XII. Conc. p
PARIS (C. de) l’an i5a8. Depuis le 3 février jusqu’au q octobre.
Ce concile se tint dans 1 eglire des grands augustins : le cardinal du Prat , archevêque de Sens et chancelier de France , y présida , assisté de six evêques, ses sufifragants; savoir, Chartres, Auxerre, Meaux, Paris , Orléans , Neve rs et Troyes.
On s’y proposa deux objets , la condamnation des erreurs de Luther, et la reformation de la discipline. Ou fit sur le dogme seize decrets qui embrassent ia plupart des points qui furent décidés depuis dans le concile de Trente.
Le premier déclaré que l’Eglise ne peut tomber dans aucune erreur sur la foi, et touchant les mœurs, étant la colonne et le soutien de la vérité. Le second , qu’elle est une, sainte, infaillible, indéfectible, visible. 3.° Qu’elle est representee par les conciles généraux, qui ont le pouvoir de décider les articles qui regardent la foi, l’extirpation acs
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hérésies , et la réformation des mœurs. 4 ° Que c’est à elle qu 'il appartient de marquer l'an thenticité des livres canoniques , et de distinguer leur véritable sens. 5.° Que les traditions apostoliques sont certaines et nécessaires, et quel’on doit croire et observer les choses qu’on a reçues par cette voie. 6.°Quc l’on doit se soumettre avec respect aux constitutions et aux usages de l’Eglise, et obéir à ceux qui sort préposés pour notre conduite. 7.0 Que ceux qui n’observent pointles jeûnes et les abstinences, destinés à réprimer les tentations de la chair , sont anathémàtisés. 8.“ Que le célibat des prêtres est ordonne dans l’Eglise latine ; qu’il a été toujours pratiqué et marqué dans le second concile de Carthage , comme une loi ordonnée du temps des apôtres; et ceux qui enseignent le contraire , sont mis au nombre des hérétiques. g.“ Que les vœux monastiques ne sont point contraires à la liberté chrétienne, qu’ils sont d’obligation. 10. 0 À l'égard des sacrements, que ceux qui en diminuent le nombre , ou qui nient qu’ils aient la vertu de conférer la grâce, doivent être traités comme hérétiques. Le décret explique chaque sacrement en particulier. n.° Que la nécessité du sacrifice de la messe est appuyée d’un grand nombre de témoignages de l’Ecriture , et particulièrement en saint Luc chap. sa. Acceplopane , de.
hoc facile in mcam commemorotionem • que cet holocauste , cette victime pourle péché, ce sacrifice continuel, est cette oblation pure , que le prophète Malachie a prédit qu’on devoit offrir dans tous les lieux du monde.
ia;* A l’égard du purgatoire et de la prière pour les morts, le concile, après avoir réfuté l’erreur de Luther sur ce point, statue que la oonlpe des péchés étant remise apres le baptême, les pécheurs peuvent encore être débiteurs de la peine temporelle , et obligés d’expier leurs
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fautes en l’autre vie , et que c’est une pratique salutaire d'offrir le saint sacrifice pour les morts. i3.* Sur le culte des saints, il est dit qu’il est établi solidement dans l’Eglise ; que lessaintsentendentnospriéres,qu ils sont touchés de nos misères et sentent de la joie en nous voyant heureux : ce que l’on prouve par l’Ecriture. i4-° Sur le culte des images; qu’il n’est point une idolâtrie ; qu’elles sont destinéesàhonorerceux dont on voit la représentation et à imiter leurs actions saintes. i5.0Que je libre arbitre dont tout homme jouit n’exclut pas la grâce : que ce secours n’est pas tel qu’on n’y puisse pas résister : que Dieu nous prédestine et nous choisit; mais qu’il ne glorifie qne ceux qui ont rendu leur vocation certaine par leurs bonnes œuvres. 6.° Que la foi n’exclut pas les œuvres, surtout la charité , et que les hommes ne sont pas justifiés par la seule foi.
On fit aussi quarante réglements sur la discipline : voici les plus remarquables. On suspendra dis ordres sacrés ceux qui auront été ordonnes sans avoir la science nécessaire, jusqu'à ce qu’ils aient été suffisamment instrnits. Les curés sont obligés de résider et de bien instruire leurs paroissiens : on évitera avec grand soin de toucher sur les orgues des airs profanes. (Il y a encore plusieurs canons sur la pieté, avec laquelle l'office divin doit être célébré. ) Dans les monaslèresdes filles, on ne recevra des religieuses qu’à proportion du revenu , et on n’exigera rien pour l'entrée et pour la religion, sous quelque prétexte que ce soit.
Lahhe Colin. Conc. T. XIV. p. Ifis.
P ARIS ( Conciliabule de ) tenu en 1797 1 Par les constitutionnels, j'
Pour donner uneidée de cette assemblée de schismatiques, il est nécessaire de remonter un peu plus haut.
En 1789 , après avoir essayé vainement d'autres moyens pour coin-
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Merle défiât énorme oui se trou voit dans les finances publiques, Louis XVI convoqua les ctats-généraux , comme une dernière ressource au danger qui menaçoit la France. La circonstance n'etoit pas favorable :
les écrits impies et séditieux de Voltaire, de Rousseau et de quelques autres prédicants subalternes de la nouvelle philosophie, avoient fasciné un grand nombre de tètes , et les avoient remplies d'idées de libertés, d’égalité , de reforme , d’anarchie , d’irreligion. Il regnoit une vive fermentation dans les esprits imbus des nouvelles doctrines- I^a France se voyoit comme sur un rCi’can prêt à éclater à la première cnncelle : et dès que les états furent reunis , on put prévoir déjà une partie des desastres qui alloient fondre sur ce beau royaume.
Un des premiers effets de l'effervescence qui l’agi toit, fut la fusion des trois ordres en une seule assemblée; laquelle prit le titre d'assemblée nationale . prétendit représenter tout le corps de la nation ; se mit au dessus des serments prêtés par ses membres, et ne consulta pas même les mandats qu’ils avoient reçus de la main de leurscommettants.
Ce premier essai de la philosophie moderne , dont les chauds partisans dominoient l'assemblée, fut bientôt suivi d’un autre plus funeste encore et plus pernicieux .On posa pour base de législation, on décréta comme un point fondamental quel’on ne de voit plus perdre de vue que toute puissance et toute autorité légitime émanaient du peuple , et tus appartenaient comme à leur seule véritable source. Et de ce dogme, subversif de tout ordre en politique, hérétique en matière de religion quand on l’applique au gouvernement spirituel, découlèrent des décrets, des lois, des constitutions , des réformes , des renversements sans nombres , lesquels se succédèrent’ avec une rapidité qui effraya toute l'Europe
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11 n’entre pas dans notre plan de suivre ici la marche précipitée et révolutionnaire de ces législateurs
fibilosophcs, ni de peindre toutes es diverses atteintes qu’ils portèrent successivement à la religion , dont ils vouloient le bouleversement et la destruction totale.
On les vit bientôt enlever à l'Eglise toutes ses possessions temporelles, renverser à la fois tous les ordres religieux, prohiber l’émission des vœux solennels, chasser de leurs cloîtres les personnes de l’un et de l’au t re sexe , qu i s’e toient consacrées à Dieu . pour observer , dans le silence de la retraite. Je* conseils evangeliques. Ils firent des efforts incroyables pour soulever le clergé du second ordre contre le cierge du premier ordre , et pour appeler sur tous les ministres de la religion, le mépris des peuples, le plus odieux avilissement. Mais ce que nous ne pouvons passer ici sous silence q parce que nous y trouvons le berceau et le fondement de la secte nouvelle qui s'établit alors enFrance, et qui fut ensuite connue sous le nom d'église constitutionnelle , c’est la constitution dite civile du clergé , laquelle fut décrétée le 12 juillet 1790 et sanctionnée par le roi , le a4 du mois d’août de la même année.
Cette constitution, quifutcomme une pomme dediscorde jetée au milieu de la nation française , suppose en principes , que le peuple est souverain en matière de gouvernement spirituel cl ecclesiastique, qu’il a exclusivement le droit a ériger et de renverser les sièges épiscopaux ; de créer et d’abolir les bénéfices; de disposer de la juridiction des ministres sacrés; de fixer la maniéré dont elle est transmise dans leurs mains, et de déterminer les règles canoniques qu’ils doivent suivre pour 1 exercer légitimement. Elle suppose encore que les évêques ne sent pas au-dessus des prêtres , dans tout ce
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qui concerne le gouvernement de leurs diocèses ; que le pape est un centre d'unité sans autorité dans l’Eglise universelle.
Toute cette doctrine anti-chrétienne est fondée sur la constitution civile du clergé , et elle en est une analyse très-exacte.
En effet , si on considère l'assemblée qui porta ce décret étonnant , on ne peut disconvenir qu’elle n’avoit tout au plus qu’une autorité temporelle » qu’elle reconnoissoit tenir tous ses pouvoirs du peuple , et qu’elle tranchoit en souveraine sur des matières ecclesiastiques sans le concours de l’Eglise, même contre les vives réclamations des évêques qui etoient dans son sein.
Si de là on reporte les yeux sur la constitution elle-même, on voit qu’elle sape tout d’un coup cin-
3uante-un évêchés ; qu’elle en crée ans des lieux où il n’y en avoit pas ,et u'elle fixe les limites de tous , etenant et resserrant les bornes de plusieurs , et par conséquent les limites de la juridiction épiscopale (i).
On voit a.» qu’elle abolit tous les bénéfices , les dignités et les offices ecclésiastiques , sauf les évêchés , les curés, les vicariats , etc. (a).
Elle veut 3.° qu’il n’y ait plus que la voie des élections pour arriver à l’épiscopat et pour être promu à des cures , et que les élections des évêques soient faites par les électeurs qui nomment aux assemblées de département; celle des curés, par ceux qui nomment aux assemblées de district (3). Ainsi, les protestants, les juifs et autres catholiques concourront avec les fideles laïques, pour donner à l’église de France tous ses pasteurs; et l'évêque, qui est le chef de tout son diocese , l’evêaue sans lequel rien ne doit se
(i) Constit. civ. du clergé. Titre i. ait. i. — (a) Ibid. art. ao. — (3) Titre a. art. t 3, a5.
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faire dansl’ordre delà religion, ainsi que l’enseignent les Pcres , n’a aucun droit sur le choix des prêtres qu’il emploie dans son diocèse comme cures. Convenons cependant qu’il y est parlé d’examens tjtii pourront se faire , du métropolitain élu , par le plus ancien évêtjue de l’arrondissement métropolitain: de l’évêque élu, parle métropolitain luimême , et du curé aussi élu , par son évêque ; mais en présence de leurs conseils respectifs , avec charge, s’ils jugent devoir refuser la confirmation ou l'institution , d'en remettre aux sujets clusdes écrits soussignésd'eux et de leurs conseils , contenant les raisons de leurs refus, afin que les parties intéressées puissent se pourvoir par voie d’appel comme d’abus , auprès de la puissancecivile (t).
4 " La même constitution donne aux curés le droit de choisir leurs vicaires, avec injonction de ne pouvoir arrêter leur choix que sur des prêt rcs ordonnés ou admis pour le diocèse par fécéijuc. D’où il suit qu’on peut donc exercer les fonctions vicariales sans approbation, ou que l’assemblée nationale donne de son chef aux curés la faculté d’approuver leurs vicaires (2).
5. ° 11 est encore statue que la confirmation des évêques nouvellement élus sera donnée, non par le pape, que le décret exclut nomniémentde cette fonction , dont lui seul est cependant en possession depuis des siècles dans toute l’Eglise (3); mais parle métropolitain, aux évêques de l'arrondissement de sa métropole , et au métropolitain luimême , par l’évêque le plus ancien du même arrondissement (4).
6. ° Quant au pape , il est défendu à toute église, à toute paroisse et à tout français de reconnoître en au-
(1) Ibid. art. 17 , et 36. — (*) Ibid. art. 43. — (3) Ibid. art. 19. — (D Ibid. art. 1 fictif.
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cnn cas, et sou i quelque prétexte que ce soit, son autorité, ni celle de ses delegués résidants en France ou ailleurs (i). L’article que nous citons, ne nomme pas expressément le pape dans ce que nous venonsde rapporter, mais tout évêque ordinaire , ou métropolitain, dont le siège seroU établi sous la domination d'une puissance étrangère, ht afin de faire entendre que le pape est compris sous cette dénomination , le même article porte aussitôt :
« Le tout sans préjudice de l’unité ■ de foi et de la communion qui sera >• entretenue avec le chef visiblede «l'Eglise universelle, ainsi qu'il » sera dit ci-après. » Or tout ce qui est décrété ensuite relativement au pontife romain, se réduitace peu de mots : « Le nouvel cvêque ne pour- » ra s’adresser au pape pour en ob- » teniraucune confirmation, mais il » lui écrira comme au chef visible » de l Eglise universelle//» témoignage » de l'unité de foi et de ta communion » qu'il doit entretenir oc ec lui (a). >> Cette lettre est donc tout ce qu’un Français peut avoir à faire avec le pape, et tout ce que le pape luimême peut avoir à faire avec la France.
7.0 Enfin, « l’évêque ne pourra faire u aucun acte de juridiction, en ce qui con- » cerne te gcugernement du diocèse et du » séminaire , qu’après en avoir déh- » béré avec » les vicaires des églises cathédrales , les vicaires supérieurs et directeurs du séminaire , qui formeront son conseil habituel (J). On lui accorde néanmoins la faculté de rendre seul des ordonnances provisoires , dans le cours des visites diocésaines (4.).
Nous supprimons d’antres articles non moins révoltants que les précédents.
11 est donc clair que la constitution civile du clergé , décrétée par une au-
(i) Titre i. art. 4- — (a) Titre, i.
art. 19. — (3) Titre art. 14. — (4)lb.
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torité purement temporelle , et sans le coucou rs de la puissance ecclésiastique, suppose dans le peuple une autorité souveraine en matière de gouvernementreligieuxetspiritiiel ; ^
qu’elle bouleverse la discipline la plus sarree de l’Eglise , anéantit la puissance que Jesus-Chrisl a donnée au corps des premiers pasteurs et a leur chef, et renverse celle des evêques dans leurs diocèses. Cette constitution émane donc de principes hérétiques et schismatiques.
Principes puises dans plusieurs hérésies precedentes , déjà condamnées; mais que Marsile de Padoue osa le premier réduire en système, au commencement du quatorzième siecle.
En effet , ce novateur hardi ne craignit pas d’enseigner, dans un livre qu’il intitula Defensorium paris,
« qu’en tout genre de gouvernement
■ la souveraineté appartenoit à la » nation; que le peuple chrétien » avoit seul la juridiction ecclesias- » tique en propriété; que par consé- » quent il avoit seul le droit de faire » des lois, de les modifier, de les » interpréter, d'en dispenser, d’en » punir l’infraction, d’instituer ses » chefs, pour exercer la souverai- » neté en son nom, de les juger et de » les disposer, même le souverain » pontife ; que le peuple avoit con- » fie ta juridiction spirituellean ma- « gistrat politique, s’il étoit fidèle;
» que les pontifes la rerevoient * (alors)du magistrat; mais que,
«si le magistrat étoit infidèle, le » peuple laronferoit immédiatement » aux pontifes mêmes ; que ceux-ci » ne l’exerqoient jamais qu'avec su- » bordination à l’égard du prince ou » du peuple , et qu’ils n’avoient par » leur institution que lepouvoirde » l’ordre, avec une simple autorité
■ de direction et de conseil, sans » aucun droit de juridiction dans » le gouvernement ecclésiastique,
« telle que seroit l'autorité d’unmé- » decin ou d’un jurisconsulte sur
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«6 PAR
» le» objet) de sa profession vi). »
En conséquence, Marsile mettoit sur la même ligne, en fait d’autorité distinguée de l'autorité attachée à l’ordre même, le simple prêtre, l’évêque et le souverain pontife ; et cela , disoit-il , d’après l'institution de Jésus-Christ.
On voit que nos législateurs l’ont copie sur beaucoup de points, et sur d'autres ils l’ont dépassé , puisqu’ils ont donné aux infidèles, c'està-dire aux acatholiques qui etoient dans leur assemblée , le droit d’établir des lois pour la discipline spirituelle, et à d’autres acatholiques, celui d'elire les pasteurs de la nouvelle eglise de France.
Jean XXII condamna comme hérétiques plusieurs propositions extraites du Dtftnsorium pack, et comme hérésiarque Marsile de Padoue, auteur principal de ce livre, et Jean de Jandun, son collaborateur. La bulle de ce pontife , datée du i3 octobre i3a7, fut publiée dans tous les royaumes catholiques, notamment a Paris , dit l’abbe Pey. T.
des 2 puiss. t. 2 ,p. 106.
Edmond IVicher , syndic de l'universite de Paris , ayant renouvelé à peu près les mêmes erreurs en i6ia, le pape proscrivit son écrit sur la puissance ecclesiastique et civile , que lesconciles provinciaux, de Sens etd’Aix,condamnerentaussi comme contenant des propositions , des expositions , des allégations fausses , erronées , standaleuser et schismatiques , et , dans le sens qu ’ elles présentent, hérétiques .
Cependant, afin de consolider l’échafaudage de leur nouvelle église, les législateurs de 1790 annexèrent la constitution civile du clergé, comme articles constitutionnels à la constitution generale qu’ils vouloient imposer à la France; et ils exigèrent de tous les ecclesiastiques employés au saint ministère , le serment de la maintenir de tout leur pouvoir.
(l) Feller, au root Marelle de Padoue.
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Des innovations si étranges, et un serment si impie, excitèrent le xèle des premiers pasteurs de l’eglise gallicane et celui du souverain pontife.
Sur cent trente et uu évêques qui remplissoient les sièges dans le roy au me, cent vingt-sept s’eleverent avec force contre la prétendue eonslitulion civile du clergé, et refusèrent le serment inique (1). A ces prélats fideless'unirent soixante-deux mille prêtres du second ordre, tant réguliers queseculiers, lesquels aimèrent mieux s’exposera l’indigence , et à courir les dangers d’une persécution facile alors a prévoir, que de ceder aux promesses maguifiqiiesdu/rru/t/csoatrrain au prix de ce qu’ils dévoient a U foi et à l’unité catholique. Exemple sublime de devoùment et de fidélité , unique peut-être depuis que la paix fut rendue a l’Eglise par Constantin, a cause du nombre étonnant des ecclesiastiques qui le donnèrent dans une seule nation. Il faudrait réunir a ces généraux confesseurs, une multitude immense de fideles de tout rang , de toute condition et de tout sexe, qui demeurèrent invinciblement attaches à l’uiiite. En 1794 , apres que la persécution eut rudement frappé sur les pasteurs et sur les ouailles, environ un tiers de la population de la France n’avoit point encore participé au schisme constitutionnel.
Nous avons joint aux évêques de France, le chef de l’Eglise universelle. En effet, apres en avoir discuté les dispositions et les principes dans des assemblées de cardinaux, Pie VI déclara, dans un bref doctrinal adressé aux evêques de rassemblée nationale, sous la datedu 10 mars 1791, que le decret sur la con-
(1) Les evêques qui prêtèrent la main aux ioni>v.>t:.oas , furent les ésêques d’Aulun, d'Orléans, de Viviers, el l'archevêque de Sens qui doit aussi cardinal , auxquels se joignit le suftragant de Bâle, avec l'eveque de Bahjrlone.
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stitulion du clergé renversait lesdngmes les plus sacres , et la discipline de [ f-.glise lu plus certuine ; qu'il abolissoil Us d rails du premier siège , ceux des cirques , des prêtres , des réguliers des deux sexes; supprimait de saints rites, enlevoit à l' Eglise te< retenus et ses fonds, et qu enfin , il produisait des calamités si déplorables , qu'on ne pourrait les croire, si on né les avait pas sous les peux. Or , ce que Pie VI avançoit dans ce jugement, il l'appuya ensuite sur l'examen des dispositions contenues dans la constitution civile du clergé , qu'il discuta avec beaucoup de soin dans ce long bref doctrinal.
Dans un autre bref qu’il adressa au cierge et au peuple français, le i3 avril 1791, apres avoir rappelé celui du roniars precedent, le meme pontife déclaré que personne ne peut ignorer que , d’apres son jugement et celui du saint Siège apostolique, ta nouvelle constitution du clergé, « ne soit composée » de principes puisés dans l’beresic ; » qu’en conséquence elle ne soit he- » retique dans plusieurs de ses dé- » crets,etopposee au dogme catho- » lique; qu’en d’autres , elle ne soit » sacrilège, schismatique, eversive » desdroitsdcla primauté et de ceux » de l’Eglise, contraire à la disait pline, tant ancienne quemoderne, » et qu’elle n’ait été inventée et pu- » bliee que dans le dessein de dew truire entièrement la religion » catholique- »
11 ordonne à tous les ecclésiastiques et à tous les religieux, qui ont prête le serment tel que l’assemblee nationale l’avoit prescrit ( serment qu’il taxe d être une source empoisonnée et t ori% inc de toute sorte d'erreurs, ainsi que la cause principale des maux qui affligent l’église de France), d’avoir a le retracter dans l'espace de quarante jours, sous peine d’encourir, par la même, la suspense de tous leurs ordrej, et de tomber dans l'irrégularité, s’ils ont la témérité d'en faire ensuite quelque fonction. 11 déclare illégitimes, sacrilèges , entièrement
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nulle*, et il abolit toutes les élections faites, et celles qui se feront encore conformement a la nouvelle constitution du clergé, et décide que les élus, soit à des sièges épiscopaux, soit a des cures, n’ont et n’auront aucune juridiction ecclesiastique et spirituelle. Il déclaré encore criminelles, illégitimes, sacrilèges et faites contre les canons, les consécrations qui ont en lieu , et que ceux qui les ont reçues, sont suspens de tout exercice de l’ordre épiscopal , etc.
Enfin , il exhorte les fidclrs à ne point communiquer avec les intrus, surtout dans leschoscs saintes.
Dans un autre bref, en date du 19 mars 1792, et adresse aussi au cierge et au peuple français, Pie VI, pour repondre aux assertions mensongères des constitutionnels , affirme l’authenticité de. ses brefs precedents. Il déclaré que par ses ordres ils ont etc imprimes a Rome et envoyés, non-seulement en France, à l’adresse des métropolitains, mais encore dans toutes les parties du monde catholique, et qu’il en sera de même de ce dernier. 11 s’élève avec force contre le prétexté de defaut de forme dans la publication qu’alleguoient les mêmes constitutionnels pour se soustraire à l’autorité de son jugement. En effet, où en seroit la religion, dan* un pays où la puissance séculière etabliroit l’erreur et le schisme, ou les couvrirait de sa protection , si la voix réclamante de l’Eglise ne pouvoit s’y faire entendre, qu’après être sortie avec permission des bureaux de cette puissance ennemie?
Pie VI menace le cierge intrus de lancer contre luiunesentenced’excommunicjtion, et de le dénoncer séparé de la communion del’Eglise.si dans ■ leux foissoixante jours, terme qu'il assigne pour seconde et troisième inonition canonique, il ne revient à résipiscence , et 11e donne pas a l’Eglise une juste satisfaction : menace qu’il intente aussi, pour être execuiS.
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tce dans son temps, aux auteurs, qu’ils avoient forme de décaiholicLtr aux fauteurs, et à tous ceux qui ont la France; et le scbisme s'établit jure la constitution cUile du clergé, soit dans ce beau royaume. Un clergé laïques, soit surtout ecclesiastiques, nouveau s’empara, souvent à main s’ils persistent opiniâtrement dans armee, des sieges , des cures et des leur contumace. Enfin, il ordonne autres postes ecclesiastiques, aux à tous les fideles de s’attacher irre- quels le cierge fidele fut réputé avoir vocablement à leurs pasteurs legi- renonce, par cela seul qu’il n’a voit times, et de n’avoir aucune com- nas prête le serment prescrit.. Em— munication , spécialement dans les barrassespourtrouver dequoi remchoses saintes, avec les intrus et les plir tant de places que les decrets réfractaires, quels qu’il» soieut. déclaraient vacantes, les nouveaux Disons-le ici , le jugement porté evêques ne se montrèrent pas fort par le saitat Siégé , dans le bref du difficiles dans le choix des sujets à i3 avril 1791 (pour ne pas parler elever au sacerdoce et à placer. Un des autresbrefsdont aucun n'excita zèle ardrut pour maintenir la constides réclamations), devint bientôt lut ion civile du clergé, et pour propager le jugement de l’Eglise universelle, la soumission aveugle aux lois phi— Adresse directement à la France, losophiques, tint souvent lieu de comme nous l'avons dit , tous les talents, de connoissances tbeologi— évêques, qui ne s’etoient pas souil- qucs,et peut-être d’autres qualités les du serment inique, le reçurent non moins essentielles dans les miavec respect, le souscrivirent en nistresde la religion. On ne doitdonc jugeant avec leur chef, et y donné- pas s'étonner si l'on vit bientôt ce rent toute la publicité que les cir- clergé formé, ouplutôtcreeàla hâte constances orageuses purent per- et jeté hors du sein de l’unité, s’amettre. Envoyés officiellement à vilir par des orgies scandaleuses , tous les autres évêques de la dire- des apostasies criantes, des mariages tienté catholique, plus de i35 pré- contractes contre toutes les lois de latt etrangers y joignirent leur ad- l’Eglise, et par mille autres excès, hésion expresse; les autres ne récla- qui servirent du moins à ouvrir les mèrentpoint;et partout lesecclesias- yeux à un grand nombre de ses partiques exiles de France, pour avoir tisans, et les engagèrent à rentrer refusé le serment criminel , furent dans le saint bercail, accueillis par les premiers pasteurs, INotre plan 11e nous permet pas de comme de vrais confesseurs de la parler ici de la persécution atroce foi et de l’unité catholique. Aussi, que les philosophes , armes de l’auaprès avoir cherché de tout côté de torité,se hâtèrent d'exercer bientôt l’appui , les constitutionnels u'osè- contre les ecclesiastiques et les rentenoncerd’abordenleurfaveur, simples fideles demeures inebranlaparmi les évêques des églises établies blement attaches à la religion cathohnrs deFrance,queceluideNoli,qui lique. Alors on apprit àconnoîtrele sefitmieuxeonnoitre encore par son vrai sens de ces mots humanité, toléopposition isolée à la bulle auclorem rance , bienfaieanct , lumières, dont le» Mei, reçue dans toute l'Eglise. sophistes avoient rempli leurs écrits,
Cependant, malgré le jugement et fait retentir les sons avec tant solennel du siégé apostolique, la ré- d’emphase. Alors on s’aperçut, mais sistance courageuse de la majorité un peu tard, que, doux, humbles du clergé , et le mécontentement et caressants, tandis que, foibles end’une très-grande partie du peuple core et obligés de se cacher, ils n'ofrançais, les législateurs philosophes soient rien entreprendre, ilssavoient poursuivirent avec ardeur le projet devenir plus féroces que des tigres,
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dès qu'ils avoient le pouvoir en main , et qu'ils ctoient en état de compter sur leur nombre. Leçon triste ! mais dont l’Kurope avoit besoin. Heureuse , si elle apprend à en profiter , pour s'attacber à la religion qui l’a policée, et qui seule peut faire son bonheur et sa sûreté.
Apres ce préambule necessaire pou r faire connoître tes consti tu lionnels , il est temps de parler du conciliabule qu’ils tinrent a Paris, dans l'église de P'iotre-JJame, en 1797.
Cette assemblée, commencée le i5 août et terminée le ta novembre suivant, avoit ete convoquée par six eveques, que le dessein de rejoindre les éléments de l'eglise constitutionnelle, et de lui rendre une sorte d'existence, desoli(lite,desplendeur, avoit reunis dans la capitale.
Lu eifet , peu d'années après son établissement par les decrets de rassemblée nationale , d'autres decrets abattirent cet échafaudage comme peu digne d'une republique dont les conducteurs et les partisans zélés, adirés avoir adoré la dense raison, n admettoient plus d'autres dogmes que l'existence île je ne sais quei tire suprême, dont ils se disoient parties, l'immortalité de l’âme, le respect des propriétés, des lois anthropophages, l’amour de la révolution et de la réubliqueuneet indivisible. Mais des ecrets plus récents et moins barbares avoient permis aux constitutionnels de redresser leurs autels,et de rétablir leur culte.
Le synode s'intitula CONCILE NA- TIONAL. 11 s’y trouva trente-trois évêques , dix prêtres fondes de pouvoirs, cinq représentants de sieges censes vaquer, parce que la secte n’y avoit pas actuellement d'évêques, et cinquante-trois autres prêtres, qui se disoient députés des diocèses. Lecoi y présida assiste de Gratim et Serin il. Il etoit alors metropolitaind’lleet- Vilaine , et les deux vice-presidents etoient aussi métropolitains; le premier de Seine-Inferieure, le
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second de Haute-Garonne. Royer, encore évêque de l’Ain , remplit les fonctions de promoteur; on lui associa l'errur, evêque du Puy-del)ome , et iloyse, evêque du Jura.
Le roncile accorda aux prêtres, quoiqu'un peu à regret , le droit de voter avec les evéques.
11 établit dans son sein onze congrégations , dont la première avoit pour but de s’occuperdes mesures de pacifier l' Eglise ; la seconde , de Irai ailler à là pleine et entière justification des titres des pasteurs nouveaux : l’accord entr'elles etoit par conséquent un peu difficile. Les objets des autres congrégations etoient la foi, les moeurs, le développement et la défense des libertés de I eglise gallicane , les sacrements , surtout le mariage , les encycliques à revoir etY organisation des diocèses, les livres qu i manqu ent et ceu x à reimprimer, les institutions religieuses, les fêtesàsupprimeretàetabiir, les principes fondamentaux de la liturgie, enfin, l'administration temporelle des églises diocésaines et paroissiales.
Apres s’être déclarés constitues en concile national , etavoir renouvelé la consécration de la F rance sousla protection delà très-sainte Vierge, les Peres décrétèrent qu'on écriroit au pape, pour lui signifier l’ouverture du concile.
Au commencement de cette lettre, qui porte la date du iS août, les constitutionnels, evêqnes et piètres , oubliant que , hors de l'unhé catholique, il ne peut y avoir ni confesseurs ni martyrs de Jesus-Christ, se vantent d'être sortis récemment la plupart « des cachots et des fers, » et tous disposes à braver les mêmes » dangers , si l'intérêt de la religion » catholique que noueprof estons, disetlt- » ils , le demande. » lis témoignent ensuite qu'ils sont très-éloignés de laisser subsister la moindre ombre de division entre le chef de l’Eglise universel ù et eux. llsappellent le pape à leur secours , pour les aider à éteindre le
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feu des divisions, et à rendre la paix, a l'Eglise ; paix qu'ils font dépendre entièrement de lui. Ils le scrmonent , d'une manière admirable sur les brefs , « qui , disent-ils, ou ne sont » nullement sortis de vos mains, ou » ........ ne sont que des lellres furtives
» que la ruse et If mensonge ont surprises » à votre religion , et marquées du sceau » apostolique. » Ils attribuent à ces prétendus brefs tous les desastres qui ont fondu sur la France. Puis ils s'écrient : «< Et ces atrocités, ô très- >■ saint Père , ô vous que nous rek connoissons, que nous proclamons » le plus doux des hommes , et ces >> atrocités ....! îvotre cœur se rc-
» voile à l’idee de retracer ici , et de » mettre sous vos yeux de si revol- » tantes imputations ! » Mais oubliai! t bientôt queies brefs de Pie \] ne sont que prétendus , ils se plaignent d'avoir été condamnes sans qu'on les eût préalablement entendus , comme si leur cause avoit pu être douteuse, et n’avoit pas etc jugee déjà dans les siècles passes et dans plusieurs hérésiarques. F.coutonsfes surce point: « Quel est cependant » celui de nous dont on ne puisse » dire avec le même saintabbe (Saint » Bernard) : il est puni pour un grand » crime , lui qui n'en a .avoué aucun , qui » n'est convaincu d'aucun ? Quel est » celui d'entre nous qui n’ait lieu de » dire ce que disoit an pape Innocent » II, Albcron , archevêque deTrè- » ves : les forces que vous m 'ôtez , vous » vous les ôtez à vous- même : le mépris » que vous appelez sur moi, mon avi/isse- » ment auquel vous travaillez , ils retem- » beat sur vous-même ? » Ils exhortent « le pape à revenir sur ses pas , et ils » attendent le soulagement de la môme » main dont ils se plaignent qu est venue leur oppression. Il est beau de les voir ensuite déployer toute leureloquenre , pour prouver au souverain pontife le respect et la juste obéissance qu’ils ont pour sa suremineute dignité.
Ils en offrent pour monument indulÿuble.la lettre qu’ils lui ont écrite,
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dis qu’ils ont été légitimement élus et canoniquement institués , « mettant au pre- » mier rang de lenrs devoirs celui » de vous transmettre individuelle- » ment le témoignage de leur foi , de » leur amour , de leur respect et de >• leur soumission. » Ils parlent ici de la lettre qu’ils avoient écrite au saint Pere, conformement à l’article 19 du titre 2 de la constitution civile du chrgé, où il rst dit , nous le répétons : « Le nouvel évêque ne pourra >• s’adresser au pape pouren obtenir » aucune confirmation ; mais il lui » écrira comme au chef visible de » l’Eglise uni venelle , en témoignage » de l'unité de foi et de la commu- >• îiionqu’il doit 1 ntretrniraveclui.»
Luther faisoit des protestations encore pins grandes et plu soumises I a Leon X , avant que ce pontife n’eût lancé contre lui et contre ses erreurs, la bulle Lxurgc JJcmmc. Ce- » pendant, disent-ils encore, on » nous accuse devant vous , très- >• saint Pore, mais qu'avons-nous » donc fait ? rien (notre conscience » nous l’atteste, et ia postérité le » répétera ) ; non , rien que ce que >> nous commandoient rigoureu- » sentent , et les intérêts de notre » religion , et ceux de notre pa-
*■ trie Mous n’avons pu ne. pas
» prêter, en 1791 , le serment que » nous prescrivoit la loi, et que » nous commandoit la charité. Ln » efiet,en le refusant, dans quel » péril ne mettions- non* pas, et » notre saint , et le salut de nos » concitoyens? » Commesi le schisme , rhercsie,un ministère sacrilcge et frappe de nullité dans tontes les fonctions qui exigent la jur idiction spirituelle et ecclesiastique, pouvaient jamais devenir les objetsd’un devoir, et qu'il ne fallût pas plus tôt subir la mort , que de se laisser entraîner , ni quelque occasion que ce fût , dans de si énormes prévarications. Ces messieurs pleurent ensuite sur leurs confrères, prêtres, évêques même, *• hommes , helas!1/«i-
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» blés ions ta foi, ( qui ) ont c'te en- » gloutis par les (lots impétueux de » cette merécumante d’impiété. » Ils exhortent encore de nouveau le saint Pere à les seconder, à ne laisser point durer plus long-temps leurs maux , dont il n’est presque pas un seul auquel il ne soit en son pouvoir de remédier prochainement.
« Dites seulement une parole , et une » multitude immense de catholiques » se sentiront soulages d’un poids » accablant. » Enfin, après avoircxhorté de nouveau le pape à s'expliquer en leur f.i veur,ilss ecrient plaisamment: ■> Plût a Dieu que votre u âge et les grandes affaires qui vous «occupent, vous permissent d'ho- » norer notre concile de votre pré- »sence, et de participera nostra- » vaux , dont vous seriez l’âme et le » modérateur! Ciel ! de quelle joie » se sentiroient pénétrés tous nos » cœurs à la vue du père le plus ré- » veré et le pins aimé ! >•
il n’est pas nécessaire d’observer ici, que Pie VI ne répondit pas à cette missive pleine d'imputations calomnieuses . et dans laquelle la ruse , l’hypocrisie, la dérision se démasquoient de toute part.
Quantau bref du 5 juillet 1796, sur lequel les faiseurs de concile s’appuyent de preference à mille autres prîmes qu ils pourraient donner , disent-ils, de la non-authenticité des aut res brefs émanés de Rome, h l’occasion de ^constitution nouvelle du clergé on n’y voit rien , pas même dans le texte qu’ils rapportent, qui en contredise les dispositions ou ladoctrine. Loin de revenir sur ses pas, et de tomber en contradiction avec lui-même , lorsque les négociateurs français lui eurent présente, le 9 septembre 179G.de la part du directoire, 64 articles à signer pour avoir la paix, et dont le 4' exigeoit que le saint Père « désavouât, revo- » quât, annulât toutes bulles, res- » crits, brefs , mandements aposto- * tiques; lettres circulaires ou au-
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» très, monitoires, instructions pas- » torales, et généralement tousecrila » et actes émanes de l’autorité du » saint Siège, et de toute autorité en » resïortisant , qui srroienl rrlatifs aux » affairesde France depuis 178g jusqu'au >> susdit jour, » Pie VI rejeta avec indignation des propositions si étranges, et il répondit avec lafermetéqui convenoit à un digne successeur de saint Pierre , que ni la religion ni ta bonne foi ne lui permettaient db accepter cet conditions. On -ait aussi qu’il dit au prélat qui éenvoit sa réponse, et qui avoit l’air de vouloir lui en faire sentir le danger. « Qu'on n’y change » rien , parce que telle est notre re- » solution; et nous la soutiendrons, >• dût-il nous en coûter la vie (1). » Mécontents de n’avoir pas reçu de réponse à leur première lett re au pape, les constitutionnels lui en écrivirent une seconde , pour lui apprendre que te concile avait terminé sa session, et fut demander la convocation d’un concile général. Cette nouvelle lettre porte en titre comme la précédente : « L’Eglise gallicane, assem- » hlee en concile national à Paris, » à Sa Sainteté le pape Pie VI. >• Dans celle-ci, qui est plus franche et plus courte, les Pèresdu concile se plaignent de ce que le souverain pontife ne leur a pas répondu.
Ils lui mandent <• que son silence a >* contribué à entretenir un schisme » qui a eu les suites les plusdesas- " treuses , et pour f étal et pour la reli- » gion( il convenoit en effet à cesPères de mettre la république avant ce qui >> est dû à Dieu ). Ceux qui s’ods- » tineot à refuser nos embrasse- » inents, continuent-ils, annoncent » hautement qu’ils ne nous donne- * ront pas le Baiser de paix , que
(1) V:m. pour seivir à l'hist. ec-
clcs. pétulant le l8.e siècle, T. 3 , p. aq3. Suppléai. au ilict. Iiist. île Eel- Jcr, T. 1 1 , au mot PIE VI. Les Martyrs île la fui pendant la rév. franç .
parM. Guillon, T. 4* P* 394; «te., c,e-
a3a PAR
* nous ne l'ayons reçu de votre Sain- »teté.... Parlez donc, très-saint » Père dites à tous ou’il njapunais » nécessité de rompre l'unité. "Y 01 1 im ! mais de quel côté ctoient ceux qui la rompoient? étoit-ce du côté du clergé demeuré constamment attache a la foi antique, à la discipline établie partout depuis des siècles, et que le souverain pontife avec tous ses collègues dans l'episeopat recueilloient avec une bonté vraiment paternelle, comme de vénérables confesseurs de la foi et de l unité catholique; ou bien du côté d'un clergé créé en vertu d’un decret puisé dans l’hérésie, schismatique en plusieurs articles, -éversif des droits de I* Kglise et de la primauté ; d’un clergé, dontles élections, contraires aux saints canons, étoient milles, et nedonnoient aucundroit; dont les consécrations et les ordinations étaient sacrilèges, et produisoientla suspense ipso fado, d'un clergé qui, sans mission canonique, s'étoit emparé de sièges, de cures, etc. , occupés légitimement par des pasteurs reconnus de l’Eglise ; enfin d’un clergé avec lequel ni le chef ni les premiers pasteurs de l’Eglise, si on en excepte un ou deux , ne communiquoientpas? 11 estévidentque c’était à ce clergé nouveau, intrus , schismatique et hérétique, qu’il falloit dire de rentrer dans l’unité, et que c’était véritablement lui qui l’avoit rompue sans nécessité , puisque il n’r en a fumais de la rompre.
Cependant ces hommes nouveaux continuent : « Hélas! combien votre » silence a été nuisible ! des flots de » sang ont coulé et coulent encore » parmi nous , parce qu'on a fait pa- » roître en votre nom des brefs qui
* autorisaient la révolte, en menaçant » d’excommunier des citoyens soumis » et fiddes.... Eût-on penseà lespro- » duire , à les répandre , si vous » vousfussiez empressé de parler en
* père qui veut reunir tous ses cn- » fan U? « Aussi Claude Lecoz les ap-
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peloit-il élégamment, dans une de ses prétendues lettres pastorales, de»
brefs homicides. Mais il n'y a qu’a lire ces brefs qui inquiètent tant les constitutionnels du concile, pour s’apercevoir que Pie VI y a déployé tous les sentiments que peuvent inspirer la charité chrétienne et la tendresse d’un pere qui sent ses entrailles se déchirer quand il est forcéde montrer de la sévérité.
La fin de la lettre est curieuse :
« Au surplus, très- saint Père , une » grande église est troublée ; si elle » est accusée, elle doit être jugée, « elle demande à' l'être : c'est à l'E- » glise universelle assemblée qu’elle » remet sa cause. En conséquence , » elle reclame de votre Sainteté la >• plus prochaine convocation d’un “ concile oecuménique. » Ainsi , à l’exemple des pelagiens, les constitutionnels du concile appellent du jugement du saint Siège et de celui de toute l’Eglise dispersée, qu’ils récusent au moins par le fait , au jugement de la même Egliscassemblée en concile : appel qui ne convient assurément qii à des hommes qui unissent au schisme l’hérésie la plus formelle et la mieux caractérisée.
Mais laissons les reflexions qui se présentent ici en grand nombre , pour retourner aux operations intermédiaires du concile, abrégeant autant qu’il nous sera possible.
Apres la première lettre au chef de f Eglise ,' on lit dans le recueil des canons , etc. , un décret pour inciter les ecclésiastiques dissidents , qui résident en France , à se rendre au concile national . Ils appelent dissident le clergé insermenté.
Dans la lettre qu’ils adressent en conséquence aux évêques et prêtre# dissidents, ils se plaignent de la discorde qui règne , comme s’ils n’en étaient pas eux-mêmes une des principales causes. Us prêchenléloquemment la charité, comme si cette vertu ne supposoit pas la foi, et pouvoit se trouver dans un parti qui a
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rompu l'unité catholique Us cumulent les textes des saints Peres , qui cependant ne leur sont pas favorables. Ils parlent de sacrifier ï exactitude dre réglés au bien de la paix; mais ils ont fait déjà ce douloureux sacri fice eu faveur du schisme et de l’erreur. llsoftrentencore tous ceux qui seront compatibles avec la justice et la -vente; et cette offre si genereuse en apparence, ils la démentiront bientôt dans leurs plan et decret de pacification. Ce qu’il y a de plus étonnant dans cette adresse, c'est qu’ils osent bieu s'appuyer, pour réclamer la paix, sur un texte de saint Denis d’Alexandrie, dont la teneur tout entière les condamne d’une manière positive. Voici aquelleoccasion ce grand pontife parlait, et voici son texte tel qu’il est rapporte par JEusebe , Ihst. cccies. I. t>. cap. 45, et non pascommeon le cite,/. 8. c. 3y.
L’impie Novatien étant parvenu , à force de fraude et de violence , à se faire imposer les mains a Rome , du vivant du saiut pape Corneille, écrivit à tous les évêques catholiques, selon l’usage , pour leur annoncer son élévation sur le premier siégé, et leur demander leur communion. Il pretextoit que tout s’etoit fait maigre son refus et sa résistance. Saint Denis lui répondit ainsi : « S’il est vrai , comme vous >* nous l’affirmez, qu’on vous ail >* ordonné malgré vous , vous le fe- » rez voir en cedant voloutairemeut.
» Car il falloitsouffrir tout, pour ne » pas diviser l’Eglise de Dieu; et le » martyre que vous eussiez endure » pour éviter de faire un schisme , >> n’eût pas etc moins glorieux , » même il l’eût été plus, selon moi , >* que celui que l'on souffre pour ne >• pas sacrifier aux idoles : ici, on en- » dure pour son àme seule ; la , c’est •> pour toute l’Eglise (i). » La cause dont il s'agissoit alors, etoitla même
(i ) Si quidem iuviltu , ut asscris, eo «ddutlus ca , id nobit ostendes tua
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que celle dontils’agit ici , du moins quant à ce qui concerne le schisme considéré isolemeut ; saint Denis est doue tout entier contre ceux qui allèguent ses paroles ; et, suivant ce Pere illustre , c’est a ceux-ci a faire des sacrifices , non à ceux a qui ils les demandent.
Cette lettre , datée du i5 août,
est suivie d'un plan de pacification, qui (ut proclame par le concile, dans l'eghse de Notre-Dame , le a4 septembre suivant.
Ou examine dans ce plan quelle doit en être la nature ; à qui on doit le proposer; dans quel esprit il faut agir; quels sont les points sur lesquels il faut convenir; quelles sont les conditions de la pacification; s’il ne sera point necessaire d'adresser le plan au pape , et s’il ne seroit pas convenable d'en faire aussi part aux evêques de* églises étrangères.
Un repoudala première "uestion, que ce plan doit être foude sur la charité , la justice et la vérité; être proportionné à la nature et à l'ctcndue des maux ressentis]; être établi sur des bases générales , fixes et uniformes. Sur la seconde question , on déclaré qu’on ne peut traiter avec les ecclesiastiques du premier et du second ordre , qui sont hors de la république , et inscrits sur la liste des émigrés. «Nous " ne sommes point juges de la loi, >> disent ces bons peres , notre de- » voir est de nous y conformer 11 » est d’ailleurs évident que les lois » ecclesiastiques elles-mêmes nous » empêchent de traiter avec ces
sponte re.lcuudo ; satiùs quidem fuerat quidvis pati , ne Ecclesia Dci discinderetur. iScc minus gloriosum füissct idciren subire martyrium , ne Ecclrsiam scindeics, quàm ut ne idolis sarrifirares. Imô illud , meo quidem judicio, illustrius fuisset. Hic enim pro sua unius anima : illic pro omni Eccicsià martviium quis sustinet. Trad.
du grec en latin par Henri Vaiois , édit, dclrierrole Petit, 1677.
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» personnes. » Comme si aucune loi ecclesiastique proscrivoit les ministres de la religion exiles par la puissance temporelle , pour la cause de la foi et de l’unité ! Cependant, continue-t-on, <• la religion.... interdit » a ses enfants toutes relations avec » les ennemis du gouvernement » sous lequel ils vivent.... Nous ne » devons traiter qu’avec ceux des » anciens pasteurs qui résident ou qui » pourront résider en France, Mais » ceux-ci se divisent eu deuxclasses; » les soumis et les insoumis. 11 résulté *> des principes que nous venons d’e- » tablir , que ces derniers ne peu- » veut être compris dans notre ac- » commodément, tant qu’ilspersiste- » root dans le refus lormel de s esou- » mettre aux lois tlt h. république.» Ce n’etoit donc pas la peine de faire tantde bruit pour un plan de conciliation qui se trouvoit sans objet. Car peu de prêtres orthodoxes avoient prête le serment de liberté et d' égalité. Nous ignorons s’il y en eut qui se soumirent a celui de haine à ta royauté, etc. Mais les constitutionnelsavoient ete profondément avilis; ils avoient besoin , pour reconquérir quelque crédit auprès des âmes simples et sensibles , de faire sonner bien haut des offres impossibles , des plans impraticables, mais présentes avec un air de douceur , d'affection et de tendresse capable d’en imposer.
Tant qu’ils ne turent pas en état de faire trembler leurs adversaires par leur nombre et la violence de leurs moyens , les sectaires , ainsi que les sophistes modernes,- usèrent constamment de procédés doux en apparence , ne prêchant qu'humanite, que charité , que tolérance , que soumission , et ne se montrant jamais au dehors, que, comme le dit l'Ecriture , son le vêlement des brebis Voici une phrase que nous ne
pouvons omettre. « Ah ! qui mieux a que l'Evangile prêche la liberté et » l'égalité. .! •> Nous n’y ferons aucune réflexion. Pour y en faire de justes,
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il suffit de se rappeler ce qu on entendoit , dans ce temps de déliré et de fièvre ardente , par ces mots inscrits alors partout, et répétés à tout propos par les bouches républicaines.
Dans la réponse à la troisième question , les constitutionnels du concile ne veulent pas qu’on prétende tes assujétir à des rétractations. « Hé ! » s’ecrient-ils , ne serions-nous pas dans » le cas d’en exiger nous-mêmes ? \ ai— » nemeut on nous demanderoit un » desaveu plus ou moins formel de » notre conduite, nous sommes assurés » de n' avoir fait que notre devoir . >> Ils ne veulent pas non plus qu'on présente à leur acceptation les prétendus brefs de 1791 et 1792. Car, « outre qu’ils sont injustes, en ce » qu’ils condamnent des pasteurs » qui n'ont pas ete entendus , ils sont » encore éversifs des droits de notre » église. » Ils auroient pu ajouter, que ces mêmesbrcfsla renversoient , la pulverisoient , l’aneantissoient aux yeux de l’univers catholique, et avec tout le poids de l’autorite de l'Eglise universelle , qui s’etoit uni?
contre eux a son auguste chef, Enfin, pour tout moyen de s'entendre et de convenir avec eux , il faut de part st d'aulrs oublier le passé , et revenir au point d' ou l'on état sorti avant les trou* hles. Nous n'opposerons a ces vues, si contraires a la pratique de l’Eglise dans tous les siècles, envers les heretiques qui revenoient a l’unité, que ces paroles de saint Hilaire de Poitiers a un empereur arien : « 11 » est impossible, ciisoil-il , et la rai- » son elle-même ne permet pas que » les choses qui sc répugnent , aient » entr’elles de la convenance ; que » celles qui sont opposées, se reunis- » sent ; que la vérité s’allie avec le » mensonge ; que la lumière et les » tenebres se confondent ; que le » jour et la nuit subsistent ensem- » ble dans un même lieu (1). »
(() Lib. ad Conslantium Augustin».
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On lit, au commencement de la réponse à la question sur 1rs points dont il faudra convenir, une allégation bien étonnante : « Grâces à Dieu , ydi- » sent les Pères, nous sommes d ac- > cord sur le fonds; et c’est avec un » profond sentiment de reconnois- » sance envers Dieu , que nous . voyons le depot de la foi conserve » intact parmi nous. » Ils comptent donc pour étrangère au fonds de la dispute la constitution civile du cierge.
Ils regardent donc encore cette constitution déplorable comme orthodoxe dans toutes ses parties; et, ce qui est plus étrange encore, ils supposent qu’on pense de même «lu coté des insermentés , ou plutôt dans toute l'Eglise catholique ! Aussi , ne craignent-ils pas d’appeler opinion la crovance opposée a leurs sentiments^, en quoi ils imitent les eusebiensqui, pour engager Constantin à faire recevoir Arius dans la communion de l’Eglise, disoient qu’on convenoitdu dogme ; que l’objet de la dispute n’interessoit pas la foi; que ce saint prêtre n’avoil combattu que des opinions subtiles et inutiles que 1 évêque d’Alexandrie avoit eu tort d’elcver , et dont il ne devoit pas exiger la croyance, etc. Il s agissiiit neanmoins de la consubstantialité du Verbe, eternel , point fondamental de la foi catholique, «lefniideià par le concile de Nicee.
Cependant les Pères du concile national établissent les bases de la reunion. Les conditions qu'ils exigent des dissidents , pour (aire la paix avec eux, sont la soumission aux lois de la république : le maintien des maximes et des libertés de l’église gallicane , entendues sans doute dans leur sens ; la persuasion (ju une église nationale a tous les pouvoirs necessaires pour se constituer , se gouverner , changer et améliorer sa discipline parti culicre; pourvu ( et ceci paroit difficile à concilier avec le droit de se constituer, pris surtout dans l’acception qu’on y donne), pourvu qu’elle con-
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serve religieusement la discipline generale. 11 faut encore que les dissidents s’occupent , de concert avec les constitutionnels, à rédiger un nouveau code de discipline, conforme aâx anciens canons, cl adapté à l'état actuel de l'église gallicane. Enfin , les Peres les invitent à reconnaître , en attendant cette rédaction , f élection des évéquts par le clergé et par le peuple , leur confirmation et leur institution par le métropolitain : conditions dont reflet seroitde grossir le parti schismatique , par l’accession de ceux qui jusque là y avoieiH montre une religieuse opposition ; d’augmenter le mal, et peutêtre, de le rendre incurable, loin d’yapporterquelque remede. « Nous >» prions nos frères , ajoutent les >* membres du concile, d’être inti- • mement persuades , que le bien de » la religion est le seul motif qui nous » détermine à exiger d'eux I adoption » de ces articles. ••
Afin de porter encore plus loin la complaisance et la honte envers les dissidents, les mêmes peres veulent bien repousser , par une déclaration solennelle de leurs sentiments, le reproche qu ou leur fait , disent-ils .
« i.° de n’êlrc point unis à l’Eglise >. universelle, et de ne pas recon- » noître lesaint Siégé comme centre » de l’unité catholique; a.° de ne » pas croire que 1 Eglise a tous les » pouvoirs necessaires pour se goti- » verner elle- meme ; 3.° de prei—
» tendre que les prêtres sont en » tout égaux aux évêques ;4'oen“®i » de nier la nécessité d une autori- » sation canonique pour I exercice » légitimé du ministère pastoral. »
ils protestent donc delcur attachement inviolable à l' Eglise catholique , apostolique et romaine, comme si la profession ouverte de l’heresie et le schisme pouvoient s allier avec un attachement de cette nature. Ils reconnoissent que le pape est de droit divin le chef visible et ministériel Ae l’Eglise , et qu’il a , en cette qualité , la primauté d’bcnncuret de juridic-
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tion. Cette «pression ministeriel est très-suspecte. Ils disent sur l'autorité de 1 Eglise pour se gouverner , ce qu'ils pouvoient dire , a force de distinctions et de subtilités, quand ils prêtèrent le serment proscrit, llsparoissent revenir sur leurs pas à 1 égard de l’autorité cpiscopale en matière de juridiction. Mais quant à ce qui concerne la mission canonique, ils persistent à dire qu’elle n’est necessaire, que pour le maintien de l’ordre, et pour exercer légitimement les fonctions épiscopales et sacerdotales, parce qu’ils sont « inti—
» mement convaincus que l’evêque » et le prêtre reçoivent imroediate- » ment de Jésus-Christ tous les » pouvoirs et leur mission divine. »
Au reste, la mission canonique consiste , suivant eux , dans l’autorisation donnée à l’évêque par le métropolitain , au curé par son évêque. Ils ne parlent pas des vicaires des paroisses qu’ils laissent dans l’etat où la constitution du cierge lésa placés, c’est-à-dire au choix des cures, y ajoutant le consentement de l’évêque.
Sur la cinquième question concernant les moyens de pal ification , apres s’être loués comme des héros, qui présentent avec magnanimité l’olivier de la paix à leurs freres divises, les Peres du concile pensent appeler indistinctement aux fonctions du saint ministère , tous les pasteurs et prêtres qui sont restes fideles à leur vocation, «< quelle qu'ait ele lcuro/Ji- » nion surlesqueslionsquiont divisé » régisse de France. » Ils établissent ensuite en principe, « que la lé- » gilimité des titres des pasteurs élus,
» consacrés et institués depuis lygt, ne » peut être contestée : c'est une vérité » démontrée jusqu’à l'évidence, et sur » laquelle la justice et la vérité ne per- » mettent point de transiger. » Ils proposent en conséquence , que , quand il n’y aura qu’un evêque pour un diocèse . et qu’un curé pour une paroisse, il soit reconnu de tous; que quand ils seront deux, l'ancieu ;
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soit replacé, de manière que le nouveau lui succède de plein droit,»
moins que la confiance des peuple* n’exige que celui qui devroit ceder la place , y demeure. Enfin , ils demandent aux pasteurs insermentés, avec lesquels ils croient pouvoir traiter, une déclaration d’adhésion au decret de pacification , faite dans les trois mois qui suivront la proclamation de ce decret dans l'église métropolitaincde Paris, laquelle se fera de la part des évêques, par-devant le métropolitain, et à son defaut, par-devant le plus ancien sufTragant; de la part des curés , entre les mains de l’evêque diocésain , ou du presbytère , si le siège est vacant. Ils iaissent néanmoins aux anciens titulaires , qui n’auroient pas rempli cette condition dans le temps marque , l’espérance d’être employés ailleurs que sur les sieges ou dans les cures qu'ils occupoieut avant les disputes.
A l’egard desdeux dernières questions, s il est nécessaire et adresser au pape le plan de conciliation , et s’il est convenable de F adresser aux évéques des églises étrangères, les Peres du concile disent qu’il, leu rparoitdans l'ordre d’informer Sa Sainteté de toutes leurs opérations , et de lui adresser le décret dont il s'agit, en la suppliant d’employer, tousses soins pour pacifier notre église et pour ramener nos freres à des sentiments de concorde et de paix. Ils opinent de même sur le second chef,dansla confiance que ces églises les consoleront, coutribuant, autant qu’elles le pourront, à la cessation de leurs maux.
Le decret de pacification qui suit ce plan , en contient la substance et les conditions. L’article déclaré que l’église gallicane « n admet au « rang de ses pasteurs, que ceux *> qui ont manifeste leur fidelité à la *> republique , et qui en ont donné » la garantie prescrite par la loi. »
Aussitôt que les Pères du concile ; eurent terminé leur grand travail
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touchant la pacification , ils tou lurent en faire parta leurs adhérents, par une lettre synodiqne qu’ils leur adressèrent. Ils s’y extasient à la vue du courage étonnant avec lequel ils ont surmonte les obstacles qui s'oppnsoient à leur reunion , et sur la charité tendre qui, comme une vive lumière, a pénétre leurs cœurs, conduit leurs pas, dirige leurs démarchés, et porté toutes leurs pensees vers ces freres , qui veulent *n t ain (lever un mur de séparation , pour des opinions diflérentes , suscitées et entretenues par ces intérêts divers. Ils racontent qu’ils ont sollicite le pape, « par tous les motifs de charité et » pourl’interêl de la religion même, » de se rendre pacificateur. » Ensuite, tournant leur zèle vers les pu sieurs et les fidèles, ilsleur prêchent, entr’aulres choses inutiles a rapporter, la grâce de Jesus-Christ, •• sans » laquelle, disent-ils, nous ne som- » mes rien, sans laquelle nous. ne » pouvons rien. Que les saintes Ëcri- » tures,ajoutent-ilsun peu plus loin, » retentissent sans cesse aux oreil- » les de tous , soient sans cesse dans » les mains de tous : «deux chefs qui ne sont pas lès seuls à l’egard desquels les révérende évéques et tes vénérables prêtres du concile tendent la main aux disciples de Jansenius et de Quesnel , au préjudice de l’orthodoxie et de la soumission due aux décisions emanees de l’Eglise. Dans une autre synodique adressée aux peres et meres, etc. , ils osent bien placer parmi les livres les plus intéressants pour la foi rt pour tes mirurs , des ouvrages fabriques par des mains janseniennes, et remplis de» erreurs du parti ; tels que l'année chrétienne de Letourneux, l'exposition de la doctrine chrétienne de Mezengui , le catéchisme de ISaples , autrement institution et instruction chn tienne, dédiée a la reine des l)cux- Siciles, et autres semblables.
Mais toute leur affection n'est pas circonscrite dans le jansénisme, ils en conservent bien encore une bonne
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part pour la république françûse.
Suivantcux, *• le gouvernement ré- •> publirain est relui qui se rappro- » che le plus des principes de l’E- » vangile ; et cette sage liberté, cette » égalité civile qui en sont les vérita- » blés bases, ne semblent-elles pas *• propres, s’ecrient-ilsavecenthon- » siasme, a rappeler dans l’ordre po- » lilique, l'ordre mêinr que Jesus- » Christ est venu ramener sur la » terre( i )? «Comment n’ajouteut-ils pas encore, que c’est dans l'Evangile que 1 humas Payne a puise les articles de ses droits de l'homme ? Un blasphémé de plus leur coûteroit-il beaucoup? Du moins, ils veulent que l'établissement et les progrès de cette admirable republique soient l’œuvre de Dieu,ctqu’ou soit profondément aveugle, si on ne voit pas son doigt dans les triomphes qu'elle a remportes sur tous ses ennemis. 11 nous paroît, au contraire, qu'un chrétien srnse regardera constamment la republique française, les crimes qui 1 ont arnenee, les atrocités qu’elle a commises, et toute la révolution operee en France par les philosophes a la N oltaire, comme un châtiment terrible , mais juste , que le ciel a exerce sur cette belle contrée et sur l'Europe entière-
Quoi qu’il en soit, abaissant leur* vues longues et pénétrantes jusque dans la profondeur des plus sécrétés pensees, les peres aperçoivent dans les dissensions politiques qui divisent les Français, au sujet de leur cherc republique, « la principale, cause » des divisions religieuses qui dê- » durent, disent-ils, notre eglise. >• En vérité , si par leu r église ils n’entcndoicnl pailer que de leur secte
(î) Il faut »e ressouvenir que la république n’etoit qu’une anarchie désavouée par la plut saine partie de la nation, et que les termes de liberté et d’égalité pri» dans le sens qu’y donnoient alors les républicains , eiprimnient des opinions monstrueuses.
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nouvelle , on leurrcpondrott qu’ap- | aremment ils ont raison, puisqu'ils j oivcnt savoir à peu de chose près ce qui s'y passe; mais on voit qu’ils veulent designer ici l’église gallicane, dont ils se disent faussement les membres ; et ils ont tort d’imputer au clergé de cette eglise , de se séparer d'eux à cause de la republiue, ou d’antres innovations faites ans l’ordre temporel, et pour des vues politiques. Ignorent- ils donc, ou ne se ressouviennent-ils plus qu'on offrit, dans le sein même de rassemblée nationale et dans toute l’ctendue de la France, de prêter le serment exigé, avec la seule reserve des droits de la religion et de ceux de l’Kglise ? Reserve qui fut rejetee même par un decret.
Mais c’est trop nous arrêter sur une pièce , dans laquelle on s’attend bien qu’on trouvera l’empreinte du cachet de ceux qui la firent ou l'approuvèrent.
Le concile invite ensuite , par un decret , les églises des pays reunis à la republique française à venir partager ses travaux. Il en émet un autre sur la foi , dans lequel il condamne l’hérésie de la rtbapùsalion , « et toutes maximes, toutes propo- » sitions tendantes à faire cominet- » tre des actes de violence, sous » prétexte de défendre la foi catho- « tique.... comme anti-chretien- »* nés et subversives des principes » de notre sainte religion. »
llfnlloit bien opposer au moins un décret ecclesiastique à l’armce de la Vendce, et aux fideles qui , par attachement à la religion , avoient montré, dans une multitude de paroisses, une répugnance, et quelquefois une résistance si généreuse au nouveau schisme , que les intrus avoient été obliges de recourir à la force armée , pour pouvoir penetrer dans les postes qu'ils envahissoicnt, et s’y installer.
En appliquant au mariage d’une manière indéfinie et sans réserve ,
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la maxime par laquelle ils établi» • sent , « que c’est à la puissance ci— •> vile qu’il appartient proprement » de regler les conditions et les » formes necessaires pour la vali- » dite des contrats , » les Pères du concile s'approprient l’erreur de ceux qui , enlevant à l’Eglise tout dreit qui lui soit propre sur le contrat matrimonial des chrétiens, ainsi que sur le lien qui en résulté , et ne reconnoissant en elle , à cct egard, qu’une autorité, ou usurpée, ou précaire , empruntée et dépe ridante de la volonté des souverains temporels , ne lui laissent de pouvoir qu'a i’egard du sacrement, dont, disent-ils , elle est la depositaire , souveraine. 11 convenoit en effet, qu’une eglise inventee récemment , et bâtie sur un nouveau plan , admit aussi une doctrine assortie , et qu’elle s’unit à d’autres ennemis de l’eglise ancienne, afin de pouvoir braver avec plus d'audace sa puissance et ses anathemes.
L’erreur dont ils agit , et qui fait la base du decret du conciliabule sur le mariage , est opposée à la pratique constante des siècles du christianisme depuis les apôtres jusqu’à nous. Elle est contraire au dogme defini parle concile de Trente, dans plusieurs canons de sa session 2 4* de malrimonio , et de plus récemment encore par la bulle Amlortm Fidei , dans la condamnation de la 59* proposition du synode de Pistoie- Enfin, elle est tres-pernideuse dans les suites déplorables qu’elle produit depuis que les ennemisde la religion et de l’Eglise la font retentir aux oreilles des fidèles ignorants , libertins ou chancelants dans la foi.
C’est sur le même fondement que les constitutionnels déclarent, art.
a de leurs decrets , •< que la validité *> du mariage est indépendante de » labenediction nuptiale. » S ils eussent voulu parler franchement , ils eussent mis la présence du pré/re désigné par l' Eglise àla placedela bénédit-
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lion nuptiale, et ils ne se fussent point ' cent parmi les livres élémentaires à contredits ; puisque , selon eux , les mettre entre les mains des jeunes empêchements dirimants apposes gens, l’ancien et le nouveau Tesau mariage par la seule puissance lamrnl.
ecclesiastique, n’atteignent que le sa- ! Le décret <ur la vacance des offices ecclé-
creinent. ' siasliques offre quelques d spositions
Au reste , les faiseurs de concile, dignes de trouver place ici. Le i** ou sentent Lien qu'ils forment àeux article estainsi conçu : « Les offices seuls et avec leurs adhérents une •> ecclesiastiques vaquent par mort église tout entière et indépendante | » naturelle ou civile, par émigration , de toute autre .ousecrqjrnt au-des- » déportation indéfinie , abandon, demissus de l'autorilede l'Eglise univer- » sion , mariage, apostasie , ou proselle , à laquelle ils se <&«n< néanmoins » motion à un autre office, suivie fortement attaches; car, ils tran- « de la prise de possession. >> chent sur la proclamation des bans Ou y établit des monitions à faire du mariage , dont ils n’exigent que à l’absent, et un tribunal composé deux faites au prdne ; et sur les de- de l'evêque et de trois membres du grés prohibes, n’appelant l’autori- presbytère, nommés par l'accusé; de trois sation de l'evêque, que pour bénir les archiprêtres , nommes par l’evêque, mariages» contractes entre beau- et de trois cures, nommes par les » frere et belle-soeur, oncle et niece, cures de l’archiprêtre de i’ac- » tante et neveu .... ( et) entre les cusé. 11 y a appel du jugement » cousins-gennains. » porté dans ce tribunal , au mé-
Cependant il faut leur savoir gré tropolitain qui doit être assisté de ce qu’ils reçoivent l'Evangile et du presbytère de la métropole, de l'enseignement de l’Eglise univer- manière qu'il y ait au moins dix juselle sur l'unité, ta perpétuité et Cindis- ges. A l'egard d’un evêque, le trisolubilité du mariage ; même que lésa- bu liai qui le juge est composé du cremenl «ne peut être conféré, ni métropolitain et de ses coinproviu- » aux personnes divorcées, ni aux ciaux au nombre de sept, à cher- » ecclesiastiques engagés dans les or- cher , en cas de besoin , dans la me- » dressacres, ni aux religieux et reli- tropole voisine , etc. , etc.
» gieuses, niauxpecüeurspublics. » Dans le discours qui précède leur Nous passons sous silence d'an- décret sur les élections, les constitutiontres decrets et canons sur la refor- nels ne reconnoisscnt que deux anmation des mœurs des ecclésiasti- neaux dans la chaîne non interques et des fidcles, ainsi qu’une rompue de la succession des paslettre synodique aux pères et mères teurs; savoir X élection et X ordination. dont nous avons déjà dit un mot. Il « C'est, disent-ils, par ces deux suffit de remarquer que les Pères » voies, selon l’expression de lîosdu concile ne laissent point ecbap- » suet, que, de pasteur à pasteur , dVper l’occasion d'exalter leur minis- » véquez évêque, se transmet l’autotère, de prouver leur attachement » rite que Jésus-Christ laissa aux à la republique, d'exhorter leurs » apôtres. » Comme si la mission caadhérents à voler aux armes pour la uonique n’entroit pas necessairedefendre , quand ils y sont appelés , ment dans la chaîne dont ils parlent, et de condamner indirectement les et que le célébré évêque de Meaux armées qui combattoient pour la en eût méconnu l'indispensable nécanse de la royauté. ressite ! lis s’elevent ensuite contre
Ils dressèrent aussi un décret ; la tyrannie des souverains et de la pour X organisation des écoles chre- j cour de Rome , l’insouciance du tiennes. On y remarque qu’ils pla- . clergé et du peuple, et l'ambition