‹ Dictionnaire des concilesChapitre 106 sur 263 · PAR PAR · texte numérisé non relu

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de» chapitres des cathédrales, qui Pères du concile reprennent comme influèrent , selon eux, sur les chan- très- déplacée , comme subversive gements survenus aux élections des de l'ordre, pleine de scandale et pasteurs de l’Eglise. Ils accusent les suspecte d'iutcntions perverses. Us evêques nommes par la cour, d’a- gourinandent ceux qui transigent voir abandonne leur troupeau , lors de la sorte avec ces prêtres inconde I;,1 nouvelle constitution donnée a stants; ils veulentqu'on les repousse, la France : d’où ils concluent la le- et ils apprennent aux peuples que gilimite des évêques nouveaux , élus leur droit inaliénable de choisir par le peuple et ordonnés par d'anciens leurs pasteurs, droit qu'eux-mêmes itéqur : et que c'est ainsi que la reconnoissetit volontiers, qu’ils déchaîne a été continuée sans rupture fendent de toutes leurs forces , et ent re les premiers evêques et ceux que même ils creeroient s'il n’etoit

aui occupent actuellement, disent- pas déjà établi, ne va cependant s, leurs sièges. Enfin, Ils relevenl point jusque là. Il nous paroitque leur élection comme très-légitime , et c’est dommage que des casuistessi leur institution comme plus conforme profonds etsi fermes dans leurs prinaux anciens canons. Du reste, pour les cipes , aient sitôt oublie qu’ils placlections aux sieges et aux cures, çoient naguère la chaîne de lasucils se rapprochent de la constitution ci- cession pastorale tout entière dans vile du clergé, avec quelques nuances ces deux anneaux , \' élection et Vordi— qu’ils y admettent. nation ; et qu'en conséquence le mi-

Yiennent à la suite de ces régie- nistere de ces prêtres gyrovaguet déments deux autres decrets, dont voit être, à tres-peu de chose près , l’un a pour objet de pourvoir aux aussi légitimé que celui des évêques sieges vacants, et l’autre d’en eriger du concile. L'élection de ceux-ci dans les colonies. Ils en créent en avoit-elle été plus canonique? Et conséquence, pour Saint-Domin- les prêtres g//ù>'a#HMavoient-ils reçu gue, la Guadeloupe, la Martinique, une ordination moins efficace? Mais Sainte-Lucie , Cayenne, l’ile de quand on innove , les contradictions France, l’île Bourbon (ou de la sont sou vent commodes ; quelquefois Réunion ) , etc. , et ils assignent les même elles deviennent necessaires } métropoles d’où ces nouveaux sieges tout l'art consiste alors à ne pas les ressortiront. prodiguer, et à les couvrir d’enve-

Dans une nouvelle synodique sur loppes apparentes et bien ajustées. divers uhus introduits dans quelques pa- Les Pères ont ensuite bonne grâce à roissrs, les Peres du conciles elevent s’écrier ■ <* prêtres ! les evêques sont avecbeaucoupde vigueur contre les » vossuperieurs. » ( La constitution ciprêtres grrsvagues qui , sans autori- vile du clergé, dont vous avez juré le sation , de leur propre chef, et par maintien , ne le dit pas fort clairement des vues interessees , peut-être plus sur ce qui concerne la juridiction. ) mauvaises encore , vont se jeter sur « Jesus-Christ les a places au-dessus les paroisses, ou pour y supplanter » de vous pour gouverner l’Eglise. » les pasteurs légitimement établis, et ( Mais la même constitution vous s’emparer de leurs places , ou pour defend de gouvernersans les prêtres pactiser avec des peuplessaos curés, et ayec une autre prépondérance promettant de les desservir moyen- sur eux , que celle d’un simple prenant une modique rétribution ; s'iu- sident dans un tribunal. ) « Et vous gérant ainsi dans le ministère pas- <> osez vous ingérer ( il falloit ajouter toral sans autres titres que leur or- » comme nous), dans ce gouveroedination et le choix que ces peuples » ment, sans leur approbation, sans ont fait d'eux. Conduite que Içs » leur consentement , contre leur

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à ordre exprès. » Noos ignorons si les ecclesiastiques auxquels s'adrcssoit «cite apostrophe virulente, y repondirent : ils avoient du moins beau yen. Quoi qu’il en soit, les IV. es invoquent avec assez de maladresse le 5o' canon arabique, qui ordonne qu’il a jr ait qu’uu évêque dans une ville, et qu’un prêtre dans une église de la campagne. Ils se plaignent aussi de la durete de plusieurs fideles envers leurs pasteurs; et enfin ils décrètentqu’aucun prêtre ne doit s’immiscer dans l’exercice des fonctions pastorales de son propre mouvement, sans y être dûment autorise par l’evêque , ou par le presbytère , en cas de vacance du siège ; et qu’étant ainsi placé , il ne puisse être rejeté sans un jugement du même tribunal.

Un autre article porte encore , que « la religion impose aux fideles » l’obligation de fournirau.x besoins » de leurs pasteurs, aux depeuses » du culte, et aux frais communs du » diocèse. »

Dans l’exposé des principes liturgiques, qui précède deux décrets sur cette matière, exposé où l’on trouve quelques vues saines et lumineuses , les Peres avoienta(oor«/lc 7' article ainsi conçu : « La liturgie dut , au- » tant qu’il est possible , associer >* l'intelligence des fideles au sens » des prières et des cérémonies. »

Proposition qui se rapproeboit en effet de la 86f de Quesuei , et de la (i6‘ du synode jansenien de Pistoie , comme tendant à introduire l’usage de la langue vulgaire dans les prières liturgiques. Mais devenus bientôt plus hardis, ils l’insinuèrent dans le considérant du second décret^ y ordonnèrent non-seulement que les prières du prône se feraient désormais en langue vulgaire, mais que , « dans la rédaction d’un » rituel universel pour l’eglise galli- » cane, X administration des sacrements » sera en langue française : les formules » sacramentelles seront en latin. » Ils veulent aussi que , hors le cas de né-

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cessite, les fidèles commuaient seulement à la messe , immédiatement apres le prêtre. Ils ordonnent encore qu'on lise , après les prières du prône , et a la première et derniere messe , où il y en a plusieurs , 1 ' epUre et l 'évangile, j ajoutant , à la graude messe, une instruction, et aux autres messes, les reflexions qui accompagnent l'epîtrc et l’évangile. On entend apparemment recommander ici l 'année chrétienne de Letourneux.

Nous ne ferons aucune reflexion sur ce que le concile ordonne touchant X administration des sac rnents en langue vulgaire , sauf les formules sacramentelles : peu de jansénistes ctoicnt ailes jusque-la, quoique ce fût leur vœu bien prononce ; et l’on sait assez avec combien de raiso i l'Eglise s'oppose à de pareilles entreprises.

Suit un reglement pour maintenir I ordre et la décence dans la célébration de l’office divin. On y bannit du sanctuaire, les laïques , et du chœur les femmes. Hyest défendu aux pauvres de mendier dans les églises ; et on y invite les fideles à ne leur faire l’aumône qu'a la porte du temple. Enfin on établit des silr/iliaiers , pour maintenir l’ordre pendant les offices.

Dans d’autres decrets sont instituées 1.° une fête commémorative du rétablissement du culte , laquelle doit être solennisec à perpétuité, le dimanche de la Quinquagesime ; 2.0 des prières pour la république, placées dans le canon de la messe , dans les oraisons et collectes , au saint.

Ces deux décrets sont suivis d’un autre , dans lequel on arrête, que •< tout catholique français doit aux » lois de la république une soumis- " sion sincere et constante. » Tant la république etoit chcre à ce clergé ne' de ses éléments ! On renouvelle aussi l'article du decret de pacification , rapporte ci-dessus, pag. 28S , cod . 2* Mais une pièce plus curieuse encore, c’est l’instruction du concile

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pour exhorte ries peuples à prêter le serment de haine à ta royauté a a F anarchie , etc. Ces casuistes ne voient rien dans ce serment qui puisse effrayer la conscience d'un français timoré. Ils réfutent des objections assez légères au’ils supposent qu’on y fait. Ils appellent à leur secours les

«rincipes au richerisme le plus pur.

s donnent leur exemple comme une des règles qui doivent bannir les doutes , terminer entièrement la cause. Suivant eux , Jésus-Christ « consacre par sa conduite cette » grande maxime conservatrice des » droits des puissances : F Eglise est » dans F état, et non F état dans F Eglise. » Maxime qui ne peut présenter un sens vrai que quand on l'applique aux objets du ressort exclusif des puissances temporelles, et qui est fausse , quand il s’agit de la doctrine chrétienne , de l’administration des sacrements , du gouvernement spirituel des âmes, à l’egard desquels le souverain , quel qu'il soit, doit se soumettre, d'après l’ordonnance de Jésus-Christ lui-même, à la puissance ecclesiastique -, en sorte qu'en ces points l'état est véritablement dans l’Eglise , non l’Eglise dans l’état. Au reste, il ne faut pas s'étonner si les Peresdu conciliabule émettent sans explication cette maxime de saint Optât de Milevc , qui ne l'entendoit pas comme eux. Ils avoient juré de maintenir la constitution civile du clergé, dont nous avons fait connoître le principe fondamental; et ils maintiennent en ceci cette constitution. «Nous vivons, nos tres- » chers frères , disent-ils encore , " dans un état républicain , nous y » voyons les droits de l'homme consa- » crés , les opinions religieuses respec- » fées ; le culte catholique y est non- » seulement toléré , mais encore pro- « iéeé par les lois. *> Si * par ces droits de l'homme , ils entendent ceux qui furent décrétés par l’assemblée nationale , cescasuistes se montrent admirables, en y applaudissant. 11$

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le sont encore plus, auand ils réduisentla religion catholique à des opinions religieuses et au cuite , à moins nue par ce mot culte, ils ne prétendent designer la religion tout entière; dans ce cas , le concile ne paraît guère bon théologien ; et en se rejouissant de voir les doctrines contraires à la foi catholique , respectées , il fait justement soupçonner qu'il n'est pas assisté par le Saint- Esprit.

Les Percsdéploient toute la pompe de leur éloquence dans leor mandement du 28 octobre , à l’occasion de la paix d’Uditie pour relever la gloire de la republique, la protection du ciel sur elle et sur ses armes triomphantes." L’histoire, s’écrient- >■ ils , en racontant la chute d’un " trône qui sembloit affermi par » les siècles, et que nulle puissance >> au monde n’a pu defendre, dira >> aussi de quelle maniéré s'est clevce *> la republique française.... Ebram >• lee , des le principe , au dedans et « au dehors, déchirée par des fac— » tions, épuisée parles déprédations, >> minee par une guerre intestine , »> elle s’est vue encore attaqoee tout >> à la fois par des puissances qui » avoient reuni toutes leurs forces « pour la détruire; mais elle s'est » affermie par les orages, et a re- » sislé aux efforts combinés des » rois et des peuples ligués contre >> elle, etc. » Sans doute que les Pères constitutionnels ne prévoyoient pas alors que cette république si licre dans sa contenance, si robuste dans sa constitution , et si invinciblement appuyee par la valeur de scs troupes victorieuses * viendroit , dans trois ans , expirer toutàcoup aux pieds d'un etranger ; et que quinze années s’etant ensuite écoulées, le trône antique se relèverait en ¥ rance, comme par miracle , de la poussière de ses débris , et réduirait eu poudre celui de l’usurpateur.

Les Pères saisissent aussi l'occa-

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sion de la paix d’Udine. pour montrer leur zèle à mettre l’Ecriture sainte entre les mains de tout le monde.

Ils disent que « celui qui ne marche » pas à la clarté de ce flambeau , >• s'égare dans la vanité de ses pen >> sées. >> C’est donc une loi imposée à tout fidele de lire les livres sacrés. Mais comme tous ne savent pas les langues anciennes, il s'ensuit qu'ils sont tenus de recourir aux versions faites en langue vulgaire. Or, il se présente ici quelques embarras pour le choix : on a traduit lalïihle à Genève , à Louvain, à Port-Royal , et ailleurs; est-il indiffèrent de se servir de la version faite par les ministres protestants de la capitale du calvinisme , ou de tout autre qui peut tomber sous la main? 11 nous semble que les Pères , qui se repetent assez souvent sur cet objet, eussent dû penser à décider ce cas, et indiquer, s’ils avoient pu le faire, une traduction de la Bible digne de confiance, et que tout fidele, quelles que fussent ses dispositions, put lire sans Imprudenre et sans danger. Mais il

Îiaroîtqueles Pères ne portoient pas eurs vues si loin, etqu ils vouloient seulement soulager encore en ceci la douleur extrême que ressentent les jansénistes , leurs frères , depuis plus de quatre-vingts ans, époque cruelle où là bulle Unigenitus, qui les condamnoit; fut jetée dans l’univers catholique et reçue par lui avec un fatal respect.

Le concile termine son mnndementpar une invitation spccialcaux dissidents , de venir joindre leurs actions de grâces à celles des constitutionnels pour la paix proclamée sur le continent , et ne plus faire avec eux qu’une union sainte dans la paix et la charité de J ésiis— Christ .

Dans la synodique où le concile annonce sa fin et rend compte de ses travaux , il dit unmot qui réduit un peu la gloire que ses exploits contre les obstacles à sa tenue dévoient lui asssurer aux yeux du mondeentirr.

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>• Réunis sousl'égidede la loi, dit-il, •• depuis l'ouverture jusqu'à la clo- » turedu concile, nous avons éprou- » vé sans intcrruptioi) la bienvcil- ■> lance protectrice desautor’tescon- >■ stituees, qui se sont assurées les » droits les plus justes à notre recon- » noissance. » Ensuite ils font part à leurs adhérents d’une déclaration qu’ils adressentà toute la chrétienté, comme an monument cl jamais durable de leur amour pour ta vérité, et de leur courage pour en défendre les droits.

Ici , les révérends et vénérables tant évêques que prêtres , se plaignent que , quoique assemblés pour pacifier l’église de France, et qu’ils n’aient cessé d’ouvrir les bras àleurs frères dissidents , ils n'ont néanmoins obtenu presqu’aucun succès. De là , ils prennent I Eglise universelle à témoin de leur conduite et de la conduite de ceux qui refusent leurs incitations tendres et fraternelles .Usa jou ten t que le respect dont ils sont pénétrés pourlesouverainpontife,leurn/-</onn< de regarder comme apocryphes les brefs du 10 mars et du i3 avril 170 1 , et celui du ig mars 1792, puisqu’ils ne sont revêtus, disent-ils, d'aucun caractère d' authenticité ; et que , suivant eux , « s’ils etoienl autbenti- ** ques, ils devraient être dénoncés h [' E— » glise universelle „• car ils renferment » des assertions attentatoires aux » droits souverains des peuples et » surtout à la doctrine de Jésus-Christ , » en condamnant l' obéissance à des » lois qui ne sont pas contraires à celles *> de lareligion. » Voilà, pournousservir d’une de leurs expressions, des symptômcsb\en saillantsde leur profond respect pourle chef del’F.glise.

Cependant, ils gémissent « de » voir un grand nombre de chrétiens » plonges dans l’ignorance, au point » de croire qu’on ne peut être ca- » tholirjue sans le consentement du >■ premier des pasteurs. >• 11 nous paroît que les constitutionnels se montrèrent ici plus ignorants que ceux qu’ils taxoieut avec larme, cè

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ce défaut. Car, s’ilsse ressou venoient de ce que Jésus-Christ dit à saint Pierre , quand il l'établit fondement de son Eglise , de ce que les canons anciens, qu’ils vantent tant, avoient statué, de la discipline reçue de tout temps , de ce que les Peres enseignent d’une voix unanime , enfin de ce que l’histoire ecclésiastique atteste hautement , ils connoîtroient mieux les prérogatives du premier siège de la catholicité ; ils sauroientqne tout rayon qui ne tient pas à ce centre, est hors de l'unité ; et que quand le pontife suprême a prononcé la sentence d’excommunication , il n’appartient pasà uneéglise particulière d’en absoudre. Mais on nous parle d’actes arbitraires , comme si tout ce que l'autorité légitime a fait dans tous les temps contre les entre-

Prises de ennemis de la religion , de ordre et du bien public , n’avoit pas toujours été signalé par eux comme arbitraire. Il semble aussi que les constitutionnels cherchent à s’armer ici découragé, et à soulever les peuples contre l’excommunication dont Pie VI les avoit menacés dansson bref du 19 mars 1792, par la crainte qu’ils ont de l’exécution de cette menace.

Quoiqu'il en soit, ils osent espérer encore quelque remède aux maux de l’eglise de France, de la part du même pape dont on leur a cependant donné, disent-ils, l'assurance des dispositions bienveillantes à leur égard. Mais « dans cette at- » tente , ajoutent-ils, nous travaille- >* ronssans relâche à répandre la lu- » mitre , jusqu’à ce que tous les yeux » voient la limite qui sépare l’autorité » légitime de l’abus qu'on peut en >* faire. «Travail curieux, sans doute; lumières apparemment profondes et sublimes, mais encore inconnues au monde chrétien , puisqu’il faut un travail sans relâche pour les y répandre.

Cette iactance singulière a toute la physionomie d’une menace, qu’ils adressent à leurtour au chef de l’E-

glise et à tous ses collègues dans l’épiscopat ; on doit donc s'attendre que les sources dans lesquelles ils puiseront leurs autorités et leurs documents, ne seront pas les mêmes que celles où l'Eglise enseignante trouve la tradition et les règles sages qu'elle regarde comme u ne boussole.

Il est vrai qu’un grand nombre de jurisconsultes modernes leur fourniroient à cet egard une mine tresriche à exploiter.

Apres cette bravade menaçante* les pères continuent ainsi : « Dans » lecasoù l’acte de justice, que nous » avons sollicité tant de fois, nous » seroit refusé; considérant que nos « ennemis ( ces freres qu'on a tant » caressés jusque-là), après avoir dé~ » chiré la France , n’ont cessé de nous » calomnier aux yeux des autres égli- » ses de la catholicité, forts de la « justice de notre cause , de la droiture de » nos intentions ...t au nom des pasteurs « et de tous les fidèles de l'eglise gal- « licane, nous demandons un jugement » légal et canonique , de l'Eglise univer- » selle. Eu conséquence, nous faisons » au chef de l’Eglise les plus vives » instances pour qu’il convoque au » plutôt un concile œcuménique , à la » decision duquel nous nous sou- « mettons d’avance. » Les constitutionnels jettent ouvertement ici le masque : ils demandent un jugement légal et canonique ; par ce jugement , ils entendent la sentence d'un concile œcuménique : et c’est à une décision de cette nature qu’ils se soumettent d’avance. Peut-on méconnoître plus clairement, quoique d’une manière oblique, l’autorité de l'Eglise dispersée , et lui refuser l’infaillibilité que Jesus-Christ lui a promise , quand il a dit qu’(7 seroit avec elle, TOUS LES JOURS , jusqu'à la in des siècles , et que les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle? Ou ces hommes téméraires espèrent qu’on leur accordera la tenue du concile qu’ils réclament, et c’est de leur part le comble de la présomption ; ou ils

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n'y comptent point ; et alors leur demande est illusoire , et ils ne l’émettent que pour tromper les peuples , gagner du temps , et solider leur révolte. Ce n’est pas tout.

« En cas de refus de la convoca- » tion d’un concile œcuménique, >> nous demandons F avis motive des » facultés de théologieetdesuniver- » sités de l'Europe. » Comme s'il pouvoit venir de là quelque décision Lien rassurante contre le jugement du saint Sregc et du corps des premiers pasteurs ! « Surtout nous ré- >• clamons le jugement des autres « églises nationales , à qui la justice, » la charité et l'exemple des pre- »> miers siècles imposent le devoir de « s'intéresser solidairement à toutes >* les portions de l’Eglise catholique. » Comme si tous les evôques avant déjà prononce su r leurs sieges, d'une manière expresse ou tacite, avec leur chef, il pouvoity avoir quelque raison d’appeler en conciles nationaux ceux desdiversescontrées. Les jansénistes Saint-Cyran,Quesnel et consorts ne portèrent pas d’abord leurs prétentions si loin, llsn’exigèrent, pendant un temps, nue des monuments attestant l’adhésion des églises de l’Europe à la huile Unigenitus. Pourquoi leurs enfants se montrent-ils sitôt plus hardis et plus difficiles que leurs pères ? Ils se vantent quelquefois d’ôtre les disciples du grand Bossuet; comment osent-' ils s'ecarter de sa doctrine dans un point si essentiel et si périlleuxPCet cvôque illustre ne disoit-il pas, et ne de vons-nous pas dire tous avec lui :

“ Le quelque manière que l’Eglise » donne son consentement , l'aflaire *> est tout— à-fait terminée; car il ne » peut jamais arriver que l’Eglise » gouvernée par l’Esprit de vérité » ne s oppose pas à l’erreur (i) ? »

Enfin, les Pères s’écrient : <• Placés » en face de l'incorruptible poste-

(t) Dcfens. déclarai. Cleri. gallic.

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» rité , qui, du sein de l’avenir , s’a- » vance vers nous, nous faisonsrette » déclaration solennelle qui attes- » tera au monde chrétien et aux ge » nérations futures la pureté de notre » foi , la justice Ae nos réclamations, >• l'espri t de (hanté en vers nos frères, >* et de soumission aux décision del'E- » g lise, qui nous animera jusqu’au a dernier soupir. »

Suivent quatorze acclamations ,

Iiarini lesquelles ils n’oublient ni eurs frères dissidents ni les défenseurs de la patrie , ni la republique, dont ils demandent à Dieu la conservation et la prospérité.

On lit un peu apres : « Extrait collu- » tioné sur tes proces-verltaux des séances ” du concile national de France , par les » évéques réunis à Paris, soussignés; et scel- » lé du sceau du concile national. A Paris , " le 4e dimanche du Carême, 18 mars, » de l'an de Jésus-Christ iyg8( sHren- » tôse an 6 de ta république française). "Les signataires sont: Saurtne, Grégoire, Royer, Desbois, Wandelaincourt, Raymond et Clement.

Tel est ceconciliabulequ’on avoit donné d’avance comme devant re medicr aux maux qui affligeoient l’église de France. On y remarque un grand emharrasausujet des brefs de Pie VI , dont tour à tour on suppose et on rejette l’authenticité.

On y fait semblant de vouloir une reunion entre les ecclésiastiques et les peuples des deux partis : on y offre môme à cet egard des sacrifices apparents ; mais on oppose au contrat de cette réunion des conditions impossibles : il ne faut rien moins que les pasteurs fidèles et les catholiques abandonnent l’unité dans laquelle ils se tiennent fermes, pour se jeterdansuuparti isole, ned’hier, et qui prétend imposer la loi : encore y réduit-on à zéro le nombre de ceux avec qui l’on dit qu’on veut traiter. On voit donc que ce grand appareil n’est qu’un leurre qu’ou cherche à mettre devant les yeux d’autant de dupes qu’on pourra ,

afm de se relever du mépris souverain dans lequel on est tombe , et de déverser tout le blâme sur les ecclésiastiques orthodoxes — Une autre chose nous a étonné ,en lisant le recueil dont nous venons de terminer l'analyse, c’est de n’y avoir rien trouvé de la part de la congrégation chargée de travaillera ta pleine et entière justification des titres des pasteurs actuels. Seroit-il arrivé qu’elle .eût négligé cette tâche si importante; ou bien qu’elle n’eût rencontré, ni dans les anciens canons ni dans les monuments que fournit l’histoire, rien qui pût fairesaillir la légitimité de ces prétendus titres ? Il est vrai que le conciliabule parle de cette légitimité comme d’une chose évidente; mais le travail d’une congrégation entière se seroit-il réduit a une allégation qui demande des preuves péremptoires, et que l'on attend de toute part avec empressement ?

Proclam, du roi sur les décr. de l’ass. n al. pour la constil. civ. du clergé, et la fixai, de son tract. Canons et décrets du C. A'. de France.... n is en ordre par les èvéques réunis à Paris.

PARIS ( autre conciliabule national de) tenu par les constitutionnels en 180t.

11 avoit été convoquédèsle2 mars de l’année précédente, par quatre

Erélats du parti, quiformoient dans i capitale une sorte d’agence générale ue leur clergé, sous le nom d’évéques réunis.

A les entendre dans leur lettre d'indiction, le synode national de 1797 « composé d’hommes qui por- » t oient les honorables cicatrices de » la persécution, » avoit présenté à l’univers catholique une des assemblées les plus mémorables dont il soit fait mention dans les fastes de l’Kglise. On y avoit vu briller avec éclat, la pieté, le patriotisme, les talents , d« profondes lumières. Traduits eu diverses langues, ses canons et ses décrets fqisoieut au loin l'admiration de tous les esprits éclairés.

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