d'autres, d'un greffier de la Marche Trévisane, où il naquit en 12M). Entré à Tflge dequatorzeanschezies Dominicains, il y ap* prit les belles-lettres et la théologie,et lesy en

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seigna pendant ]*cspace de vingtannées. II se fit teileraoni remarquer par sa science et sa vertu, qu*il fut élu successivement prieur, provincial de Lombardic, et enfin, en 1296, général de son ordre , dans le chapitre tenu è Strasbourg. Boniface VlII le créa cardinal en 1298, lui donna Tévôché d'Ostie, el l'employa dans diverses négociaiions importâmes.— Voy, le Dictionn. des Papes»

BENOÎT XII. religieux de l'ordre de CN tcaui, avait été nommé Jacques Fournier^ sans doute parce que son père était boulanger, et, par allusion è son habit, le Cardinal 6/onc.— Né à Saverdun, au pays de Foix, sur TAriége, dès qu'il eut achevé ses études dans son ordre, il alla se faire recevoir docteur h Paris. Élu abbé de Fondfroide, au diocèse deNarbonne, il devint successivement évoque de Pamicrs, de Mirepoix, cardinal enl327,et cntinP.ipe après Jean XXII. Son élection se fit le 20 décembre 1334 à Avignon, où il fut couronné le 5 janviersuivant. Il avait été nommé sur le refus du cardinal de Comingos, h qui le parti fran< çais voulait imposer pour condition de ne point aller siéger h Rome, ce qu'il repoussa, en disant qu'il aimait mieux renoncer au pontificat, voyant tous les dangers dont il était entouré. Tous les suffrages se portèrt^nt alors sur Benoit, qui dit aux cardinaux : « Vous avez bien mal choisi. » Ces paroles étaient dictées par la modestie et Thumilité, car c'était un nomme d'un grand savoir.— Voiff pour la suite, le Dictionnaire des Pa->

BENOIT XIII, antipape, connu sous le Dom de Pierre DE Lune, était fils de Jean- Martin de Luna; il naquit à Caspe, ou, selon d*autres, h Huesca, dans le royaume d'Aragon.— Il étudia d'abord la jurisprudence civile et canonique; mais son inclination le portait h la guerre. En eSTet, pendant les guerres de Castille entre Pierre le Cruel et Henri de Tristamarre, il porta les armes en faveur du dernier. Depuis, il reprit l'étude du droit, et vint è Avignon, où était transféré le Saint-Siège. Il enseigna le droit dans l'université de Montpellier, avec beaucoup de réputation, et fut pourvu de l'archidiaroné (Je Sarragosse, puis de la prévôté de Valence en Esnagne. Enfin [1375] te Pape Grégoire XI le créa cardinal du titre de Sainte-Marie in Cosmedin. Ce Pontife, qui consultait le nouveau cardinal sur toutes les affaires importantes, le nomma un des commissaires chargés d'examiner le livre des Révélations de sainte Brigitte. Depuis, av»rès la mort de Grégoire XI, arrivée en 1378» le cardinal de Luna se trouva à l'élection de Clément VII, et le suivit à Avignon, abandonnant Urbain VI qui était à Rome. Clément Tenvoya légat en Espagne, puis en France, où il fut presque toujours accompagné de saint Vincent Ferrier. Luna affectait de parler continuellement contre le schisme, aOinnant q^ue, s*il était à la place d'un des Paires, il ny aurait jamais de considération assez ()ui8sanie f)our Tempôcher de travailler à la réunion des fidèles sous

un même chef. Cependant après la mort de Clément, arrivée le 16 septembre lâM, les cardinaux de son obéissance entrèrent dans le conclave, au nombre de vingt-deux Ie26 du même mois, et le 28suivaot,iTs élurent Piem de Luna, qui prit le nom de Benoît XIII. Avant l'élection ils avaient fait un actQ, signé par tous, dans lequel ils promettaient que celui qui serait élu , renoncerait au pontificat, lorsqu'il en serait requis par le Sacré Collège, pour mettre fin au schisme. Benoit oublia bientôt celte promesse, et fut inébranlable h toutes les instances qu'on lui fit de s*en souvpuir. Lorsque le roi Charles VI, le clergé de France, l'université de Paris,et divers princes de l'Europe rengagèrent à céder, il éluda leurs demandes, puis il promit de leur donner satisfaction, pour avoir le temps de prendre des mesures contraires: enfin il leva le masque, et refusa ouvertement de tenir ce qu'il avait promis. O \ l'arrêta h Avignon, mais il trouva moyen [UOS] d'en sortir déguisé, et il se retira à Château- Renard, en Provence, où il trouva quelques troupes pour sa garde. Dans le concile de Pise, tenu en 1^09, Benoît el Grégoire XII furent déclarés schismatiaues, violateurs de leur foi, et déchus du droit qu'ils préten* daient au pontificat; cette déclaration eut lieu dans la ik* session tenue le 5 du mois de juin ; et, le 26 du même mois, les cardinaux étant entrés au conclave y élurent Alexandre V. Benott, loin de céder, créa de nouveaux cardinaux , après qu'il eut été abandonné par la plus grande partie de ceux qui l'avaient élu. C'est de lui que Jean Gerson, chancelier de l'université de Paris, dit hautement au'il n'y avait que Téclipse de cette lune fatale qui pût rendre la paix è l'Eglise, faisant allusion au nom de Benoit, qui, en lil7, fut encore une fois excommu-« nié et déposé dans le concile de Constance. Il se retira dans une petite ville du royaume de Valence, nommée Paniscola, et y mourut en 1424, après avoir vécu trente ans dans le schisme, el avoir obligé deux cardinaux gui le suivaient, à élire pour Pape Gilles denanion, Aragonais, chanoinede Barcelone, qui se fît appeler Clément VIII.— Voy. THist. de ce schisme, écrite par Dupri et par Thierri DE Niem jusqu'en 1^10.— Foj^. aussi Froissard; — Ondphre; — Genebrard; — Spondb; — Bzovius; — Ratnaldi, etc.

BENOiT XIII (Pierre-François-ORSiNi, ou DES Ursjns), Pape, élu le 29 mai 172i, et successeur d'Innocent XIII, naquit à Rome le 2 février 16^9. » Ferdinand Orsini , son père, était le dixième duc de Gravina, dans le royaume de Nuples , d*une maison qui avait eu un cardinal dès 1145. Sa mère, Jeanne Frangipani, était fille du duc de Grième, de la maison des Frangipani, où la qualité de sénateur romain est héréditaire^ Cette branche des Orsini était cadette de la branche des ducs de Bracciano, qui jouis* saient des honneurs du soglio ii Rome, et dont le dernier mourut en 1698, ce qui a fait passer ces honneurs aux ducs de bravina, qui en sont en possession depuis 1718. Le

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DES CARDIJNAUX.

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iiune Orsini, issu de celle famille, reçut une éducation conforme à sa naissance. It étudia les lettres et l'histoire, la philosophie, le droit civil et canonique, en un mot, tout eequi pouvait on jour le rendre capable des plus grandes affaires ; mais ses plus rapides progrès furent dans la piété, dont sa Tertueuse mère lui donnait à la fois le précepte et Texemple. Cette dame, dont la tendresse s*onposa quelque temps à la vocation de Pierre-François, en eut depuis une semblable, et mourut, en 1700, professe de Tordre de Saint-Dominique, au monastère deGravina, fondé par ses libéralités. La erainte de lui déplaire empocha les supérieurs de cet ordre, & Naples et aux environs, de recevoir Pierre François parmi eux. Mais le désir de répondre h la voix de Dieu qui rappelait, lui suggéra le prétexte de ▼ojager en Italie, pour guitter Naples et se rendre i Venise ou il prit Thabit, le 12 août 1687, des mainsdu P.Vincent-Marie Gentile, depuis archevêque de Gènes, qui lui fit

S rendre ses deux noms de Vincent-Marie, a retraite fit du bruit dans le monde; le duc de Bracciano, et le cardinal Virginio Orsini, son frère, en portèrent leurs plaintes h Clément X, qui voulut bien, à leur prière, examiner lui-même la vocation du novice. On l'appela à Rome, et sa fermeté dans te

Serti que la grâce lui avait inspiré de prenre, charma le Saint-Père, qui, le dispensant de six mois de noviciat, lui permit de faire profession dès le 13 février 1668. Eu 1670, il soutint,. aux applaudissements des audileora, des thèses de théologie è Bologne, durant le chapitre ()rovincial ; (*t, en 1672, il eu fit autant è Venise, en présence du sénat, de plusieurs prélats, et de tout ce qu'il y avait de personnages distingués. Il devait ensuite prêcher le Carême h Bologne, et de Ik se rendre à Brescia, où J*on assemblaitde jeunes profès, dont il devait être le professeur de philosophie; mais la Providence en disposa autrement. Le mariage de Dominique, doc de Gravina, son frère, avec une nièce du cardinal Altieri , neveu de Clément X, procura h ce Pontife l'occasion de remarquer le mérite du jeune religieux, qui venait d*être ordonné prêtre; et se persuadant avec raison qu'il serait plus utile à l'Bzlîsc dans une fiosilion plus élevée, il déclara le 21 février 1672 que frère Vincent- Marie Orsini était le cardinal qu'il avait réservé in petto à la promotion du 2^ août 1671. Celui-ci eut beau opposer son incapacité, et la crainte de s'égarer des voies du salut dans une dignité è laquelle il ne se croyait pas appelé de Dieu, Clément X l^ii ooromaDda, par un bref du 1" mars, de l'accepter, et donna ordre ensuite à son général de ramener è Rome, où.il ne fut pas plutôt arrivé, que, sans s'arrêter à ses prières et à ses larmes, le Pontife lui mit lui-même la calotte sur la tête. Les deux années suivantes, il fut nommé préfet de la congrégation du Concile, et agrégé à plusieurs autres congrégations. Il fut aussi de celle assemblée do savants» qui »e tenait dans la bibliothèque

de la Propagande, et où Ton traitait principalement des conciles, matières que depuis il s'appliqua toujours à étudier, ainsi qno l'Ecriture et les Pères. On peut voir quelles étaient ses connaissances en ce genre dans les ouvrages qu'il a publiés pour le bien des trois diocèses qu'il administra successivement.

Son affection pour son ordre, dont il était le quarante-huitième cardinal, le portait de teropsentempsà demander pour lui quelques grâcesqu'ilobtenaittoujours: mais cette affection,quoique louable, lui Gl moins d'honneur que son attachement inviolable à observer strictement toutes les pratiques do la règle de Saint-Dominique. Les autres dignités ecclésiastiques ott il fut élevé dans la suite, la papauté même, ne lui firent rien changer au genre de vie qu'il avait embrassé. Le 17 janvier 1675, il fut fait archevêque de Manfredonia, dans la Capitanate, ajrant préféré ce siège, qui est pauvre, è celui deSalernc, que lui offrait le Roi Catholique. Il fut sacré le 5 février par le cardinal Altieri, et se rendit aussitôt à son église, au bien de laquelle il travailla avec un zèle, dont ses lettres pastorales et le recueil des synodes qui y avaient été tenus par le cardinal Gallio, sont des témoins toujours vivants. Ce diocèse se ressentit de ses soins paternels, après même qu'il l'eut quitté , le 22 janvier 1680, par l'ordre d'Innocent XI, pour gouverner celui de Césène. Car ayant appris que, dans le diocèse qu'il quittait, on souffrait d'une extrême disette de grains, il acheta des blés dans la Romagne, où est Césène : et parce qu'on voulait en empêcher le transport, il se chargea lui-même de les conduire jusqu'à < Manfredonia, où il les fit distribuer aux pauvres. Ses règlements pour le bon ordre de la ville et du dfiocèse de Césène, et sqs Lettres pastorales au clergé, témoignent que son zèle pour le service de Dieu, et le salut des peuples confiés à ses soins ne se ralentissait point; mais cette église ne le garda que six années. Le Pape Innocent XI, qui connaissait son mérite, voulut étendre la sphère du bien qu'il répandait, et lui confia, le 8 décembre 1685 , Tarchevêché de fiénévent. Il était dans cette dernière ville, le samedi 5 juin 1688, lorsqu'un tremblement do terre , qui la renversa presque entièrement , ruina le palais archiépiscopal, où il était resté seul avec un sontilhomme. Ils furent précipités Tun et I autre du second étage jusque sur la voûte de la cave. Son compagnon fut écrasé sous les ruines, mais l'archevêque n'eut que de légères bles^ sures, quelques bouts de cannes de. roseau ayant formé sur sa tête une espèce de toit, sous lequel il avait la faculté de respirer. On le tira de là au bout d*une heure et demie; le soir même il prêcha hors do la ville, le saint Sacrement à la main, et administra le saint viatique è un malade : et parce qu'il attribuait sa conservation à l'inlercession de saint Philippe de Néri, il alla à Naples, dans le couvent de son ordre, d'où il se rendit nu-pieds à Téglise des Pères de TOratoiro, où repose le corps de ce saint, fiéuc-

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Mïf

Tent, rebAlie plus belle qu'elle irétaitauparavant, l*a reconnu pour son restaura* teur dans des monumenl^ publics et durables. Elle lui a encore d'autres obligations : les sjnodes qu'il y a tenus, d'année en an« née, et qn*il a fait imprimer; le recueil des conciles de cette province, au nombre de dix-neuf, et cru'il a enrichi de ses notes; les capitutaires ae l'église métropolitaine, les règles du séminaire, tout ce qu'il a publié pour le bien de la ville et du diocàse, et ses écrits pour tâcher de prouver qu'on y conserve le corps de l'apôlre saint Barthélémy. Le Pape Innocent Xlll désira l'avoir pour successeur dans Tarchevèché de Naples , qu'il ne put lui faire accepter. Clément XI Payant fait entrer dans 1 ordre des cardiiiaux-évèqucs , il opta, en i70<^, pour Tévôrbéde Frascali, et, en 1715, pour celui de Porto, comme sous-doyen du Sacré Collège; mais il en destina la plus grande nartie des revenus è la fondation d*un hôpital l Porto, ( t le reste k la réparation d'une église. Les ecclésiastiques réfugiés à Rome, à la suite des affaires dos immunités du royaume de Sicile, ressentirent en même temps les effets de sa charité. On ne le voyait que rarement i Rome, l'estime des Papes et des congrégations, qui lui renvoyaient souvent la connaissance des affaires les plus difficiles du royaume de Naples, n'étant pas capable de l'y attirer; et ce n'est que pour celles qui exigeaient sa présence qu'on obtenait qu'il quitiftt pour peu de jours son diocèse. Il s'en présenta une , en 1716 » Clément XI l'ayant destiné, h l'occasion des mouvements des Turcs, pour aller en Allemagne en qualité de légat a latere; mais il fit remarquer luimême les inconvénients de cette légation ; et quand on se fut rendu à son avis , il retourna h son diocèse, dont on ne put le tirer, ni en 1719, ni en 1721, pour être doyen du Sacré Collège. Il fut élu Pape, malgré lui , en 172<^, {Yoy. le Dictionnaire dtê Papes,)

BENOIT XIV (Prosper LAMBEBTiifi) , de l'illustre famille ae ce nom , naquit k fiolo- Koe, le 13 mars 1675. Doué des aispositions les plus heureuses , il fit de rapides progrès dans ses études, qui embrassèrent toutes les branches des connaissances humaines. Aussi fut-il lié avec tous les hommes célèbres de son temps, sans distinction d'opinions, aussi bien avec Voltaire qu'avec le savant Bénédictin Montfaucon, qu'il connut à Rome, et pour qui il professait la plus grande estime. Entré dans l'état ecclésiastique, il devint chanoine de la basilique de Saint-Pierre de Rome, consulteur du Saint-Office, votant de la signature de grâce, promoteur de la foi et avocat consistorial. Il fut encore déclaré secrétaire de la congrégation du Concile, le 30 décembre 1717 , et canoniste de la sacrée Pénitencerie te 1" mars 17^. Il exergait simultanément toutes ces charges , ce qui lui faisait dire : « On me suppose un homme k trois tètes , à raison des cnarges- dont on m'accable; il me faudrait une Ame pour chèque place I et la mienne suffit à peine

h me gouverner. » Bientôt il allait être aj»» pelé aux emplois éminents. En 17âi,il était nommé archevêque titulaire de Théodoiie par le Pape Benoit XIII. En 1736, aussitôt après la mort du cardinal Bussi, il était dé^ siRné pour lui succéder dans révflchéd'Al^ cône, qui fut proposé pour lui dans un cofi* sistoire secret le 20 janvier 1727, avec permission de conserver, sous Te bon plaisir de Sa Sainteté, toutes ses charges, a l'exception de l'avocature consistoriale et de son canonicat de Saint-Pierre. Il avait été nommé cardinal dès le 7 décembre 1796»

mais, réservé m petlo^ il ne fut déclaré que le 30 avril 1728. En septembre suivant, il était nommé député de la congréffation da Saint-Office. En 1731 , il recevait l'archevA» ché de Bologne, vacant par la mort du cardinal Buoncompagnoni. Dans toutes ces fonctions, sa conduite fut exemplaire» il déploya de grands talents et de rares vertus. Visites, synodes, instructions, i) ne négligeait rien dans l'exercice de son ministère. Il fut élu Pape le 17 août 17U>. {Vof. le Dictionnaire des Papes,)

BENTIVENGA DE BENTIVENGIS, né k Aqua-Sparta, pefite ville dans TOmbrie, prit l'habit de religieux dans l'ordre de Saint- François. — Pendant qu'il était gardien h Todi, vers 1276, îl ga^na les bonnes grâcet de l'évèque Pierre tajetan, qui, transféré sur le siège d'Anagni, fit donner, par le Pape Jean XXI , l'évêché de Todi h Bentivenga. Celui-ci devint confesseur du cardinal Jean Cajetan, de la maison des Ursins , qui fut Pape sous le nom de Nicolas III, et uui lui donna en 1278 le chapeau de cardinal. De* puis , il le nomma encore évèque d'Alt>e el grand pénitencier de l'Eglise. Bentivenga mourut h Rome, vers 1290. —{Voy. Wadii«< Gus, in AnnaL Minor. — Cugokius, in Filo Pontif. — AuBBBT, Hist. des cardinaux f etc.) BENTIVOGLIO (Gti) , née Ferrare,.en 1519, fit de brillantes études h Pndoue, — Il y était en 1597 , lors de la mort d'Alphonse, duc de Ferrare. César, son cousin, prétendait lui succéder, mais il rencontrait Topgosition du Pape. Le marquis Hippolyte entivoglio, frère de Gui, ayant pris le parti de César, se mit h la tète de ses troupes. Le cardinal Aldobrandin, neveu du Pape Clément VIII , qui commandait celles de l'Eglise, en fut extrêmement irrité. Gui quitta Padoue pour se rendre auprès d^Aldobrandin, et tâcher de calmer sa colère. Il en vint heureusement à bout ; il contribua même à la paix qui fut conclue peu après, et qu*il avait déjà négociée avec le cardinal Banifini, légat de la Romagne. Après ces succès. Gai fut bien reQti du Pape , qui vint à Ferrare, et lui donna une charge de caraérier secret, en lui permettant d'aller achever ses études à Padoue. Lorsqu'il eut fixé son séjour à Rome, il s'acquit l'estime de tous les gens de bien par sa conduite, sa prudence et sa vertu. En 1607, il fut envoyé, comme nonee, en Flandre, où il resta jusqu'en 1615* Bn 1616, il fut nommé à celle de France, qu'il occupa jusqu'en 1622. Il s'acquittait si di*

hES CARDLNAUX.

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gnemeot Je ceseroploîs^que lo Pape Paul V le créa cardinal daos la deroidre promotion qa*il fli fidSl] un peu avant sa mort. Benti- Yoglio était alors en France, où toute la eoor» et'le roi Louis XIII, le félicitèrent sur sa nourelle dignité. Ce prince le chargea depuis de la protection de France en cour de Rome, où il fut reçu arec les plus grands honneurs. Urbain VIII n'eut jamais d*ami plus sûr et plus désintéressé que Benfivoglio. Ce prélat, dont la droiture égalait le savoir, entendait parfaitement les affaires. Il était aimé du peuple, estimé des cardinaux. On ne doutait point qu'un homme si distingué ne fût élevé au pontificat après la mort dUrbain ViU , arrivée le 29 juillet 1644. Cependant le Ciel en disposa autrement, car le cardinal Bentivoglio étant entré dans le conclave pendant Tes chaleurs, qui sont insupportables i Rome, passa onze nuits sans pouvoir dormir; cette insomnie lui donna une fièvre dont il mourut le 7 septembre de la même année 1644, tgé de soixante-cinq ans. Ce grand homme a laissé des ouvrages qui feront passer son nom à la postérité. Les plus importants sont VHiêioire des guerreg eiviUs de la Flandre^ imprimée en italien à Cologne, 1634, in-4*; des Letirtê^ des Mémoires^ etc. Ses Mémoires ont été traduits de l'italien en français , par Tabbé de Veyrac, Paris, 1713, 2 vol. in-12. Toy. Guaido Priobato , Scena de gli huom. Uusi. d'Haï. — Nii;ius ERTTHROBCS,Pinac. //. jfluijjf. illustr. — HiRjEfJS , De script, sœeuii XTn, etc.)

BENTIVOGLIO(Coiiif bille), néi Ferrare, le 97 mars i66S, fut successivement gouverneur de Montalto, le 2 décembre 1698, clerc de la chambre apostolique, octobre 1706, et commissaire des armes de l*Etat ecclésiastiqpue, le l^août 1707. Déclaré nonce ordinaire i la cour de France, le 24 octobre 1711, Il fut nommé archevêque de Cartbage, le 16 mars 1712, et sacré le 3 avril suivant, par le cardinal Paulucci. Il partit ensuite de Rome pour se rendre en France, où il eut sa première audience du roi , à Fontainebleau , le 19 juillet de la môme année. Il fit son entrée publique à Paris le 23 octobre» et eut, le 25, sa première audience publique du roi k Versailles, accompagné dans ces deux circonstances par le comte d*Harcoort, de la maison de Lorraine. Après s*dtre acquitté de sa nonciature à la salis- CKtion des deux cours, il obtint, 26 septembre 1719, son audience de congé du roi , et partit de Paris [16 oi^tobre] pour retourner en Italie. Avant qu'il j fût arrivé , le Pape Clément XI Tavait créé cardinal. Il fit son entrée publique k Rome, en cette qualité, le SI janvier 1720, et , le 25 du même mois, reçut le chapeau dans un consistoire public. Il fut ensuite légat en Romagne. Le roi d'Espagne Tayant déclaré son ministre à la cour de Rome, il quitta la légation de la Romagne, et se rendit h Rome [13 septembre 1726] pour y prendre soin des affaires de S. M. Catholique , dont il était eui^ore chargé lorsqu'il mourut d'une infiammation

de poitrine, après cinq jours de maladie, dans le palais d'Espagne, à Rome [30 décembre 1732], dans sa soixante-quatrième année, et de son cardinalat la quatorzième.

BENVENUTI (Jeam-Antoiiib), né au diocèse de Siniçaglia en 1765, évèqoe d*Osimo, fut fait cardinal par le Pape Léon XII , en 1826. 11 mourut en 1838.

BÉRARD fut, en 1144, créé diacre-caniinal par le Pape Luce II, qui créa onze cardinaux pendant son pontificat.

BERADD DE GOCT ou DE GOTH, frère de Bertrand de Goth, depuis Pape sous le nom de Clément V, fut archevêque de Lyon, créé, en 129&, par le Pape Célestin Y, car.dinal évéque d'Albano, et mourut en 1297.

BERENGER ANGLESOLA, Espagnol, évéque de Girone, nommé, en 1397, par Tantipape Benoit XIll, prêtre-cardinal du titre de Saint-Clément, évêque de Porto, mourut en 1408.

BERNARD UBERTI était de la noble famille des Uberti de Toscane. II fut abbé, puis supérieur général de l'ordre de Val- Ombreuse. Urbain II, l'ajant appelé è Rome, le fit cardinal ; et, après la mort de ce Pape, Pascal II l'envoya, en qualité de légat, vers Blathilde, comtesse de Toscane. Les Parmesans, avant entendu parler de la vertu de ce saint nomme, prirent la résolution d'abandonner le schisme, pour rentrer sous l'obéissance du Saint-Siège, et rappelèrent à Parme. Il prêcha sur le schisme avec tant de zèle et tant d'ardeur, que le peuple, irrité, le jeta en prison. Mathilde vint alors avec une armée devant Parme, afin de châtier les mutins; mais Bernard, auquel on avait rendu la liberté, obtint leur pardon. La dernière de ses légations fut en Lombardie, et elle avait pour objet la réunion des schismatiques. C'est pendant cette légation qu'il fut élu, par le clergé et par le peuple, évêque de Parme. Il rétablit la paix entre le peuple de cette ville et celui de Crémone, et mourut en 1133. (Voy. Ciagomus ; — Onupbkb; — Baronius ; — Aubbrt, Hist. des cardinaux.) — Bernard fut créé, en 1144, diacre cardinal par le Pape Luce II.

BERNARD (dit de Rennes)^ pa^ce qu'il était né en cette ville, avait été disciple de saint Bernard, et religieux dans S*abbayede Clairvaux. Il fut ensuite chanoine régulier de Saint-Frigidien de Lucques, puis prieur de Latran. Le Pape Eugène III le créa, en 1145, cardioal, puis archiprêlre de Saint- Pierre. En 1151, il renvoya, comme légat, en Allemagne, avec un autre cardinal, et ils déposèrent, h Worms, Henri, archevêque de Majence. La Chronique de Ma jence rapporte h cette occasion une anecdote que Bjronius traite d'imposture. Bernard mourut vers 1161. {Voy. Otbon de Frbisingeti, I. ii VU. Frid. 7, c. 9 ; — Radbvig, c. 8, 9, 10 ; — Barobius, a. c. 1153: — Onuphrb; —

ClACOTIIDS.)

BERNARD, religieux du Mont-Cassin fur, (*n 1146, nommé prêtre-cardinal par le Papa ]i*j|crêne fil ' BERNARD, de Pise, religieux de l'ordre

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mCTIOMAIRE

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de Clloa;ix^ rr6<^, on 1150» par Eugène III, cardinal du litre de Sninl-€ôme et de Saint- Daniien, mourut en 1170*

BERNARD, de Bénévbnt, fut nommé, en 1178, cardinal-évôque de Palostrfne, par Alexandre III, Pape de 1159 è 1181, et qui, pendant un pontificat de vingt-deux ans, créa 50 cardinaux en 5 promotions.

BERNARD fut déclaré, en 1178, par le Pape Alexandre III, diacre«cardinal du litre de SainNAdrien.

I BERNARD, chanoine régulier de Batnt- Frédien de Lucques,créé, en 1188, parle Pape Clément III, diacre*cardinal du litre de Sainle- Marie-la-Neuve , puis prêtre du titre de Saint-Pierre-ës-Liens, fut légal en Toscane.

BERNARD CARACCIOLI, Napolitain, fut créé, en 1244, diacre-cardinal par Innocent IV, Pape de 1243 à 125(^, et qui, pendant son règne, créa 23 cardinaux.

BERNARD ATGLERI, Fronçais, abbé de Lérins, puis du Mont-Cassin, et légat à Constantinople, mort en 1282, fut \e seul cardinal créé par Clément IV, Pape de 1265 h 1268.

BERNARD, chanoine d*York et évoque J^Osimo, créé, en 1288, par le Pape Nicolas IV, cardinal érèque de Paleatrine, et légat en Sicile, mourut en 1291.

BERNARD DE GARVO DE SAINTE-LI- BÉRATE, fait, en 1310, parle Pape Clément y,son parent, diacre-cardinal du titre de Saînl- Eustache, puis prêlr.e du titre de Saint-Clément, mourut en 1328.

BERNARD DU BOSQUET, Français, archefêquede Naples, créé, par le Pape Urbain V, en 1366, prétre-cardinal du litre des Douze- Apôtres, mourut en 1371.

BERNARD DE LA PLAIGNE, Français, évèc^ue d*Ac(is (Dax), fut créé, en 1440, par Tantipape Félix V, prôlre-cardinal du titre des Saints-Nérée et Achillée.

BEANARD (Dovizi), connu sous le nom de BiBBieNÀ, heu de sa naissance, naquit, en 1470, de parents obscurs, et ne dut son élévation qu*k son mérite. — Dès l'âge de neuf ans, il alla étudier è Florence, où il se fit remarquer par ses succès. 11 entra dans la maison de Laurent de Médicis, qui le prit pour secrétaire d'abord et ensuite Rattacha è Jean de Médicis, son lîis, que le Pape Innocent VIII avait reçu dan^ le Sacré Collège, quoique extrêmement jeune. Bibbiei>a sut s»e faire estimer, et il montra tant de zèle et d*attiichement pour la maison de Médicis, que Jean de Médicis, étant devenu Paf>e sous le nom de Léon X, le créa, en septembre 1513, cardinal du titre de Sainte-Marie in Porlicu. Ce Pontife l'employa en diverses circonstances. Il l'envoya, en qualité de lé- Kal, h l'armée destinée cofitre le duc d'Urbin, virs l'empereur Haximilien et ailleurs; enfin, en 1518, il l'envoya aussi, comme légat, en France, -pour publier une croisade contre les Turcs. On lui fit è Paris la réception la plus magniOque, et il trouva le roi François 1" très-disposé pour la guerre contre les Barbares qui envahissaient TEurupe orientale. On a encore la lettre que le

légat écrivit h ce sujet an cardinal de Hédf» cis, et elle a été traduite en français fmt Belleforèt. On y voit que ce prince offnK

Suarante mille hommes qu'il avait deaseia e commander en personne, et il l'auraK exécuté, si le Pape et le cardinal de Médicis n'étaient venus traverser de si bonnes dispositions, par d'injustes défiances et de sourdes menées contre la France. Bibbieoa» qui prévoyait les suites d'une conduite si peu loyale et si impolitique, s'en plaignit vivement è la cour de Rome. Sa franchise fut désapprouvée, bien qu'il n'eût parlé qaè le langage de la raison. Arrivé è Rome en parfaite santé, il y mourut peu après, le V novembre 1520, des suites, dit-on, d*un poison qui, suivant Paul Jove, lui fut donné dans des œufs frais. François I*', gui esii* mait beaucoup le cardinal, lui avait donné l'évèché de Coutances. Il le regretta -beaucoup, quoi qu'ait dit Guichardin, qui prétend

Ïue Bibbiena était mal disposé pour la rance. En mourant, il ordonna que son corps fût porté dans l'église de Notre-Dame de Lorette, dont il élait protecteur. On le déposa cependant dans l'église de Sainte* Jtfarie (TAra cœ/t, & Rome, où l'on voit son épitaphe. Il avait composé des poésies el une comédie en prose, la Calandria^ qui contribua è la restauration du tfaédtre en Italie. Il avait aussi voulu allier sa famille avec le célèbre Raphaël d*Urbin, en lui faisanl épouser une de ses nièces. Raphaël s'y était engagé; mais espérant toujours devenir cardinal, et, d'ailleurs, étant peu porté au mariage, il diO'éra de jour en jour, el n'accomplit pas sa promesse. (Foy. Bembo, Episl. Mb. vu, X et xvi, et Hist.; — <jni« CHARDIN, J. XI et XII ; — Paul Jove, Elog,; — Garimberg, 1. 1, c. 4*; — Ugheixi, ItaL sacr,; — Savmartb, GaU, ChrisL^ De epiic. Constant.; — La Rogheposat , NomeneL Cardin.; — âubert, Hist, des tard,; — Belleforèt; — Vasari; — Vigtorel; — Cià- C0T4ICS, etc.)

BERNET (Joseph). — Mgr Josef^h Bernet élait né à Saint-Flour, le k septembre 1770, d'une famille honnête appartenant à la bour^ geoisio du pays. Il montra de bonne heure des dispositions heureuses pour l'état ec» clésiaslique. Ses parents ne les contrarièrent point, et lui firent faire ses éludes dans le petit collège de sa ville natale. Il commença même \i Saint-Flour la théologie, qu'il vint ensuite continuer è Paris dans le séminaire de Saint-Sulpice. L'abbé Berne! connut là divers ecclésiastiques distingués par leur naissance ou par leur mérite, et qui , plus tard, après bien des révolutions, parvenus aux honneurs dans l'Eglise, n*oublièrent point leur ami. Mais, à l'époque où l'on se trouvait a lors, c'étaient moins les honneurs que le martyre que les jeunes séminaristes pouvaient rêver. Les plus sombres orages grondaient sur le pays et sur la religion. L'assemblée conslituante venait de décréler la constitution civile du clergé, el de jeter ainsi les semences d*un schisme long et sanglant. Durant ces terribles per-

fiER

hES CARDINAUX.

specllTes^ les YOcalioDS fausses ou limides reculaient. Chaque jour les jeunes lévites, qu'abritaient encore un peu les murs du séminaire de Saint-Sulnice , voyaient leur nombre diminuer. En race du péril , la foi et le courage de l'abhé Bernet, loin de faiblir, s*exa1tèrcnt. Il était entré dans l'état ecclésiastique pour se dévouer et non pour s*enfichir. 11 crut qu'il y aurait de la lâcheté à déserter les autels au moment où ils allaient âroir besoin, plus que jamais, de ministres fidèles et de défenseurs. Comme un vaillant soldat, qui n'abandonne la place qu'à Textrétolté, il ne quitta le séminaire qu'un des derniers , et au moment oCi il n'était plus possible de s'y maintenir. Mais alors même, tl quoiqu'il eût toute sa liberté pour retourner dans le monde, puisqu'il n'était pas encore engagé dans les ordres sacrés, il ne renonça point & la pensée de se consacrer au sacerdoce, et il ne voulut pas s'éloigner beaucoup du saint asile o£l il pouvait croire peut-être qu'il lui serait bientôt permis de rentrer.

C'était au mois d*août 1792. Le coap qui venait fermer le séminaire avait jeté, à la îettre, Tabbé Bernet sur le pavé de Paris. Il fallut s'y créer quelques ressources, à Texemple de beaucoup d'autres ecclésiastiques, entre autres MgrCoitret, qui se fit E récepteur, et Mgr Guillon, qui exerça I médecine , etc. Avant de pouvoir y parvenir, le jfune séminariste passa comme eux, par toutes les extrémités de la misère; et, dans une maladie qu'il fil alors, son unique asile fut l'hôpital. Mgr Bernet aimait, plus tard , & raconter les souffrances de ces jours mauvais , et il était loin , avec raison, de rougir d'une pauvreté qui était au fond, pour lui , si glorieuse. Enfin , après avoir recouvré ses forces, il trouva à gagner sa ▼ie en se livrant aux modestes et pénibles fonctions d'instituteur. L'école , ouverte à Paris, dut être bientôt transférée à Sceaux, dans un lieu plus paisible et plus sûr : c*est là que l'abbé Bemct passa les trois années les plus orageuses de la révolution. Il atteignit ainsi Tannée 1795. La vue des échafauds et le spectacle des malheurs de U religion n'ébranlèrent point sa résolution de devenir prêtre, s'il le pouvait. 11 n'était encore que tonsuré. 1) s'adressa aux grands vicaires de son diocèse, et leur demanda des lettres dimissorioles dont il avait besoin pour recevoir, dans l'occasion , tous les ordres. M. de Rocbebrune, qui exerçait alors eo secret, è Saint-Flour, les fonctions périlleuses de vicaire général , hésita avant daccorJer une autorisation qui pouvait 6tre un titre à la persécution, et qui allait ouvrir, devant le jeune ecclésiastique, une carrière qui offrait encore tant de dangers. IJ craignait aussi que les parents de l'abbé Bernet ne lui reprochassent un jour de l'avoir envoyé à la mort plutôt qu'au sacerdoce. Cependant, après de nouvelles et pressantes instances, le respect<ible grand vicaire de Saint-Flour ne crut pas pouvoir s'opposer ï des vœux si purs , si généreux

Il accorda les facultés nécessaires, en ayant soin de dissimuler le plus possible ta signification des lettres qu'il envoyait à l'abbé ' Bernet. Les ordres sacrés qu'il fallait recevoir n'étaient désignés que par leur lettre initiale, et ce fut sur cette pièce, pleine do réticences et d'obscurités calculées , que le fervent ecclésiastique fut admis aux examens et à l'ordination par M. deDampierre, grand vicaire de Paris, qui connaissait heureusement l'écriture de M. de Rochebrune, et qui put constater par là l'authenticité des lettres dimissoriales émanées de Saint- Flou r.

L'abbé Bernet reçut les ordres mineurs et le premier des ordris sacrés, le samedi 19 septembre 1795. Deux jours après, fête de saint Matthieu, il fut admis au diaconat. 11 touchait presque ainsi au terme de ses désirs, et il n'avait plus qu'un pas h faire pour y atteindre. Ce pas fut enfin franchi deux mois après, au milieu de circonstances qui peignent bien les malheurs des temps et la situation critique de la religion.

Le jeune diacre, toujours maître d'école à Sceaux, était venu à Paris. En traversant le Pont-Neuf il reconnut au milieu de la foule, malgré son déguisement, le pieux évèque qui l'avait naguère ordonné. L'abbé Bernet s^approche, et il apprend alors de lui qu'il devait y avoir, dans la nuit du k novembre, une ordination secrète en faveur de deux jeunes diacres venus d'Alençon. Le diacre de Saint-Flour demande et obtient la grâce de leur être adjoint. Le rendez-vous était à minuit, dans une maison située au milieu des vieux quartiers de Paris.

L'abbé Bernet n'y manqua pas , et c'est dans ces nouvelles catacombes, sous l'impression des sentiments vifs et pieux qu'il puisait dans son cœur, et qu'exaltaient encore le péril, la nuit, le mystère, l'obscurité plus terrible encore de l'avenir, qu'il fut initié au sacerdoce catholique, le jour de saint Charles Borromée, k novembre.

Cependant , les temps semblèrent alors devenir meilleurs. La liberté des cultes fut proclamée , au moins en principe ; les lois cruelles qui condamnaient à la déportation ou à la mort les prêtres qui avaient refusé le serment prescrit par la constitution civile du clergé, furent ou révoquées ou suspendues.

L'autorité ecclési.istique tle Paris envoya l'abbé Bernet rétablir le culte catholique dans la paroisse d'Antony. A la tète de Ia municipalité de cette petite commune, se trouvait un homme impie et grossier, un do ces jacobins qui avaient profané les églises, brûlé les corps saints, et que la vue d'un prêtre rendait furieux. L'abbé Bernet se présenta intrépidement devant lui, brava sa colère et ses menaces, et, la loi à la main, il demanda que l'église du lieu fût ouverte, mise à sa disposition et è la disposition des Catholiques d'Antony. Le farouche municipal fut obligé de céder, mais il le fit do très-mauvaise grâce et sans épargner l'injure au culte et au ministre qu il lui fallait.

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DlCnOMNAIRK

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bon gré mal gré» tolérer. Cet homme , qui 8*était fait reiinemi déclaré de la religion, tomba bientôt malade et mourut. Un érénement extraordinaire , que nous arons entendu raconter h Mgr Bernet , et où tout le moDile vit alors une punition de Dieu, fit sur le peuple de ces campagnes une terrible et salutaire impression. Pendant (rois dimanches consécutifs on vit un taureau abandonner le pAturage, franchir la baie épineuse qui servait de clôture au cimetière, et le, parmi diverses tombes récentes, choisir la tombe de l'impie, la fouler aux pieds, puis de sa corne fouiller le sol , comme pour insulter aux dépouilles qu*il renfermait.

M. Tabbé Bernet exerça le saint ministère à Antony et dans tes paroisses voisines durant deux ans. En 1797, le ciel s'assombrit de nouveau, et, dans une de ces réactions qui étaient si fréquentes alors, on essaya d'entraver la liberté du culte, en exigeant des prêtres le serment de haine à la royauté. Aux yeux de la religion, les formes politiques sont en elles-mêmes indifférentes; elle commande la soumission à l'ordre établi. Mais, en faisant un précepte de l'obéissance et de la charité, elle défend la haine, et c'est un sentiment qui ne peut jamais se rencontrer dans un cœur chrétien. Le jeune curé ne Tignorait pas. Il refusa donc le serment qu'on lui demandait, et il quitta ta paroisse sans trop savoir ce qu*il allait devenir, et dans quelle ville il allait chercjher un asile et des ressources. Il résolut de se rendre k Rouen; mais ayant manqué la messagerie qui devait l'y conduire, il se jeta dans la première diligence venue, et arriva ainsi à Orléans. L&, avec un confrère qu'il avait eu è Sceaux quelques années auparavant, il résolut, sur l'invitation qui lui «n fut faite par quelques pères de famille, et même par quelques membres appartenant aux autorités civiles et ecclésiastiques, de fonder un établissement où la jeunesse chrétienne pût recevoir des principes religieux et faire ses études classiques. L'enseignement public, h cette époque, ne présentait partout, comme chacun sait, que de lamentables ruines.

L'abbé Bernet essaya de le restaurer à Orléans, et ses efforts furent heureux. 11 réunit dans sa maison jusqu'à cent vingt élèves; mais bientôt la publication du concordat, en 1802, et. le rétablissement du culte vinrent te rendre à sa véritable vocation, qui était l'exercice du ministère pastoral.

jL'évêque d*Orléans , le célèbre abbé Bernier, un des signataires du concordat, plaça M. Bernet à la paroisse de Saint-Paterne, en qualité de vicaire. Il occupa ce poste modeste pendant quatorze ans, et il y Qt beaucoup de bien. Chargé, dans une circonstance solennelle, par les autorités d'Orléans, de prononcer J'élo(;e de Jeanne d'Arc, il s'acquitta avec distinction de cette charge honorable ; son discours fut imprimé, selon l'usage, aux frais de la ville.

L'empire était sur son déclin. Il succombait sous le poids de ses fautes et de ses ma. heurs. Les violences exercées par Napo-

léon contre le chef de l'Eglise avaient soulevé et blessé les cœurs dévoués k la religion. Le vicaire de Saint-Paterne se Gt n^ marquer h Orléans, h cette époaue, an milieu des circonstances les plus difficiles, par un zèle très-vif et une grande fermeté do conviction. L'empire le compta au nombre de ses adversaires les plus décidés. On sait que Napoléon avait nommé à Orléans Mgr Haillon, qui fut plus lard archevêque d'Aix. Le Pape, prisonnier à Savonne, refusa constamment les bulles aux évèques nommés par l'empereur. Mgr Bâillon dut sans doute compter M. Bernet parmi les ecclésiastiques d'Orléans qui luttèrent vivement en 181i contre son installation contraire aux saints canons de l'Eglise. Toutefois, M. Bernet et M. Raillon se revirent fréquemment dans la famille Portails, dont ils étaient Tun et l'autre les amis de choix dans les rangs du clergé. L'un et l'autre, comme on le vohf occupèrent plus tard et par succession immédiate, le siège d'Aix. Quoi qu'il en soit, la Restauration se souvint du zèle du viciire de Saint-Paterne, et elle voulut utiliser* au profit de la réforme d'une maison importante, les qualités d'administrateur babils et ferme qu'avait plusieurs ibis montrées M. l'abbé Bernet. Il fut appelé» par l'influence de M. de Quelen, sous Mgr le cardinal de Périgord , alors grand-aumônier da France, à la place du premier aumônier dia la maison royale de Saint-Denis. Cette maison, où se trouvaient réunies en grand nombre les filles des officiers de l'empire , était un foyer d'impérialisme. Ce qui était pire, c'est que sous une direction peu vigilaotOt la discipHno y était fort relâchée, les pratiques et même les principes religieux trèsnégligés , et qu'une réorganisation était devenue indispensable. Cette réorganisation salutaire commença à s'opérer fructueusement sous la direction de M** la comtesse du Quenffo, désignée au roi par son vénérable ami. Te vertueux abbé Carron. M. Tabbé Bernet s'y appliqua avec force, et l'on peut dire avec amour et avec succès, pendant quatre ans, à seconder les efforts de la respectable surintendante. Celle-ci, néanmoins» fut obligée de renoncer è l'entreprise* et donna sa démission , de l'avis même de MM. Quelen et Bernet. Ce dernier imita son exemple, et sortit de cette maison royale oik il a laissé des traces qui ne s'y sont point effacées, et un souvenir qui vit encore. Lui* même aimait toujours à se reporter au temps de son séjour à Saint-Denis. Les élèves da la maison, et celles surtout qui s'y trouvaient quand il était aumônier, étaient pour lui I objet d'une prédilection spéciale. 11 leur continuait, longtemps encore après ^es avoir quittées, ses conseils paternels.

Pour récompenser l'abbé Bernet des services qu'il ayait rendus è Saint-Denis, et des succès que son zèle y avait obtenus» Louis XVIII le nomma d abord chanoine honoraire et ensuite chanoine titulaire du chapitre royal. Il ne garda sa stalle qu*un an. Le repos aiiait peu k l'activité de sa ne»

turot et, dans la force de l'Age où il était encore, son zèle ne pouvait pas d*aillears s'en accommoder beaucoup. Ces dispositions loi OrentdoDC accueillir arec empressement Toffre qui lui fut faite, d*une cure à Paris. Mgr de Queien, sur les instances de ses doux intimes amis MM. Feulrier et Gallard, lui donna à desservir la paroisse de Saint-Vin^ cent de Paul , et dans ce vaste champ il trouva à exercer toutes les qualités de son Ame pastorale. Dieu bénit son ministère. D'autre part, les succès qu'il y obtint le flrent avantageusement connaître et remarquer. On songea à lui pour Tépiscopat, et ions le ministère Martignac et Portalis, dans un moment où, comme il le racontait luimême, t*on voulait donner des ^apes et montrer de Tintérôt è la bourgeoisie. M. Peotrier, ministre des affaires ecclésiastiques, et qui connaissait personnellement le caractère modéré et tout le mérite du curé de Saint-Vincent de Paul, le présenta au roi pour le siège de la Rochelle. 11 y fut nommé en 1827, et emmena comme secrétaire M. Tabbé Jacquemet, qui fut longtemps son

Band vicaire à Tarchevèché d'Aix. Quand . Jacquemet, pour des raisons de santé, abandonna le grand vicariat d*Aii, et vint de Bordeaux a Paris, déjà M. Tabbé Ginonilhac l'avait remplacé auprès de Mgr Bemet. La révolution de 1830 surprit Mgr Bernet k la Rochelle, mais ne l'y inquiéta pas. Dans ce pays difficile, à cause de la diversité des cultes et du voisinage de la Vendée, il avait su prendre par sa sagesse une bonne position, et il marcha constamment d'accord avec les autorités nouvelles. En 18S5»rarchevèché d'Aix étant venu à vaquer

Rr la mort de Mçr Raitlon, il fut offert à !v6qne de la Rochelle, qui, sur les conseils et les instances de Mgr Gallard, alors évèque de Meaux, un de ses anciens amis h Orléans, l'accepta.

Nous n'avons pas k raconter ici tous les dits qui ont marqué l'épiscopat de Mgr Bernât. On n'oubliera pointsa vigilance, sa constante sollicitude, la modération de son caractère mêlé de fermeté, et au fond, malgré quelques aspérités qui tenaient h son naturel, la bonté de son cœur. On le louera surtout d'avoir tenté le rétablissement des conciles provinciaux, d'avoir fondé les conlérences ecclésiastiques et publié des statuts diocésains. C'est è lui qu'on doit l'organisation actuelle de la faculté de théologie, dont les cours se font dans les salles du grand séminaire.

Mgr Bernet célébrait l'année dernière, le k novembre, sa cinquantième année de prêtrise, entouré de son clergé, lorsqu'il apprit que le gouvernement avait demandé pour lui le chapeau de cardinal. Le Pape Paccorda le IQ décembre 1845, et il fut préconisé cardinal dana le consistoire du 19 janvier suivant. Le Souverain Pontife y prononça une allocution où il rendit hautement à Mgr Bernet la justice que, dacs sa propre patrie, certaines passions lui refusaient comme on Ta vu plus récemment k Toccasiou de quel-

SjQes nouvelles nominations épiscopales II aut toujours s*étonner qu'on veuille, sans inission, se montrer plus exigeant et plusdiflîcile en fait de mérite ecclésiastique, que le Saint-Père lui-même. Le même jour. Sa Sainteté adressa au nouveau cardinal la lettre la plus flatteuse.

Mgr Bernet dut bientôt partir pour Paris, et quoique déjà fort affaibli par l'Age, aller recevoir la barrette des mains du roi. Il pro« Donça, dans cette circonstance, un discours

3ui fit impression par le ton de modestie et e noble indépendance qui y régnait. La répugnance invincible qu'il éprouvait pour la publicité l'empêcha seule de le communiquer aux journaux.

Cependant le voyage de Paris, aans la saison rigoureuse, ne pouvait manquer de fatiguer beaucoup le vénérable vieillard. On ne s'en aperçut pas d'abord, et il put faire son entrée solennelle à Aix, le 25 mars, au milieu d'un concours immense, et trouver encore des forces pour cette longue et pénible cérémonie. Mais l'ébranlement causé par tant de fatigues et d'émotions, ne tarda pas à se manifester. Il entreprit une visite pastorale qui ne put pas être achevée. Atteint è Maillanne, après une bénédiction solennelle des cloches, par la maladie à laçiuelle il devait succomber, il comprit aussitôt la gravité de son état, et il s'empressa de revenir à Aix. Un moment on crut avoir triomphé du mal, et sur ces entrefaites le Souverain Pontife étant mort, les médecins firent concevoir l'espérance qu'un voyage à Rome serait possibleh Son Eminence. Mais Mgr Bernet ne se fit pas illusion, et quand l'heureuse nouvelle de l'élection du nouveau Pape lui parvint, il s'écria, en empruntant les paroles du virillard Simécn,qu*il n'avait jplus maintenant qu'à mourir en paii. Dieu exauça ce pieux désir. Ses derniers moments furent adoucis par les consolations et les divines espérances de la religion. Comme il sentait sa fin approcher, ainsi que nous l'avons déjà raconté, il voulut recevoir les derniers sacrements] d'une manière solennelle, quoiqu'il eut participé depuis peu do jours à la sainte Eucharistie. A mesure que l'heure suprême arrivait, le calme et la paix de son Ame semblaient s'accroître.

Il a conservé l'usage libre de ses facultés jusqu'à la fin, et il s'est paisiblement endormi, après une longue mais douce agonie, le dimanche, 5 juillet, à deux heures aprèsmidi. Ses dispositions testamentaires ne peuvent qu'honorer sa mémoire. Sans frustrer sa famille de se$ biens patrimoniaux, il a fait la part des pauvres, des séminaires, du chapitre, et il a rémunéré ses serviteurs. (Extrait de l'Âmt de la religion.)

BERNETTI. — Nous empruntons à . Ami de la religion l'article suivant publié à l'occasion de la mort du cardinal Bernetti, et signé E. de Valette.

« Nous avons recueilli sur l'avis de l'illustre cardinal Bernetti des renseignements authentiques qui nous permettent de nous étendre aujourd'hui sur son histoire plus

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que nous ne Tavons pu faire à Tépoque ae sa morr.

« Thomas Bernelli étail né è Fermo le 29 décembre 1779, du comte Salvatore et de la comtesse Judith Bramadoro, aussi distingués par leur insigne pi<''té que par leur noble origine. Après avoir terminé h Ferme ses études littéraires et son cours de droit, le jeune comte fut envoyé à Rome, où il se forma h !a pratique des affaires sous la direction du célèbre Bartolucci, et bientôt les talents qu*il déploya le* firent attacher en

Îualité de secrétaire è Mgr Bardaxj de zara, auditeur de Rote, Espagnol et depuis cardinal.

« Dans ces délicates fonctions, Thomas Bernetti acquit un grand renom d'habileté et se rendit cher à tous par le zèle qu'il portail h défendre les intérêts des pauvres, des veuves, des orphelins dont il fit i^lus d'une fois triompher les droits contre de puissants adversaires.

« Ces exercices de justice et de charité furent interrompus par les orages qui s'abattirent sur Rome et sur l'Eglise. Le Pape Pie VU arraché de son siège par une violence sacrilège fut conduit en France et gardé étroitement par le vainqueur de l'Europe, qui, réputanl l'Eglise aussi faible que les trAnes dos monarques de la terre, avait eu la fatale inspiration de la vaincre et de la dominer; les cardinaux et les prélats furent éloignés de Rome et condamnés ainsi que les évoque» à la prison ou è l'exil.

« Le cardinal Brancadoro, archevêque de Fermo et oncle du comte Thomas Bernetti, fat envoyé à Reims, o£l son neveu l'accom-

Kagna pour partager et adoucir ses peines, lajs la Providence destinait le jeune comte è de plus grandes choses et lui donna l'occasion de déployer au service de l'Eglise la vivacité de son esprit et la résolution de son caractère. Après la conclusion de l'armistice entre l'empereur et les alliés le 2k juin 1813, Pie VU écrivit secrètement è l'empereur d'Autriche pour obtenir ses bons offices dans la réunion des plénipotentiaires qui devait avoir lieu à Pragme, et le prier d'insister sur la restitution de l'Etal ecclésias< tique au Saint-Siège. La lettre fut confiée à Bernelli qui, sans se dissimuler les périls d'une semblable commission, s'en chargea sans hésiter et parvint heureusement à Maestricht, oCi l'attendait M. Vanderbruch, secrètement chargé par le Pape de remettre sa lettre entre les mains de l'empereur d'Autricbe.

«Rentré h Rome en 181&, ii la suite du Saint-Père, Bernelli suivit encore la fortune du Pontife persécuté, quand, en 1815, Joachiin Mural envahit l'Etat ecclésiastique. Mais après la défaite des Napolitains par l'armée autrichienne que commandait le maréchal Bianchi, le comte Thomas fut en dijij^enre envoyé près du vainqueur à Toleolino, pour traiter avec lui des mesures à prendre en ces circonstances et tout disposer pour le retour du Saint-Père au Vatican.

« Cette négociation attira rattenlion da cardinal Consalvl, qui, admirant dans le comte Thomas une si parfaite aptitude à aplanir les affaires les plus difficiles, et plpin de confiance dans ce cœur loyal et résolu, lui confla le soin de rétablir en auaiité de délégal le gouvernement pontifleal dans la province de Ferrare. Là Bernetti déploya tant d'habileté, de grAce, de justice et de fermeté que, chéri, craint et respecté par toutes les classes de la société, il vint à bout de donner à son administration unemarcke régulière, malgré les obstacles de tous genres qu'avait accumulés le malheur des temps. Les habitants de Ferrare avaleot conçu pour lui tant d'estime et d'affection* qu'à son départ pour Rome, où des fonctions plus élevées l'appelaient, ils voulurent le nommer auditeur de Rote, honneur qu'il refusa, satisfait d'avoir opéré le bien et mérité la reconnaissance de cette illustre cité.

« A Rome, il fut nommé assesseur des armes, et donna de nouvelles preuves de sa capacité en réorganisant cette administration avec plus de simplicité de système et d'application. C'est pendant qu'il remplissait avec succès ces fonctions importantes qu'il fut appelé au gouvernement de Romeun champ plus vaste s'ouvrit alors devaut lui, oi!^ il déploya la maturité et la grandeur de son esprit, la solidité de son jugement, la finesse de ses vues unis à cette inébranlable fermeté quMI apportait dans tous ses actes.

« On se rappelle encore avec quelle vigueur d'exécution il opéra la répression du brigandage dans les régions montagneuses qui s'étendent de Frosinone à Terracîne. Ces routes, auparavant infestées de voleurs^ ont depuis offert une sécurité parfaite aus voyageurs.

« C'était au moment oCi les troubles de 1821 agitaient toute Tlialie et menaçaient de la bouleverser. Naples et le Piémont étaient en feu, l'incendie éclatait çà et là dans l'Italie centrale et semblait devoir embraser Rome elle-même ; mais le courage du gouverneur sut conjurer le péril et son bras puissant brisa les trames des conspirateurs. C'est alors que les sectes réfoluiionnaires apprirent avec quel rude adversaire elles avaient à lutter et qu'elles commencèrent à le craindre et à le haïr.

« Quand, en 1823, arriva la mort du Pape Pie VII, le vénérable marlyrde tant de persécutions, il y avait cinquante ans que Rome n'avait vu de conclave, et depuis lors que de révolutions étaient venues déposer dans la ville des germes de désordre 1

« Grâce aux précautions, è la prévoyapce, à l'activité du gouverneur, rien ne vint troubler celte solennelle assemblée.

« Léon XII reconnut dans Bernetti un homme capable do comprendre et de seconder les vastes et sublimes desseins qu*U avait formés pour la gloire de l'Eglise et le bonheur de l'Etat ; il lui ouvrait son cœur» l'admettait k l'intime déveloopemcnt de ses

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