‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 97 sur 350 · DON DICTIONNAIRE · texte numérisé non relu

DON DICTIONNAIRE

ces réformes, riuleUigent et zélé paslaur dél»loja loates les ressources d'uso bonlé,

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d*aiie ctisrité iobtigahle. Son eœor était éma

denitîé à Taspeci de ces hommes coupables, qu un repentir sincère pouvait ramener à ia religion et à la vertu. Mais cette réhabilitation morale était-elle possible dans une atmosphère de vice. M. Donnet rechercha donc les moyens de transformer ce milieu délétère» et il fui puissamment secondé par des personnes généreuses, notamment par Mme de la Balmondière, dont le nom est devenu dans tout le Lyonnais le synonyme de celui de bienfaisance et do charité. Grâce aux libérâmes de celle dame, do concort avec raulorité administrative avec la(|[uelle il marcha toujours dans le plus parfait accord, il remit le service intérieur des prisons de Viîlefranche entre les mains de six sœurs de Saint-Joseph qui y furent élaldies dans ce but. Celte amélioration fut le signal de beaucoup d*au(res; Tactivité de M. Donnet suflisait à tout; chaque semaine il visitait la prison et Thôpital, sonlenont et récompensant le zèle des employés par des paroles de bienfaisance et d'encouragement; mais portant aussi partout lo coup d*œil scrutateur qui lui faisait découvrir les abus, et pressentir les améliorations nécessaires. En même temps, il donnait Texemple de Vassiduilé aux séances des comités de Tinstruclion primaire, de ThApital, delà prison, etc., ce qui ne Tempêchait pas de remplir avec une exactitude scrupuleuse toutes ses fonctions pastorales. Pendan* sept années on le vit monter dans la chaire do son église pour faire entendre aux ûdèles la parole de vie. Une circonstance imprévue vint faire diversion aux travaux de cette vie si occupée. M. Tarchevôque de Tours, appelé è Rome, proposa au curé de Viîlefranche de Taccompasner dans ce voyage. M. Donnet passa en Italie avec le prélat et M. Dufêlre, les mois de mai, juin i-t juillet 1829. Survint la ré- Tolution de 1830; une bande nombreuse d*émeutiers, venus du dehors, se répandent dans les rues de Viîlefranche, arrachent les fleurs de lis partout où ils les aperçoivent et courent à Téglise pour y continuer le cours de leurs exploits. Le pnsieur est à ia porte, et, secondé des habitants, il dissipe par sa voix ces malfaiteurs. Mgr Forbin- Janson, évoque de Nancy, forcé d'abandonner son diocèse, venait de passer quelque temps h Lyon. Il fut frappé de voir un f)réire qui, tout en restant ferme et inflexible dans tout ce qui touchait au maintien de ia foi et du caractère ecclésiastique, avait su, par son esprit de conciliation et par sa prudence, triompher de tous les obstacles que lui présentait Tadministration d*une paroisse difficile, et y réunir, pour Tintérét de la religion, tous les partis dans un esprit unanime de conOance et d'affection.

Afiligéde voirson diocèse privé de tous les secours du ministère pastoral et désespérant de pouvoir en reprendre de longtemps Tadministration, après la tentative infructueuse qu'il Tenait de faire pour y rentrer è

Toccnsion du choléra, il songea au curé ^de Vilksfrancba poursedonnor un coopérateur, Sar la demaod» officielle de ce prélat auprès de la cour de Rome et dn gonTernement» M. Donnet lui fut accordé comme co«ijuteur avec le titre d*évêque de Rosa. La plus violente opposition avait éclaté è Nancy contre Mgr de Forbin-Janson. En butte à des attaquer journalières fomentées par la presse, il s'était vu contraint, pour sauver ses jours menacés, d'abandonner précipitamment le pays et de chercher un asile sur la terre étrangère. Deux de ses grands vicaires avaient également pris la fuite et n'avaient reparu qu'après huit mois d'absence. Des divisions profondes avaient suivi ces scènes scandaleuses, dont l-a personne du prélat n*avail pas eu seule à souffrir. Tel était fétat des choses et la disposition des esprits quand, en 1835, arriva à Nancy Mgr de Ilosa, pour commencer sa mission de conciliation et de paix. L'aménité deses manières, Pesprii de convenance et de mesure empreint dans tous ses actes, dans toutes ses démarches, ramenèrent à lui les cœurs les plus aigris et les esprits les plus prévenus. Nous empruntons quelques lignes è la circulaire par laquelle il convoquait son clergé è la retraite pastorale qui s'ouvrit deux mois après son arrivée : « Le moment est Tenu où va se réaliser un desvœ ix les plus chers à noire cœur. Il nous sera donc donné de vous voir, de vous connaître, de vous apprécier et de former avec chacun de vous les liens d*allachement et de confiance qui doivent nous unir, je l'espère, pour de longues années. Bienheureux jours de retraite, vous nous procurerez ces avantages et vous nous ferez coniprendre combien c'est une bonne et agréable chose, pour ceux qu'une môme vocation a rendus frères, de s*édiûer les uns les autres et' de partager sans contention et sans jalousie le trésor des bénédictions inépuisables que le Père céleste se platt è répandre sur ces réunions de famille... Vous n'hésiterez pas è' répondre à cette première invitation qu*il nous est donné de vous faire, ou plutôt è la voix intérieure

3»i vous appelle à l'écart. Vous vous renrez avec empressement d^tns ce lieu retiré, vous vous délasserez un peu du travail ordinaire. Nous y viendrons avec vous habiter cette maison tout empr<>inle de l'esprit clérical que vous y avez n>ç.n, nous y retrouverons la ferveur dans la prière, Tabnégation de soi-même, un silence absolu sur les intérêts de la terre; nous y apprendrons la soumission à Dieu, qui dirige les événements, l'amour des pauvres, la tendre et active sollicitude pour les malades, la charité non feinte pour ceux qui ne nous aiment pas, Taménité, Ja franchise, la cordialité avec tous. On nous v fera connaître les ^ages tempéraments df'une prudence tout évangélique qui, sans faiblesse et sans transaction aucune, nous apprend à séparer toujours l'homme de son opinion, pour conserver des rapports de bons pasteurs avec celui-là et pour resf>ecter celle-ci tant qu^elle

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n*a rien de contraire h la religion et aux loîSt oa pour lâcher de la redresser arec douceur si elle nous parait dangereuse. En un mot, nous passerons en revue la multitude dé nos devoirs; nous y écoulerons sur chacun d*eux le témoignage de notre conscience* afin dQ rapporter à Bleu la gloire qu'elle pourra nous rendre, pleurer devant lui les infidélités qu'elle nous reprochera et nous résoudre à lui obéir désormais avec plus de générosité. Enfin, nous sortirons de ce nouveau cénacle après avoir formé en nous cet homme intérieur, recueilli, religieux; cet homme de prière, de saints désirs; cet homme de paix, de mansuétude, de piété, d'humiKté ; cet homme de Dieu, en un mot, qui ressemble à Jésus-Christ ou qui en approche. Puisse le Dieu des miséricordes exaucer ces vœuisi ardents de notrecœur t » La Gaxeile de Metz , du 2k septembre 18359 contenait ce qui suit : «Mgr le coadjuteur de Nancy avait convoqué une partie de son clergé au grand séminaire, près de trois cents prêtres se sont rendus à sa voix, et \h il nous a été donné de contempler de près celui que la Providence nous a envoyé dansi sa miséricorde pour consoler nos longues douleurs et cicatriser la plaie enct re toute saignante de notre malheureux diocèse. Mgr Donnet a présidé tous les exercices; Sa Grandeur s*est chargée ellemême du sujet d'oraison et des conférences, et nous ne savons ce qu'il faut le plus admirer en elle, ou cette prodigieuse facilité d*élocutioii, ou cette connaissance approfondie du monde, ou cette juste appréciation de notre siècle, ou cette grâce d*esprit, ou cette fermeté de principes, cette sûreté de doctrines et cette éminente piété qui lui ont fait développer avec tant d art les admirables voies de Dieu. » Après avoir gagné la confiance d'une partie du clergé, il voulut acQuérir celle des fidèles, et entreprit, maigre une saison avancée, la visite générale du diocèse, la neige, les glaces, le mauvais état des routes, rien ne put TarrètiT. H visita les arrondissements deToul,de Lunéville, de Nancy et do Château-Salins, voyageant sans prendre de repos, passant la journée dans les églises, où il distribuait lui-même la parole de Dieu dans chaque paroisse, voyant tout, donnant de sages conseils. La satisfaction qu*ii éprouva dans celte visite est exprimée dans son mandement pour le Carême de 1836 : « C'est pour la preiuière fois, nos très-chers frères, qu'il nous est donné de vous adresser la parole h tousy et déjè nous pouvons vous dire avec eiïusion de cœur que notre espérance n'a pas été vaine et qu'il a plu à Celui de gui tient tout don parfait (Jae. i, 17), de combler notre attente et de remplir la mesure do nos désirs. La manière affectueuse dont nous avons été accueilli dans les diverses paroisses quenousavons visitées, l'avidiléavec laquelle notre parole y a été reçue sont un heureux présage des bénédictions queDieu semble (iromettre à notre ministère au milieu de vous. 0US les villes comme dans les campagnes,

nous avons trouvé la foule sur nos pas, et la semence de celui qui était êorti pour semer n'est point tombée sur le grand chemin ni dans des lieux pierreux, ni au milieu des épines, mais dans une bonne terre où elle germera et s'enracinera pour porter des fruits. (Lmc, VIII, 5 seq.) Ainsi se sont dissipées, presque aussitôt que nous nous sommes trouvé en face de vous, les inquiétudes qirt avaiont pu nous préoccuper h notre entrée dans ce diocèse. Nous avons reconnu avec joie et bonheur que Dieu et fa religion sont honorés dnns ta grande majorité de vos paroisses autant que partout ailleurs, et que, si notre ciel n'a pas toujours été «ans nuages, il fallait en accuser plutôt les circonstances difliciles des derniers temps que les intentions et les -volontés des hommes.

« Ah 1 N. T.-C. F., combien ce témoignage que nous vous rendons ici, dans toofe la sincérité de notre cœur , sera consolant |>onr le vénérable titulaire qui n'a jamais fessé de s'intéresser à ce qni vous touche ! C'est à son choix que nous devons Thonneur devons apporter. le don du Ciel dont les évêques sont les dispensateurs ; c'est lui qui a bien voulu nous appeler à son aide et nous propeser à la garde de son troupeau, devenu également nôtre par les prérogatives qu'ils a sollicitées et obtenuos en notre faveur du Père commun des fidèles. Si doiic nous vous connaissons, si nous vous aimons* c'est à lui, après Dieu, que nous en sommes redevable; il nous est doui de lui en exprimer devant vous notre reconnaissance, et nous implorons tous les jours de la bonté divine les (lumières et les vertus qui nous sont nécessaires pour répondre à sa confiance. »

Devant un langage si noble et si pur, Topposition fut bientôt désarmée. On lisait dans un journal irréligieux du 21 juillet 1836 : « La modération de Mgr le coadjtiteur, sa tolérance, sont tact sont trop connus dans son diocèce, où les hommes de toutes les opinions le classent dans la catégorie do Mgr de Cheverus, dont nous déplorons la mort, qui faisait asseoir ensemble à sa table le président du consistoire et le rabbin, pour qu on puisse mettre en doute nos dispositions bienveillantes à l'égard de Mgr Donnet, auquel nous avons toujours rendu juslice complète... et, d'ailleurs, le diocèse de Nancy est aujourd'hui administré avec trop de sagesse pour que nos opinions sur le clergé en général puissent recevoir ici aucune application. »

« On assure, » dit encore le même journal [!*' septembre 1836], v que le conseil général du département vient d'allouer, à titre de supplément, fc,000 francs è Mgr le coadjiiteur du diocèse de Nancy. Si un prélat mérite une faveur spéciale, c'est assurément M. Donnet, à la tolérance et aux vertus duquel nous nous plaisons h rendre toute jus» tice. » En même temps que Mgr Donnet se multipliait dans toutes les fonctions de son ministère, qu'il fondait des établissements utiles, il établit, ou plutôt il rétablit les conférences ecclésiastiques que Mgr de

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Forbin-Janson avait ieoié d'introduire en 1830. Dans !e préambule du règlement publiié à ce sujet, il disait : « Grâce à Tesprit pa<ificatenr dont le souffle bienfaisant a ravivé toutes vos paroisses* le temps n'est plus où te clergé était en bulte à d'injustes sou|>ço(i5 et où la réunion de trois ou quatre prêtres pouvait paraître h des esprits prévenus une machination ténébreuse. C*est au grand jour de la publicité que nous voulons 8};ir, et déj^ les peunles aiment à comprendre qu'ils n'ont pas d*amis plus sincères et plus dévoués.que leurs pasteurs. Il n'y a donc dans notre entreprise ni précipitation ni témérité; d'ailleurs, elle répond, Messieurs, è votre désir général, et réalise» au moins dans ses dispositions essentielles, I*ordonnance du 15 avril 1830 dont nous avons parlé plus haut; enfin elle sera pour ▼eus tous la source des plus douces consolations et des secours les plus salutaires dans Texercice des fonctions pénibles du ministère pastoral.

€ Le beau spectacle que ckIuî d'uneiréunion de prêtres inspirés par la foi, dirigés par la charité, travaillant en commun à s'éclairer pour pouvoir verser sur les peuples confiés a leur sollicitude de plus abondantes lumières I Si r£sprit.Saintadit(£'ce/e. ivJO): Malheur à celui qui est seul, parce que^ sHl tombe une fois, il na personne pour le reU" ter; le même Esprit de vérité a dit aussi [Matth. xviii, 20) : Là où deux ou trois sont réunis en mon fiom« je suis au milieu (feux. Bt n'est-ce pas le bonheur de ces réunions c|uo chantait le Prophète-Roi, lorsqu*il s'écTiait : Qu il est bon, qu'il est agréable pour des frères de se trouver ensemble î Dans les Actes des apôtres il est dit que /et croyants n*ava\ent qu'un cœur et qu*une dme {Act. iv, 32); et dans ces temps difticiles où les disciples de la croix se réfugiaient dans les antres et les cavernes pour prier et préparer l'affranchissement du momie, une des choses que rap<)tre saint Paul leur recommar/iait le plus c'était de ne pas déserter les assemblées. {Bebr. x, 25.) Quel prêtre pourrait se flatter de se suffire h lui-même, de posséder toutes les connaissances nécessaires à l'exercice irréprochable du ministère, surtout à une époque où le changement inouï des hommes et des choses nous a créé une position qui n'a pas d'antécédent dans nos histoires? Voyez, Messieurs, ce que font les hommes du monde pour conserver la dignité de leurs corporations, pour éclairer les points obscurs de la science, pour résoudre les cas difficiles, pour amener è un terme heureur. leurs affaires les plus importantes : ils établissent des centres de correpondauce, ils se réunissent, ils se concertent, ils s'entendent. Il ne faut pas qu'au milieu de ce mouvement qui emporte la société, le clergé reste stalionnaire. Il faut vous souvenir que, dans tous les temps, le sacerdoce a devancé, a dirigé l'essor des esprits et a exercé la rojauté de l'intelligence.

« Quel moyen donc avons-nous après que

le cours ordinaire des éludes est terminé, de conserver et d'accroître la masse des connaissances acquises? Ce moyen, c'est surtout l'institulion et la pratique des conférences. Tous na sont pas, au même degré, prophètes, docteurs, evangélistes (I Cor. xii, 29, 30): mais chacun a sa mesure de grAces et de talents. Dieu , qui vn est l'auteur, et qui les distribue selon son bon plaisir, en nous ordonnant de faire valoir les nôtres, veut aussi que nous profilions de l'expérience de nos frères, par un commerce réciproque do conseils, d'exemples et de services. Voilà, Messieurs, ce qui a lieu dans les conférences, qui no sont, pour ainsi dire, mie des sociétés où la doctrine, les vertus, les talents sont mis en commun. C'est le qu'un

f>asteur vénérable , comme le bon père de ami Ile, tire de son trésor des choses ancien^ nés et nouvelles. (Matth xii, 35.) C'est là que les jeunes prêtres trouvent un moyen facile de suppléer h leur inexpérience.

« C est là que les idées et les méthodes particulières sont examinées, jugées et condamnées , si elles ne sont pas en harmonie avec les décisions de l'Eglise. C'est là enfin que se resserrent les liens de cette union dans le clergé, qui fdit sa force et son bonheur; il suffit de se voir et de s'entendre pour dissiper les préventions, rapprocher les cœurs et substituer è l'arbitraire l'uniformité des règles canoniques. Combien d'excellents. prêtres n'ont besoin que d'être mieux connus de leurs frères pour en être chéris et estimés autant qu'ils le méritent» Grèce au bon esprit qui vous anime , Messieurs, nous obtiendrons de vos conférences 4;es résultats si désirables. Vouscon* serverez surtout avec soin Cunion deTesprit dans le lien de la paix. { Ephes. iv, 3.) Les plus distingués parleurs talents ou par leur position seront les premiers à se faire tout à tous. (ICor. IX, 22.) Les anciens seront vénérés comme des matlres et des pères; ils donneront de leur côté aux plus jeunes des témoignages de leur intérêt et de leur affection. Chacun recevra avec empressement la lâche qui lui adviendra, et il la remplira avec une noble émulation. En un mot, vous n'oublierezjamais que l'affabilité, la douceur et les égards réciproques doiveutdistinguer les enl'ants des Mansuy, des Gauzelin, des Gérard et des Léon, ces preauers apôtres de la paix et de l'union dans ers contrées : Filii sapientiœ, ecclesia juslorum, et natio t7/orum obedientia et dilectio.ii{Eccli, m, 1.)

Les soins et les embarras d'une administration difficile n'empêchaient pas le prélat de parullre souvent dans la chaire évangélique; ^lendant le Carême de 1837, on le vit en même temps prêcher la staiio*n à la ca«tbédrale de Nancy et à Lunéville Partout où il y avait du bien à faire, ou était sûr de le trouver.

Son zèle ne se laissait pas circonscrire dans les limites d'un diocèse. On remarquait alors, dans celui de Strasbourg, une réunion de jeunes prêtres qui promettaient à la cause catholique de précieux apfiuis. Entrés dans

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le sacerdoce après avoir suivi avec éclat d*aulres crriôrea, ils étaient quelque peu étranger5 alors aux formules d'une théologie risourtfuse, auxquelles leur éducation pre* iDière ne les avait pas plies; mais leurs ta« lents éminents et la ferveur de leur zèle compensaient facilement ce qui leur manquait sous ce rapport. Toutefois des nuages s'étaient élevés entre eux et Tatitorilé diocésaine; le désaccord prenait chaque jour un caractère plus grave et plus inquiétant. Ifgr Donnet se transporte à Strasbourg; il intervient auprès de l'évèque; grâce à son esprit conciliateur, les difficultés sont aplanies* et il s'en retourne comblé des bénédictions des Catholiques qui connaissent les talents de MM. de Bonnechose, llalisbonne, Hautain, Gu$chler,Lcvel, Karl. On lisait dans l'Univers du 22 décembre 1836 : « La nomination de Mgr Donnot à l'archevAché de Bordeaux est certaine. L*offre de ce siège lui aurait é(é faite dès le mois d'octobre ; mais les résistances qu'il opposa furent telles que le pouvoir hésita h le presser. Le prélat loi-méme croyait qu'on ne songeait plus à lui 9 lorsau'au commencement de ce mois de nouvelles instances lui furent faites, lesquelles ont dû déterminer son acceptation.» « C'en est fait,» disait la Gazette de Metz du 17 juin 1837, « aucune illusion d'espérance n'est plus permise. L'heure des aiiieux est arrivée, et nous touchons è une séparation douloureuse. Mgr Donnetva délaisser la terre de Lorraine et «'asseoir sur la chaire vénérée des d'Aviau et des Cheverus.Un Mandement, où se produisent tous les sentiments de l'excellent Pontife, vient d*ètre envoyé aux lidè-

les du diocèse de Nancy » Mais laissons

encore parler le noble prélat ; nous ne saurions mieux le faire connaître; voici les premières pages do ce Mandement : « Lorsqu'à une époque encore si rapprochée nous vous adressions pour la première fois la parole, nous étions loin, N. T. CF., de prévoir les circonstances nouvelles qui allaient bientôt nous éloigner et nous forcer à vous dire un pénible adieu. Nous devons avant tout, pour soulager notre cœur, vous déclarer avec abandon que notre vœu le plus ardent était de rester avec vous pour continuer la mission tonte de paix dont nous avions été chargé. Oui, N. T. C. F., pressé par la charité de Jésus-Christ, et encouragé dans notre zèle par lo bien que nous avait dit de vous votre digne pontife, lorsqu'il nous envoya comme un auiro lui-môme au milieu de ses enfants, nous savions vous aimer avant qu*il nous eût été donné de vous connaître, et nous ne croyons pas trop présumer en pensant que vous nous avez payé d'un iuste retour.

«GrAce a celte alTeotion, h cette cotifiance mutuelles, 4|ui sont pour notre ministère la condition première du succès, nous avons pu réaliser parmi vous quelque bien, cicatriser quelques blessures, verser le baume consoleteur de la religion dans des cœurs aigris, à la vérité, par le malheur des circoustancos, mais toujours disposés à croire»

DlGTlOH». DM CaRTOHAUX.

à espérer, è aimer. Aussi, en parcourant vos villes et vos campagnes, combien n*avonsnous pas été touché du concert unanime de votre pieuse allégresse 1... Pourrions-nous jamais oublier ces signes éclatants de respect et de piété Ttlinle, ces acclamations si vives, et, pour tout dire enfin, cette ivresse religieuse digne des beaux jours de l'Eglise ? Ce ravissant souvenir, toujours présent h notro esprit, se mêlera désormais à nos actions de grâces, et nous fera répéter avec le grand Apôtre : Béni soit le Dieu qui nous a comblé en notre Sauveur de toutes sortes de bénédic" tions'pour le ciel l (Ephes. i, 3.)

c Oui, nos très cners frères, laissez-nous acquitter cette dette de notre cœur, nonseulement en présence de Dieu qui vous connaît, mais aussi pour Tédificàtion de ceux qui ne vous connaissent pas; Ihs touchantes manifestations de votre dévoue^ ment, de votre zèle à seconder nos efforts, l'attachement dont vous nous avez donné des marques si nombreuses, sans que nous ayons fait fléchir à voire égar«i les règles de la sévérité évangolique, los aumônes dont vous nous avez fait dépositaire en faveur de tant d'établissements précieux , les preuves non équivoques de bon vouloir et d'estime que nous avons reçues, il y a si peu de temps, des notabilités de la province, tout enfin nous porte à croire que nous aurions pu continuer à faire un peu de bien, et par Ih môme nous trouver heureux au milieu de vous.

« Et maintenant que nous avons rendu ce solennel témoignage à voire piété, que nous vous avons associés h nos pensées les plus intimes, nul de vous ne pourra croire que nous ayons pris de nous-niAine la résolution de vous quitter. Ali I s*i( on était ainsi, l'amertume que nous cause cette prochaine séparation nous forait expier douloureusement une démarche inspirée par des vues trop humaines. Comment, en eO'ot, nos très-chers frères, nous eût-il été possible d'abandonner l'œuvre de pacification , si heureusement commencée, au moment d'en recueiUir les fruits précieux? Comment aurions-nous pu, dans la crainte de quelques difiicultés passagères, exposer ce beau diocèse aux incertitudes de Tavenir? Non, vous nous connaissez trop bien pour admettre une supposition si injurieuse à notre caractère. Mais la Providence a ses desseins; elle suscite des événements qui sont audessus de nos prévisions, comme ils sont indépendants de notre volonté. Dans le champ de l'Eglise, ce n'est pas toujours celui qui a semé qui moissonne, dit le Sauveur, et c*est par l'effet de l'une de ces dispositions particulières, que nous allons nous-<nôme recueillir, dans un autre diocèse, une ample moisson de fui, de piété eC de bonnes œuvres, préparée par les travaux et les vertus de deux illustres pontifes qui ont occupé successivement le sié^ede Bordeaux. » Installé, lo 2 juillet 18^, sur son nouveau siège, Monseigneur, qui a sitôt acquis une expérience consommée des

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hommes et des choses, qui réaiiil en lui la maturité do la vieillesse h toute l'actirité d'une jeunesse encore florissante, donne ses premiers soins h son clergé , organise des conférences , en règle la marche, imprime un nouvel élan h I œuvre des retraites en faveur des vétérans du sacerdoce, publie des Mandements sur des points de doctrine et de discipline. Il embrasse des détails infinis, qui tous se rattachent h un système fiu*on peut résumer en deux mots: réveiller I esprit catholique, et, par Tesprit catholique, régénérer la société. £couiez Mgr Bonnet exposant , dans sa première Lettre pastorale aux fidèlns de Bordeaux, l'idée qu'il s'est faite de Tesprit épiscopal : «Un cœur d'évêque n'est-il pas un cœur de charité? Et l'évèque de nos âmes, le divin Rédempteur, n'était-il pas l'amour éternel habitant Îaimi les hommes; et , comme le dit saint eau, n'avons-nous pas tout reçu de sa plénitude? (Joan. I, 16.) La mission qu'il nous 0 donnée dans la personne de ses premiers apôtres n'est-elle pas une mission toute d'amour? N'est-ce pas au nom de l'amour qu'il leur recommande l'observation de ses préceptes ? 5i vou# m'atmez, leur dit-il, gardejr fuei commandements. (Joan. iiv, 15.) £t quels commandements ? Le commandemeni

!me je vous donne est de vous aimer les uns es autres comme je vous ai aimés. (Joan. xiii, 3k.) Aussi le disciple de Jésus, celui qui , la veille de sa mort, avait reposé sur son cœur, et qui depuis gouverna si longtemps l'église d'Ephèse, n'avait plus, sur la On de ses jours, d*aulie parole à faire entendre à l'heureuse famille uont il était le père, que celle-ci : Mes enfants^ aimez^vous les uns les autres. Et nous aussi, nos bien-aimés, nous vous la répéterons sous toutes les formes cette parole , et nous désirons vivement vous en faire sentir les consolants effets dans tout le cours de notre ministère. Votre évêquo se doit tout è tous; il tâchera de se faire tout è tous. » Bans la même Lettre

r pastorale, il apprécie en ces termes son ilustro prédécesseur : «Ce qui formait le trait principal du caractère de Mgr de Choverus, c'était une douceur inaltérable, une patience à toute épreuve , ou , pour mieux rendre notre pensée, c'était la modération, cette vertu tout évangélique, empruntée

gar la sagesse humaine à la morale du Bieuauveur; la modération , si compatible avec l'énergie, et par laquelle il savait, chose difflcile, gouverner en conciliant, et garder la mesure jusque dans le bien. » Ecoulez encore l'archevêque de Bordeaux annonçant la visite de son diocèse. «Nous irons vers vous, N. T. C. F., avec toute l'activité du zèle dont nous sommes animé pour votre sanctification. Mais nous n'oublierons pas q[ue la prudence, la mansuétude et la chanté doivent être nos compagnes inséparables. Noua nous rappellerons qu'il est des obstacles et des difBcultés dont la douceur et la patience peuvent seuls triompher, des maux et des plaies qui ne peuvent se guérir uu se cicatriser qu'tveclle temps; nous

nous dirons k nons-mème qu'tnpelé k cueillir l'héritage d'un demi-siMe de préventions contre TE^lise, d'égarements et d'erreurs, il ne faut ni nous étonner ni nous plaindre de la pesanteur du fardeau qu'il a plu au Seigneur de nous imposer, mais plutôt le porter avec cour/ige et sans murmure, après ravoir accepté en esprit de résignation è sa volonté sainte.

« Nous souhaitons être connu de toutes nos brebis, leur faire entendre notre voix, et, s'il est possible, les appeler chacune par leur nom; rechercher celles qui sont perdues, relever celles qui sont tombées, guérir celles qui sont blessées , encourager celles qui sont faibles , sauver tout le trou-

[>eau et le faire reposer sans crainte dans 'abondance de toutes sortes de biens.

c N'évitez pas notre rencontre, ne fuyex pas notre présence , vous qui ne partagez pas nos convictions religieuses. Tout en vous appelant nos frères séparés, vous n'en êtes pas moins nos frères bien-aimés. Ne craignez ni de nous aborder, ni de chercher auprès de nous des consolations dans le malheur, des éclaircissements dans le dpute, des soulagements dans l'infortune. Nous aurons toujours pour vous des entrailles de père; nos bras seront toujours ouverts pour vous recevoir. Vous n'avez jamais refusé à nos saints prédécesseurs le tribut de vos égards, de voire respect, de votre affection ; sojez-en mille fois bénis 1 »

Voulez-vous savoir comment l'archevèciue de Bordeaux se repose des longues visitas qu'il entreprend, chaque année, dans quelques parties de son vaste diocèse? Un homme du monde va vous l'apprendre : « Avant eu la curiosité d'épier toutes ses démarclies, j'arrivai, »dit-il,« à sept heures du matin è la porte de l'archevêché; mais Monseigneur en était déjh sorti ; il fallut aller le rejoindre è l'hôpital Saint-Andréy où il célébrait la Messe , adressant aux convalescents et à ceux des malades qui avaient pu se rendre à la chapelle une touchante allocution, distribuante quatre-vingts d'entre eux la sainte communion, donnant & cinquante le sacrement de la confirmation; puis, se rendant auprès des malades qui n'avaient pu quitter leurs lits, il parcourait onze salles, annonçait dans dans chacune la divine parole et administrait la confirmation aux malades qui s'y étaient préparés. J'étais profondément ému de ce spectacle qui, me dît-on» était pourtant une chose tout ordinaire, puisque cette visite k l'hôpital r-evient presque tous les mois. Cependant le prélat, au lieu de reprendre la route de son palais, comme on eût dû s'y attendre après une visite aussi fatigante, se transporte suecessi* veraent è l'hospice des vieillards, au dépôt de mendicité et k l'hôpital militaire; jp m'y rends à sa suite, et dans chacun de ces asiles da malheur ou de la souffrance, je vois se renouveler h peu |)rès tout ce qui s'était passé à l'hôpital Saint-André ; je aois ajouter qu% partout l'arrivée du prélat dilate les cœurs, at fait épanouir lea physionomias

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DES CAUDINAUX.

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GOQlractées par .a souffrance et le chagrin. Eofin, déùs les allocutions qu'il prononça, non-seulement dans chaque établissement, mais dans chacune des salles qu'il parcourut» Mgr eol le talent de traiter les mêmes sujets sans se répéter, d'énoncer les mômes pensées en les revêtant d'expressions toujours variées, toujours appropriées à Tâge, à la position, aux besoins de son auditoire. Simple témoin des travaux du prélat, je succombais h la fatigue et j'espérais que sa journée et la mienne se termineraient à la visite de l'hApital militaire; mon illusion était grande. Monseigneur se rendit encore dans une institution déjeunes personnes où, sans paraître se ressentir de ses accablants travaux, il trouva dans son esprit et dans son cœur tout ce que la piété peut avoir de plus aimable et de plus onctueux. Enfin, Sa Grandeur, rencontrant sur sa route une maison religieuse, y entra et termina sans doutn par celte visite une journée qui était une mission tout entière. Pour moi, ne pouvant être admis dans la communauté (|ue visitait le prélat, je mè relirai tout aussitôt, aimant mieux, je l'avoue, supposer les travaux de l'archevêque terminés que d*avoir à le suivre peut-être dans de nouvelles excursions, pour lesquelles il ne me restait plus ni force ni courage. »

Nous ne nous lassons point de citer celte parole qui découle toujours simple et naturelle, pleine de noblesse, d'onction et de dignité. C'était en 1838. Dans une Lettre pastorale, après avoir rappelé en quoi consiste la mission d'un évêque, le prélat ajoute :

« Mais nous ne saurions opérer Tœuvre attachée aux fonctions de ce divin sacerdoce, si aux leçons de la morale n'étaient joints les enseignements de la foi, et, au besoin, la défense de nos dogn^es consolateurs. Pattre le troupeau de Jésus-Christ, veiller à ce qu'il ne se désaltère qu'à des sources pures, lui procurer de salutaires pAturages, soustraire les brebis et les agneaux aux dangers de la contagion, voilà le grand devoir de la charge pastorale. Vous nous laisserez donc, N. T. C. F., vous prémunir aujourd'hui contre les dangers toujours plus imminents, du déplorable indifférenlisme qui, sous les dehors trompeurs de religiosité^ comme on l'appelle, ne tend à rien moins qu'à anéantir toute doctrine et toute morale. Rendez-vous attentifs à ce qui se passe autour de vous, et vous ne tarderez pas à reconnaître que, sous les apparences de la paix, l'Eglise soutient encore les combats de la foi. Le glaive du persécuteur n*est plus levé sur la tête du croyant; nos temples et nos autels n'ont plus à craindre les coups du marteau sacrilège : dans le camp ennemi ne retentissent plus des cris de fureur et de mort : car lassé de combattre l'invincible foi , convaincu après tant d'essais que la religion trouve son triomphe dans tout ce que 1 homme s'était imaginé devoir être son tombeau, l'orgueil humain a rejeté les armes de la colère. Dès cet instant, la société s'est montrée avec des formes religieuses, et Ton a vu tomber de-

^ vaut la pudeur et .e bon sens public !es indécentes attaques et les sacrilèges clameurii do 4*impiété, qui succombe enfin sous le poids des crimes qu*elle a enfantés. On a reconnu la nécessité d*une croyance religieuse comme fondement de la conduite et des mœurs; la science et les arts ont demandé à la foi ses sublimes inspirations, el la foule, se montrant avide de vérité, 8*est pressée nombreuse autour des chaires évangéliques. Ainsi la divine Providence, qui toujours laissée l'homme sa liberté jusqu'à • l'abus, sait-elle cependant le ramener, comme malgré lui, à proclamer l'invincible besoin et d«) religion et de foi.

«Quel cœur religieux n'a d*abord tressailli à la vue de ces triomphes nouveaux de 1^glise et à la pensée de ceux qu'un avenir pitis prospère semblait lui promettre encore? Et cependant, N. T. C. F., ne serait-il point vrai ae dire que saint Ambroise aurait exprimé notre passé et notre présent avec une trop désolante vérité quand il s'écriait : « 11 « est bien étrange que la paix dont jouit « présentement l'Eglise n*ait servi qu'à cor^

< rompre et à pervertir les cœurs. Au mi- ' « lieu des dangers de la persécution, nous

< étions ardents et généreux, et, maintenant « que le christianisme respire, nous lan- « guissons; nous n'avons plus à comtmttre « Que nous-mêmes, et nous succombons. .

« C'est Toisiveté qui nous affaiblit, c'est la « prospérité qui nous perd, c'est le plaisir « quf nous enchante I » Oui, N. T .G. F., gardons-nous de nous livrer sans réserve aux illusions de l'espérance et de la joie. On

f proclame, il est vrai, les bienfaits du catho- ' icisme, mais on a peur de son influence; la besoin de son assistance se fait universelle- . m'^nt sentir* mais on ne veut ni ses prati- ' ques ni sa doctrine. A quelquns-unes de nos solennités, la foule remplit nos temples et applaudit à nos paroles; mais le banqael divin est abandonné, et les tribunaux de la réconciliation délaissés; mais le jour consacré au Seigneur est publiquement profané, ' et l'autorité des lois ecclésiastiques presque universellement méconnue. Ehl qui ne le voit? Comment se dissimuler l'étendue de ce mal qui, sous les dehors séduisants d'une religiosité stérile, de vagues et insaisissables systèmes, impuissants à se formuler en croyances et en préceptes, ronge le cœur même de la société?

« Quelle est donc cette puissance cacbéOt que tant de désastres nous montrent si habile à séduire les intelligences, et destinée peut-être à nous rendre témoins de l'aocomplissement de cette prophétique me* nace : La plus wnèrt de mes douleurs est au sein de la pator. [Isa. xxxviii, 17.)

« Deux puissances, la foi et la raison, ae disputeiit le domaine des intelligences. Peu d'hommes se rendent témoignage de ces combats, et cependant tous y prennent part» alors même qu'ils n'ont point la conscience claire du but vers lequel ils sont entraînés, et des moyens qui peuvent assurer le triomphe. Des résultats de celte lutte dépendra-*

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venir, non d*one cité et nième (1*ud peuple, mais de peuples nombreux.

^ « La raison de l'homme, demeurant toujours unie à {'(éternelle raison, devait ôtre tout ft la fois et sa lumière et sa force; mais ce don précieux de la libéralité divine , rhomme l'a profané, et il en corromplchaque jour la sublime institution. Devenue fausse sagesse sous l'empire de l'orgueil, elle prétend découvrir les choses de Dieu sans la lumière de JDieu. Flambeau h demi éteint, elle séduit par quelques lueurs incertaines, et n'éclaire que pour égarer. Puissance dégradée, elle n'agit que pour détruire ; aussi les infortunés qui osent lui conQer exclusivement le sceptre de la science, jouets de l'esprit de ténèoreSy n'ont plus pour croyance que des opinions, et pour morale, des désirs que rien ne peut satisfaire. — Ce n'est olus par de légères attaques qu'elle cherche h arrêter la marche de l'Eglise : elle a son symbole avoué, elle le proclame sufTisant

Cour nous diriger dans la course rapide du erceau h la tombe; elle procède avec une apparence de bonne foi si grande, que certains hommes d'une intelligence même éminente et d'une probité incontestable, croyant rester dans le vrai, sont entraînés dans les erreurs les plus déplorables.

« Cenendant, tout en proclamant leur indépenaance de toute autre autorité que la sienne, ils consentiraient è proposer à la foi de s'unir à eux pour l'œuvre d une régénération sociale, mais à quelles conditions? Ils célébreront la gloire et la beauté de notre morale, et les inépuisables etfusions de la charité, si nous consentons à simpliQer, h humaniser la religion, et h la dépouiller de ce (]u'elle a de merveilleux et de terrible. Hideux mélange de vérité et d'erreur, (Je vertu et de vice, df^ lumière et de ténèbres , de force et de faiblesse, qui retiendrait le nom de religion et en prendrait la place, pour conduire les hommes au bien sans alarmer leurs passions et sans troubler leurs plaisirs; qui servirait de frein è la licence et au crime sans l'appareil des supplices que Dieu réserve aux méchants, et qui aurait enfin la vertu de nous rendre meilleurs sans recourir à aucune assistance surnaturelle, et sans le secours de la grÂce, de la prière et des sacrements I

9 Que les inventeurs de religions changent leurs croyances, qu'ils y ajoutent ou retranchent au gré de leurs caprices, il doit en être ainsi; mais l'œuvre du Dieu vivant partage son immutabilité. Or le Dieu vivant était hier ce qu'il est aujourd'hui, ce qu'il sera demain et dans tous les siècles.

« Aussi, N. T. C. F. , n'avons-nous pas de nouvelle doctrine à vous prêcher, et l'Eglise veut qu'aujourd'hui, comme k son berceau, nous vous apprenions è garder toutes les vérités dont Jésus-Christ daigna instruire les apôtres, chargés d*en perpétuer l'enseignement. Fermez donc l'oreille h tout accommodement de doctrine; et, si vous entendez dire que les enseignements de la foi catholique ont tieillii et que do

nouveaux besoins demandent de Douvelles croyances, ne vous laissez point alarmer ni séduire. Au temps de saint Augustin*!! était aussi des hommes qui disaient : Le chritlianisme passe ; et le savant apologiste du cliristianisme, qui avait foi h la parole du Mettre, leur répondait : C'est vous qui pas^ se». Quatorze siècles se sont écoulés depuis la réponse du grand docteur, et l'Eglise demeure.

« Les sectes vieillissent, parce qu'il est de leur destinée de mourir; mais l'Église de Jésus-Christ ne vieillit point, parce qu'elle doit toujours vivre. Divine dans son chef, divine dans sa hiérarchie, divine dans sou Çouvurnement et dans ses lois, la société des ùdèles ni se trouble, ni ne s'altère, ni ne se décompose comme les sociétés humaines, qui portent dans leur sein toutes les passions, et avec elles le germe fatal d'une dissolution plus ou moins prochaine. Autour d'elle tout change : de nouvelles opinions produites par de nouveaux systèmes, de nouvelles habitudes enfantées par de nouveaux besoins , concourent à rendre insaisissables la face des choses humaines. Une erreur nouvelle chasse une erreur plus ancienne, ou se grandit des ruines iju elle a créées; rnais l'Eglise, toujours sainte, toujours visible, toujours infaillible, offre coustammint au monde la grande et sublime image de son unité et de l'invariabilité de son enseignement. Tout périt autour de nous, en* giouti dans les eaux d'une mer touiours agitée; une barque seule, celle de Pierre, si frêle en apparence, poursuit sa course, assurée qu'elle est d'arriver au port. — L'erreur peut obtenir des triomphes passagers, mais elle ne saurait dominer le monde; sa gloire s'en va comme les passions et les illusions qui la produisent. « Si quelqu'un,» dit saint Jean Chrysostome, « ose attaquer « l'Eglise, il tombera à ses pieds, épuisé et « sans force : c'est comme s'il déclarait la « guerre au ciel même. Si vous combattez « contre un homme, vous serez vaincu ou « vainqueur; mais si vous combattez contre « l'Eglise, il u'v pas d'alternative, vous se- « rez vaincu. L Eglise est plus forte que la « terre entière; que dis-je?elle'est plus forte « que le ciel même. Le ciel et la terre pas^ « seront^ mais mes paroles ne passeront point. « [Matth. xxiv, 35.) Or, c'est cette parole qui « est le garant de sa perpétuelle durée. » — Ne vous laissez donc pas aller à ce vent des opinions qui ne respecte aucune base assise, aucun principe admis. Le principe, le fondement a été posé ; personne ne peut en poser d'autre ; et ce fondement, c'est Jesus'Christ. (/ Cor. m, 11.) Elevons sur ce divin fondement l'éditice du temps et de l'éternité. Restons là attachés comme le cep de la vigne l'est à la racine ; car dans cette union seule est l'espoir du salut. Usez des biens de ce monde comme n'en usant pas : qu'ils n'absorbent point toutes les puissances de votre Ame; des biens plus riches et plus durables nous attendent au terme du pèlerinage. Quoi qu'il en coûte» il faut les

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d£S CAIDINAIIX.

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aeqoérir. Q'uo servirait k rbomme de gagner l'uDÎfers s'il yient à perdre son Ame 7

4 Ce n*est pas, N. T. G. F.» que nous condamnions les efforts si utilement tentés

Kur la prospérité de votre commerce et ccroisseroent de votre industrie ; ces avantages sont à nos yeux comme la continuation de l'o&uvre de Dieu dont Ja puissance égale la bonté, et qui n*a qu*à ouvrir la main pour remplir toute créature de bénédic'^ iiont. {P$al. ciLiv, 16.) Ce serait une méprise étrange de penser crue la religion doit nécessairement, parce qu elle fiSt chère aux Ames pieuses, être hostile h la liberté des peuples, indifférente à la prospérité publique. » Le second Mandement , celui de 1889, a pour sujet la sanctification du dimanche. Après un tableau des profanations de tout genre dont est Tobjet le jour du Seigneur, le prélat continue: « Ne pas ressentir la plus profondt» douleur à la vue d*un tel outrage fait an Créateur de Puni vers, au Maître ne la nature, au Sauveur de nos Ames, c'est avoir abjuré tout sentiment des devoirs qu'impose è I homme la souveraineté, la majesté de Dieu, mais c'est aussi, par un aveuglement inexplicable, vouloir répudier toute action de la religion sur les mœurs, sur la civilisation, sur la prospérité de l'Etat et des familles. Car, il faut bien s'en convaincre, de l'observation du dimanche dépendent l'influence et l'existence même de la religion tout entière.... Quand le dimanche est ndèlement observé sur la surface d'un vaste

£ays, tout s'ébranle è la fois au souvenir du ^ieu du ciel et de la terre ; aux champs, commn dans la cité, le vieillard et l'enfant, le serviteur et le mattre, tous se rendent au lieu de l'assemblée religieuse, {^h, les familles se rapprochent ; sous les yeux du Seigneur, devant la croix du Dieu d'amour, les haines s'apaisent, les liens de la charité se resserrent, les passions se calment par la prière; dans le commun concert des louanges divines, une divine influence est répandue en commun dans les cœurs ; les mœurs ainsi s'épurent et s'adoucissent, les caractères s'humanisent, les arts mêmes et les courages s'inspirent au génie de la foi; et le jour consacré aux exercices publics de la religion est de tous le plus précieux, nonseulement pour la famille, mais encore pour la patrie.

^ « C'est \h véritablement l'histoire des sociétés modernes civilisées par le christianisme, et c'est l'œuvre de l'institution du dimanche. Retranchez le dimanche, l'action du christianisme eût été nulle; ce qui fait dire k un homme d'Ëtat bien connu nue, si l'observation du dimanche n'était que d'institution humaine, il faudrait la regarder comme la meilleure méthode qu'on eût pu inventer pour civiliser les hommes.

< La religion, ne nous y trompons pas, ne vit pour les masses aue par le culte publiquement et solennellement professé ; or le culte, c'est surtout, c'est prmcipalement la sanctiricatlon du dimanche En vain parlerait-on de religion, de morale; en vain

sopposerait-on que l'homme peut être fidèle au devoir A la probité, A la vertu, sans au' cun lien de discipline et de culte religieux, sans l'observation du jour consacré. Abus coupable de mots, déception funeste ot grossière. Voyez et jugez. C'est que l'homme se doit tout entier au Seigneur, et qup, si le culte acquitte une impérissable dette, le culte aussi alimente, viviOe la morale et les vertus qui, sans son appui, meurent bientôt, »

La Lettre pastorale publiée A l'occasion du Carôme de 1840, établit l'institution divine de la confession : « ..•• Il ne faut pas, » s'écrie Tarchevèqun, <aue le siècle l'oublie; la vie de la société découle de la mémo source que la vie de l'homme considéré isolément... VoilA pourquoi la confession, en rendant h l'homme sa vie morale, travaille A la régénération et au bonheurde l'humanité. Cherchez la cause des injustices, des rapinest des usures, des calomnies, des veangeance?* des meurtres, des parricides, des empoisonnements, des suicides et de tous les forfaits dont le récit vient chaque matin alimenter la curiosité publique; demandez pourquoi tant de larmes dans les yeux des pauvres mères, tant de cuisantes douleurs, tant de

mécomptes dans les cœurs dos pères Si

on ne vous répond pas, nous vous dirons: On ne va plus au prêtre, auquel a été con« fiée la grande mission d'arrêter le crime et de l'étouffer jusque dans la pensée qui pourrait le produire. La philosophie n'a-l-elio pas rendu plus d'une fois témoignage A l'efli* cacité de la confession pour conserver aux lois toute leur action, A la société l'ordre et la paix? «c Qned'œuvros de miséricorde sont « l'ouvrage de l'Evangilel» disait le philosophe de Genève; « que de restitutions et de réfia* « rations la confession no fait-elle pas faire « chez lesCatholiqucsI »L'autourde^//t5loj• f e philosophique et politique dans les deux Indes n'a pu refuser des éloges A la confession. Il prouve que la pratique de la confession dans le Paraguay tenait lieu des lois pénales et veillait à la pureté dos mœurs. Voltaire a dit: « Il n'y a pas d'établissement « plus sage que la confession. S'il y a quel- « que chose oui console les hommes sur la « terre c'est de pouvoir ôlre réconciliés avec 9 eux-mêmes. La confession est une insti- « tution divine^ qui n'a eu do commence» « ment que dans la miséricorde infinie de « son auteur. Et les ennemis de TEgliso ro- « maine, qui se sont élevés contre une ins- « titution si salutaire, semblent avoir ôté < aux hommes le plus grand frein qu'on pût « mettre A leurs crimes. » Lcibnitz écrivait ces remarquables' paroles : « On ne peut nier « oue toute cette institution ne soit l'œuvro « de la sagesse de Dieu, et assurément il n'y « a rien de plus digne d'éloges dans tout le « christianisme. Je regarde un confesseur « pieux, grave et prudent, comme un très- • « grand instrument de Dieu pour le salut des « Ames ; et, si l'on peut A peine trouver sur « la terre un ami fidèle, que sera-ce d'en « trouver un qui est obligé, par la religion « d'un sentent di viO| A garder lafoi et A secou-

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« rir los âmes? La confession rend la paix, « l'honneur, la lumière et la liberté morale. »

Ce zèle, si noblement esprimé dans ses écrits, le prélat le manifestait pas des actes. A peine installé dans sa ville métropolitaine* il se préfiare è aller vibiter ses Odeles. Il le leur annonce en ces termes dans une Lettre :)astorale : « En arrivant au milieu de vous, M. T. C. F., nous vous exprimAmes le désir ardent dont nous brûlions déjà de vous voir el de vous connaître tous. Ce désir de notre tendresse paternelle pour des enfants que nous apprenons choque jour è chérir davantage ne nous permet pas de plus longs délais. Il ne suflirnit pus de méditer, dans le silence de la prière, des projets utiles au bion de vos Ames; nous voulons aller examiner, de près et en détail, la nature et Tétendue de vos besoins spirituels, vous confirmer dans la foi dont vous avez le bonheur tl*étru les disciples, extirper les erreurs qui auraient pu altérer parmi vous la pureté de la doctrine, entreprendre la réforme des mœurs, réprimer les scandales, vous prêcher la paix, vous porter le bonheur.

« Tels sont nos sentiments et nos intentions, N T. C. F. Ne pouvons-nous pas dès lors vous tenir le même langage que Samuel aux enfants d*lsraë}, quand , le voyant se présenter aux portes de Bethléem, ils lui demandèrent si son entrée dans leur ville était pacifique? C*e$t la paix que je vous apporte, répondit le prophète ; je me rends dans vos murs pour otTrir un sacrilîce au Seigneur, (f Jlf^. XVI, 4,5.) Nous aussi nous ferons dans vos paroisses une mirée pacifique; et notre marche» lorsque nous traverserons vos plaines ou que nous gravirons vos coteaux, sera celle d'un évangéliste qui annonce la paix... Qu'il nous sera doux de vous distribuer de nos propres mains, non la manne du déstri qui neprésertait pas delà mort {Joan. vi« 59) ceux auxquels elle servait de nourriture, mais le patn céiesie dont il est écrit que omic^nque mange rirro éiemeUement! (Ibid.) Que nous aimerons è être entouré de ros enfants^ |K>ur imprimer sur leurs fronts te caractère indélébile et sacré de la perfection du christianisme!... Bons liabitants des campagnes, qui formez une portion si nombreuse et si intéressante de notre truupeau, ne craignez pas que votre isolement et votre pauvreté nous empêchent jamais de vous visiter. Point de collines qui ne s'al>aissent, point de vallée.^ qui ne sa ci>mblont, lorsqu'il s'agira «l'aller vous |H>rter la l>éu«^Jiction, et répandre sur TOUS les grAces attachées à notre ministère... Il n'y aura ni privations,ni i^eines ni fatigues devant lesquelles nous reculions toutes les fois que, dans l'iniérét de vos âmes, il faudra traverser vos déserts et vos laiHJes |H>ur arriver jusqu'à vous. »

Ce n'étaient pa^ là de vaines paroles : daLS tout son a(XU»tolat, Mgr Donnât sera le zélateur des âm«s« le pète des i^uvres, le pro- ) l>agaieur des lumières, l'ami éclairé des d«rL%. le protecteur de rindustrte. En 1839, il 9%à\i encourage de st ^irosence les premiers iravMX du cbfimin de ter entre Bordeaux oi

la Teste, le 6 juillet 1841 il vient en consacrer l'ouverture :

« Deux ans se sont à peine écoulés, » s'écrie-t-il, « depuis le jour où fut posée,au milieu d'un immense concours, la première pierre de cette grande construction. Alors comme aujourd'hui de graves et douces pensées agitèrent notre Ame : alors le génie de l'homme promettait, aujourd'hui il donne; alors la religion bénissait les espérances, aujourd'hui c'est à une œuvre accomplie qu'elle vient imprimer le sceau d'une, salutaire consécration.... Ne pensons pas que nous devions au seul instinct de notre conservation, de notre bien-être, les merveilles tous les jours enfantées par le génie do l'homme ;au*dessus des intérêts du moment, il y a toujours une idée plus large, plus haute, è laquelle nous obéissons presque sans le savoir.

« Lorsque Dieu veut faire lever le soleil de sa miséricorde sur un peuple qui marche dans les ombres de la mort, il inspire h l'homme la découverte de la boussole : l'Océan est franchi, un nouveau monde sort du ^ Sein des Qots, et la religion afiporte avec ses autres bieufaits celui du la civilisation... Aujourd'hui les sociétés souffrent , elles s'appellent; on sent le besoin de resserrer les liens de la grande fraternité qui doit unir tous les peuples; les nations de la terre voudraient devenir une seule et grande famille... Il faut des cominuiiicatious plus nombreuses, plus rapides, et voilà que la vapeur, dernière limite entre l'être et la néant, devient entre les mains de l'homme lu moteur le plus puissant... Ce au'il y a eu jusqu'ici de plus inutile franchit les es^taces, rapproche les distances, dompte les éléments» brave les fiuts et les tempêtes; sur la terre, comme sur les mers, nous conduit, noua ramène avec la rapidité de la flèche, nous allious dire avec l'énergie de la pensée. ■

Le |>outiticat de àlgr Dounet a vu s'accomplir une autre entreprise dont la hardiesïe égale l'utilité ; nous voulons ^varltr du [M)nt sus^tendu de Cubzac. L'inauguratiou en fut, comme de coutume, présidée eu 18U) parle biau-aimé pontife.

« Béni soit,» s'écria-t-il, « béni soit le jour où fut conçue la pensée de cette œuvre si grande, si hardie, nous allions dire si iuipossible I... Bénissuieut les tiras el les cœurs qui ont su l'accomplir avec tant d'inti-liigeni*e, de promptitude et de tniulieur ! La reli;;iou n'est (tas rennemia da |»arei^s pn>gièa ; elle honore et bénit ceux qui les en* lanienr, ceux qui les pro^iageiit. È^leap^ilauuil à tout ce qui eor.tnbue au t>onhêur de >es entants; lu u les les iiiuslralions e-te Irs consacra: et de Uiéma qu*e<;e susi^eua aux vuûtes de ses temples les in»^ !*ees de ii«<s guerriers, jusie et solennel hvUKua^e rcudu au Dieu des tialâiiles, de ii.éme ei.e s assucie auxJoits« aux trans(*orts ue la cile reîoiinais*a:ite, (our eLluurer de sa |«-m|e cl Je StS vœux i^s iriumpLeS Ue Ccui qui soj^^^iident au lui lieu de-s air» Je harji» |.»as>a^ts, ou qui, à î'aide du | lus UiCrveîiieux moùuTt

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domptent les dent plus grands obslacles que rencontrent les .aesseins impali^nls de l*homme : la terre et Teau. » C'est encore Mgr Donnet qui» le 26 août 18^1, bénira en ces termes les travaux d'irrigation de ta compagnie d*Arcachon : « Le Dieu qui ouvre In main pour combler toute créature de te$ bénédictions [Psal, cxlit, 16) ; qui donne au jour son éclat, è lajnuitson repos; celui qui revêt le lis de la vallée de sa noble parure, Ait nattre et mArir les fruits de nos campagnes, qui répand avec amour sur la terre des floti de lait et de miel, et dispense sans mesure la moelle du froment et le sang de la vigne^ suivant l'eipressiori de nos prophètes; le Dieu qui, pour féconder nos champs, envoie la rosée du matin et la brise du soir, ce Dieu aime à voir sa vivante image, Phomme voyageur s'associer aux œuvres de sa providence, par les travaux courageux et persévérants <le l'industrie.

« De même que l'aigle, pour appeler ses petits à l'essai de leurs forces, vole devant eux, les provoque , puis les couvre de la protection de ses ailes, les prend et les soucient: ainsi le Père qui est aux cieux vous conduisit, Messieurs, dans ce désert et au milieu de ses plages stériles. En applaudissant è vos pensées généreuses , il encouragea vos efforts et vous convia à conquérir tous les trésors de la fécondité. Vous comprîtes les vues de son amour, et, vous armant d'une confiance et d'une constance presque surnaturelles, vous sûtes imposer è ces solitudes ingrates le droit de fertilité. Hais des eaux coulaient inutiles, et la terre en avait soif. La Providence divine vous provoquait è prendre et k diriger leurs cours, è leur creuser vous-mêmes un lit nouveau, b leur arracher le tribut de rafraîchissement et de vie qu'elles pouvaient donner.

« O Dieu bon, ami de tous les hommes, puisaue tous sont créés à votre image et rachetés au prix de votre sang, soyez béni.... A vous toute gloire, à vous tous les fruits de l'avenir!... Mais je n'oublie pas. Messieurs, et la Providence n'oubliera jamais votre Intelligente et courageuse coopération. Sovez donc bénie au nom du Seigneur, société paternelle du travail, seconde Providence de nos contrées ISoyez bénie, et prospérez.... Multipliez vos richesses avec vos bienfaits : nous le demandons ardemment à l'auteur de tous les biens. Notre pensée, notre cœur vous suivent avec amour, la re« ligion vous couvre de ses ailes, vous vamerex par son signe. Qu'une croix modeste, plantée dans ces Keux, annonce aux générations futures que vous n'avez pas travaillé en vain, et que le Seigneurabâti avec vous. Puisse le souverain Maître qui féconda les travaux des Benoit, des Bernard, des Bruno, desEmilion, des Gérard, ces hommes de Dieu civilisateurs avec une croix.... puissel-il féconder vos efforts!... Eux aussi creusèrent des canaux, assainirent des marais, défrichèrent des landes, jetèrent des ponts, bâtirent des villes 1... Echappés au monde lies cités et à la position oue vous avaient

faite vos noms et vos talents, vous êtes venus. Messieurs, demander è la solitude un peu derepos, ou mieux encore employer è d*uliles et modestes labeurs ce que la Providence vous avait donné d'intelligence, d'activité et de dévouement: soyez-en récompensésavecusurel

« J'aimerai è vous compter parmi les consolations de notre épiscopat ; donner du travail et de bons exemples à la classe laborieuse, c'est nous venir en aide dans l'une des attributions les plus touchantes de notre ministère; et si de longs jours sont réservés à nos travaux comme aux vôtres, nous redirons ensemble aux générations qui vont nattre, et qui fouleront aux pieds ce sol régénéré : Ces landes étaient stériles , ces terrés incultes, ce sol desséché , ce sablo brûlant. La main de l'homme^ passa laborieuse et dévouée... la bénédiction divine daigna descondre sur ces travaux ; ils prospérèrent, dépassèrent les espérances: c'est Dieu qui donna l'accroissement et le succès!... 11 donne, aussi avec les eaux fécondantes de la terre, les eaux salutaires qui seules jaillissent jusqu'à l'iUernello v.io. »

Quels sont les rapports entre la religion et la société 7 Ecoutez Mgr Donnet dans le Mandement adressé aux Qdèles pour le Carême de ISi^l :

« ... On nourrit contre la religion d'injustes défiances ; on ne peut se résoudre à dépouiller d'injustes préventions; le catholicisme, dit-on, a fn'ii son temps; il gêne la marche du siècle, il est hostile è toutes ses idées, è tous ses sentiments; opposé à tous les intérêts qui prévalent aujourd'hui dans les sociétés modernes... La religion et la société ont cessé de se comprendre et de marcher parallèlement.... Pourquoi ces reproches, N. T. C. F.? Ceux qui nous les adressent ne s'abusent- ils pas sur l'état véritable de la société, et comprennent-ils bien la mission du catholicisme? La société actuelle est dominée par une) capricieuse indépendance ; elle est dans une continuelle Quctuation d'idées et de sentiments; du soir au matin, elle élève, adore et brise ses idoles. Jamais les choses n'eurent plus d'instabilité ; les hommes n'ont aucun lien qui les unisse... Et ce sont de pareilles ton* dances que la religion doit favoriser 1 Bt vous voulez qu'elle marche avec une société qui ne sait plus è qui entendre 1... Laissez la religion dans son sanctuaire, le cœur ou^ vert, les bras tendus & celui qui veut ses doctrines, son amour et ses consolations. Et qu'on nous dise si la société a plus de chances de prospérité, plus d'avenir, depuis que, s'isolant de la foi, elle a remplacé lo culte de la vertu par celui de l'or et du plaisir, depuis qu'elle a transformé la maison de prière, le cloître du Bénédictin, ces sanctuaires de la véritable science, en vastes usines où elle a trouvé le moyen de décooH poser plus encore les Âmes que les corps, et où, dans les jours mêmes de nos granues solennités , elle travaille à augmenter sa richesse, au prix des sueurs de l'enfant et du pauvre... Oui, !a religion dit quelduefois

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anathème an siède, et c'est là sa gloirct son immortel honneur de ne pouYoirjamais sympathiser avec aucune espèce de désordre, elle dilanalhèroe à toutes les erreurs, parce que Terreur est l'ennemie de l'homme... Elle dit anathèmc h tous les fnux et mobiles systèmes du jour, anathème à rincrédulité du siècle, à son indiiïérence, à ses corruptions, à fa propagation de ses mauvais livres, è tous les principes démoralisateurs... La religion ne veut pasetnepeutpasvouloirralliancedererreur avec la vérité, du bien et du mal, de la lumière et des Ic^nèbrcs. Elle ne peut pas fa'ire asseoir sur un même trône Jésus-Christ et fiélial, asseoir le cîel avec Tenfer. Tel est le caractère de la religion; elle est une»

£arce qu'elle est vraie; cVst le sceau dont )ieu Ta marquée, et il n'est pns de main d*homme assez puissante pour retracer. — Et cette doctrine, exclusive parce qu'elle doit Tétre, est par cela même aussi éminemment progressive , puisqu'elle tend h développer tout l'homme ; et pourtant on a dit souvent, dans ce siècle, que la religion arrête le progrès de l'humanité, elle qui posa, comme loi constitutive de l'être inletligenl, un progrès continuel, qui n*8 d'autre limite que la perfection de Dieu mêmel... Loin de condamner les efforts tentés par l'homme pour asseoir utilement sa tente dans le passage de la vie, elle encourage ceux qui cherchent è diminuer le poi(!s âvs souffrances qui pèsent ici-bas sur la société. Tout ce qui élève l'âme et ennoblit le cœur, elle le sanctionne en le bénissant. La religion est intelligence et progrès, car elle est chargée de faire .prédominer l'esprit sur la matière. Comment alors s'offenserait-clle des travaux qui perfectionnent l'esprit humain ? C'est d'elle qu*est sortie la science; pourquoi voulez-vous qu'elle maudisse son enfant, cjuand celenfant n'insulte pas sa mère?... Ne dites plus : la religion se sépare de nous; mais dites plutôt que c'est vous qui vous êtes isolés delà religion. C'est vous qui repoussez ses salutaires doctrines, qui la poursuivez de vos injustes défiances; vous, qui tracez autour d'elle un cercle de fer que vous ne lui permettez pas de franchir. Vous lui avez dit : Tu ira$ juS" que-là^ et lu niras pas plus loin {Job x\xviii, 11); et elle vous attend sur le rivage do celte mer orageuse des pensées humaines, toujours pleine de charité, et les bras ouverts pour vous recevoir.

« El, pour vous sauver du naufrage, (\uq TOUS demande-l-elle? que vous la laissiez libre de vous préparer une génération amie des lois et de la jpaix , en donnant h l'enfance une éducation religieuse et morale, en apprenant aux hommes è chercher la lumière auprès de celui qui éclaire tout homme venant en ce monde. — Est-ce donc l'amour du progrès qui a créé ces entraves à la liberté d'enseignement? La religion, ainsi que la famille, la réclame comme un de ses firoits les plus sacrés. Et pourquoi, là où la liberté de conscience est de droit public, dire h un homme : Tu es libre, mais au nom do la loi, les enfants seront élevés par des

hommes qui peuvent être hostiles è tes croyances, ou bien ils seront è jamais déclarés incapable»? Que vous demande la religion pour rendre la société au bonheur et à la paix?<}ue vous la laissiez jeter des semences de vérité et de vertu dans le cœur des habitants de nos grandes cités ; que vous la laissiez, pour me servir de vos expressions, moraliser le peuple. Elle le peut, dites-vous; mais alors pourquoi, lorsqu'elle ouvre ses templos , garder ce peuple dans vos ateliers, le menaçant de lui faire perdre le |)ain qui nourrit le corps, s'il va réclamer dans nos églises le pain qui nourrit l'âme? Pourquoi lui refuser, pour le service de

Dieu, lesaintjourdu dimanche, etiui laisser, an protit des passions, le ruineux délassemeut du lundi?... Pourquoi souffrir qu'on jette à la multitude tant et de si criminelles productions de l'incrédulité et du liberti- ^nage, qui ébranlent la foi et détruisent les mœi{rs? Pourquoi souffrir qu'on étale aux yeux de tous les âgos ces gravures obscènes» véritable livre que le burin s'est chargé d'imprimer è l'usage de ceux qui ne savent pas lire? Pourquoi enfin la licence de vos théÂtres, où vous ne craignez pas, en demandant è l'histoire ses faits les plus hideux, de présenter, sans déguiser leurs noms ni leurs costumes, les ministres de votre religion sous les formes les plus capables de provoquer le mépris et l'indignation?

• Que vous demande-t^eile, la religion?

de la laisser civiliser, consoler le peupk de vos campagnes. Et vous criez à l'envahissement du clergé, h l'intolérance, lorsqu'il accomplit cette œuvre de régénération avec quelques succès capables d environner son ministère d'une considération qui vous effraye I Pourquoi répéter sans cesse que le prêtre troulîte les consciences , lorsqu'il apaise les dissensions et les haines, ou qu'il prend les intérêts de Li justice et des mœurs? Que vous demande encore la religion? que vous la laissiez vivifier et retremper la terre; car elle sent qu'elle porte avec elle les reuièd«.*s qui guérissent les nations, mais elle ne peut appliquer ces remèdes que par le sacerdoce : et alors pourquoi le laissez-vous tomber dans une déconsidération voisine du mépris? Pourquoi ces soupçons, pourquoi ces défiances? Ah! s'il a pu rêver quelquefois une position moins précaire, moins dépendante; s'il s'est surpris à désirer un peu do cette aisance h laquelle partici|H*nt quelques-unes des classes de la société; c'est qu'il <^n a besoin pour soulager le malheureux, et lui faire, par l'aumône, aimer une religion qui lui prêche tous ses devoirs. Vous irez jusqu'à reprocher au sacerdoce de chercher ses éléments de perpétuité dans l^s classes les moins f()rtunées; vous nous direz qu'il est étranger aux usages du monde, qui suppléent souvent à tant de choses, sans que rien puis^se tes suppléer; qu*i] se présente dans un état d'infériorité devant une société près de laquelle il est chargé d*un ministère d'enseignement, «c Vos reproches sont assurément mal fuQp

DES CARMNAUX.

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dés« eiagërés pour la plupart; mais sans, ▼ouloir les diseuler ici, nous nous contenterons de TOUS dire : Vous vous plaignez flo cierge que le temps vous a fait, et vous éloignez du sanctuaire tos enfants, et vous craindriez qu'une éducation trop chrétienne ne leur inspirât le goût d*un état qui n*a plus rien qui flatte vos folles ambitions 1 Offrez Tos enfants h Tautel, ou cessoz de vous plaindre. Laissez donc la religion, laissez-la passer au milieu des peuples ; comme son fondateur, elle passera en faisant le bien. (Àci.ti, 38.) Laissez-la surtout couvrir de sea ailes maternelles la génération naissante» doQce et chère espér<ince de la société ; elle lui gravera dans le cœur Tauii^uste image de Dieu, qui porte avec elle toutes les notions de l'ordre delà justice et du devoir; elle lui

tiarlera de ce témoin dont le regard perce es ténèbres les plus épaisses, de ce juge dont le bras atteint tôt ou tard le coupable; idées lalutaireSt qui ne s'effacent jamais entièrement : si elles n'enfantent pas des vertus pour tous les moments de la vie» du moins elles préparent des remords qui doitneroni leur fruit dam le temps. (Psal. i,d.) — Telle eslv nos très-chers frères» la tÂche immense et glorieuse de la religion ; H elle n'y a jamais failli» elle la poursuit avec la plus héroïque persévérance; aujourd'hui encore elle l'accomplit avec la mesure de liberté qu'on lui laisse; les mépris ou la haine ne lasseront pas sa patience.

« Privée des vastes établissements oili elle parlait autrefois en souveraine» vous ne la voyez plus que comme une espèce de hors*d'œuvre au milieu d'une société qui ne ▼eut pas la comprendre. Elle y est jetée comme une étrangère, sans amis, sans famille et presque sans asile» assistant avec une secrète douleur au mouvement rapide des intérêts du temps qui font oublier les intérêts de l'éternité. Eh bieni dit Bossuet» laissez-la passer son chemin; elle ne voyage pas sans but dans le monde; elle y est envoyée par un ordre suprême pour recueillir les enfants de Dieu» et rassembler ses élus dispersés aux quatre vents... et» en attendant qu'elle les présente h Dieu» maintenant qu'elle vovage avec eux et qu'elle les tient 80US son aile» n'esl-il pas juste qu'elle dirige leurs pas incertains et qu'elles les conduise dans leur pèlerinage?

« C'est une injustice inouïe de vouloir proGter des .dépouilles de celle Epouse du Koi des rois» à cause seulement qu'elle est étrangère et qu'elle n'est pas armée. Son Dieu prendra en main sa querelle, et sera un rude vengeur contre ceux qui oseront porler leurs sacrilèges mains sur l'arche de s^m alliance. Il y a un demi-siècle qu'eiistait une nation de trente millions d'hommes» la première de l'univers par son esprit et ses lumières; celle nation Qt divorce avec la religion; ce premier lien brisé» tous les autre» le furent bientôt » les hommes se vouèrent mutuellemtni à Texterminalion» et la France allait tomber dans le néant, lorsque iea princes mêmes du dé:iordro. saisis d'une

terreur soudaine et sentant quelle force ir« résistible les entraînait tous au tombeau* appelèrent è grands cris le Dieu c^i seul pouvait les ranimer.

« C'est qu'une société» N. T. C. 1^.» ne vil pas seulement de pain, de commerce, d'industrie, de science onde gloire; mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Matth. IV, W), c'est-è-dire de croyances et de mœurs; et ces croyances et ces mœurs» c'est la religion qui les donne. Fasse le ciel que toujours la société et la religion se comprennent» s'aiment et nous conduisent d'un mutuel accord» en éclairant nos pas et consolant notre pèlerinage, vers le terme de notre commune es()éranco, et gardons-nous de séparer jamais ce que Dieu a uni 1 »

Nous laissons toujours parler Mgr Donnet ; son langage noble et élevé le fait mieux connaître que ne pourraient faire toutes nos appréciations. Et n'allez pas croire que nous avons pris la peine de choisir «es citations que nous avons données. Lisez ses Œuvres, vous le trouverez partout égal à lui-même; c'est partout la même élévation, la même dignité. En septembre 1851, Mgr Donnet voulut prêter» à la fête do l'inauguration du comice agricole de Blaye, le concours de son ministère. Il s'exprmia en ces termes devant un auditoire immense :

« Le désir du bien-être» N. T. C. F.» a pénétré la société dans toutes ses parties» et il n'est aucune classe qui n'en soit travaillée profondément. Il entre pour beaucoup dans toutes nos agitations publiques. Favo* riser l'agriculture* lui conserver les bras do l'habitant des campagnes, la faire aimer, perfectionner ses méthodes, ouvrir à ses pro* duils de nombreux débouchés, serait un des moyens les plus sûrs de donner salis* faction ècet impérieux et universel besoin; car l'agriculture a toujours été la source des richesses nationales» une des bases de la civilisation. L'agriculture 1 A ce mot» que d'idées» que de souvenirs se présentent k la pensée I Soyez bénis. Messieurs du comice agricole de Blaye» de vos efforts, de vos sa* criQces en sa faveur» de votre présence en ces lieux. Pour moi, en assistant aujourd'hui à la fête touchante qui lui est consacrée, je veux lui porter, comme dimanche dernier, h Lesparre, une parole de sympathie et d'amour. Des voix plus éloquentes et non moins amies lui leront entendre <lans un instant les conseils de leur expérience» lui prodigueront des encouragements; quant à la religion, depuis dix-huit siècles» elle a fait ses preuves k cet égard. Comment dès lors ne pas s'étonner que l'influence du christianisme sur l'agriculture, et sur le bien-être du peuple en général, ait pu être méconnue par les économistes modernes? On oublie trop facilement que le monde n'était qu'une vaste et cruelle exploitation de l'homme par l'homme, lorsque commença, avec le règne de Jésus- Christ» cette grande révolution religieuse et sociale dont nous recueillons les fruits queluuefois » hélas 1 avec un ingrat dédain

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Ce nouvel ordre <ie choses eut son berceau dans l'atelier de Nazarelii. Les premiers ser^ ^ tatenrs furent de pauvres artisans. Durant les luttes sanglantes avec te paganisme, c'est è l'homme des champsque le pontife et le prêtre allaient demander un asile. Ils emportaient avec eux les vases et lesornementsdu sanctuaire, et leurtrouvaient un asiledans les catacombes, cité mystérieuse où s'organisa le christianisme que nous vous prêchons. Et, plus lard, n'est-ce pas lui qui, désarmant les Barbares du Nord, pénétra leurs Ames des sentiments de .générosité d'où sortirent la Irêve de Dieu, la chevalerie, la défense et Tamour de toutcequi,surlaterre,étaitfaibleouopî)rimé?

« Ceux d'entre vous qui ont étudié l'histoire de ce moyen âge }>i peu connu, si calomnié, ont été frappés du récit des glorieuses entreprises auxquelles nous devons plusieurs de nos principales cités, un grand nombre de nos bourgs, de nos villages, notre agriculture surtout qui» pratiquée, ensei^ gnée dans les anciennes abbayes, y semble avoir puisé les vertus qui font encore de la population des campagnes le plus fort soulien de ta société, soit qu'elle lui fournisse d'héroïques soldats pour sa défense, soit qu'au sein des tourmentes politiques, elle la protège contre elle-même par son boa sens et la fermeté de ses résolutions.

« En ce temps-là, un homme qui devint un héros, un saint, foulait aux pieds les honneurs de ce monde, et s'établissait dans un lieu nommé la vallée d*Ab$inthe, tant la vie y était dure et amère. Il voulait sauver son âme, et, pour servir Dieu, il travaillait, lui et ses compagnons, avec tant d'ardeur, que les épines et les ronces disparaissaient, la terre se couvrait de moissons, les habitations se multipliaieut sur un sol auparavant malsain et désert, et le pays, métamorphosé, devenait riche et puissant. Ceux des économistes qui renient les principes religieux auxquels nous devons les progrès de Tagriculture et de l'industrie, sont des ignorants ou des ingrats. S'ils pouvaient douter encore que c'est au christianisme que nous sommes redevables de nos richesses et de toutes nos libertés, qu'ils inttTrogent les peuples étrangers à nos croyances; qu'ils pénètrent dans les Indes, ou deux cent mil4ions d'habitants se laissent exploiter par une poignée de marchands; qu'ils visitent la Chine» courbés sous sa honte, devant quelques vaisseaux anglais; comme tout eststaliounaire, faible,décrépit, . dans ces régions où ne s'est point encore h)vé le soleil de jla civilisation chrétienne.

€ Ce grand phénomène est-il donc inexplicable, N. T. C. F. 7 Non, sans doute. 11 faudrait s'aveugler volontairement pour n'en pas apercevoir la cause dans les principes mêmes du christianisme. Une religion qui a substitué le droit à la force, qui a su ennoblir, déitier en Quelque manière, uou-seulument le travail de la pensée, mais encore les rudes labeurs des champs et de l'atelier ; une religion qui a élevé des palais pour abriter toutes les misères^ qui, condamoaut

et la prodigalité et l'avarice, met au nombre des vertus l'amour du travail, l'ordre et la modération dans les désirs; cette religion ne rcnferme-t-elle pas le plus beau code d'économie sociale et politique, et pourraiton s'étonner que, par l'impulsion qu'en a reçue le monde, les sociétés chrétiennes aient atteint ce haut point de prospérité où nous les avons vues parvenir dans les plus beaux jours de la foi ? Pourquoi donc. Messieurs, ce divorce que Ton voudrait établir entre le christianisme et le monde nouveau? Pourquoi tenter de corriger ou de refaire, sans la religion, l'admirable édi- Ore que la religion avait bâti de ses mains? Hélas 1 que sont, è l'égard de la réforme de la société et des bonnes œuvres en général tous les moyens humains, séparés du renoncement h soi-même, qui ne peut nattre que de la foi et de la charité? Il faut aimer Dieu par-dessus toutes choses pour aimer son prochain comme soi-même. Souffrir, se sacritier pour les autres, n'est que le propre de celui qui croit au ciel et à l'enier; et, sans un regard d'amour sur la croix de JésuM^hrist, il n'est aucune bonne œuvre qui n'épuise bientôt le zèle de ses plus fervents admirateurs. A l'homme est donné do tailler la statue, de la revêtir des plus belles formes ; mais là s'arrête sa puissance. Au souffle divin appartient seul de lui donner la vie; et la vie manque toujours à ces œuvres de réforme ou de miséricorde que les utopies, l'art et la fortune se chargeront seuls de produire et de conserver. Il y a

Quelques années, dans l'ancienne abbaye e Cîteaux, on a essayé l'application de l'un des systèmes du jour; et, dotée largement, l'association phalanstérienne a tenté la réalisation des préceptes du maître. Elle n'a enfanté que des ruines; et dans ces lieux où les disciples de Bernard ont vécu tant de siècles, la phalange n'a duré que quelques mois. On me dispensera de rappeler les mécomptes et les chimères de l'Icarie.

« Mais voyez la Grande-Bretagne; et à quel moment vais-je me permettre de parler de sa misère 1 II n'est bruit que de ses richesses, de sa puissance et de l'hospitalité généreuse qu'elle donne aux deux mondes. « Dans un récent voyage à Londres, je n'ai pas cru devoir passer toutes mes heures à la contemplation des merveilles renfermées dans son palais de cristal ; j'ai voulu voir (et là j'étais si bien à ma place) les membres souffrants de cette grande famille, composée de 2,500,000 individus; j'ai visité quelrjues pauvres réduits; quelques ateliers, quelques écoles, quelques hôpitaux; j'ai pénétré dans ces immenses quartiers fétides dont tant de hauts personnages semblent ne pas même soupçonner l'existence. Vous auriez vu avec moi, M. T. C. F., non loin des palais, i\e$ théâtres, de la Bourse, de ces parcs enchanteurs où la richesse étale son luxe et \m magniticences, vous auriez vu la plaie hideuse du

Siaupérisme, q^ui donne de temps en temps e vertige et I épouvante k certains hommes

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d'Elat. U me semblait enlendreles cris d'angoisses etde désespoir de six m'illions d'Irlandais, chaque fois que la récolte du gros« sîer tubercule qui leur sert d*uniquo ali* ment vient h manquer. Un sixième de la population totale est réduit à Tindigence, attendant quelques miettes de pain de la taxe des pauvres, cette liste civile de la mi-> sèrBy qui déjà, en 1846, s*élevait à deux cents cinquante millions 1 Que Ton ne donne pas à mes paroles une signification qu'elles ne sauraient avoir. Je n*ai d*injustice et encore moins d*amertume contre aucun pays ; mais les mœurs anglais(*s, tout en conservant un respect admirable pour la loi, et un patriotisme qui semble inhérent à leur nature, sont dominées par un rationalisme qui les rend plus rigides et plus froides. Les ouvriers n'ont rien de cet abandon, de ce laisser-aller qui caractérise les nôtres; parqués 16 à 18 heures par jour dans des espèces de souterrains où l'air manque, où le soleil n'arrive jamais, ils ne reçoivent qu'un salaire insuffisant , que forcent à diniinuer de plus en plus la concurrence illimitée et l'abondance exagérée des produits.

« Voilé quelques traits d'une situation

3UÎ naguère a fait jeter è l'Europe un cri e surprise et de terreur, et provoqué les aumônes du monde entier. On a essayé, il est vrai, quelques améliorations, et nous en bénissons les auteurs; mais le mal, trop enraciné, semble ne plus laisser d'autre alternative que de ruiner le pays par une réforme industrielle, ou de le voir se débattre dans d'immenses agitations.

« La condition du travailleur, du malade» de l'infirme, du prisonnier, n'est certainement pas arrivée h sa perfection en France. Quelle différence, néanmoins I Ici tout le monde aime le pauvre; chaque paroisse a sa conférence de Saint-Vincent de Paul, son bureau de bienTaisance, sa dame de miséricorde, son curé, qui n'a d'autre famille à pourvoir que celle des malheureux. Avec quelle satisfaction j*ai retrouvé au chevet de nos mala«ies, au berceau de l'enfant abandonné, aux genoux du vieillard, à la p4»rte de la cellule du prisonnier, et jusque dans la mansarde la plus délaissée, la sœur de la charité et de l'espérance 1 Jamais, en dehors de la confession et de la communion catholiques, vous ne formerez une fille de yiuceutde Paul, un frère des Ecoles chrétiennes ou de Sajnt-Jean de Dieu; et, s'il était possible qu'un jeur, le bonheur sans mélange, rêvé par les amis de l'humanité» se réalisât, ce ne pou^rrait dtre que par une application générale et rigoureuse des maximes évangéliques.

c Pour cesser de trembler sur l'avenir, redevenons Jonc franchement, ouvertement Chrétiens. Ne craignons pas^de briser ce que nous avonj^ adoré dans les temps de vertige et (ferreur. Pourquoi toujours des hésitations, des détiances? Pourquoi détruire d'une main ce que nous é^litions de Tautre ? £ii serious*nous venus à regretter les bien-

faits du catholicisme, et è avoir peur de son inOuence; à vouloir ses habitudes et ses mœurs, et à rejeter ses dogmes et ses pratiques? Ne croyons pas que, sans la religion nous recueillerons les fruits de la religion» et que les bonnes œuvres, détachées de cet arbre divin, Qeurirontsans sève et sans vie. « Dans toutes nos entreprises, rappelons sa lumière è notre aide : dans nos épreuves, recourons à sa force; ne nous laissons point effrayer par les sombres couleurs dont l'impiété s'est plu à la revêtir pour nous la rendre indifférente et odieuse. De loin, ses préceptes austères alarment la faiblesse; de près, ils ne contrarient que les passions. Son joug semble dur et pesant à la main qui le soulève ; il est doux et léger quand ou l'a mis sur ses épaules.

« Nous ne nous laisserons point séduire par les décevantes images d'un bonheur fantastique que rien ne saurait donner icibas. Cherchom fCabord le royaume de Dieu et $a justice (MattK vi, 33}; aimons-nous les uns les autres; vengeons-nous par des bienfaits de ceux qui nous outragent; revenons aux pratiques de la foi ; par-dessus tout, k la sanctitication du dimanche. No demandons pas, ne permettons pasqu*on établisse des foires et des marchés dans ce saint jour : le mépris de la loi du dimanche est la plus grande plaie de notre époque, un scandale affreux que la France jette b l'univers. Sans la sanctification du dimanche, point d'instruction religieuse; sans instruction religieuse, point de morale; sans morale» point de lois ; sans lois, point de société I

« Pour vous, bons habitants des campagnes, et vous tous» N. T. C. F., c|ue nous voyons si nombreux et si recueillis autour de cet autel, vous resterez fidèles aux bonnes doctrines. C'est au nom de ces doctrines religieuses et sociales que des récompenses vont vous être décernées. En les acceptant» vous prenez rengagement de ne les oublier jamais. Cest ainsi que vous acquitterez votre dette de reconnaissance envers le généreux fondateur et président de ce comice» envers vos magistrats, vos re|.)résentants, et aussi envers tous ceux qui , accueillant comme moi le bien partout où il se révèle» sans acception de lieux, de partis ou de personnes, tâchent de s'y associer , en encourageant tous las efforts qui le produisent.»

Mgr Donnet n'avait jamais cherché les honneurs, ils sont venus le chercher. Par un bref en date du 2 février 18^0, Grégoire XVI a conféré è l'archevêque ;de Bordeaux le titre de commandeur de Tordre de Saint- Grégoire le Grand, l'a déclaré noble, et créé comte du Saint-Empire. Par le même bref, il lui décernait le titre de prélat as>istant au trône pontifical. Eulin le grand Pie IX Ta décoré, en 1852, de la pourpre sacrée. La cérémonie de l'imposition de la barrette a eu lieu à Paris le k avril. Voici le discours adressé au chef de l'Etat, en cette occasion» j>ar S. E. Mgr le cardinal de Bordeaux : t Monseigneur, la religion rappelôo

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MCTIOMNAIRË

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dans nos temples « la justice recouvrant sn majesté et ses droits , la paix intérieure maintenue au milieu des guerres du dehors, la patrie, enfin, arrachée subitement à Tincendie, au pillage, à l'eiterminntion; telles sont les premières impressions de mn vie ; et celui h qui mon pays a dû ces bionfaits portait votre nom. La France n'est pas ingrate; car cinquante ans plus tard, ce nom', acclamé tout à coup comme un souvenir et comme une espérance, court des cités aux campagnes, et se transfunuo deux fois en deux faits immenses, par Télan h plus spontané et le plus irrésistible dont l'histoire des peuples ait gardé )a mémoire. 11 faudrait avoir banni Dieu du gouvernement des choses d'ici-b9s, pour n'y pas reconnaître les desseins de la Providence, se révélant, tour à tour, sévère et miséricordieuse. Trop peu d*^ jours nous séparent de la tourmente qui vient de secouer le monde pour C|uo nous ayons pu oublier que la confusion était partout ; que les institutions chancelaient comme dans les vapeurs de /'i* tresse^ et que la terre tremblait sur ses fondements. {Psal. i:\, 9.)

« Quelques heures ont sufli, et la France prouve à l'univers qu*elle n'est anarchique que par surprise. Et la nation se souvient qu'elle n'a été forte, libre et fière que sous lin chef en qui elle se sent vivre et qui la personnifie comme vous, Monseigneur, au milieu de ses intérêts les plus chers.

« J*ai voulu acquitter la dette de mon pays avant d'acquitter ma ' dette personnelle. Vous m'avez désigné h la bienveillance du Pontife suprèoie, et me voilà aujourd'hui membre du Sncré Collège, associé à Tocuvro de l'immortel Pie IX, dont il pourra m'ôtre donné dans quelques circonstances, d'alléger les peines, de partager les travaux. Je ne verrai dans cette auguste dignité et dans le droit qu'elle me confère de siéger au sénat, qu'une obligation plus étroite de travailler au bien de l'Eglise et à celui de la France, comme je n'ai vu, dans Thonneur de succéder h un saint archevêque, que 1*0bliçation de continuer, sous la pourpre romaine et dans tous lus actes de ma vie, la mission apostoliçiue do Tilluslre cardinal de Chevcrus, de si douce mémoire I Ce nom seul ne rappeHe-t-il pas ce que la simplicité a de plus touchant» la charité, do plus tendre, le dévouement de plus sublime? Si la société semble menacer ruine de toutes parts, c'est au'il lui manque une autorité morale qui la retienne et la ravive; vous avez voulu. Monseigneur, par l'adjonction au sénat de quelques membres de l'épiscopat français, renverser It* mur de séparation que 1 on avait cru, dans ces derniers temps, devoir élever entre le sacerdoce et les pouvoirs humains. Si le clergé ifa |)as été exilé avec Charles X, disait M. Guizot à la tribune dans les premiers temps delà révolution do 1830, il a été détrôné avec lui.»

« Nous irexprimons aucune plainte ; nous ne jetons aucun regard de tristesse sur notre jiassé; nous ne demandons pas qu*on fasse

notre royaume de ce monde ; mais pourraiton nous en vouloir de payer h la chose pu* bJique, dans toutes les occasions, le tribut de notre expérience et de notre dévouement?

• Un temps a existé où la France ne se plaignait pas de voir quelques-uns de ses intérêts les plus graves remis au patriotisme de ses pontifes ; elle était fière que la tribu sainte fournît non-seulement des apologistes h la foi, mais donnAt, en abondance, des maîtres pour tontes les sciences, des jurisconsultes, des hommes d'Etat. Peutêtre y aurait-il aujourd'hui, comme autre* fois, quelque avantage è ce que l'Eglise et le monde se vissent de plus près? Ce contact entre des personnes dont les intentions sont les mêmes, ces rapports de bienveillance, cette communauté de travaux, cet échange de pensées utiles prouveraient k notre siècle que le clergé se nourrit d'autre chose que de regrets et d'espérance, et quel

Erécieux usage l'Eglise sait faire de la liberté quand elle lui est loyalement rendue. Un clergé dominateur répugne à toutes les idt^es n çues, un clergé pieux, éclairé, conciliateur, .est de tous les pays, et de tous les temps. Que les nobles Âmes s'unissent donc, que tous les bons esprits s'entendent, que l'Eglise n'ait pas h subir de nouvelles enlrares, qu'on se montre sans défiance h son égard, et, chacun dans notre sphère» nous ferons servir notre action morale au rétablissement dos idées de justice, d'autorité si fatalement obscurcies dans l'anarchie des révolutions. Nous avions, en efTet, perdu le respect ; cette parole qui a eu un grand retentissement dans le monde est h elle seule l'explication la plus complète et la plus éner^que de la maladie qui nous tourmente; ee respect, dont l'absence se fait si douloureusement sentir, il faut le remettre en honneur, si nous voulons travailler avec quelques chances de succès, à Tœuvre si difdcile et si importante de la régénération sociale.

« La Providence, prince, qui vous a aidé SI puissamment à encourager tant d'entre* prises utiles, h opérer tant de réformes, à s^^courir tant de misères, à replacer^ enfin, la pyramide sur sa base , ne voudra pas IctIsser son œuvre inachevée, et donnera à tous les pouvoirs de TBtat, la sagesse et la force nécessaires pour consolider un ordre de choses qui assurera le bonheur de notre patrie et le repos de TEurope. »

Dans la même circonstance, le cardinal do Bordeaux adressait au prince Chigi les paroles suivantes : « Monseigneur l'ablégat, vous avez vu, en traversant une partie de notre France et pendant votre séjour dans la ca]utale, que Dieu a béni le prince magnanime qui a sauvé Home, et la grande natiou qui a concouru, avec un si religieux enthousiasme, au retour de Pie IX dans la ville éternelle. Vous porterez au Saint Père l'expression de ma reconnaissance, de ma vénération, de mon amour. Le choix qu'il a daigné faire de votre personne pour m'appor-

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DES C&RDINAUS.

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1er la barrette cardinalice a» dit-on, renoon* trë dans votre homilité, plos grande encore qne rillustration de ro're origine, une résistance qui n*a cédé que devant Texpres- Fîon de la rolenlé du Vicaire de Jé&us- Christ. Vo'jsn^aviez quitté le siècle arec ses honneurs et ses richesses que pour vivre r^ché dans la maison de Dieu, et travailler, coinine simple missionnaire, aa salut des Ames. II est beau d^avoir voulu donner au monde cet exemple d*abnégation. Une voix auguste h laquelle il n>sl jamais permis de résister pourra vous arracher à une carrière

3ue vous auriez désiré fournir tous les jours e votre vie. Ce sacrifice vous le consommerez aussi» persuadé que de toutes les immolations, la plus agréable au Seigneur est celle de la volonté: Melior eit obtdieniia quam vietima. > (I Reg. xv, 22.)

Se trouvant h Paris, Son Eminence le cardinal bonnet, fut appelé dans la chaire de 8a:nt-Sulpice, k l'occasion de la fête des Quarante-Heures. Le vasle temple était trop étroit pour contenir la foule qu'avait attirée le nom de Mgr de Bordeaux. «... Vous nous demandez, >s*écriait-ii, « comment TEgliseest encore d<bout; permettez que je vous demande , h mon tour, comment vous TOUS 7 prendriez pour la faire toml)er; aussi, vous vois-je vous presser tous autour d'elle, comme on fait dans un grand naufrage auprès du dernier mât qui résiste. CVst pour nous un grand honneur que ce retour du siècle, et cest déjà un grand pas que de voir la force propre de l'Eglise reconnue, en attendant qu'on reconnaisse sa vérité. Ah I nos très-chers frères, les désordres matériels qui nous aiQigent , les souffrances qu'amoncellent nos révolutions sont étroitement liés au désordre profond de nos idées et de nos mœurs. S'il existe encore une force au monde, c'est la religion. Action eiOcace, disons-nous, car la puissance visible d'une doctrine n'est ni dans les richesses dont elle dispose, ni dans l'appui qu'elle peut recevoir de la force matérielle; elle est tout entière dans le concours des consciences humaines. Or, le catholicisme seul a conservé cette domination des Âmes h un plus haut degré qu'on nu le pense. Revenez donc à lui, N. T. C. F. 1 Où trouverez-vous, hors de lui, ce repos après lequel soupire tout être vivant?... » Ces paroles, accompagnées de l'action oratoire et des inspirations de la foi, firent une vivo impression sur les auditeurs.

Le ik mai suivant, Mgr Donnet faisait sa rentrée triomphale à Bordeaux. Nous laissons maintenant parler le journaI|/a Guienne: «Son Eminence le cardinal Dnnnet, archevêque de Bordeaux, a fait sou entrée dans notre cité selon le programme tracé par MM. les vicaires généraux, el conformément au décret relatif aux honneurs publics dus en pareil cas h la dignité d'un prince de l'Eglise. A onze heures et demie, le clergé de la ville s'est rendu processionnellement de l'église primatiale k l'entrée du pont, où, par les soins de U. le curé de Saint-Michel « avait

été dressée une estrade ornée de draperii-s rouges. Cn bataillon du i6\ un fort détachement des chasseurs en garnison h Ror* deaux, une batterie d'ariillerie et des gendarmes À cheval se tenaient aux abords du pont, où stationnait une foule immense, accourue de toutes les parties du dioc^$e, A midi, douze coups de canon ont annoncé l'arrivée de Son Eminence. Quelques instants après, le vénérable prélat s'est agenouillé au pied de l'autel plaeé devant Parc de triomphe. Il a revêtu l'étole, baisé la croix qui lui a été présentée et fait une prière. Puis la musique ilu 46", placée auprès deTestrade, a liait entendre une symphonie, et l'imposant cortège s'est mis en marche. Il était ouvert par des gardes muni* cipaux è cheval, chargeas d'écarter la foulA

2ui se pressait sur tout le parcours. Le clergé tait précédé des chasseurs... et de plusieurs compagnies de ligne.

« Les congrégations religieuses, les élèves du grand et du petit séminaire, tous les ec* clésiastîques attachés aux diverses paroisses de la ville, MM. les curés de toutes les parties du diocèse et le chapitre formaient la procession , à l'extrémité de laauelle marchait, ayant è ses côtés MM. les vicaires généraux. Son Eminence le cardinaUarchevè* que, la mttre en tète, avec lecamail rouge ol lerochet sur la soutane rougo.La foule devenait plus compacte, h mesure que le cortège avançait. Du grand nombre d'enfants étaient présentés à chaque instant è Son Eminence qui les bénissait avec un affable empressement. Trois compagnies do la ligne et les artilleurs fermaient la marche. Le cortège est entré dans la cathédrale au son du bour* don del'hAtel de ville et des cloches dos |>aroisses. Il est tombé en ce moment une assez forte pluie qui, pourtant, n*a troublé cn rien l'ordre de cette belle cérémonie. Les autorités civiles iat militaires ont pris place dans le sanctuaire. Son Eminence étant montée sur son trône, M. Gignoux, premier vicairn général, lui a adressé un discours qui a pro* fondement ému l'auditoire. Son Eminence a répondu par ^improvisation suivante :

« En évoquant les souvenirs si glorieux dti « passé de I Eglise de Bordeaux, vousn'avot « fait, Monsieur et bien-aimé collaborateur, « qu'alarmer ma faiblesse; on peut succéder « aux Béthuno, aux Cicé, aux Rohan, aux « d'Aviau, aux Cheverus, il n'est donné è « personne de les remplacer. Croyez que je « sais distinguer cependant les paroles que « dicte le cœur de celles que commandent les « bienséances et l'usage. Je veux le dire bien « haut, je serais mallicureux dans ce jour « qu'on pourrait appeler un des plus glorieux « de mon existence, si je n'avais la forme « conviction que le cœur de mes bioR'-aimés « diocésains a fait tous les apprêts do cette « grandesolcnnité.L'afTection de mes enfants « en retour de celle que je leur ai vouée,voilè t ce que je désire, voilà ce que j'ambitionnot « Je n'eusse pu accomplir dans lus deux dio* « cèses successivement confiés à ma sollici- « tude pastorale, la grande mission dont vous

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« avez bien voulu rappeler quelques actes» « sans le concours d*un clergé intelligent et « dévoué, et sans la coopération de tous les « admînislrateupsavec lesquels il m*a été don- « né d'établir des rapports si bienveillants, c Recevez donc, prêtres, magistrats, guer- « riers, membres du corps enseignant, chefs « de nos principales maisons de commerce, « respectables consuls des divers Etats que « vous représentez si noblement, mes remer- « ciments sincères pour le bien aue vous « m*avcz si puissamment aidé a opérer « dans ce beau diocèse.

« J*acquitlerai ma dette envers vous, car « vous avez besoin, sinon de ma personne , « du moins du ministère saint que j*ai à con- « tinuer au milieu de vous et pour vous. Les « honneurs, les richesses ne sauraient, vous « rendre heureux. Recourez donc aux lumiè- « res, aux consolations que vous ne trouve- € riez nulle autre part que dans la religion; « la dignité de cardinal ne serait rien pour « moi, si elle ne me donnait de nouvelles fa- « cllitésde faire le bien, de sécher une larme « de plus. Ne craignez point que la position « qui m'est faite soit capable de rien changer « à la simplicité de mes goûts, ni de retran- « cher une heure aux travaux que j'ai remplis «jusqu'ici avec tant de bonheur au milieu « des campagnes les plus reculées et les plus « modestes. Puissent les vœux que je forme « pour votre bonheur monter au ciel et re- « descendre sur vous comme une céleste bé- « nédiction. »

« Après cette allocution de SonEminence, on a entonné le Tt Deum^ qui a'été suivi de la bénédiction pontificale. La cérémonie s*est terminée par un Laudate exécuté avec un admirable ensemble par les chœurs de la cathédrale. Mgr le cardinal-archevêque a élé ensuite conduit processionnellement è son palais archiépiscopal, dans la cour duquel ' se tenaient sous les armes deux compagnies de la ligne. Toutes les autorités s'y sont immédiatement rendues pour présenter leurs hommages et leurs félicitations au vénérable pontife. »

Mgr Donnet n'est pas restéélranger aux {grandes questions qui se sont agitées de nos J0U^s. Nous voulons parler do la liberté de l'enseignement, delà ouestion si controversée do rinlervention ae la presse dans les affaires de l'Eglise, et de cette autre question qu'a soulevée M. l'abbé Gaume , qui voulait proscrire de l'enseigne ment religieux les classiques profanes. Nous croyons devoir reproduire ici, en partie» deux lettres remarquables écrites sur ces graves sujets par Mgr Donnet à Mgr l'évêque d'Orléans.

«... Je n'ai pas attendu jusqu'à ce jour pour déplorer avec vous , Monseigneur, les inconvénients de l'intervention de la presse dans les questions religieuses , tout en reconnaissant avec Votre Grandeur les services qu'elle a rendus et qu'elle peut rendre encore è la cause de l'Eglise. Il est utile, •ans doute, à une époque où les choses les plus saintes sont traduites chaque matin au tribunal do l'opinion publique, qu'à r6té de^

organes qui les attaquent, d'autres s'élèvent

f)our les défendre. Mais avec ses avantages a polémique entraîne ses périls qu'il faut savoir reconnaître pour les conjurer. Dans des luttes si ardentes, si passionnées, qui ne s'interrompent le soir que pour recommencer le matin, et dont la vivacité ne laisse pas toujours à la réQexion le choix des ^moyens, il est diflicile d'espérer que la cause de la vérité, de la religion , de l'Eglise, soit toujours soutenue avec la dignité, la mesure et les tempéraments que réclament de si

f;raves intérêts ; il est diOicile d'espérer que es besoins de la défense, le désir d'atténurr un blftme par une louange, une critique par un encouragement, ne portent pas quelquefois un journal à abuser des témoignages do sympathie qu'il a reçus, et ne l'entraînent pas a faire intervenir dans la polémique des noms qui doivent y rester étrangers, à Of)poser un évêque à un évêque, à se prévaloir ainsi d'un suffrage imposant, pour établir des doctrines, demander des actes, provoquer des décisions, susciter, en un mot, des partis qui entravent l'autorité des pontifes dans l'administration de leurs diocèses... Tous ces périls ont, à juste titre, Monseigneur, éveillé votre soUicilude, comme ils sont devenus de graves motifs de préoccupation pour nos vénérables collègues, qui sauront se concerter sur les moyens de prévenir les écarts de la presse religieuse, s opposer à ses empiétements, maintenir leur autorité dans toute son indépendance et à l'abri de toute usurpation.

. « Mais, j'en ai aussi le ferme espoir, ces mesures nécessaires ne dépasseront pas le but proposé. En prévenant les abus, elles n'interdiront pas l'usage, elles surveilleront l'emploi de I instrument , elles ne le briseront point, car, s'il est malheureusement vrai que la presse religieuse soit tombée parfois dans de graves écarts, il n'est pas moins incontestable qu'elle ait souvent bien mérité del'Eglise... »

Voici la seconde lettre adressée par Mgr Donnet au même Mgr Dupanloup :

« Paris, 5 juillet 1850. Monseigneur, dans ma (première lettre , j'avais exposé quelques considérations générales sur le sujet que vous aviez traite dans votre Mandement du Si mai. J'arrive aujourd'hui au fond même de la question. Pour l'apprécier à son vrai point cle vue, il ne faut oublier les circonstances qui l'ont fait naître. Après vingt années de luttes, l'EKtise et la famille ont reconquis la liberté d'élever leurs enfants comme elles l'entendent. Nous nous sommes enfin trouvés en possession de ce droit si longtemps contesté. Je dis nous. Monseigneur, car il m'est permis de revendiquer ma faible part dans cette précieuse conquête. Les hommes , pénétrés de l'importance des principes religieux , sans lesquels il ne peut y avoir de véritable éducation . devaient, avant tout, chercher si ces* principes occupaient, dans le système actuel Uti renseignement la place qui leur appartient, et, dans >e cas contraire, s'efforcer de la leur

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restituer. Telle esl, en effet, la marche qui 8 étâ suivie, et je m*en réjouis, car on a rendu, par là , son véritable caractère h une lutte si longue et si vire: on a démontré, aux yeux do tous, qu'en demandant la libre concurrence, le clergé était roâ , non par un sentiment d'ambition laiouse et de rivalil'é .^inquiète, mais par le besoin d'améliorations que réclamaient impérieusement les familles chrétiennes. Renfermé dans ces sages limites, l'esprit de réforme n'eut rencontré c|ue des sympathies et des approbations; mais à peine s*est-on mis à l'œuvre, que l'exagération s'en est môlée, et que les hommes les plus désireux de faire une lar^e part, dans l'éducation, à l'élément chrétien, ont reculé devant la responsabilité des mesures provoquées. Comme vous. Monseigneur, j'en ai compris les dangers , et je reste convaincu que, la première émotion passée, la vérité seule triomphera. La contradiction est de tous les temps. Les diverses opinions soulevées sur la question de renseignement ne sont pas nouvelles ; elles se sont produites maintes fois sans arrêter le progrès des sciences, sans troubler l'Eglise ni l'Etat. En vérité, parce qu'il aura plu è quelques hommes sincères, mais ardents, de dire que, pour sauver la société, il faut revenir aux méthodes du moyen âge, et presque bannir des écoles Homère et Virgile, Horace et Cicéron ; parce qu'on fera peu de cas du x?ii* siècle, devons-nous craindre que de pareilles assertions produisent un schisme dans nos écoles? De quelque manière qu'on envisage la question, è qui persuadera-t-on que des évêaues, en conservant les auteurs anciens dans leurs séminaires, travaillent è faire des païens de leurs jeunes lévites, ou que tel chef d*institution religieuse que nous pourrions nommer, rendra plus chrétiens ses élèves, en rayant du cadre des études, la littérature des siècles de Périclès et d'Auguste. Ce sont des opinions qu'il suffit d*énoncer pour en caractériser la portée. On les pardonnera à l'entraînement de la discussion auquel les meilleurs esprits résistent difllcilement.

« Toutefois, Monseigneur, il est bon que personne ne puisse arguer du silence de l'épiscopat, et Tautorité de votre parole est venue à temps pour combattre l'exagération des uns et enlever aux autres de nouveaux prétextes d'accusation contre l'Eglise, qui, depuis son origine et à travers les siècles, -8*est montrée la gardienne des saines études^ • la protectrice des sciences et des lettres. Hais il est à désirer que celte polémique ne se prolonge pas, que la discussion, au lieu de s'égarer dans de stériles récriminations, s'attache au côté vrai des choses, et que les hommes pratiques préparent une solution qui concilie tous les intérêts et satisfasse tontes les exigences. Je suis, en effet, persuadé, Monseigneur, qu'entre les partisans sérieux des deux opinions, tout dissentiment tend à s'effacer. On se prêtait, de part et d'autre, les pensées des parties extrêmes ; on se combattait sur ces limites dernières, sans Vaoercevoir qu'on poursuivait en réa-

lité le même but, et qu'il était très-facile de s'«ntendre. Je m'estimerais heureux si je pouvais contribuer k cet accord. L'autorité que me donne une tendre prédilection pour la jeunesse et la sollicitude dont je n*ai cessé de l'entourer dans les différentes positions que la Providence m'a faites, m'assure quel- 1 ques titres pour intervenir et apporter une parole de conciliation dans ce débnt, dont l'origine et les progrès tiennent à des considérations que je vais brièvement rappeler. L'éducation doit former l'homme tout à la fois pour la cité des ciêuxetpour la cité de la terre. Développer paraHèleraent ses facultés, c'est-à-dire en faire un élu pour le cinl, un citoyen pour la pairie, tel est le doubln but de l'éducation, Ces idées tout élémentaires, vieilles comme le monde, éternelles comme la vérité, at)solue5 dans leur nécessité* ont cependant été méconnues dans l'organisation de l'enseignement et dans quelques-uns des projets élaborés sur cette grave matière. Les uns, ne tenant aucun compte des destinées du Chrétien, n'ont songé qu'au développement des facultés les plus superûcielles de l'enfant, pour en faire plus tard un littérateur, un artiste, un homme du monde, n'ignorant riende cequi peut être utilejusqu'à la tombe, mais s'inquiétant fort peu de ce qui nous attend au delà. « D'autres, préoccupés exclusivement de notre avenir immortel, ont semblé oublier que l'homme a une mission à remplir sur la terre, une partàprendreaux affaires d'ici-bas, et qu'il est obligé, pour devenir un instrument utile entre les mains de la Providence, de s'y préparer par l'élude des sciences et par des travaux d'un autre ordre.De là, dans l'éducation, prédominance de l'élément purement naturel chez les uns, prédominance trop exclusive de l'élément religieux chi*z lesautres. De là, accusation d'obscurantisme, d'idées stationnaires ou rétrogrades de la part de ceux-là, accusation de paganisme, de matérialisme, d'impiété de la part de ceuxci. Il est certain que depuis longtemps hi part faite dans l'éducation à l'influence reli* gieuse a laissé trop à désirer, et que ce di^faut a été la source des vices qui aitligent la société. Il est certain encore que ce mal remonte très-haut, et que le culte presque exclusif qu'à une certaine époque on rendait à la beauté des formes et de l'expression, porta une profonde atteinte à la direction chrétiennede l'éducation. — Aussi, tous les bons esprits ont-ils Qni par réagir coniro cette influence trop mondaine, et par essayer un commencement de réforme indispensable. — Mais c'est ici qu'un zèle imprudent, outrepassant le but, a opposé um; exagération compromettante, a méconnu ' les temps, confondu les époq^ues, et, pour échapper au péril d'une éducation purement littéraire, a semblé vouloir la rendre uniquement religieuse, sans tenir compte dos exigences de la vie civile, des besoins d'une société terrestre, politique, temporelle.— Ces prétentions ont été doublement regrett.iblest et parce qu'elles n'étaient pas fondées»

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et parce qu'elles élaient inopportunes. Elles sont venues troubler un travail lent, mais réel, qui s*opérait de toutes parts dans les maisons d'éducation : elles ont provoqué des accusations toujours fâcheuses, alors m^me quelles sont ridicules, contre les véritables amis de la jeunesse, au moment où ils cherchaient, par de progressives réformes, par de prudentes améliorations, è concilier tous les intérêts, en conservant les grands écrivains d'Athènes et de Rome, et en y joignant tout ce qui peut servir de modèle dans les auteurs sacrés. — Il est à remanjuer, Monseigneur, que cette question des auteurs qui n'était que secondjire, est deveime è elle seule tout le débat, lequel n'a fait que s'envenimer, au milieu des textes et des autorités contradictoires. Il semble cependant que la distinction biou simple établie plus haut doive résoudre la question. S'agit-il do former le Chrétien, d'élever, comme parle saint Paul, Vhomme intérieur^ où chercher la lumière, la science, la règle, si ce u'est dans les auteurs sacrés? Qui donc peut demander aux païens le texte d'un enseignement religieux, d'une prédication évangélique?

« Mais s'agit-il, et c'est la seconde et indispensable partie d'une éducation complète, d*étev3r Vhomme extérieur^ l'homme de son temps, de son pays, d*orner son intelligence, de lui former te style et le goût, où chercher des maîtres et des modèles plus complets que dans les œuvres de Démosthènes et de Tacite, d*Homère et de Virgile, d'Hérodote et de Thucydide, de Tite-Live et de Cicéron? A celui qui aurait la pensée de sup- )>rimer l'étude des lettres profanes, nous demanderions où il pourrait étudier le génie et la beauté des langues anciennes, ailleurs que chez ceux dont vin^t siècles d'adipîratioD OPâl [>roclamé la gloire. Que l'on y joigne, je le réclame hautement, l'étude comfiarôe des auteurs sacrés; nous, admirerons e nombre et le mouvement dans saint Jean Chrysostome, l'élégance et l'onction dans saint Basile, saint Grégoire de Nazianze et saint Paulin de Bordeaux ; la suavité et la délicatesse dans saint Bernard, le génie et la Terve dans saint Augustin, la vigueur dans saint Jéiôme. Mais prenons-y garde, en dehors de ce qui est doctrine, science théologique, idée philosophique , controverse, toutes choses au-dessus de la portée de la première jeunesse, nous trouverions avec peine dans les Pères latins les éléments du premier enseignement littéraire. Cependant quelques hommes versés dans la connaissance des chefs-d'œuvre chrétiens, ont déjà cherché è résoudre ce problème ; ils nous trouveront disposés è applaudir au succès de leurs efforts.

« Si les auteurs païens, tels qu'on les met aux mains de la jeunesse, présentent encore aujourd'hui des passages dangereux pour les mœurs, la politique et la foi, quoi de plus facile, sans soulever de si grandes tempêtes, que d'être plus sévère qu on ne l'a été jusqu'ici, que de retrancher un passage, une églogue» une ode, uu livre même, si on le

croit nécessaire. L*Eglise ne recommaDdet-elle pas les mêmes précautions pour les les Livres sacrés, et met-elle indifféremment entre les mains des fidèles tout l'Ancien Testament?

«Que si la question se réduit en termes plus simples encore, s'il nes'agit que d'apprendre aux enfants les éléments des langues grecque et latine, dans tels auteurs ou dans tels autres, il me parait indifférent qu'à défaut des auteurs sacrés, l'enfant apprenne les règles de la syntaxe dans les textes profanes; ni la grammaire ni la foi ne se trouvent en cause. Non, ce n'est pas le choix des livres, ce n'est pas même celui des méthodes qui importe le plus. Le vrai danger, comme le vrai remède, est dans le choix des maîtres qui expliquent les livres et emploient les méthodes. Tout le monde le sait, et on Toublie trop : le meilleur livre devient un instrument dangereux entre les mains d'un mauvais maître ; la meilleure méthode reste stérile avec un professeur inhabile. Le maître sage, instruit et dévoué, trouve des perles dans Ennius, et fait du procédé de Lancastre une excellente méthode d'enseignemont. Expliqués, commentés par Bossuet, Fénelon, Rollin, Bourdaloue, les auteurs païens peuvent elficacement servira former des générations fidèles et éclairées. Expli-

3ués et interprétés par des maîtres incréules, les Pères de l'E^^lise, les Livres sacrés eux-mêmes deviendraient peut-être un texie de blasphèmes, d'impiétés. A-l-on oublié la Bible enfin expliquée de Voltaire, et son Hit^ toire de Nlablissement du christianismet

« Gardons les auteurs païens , pour tout ce qu'ils ont d'inoffensif et d'éloquent. Servons-nous des auteurs sacrés , dans tout ee qu'ils ont de simple, de grand ou de sublime. Mais surtout, avant tout, choisissons les maîtres, formons des maîtres. C'est un art si difficile, si délicat, si complexe, que celui d'élever la jeunesse. Les corporations religieuses consacraient, ainsi que TUniversite, dix h douze ans à former un régent de logique et de rhétorique, qui était arrivé du monde avec une expérience déjh longue et un savoir éprouvé. Renouons les tratiitions de ta vieille pédagogie.

«|ll ne suffit pas d'être zélé, pieux, dévoué à ses devoirs, pour remplir la mission d'instituteur. Il faut un long apprentissage , des connaissances solides et variées. Je peux le répéter encore, formons des maîtres. 'Que dans le silence , h l'ombre du sanctuaire*, dans l'étude des textes sacrés et profanes, des sciences exactes et naturelles , se préparent do nombreuses et fortes générations de professeurs dévorés de l'ambition du bien, du zèle de la science et du salut dos âmes, et nous aurons mieux mérite de l'Eglise et de la société, qu'en faisant redire h tous les échos de la presse quotidienne nos apparentes divisions. Il est temps qu'elles cessent et ne détournent plus do leur yoie pratique ceux qui ont pris à cœur la régénération sociale par l'éducation de la jeunesse. Elef er la jeunesse, t; est assurer Tavenir du

DON

DES CAPDINAUl.

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