‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 84 sur 350 · GOBI · texte numérisé non relu

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cependant et mf) dit qu*il ne m*a(tendait pas si tôt : je répondis que j'avais hâté mon voyage pour avoir la consolation de me Jeter h ses piedSi et de lui témoigner mon admiration de la constance avec laquelle il avait souffert une si longue, une si dure prison. Alors» plein do douleur» il m^apprit ce qui s*élait passé; il avouait avec candeur qu'on l'avait entraîné h la table pour signer... Puis» me prenant par la main, il me condutsit^au lieu même où il s'asseyait, il me fit asseoir h ses côtés» et, après m*avoir adressé quelques questions sur mon voyage, il ajouta : « Vous pouvez h présent vous ro- « tirer, parce que c'est l'heure où viennent « les évoques français : on a préparé pour « vous un logement dans le palais. » Quand je sortis, je fus conduit à ce logement par rinlendant du ch^Ateau. Cet appartement était une seule chambre partagée en trois, donnant sur un grand corridor où étaient logés également d'autres cardinaux et les évoques français. La solitude du lieu, le silence, la tristesse qu'on remarquait sur tous les visages, la profonde douleur dans laquelle je voyais le Pape plongé, me causèrent une telle surprise, et me serrèrent tellement le cœur, qu'il est plus facile do l'imaginer que de l'écrire. Peu de temps après, vint monsignor Bcrtazzoli, pour me dire que le Pape m'avait congédié si vile, abn de se débarrasser de Taudience ordinaire des évoques français, et qu'il me verrait volontiers avant le dîner. Il dit ensuite r|ue je devais être très-prudent sur ce que je dirais môme en présence des propres domestiques du Pape, et je compris bien cequ*il voulait me faire entendre Je retournai auprès de Sa Sainteté, que je retrouvai dans un état vraiment digne de compassion, qui me faisait craindre pour sqs jours. Le Pape avait été averti par tes cardinaux di Pietro. Gabrielli et Litta, arrivés les premiers à Fpntainebleau, de la faute causée par la surprise qu'on lui avait faite. 11 en avait conçu une juste horreur en enlenilant bien de quelle hauteur de gloire l'avaient fait tomber les conseils et les suggestions perfides.

« Ensuite, plus que jamais anéanti par une tristesse inexplicable, en parlant de ce qui était arrivé, il manifestait son inconcevable douleur, etm'assuraitqu'il ne pouvait chasser de son esprit cette pensée de tourment qui 'Vempèchait de dormir, qui ne lui permettait de prendre de nourriture que ce qui suflisait pour ne pas mourir : « De cela, » dit-il encore, «je mourrai fou, comme Clément XIV. » le fis alors et je dis tout ce que je pus pour le consoler ; je le coi^urai de tranquilliser son esprit. J'ajoutai que, de tous les maux qui accablaien*'t l'Eçlise, le plus funeste serait la mort du Pontife ; c|ue, dans peu de jours, il aurait près de lui tous les cardinaux qui étaient en France ; oa*an les consultant, on trouverait un remèJe au mal qui avait été fait. A ces mots, il parut reprendre ses sens et me dit : « Croyez-vous donc qu'on puisse m y ramédier T^Ouîi » lui dia-ja» « Iri^saint

« Père ; h tous les maux, quand on le veut « bien, il y a un remède. » A la fin de l'audience, il m'ordonna de mepréparer à partir rMir Paris, parceque je devais ôtre préisenté l'empereur et i l'impératrice. Je cherchai è me dégager d'un voyage si désagréable pour moi ; mais le Pape reprit ainsi : « Puisque tous les autres cardinaux y ont « été, si vous n'y alliez pas, on le prendrait eo « mauvaise part, on y trouverait un manque « de respect è ces souverains.— Eh bien, très- «saintPère, » répondis-je, « je boirai encore t cette oernière lie du caliceamer, et je partirai « bientôt pour Paris. » (Cité d'après M. Artaud, qu'il faut lire, si l'on veut des détails.) Bientôt se trouvèrent réunis autour de Pie Vil un certain nombre de cardinaux , entreautros,Mattei, délia SomagIia,diPietro, Gabrielli, Pacca et Consalvi. Une consultation a lieu ; après bien des débats, le parti des cardinaux courageux et fidèles l'emporte, et il est décidé qu'on révoquera très-promptement le fatal concordat au 35 janvier. Restait à obtenir l'assentiment du consciencieux Pontife, qui se croyait, lié, à qui pouvait coûter une rétractation. 11 s'attache avec joie à la planche de salut qu'on lui offre. La rétractation est rédigée; Pie Vil , entouré d'espions, l'écrit secrètement de sa propre main, il déclare i Sa Majesté que depuis le 25 janvier, jour où il signales articles qui devaient servir de base au traité définitif dont il y est fait mention , les plus grands remords et le plus vif repentir ont- continuellement déchiré son esprit, qui n'a plus ni repos ni paix. Puis il continue : « De cet écrit que nous avons signé, nous disons à Votre Majesté cela même qu*eut l'occasion de dire noire prédéce>seur Pascal 11, lorsque dans une circonstance semblable, il eut à se repentir d'un écrit qui concernait une concession è l'empereur Henri IV: comme nous reconnaissons notre écrit fait mal, nous le confessons fait mal ; et, avec l'aide du Sei*

Seur, nous désirons qu'il soit cassé tout à t, afin qu'il n'en résulte aucun dommage pour l'Eglise et aucun préjudice pour notre Ame. Nous reconnaissons que plusieurs de ces articles peuvent être corrigés par une rédaction différente et avec quelques modifications. Votre Majesté se souviendra certainement des hautes clameurs que soulevai en Europe et dans la France elle-même f usagefait de notre puissance en 1801, lorsque nous privâmes de leurs sièges , cependant après une interpellation et une demande de leur démission , les anciens évêuues de France. Ce fut une mesure extraorainaire » mais reconnue nécessaire en ces temps calamiteux , et indispensable pour mettre fin ^ un schisme déplorable» et ramener au centre de l'unité catholique une grande nation. Existe-t-il aiqourd'nui de ces sortes de raisons pour justifier , devant Dieo et devant les hommes, la mesure prise dans un des ar* ticles dont il s'agit ? Comment pourriez-vouc admettre un règlement tellement subversii de la constitution divine de l'Eglise de Jésus* . Chrift qoi aétabli la primauté de saint Pierre

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