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jamais aucan secours, on ferait toujours touÀ ses efforts pour conserrer )a royauté dans la maison protestante. Nul n'était eiempt de prêter un tel serment, et on décernait de rigoureuses peines contre qui* conque chercherait h s*en dispenser ; toutes lendaient è dépouiller de leurs biens les Catholiques* et è bannir entièrement de l'Irlande la foi orthodoxe : on exila quel- <)ues-uns de ceux qui refusaient de se soumettre à de pareilles lois, on emprisonna les autres : il s'en trouva qui crurent pou- Toir, en conscience, s'accommoder au temps, ^t qui signèrent la formule de serment qu on leur présenta.
Informé de tant de maux. Clément XI alla droit à la source pour les faire cesser. La reine Anne arait conçu de lui la plus liante estime : dans son cœur, elle ne goAlait nullement Ie5 résolutions du parlement irlandais; mais elle avait des ménagements è garder. Le Pane savait que les nouvelles ordonnances n auraient d'effef, qu'autant
3ue la reine les contirmerait ; il était instruit 'ailleurs qu'iniérieurementelle les improuvait, d'autant plus que les Catholiques n'y avaient pas donné lieu. Pour empêcher In reine d'y donner son approbation, il s'adressa à l'empereur et au roi de Portugal, qni interposèrent leurs bons offices auprès de la princesse; elle lui fit dire qu'elle fer-^ merait les yeux sur l'inexécution de ces or* donnances, et les forait tomber. La loi subsista néanmoins. Une clause de celte loi inique, c'est que, si le dernier des enfants d'une famille catholique vient à se déclarer
{protestant, il entre, pour la succession, dans es droits d'aînesse au préjudice de ses frères, et que, s'il meurt sans héritiers, ses propres frères catholiques ne peuvent lui succéder; il faut (]ue les biens passent an plus proche héritier protestant, quelque éloigné qu'il soit. Par égard pour le Pape, au moins font un temps, la reine parut moins inquiéter les Catholiques, et elle accorda une partie de ce qu'il avait demandé. On voit que la vigilance du Pontife s'étendait à tout. Mais rien ne le désofait plus que les entreprises des Catholiques mômes contre les droits de la religion : il n'était pas surpris que des gens qui l'avaient abjurée s'eaorçassentdela mallraiter.il savait par une expérience de plus de dit-sepl siècles, que c'est son lot d'être exposée au déchalncniunt des hérétiques. Mais que parmi ses propres enfants il s'en trouvât qui lui contestassent ses droits, qui usurpassent sa juridiction, qui usassent de violence contre ceux qui se roidissaient à lui conserver ses prérogatives, il ne pouvait se consoler de voir ainsi armés pour la détruire, ceux mômes qui étaient obligés à la défendre. C'est cependant ce
âu'il eut à déplorer dans le royaume de aples : pour avoir voulu soutenir les libertés de son Eglise, et les privilèges attachés à sa juridiction, l'archevêque de Sorrento fut chassé du royaume de Naples par les ministres de Philippe V; l'action était 'injuste et violente. Clément XI ordonna
qu'on procédât contre les coupables par la voie des censures, et il demanda justice au roi d'Bspagne, qui rétablit aussitôt l'archevêque sur son siège.
La Lorraine lui causa de plus grands embarras dans une circonstance analogue. Il s'agissait encore de la juridiction ccclésias* tique, de la liberté de l'Eglise, de l'autorité du Saint-Siège, qui se trouvaient ouvertement blessées dans un code de lois, dont le duc de Lorraine était l'auteur : de son nom de Léopold, le code avait pris le nom de Code Léopoldin ; il avait été répandu dans la Lorraine et le- duché de Bar. O i le déféra au Sainl-Si^^ge : des cardinaux et des con« sulteurs nommés pour l'examiner, le trouvèrent en plusieurs points contraire aux droits de l'Eglise et du Saint-Siège. Le Pape le condamna avec défense de le lire et de le garder; il proscrivit pareillement un second écrit où, sous couleur de corriger le premier, le prince soutenait réellement tout ce qu'il y avait avancé. Le Pape écrivît en même temps aux Eglises de Bar et de Lorraine, pour les informer de la censure, et les exhorter à soutenir leurs prérogatives; elles s'élevèrent avec force contre le Code Léopoldin : l'évèque de Tout, de Bissy, de^ puis cardinal, le combattit avec tout le respect et les ménagements qui étaient dus h la personne du prince, mais aussi avec la fermeté que lui prescrivait son propre caractère.
Le duc de Lorraine reconnut de bonne foi que sa religion avait été surprise dans l.i composition de cette œuvre ; il envoya h Rome un homme de confiance chargé d'accommoder cette affaire avec le Pape. Mais le Saint-Père ayant déclaré qu'il ne le recevrait, en qualité de son envoyé, que préalablement il n'eût remis les choses, dans les duchés de Lorraine et de Bar, au même état où elles étaient avant la publication du Code, le duc ordonna au'on le ttnt pour non avenu, et il fit, dans la seconde édition, tous les changements qu'on avait exigés de lui : toutefois, la plupart des points qu'on y avait traités, étaient si délicats, qu'on fut près do sept ans à concerter les corrections qu'on y ferait.
11 était écrit dans les décrets éternels que le pontificat de Clément XI serait des plus laborieux et des plus difficiles, et il était étonnant qu'il pût porter le poids de tant d'occupations. Après avoir mis tout en œuvre pour apaiser les troubles de la Pologne, sur le trône de laquelle venait de monter le roi Auguste qu'il avait, deux ans auparavant^ converti au catholicisme; après avoir terminé, non sans peine, les différends qui s'étaient élevés entre le Saint- Siège et le Portugal, au sujet du payement du Quindennium^ pensions prises sûr certains bénéfices, et qui se payaient au Pape pour l'aider è subvenir, dans les besoins pressants, aux calamités de l'Eglise, Clément XI eut à porter de nouveau son attention sur les armées de France et de i'em-pire; de part et d'autre, on lui avait promis
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de respocter les Etals du Saint-Siège, et de part et d^aulre on manquait à la parole donnée [1704].
Les Allemands furent les premiers è violer leurs promesses; ils se répandirent dans la Romagne, où ils Qrent de grands dégâts : le Pape leur fit direaue» s*ils n*en sortaient au plus tôt, le cardinal Astalli, son légal dans cette province, avait onire d*employer la force pour les en chasser. Le courrier qu*il avait-dépôché à ce sujet n*4lait pas encore arrivé à Ferrare, lorsque les troupes du di!C de Vendôme entrèrent dans le Ferra* rais pour en chasser les impépiaui. Au lieu de diminuer le mal, l'arrivée de Tarmée française ne servit qu*à l'augmenter; la pro* YÎnce se trouvait avoir les deux partis sur les bras. Le Pape fit dire aux uns et aux autres qu'ils eussent k se retirer, ou qu'il prendrait des moyens efliraces pour leur montrer sou ressentiment. Comme les impériaux étaient entrés les premiers dans ses Etats, que par là ils y avaient attiré l'arméa française, ils craignirent que le Pape ne se joignît au duc de Vendôme, et ils se rendiroitt è ses désirs : mais les Français ne suivirent pas cet exemple; au contraire, ilsoctnpërent les postes que ceux-ci avaient abandonnés; ils se logèrent dans Ficcarole; ils s*em( arèrent des lascines et de tous les instruments que les pionniers allemands y /«valent laissés; et, après s'être divisés en deux corps qui occupaient les deux rives du Pô. Tarmée française s*y cantonna»
Cette conduite des Français suscita au Pape, de la part des impériaux, une querelle qu'il eut peine è assoupir : ceux-ci crurent quePaulucci, général de ses troupe-s, s'entendait, par les ordres du Ponlii'e, avec le duc de Vendôme; qu'on ne les avait pressés si vivement de sortir du Ferrarais qu'afin de donner aux Français le moyen de passer le Pô, en leur ôtant à eux-mêmes par leur retraite précipitée, le temps de s'y opposer. Le Pape était bien éloigné d'une semblable collusion. Cependant, comme les Impériaux continuaient à le taxer d'intelligence avec le» Français, il crut qu'il étaUde son devoir de montrer qu'il persistait toujours dans la plus exacte neutralité.
Pour en donner des preuves sans réplique, il dépêcha Laurent Corsini, depuis cardinal, ensuite Pape sous le nom de Clément XII, fiiicc ordre de faire à Ferrare les plus minutieuses recherches de la conduite de son général ; d'examiner si, en etfet, il y avait eu quelque concert entre lifi^et le duc de Vendôme, et de s*enquérir en particulier si, au préjudice des troupes allemandes, il avait favorisé rentrée des troupes françaises dans Ficcarole. Corsini remplit sa mission dans toute la rigueur : il trouva que, ni le cardinal Astalli, légat du Pape à Ferrare, ni Pa'ulucci, commandant de ses troupes, n'avaient eu aucune part à tout ce qui venait de se passer; il eti remit les plus évidentes démonstrations entre les mains du duc de Neubourg, comte palatin, qui servait dans l'armée impériale, et il dissipaain^i les soup-
çons de l'empereur : de crainte encorie qu« ce prince ne conservât des préventioi^, et que Paulucci ne se fût rendu coupable» au moins, de quelque négligence, le Papa consentit k lui en laisser porter la peine. Peu après, l'armée française quitta la Romagne où, malgré ^attention des généraux, elle avait connmis tant de dégâts, que Clément XI jugea nécessaire d'en porter ses plaintesfè Louis XIV. Ce prince fut peiné de la licence oui avait régné parmi ses troupes; il en écrivit au duc de Vendôme en termes qui témoignaient du zèle qu'il avait toujours montrié pour les intérêts du Saint-Siège, et il fit assurer le Pape, par son ambassadeur è Rome, que tous les dommages causés par son armée allaient être bientôt réparés. Eu etret, il envoya ordre de rendre aux Impériaux tous les effets qu'ils avaient laissés dans les Etats du Saint-Siège, et que son ar^ mée avait enlevés ; il ordonna aussi qu'on réparât tout ce que ses troupes pouvaient avoir commis de préjudiciable aux immu-^ nités des églises dans les diocèses de Mantoue, de Verceil et de Nice. Louis XIV n'en resta pas le : pour marquer par des preuves plus éclatantes |a haute vénération dont il était pénétré pour lui» è sa prière il envoya quarante mille écus au duc de Modène, chassé de ses Etats par l'armée française f)arce qu'il s'était déclaré pour l'empereur,^ et il fit dire au Pape qu'à sa recommandalion il ferait encore plus pour ce prince dè^ qu'il apprendrait qu'il eût repris de meilleurs sentiments pour la France. Si le Pape fut ravi d'avoir renduun bon oflice au duo de Modène qui se trouvait dépouillé de tout, et qui était allé i Rome pour implorer son spcours, l'Eglise entière n'avait pas moins de joie d'avoir dans le Pape un père si ten* dre qui veillait et remédiait h tout.
Il n'était pas, comme on l'a déjà vu, jusqu'aux ennemis de l'Eglise qui ne se fissent un plaisir de l'obliger. Il y avait alors en Egypte un patriarche d'Alexandrie, attaché aux erreurs de Dioscore, et enveloppé avec tant d'autres dans le malheureux schisme d'Orient. Clément XI, lui adressa des ouvriers évangéliques, et lui demanda de les laisser travailler sous ses yeux à la couversion des Coptes. Quoique schismatiquCt lu patriarche Jacques les reçut comme il les aurait reçus de la main de Dieu ; non^seule* ment il leur permit de prêcher librement la foi catholiqne dans tous les lieux où il avait usurpe quelque juridiction, mais encore il leur confia le soin de la jeunesse égyptienne!, et il envoya Abrabim-de-Anna à Rome uniquement pour y être témoin de toutes les vertus du Pape, et pour lui <mi faire ensuite son rapport.
Ebloui du même éclat que la renommée avait répandu jusqu'aux extrémités de la terre sur les vertus de Clément XI, Sigbiad». roi des Abvssins, qui, dans ses titres prenait celui demperenp d'Ethiopie, lui envoya, un religieux Observantin avec des lettres de sa main, où il lui exprimait le désir qu'il avait, nuo-5eulement de se ranger* ItJU'memd
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DICTIONNAIIiE
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SOUS un si digne chef de rEglise,mais encore de lui soumettre les peuples de son empire. Oiëment XI lui renvoya sans délai le même religieux auquel il associa plusieurs missionnaires; il écrivit à Sighiad des brefs qui auraient vraisemblablement eu tout leur effet, si Dieu n'en avait disposé autrement parla mort de ce prince qui avait cessé de Tivre è leurarrivéedansses Etats: mais Dieu ne voulut pas laisser Clément XI sans consolation de ce côté-li ; W envoya h Rome des mabométans et des Juifs que le Pape baptisa de ses mains : et, pour mettre le comble ^ sa joie. Dieu permit qu'en parcourant les villes d'Italie, où la curiosité lesavait attirés du fond de rÀllemagncy deux jeunes l-ulhériens de haute naissance fussent admis dans Rome à lui baiser les pieds; qu'il leur parlAt du malheur de leur état, qu'ils ouvrissent les yeux sur leurs erreurs, et que, pour couronner dignement la solennité de la Pâque, il reçût lui-même leur abjuration.
Les moindres succès, en matière de religion, semblaient lui donnera de nouvelles forces, et les médecins n'étaient jamais plus contents de sa santé, que lorsqu'il était content lui-môme des progrès de la foi. Une nouvelle qu'il apprit, ralluma son zèle pour rétablir en des pays qui étaient jusque-là demeurés inconnus. On venait de découvrir lés Iles Palaos dans le vaste océan de la Chine; par les indices qu'en donnèrent ceux c|ui y avaient été jetés par la tempête, ou jugea qu'elles devaient être situées entre les Philippines et les îles Mariannes; elles sont en Srand nombre, habitées par des indigènes *un naturel fort doui, remplis de sentiments d*humanité, vivant entre eux dans une grande union, charitables envers les étrangers, pleins d'équité, et parmi lesquels on D'avait trouvé aucun vestige qui marquât qu'ils eussent jamais connu le culte des idoles.
Il n'en fallut pas davantage à Clément XI pour lui faire concevoir le dessein d*y en- Toyer arborer l'étendard de l'Evangile. Persuadé que ces Iles ne devaient ,pas être éloignées de celles qui , dans ces mômes mers, sont soumises à la domination espagnole, il écrivit au roi d'Espagne pour, le prier d*accordei: sur ses vaisseaux des places aux ouvriers apostoliques 'qu'il tenait prêts pour aller commencer la bonne œuvre. Pour obtenir plus facilement ce qu'il souhaitait, il pria Louis XIV d'appuyer la demande auprès de son petit-fils. Philippe Y accorda plus encore qu'il ne lui était demandé; il donna des lettres de protection aux nouveaux missionnaires; il les Ot embarquer sur les vaisseaux de sa couronne; il les défraya pendant le temps de leur navigation, et il les pourvut de tout ce qu'il prévit pouvoir leur être nécessaire après leur débarquement. Le Pape se servit d'eux pour écrire à son légat de la Chine de les aider de tout son pouvoir è établir la foi dans cette nouvelle partie du monde. Le succès répondit k ses soins: ilsarrivèrent heureusement aux
lies Palaos, et ils y fondèrent une coioniede nouveaux Chrétiens.
Clément XI n'avait que de grandes idées ; il lui parut que, si on établissait des séminaires aux extrémités de l'Orient, il serait désormais plus facile de fournir les EgMsPS d'Asie d'ouvriers apostoliques. Le Pape avait formé ce projet dès le temps qu*ii avait fait partir son légat pour la Chine, et il lui avait ordonné de s'entendre avec l'archevêque de Manille, pour travailler tous deux de concert à Texéculion de ce dessein; il leur avait associé le célèbre Sidotti avec le* quel il avait concerté l'entrée que ce dernier fit alors au Japon. Par leurs soins, l'ouvrage venait d'être commencé, et ils en avaient jeté les premiers fondements nui Philippines. La congrégation do la Propagande s'était engagée a y entretenir quelques sujets qu'elle y tiendrait toujours à portée d'aller, selon ses ordres, dans les différentes
f parties de TOrient où les besoins de l'Eglise e demanderaient : mais il était question de compléter cet ouvrage, et c'est h quoi s'attacha Clément Xi pour former sous ses yeux une partie de ces mèmesOrientaux qu'il devait ensuite répandre dans les duux Indes. Pour choisir aussi parmi eux ceux qu'il ju-
Seraitles plus propres à en former d'autres ans la suite, et il enappela plusieurs autres è Rome ; il les logea dans le collège de la Propagande, et, pour y en pouvoir placer un nombre suffisant, il en agrandit les bâtiments qui encore aujourd'hui reçoivent ceux que l'Orient continue d'y envoyer.
Le Pape aurait bien voulu faire les mêmes établissements pour la nation persane, et il en chercha longtemps les moyens ; mais ses ressources étaient épuisées. Néanmoins, comme le sophi Hosanim, qui régnait en Perse, avait manifesté un vif désir de s'unir d'amitié avec le Saint-Siège, Sa Sainteté lui envoj^a [1705] l'évêque d'Ispahan que les persécutions avaient contraint de passer en Italie; elle accompagna ses lettres de présents, et fit écrire a ce prince par l'empereur LéopoM, par Côme III, grand-duc de Toscane, et par la république de Venise» pour le prier de rendre aux Catholiques la liberté, qu'à son insu ses ministres leur avaient ôlde» do faire tranquillement leurs exercices de religion.
L'artifice des ministres fut découvert; Clément XI obtint d'Hosahim tout ce qu'il demanda ; il fut accordé aux évoques catholiques répandus dans la Perse de prêcher librement la loi du vrai Dieu. Clément XI obtint déplus qu'à l'avenir on n'augmenterait pas les impôts dont étaient accablés les marchands catholiques, il lui fut également permis de relever deux églises qui étaient tombées en ruines. Pour couronner tant de bonnes œuvres, il envoya aux Catholiques une somme d'argent qui les aida à se relever de leurs pertes. Enfin n'ayant plus rien à donner, il envoya le peu d'argent qui lui restait aux Maronites que pillaient impunérment;les schismatiques de leur voisinage ; et ne pouvant plus, donner autre chose au nou-
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^«>A« patriarcbe «TADtkxhi^ qu*il$ Teoaîeol d*flire» ît *ut fit pn^eot de quelques orneneots éf iseopivx tirés de sa propre chapeTe.
Il ne restait plas à Gémeol 3U qne de porter des reçanis fiivorables sur rAmérlque» pour aroir parcoaru toute la terre par ses bîenftîts. Une grâce que lui demaiidèreot an Brésil les Poiiagais* lui fournit les mojens d*èire utile à la relifdoo : ils soobaitè'reot qu'il leur fût permis de lerer au profit du roi dans toute retendue delà proTînce de Sainte- Croix la dtme des biens que les (Mdies doivent cliaqoe année à l*£^ise. Rime j consentit^ à la charge néaiuttoius que, sur tout le produit protenanl de la diaoe, on prendrait tous les ans un revenu suffisant pour la décoration des autels et pour Tentrelien du clergé. Celte condition fut d*abord eiao* tement remplie. Dans la suite les choses changèrent; on r^arda peu à peu la dîme ecclâiastique comme un bien séculier: on oublia que e*était par pure concession qu'elle était abandonnée au fisc, et on ne songea l>lusqu*è eu jouir, sans se mettre en peine d'exécuter la condition. Bientôt au Brésil il ne (»arut plus aucun signe extérieur de religion.
Le roi de Portugal ignorait d'autant plus ce désordre, que ses ministres étaient le plus intéressés à le lui cacher. Par un abus trop souvent renouvelé^ , ce n'était pas dans les coflPires du roi qu'entrait ce qu'on Tolait sur \e public; ses rerenus n*en profitaient pas, et, à son insu» sa réputation en soufifrait. A la première nouvelle qu'en eut Clément XI, il en informa le roi de Portugal, qui fit justice.
L'Asie, l'Afrique et l'Amérique éprouvaient ainsi les elfels du zèlo (leClémentXl, lorsque les Eglises de l^urope exigèreiu encore de lui de nouveaux soins; celle d'Eiildesheim, en Allemagne, souffrait depuis un an les dernières violences de la part des hérétiques ;s es revenus lui avaient été enlevés; ses temples et ses monastères s'étaient vivement ressentis de leurs hostilités. Dans une autre ville, les protestants s'étaient ouvertement emparés de l'église des Catholiques; le nal devint surtout considérable dans le duché de ^lagdebourg et dans la principauté d'Halberstad ; il s'étendait juscjue dans la Hongrie, dans le Palatinat et dans la Silésie. Le Pape intéressa les cardinaux Lauiberg et Rolonilz, rarchevêaue de Trêves, l'archevêque de Raab et l'électeur palatin dans la cause 4e TEglise; mais, au moment où il se croyait le plus assuré du succès. Dieu mit sa vertu et sou courage & une nouvelle épreuve.
L'empereur Léopold mourut plein de gloire, et Joseph, son fils aîné, lui succéda sur le trône impérial. Le nouvel empereur n'avait pas oublié que, quand l'orchiduc Charles, son frère, avait été proclamé à Vienne roi d'Espagne, le nonce du Pape n'avait pas voulu assister à la cérémonie qui s'en fit; pour en marquer son mécontentement, il l'obligea, sous un autre prétexte, à
sortir dt» sa capitale* et il n^v eut w justîioatioo ni l>oas offi^ qui* pussent le fiécbir.
A ce malheur il en sucoMa un aiitr«« occasionné par la ^erra, et dont les suitfts étaient plus à craindre. Les puissances hérétiques se promettaient toujours^ en faveur de leurs sectes, de tirer les plus grands avantages de leur allianoe avec l'empereur; par le besoin que ce prince avait de leurs secours, ils osaient tout impunément en plu« sieurs |>arties de l'Allemagne. Le duc de NeutM>urg se laissa intimider; par pure crainte, et en vue uniquement dV|Virgner de plus grands maux à la religion^ il crut pou* voir, |H>ur un temps céder à leurs efforts ; il fit publier un écrit portant |>our titre : Mefug^ de la religion pour U bas Palatinoi ei Ui pa^i qmi y $oni annexés. Là, renouvelant les mêmes articles de la paix de Westphalie, que le Saint-Siège n'avait pu admettre, comme contraires à la religion, on établissait une liberté de conscience, en vertu de laquelle il était permis de changer de re« ligion, de s'attacher à telle ou telle secte qu'il plairait è chacun d'embrasser; un y attribuait h l'autorité séculière le p*uivoir de prononcer sur tout ce qui a rapftort au salut des âmes, à l'administration des sacrenu'nts, h la réunion ou à In séparalit»n des paroisses, à la célébration de rCMïïce divin, i toutes les fonctions du sacerdoce; en y divisant en sept parts égales tous les biens ecclésiastiques, et on en assignait cinq aux ministres protestants, ne laissant que les deux autres aux prêtres catholiques: on y faisant revivre le fameux Conseil de rEylise réformée, et ou lui adjugeait le droit do connatlre, do traiter et de décider en dernier ressort de toutes les causes appartenant au for do rRglis'^On lui dormait encore pouvoir do nommer à son choix deux docteurs luthériens chargés d'enseigner les dosmes do leur secte, et auquel ou assignait des émoluments considérables: le motif qu'on donnait pour la création de ces deux chaires de théologie était que cette institution avait pour objet « de rendre l'université d'Heidelberg aussi ce» tèbre et aussi nombreuse qu'elle l'avait été autrefois, et d'y ouvrir la purte, dans chaque Faculté, à toutes les religions; »entin en or* donnant diverses autres pratiques préjudiciables nu salut des âmos, à l'autorité du Souverain Pontife et aux droits de TBglise.
La surprise du Pnpe fut égale à sa douleur; il ne pouvait croire qu'un prince si orthodoxe, et dont la conduite avait toujours été si mesurée, eùi pu faire une si profonde plaie à la religion : c'était le même duc de Neubourg, comte palatin du Rhin, auquel Clément XI avait toujours recouru avec confiance et succès pour les intérêts de TEglise. Dès lors, obusant de la déclaration dfu duc, et l'étendant bien au delà de ses intentions, les hérétiques ces^ sèrent dans tout le bas Palatinat de payei* aux prêtres la rétribution. Les magistrats des villes et des villages, tous les noUies
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qoî possédaient des fiefs, firent saisir les re- Tenus ecc)ésiastic|ues; les écoles publiques, Atées aux Catholiques, furent livrées à des luthériens. On contraignit les enfants des fidèles d*y aller prendre leurs leçons ; on enrÂla dans les troupes ceux qui étaient en état de porter les armes : on leur ôta tout espoir de rentrer dans leurs familles, si préalablement ils n'avaient abjuré leur foi. On leur défendit tout mariage qui ne se contracterait pas avec des femmes béri^tiqaes; on prescrivit aux tilles de ne se marier qu'avec des protestants, et on ordonna ?ue les enfants qui en naîtraient seraient levés dans l'hérésie. — A ces nouvelles , Clément XI faillit mourir de douleur, il n'accusait que lui seul dans tous les maux dont l'Eglise était aiOigée, et les attribuait à son indignité; et, comme s'il n'avait pas assez fait pour décliner le souverain pontificat, il se reprochait encore chaque jour de l'avoir accepté.
Il commença par foudroyer du haut de son Siège le funeste écrit qui détruisait la religion dans le Palatinat, puis il entreprit d'aller l'attaquer dans sa source; pour cela il résolut d'agir, cœur è cœur, avec Télectnur : il n'eut pas de peine h en obtenir tout ce qu'il voulut. Le duc de Neubourg aimait In religion; la seule crainte de plus grands malheurs avait dirigé sa conduite. Les suites
Su'il entrevoyait, l'effrayèrent; il avoua au ainl-Père qu'il avait élé trompé, et il ré- Toqua tout ce qui avait été fait; cependant il lui fallut près de sept ans de soins assidus avant de pouvoir rétablir les choses en leur premier état. — La France était heureuse d'avoir, dans la personne de Louis XIV, un prince qui, loin de craindre Thérésie, savait la contenir dans la crainte et le respect. L'hérésie tâchait néanmoins de se produire, et il s'en trouvait encore de grands traits dans la doctrine de Jansénius. Hais quoique avant sa mort, il eut pris des mesures pour soumettre ses écrits h la décision du Saint-Siège, les jansénistes remuaient en France pour soustraire leurs erreurs è la censure qu*on en avait faite. — Leur but était d'éluder la condamnation n'en avaient portée Indbcent X et Aiexanre Vil ; ils en croyaient trouver les moyens dans quelques brefs qu'avaient écrits sur ces matières Clément IX et Innocent XII. Ils expliquaient ces brefs è leur façon ; ils y donnaient la torture aux expressions les plus simples et les plus claires; ils y dé* mentaient les faits les plus notoires et les plus authentiques; ils y empoisonnaient jusqu'aux intentions des Papes qui les avaient écrits, et ils concluaient que, selon ces Papes mêmes. Clément IX et Innocent XII , il n'était pas nécessaire pour obéir aux Constitutions d'Innocent X et d'Alexandre VII , qu'on condamn&t intérieureipent le livre et les cinq propositions de Jansénius que ces Pontifes y avaient flétries, comme ayant été extraites de ce livre ; mais qu'il suOisaii d'avoir extérieurement pour ces mêmes Constitutions une soumission d$
respect et de silence: c'est à-dIre qu ils prétendaient prouver par l'autorité même du Saint-Siège que, pourvu qu'on gard&t un silence respectueux sur les censures qu'il avaU portées contre le jansénisme, l'Eglise entière n*en demandait pas davantage, et que, par cela seul, la foi des fidèles était en sûreté. L'entreprise était hardie. Par ce moyf^n, sans se parjurer, on aurait pu, selon eux, souscrire en toute sûreté de conscience le formulaire dressé par Alexandre VII, pour qu'on eût h déclarer par écrit qu'on condamnait les erreurs de Jansénius quoique intérieurement on ne les condamnât pas : il est certain au'il n'était pas possible de porter plus loin la dissimulation , puisqu'on rétendait jusqu'au parjure. — Le zèle du roi et des évèques ne leur permit pas do souffrir que la doctrine reçût une telle atteinte. Ils écrivirent k Clément XI pour qu'il apportât un prompt remède au mal. A leur sollicitation, le Saint-P(^re porta une bulle où, après avoir confirmé les Constitutions d'Innocent X et d'Alexandre Vif, il di^clara qu'il était faux que. dans leurs brefs Clément IX et Innocent XII eussent rien permis ou accordé aux jansénistes, qui tendit le moins du monde à autoriser la nouveauté de leurs opinions et de leur conduite au sujet de ces mêmes Constitutions ; il déclara que, par le silence respectueux on ne peut pas satisfaire à l'obéissance qui leur est due, mais qu'on doit condamner intérieurement, comme hérétiques , le livre et les propositions de Jansénius ; et que ce n'est qu'avec cette soumission d'esprit et de cœur qu'on devait souscrire le formulaire d'Alexandre VII. La roi et les évê(|ues reçurent avec joie cteite bulle, qui détruisait toutes les subtilités du jansénisme.
L'Italie s'était vue attaquée presque de toutes parts par des maladies endémiques, qui semblaient devoir la dépeupler. Ce fléau s'était répandu avec rapidité, et il faisait chaque jour des progrès effrayants. La peste même n'aurait peut-être pas fait plus de ravages qu'en firent, pendant l'espace d'une an*iée, ces maladies contagieuses. Clément XI eut recours è son remède ordinaire, la réformalion des mœurs. Pour commencer par les peuples sur lesquels il présidait comme évoque de Rome, il voulut qu'en son nom on allât faire la visite des diocèses qui relèvent immédiatement de cette métropole du monde chrétien; il y envoya des évèques recommandables par la science et la vertu, avec ordre d'y prendre une connaissance exacte de l'état des églises, de la célébration des saints Offices, de l'usage des sacrements, de la conduite des prêtres, des mœurs et' de la vie des peuples*. Partout où il trouva qu'il s'était formé des abus, il y remédia avec rigidité ; il prescrivit à tous les évèques d'Italie d'avoir la même attention dans leurs diocèses. Comme la contagion continuait h enlever beaucoup de monde, et que chacun se croyait chaque jour è la veille de mourir, ces visites pastorales opérèrent partout lespbs salutaires effets. On
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Tii un concours dans les églises, uno assidoîlé à approcher des sacremeMls, une ré-
Jularîtédans la conduite, qui parurent avoir échi la colère du ciel. Les maladies cessèrent, et Clément XI ne songea plus qu*à soulager dans leur pauvreté ceux que les atteintes du mal avaient retenus dans Tinaction, ou obligés h abandonner la culture de leurs terres.
Depuis un certain temps, il s'élait répandu un bruit confus que, dans le Levant, les Chrétiens étaient cruellement rançonnés par les Turcs, et réduits à la plus excessive misère. En6n le Saint-Père apprit [1706], pnr des envoyés venus de Syrie qu'en elTiît jrimais, en Turquie môme, on avait vu de telles exactions, ni une oppression si pesante : un grand nombre de Chrétiens, incapables de payer les impôts dont on les surchargeait, avaient été contraints de fuir,en abandonnant leurs effets; les autres se privaient des choses les plus nécessaires à la vie, pour pou* voir payer le tribut. Ces envoyés lui exposèrent que, quoiqu'ils eussent fait le voyage en hiver, et qu'ils eussent couru les plus grands dangers sur mer dans une saison si exposée aux tempêtes, les périls et les maux qu'ils venaient d'essuyer dans leur trajet , n'approchaient pas de ceux
3u*ils subissaient dans leur patrie. Presque ans le même temps, des religieux Obser- T/inlins, partis de Jérusalem, arrivèrent à Rome ; ils avaient été députés parles Chrétiens de la Palestine, pour porter les mômes plaintes }i Sa Sainteté. Ceux qui, par office, étaient chargés de la garde du Saint-Si^puU cre, se trouvaient si accablés du poids des nouvelles impositions (|u'on venait d'ajouter aux anciennes, que ne pouvant plus subsister en égal nombre, ils avaient résolu de le diminuer, et d'abandonner la plunart des lieux saints confiés à leur garde. Contrislé de ces nouvelles. Clément XS implora le secours de Louis XIV et de quelques autres princes catholiques; ils en écrivirent au Grand Seigneur en des termes qui lui firent appréhender les effets de leur ressentiment. Celui-ci pour se disculper, tâcha de rejeter la faute sur ses ministres, qu'il di*- Sait avoir excédé ses ordres: cependant à en juger par les lettres que les ambassadeurs des princes catholiques à la Porte ottomane écrivirent au Pape, il était évident que le sultan Achmet était lui-même Tauteur de cetie nouvelle persécution. Ellecontinua, et Clément XI sollicita de nouveau le crédit des princes catlioli(|ues, qui écrivirent vivement à Achmet. Celui-ci réprima l'avidité de ses ministres, et la cruauté de ses juges. 11 demanda môme si le Pape souhaitait quelque chose de plus, et il promit de se rendre i^ ses désirs: mais le Saint- Père ayant demandé qu'il fût permis de rétablir le dôme du Sainl-Sépulcre qui tombait en ruines, rariificieux sultan consentit à peine qu'on y fil quelques légère:» réparations, et.ce n'est qu'après plusieurs années d'instances et de prières que Clément XI put parvenir à le rétablir en son eutier.
Sans différer cependant d'aider les tidèlcs è supporter le poids des impôts qui, pour eux, ont toujours été énormes dans la Palestine, il leur envoya des secours d'argent, et il établit dans tous les diocèses d'Italie des quêteurs dont le soin était de recueillir des aumônes pour la Terre Sainte.
Il li'épargnait rien pour procurer aux Catholiques la protection des princes sous lesquels il vivaient dans les pays des infi* dèles. Un Capucin étant venu des extrémités de l'Afrique pour lui apprendre que le roi. et la reine du Con^o, et à leur exemple, plusieurs princes voisins, venaient de se déclarer pour la religion catholique; qu'à l'ombre de leur protection le nombre des fidèles s'y était accru, et qu'il serait à propos d'y envoyer des missionnaires, Clément XI ne se contenta pas d'en augmenter le nombre» il écrivit à tous ces princes pour les remercier des avantages qu'ils procuraient à TEglisc, et il leur envoya de riches présents; il en fit pareillement à de nobles Ethiopiens qu'une sainte curiosité avait aitirés a Rome sur le tombeau des saints apôtres, et il n'omit rien pour les engager à soutenir la religion dans leurs pays; il montra la môme libéralité envers les nouveaux Chrétiens que soti légat de la Chine eirarclievôque de Manille faisaient élever aux Philippines. A la première nouvelle qu'il' reçut qu'en Angleterre il se formait un nouvel orage contre les Catholiques, qu'on y craignait de voir revivre les anciennes persécutions, et que, par son courage h se montrer ouvertement en faveur delà foi orthodoxe, Howard, duc de Norfolk, se trouvait menacé dans sa fortune et dans ses biens, il le fit assurer qu'en cas d'exil il trouverait toujours à Rome uno place honorable et des revenus sunisan:s pour y vivre d'une manière convenab'e h son rang: faisant ensuite toutes les démarches que lui suggérait son zèle, fl travailla si bien auprès des princes catholiques que, par l'interposition de leurs bons offices, il apaisa cette persécution naissante. Il se servait, comme on voit, de tous les moyens pour désarmer la haine de l'hérésie contre le Saint-Siège. 11 n*y avait pas que les hé-* réliaues qui lui suscitassent des embarras. Après son avènement à l'empire, Joseph I* se crut en droit, au seul titre de nouvel empereur, de présentera tous les bénéfices vacants ou sur le point de 'Vaquer dans toute l'étendue de ses Etats. Clément XI revendiqua ses droits avec le calme qu'il se devait à lui-môme, et avec les ménagements dus à la majesté des Césars; mais aussi avec toute la force et la dignité qui convenaient à la tiare. Il marqua avec précision quelles étaient les justes bornes daiis lesquelles l'empereur devait se contenir pour ne rien entreprendre sur les droits de l'Ëglise. Il démontra, dans les brefs qu'il adressa aux évoques et aux chapitres d'Allemagne, que les prédécesseurs du prince n'avaient jamais eu le droit de publier de semblables édits qu'autant qu'ils étaient