‹ Dictionnaire des concilesChapitre 107 sur 263 · PAH · texte numérisé non relu

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I Presque dans toute l'étendue de la | republique , le zèle ranime d'une manière efficace avoit pris un nouvel essor. L’instruction étoit devenue et plus frequente et plus lumineuse, des synodes, tenus avec une imposante régularité, avoient, par des statuts sagement rédigés , remédié a des maux urgents ; et préparé les esprits à se plier sous les régies salutaires d’une discipline homogène Dix-huit ou vingt sujet elevés depuis à la plénitude du sacerdoce, consoloient l’episcopat constitutionnel, et reparoientdejà plusieurs des nombreuses pertes, qu’il avoit essuyees ( par la mort , l'apostasie , le mariage , et l’abandon des fonctions épiscopales de plusieurs). Enfin, fécond en grandes œuvres , et après avoir rempli toutela mesure du possible, le concilede 1797 n'avoit échoué que contre son oljit spécial, l’extinction du ■schisme des dissidents. Mais on peut se consoler du non-succès en ceci :

« L’Europe catholique est témoin de » nos in vitations fraternelles; et l’his- » toire racontera aux siècles à venir » quelle fut notre conduite, et >> quelle fut celle de nos adversaires. » D’ailleurs, 011 le sait assex, « le » clergé dissident, plus occupé , dans » l’ancien régime , -de dignités et de » biens temporels, que d’instruire » les fideles , abandonna , dans le >» cours de la révolution, le trou- » peau qu’il avoit laissé croupir » dans l’ignorance. »

Nous demanderions volontiers ici aux réunis Saurlne , Grigoire, Desbois, et JVandelaincourt , compositeurs et débitants de cette charmante circulaire, ce que c'est que ce schisme des dissidents qu'ils n'ont pu eteindre ; et comment il est possible de devenir schismatique, en professant, au péril de sa fortune , de sa liberté et de sa vie , la foi de l'Eglise dans tout son entier, et en demeurant notoirement dans sa communion , de l'aveu même de son chef et de tous ses premiers pasteurs? A coup sûr

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H en laissa ni ainsi lès dissidents sont tombes dans le schisme , il faut attribuer ce schisme déplorable au souverain pontife , à tous ses collègues dans l'episcopat, à l’Eglise universelle elle-même, qui n’ont point fait difficulté de communiquer avec eux, et qui partout les ont accueillis, proclames comme de gencreux confesseurs de la foi et de l’unité catholique. Nous demandons encore à ces évêques reunis, si la génération élevée sous leur conduite et sous la conduitede leurs collègues et de leurs cooperateurs, a montré , en matière de religion , une instruction beaucoup plus developpee et plus lumineuse, que la génération formée précédemment par ce clergé qu’ils se plaisent à traiter tantôt de dissident tantôt d'incommunicant ? Si celui-ci , à l'egard duquel ils affectent de garder toujours un profond silence, quand ils parlent de persécution, a quitte la France sans y être réellement forcé, et sansy avoir laisse des ouvriers evangeliques, pour porter secrètement aux fideles répandus dans les villes, les bourgs , les villages, jusque dansleshameaux les plus retirés, l’encouragement, les consolations, la paix, en un mot, tous les secours qui sont dans les mains de la religion ? S’il faut mettre au rang des fables inventées à plaisir, les decrets qui ledeportoienl dans descontrees étrangères, l’exiloientsurdes plages meurtrières, ou le condamnoient à une mort cruelle? Ést-il donc faux qu’un grand nombre de ses membres aient péri sons la hache des assassins , dans de sombres cachots, sur des échafauds dressés partout, dans des régions inhabitables,sur des vaisseaux où ilsetoient entassés à fond de cale? Qu’ils nous disent eux, si, dans les circonstances difficiles où ils se sont momentanément trouves, leurs évêques et leurs prêtres ont fait éclater autant de pa tiencPj de résignation , de cou rage, de dévoument et de zèle pour vo-

1er au secours de leurs adhérents , que les missionnaires catholiques en ont déployé envers les fideles ?

Des faits nombreux et trop récents pour s’être échappés déjà de la mémoire de ceux qui les ont vus, et les registres qui constatent/ o/wr/asie du sacerdoce arrachée aune multitude de ces enfants infortunés de la constitution cieile du cierge, par la crainte des vexations, des cachots et de la mort, crient assez haut contre eux.

Pourquoi donc tomber à tout propos sur le clergé insermenté , quand on sait, à ne pas en douter, qu’on ne le peut sans s’exposer à des contre-coups assommants , à des répliques accablantes ?

Le premier synode national avoit levé hâtivement sa session sur des bruits très-alarmants, comme le témoigne l’évêque de la Seine : il n’avoit pu , en conséquence , terminer des objets d’une haute importance, sur lesquels on eût désiré qu’il statuât. Le nouveau synode devoit y suppléer, et porter ses regards eu particulier sur « le rétablissement de » la pénitence canonique » ( si vivement désiré dans le dernier siècle par les jansénistes, et tenté déjà dans l’église de Sens), “la pratique descon- » seils évangéliques, l’éducation des » enfants, celle des clercs, l'établisse— » ment des séminaires, les étudescc- » clesiasliquesà ranimer, les moyens » de pourvoir aux frais du culte et «à la subsistance de, s pasteurs, l'a- » mour de lu république ( expirante ) » à fortifier, l’cxqmen des fêtes reli- » pieuses à établir ou à supprimer, >> i’uniformite de livres symboli- » (jues , ascétiques et liturgiques , » I uniformité de statuts synodaux , >■ F organisation diocésaine à complé- •> ter, l’usage et l’abus des dispenses >> et des réserves, le maintien de •> nos libertés , qui ont été le bou- » levard de l’eglise gallicane contre » les usurpations ultramontaines , *> les relations avec le saint Siège et les » autres églises du monde chrétieu ,

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i» le rappel des sectes au centre de l'unité, » et tant d'autres questions impor- » tantes et délicates qu'il faudra » aborder avec courage, discuter avec » profondeur, et décider avec cette « sagesse propreàmainteniriesprin- » cipes inébranlables de la religion *' catholique , en frondant les erreurs *» et les aius qu’on a voulu lui asso- »> cier. »

Le nouveatf concile national devoit mettre en problème , si le concile de Trente est reçu ou non en France: et l’on indiquoit pour fournir les renseignements ultérieurs à cet égard, les savants Mignot et Agitr , dont le premier avoit appelé de la bulle Unigenitus au futur concile oecuménique , et le second décidoit tranchcment que le concile de Trente n’etoit admis en France, ni quant à la discipline, ce qui est assez généralement vrai , excepté un grand nombre de points particuliers qu’on y a toujours suivis ; ni quant à la doctrine, ce qui est entièrement faux. Les réunis vouloient qu'on discutât encore dans le synode de 1801, les erreurs qui s’étoient elevées depuis le concile dont nous venons de parler. Entreprise contraire aux droits de l’Eglise , qui a prononcé déjà sur plusieurs oc ces erreurs.

« Quoi ! s’écrie l’évêque constitu- » t ionnel de la Seine, qni s’opposoit *• à la tenue du synode ; l’on ose pro- >• poser auxPcrcsqui composeroient » ce concile , de délibérer sur l’ac- » ceptation du concile de Trente , >• de prononcer sur toutes les er- » reurs qui se sontélevées depuis ce » même concile. Quelle impruden- " ce ! Que prétendent donc ces fai- “ seurs de projets? Veulent-ils aug- » Orienter les troubles et les dissensions ? Veulent-ils réveiller des >> querelles que le gouvernement ( il falloit dire que l’Eglise appuyee du gouvernement) s’est, efforcéd’as- » soupir; rallumer un feu mal éteint » et capable de tout embraser? Yeu- » lent-ils accroître sans mesure les

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» maux de l’église gallicane déjà » trop affligée, et la précipiter dans t> une ruine entière qui deviendroit » presque inévitable ? » Le synode devoit s’occuper encore de la pacification ; « Aviser aux moyens d’ac- » celerer la tenue d’un concile oecu- >■ menique ; examiner dans quelle » partie de la liturgie il convient d’in- >> troduire l’usage de la langue vul- » gaire ; indiquer la meilleure ma- » niere d’etudier l’Ecriture sainte, » et les exercices les plus convenables » pour en répandre le goùtet laron- >* noissance parmi les iideles; enfin , » régler , d’apres nos libertés, quels « sont les rapports de discipline qu’il » convient d entretenir avec le saint Siège. » Cette dernièrequestion paroissoit assez inutile.

Telle cloil en raccourci, la vaste matière sur laquelle le clergé constitutionnel assemblé en concile national , devoit porter des canons et des décrets admirables. Les réunis en avoient conçu une haute idee, et pour préparer les travaux qu’exigeoient tant de choses à discuter, ils avoient invoqué les lumières et les talents de savants de toutes les classes. « On ne verra pas, disoient-ils, » l’Europe rétrograder vers les

» fausses décrétales L’antique

» discipline commence à se relever >• sur lesdebrisdececodeapocryphe:

» et l’époque n’est pas eloignee où » la constitution cicile au clergé, qui fut » le sujet de tant de clameurs, de ca- » lomnies et de récoltes, paroi Ira, mal- >> grc quelques imperfections, un des ef- » forts les plus génénuxpçme restaurer " les formes antiques du gouverne- » ment ecclésiastique. »

Au reste , les réunis pensent qu’3 « scroit superflu , injurieux meme » de recommander qu’on choisisse » des députés qui réunissent la piété, >• les vertus et le patriotisme : le » clergé de France , ajoutent-ils, ne » reconuoît plus que des pasteurs de » celte trempe, depuis qu’il a été pu- » rifié par la défection des deux

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clas3« dp prêtres (réguliers et séculiers ) « ordonnes dans l'ancien régime : » les uns entachés d'incivisme , les » autres d’apostasie. <■ Ces prélats ont sans doute raison de ne pas accuser d’incivisme les prêtres de leur créaticn ; mais pourquoi les séparer de la crasse honteuse des ecclesiastiques de l’onrirn régime, quand on parle d’apostasie P Pardonnons-leur cependant cette bévue, effet tout naturel de la prédilection qu’ilsconservent pour les prêtres auxquels ils ont impose les mains. Du moins ils ne devraient passe fâcher si rudement contre les apostats tirés de /’ ancien régime ; car il y a grande apparence que sans eux, ni les réunis ni leurs très- révérends collègues, n’eussent pas été faits évêques des rivières , des montagnes et des rochers dont ils portent les titres , et que malgré le généreux effort pour restaurer informes antiques , qui a produit la constitution civile du clergé , ou n’eût pas vu , en France, de pasteurs de cette trempe.

Nous neparlerons pas de l'instruction envoyée par les réunis aux conciles métropolitains , où nous avons puisé déjà quelque chose de ce que nous venonsde dire. Il nous suffira d’observer que ces assemblées dévoient se tenir dans le courant de l’eté de l’année 1800, et préparer les voies ainsi que les travaux du synode qui devoit avoir lieu , en 1801 , à Paris. Mais nous ne pouvons passer de même sous silence la circulaire adressée par les réunis aux évêques des églises étrangères.

Ils leur apprennent que l’épiscopat est un; que toutes les églises doivent s'intéresser mutuellement à ce ui les concerne ; que c’est surtout ans les temps de désastres que doit se manifester cette tendresse mutuelle ; que depuis dix ans lcglise gallicane a vu peser sur elle tous les maux que pouvoient accumuler la persécution la plus féroce, et la dérision la plus déplorable ; que le droit

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et le devoir donnent à chaque pasteur l'initiative pour accourir au soulagement de notre église; qu'une occasion se présente pour donner à l’eglise gallicane des preuves effectives de charité , le concile national indiqué pour la première année du dix-neuvieme siecle , où l'on doit censurer de nouveau toutes les erreurs contre te dogme et la morale qui , depuis le concile de Trente , ont tenté de flétrir la virginité de la foi , etc. Les réunis vantent le courage que leur clergé a déployé dans la persécution, lisse plaignent que leur foi et leurs mœurs ont été calomniées auprès desegliscs étrangères; qu’on yproscrivoitlcurs apologies ; qu’on y crioit a l’hérésie , sans pouvoir articuler un seul dogme auquel ils eussent donné atteinte; au schisme , quoiqu’ils ne cessassent de proclamer leur attachement inviolable au premier des pontifes; à l’excommunication , quoiqu'il n’y en eûtaucune, et que si elle eûtexisté, il eût fallu, pour être valide, qu’elle fût prononcée par l’autorité compétente , aue les inculpés eussent été entendus, etc. Car ils ne reconnaissent pas les excommunications à Jure dont une frappe les schismatiques et les hérétiques.

•< Nos adversaires, disent-ils en- » core , livrés entr’eux à l'anarchie , « et dont quelques-uns justifient, » par leur acte de soumission aux » lois ce que nous avons fait neuf » ans plutôt. »

Les réunis se permettent ici une contre-vérité manifeste. Les prêtres dont ils parlent a voie nt promis fidélité a la constitution qui établis soit le consulat à la tête de la république, et dans laquelle il n’etoit pas question de la constitution civile du clergé. L’acte que ces prêtres avoient signé , ne faisoit aucune mention des lois, et il y avoit une déclaration insérée dans le journal officiel , par laquelle le gouvernement assurait que la promesse de fidélité dont il s’agit, n était autre chose qu’un acte purement civil, et qu’il neu-

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tendait gêner en rien Us opinions religieuses ni les consciences.

« Nos adversaires cricntàl’intru- » sion , et prétendent que le fil de la » succession épiscopale est rompu...

» Aux preuves irréfragables de la » légitimité de nos titres , de la pureté de » notre foi ; à nos invitations rnulti- » pliées pour conférer sur les points » contestés.... ona répondu par des >. injures et des impostures — Revé- » rendissimes évêques , la solidarité » de l'épiscopatvousimpose ledevoir » d'intervenir d’une manière posix tivedans nos débats.... Un juge- » ment prononcé sans nous enten- » dre cul été criminel , d'une part; ••et de l’autre, frappé de nullité :

>• Rome païenne même eût censure « une telle précipitation... Nous ne » vous ferons pas l’injure de peni> ser qu’il y ait moins à attendre de « prélats chrétiens que d’un gou- » vçrnement païen. Ainsi la pru- » dence aura suspendu votre juge- » ment. »

Les decrets qui établissoient la secte constitutionnelle, etoient assez connus. Les erreurs et les principes schismatiques sur lesquels ces décrets étoient fondés, a voient été déjà condamnés par l'Kglise. Les réunis et leurs collègues elevés à l’épiscopat en conséquence des mêmes décrets, en avoient juré le maintien ; leur cause étoit donc suffisamment entendue. EHen’étoit pas moins connue la cause des evêques crées postérieurement à l’abolition de la constitution civile du clergé. Ils avoient été promus en suite de réglements arbi- ■traires et opposés à la discipline reçue ; institués contre les réglés établies partout, etc., sans compterque lusieursenvahissoient des diocèses ont les légitimes titulaires vivoient encore. Ainsi les prélats étrangers ne manquèrent pas à la prudence ; quand ils prononcèrent avec le pape, d'une manière expresse ou tacite , le même jugement que lui.

Nous écrivons au chef de l'Eglise,

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» ajoutent les réunis, pour lu! an- » uoncer le concile national qui doit *> s'ouvrir le jour de la saint » Pierre de la présente année ; ■•et pour le prier de nous envoyer >> des délégués qui s'assureront >> par eux-mêmes de la pureté de no- “ Ire foi, de la canonicité de nos fonc- " lions , de notre amour pourla paix.

■> Vous aussi , RR. FE. , nous vous » en conjurons , venez-y comme té- >> moins et comme juges: nos écrits, ■> nos sentiments, notre conduite, » sont les éléments sur la connois- « sance desquels doit s’asseoir une ■> décision sage et motivée. » Ils insistent sur cette invitation au concile , afin qu’on y envoie des députés, qui agissent en leur propre nom, et comme dépositaires au vœu collectif des autres diocèses. Mais il faut que ces députés se chargent eux-mêmes de la dépense, parce que le clergé ■ français se trouve dans l’impossibilité absolue d y concourir. Ils se rejouissent déjà dans l'espérance de voir au milieu d’eux , dans leur concile, des prélats députés par les églises étrangères. Ils disent qu’une seule décision a etc portée sur les affaires ecclésiastiques de F' rance, la decision des facultés de théologie et de droit-canon de l’université de hribourg-cn- Brisgaw, qui a prononcé en leur faveur. Ils réclament de même l’avis de toutes les universités catholiques, le jugement des églises dispersées. Ils avouent que les prélats des pays situés hors de France ronnoissent l’état de la question sur •laquelle ils appellent leur examen; ensuite ils récusent lesévêquesfranrais leurs antagonistes, et le premia des pontifes lui-méme , comme parties interessees avec eux , dans cçtte affaire majeure. Enfin les réunis assurent les evêques de la catholicité, que la circulaire qu'ils leur adressent est enregistrée dans les archives des l’histoire Nous ne nous arrêterons pas à une autre circulaire adressée aux métropolitains, dans laquelle les

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réunis toujours extasies sur le conciliabule de 1797 , envoient à l'admiration des siècles reculés son plan de pacification, qu’ils elevent a côte des travaux célèbres qu'entreprit C église d'Afrique pour apaiser les troubles qui la désoloicnt du temps des donatisles.

Mais cequ’ils trouvent de plus étonnant dans les operations de ce grand synode , c’est son merveilleux decret sur le mariage, où il sut rendre si pleinement à la puissance temporelle la disposition entière de ce qui la concernait , tout en conservant inviolablemenl à f Eglise les droits qui lui appartiennent dans r administration des sacrements. Etonnement que ne partageront pas sans doute ceux qui savent que Luther, de Dominis et une foule d’autres ennemis de l’Eglise avoieut préludé au concile , et enseigne avant lui les mômes erreu rs.

On voit aussi , dans cette lettre , que les réunisprévoient avec complaisance, sur quelques données qu’ils ont reçues, que le synode déridera sur la réception du concile de Trente , et qu’il prononcera sur toutes les erreurs qui se sont élevées depuis ce concile. Deux points qu’ils ont grandement à cœur ; il seroit aise de dire pourquoi.

Nous avons insinué que Royer s’opposoit à la tenue du concile de 1801. En effet, les réunis lui reprochoient, peut-être un peu par jalousie, ainsi qu’il s’en plaint luimême , d’avoir été transféré , on ne savoit trop comment, du siégé de l’Ain sur celui de la Seine de n’avoir pas pourvu ceux du Loiret, d’Eure-et- Loire , et de l’Yonne où cependant sa juridiction de métropolitain n’éloit pas reconnue ; de s’être laissé abandonner par plusieurs églises de Paris, dans lune desquelles il s'etoit fait de honteuses et flétrissantes rétractations ; de ne plus reconnoître de réunis depuis qu’il étoit monté sur son nouveau siégé ; enfui de n'avoir pas tenu son synode diocésain , ni le concile de sa pro-

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vince, demandés dans la lettre d’indiction du concile national pour 1801. Autant de griefs criants sur lesquels on lemenaçoit de poursuivre, disoil-il , sa déposition dans cette derniere assemblce. Mais indépendamment de ces motifs personnels , auxquels ce prélat ne se montroit pas insensible, il en alléguoit d’autres assez raisonnables. Nous avons marque ce qu’il pensoità l’égard des discussions proposées sur le fait de la réception nu concile de Trente et touchant les erreurs postérieures à ce concile ; il prétendoit encore que l'église de F rance étoit trop agitée pùurpouvoirse pacifier elle-même; que le gouvernement, qui annonçoit des vues de conciliation , ne verroit pas d’un ceil indifférent une assemblée de cette nature ; et que le synode de 1797 ayant appelé la médiation du pape, il falloit lui laisser et au premier consul, l’initiative dans cette affaire , puisqu’il paroissoit certain qu’ils etoient eutrés en négociation ensemble pour ce sujet. Royer déduisit assez bien scs raisons dans deux lettres qu’il adressa , la première à tous ses collègues, la seconde aux mctrop.olitains.il dit dans celle-ci ces choses remarquables :

« Ne croyez pas, révérends col- » lègues, que nous poussions les » choses trop loin ; nous connoissons » l’intention des réunis ; ils ont trahi » eux-mêines leur secret. Ces mes- » sieurs s’imaginent que le gou- » vernement n’a pas le droit de » changer ce qu’a fait l'assemblée » constituante en décrétant la con- ■> slilulion civile du clergé: ils prétendent » qu’il faudrait pour cela, une as- >• semblée generale de la nation ; et » c’est eu conséquence de cette pré- » tention qu'ils veulent , à quelque ■' prix que ce soit, convoquer et » tenir un concile national, afin *• d'opposer au gouvernement une » autorité rivale , une puissance ca- » pable de contrebalancer la sienne , •• et de paralyser tous ses efforts par

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» une résistance forte et bien com- » binée. »

Les réunit répondirent avec vivacité à l'évêque delà Seine, qui enfin céda lui-même , et à leur invitation tout s’ébranla dans l’église constitutionnelle : les arrbiprêtres , où il y en avoit, tinrent leurs conférences ; les evêques , leu rs synodes , les métropolitains, leurs conciles provinciaux ; et le conciliabule indiqué pour 1801 , s’assembla.

Il s'ouvrit solennellement le 29

i’uin ,dans l’église métropolitaine de ^iris. 11 y. avoit eu déjà quelques » séances préliminaires dès le a3 juin.

Un avoit décidé , dans celle du 28 , après une longue discussion, que le concile cmellroit la profession de foi de Pie I V , dans le sens qu 'elle a toujours étéet, tendue par l'église gallicane. Comme si retle église particulière et si orthodoxe avoit entendu la profession de fui dont il s'agit , dans un autre sens que l’Eglise universelle l’a constamment elle-même entendue. Mais il étoit permis sans doute aux constitutionnels d’inventer des restrictions et de nouvelles rubriques , quand il s'agissoit d’énonceruneprofession de foi.

On vit siégerdansle concile , neuf métropolitains , trente-trois évêques des departements, huit ecclesiastiques fondés de pouvoirs cinquantetrois prêtres que la détresse avoit admis, et deux italiens envoyés par uelques brouillons du Piémont et u pays de Gênes ; en tout cent rix Pères. Claude lecoi, évêque de Lille-et-Vilaine et métropolitain du Nord-Ouest , y présida , assisté de Dominique Lacombe , evêque de la Gironde et métropolitain du Sud- Ouest , et Henri Grégoire , évêque de Loir-et-Cher. Claude Déhertier , évêque de l’Aveyron , en fut nomme promoteur, et on lui associa Paul- Félix Joseph Baillez , curé, dit-ou, de Saint-Etienne-du-Mont à Paris, et Franfois de Tore/ , qu’on qualifie de Supérieur du séminaire de Rébus, j

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11 y eut' cinq congrégations qui avoient pour objets respectifs , la paix et les libertés de l’église gallicane ; la foi, les mœurs et l’enseignement ecclésiastique ; la discipline intérieure, c’est-à-dire, comme on l’op’ique, les sacrements et la liturgie; l’organisation de l’eglisegallicane, enfin le rode ecclésiastique.

Henri Grégoire prêcha le discours d’ouverture. Apres avoir lu cette pîece , qu i 11’est pas f rappce au coin de i’eloquencc ni à celui du bon goût, on se demande quels en sont la nature, le plan et le but;etl’on se voit forré de la reléguer parmi les raps>dies plus philosophiques que chrétiennes, dignes d’une imagination exaltce Lien plutôt que de la bouche d’un evêque. On y remarque surtout l’opposition de l’auteur à l'autorité des papes, son penchant pour le jansénisme, son dévoûmeut à la souveraineté du peuple en faveur de laquelle il invoque, un texte du XV* concile de Tolède, où il est autant question de cette souveraineté prétendue, qu’il y est question de l’Alroran. 11 parle » avec » attendrissement de la caducité des » trônes et du courage des fondateurs de » la liberté. » 11 dit que la religion a apporté du ciel l’égalité; que » les ero- >* pereu rs païens s’acharnèrent d’au- » tant plus à la persécuter , que ses » principes de /Av/f" pou voient ebran- » 1er le colosse de leur puissance .. ..

» observation trop peu développée » par les historiens. » Revenant encore à la charge contre les papes, il cite avec éloges les auteurs récents qui ont partagé ses sentiments à cet égard; entr’autres Eustache Dégola,ce prêtre deGênes, qui vint au concile de la part de huit ecclésiastiques et de deux avocats, et qui y fut reçu avec admiration , comme députédes églises d’ Italie ; Solari, évêque de Noli , très-affectionné à l'église constitutionnelle , et qui avoit eu déjà le courage de dénoncer au gouvernement de Ligurie , la bulle

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Auctorrm fidei ; « bulle, ajoute l'ora- «teurdu concile, repoussee à Ma- » pies, à Venise, a Milan, a Florence, » en Autriche. » Pourquoi n’ajoute-l-fl pas en France: puisque lui, Grégoire, et encore quelques restes du parti jansenien n’en veulent pas?

Heureusement que le cardinal Gerdil a démontré le contraire de l’assertion de notre pred icateur synodal , en prouvant qu’un grand nombre de prélats avoient adhéré positivement à cette bulle, par des lettres; et que les autres y avoient donne tacitemént leur consentement, en ne réclamant pas. Mais l'evêque de Loir-et-Cher se moque de ce consentement tacite ; il ne reconnoît intime que le concile œcuménique comme tribunal suprême de f Eglise.

Enfin, il vient caresser à sa maniéré, les dissidents qui , suivant ce qu’il en assure, ont célébré le saint sacrifice sur les cadavres des patriotes , jete la discorde dans les famillrs, divise les époux, les freres, les enfants , les àmis , etc. ; et qui auroient dû penser, d’après un Pere illustre, « qu’il » falloit tout supporter, plutôt que » de rompre la concorde dans l’E- » glise de Dieu, etc. » Telle est en abrégé l’analyse de ce discours , que l’on peut regarder comme une préface digne du concile auquel on le fit servir de préludé.

Malgré le decret par lequel les Pères s’eloientdeclaresconslitues en concile national , après avoir vérifié leurs titres et leurs pouvoirs respectifs, les éléments qui dévoient former cette assemblée n’etoientpasencore reconnus le 2g juin ; ce ne fut que le lendemain qu'on procéda à la vérification des pouvoirs de chaque député.

Desbois, évêque de la Somme, qui prévoyoit que cette operation entraîneroit des difficultés, eût désire qu'on la renvoyâtaprèsqu’on se fût occupé « de la pacification tant » avec le chef de l’Eglise qu’avec les • dissidents. » Mais la discussion s'engagea et devint des plus vives.

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la lettre d'indiction n’a voit pas servi partout de règle. Ellefixoïta trois le nombre des députés du second ordre que chaque métropole devoit envoyer au concile. Cinq s’y ctoient conformes: lesau très avoient nomme jusqu'à dix prêtres , sous prétexté qu’ils representoient les églises diocésaines de l’arrondissement métropolitain. Il se presentoit encore d’autres ecclesiastiques autorises seulement, ou par des conférences , ou par des pasteurs isolés et inconnus, ou enfin par des membres du concile saus aucun caractère à cet effet.

Effrayés d’une si étrange irrégularité; craignant la prépondérance que pouvoil exercer celte multitude de prêtres dans les deliberations; instruits des reproches faits assez légitimement au concile de 1797; espérant aussi que le gouvernement s’entendroit avec eux dans la grande affaire de la pacification : enfin , jaloux de reconquérir à l'épiscopat des droits que la constitution civile du clergé lui avoit enlevés , et de venger l’eglise constitutionnelle de l’accusation de presbytérianisme en matière de gouvernement, accusation dont elle avoit peine à se défendre d’apres ses lois constitutives , plusieurs evêques,et peut-être tous eussent bien désire d'environner leur nouveau synode de considération, lui donner un air imposant, et le rapprocher le plus qu'il seroit possible des formes usitées dans la composition des conciles. Ilss’apercevoient d’ailleurs, qu’admettre indistinctement tous res prêtres, c'éloit détruire l'egalile des egüses , violer leurs droits respectifs, favoriser l’insubordination, et plier sous une cabale qui avoit ose fouler aux pieds la lettre d'indiction , approuvée de fait par tous les évêques. En consequencede cesmotifs, plusieurs prélats prirent la résolution de soutenir avec vigueur les droits de l'épiscopat contre les prétentions exa-

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gérées des ecclésiastiques du second' ordre.

Ceux-ci, accoutumés à voter avec les évêques dans les conseils diocésains , et à voir les simples prêtres y exercer une prépondérance établie par la constitution civile du clergé , vouloient forcer l'entrée du concile , et avoir voix deliberative en tout, eu constants dans le choix des moyens pour appuyer leurs prétentions, ils se présenterentsuccessivement comme représentants des diocèses , comme députés d’un ordre qui fait partie delà hiérarchie ecclesiastique , comme successeurs des soixante-douze disciples , comme simples prêtres, etc. , alléguant l'antiquité, les conciles de Jérusalem, de Constance etde Bâle, les exemples des abbés, des généraux d’ordre, des universités , des chapitres ; l’autorité de quelques auteurs surtout parmi les modernes : car aussitôt qu’ils se voyoient débusqués d’un poste dont ils s'etoient saisis sans trop savoir s’ils pourroient s’y maintenir, ils se hâtoient de se retrancher, avec la même inconsideration, dans un autre. Mais ils etoient forts en nombre ; et ils avoient encore d’autres armes avec lesquelles ils pouvoient jeter efficacement l’efTroi dans le cœur des évêques.

Cependant il falloit mettre de l’ordre dans une discussion si importante. Pour y parvenir , « le » concile décrète que la vérifica- » tion des pouvoirs commencera » par ceux des représentants des » évêques , ensuite des députes » des métropolitains, etan’elie se- » ra terminée par celle des églises » veuves. »

La vérification des titres des députés de la première classe excita seulement de légers débats , le principe étant généralement reconnu.

Mais quand on en fut aux envoyés des métropoles , la discussion devint très-vive et très-longue : elle occupe a64 pages dans le ltr volume

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des acte j du concile. Nous n’en diroda que fort peu de choses.

I.e rapporteur se montra favorable aux prêtres, vu la difficulté de faire les élections dans beaucoup d’endroits. Quelquesévêquesse rangèrent de son avis par amour de la concorde. Celui de la Somme, un des réunis, posa brievementdes principes exclusifs. Mais l’evêque du Jura, s'attacha, dans un discours qui fut long , et souvent assez vif, àdetruire les moyens employés par leserrlesia»tiquesdu secondordre pour fa ire valoir ce qu’ils appeloient leurs droits.

Il leur apprend que le représentant d'une eglise particulière c’est l’évêque , et qu’il ne peut pas plus y avoir deux représentants d'une même eglise dans un concile que deux évêques sur un même siège i u’un concile est la représentation es églises d’une province , d une nation ou de toute la catholicité , selon qu’il est métropolitain , national ou œcuménique ; qu’il y a donc loin de là à une assemhleedn clergé, ou la représentation des ordres qui composent la hiérarchie doit avoir lien : que les soixante-douze disciples n’etoient pas prêtres , quand ils furent envoyés, et que leur mission etoit bornee pour le temps , pour les lieux, pour les personnes et pour les choses, bien differente en cela de celle des prêtres : que de seize à dix- huit cents conciles dont on a les actes, on ne voit les signatures de quelques prêtres que dans vingt-cinq seulement ; encore ces ecclesiastiques signataires étoient-ijs , « ou » des légats du saint Siégé, ou » fondes de pouvoir de la part des >> évêques; ou députés des eglise»

» veuves , ou appelés pour concou- » rir au jugement de leurs pairs » dans des causes personnelles , ou n enfin des hommes d’une doctrine » rare, qui avoient rendu de grands » services, et à qui on perineltoit » de délibérer et de signer, parce » qu’ils avoient été spécialement

PAR

» convoques. » Il résout les objections tirées des conciles de Jérusalem , où les anciens etoient probablement, dit-il , tous evêques, et de ceux de Constance et de Bâle , dans lesquels on voteit par nation, etc. Il apostrophe les prêtres de divers arrondissements métropolitains , et tous les autres en general. 11 leur dit qu'ils n’ont rien de commun avec les abbes, les généraux d'ordre, etc. ; que l'antiquité, qu'ils reclamentavec tant de confiance, ne leur est pas favorable, et qu'ils ne peuvent s’appuyer que sur celle qui ne remonte pas au-delà de 1797, faisant allusion au concile national , composé de deux tiers de prêtres sur un tiers d'evêques, synode taxé de presbytérien , et qui ne fut un concile, selon lui, que parce qu'il »'y trouva plus d’evêques qu'on n’avoit osé l'esperer , et qu’ils se réunirent souvent seuls dans des assemblées où plusieurs points importants furent décidés.

Enfin, il parle d’anarchie , d'intrigues , d'acariâtres ; d’où il est aiséde conclureque lasubordinationet l'accord ne régnoient pas très-admirablement dans le clergé constitutionnel.

Paul- Benoît liartlie, évêque du Gers , entre plus avant dans la question. Son discours, qui occupe if>o pages dans le Ier volume des actes du concile, est moinsénergique que celui de Moyse, évêque du Jura; mais il nous paroît plus fort en preuves et plus abondant en details.

Il commence par piquer l’amourpropre des Peres du concile. ■> Ob- » servez encore, leur dit-il, que » dans les conjonctures présentes, » votre décision va faire connoître » vos principes sur la nature de IV- » /tanisation de l'Eglise de Jcsns- » Christ. Elle va distinguer où con- » fondre les signes de démarcation » des différents degrés de la hiérar- » chie sacrée : elle va, ou vous jus- « tifier d’un des reproches d’hérésie » que vous ont fait les disàdenls , ou » en aggraver les imputations et de-

PAR 3 55

» montrerpeut-êlre leur légitimité ; » elle va donner à juger de vos >• moyens et de votre capacité dans •*> l'administration d’une des respec- » tables egliscsdel’universchretien, » et faire connoître a coup sûr si » vous êtes dignes par vos lumières » d'occuper vos sieges, autant que » vous 1 êtes par vos vertus. Quoi !

>• votre première détermination >* porteroit-clle lemoindrecaractère » d'inconsideration? Vos premiers » pas dans la carrière auguste que » vous allez parcourir, deceleroient- » ils des vues d’un esprit de parti? » Il distingue les divers objets sur lesquels un député peut prononcer par u n suif rage definitif ou consultatif. Ces objets peuvent être , ou des

3uestions de foi , ou des reglements e discipline, ou des jugements personnels d'évêques ou de prêtres, ou enfin des operations financières.

Venant ensuite aux questions concernant la foi et les mœurs, il prouve , par la différence de la mission des apôtres, de celles des soixante-douze disciples; par le caractère d' infaillililile' active dont le Eils de Dieu revêtit les seuls apôtres, et dans leurs personnes, le corps des pasteurs qui leur succèdent; par les actesdes conciles, l’autorite exclusive qu’y onttoujoursexercce les evêques pour les decisions doctrinales, leurs paroles adressées quelquefois aux prêtres : sjnodus eptscoporum est, non clericorum : superflues foras millite ( I ) ; par les dénominations qu’ils donnoient eux-mêmes aux conciles; par les saints Pères ; la tradition de l’Eglise romaine, enoncee par les souverains pontifes; enfin, par l’autorité des écrivains ecclesiastiques, des théologiens et des canonistes, que les prêtres ne sont pas les juges ordinaires de la foi , et qu’ils n'ont pas

(1) Ainsi parlèrent les evêques d'Egypte dans le concile de Calcédoine contre les prêtres qui entroient dansl'asseniblfc. Ap. Hard. t. a. col, €55

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droit, en vertu de leur ordre, ni du rang qu’ils tiennent dans la hiérarchie .sacrée , de prononcer d’une maniéré authentique , c'est-à-dire , par des suffrages definitifs sur cette matière , ni même de juger dans les causes personnelles des evêques.

Le citoyen Barthe ( car c’est ainsi qu'on le caractérisé, lui en particulier, dans les of/«du synode), réfuté en passant l'abbé de la Chambre , qui pretendoit, en 1747 1 H116 les paroles par lesquelles le Sauveur communiqua Y infaillibilité active, concernoiént aussi tous les prêires. Il accable l’avocat Maultrol qui , dans plusieurs ouvrages , a eleve bien audessus de leurs justes bornes les droits des ecclésiastiques du second ordre. Il ditque « les jugements » des facultés de théologie sont des «jugements doctrinaux, mais non » pas des jugements coé'rcitifs ; des » jugements prononcés avec quelque » autorité , mais non point avec une » autoritéqui soit une participation » de Y infaillibilité active accordée par » Jésus-Christ au collège des apo- » très et au corps des évêques, leurs » successeurs. » If fait remonter ce peu de pouvoir à sa véritable source, aux concessions apostoliques, c'està-dire des papes. Ensuite s'élevant contre la folk prétention des prêtres, il s’écrie : « Proscrivez à jamais ce » système d’indépendanceet d’anar- » chie; sans quoi aucune eglise de » la chrétienté ne voudra vous rc- » connoître comme des depositaires » de la doctrine ...; ou plutôt dans » toutes les églises, votre decret sera » proscrit comme renouvelant une » herésie d'autant plus funeste , » qu’elle sape toute autorité de l’E- » glisedansses fondements, et donne •> un libre accès à toutes sortes d'er- » reurs dans son sein. » Enfin , on voit encore 36 pages consacrées dans le discours de cet évêque , à réfuter les objections tirées de toute sorte de sources en opposition à la thèse qu’il defendoit assez bien.

PAR

Deux prêtres se distinguèrent aussi dans celte lutte entre les évêques et les ecclésiastiques du second ordre; Augustin- Etienne Eruppirr, cure, dit-on, de Donzy, et Françoisde Torcy , dont nous avons déjà parlé.

Leurs discours, assez peu étendus, ne sont pas basés sur des preuves bien solides; ils defendoienten effet une très-mauvaise cause. Mais, comme nous l’avons observé, ils etoient forts en nombre, et ilsavoient entre les mains de quoi faire trembler tou t l’episcopa t const i I ulionuel . Voyons comment le dernier mania celte arme si puissante, dans sa motion qui fut souvent interrompue.

«Enfin, ô révérends évêques, - » s’écriede Torcy, est-ce parmi vous » quecetlequeslion peut être agitée,

» mise même en doute ? l)’où vous « viennent vos titres P qui peut en >• prouver la légitimité ? Sans doute « vous ne voulez pas donner lieu de « dire que vous n êtes évêque» qu'en ver—

» tu d'une toi purement civile P Non , il f » a eu un jugement sur une loi civile , un «jugement juridique , un jugement « prononcé par les ministres de l' Eglise.

« Et qui l’a prononcé ce jugement?

» le corps des pasteurs du seeond ordre.

» Le premier ordre, aveuglé par » l’attachement de ses intérêts lem- » porels, osoit les confondre dans « cette cause avec ceux de la reli—

» gion. (C’est un constitutionnel jan- » seniste qui parle. ) A son defaut, «le second l’a suppléé. ..C’est Itiiqui,

» en se soumettant à la constitution » du clergé , a déclaré qu’elle n’a- » voit rien de contraire , ni à la foi,

» niala vraiediscipline,ni auxdroits « reels de l’Eglise : c’est lui qui lui a « donne la sanction ecclesiastique....

» Voilà, révérends évêques, la source » de votre droit incontestable aux sièges « que vous occupez; et au jourd’huique » vous y avez été placés par le juge- » ment des prêtres , on leurdisputeroit » parmi vous le droit de juger avec « vous; ce même droit dont l' exercice seul « apuvousdonner le titre d évêques légitimes

PAR

Terrassés par la force irrésistible de cet argument ad honunem,\çs évêques, chancelant déjà sur leurs sièges , et menacés , de plus , d'un triste abandon de la part des prêtres, ne songèrentplusàcontester a ceuxci leurs bons ou manvais droits. On retira le décret qui nnmmnit une commission à cet egard, et l’on décida seulement que « le présent con- » cile décrétera les éléments des fuit turs conciles.» Ainsi les ecclésiastiques du second ordre eurent gain de cause parle fait.

Un rcglementpour le concile succède à ccs grands débats, en occasione d'autres moins intéressants, et on envoie en députation auprès des consuls , 1rs evéques du Rhône , du Puy-de-Dôme, deLoire-et-Clier,de Lille-et-\ ilaine, auxquels un membre demande qu'on adjoigne celui de la Manche, comme très-capable de révéler à Bonaparte , jusqu' où peut aller la férocité des ennemis qui le menacent , et le mettre en état d’en j uger •< en voyant cett e tête vénérable » qui devroit mieux que celle dcCo- » ligny, desarmer les assassins, et sur » laquelle la barbarie a juré d’en- » fonce ru ne mitre de fer rouge. »

Dans la séance du a juillet, on déclare qu'on admettra vingt étrangers aux séances du concile. Grégoire y fait part de plusieurs lettres arrivées de Gênes et du Piémont , où l’on voit la grande considération que les ecclésiastiques étrangers rient au clergé de l’Eglise de France. cite lesnomsdes huit ecclésiastiques et desdeux avocats qui avoient envoyé,, à ce qu’il paraît. Dégola, et avec lui leurs vœuxetdifférentes sommes pour les besoins du concile.

On est surtout édifié de la lecture de la lettre par laquelle le vénérable et savant Michel Gauthier témoigne la douleur qu’il ressent de ne pouvoir venir au concile, et prie qu’on l’y tienne présent en esprit, et dans la personne du vénérable Bergancini son ami et son fidèle collègue dans

PAR 367

l’amour de la saine doctrine. 11 dit qu'on n’ignore pas ses sentiments à cet égard et relativement à la discipline de l’Kglise , qu’il applaudit d'avance à toutes les décisions et à tous les décrets de l’assemblee, persuade que le Sainl-Ksprity résidera , en dirigera tous les pas , tous les desseins, toutes les deliberations. Il paie son tribut de dédain pour l’episcopatorthodoxe. Il relève aux yeux des anges et des bonimeslegrandet sublime spectacle que donnera le concile, pardes qualités rares, par une science profonde delà religion, par une conduite sage, mesurée, pleine de délicatesse et de prudence , etc. 11 défie éloquemment l’impiété , l’aveugle philosophie, la malignité , et l'envie aux regards enflammés , aux lèvres livides : « elles seront contraintes du » moins, de se tenir un moment à » une distance respectueuse de l’il- » lustre carrière où vous entrez , ■> jusqu'àce que vousl’avez glorieu- » sement terminée. »

On voit , dans la correspondance de Grégoire en Italie, que les conons et décrets du premier concile national y ont été traduits en langue vulgaire , et imprimés au nombre de 3ooo exemplaires; et on lui promet de faire la même chose à l’égard du second concile national.

En discutaut l’utilité des congrégations dans les conciles, le 3 juillet, de Torcy tombe sur le 1" synode national qui, «dit-il, n’a pas tou- » jours offert ce spectacle de digni- » té, de gravité , de décence , qui » convient à une assemblée ecclé- »siastique.»Le lendemain Clément, etêque de Seine-et-Oise , qui ne pouvoit pas assister à toutes les séances , mais qui ne s’orcupoit pas moins des objets qu'il désirait <ju on traitât dans le concile , y envoie un écrit intitulé : recherches historiques et dogmatiques contre les erreurs principales opposées à ta foi catholique , depuis le concile de Trente et les deux sircles suivants. On émet aussi, dans la même

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séance , une déclaration des sentiments du concile national envtrs les autorités spirituelle et temporelle. Les pères s’y « plaignent que dans ces derniers » temps , on s’est efforcé d’établir, » surla soumission due à la puissance » publique , des principes subversifs » de l’ordre social , et aussi con- » traires à la bonne foi qn'au pre- » cepte évangélique. » Apres avoir reconnu , article fr, que tout gouvernement a droit d’exiger des ministres du culte , la garantie d< leur fidelité , ils ajoutent que» prétendre » qu'ils ne peuvent la donner sans/ » avoir été autorisés par le pape, c 'est une » erreur opposée à la parole de Dieu , à/fl » tradition des Pères , et aux exemples » des saints ; dangereuse pour la » tranquillité publique , et préju- » diciable aux vrais intérêts du saint » Siège apostolique lui-même ; et * que , agir en conséquence de celte » erreur, c est une révolte. » Art. g. « Il » est contre les principes de la morale de » rétracter un serment civique. » 11 falloit bien condamner une bonne fois le clergé insermenté, et prendre des mesures pour qu’on n'entendit plus parler de honteuses et flétrissantes rétractations de la part des prêtres constitutionnels.

On reçoit , le 6, une lettre , dans laquelle plusieurs prêtres des environs deThouars et de Loudun se plaignent qu'on ne tient plus dans leurs départements ni dans relui de la Vendee et autres qui l’avoisinent, à cause de l’anarchie à laquelle ces contrées sont en proie. Ils disent que depuis sept ans qu’ils font tête à 1 orage, l’orgueilleux pharisien fait tous ses efforts pour stériliser leurs travaux évangéliques , ne cessant de les présenter comme lies rameaux séparés de tout principe de vie , « quoique du tronc » apostolique découle jusqu'à nous » ( assurément sans qu'il s’en doute) » le suc nourricier , qui seul peut » produire de bons fruits. » Ils coo-

i’urent les pontifes du Très- Haut de si >fen faire , que leur session soit l’é—

poque du rétablissement de la paix religieuse. « Montrer, encore à l'uni- » ver* chrétien, ajoutent-ils, qu'a»i- *• cun sacrifice ne coûtera à des prê- » très citoyens, qui ont traverse etsubi » tour-à-lour les orages et tous les » genres de persécution, pour rame- » ner la paix à l’église de France. » Le président est charge d’ecrire à ces ecclesiastiques , pour les consoler et ranimer leur courage.

L’évêque de la Manche saisit cette occasion pour dégager la parole qu'il a donnée avant son départ, à son clergé et à ses adhérents. En conséquence, il rappelle à l’ assemblée que, depuis le retour à Y ancienne discipline, tous les évêques ont écrit individuellement au souverain pontife , pour lui faire part de leur élection à l’épiscopat , et lui demander sa communion ; que le synode de 1707 a envoyé deux lettres à Pie VI ; que depuis l'elevation de PieVII,plusicursde ses collègues lui ont aussi écrit , et que toutes ces missives sont restées sans réponse.

11 ditencore que lui , François liecheetl, avoit ouvert, dans le synode précité, l’avis de députer à Home ; mesure qui fut alors appuyée , combattue et jugée definitivement impossible ; mais que les circonstances étant devenues plus favorables, il croit devoir revenir à la même proposition- 11 demande donc que , » s’il reste encore quelque incerti- » tude sur les dispositions du pape ■> en faveur de l’église de France.... , » le concile ( lui ) envoie deux dé— » putes, pour lui porter la lettre » que le concile doit lui adresser ; » et en même temps , pour rendre » compte à sa Sainteté de tout ce > que nous avons fait pendant et » depuis la persécution pour la » conservation de la foi en France , pour .» le rétablissement de la discipline » ecclésiastique ; pour la morale ; et » de toutes nos démarches auprès de » nos frères dissidents, pour rétablir la » paix dans l'église de t rance; en un

PAR

» mot , de nos travaux dans nos » synodes et nos ronciles. » Un père appuie cette demande , qu'il dit Être le voeu de tous les synodes.

« Depuis long temps on ne cesse de » faire entendre aux fidèles , que » nous sommes en dissidence avec te » pape. Il est temps enfin de les faite expliquer, et. de savoir s'il a résolu de

» sacrifier l'église de France On dit

» que cette démarché pourroit cx- » poser le concile à être avili : nulle- » ment. » Un autre pere s’oppose à cet avis sur ce que le gouvernement s’occupant de négociations sur la pacification , il importe d’en connoître préalablement les résultats , lesquels pourroient bien u’être pas aussi favorables qn’on a lieu de l’espérer : « ce qui porterait un préjudice » notable à la religion. Le pape d’ail—

» leurs semble prouver par son si- » lence qu’il est peu disposé en no- » tre faveur. » enfin, apres des débats pour et contre la proposition de l’évêque de la Manche , le concile l’ajourne, ordonnant en même temps qu’une copie de la déclaration de ses sentiments envers les puissant es spirituelles et temporelles , arrêtée le 4 et publiée le b , seroit mise sous les yeux du premier consul , comme une preuve des principes qui dirigent le concile.

Grégoire , dans un rapport sur les congrégations , présente au concile, parmi les objets dignes de ses méditations et de ses travaux , Y orgueil de l’homme qui le porte sans cesse à présumerde ses propres farces , a se faire le centre de ses actions et la cessation des troubles occasionrs par le schisme des dissidents. « Que les impies frémissent de votre J* réunion, dit-il encore; que les » hommes méticuleux, dans l’atti- » tude de la crainte, attendent, » pour se décider , des événements » étrangers à la certitude de nos princi- » pes ; que les dissidents se traînent dans » la fange des calomnies et des injures ano- » nrmes; n écoulant que la voix de lacon- » science envotre amour pour la religion ; li- » vrez- vous à vos travaux , a vec i ÿp-

PAR aSg

>• trépidité chrétienne et l’espérance » que Dieu les bénira. » Après ce sermon et un decret sur les congrégations, on arrête que les évêques ne pourront officier ou prêcher dans les églises de Paris sans l’agrément de l'ordinaire. Il paroSt qu'on

firend cette mesure pour ralentir e zèle précoce de l’évêque lîarthe, qui avoit fait afficher des conférences qu'il se proposoit de faire dans l’église de Sainl-Sulpicc , sur les matières contestées ; oïl craint de déplaire au gouvernement, de compromettre le concile , de hasarder trop, si le conférencier n’est pas préparé,et de Jistraireles Cdèlesde l’assistance aux séances publiques, etc.

Le 8 , de Torcy annonce la pénurie du diocèse de Soissons , où cependant quinze prêtres ont pu se réunir et former un presbytère , qui députera au concile.

Dans un rapport sur la paix , la congrégation chargée spécialement de cet objet , dit que le décret du concile de 1797 sur la pacification ne peut convenir aux circonstances ; que, pour établir une base solide à cet égard, il faudroit connoître d’une manière plus certaine les nuv sures qui seront prhes entre le saint bic=e cl le gouverne men. ; qu eue a cru qu’il suffiroit, dans le moment , d’adresser aux fidèles une lettre , où seroit détaillé tout ce qu,' le clergé de France a fait jusqu'ici, ‘.oui ce qu’il fait encore , et tout ce qu’il est prêta faire dans l’avenir, pour la paix , pourvu qu’il ne se trouve risn en cela qui ne soit compatible avec la justice et la vérité. Elle propose d’inviter les incommunicants à venir discuter la vérité dans le concile, et aviser, de concert avec lui, aux moyens deramener l’union entre des frères qui se font gloire de professer la religion catholique, apostolique et romaine. Enfin , elle propose à l’adoption de l’assemblée, mais comme un excellent modèle, la lettre écrite par le synode du Nord-Oue»t

Digitiza

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aux incommunicanls de son ressort.

JL’évêque de Loir-et-Cher pense que ces conférences seront trèsutiles. « Par là, on pousserait les in- » communicants jusque dans leurs der- » niers retranchements. Ils accepteront,

» ou ils n’accepteront pas ; s’ils ac- >’ ceptent , il sera facile de les convain- » cre; s’ils n’acceptent pas , ils feront «connoître, par ce refus, toute ta » faiblesse de leur cause. »> Ce bon père avoit sans doute oublié que , deux jours auparavant, il s’eflorçoit d’armer tout le concile contre 1 orgueil de l’homme qui te porte sans cesse à présumer de ses propres forces ; tant il est vrai que chez les meilleurs jansénistes , comme dans les autres pécheurs , il y a souvent de la con- •radiction entre les principes et les démarches. Cependant on décidé que les conférences auront lieu ; qu'on écrira aux dissidents pour les j inviter , et on en renvoie le mode à la congrégation de la paix.

Dans la séance du 10 , on arrête la rédaction de la lettre au pape , et l’envoi en est confié à une commission. Cette production de Dorlodot, évêque de la Mayenne , avoit été revue plusieurs fois par l’assemblée.

Apres avoir annoncé leursrconÆ

réunion en concile national , et protesté de leur attachement inviolable au saint Siège, centre de l’unité catholique , attachement qu'ils démontrent, et par l’annonce présente , et par le choix qu’ils ont fait du jour de la saint Pierre pour ouvrir leur session , les pères demandent au souverain pontife , s’il abandonnera l’église gallicane aux dissensions qui la déchirent? Ils l’avertissent qu’il n’y a qu’un moyen pour venir efficacement à son secours , l’oubli des intérêts de la terre pour ne s’occuperquedesintérêtsdeJesus-Christ.

Ils présentent l’exemple d’un concile 1 d’Àlexaüdrie , qui ait que, pour terminer le schisme dans la ville d’Antioche , il faut établir une paix véritable une paix fendre sur la cureté

PAR

de ta foi , sur le reçue de la vérité. « Nos » troubles plus désastreux.... n’en » sont que plus dignes de votre zèle ■> apostolique. Ah ! si la vérité que >■ nous avons cherché tant de fois à » vous faire connoître , n’eût pas » été interceptée OU défigurée; s'il eût *> été donne xaTvrais amis de la religion >• et du saint Siège , de vous faire , de » vive voix , la peinture déchirante >» des maux que le choc des opinions a » fait naître , et que la plume se re- » fuse à tracer ! Des paradoxes in- » ronnusà nos pères, érigés en dogmes ; » la morale de l’Evangile altérée et » pliée au gré des passions ; la soumission r aux puissances et le zèle désintéressé » pour le salut des âmes , transformés » en crimes; le ciel promis pour ré- » compense à la calomnie , au pillage , » à lV«a.«ûia/,- les fonctions augustes » de l’épiscopat envahies , au mépris » des plus saintes règles, par des » hommes qui se donnent faslueu- » sement le titre nouveau de com- » missaires apostoliques ; de préten- » dues bulles, contraires à l’honneur » du chef de l’Eglise, multipliées et » répandues avec une profusion scan- » date use ; ... les détracteurs de notre » ministère renouvelant solennellement » l’erreur de la rebaptisalion , blasphémant •* contre la présence réelle de Jésus- » Christ sous les espèces consacrées » par nos mains , et forçant les » époux, dont nous avons sanctifié » l'alliance, à recevoir d’eux une » seconde fois la bénédiction nup- » tiale. ... Tels sont les maux què » nous aurions mis sous, les vçux de « votre sainteté. »

Il se présenteroit ici une foule de questions à faire aux RR. évêques et aux V V. prêtres du concile. On leur demanderoit volontiers, par exemple, qni sont ceoxquiont intercepté ou défiguré \» vérité ? De quel cAté coupable a pris naissance ce déplorable choc des opinions? Quels sort les paradoxes inouis dont on a fait des dogmes religieux ? Quelle soumission et quel zèle légitimes on

PAR

a transformés en crimes? Quel mal ont fait «les missionnaires, en remplissant avec la permission du souverain pontife des fonctions instituées par l’ K (dise ? Nous ne parlerons plus des brefs de Pie VI que nous avons assez fait connoître , ainsi que l'adhésion qu’y ont donnée les premiers pasteurs de la chrétienté catholique. Mais quoi 1 Parce aue «les missionnaires prudents ont baptise sous condition desenfants présentes auparavant à des constitutionnels tellement pris de vin , qu'ils etoient incapables d’aucune action morale , ou si affreusement impies , qu’ils se moquoient de la religion , de ses dogmes , de ses mystères , soecialeroent du baptême, dont quelquefois même ils alteroient la formule , ne donnant par là que trop lieu de présumer que, dans l’observation du rit extérieur, ils n’agissoient que par dérision ; il a fallu que le grave concile de 1801 lesdenonçàt au pontife suprême, comme renouvelant solennellement C erreur des rebaptisants ; et que le concile admirable de 1797 condamnât de nouveau cette même erreur ! Parce que des fideles, ayant entendu des prêtres du parti avouer entr'eux qu’ils ne consacroient pas à la messe , ou apostasier et «lire publiquement que , jusque là , ils 11’avoient été que des charlatans trompeurs, en concluoient qu’on devoit se defier d’eux à l’autel et partout ; le concile crie au blasphème ! Nous demandons aux mânes de Dorlodot et aux autres pères soit révérends soit w'nérables du conciliabule, la permission de 11e pas pousser plus loin nos questions et nos observations, les priant de vouloir bien reconnoîtrc de bonne foi que la calomnie qui a •frappé le clergé constitutionnel, et qui l’a profondément avili, c’est la conduite même qu’ont tenue, durant nos crises, un grand nombre de ses membres coupables de déportements très-scandaleux.

Au reste, ce n’est pas pour eux-

PAR 361

mêmes que les pères du concile reclament auprès du pape Vassistanc* des hommes : celle du Très-Haut leur suffit. I)e longues épreuves leur ont appris à supporter les affronts , les dangers , les besoins. Ils se font gloire de ce que les cachots, réserves au crime , ont etc leur demeure ; les tourments et l’indigence, leurhonorable partage ; comme aussi d’avoir eu pour amis, pour soutiens, Dieu , leur conscience et les hommes de bonne foi , qui ont senti que le royaume du vrai chrétien n’est pas de ce monde.

Ils regardent la persécution comme unedigue recompenscdc leur énergie à confesser, à défendre la foi de leurs pères, c’est-à-dire apparemment la foi de ceux qui avoient bâti et voté la constitution civile du clergé. « Qui •> pourra calculer le nombrede ceux » qu'un glaive aiguisé au nom dejétus- » Christ, au nom de son Eglise , au nom » de Rome , à égorgés avec tous les *> raffinements «l’une barbarie jus- » qu’alors inconnue ? » Grande question ! espérons que les archives de l’histoire, dans lesquelles on a enregistré déjà tant de choses , nous donneront un jour un aperçu de ce calcul immense.

Cependant, malgré cette persécution atroce, exercée au nom «le Jésus-Christ , au nom de l’Eglise , au nom de Rome, « les autels détruits » sont relevés; les temples déserts >• sont repeuplés ; Dieu méconnu » est adoré ; son culte avili est en »> honneur; ses fêtes abandonnées » ont repris leur ancienne solenni-

» lé Tout a cédé à la force qui

» nousvenoit d'en-haut : nos frères >> seul s y ont résiste , et la discorde , » plus que jamais , ravage le sanc- » tuaire. Que n’avons-nous pas fait » pour en étouffer jusqu'aux moin- » «1res étincelles? Que de tentatives » aupr«*sdu saint Siégé , duquel on » en faisoit dépendre la duree! Eh!

» Quel a ele le fruit de ces respec- » tables démarches? D'une part, un » silence accablant, et qui nous sem-

?Ca PAR

» ble inexplicable d’après les lois de » la charité' ; de l’autre part, ces cla- » meurs forcenées : Rome vous conn damne. Mais seroit-il possible que, » dans une affaire où elle a un inté- » rêlsi direct, Rome, pour pronon- » cer , se mît non-seulement h la » place de [ église universelle, mais violât » encore les règles éternelles de la » justice, en condamnant quelqu’un » sans l’entendre? Non, T. S. P., » nous ne pouvons pas le croire. »

On exalte ensuite la conduite qu’on a tenue envers les frères séparés , les sacrifices qu’on a offerts , et qu’on offre encore. On espère que tandis qu’un gouvernement juste , sage , qui a déjà remédié à tant de maux , s’occupe encore avec le pape à terminer les dissensions, une entreprise si sainte ne rencontrera pas des obstacles dans Rome seule et parmi les prêtres du Très- Haût. On se promet, au contraire, « que votreSaintete se hâtera de se- » Condernos efforts ; qu’elle rendra » justice à la vérité de nos principes , à » la droiture de nos intentions ; et que la » pacification de l’église de France » perpétuera votre nom dans le sou- » venir et dans les bénédictions des » générations futures. »

Si donc Pie VII veut rétablir ,a paix dans l’église de France , il faut qu’il réunisse ses efforts à ceux des constitutionnels ; qu’il s’entende avec eux; qu’il consacre leurs principes; qu’il admette de la droiture dans leurs intentions; qu’il reconnnisse qu’ils ont très-bien' agi, en faisant le serment condamné; qu’ils Sont demeurés dans l’unité, en jurant le maintien d’un décret qui en coupoit tous les nœuds; dans la foi , en professant une doctrine qui y portoit notoirement atteinte. En vérité ces pères accoutumés aux af-

{ronts , auX dangers , aux besoins , sont lien fiers, bien hardis et trop exigeants auprès du chef de l’Eglise.

J-e dimanche 12 juillet, )ourde séance publique, le président , qui

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vouloit préluder à la lecture de la lettre au pape par un coup de théâtre , demande s’il plaît au concile de manifester son attachement au saint Siège, centre de [unité catho'ique? ,A l'instant les pères très-dévoués se lèvent , et répondent : il nous plaît. Sur quoi le révérend Lecoz observe à l’assemblée des fideles , « que ce vœu émis » par le concile , étant l’expression » des sentiments de tous les évê- » qnes , curés et prêtres qui ont été » constamment soumis aux lois de •> l’ctat , est la réfutation la moins équi— » coque de Y imputation calomnieuse dont » on fait le pretexte du schisme qui » nousde’sole. » Ensuite Dorlodot lit sa letlreau souverain pontife, ets’écrie d’une voix forte, «que l'impos- » tu re confondue par cet acte autnen- » tique, ne doit plus trouver accès « dans les chrétiens de bonne foi. »

Le i3, après quelques observations, peut-être un peu scrupuleusement constitutionnelles, touchant la suscription de la lettre au pape , Iss pères ne voulant point indisposer les esprits, couviennentque l’on écrira ces mots ; summo Pontifie! , en tête de l’exemplaire latin, et ceux-ci, A notre saint pire le pape, Pie [Il , au commencement de l'exemplaire français. Ailleurs, où l’on ne montre pas la même crainte , 011 se sert volontiers de ces dénominations , premier des pontifes , premier vicaire de Jésus-Christ. Nous avons vu le conciliabule de 1797 reconnoître solennellement l'évoque de Rome comme « chef visible et ministériel » de l’Eglise. Cette expression ministériel, répétée , en 1786, par le synode de Pistoie , et employée peut-être pour la première fois par Edmond Richer, en 1611, dans le dessein d’enlever au pontife romain la puissance législative, et de le réduire à la simple condition d’exécuteurdes lois et des canons de l’Eglise, exécuteur encore

3 uc Richer regardoit comme accientel, non nécessaire, et avec lequel il prétendoit que l’Eglise peu-

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voit faire divorce pour un temps sans grand inconvénient : ce mot ministériel explique le sens dans lequel les constitutionnels entendent ceux de premier des pasteurs , premier ri- ; cairt , etc-, qu'ils attribuent au pape.

Ils veulent bien que le successeur de saint Pierre ait dedroit divin la présidence et ensuite l'exécution , mais presque rien de plus. Nous convenons volontiers que le chef de l'Eglise doit la gouverner selon les canons et les lois établies , veiller à ce qu’on les suive partout , et donner lui-même l’exemple à cet égard , le gouvernement du corps mystique du Sauveur étant une monarchie tempérée par l'aristocratie ; mais il faut admettre aussi qu’il a le droit d’interpreter ces mêmes lois , d’en dispenser avec sagesse ; que dans tout ce qui concerne le gouvernement de 1 Eglise, il a la preeminence, la principale autorité , et que les causes majeures doivent être portées à son tribunal.

L’histoire nous apprend encore que beaucoup de lois ecclesiastiques en usage partout , sont emanees des papes, et que leur refuser entièrement le pouvoir d’en porter dans toute l'Eglise , c'est contredire les siècles , déroger à la primauté. Mais ceci demanderoit des explications et des details dans lesquels il n'est pas de notre plan d’entrer.

Apres l'affaire delà souscription de la lettre au pape , le concile reporte de nouveau sou attention sur les conférences avec les dissidents.

Cet objet tient beaucoup au cœur des peres : ils y reviendront encore dans plusieurs séances. Non pas qu’ils soient tous tres-persuades que ces conférences seront acceptées, ni qu’elles présenteront un moyen assuré de reunir les esprits et le faire cesser les divisions : la maniéré dont plusieursorateurss’expriment à cet egard , démontre assez qu’ils ne conmteut guère su r ces succès, même qu’ils ne les ont pas très-sincèrement en vue ; mais ils aiment les demar-

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ches éclatantes ; ils veulent , à quelque prix que ce soit, en imposer aux fideles , reconquérir leur estime , et deverser tous le blâme sur les in communicants. Us adresseront à ces derniers des lettres d'invitation pleines d'une douceur apparente , de démonstrations extérieures de zèle pour la paix, de charité pour leurs adversaires , de devoûment à tous les genres de sacrifices , d’amour pour la vérité , de douleur à la vue des troubles oui agitent l'eglise gallicane. Ils exalteront les conférences comme une voie qui conduirait d’une maniéré infaillible au terme des disputes, qui concilierait tous les coeurs , ferait jaillir la vérité , éclater le bon droit. Ils promettront d’y apporter de la candeur , le désir sincère de connoître leurs torts, s’ils en ont ; ladisposition d'abjurerleurs erreurs, s’ils ont heurté contre quelques dogmes catholiques ; de s’y comporter en amis affectueux , exempts de préventions , éloignés de toute aigreur, de tout esprit de contention et de chicane. Ils conjureront les dissidents, par les intérêts les plus chers de la gloire de Dieu , du salut des âmes, de la cessation des scandales , et ils leur représenteront que ni le souverain pontife, ni les premiers pasteurs n’ont droit de les empêcher de se présenter à ces conférences ; qu’il y va même de leur gloire, de la gloire du saint Siège, et qu’ils compromettraient eux , leur cause, leurs adhérents, s'ils s’y refusoient. Cependant au milieu de ces apparences admirables , on remarquera dans ces lettres d'invitation , de l’astuce, de la malignité, et mille autres traits capables de trahir on du moinsdedecelerlesapôtres d’une republique aussi perfide qu’elle est illégitime. Mais ces traits encore seront pallies, masques et présentés comme inséparables du zèle, et graves par une main plus amie de la vérité que pleine de hardiesse et de fiel. Un imprimera ces lettres mer-

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veilleuses; on les répandra avecune édifiante profusion ; et l'on dira aux peuples fidèles : « voilà ce que nous » avons propose à nos frères les dis- » st citai s , ils n’ont pas répondu ; qui » est-ce qui a tort ? » Et les fidèles se » diront à eux-mêmes : mais on les » invite avec toute la charité possi- » ble ; maison prend tousles moyens » pour que l'ordre soit rétabli ; » mais on détruit toutes leurs ob- » jections.... Ces gens-là trahis- » sent certainement leur cause; ils » nous trompent. Cela ramènera beau- » coup d’esprits , et la RELIGION » TRIOMPHERA. »

r elles sont les vues de la majorité des Pères du conciliabule. Cependant quelques-uns énoncent d’autres pensces. Ils estiment que les conférences ne seront point acceptées ; qu’elles seront en elles-mêmes inutiles et hors d’à-propos dans les circônstances présentes, puisque les deux puissances s’occupent de concert de la pacification. L’un d’entr’eux va jusqu'à dire, que les annoncer , « c’est annoncer un acte de » guerre : c’est se mettre sur le » champ de bataille. Est-ce par là » qu’on doit commencer lorsqu'il » s agit de la paix ? » Belle pensee !

sentiment merveilleusement pacifique , mais seulement en apparence.

Le même Père et d’autres, qui semblent, pour divers motifs* s’opposer à l’avis qui prévaut , demandent qu’on se contente d'écrire aux fidèles, pour leur faire connoître toutes les démarchés spécieuses qu’on a faites jusqu’ici pour parvenir à la réunion , et faire retomber sur les incommunicants le non-succès et tous les torts.

Les conférences résolues, ou sur le point de l’être plus définitivement { car on les décrète plus d’une fois), on présente successivement trois

fnojets de lettres d'invitation pour es dissidents. Celle de Grosdidter, député de IP olfins, évêque de la Côted’Or, et promoteur de ce diocèse

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constitutionnel, parle aux hommes, dit nn père: elle est en effet écrite d’un style quelquefois assez amer, et plu»

propre à attiser le feu de la division, qu’à poser les bases d’un rapprochement quelconque. Mais on remarque qu'elle est trop longue; qu’on n’y a pas répondu à Dcancoup d’objections essentielles, par exemple, aux principaux motifs qu’opposeront les adversaires , pour s'excuser de se présenter aux conférences, et à ce qu'ils allèguent que les constitutionnels tronquent les textes qu’ils citent ^ l’appui de leur parti. On en lit une autre ; c’est celle qu’a publiée le synode de l’arrondissement du Nord- Ouest. Il est aisé d’y reconnoître le style emmiellé et les principes de Claude Lecoz. On observe ou’elle parte au. r femmes, parce qu’elle est pleine de sentiments doucereux et d’expressions amicales , dont le but est très-approprié à l’intention qui fait établir les conférences. Le concile décrété, le i3, qu’il sera faitaux « dissiaents, une invitation charita- « ble et amicale , de se rendre au » concile , basée sur la lettre du sy- » nodede Rennes.» Une troisième lettre composée dans la même vue , pari e P. Raillet, dit curé de Saint- Etienne-du-Mont de Paris , est lue le ai et renvoyée à l’auteur, qui la produit de nouveau, le a5, mais avec les changements désires. On l’adopte ainsi que le projet de décret ui l’accompagne. Célle-ci conduit irectement aux fins voulues. On y peint sou s de fortes couleurs les maux déplorables qui résultent des divisions. On annonce qu’on en est vivement touché; qu’on en a cherché constamment le remède; qu’on le veut encore avec plus d’ardeur que jamais, et au prix des plus grands sacrifices. Point d’obstacle ne peut entraver une réunion franche, solide, amicale : la foi est sauvée dans les deux partis (i) ; on n’est en dispute

(s) Pourquoi donc re décret et cette

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que sur aes points de disripline réglementaire ; discipline que l'Église fait volontiers plier, lorsque des circonstances impérieuses le demandent.

On allègue l’exemple généreux des évêques d’Afrique , le résultat heureux de leurs conférences tenues à Carthage , en 4i i , avec les donatistes. On presse affectueusement les dissidents à venir à celles qu’on médite; on leur tend les mains; on les serre déjà dans les bras de la tendresse ; on les conjure de la maniéré la plus engageante et la plus amicale de ne pas rejeter un moyen si certain de conciliation. Cette lettre , basée sur celle de Lecoz , en a le ton emmiellé, en contient tout l’artifice, en renferme tous les moyens de séduction. Il semble que toute la dispute soit venue de ce qu’on ne s’est pas entendu; que les tortsoot etéégaux des deux côtés ; qu’on a de part et d’autre les mêmes motifs de se réunir; qu’un refus à cet égard, dans quelque parti qu’il eût lien, seroit grièvement coupable aux yeux de Dieu , aux yeux de la religion , de l’Eglise, de la patrie. Cette pièce, nous le répétons , convenoit parfaitement au but que se proposoit le concile , et ne pou voit manquer, sinon d’amener aux conférences les prêtres fidèles, ( ce qu’on craignoit peut-être, qu’on désiroit peu, et u’on n’attendoit. point ) du moins e faire une forte impression sur les partisans des constitutionnels et sur d’autres chrétiens simples, bons et incapables de se défier des ruses de l’hyuocrisie et du déguisement que les hérétiques savent manier avec beaucoup d’adresse et de subtilité.

Le décret qui suit cette lettre, est accommode, on ne peut pas plus , aux mêmes vues. Il porte en stfh-

denoncialiun au pape , contre le renouvellement solennel de l’erreur de la rebaplisation ? Pourquoi les plaintes contre ces paradoxes inouïs transformés en dogmes nouveaux ?

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stance, que les conférences étant un moyen efficace de rendre la paix à l'église de France , par ia discussion franche et solennelle des principales difficultés qui la divisent, le concile national y invite les révérendissimes évêques et les vénérables prêtres incommunicants, qui résident en France; ue ces conférences se tiendront, ès le i«r septembre prochain , dans l’egiise métropolitaine de Paris, sous la surveillance des autorités constituées; qu'il sera choisi de part et d'autre dix-huit ecclésiastiques, évêques ou prêtres, dont sept seront spécialement chargés de la discussion , sept autres destines à leur servir de conseil , à les remplacer an besoin , et les quatre derniers occupes à surveiller les secrétaires; que ceux-ci, ainsi que le president , seront nommés par les trente-six membres ; nue le président maintiendra l’ordre, aura le droit d’arrêter les discussions trop longues ou trop vives, de rappeler les orateurs à la question, de rétablir le vrai point de la difficulté ou de la réponse, que tout ce qui sera dit et fait dans le cours de la discussion , sera exactement noté; que les procèsverbaux , signés du président et des secrétaires , seront rendus publics par la voie de l'impression; que si celle forme de conférence, ou le lieu indiqué , ne convenoit pas à nos frères, ils sont invités à se concerter avec le concile à ce sujet; que la lettre ci-dessus et le présent décret seront adressés aux RR. évêques incommunicanls, résidents en France, et aux V V. ecclésiastiques qui se disent vicaires-généraux ou administrateurs de diocèses. Enfin le XIII.' article est ainsi conçu ; « le présent decret, » avec la lettre an clergé ineommuni- » tant , sera envoyé incessamment » dans tous les diocèses , pour être transmis aux paroisses, et le con- » cile enjoint aux pasteurs d’en faire » lecture au prône des messes pa- » roissiales , le dimanche qui en sui-

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» vra la réception. » Cette mesure ëtoit bien nécessaire au parti, dont les rangs s’eclaircissoient de plus en plus , par le retour à l’unité d’un grand nombre de ses membres.

Au bas du decret on lit la signature de Cl. Lecoz, président, et des secrétaires du concile, qui etoient Glatisse, Grappin , Cougourcilx, de Bullp, Létard et Movlland. Les deux premiers avoient déjà rempli cet office dans le synode de 1797.

Afin de ne plus revenir à cet objet, ui occupe si souventle conciliabule e 1801, nous dirons ici que le 5 août , on proclama les dix-buit preux champions , qui dévoient défendre, dans les conférences indiquées , la cause du clergé constitutionnel , contre les attaques du clergé opposant. Ces vigoureux athlètes etoient , parmi les prélats , l.arombe, Lecoz, Grégoire , Desbois de lioc/teforl, Constant, Morse , Molinier , Saurine, Déberthier , Perrier et Barthe; et parmi les prêtres, Grqsdidier, B aille!, l’italien Drgola, de Tçrcx, Vemtrer, Orange et Serrant.

Le jour désigné pour vuider la querelle , les guerriers constitutionnels se rendirent sur le champ de bataille, au nombre de dix-huit. Ils n’étoient pas tous les mêmes qu’on avoit proclamés dans la séance du 5 août. On y vit les évêaues Grégoire, Moyse, Constant , Deberthier, Des- Lois de Rochefort, Vandelaincouri , Lacombe , Blampoix, Demandre, Duf raiste, Maudru et Bécherel; les prêtres, Grosdidier, Degola, Lancelot, Glatisse, Dequesne, Robert. On célébra les saints mystères ; on prit place , et l’on attendit jusque vers n heures, au milieu d’un grand concours de curieux, si personne ne seprésenteroit de la part du clergé fidèle, poursoutenir l'attaque. L’attente ayant ete vaine, sur la proposition de Grégoire , on rédigea une affiche , où l’on annonçoit qu’on s’assembleroit encore le soir et les deux jours suivants ; et que si, les opposants ne.

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comparoissoient pas, pendant cet intervalle, on clorroit le dernier procès-verbal, qui seroit lu publiquement et suivi d'un discours.

Dans l’après-midi, vers les 6 heures , personne ne s’étant présenté du côté des dissidents, l’éveque , Royer monta en chaire , et développa de son mieux les motifs qui avoient porté le concile à proposer les conférences. Suivant lui , c étoit pour les pères du synode « un de- » voir d’éclairer les fideles , pour les » tirer de 1 affreuse incertitude dans la- *• quelle les faux principes répandus par te » clergé incommunicant avoient plongé *> un certain nombre d'en tr’eux. Les » écrits lumineux , pleins de force , et » de charité, que le clergé soumis avoit » multipliés depuis dix ans , ou n’é- » toient pas connus des fidèles , ou » avoient été perfidement altérés, etc.

Mêmes rassemblements et mêmes refus les deux jours suivants, c’està-dire les 2 et 3 septembre.

Dans la dernière seance,où le concours étoit , dit-on , immense , Brimas, évêque de l’Aude , prononça le discours de clôture. L'orateur saisit avec adresse la circonstance , pour relever l’espérance qu’il suppose qu’avoit le concile de voir sa cause sortir triomphante du creuset échauffé par le feu de la dispute.

« Vous pensiez, dit-il, que la lu- » mière de la vérité jaillirait de la » discussion franche et loyale des » points contestés; qu’apercevant la » justice de ■votrecavsc, ils ( les dissidents)

» en seraient frappés, et qu’au moins » alors ils nous aideraient à renver- » ser le mur de division que leurs » mains ont construit.. Nous étions bien « éloignés de penser, qu’en refusant » de se rendre au milieu de nous ,

» nos frères incommunicunls trompe- » roient nos calculs et frustreraient «nos espérances. Les procès-verbaux » dont vous allczentendre la lecture,

» constatent cette affligeante vérité.

>■ Entrant dès aujourd'hui dans le » domaine de l’histoire , ils marche-

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» root avec elle vers l’avenir, pour »> y faire vivre le temps présent , en •> portant à nos travaux une nouvelle » preuve de la constance de nos efforts n peur nous réunir a nos frères , et de leur

* opiniâtre refus. »

Les réflexions naissent en foule de ccs lignes. Belmas suppose dans lesecclésiastiques opposes a son parti, une ignorance intolérable des dogmes et de la discipline de l'Eglise. Il leur impute de s’être décides dans les affaires présentes sans examen et en aveugles. Il pousse la présomption jusqu'il espérer qu'ils eussent été frappés de la justice de la cause des constitutionnels, si les conférences avoient eu lieu. 11 leur attribue l’érection du mur de division qui séparé les contendants. 11 loue les efforts constants des siens pour la réunion, et il rejette surses adversaires le blâme du schisme qui desoie l église de France. En vérité il semble entendre la nuit reprocher au jour ses ténèbres, et lui faire un procès de ce qu’il ne veut pas s'associer à elle pour éclairer le monde.

Cependant l’orateur des dix-huit révérends et vénérables combattants, est affligé de ce que les procès-verbaux, qui marcheront avec 1 histoire vers I avenir, ne pourront transmettre à la postérité les excuses des incommunicants. « La postérité , a joute-t-il , » ne croira pas que leur refus soit >• fondé sur l’obligation de nous fuir, » et la défense de communiquer avec « des hommes qu’ils prétendent être » dans l’erreur...; sur laconviction » qu’ont eue nos frères de la justice >• de leur cause , et sur la volonté de » nous ménager , en nous épargnant » la honted’unedefaitepublique....; » sur la crainte qu’ont eue nos frè- » res d’être eux-mêmes vaincus.... ;

* enfin.... sur l’espérance de voir » bientôt finir, d’une autre manière, » le schirme qui nous afflige. » Bclmas renverse de son mieux ces fondements d’excuses, afin d’en éviter la peine à la postérité qui ne fera

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peut-être pas de grands efforts à cet egard. Mais il faut l'entendre, quand il parle du refus fondé sur la crainte d’etre vaincu. •< Sans doute, en re- >• fusant (les conférences), ils décè- >• lent la faiblesse de leur cause : mais » s'ils sont convaincus de la justice » de la nôtre, ilsdoiveut doncsavoir » que nous sommes brûlants d'amour « pour eux ; qu ’on n'arrive à la vérité que » par la charité , qui en est comme le che- » mm et la / sorte par laquelle on y entre ; » que si nous avons la vérité pour nous » nous avons conséquemment la charité >• pour eux. Eh ! dès-lors, qu’a- » voient-ils à redouter? Lors même » qu’on a tort, a-t-on bien à craindre » de celui dont on sait qu’ou est » aimé ? >* Belmas nous apprend ici un principe auquel nous ne pensions guère, et qu’aucun catholique n’a énoncé avant lui. En effet jusque-là on avoit cru dans l’Egtisc que la charité supposoit la vérité reconnue par la foi , et que cette dernière vertu precédoit toujours la première, sinon relativernentau temps, du moins comme un des fondements sur lesquels lacharité est assise :car, disoit-on , sans la foi, il n’y a ni espérance , ni charité chétienne, par défaut de motifs surnaturels. Aussi saint Paul nous assure-t-il que sans là foi il est impossible de plaire à Dieu ( Iieb. il. 6). Belmas en sait plus que cet apôtre quoiqu’instruit par Jésus-Christ lui-même; il en sait plus quetous les saintsPères réunis, que tous les conciles, que l'Eglise entière , mais non pas plus que les jansénistes, qui, rejetant dans la fange des choses mauvaises et vicieuses tout ce qui n’émane pas de l'amour celcste, n’admettent dans le fond qu’une seule vertu , lacharité Le reste du discoursannonceun homme exercé dans l'art de feindre et de séduire. L’orateur y réduit toutes les ressources de son génie , pour peindre la charité immense et éternelle dont les constitutionnels brûlent pour leurs frères séparés

a 68 PAR

11 interpelle ceux ci de la manière la plus pathétique , et s’apercevant qu il parle a des hommes qui ne l'cntcndeut pas, il charge ceux qui sont présents de leur porter l’expression des sentiments de son parti : « Dites- » leur, ah ! vous ne le direz pas >• aussi énergiquement que nons le >■ sentons nous-mêmes ; dites-leur «que, maigre leur refus, nous les «aimons encore, que leur obsti- » nation à nous fuir ne fait qu'aug- » menter en nous l’ardeur que nous » mettons à les poursuivre , parce » qu’il est de la nature de l’amour » oe s'enflammer, de s’irriter par » les obstacles, (i) «

Après ce discours, qui dut remplir déjà en bonne partie les vues du concile, on lut les fameux procèsverbaux, etensuite Henri Grégoire fit part à l’assemblée d’une déclaration adressée à toutes les églises de la catholicité, par les dix-huit constitutionnels chargés des conférences.

Dans cette pièce , dont le style et les maximes font connoître l’auteur, il est dit que , quoique la religion puisse exister sous tous les goiix ernemenls , elle s’adapte spécialement aux formes politiques « qui consacrent les droits » des peuples, et qui, conformes aux «droits de la nature, sont par là » même plus confonnesàl’Evangiie. Bientôt après, fournissant des armes aux adversaires de son parti , il ajoute , « la vertu et la vérité n’ont « jamais enfanté des troubles : tous » ceux qui, depuis l’origine des siè- » clés, ont agité la société, furent » le triste résultat du vice ou de l’er- » reur. » Venant ensuite aux conférences, il cite une partie de celles qui eurent lieu depuis la conférence de Caïus avec le montaniste

{Q Ce prélat, qui gouverne actuellement leiliocèsc de Cambrai, a fait la paix avec le saint Sicge, est rentré sincèrement dans l’unitc catholique, et adonncàsa rétractation la publicité la plus édifiante et la plus authentique.

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Proclés jusqu’àcellede liossuet avec le ministre Claude. Il dit que , dans tous les diocèses , les synodes , les conciles métropolitains , des conférences publiques furent proposées aux dissidents, et que le concile national crut devoir ajouter encore cette mesure à tant d'autres qu’on avoil tentées vainement pour la réunion ; et qu'il y tint même, malgré sa clôture, afin d’empêcher que les incommunicants n ’jr er/iapassrnl . « Com- » nient ont-ils répondu à nos invi— « talions ? Nous le dirons avec dou- » leur , mais avec vérité; les uns par « le silence, d’autres par des sub- «terfuges évasifs, et d'autres par

« des outrages Quels sont donc

» ces hommes .. à qui cent fois dans « toute la France nous en avons pro- » posé ( des conférences ), et qui ja- « mais n’ont osé s’y montrer? Quoi !

«vous êtes les accusateurs; vous « avez souille l’Europe de libelles, » de calomnies contre nous; et non* « qui sommes les accnsés , depuis « long-temps et de toute part nous «vous avons priés, conjurés, in- » terpellés de venir à la face des as- » semblées chrétiennes, discuter » vos griefs , vos inculpations et les « moyens de terminer ces déplora - « blés divisions ; nous avions d’au- » tant plus d’espérance de voir nos « voeux se réaliser , que la républi- » que , consolidée par la justice , vous « otoit l’espoir de cette contre-ré- » volution ajournée., autrefois par » les prophètes du mensonge. Peut- « on dire qu’on est dans le sentier » de la vérité , quand on évite de lui » rendre un hommage solennel?

» Puisque vous nous croyez dans » l’erreur, n’etoit-ce pas, de votre «part, un devoir à remplir pour « nous détromper , ainsi que les fi- » dites qui nous sont dévoués....?

« Nous pourrions demander si notre >• langue est pourvue de termes ca- <• pables de caractériser un tel pro- « cédé , et d’exprimer ce que tous les » hommes droits sentent avec énergie

PAR

» A Bien ne plaise que nous affcc- » tions un ton triomphateur que de » tels faits autorisent ,■ et certes vous » devez nous savoir grc de la téli- » ctnce. ..Notre position est tellement * avantageuse, que nous nous borne- » rions à vous jJuinalre , s il n eloit » nécessaire de dise u ter les prétextés » dont vous tenteriez de colorer » votre conduite. »

En conséquence, le véhément écrivain ne veut pas que les dissidents trouvent une excuse valable au refus qu’ils avoient fait de venir disserter solennellement avec eux , dans l'attente certaine de la prochaine publication du concordat passé entre le saint Siège et le premier consul.

Les conférences, proposées inutilement depuis dix ans, epoque bien antérieure à cet événement , au lieu de présenter un caractère hostile et repoussant, devaient être, au contraire, selon lui et les siens , le triomphe de la charité , et mettre le sceau a la reunion la plus loyale et la plus franche.

Ainsi, pour repondre au zèle affecté des constitutionnels pour la paix, il eût fallu que le clergé , jeté hors de France par les décrets , et menacé de la peine de mort , s’il mettoit seulement un pied sur le sol de sa patrie, y rentrât publiquement, et que ceux de ses membres qui s’y tenoient cachés pour secourir secrètement les fidèles , s’y montrassent au péril de leur vie , pour aller dans les temples, les conférences, les synodes et les conciliabules, mesurer leurs forces dans la dispute avec ceux qui n’étoient pas les moins implacables de leurs ennemis. Les constitutionnels portoient-ils donc la haine contre le clergé fidèle , au point de vouloir qu’il fût exterminé ?

Etoit-ce aussi quand la paix étoit conclue , quoique non encore publiée, qu’il convenoit d’unncncer un acte de guerre , et de se mettre sur le champ de bataille, comme le remarquoil de Torcy , en ouvrant des discussions et des disputes plus propres

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à aigrir les cœurs qu’à les concilier, à prolonger les querelles qu’à y mettre fin , a scandaliser les simples qu’à lesédifier et les instruire ? Ces conférences dévoient être le triomphe de la charité. Par quel miracle donclcs constitutionnels , jusque là si ardents dansleur parti, si exagérés dans leurs principes, si opiniâtres dans leur lutte contre l'autorité de l’Eglise, si acharnes contre leurs adversaires , aussi éloignés des règles de la bonne foi qu’ennemis irréconciliables de l'ordre et de la vérité, eussent- ils dépose tout-à-coup l’aigreur, la duplicité,les préventions, l’entêtement et la haine, pourremplir leurscceurs des sentiments de modération, de droiture et de sincérité dont les expressions émanoient de leurs bouches ou découloient de leur plume avec emphase ! 11 est vrai que , dans ses lettres d’invitation, le concile de 180 1 avoit promis qu’on verroiteette étonnante merveille se réaliser de la part des siens, mais le clergé fidele pouvoit-il croire avec beaucoup de confiance à son infaillibilité P 11 avoit eu le temps d'etudicr ses adversaires et d’apprendre à les apprécier.- Le concile lui-même venoit de lui offrir un nouveau motifde défiance, en présentant le spectacle d’une marche tortueuse , hypocrite , exaspérée , pleine d’astuce , digne, en un mot, de servir de modèle aux novateurs à venir, et de continuer la chaîne de ceux des siècles précédents .

Mais pourquoi exigeoit-on que les discussions se fissent publiquement et d’une manière solenuelie? Les constitutionnels l’avoienl dit cent fois, et leurs dix-huit preux chevaliers le répètent formellement dans l'écrit que nous analysons. Ils vouloicnt avoir le peuple pour juge de leur différend avec l’Eglise et ses défenseurs.

Comédie étrange , où les pontifes et les prêtres eussent joué tous les rôles , attendant avec résignation l’applaudissement ou l’improbation de

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cens qu'ils doivent eux-mêmes ju- 1 ger et conduire ! Est-ce là la marche ordonnée par Jésus-Christ pour la propagation de son Evangile ? A-t-il soumis les décisions du corps des premiers pasteurs à la révision des simples fidèles ? A-t-il établi ceux- ci juges de la doctrine, et leur a-t-il promis , sous ce rapport , une assistance particulière r Mais telle fut constamment la méthode des hérésiarques et des fabricateurs de nouveautés :dans tous les temps ilsérièrent en maîtres, en juges, en ogmatistes, ceux qui, d’après l'institution même de Jésus-Christ, ne doivent qu’écouter et que croire. Le principe sur lequel Luther fonda sa désastreuse reforme , avoit été inventé par le premier novateur, et il servit de base à tous ceux qui le suivirent de près ou de loin : iln’estpas étonnant que les constitutionnels aient eu recours au même moyen de séduction ; mais il étoit du devoir du clergé ftdele d’éviter ce piège et de ne pas donner au monde catholique ce scandale. D'ailleurs, la querelle avoit été jugée déjà par une autorité supérieure et irréfragable : quel autre parti pouvoit rester aux opposants ,

?|ue celui d’une soumission humble, ranchc et entière ?

Mais les constitutionnels ne reconnoissoieftt pas ce jugement. Ecoutons-les dans leur déclaration à toutes 1rs églises de la catholicité que nous examinons. « Peut-être répé- »> terez-vous encore... que nous » sommes jugés par l’Eglise ; que » l’Eglise a parlé, quoiqu’on vous » défie de produire un jugement de » l'Eglise, à moins que vous n’ap- » pehezainsides brefs, vrais ou sup- ■» posés , colportés dans l’ombre au » lieu d’être notifiés , proclamés et » acceptés ; mais alors il faut changer » la définition de l’Eglise, telle que » la présentent tous les catéchismes, » pour la remplacer par celle-ci :

» T Eglise, c'est le pape.... Direz vous « que les autres églises n’ont pas ré-

PAR

» clamé ? Nous vous demanderon»

» si elles ont eu seulement comtois— » sance de ces brefs , qui ne leur » etoient pas adressés ? A-t-on invo- » qué leur jugement P Ont-elles pu *• émettre un vœu que la politique » auroit comprimé ou puni , lorsque » la guerre armoit les gouvernements >• contre nous ? Où est la sentence » portée par les églises ? »

Quoiqu’on ail discuté cent et cent fois ce qui regarde les brefs de Pie VI pour la condamnation delà constitution cii’ilcdu clergé , et le jugement de l’Eglise universelle qui s’en est ensuivi , puisque dans l’analyse que nousdonnons des deux conciliabules nationaux des constitutionnels, nous sommes forcés de rapporter souvent leurs déclamations sur ces points intéressants, on nous permettra d’insérer ici quelques observations.

Pent-on direqu ils etoient supposés ces brefs, que le corps épiscopal de France avoit reçus et publiés < omme venant réellement du chef de l’Eglise ? dont les faiseurs de la constitution du clergé avoient reconnu l’authenticité, èt qu’ils s’étoient efforcés de combattre (i)Pdont le pouvoir exécutif avoit exigé la révocation comme une des conditions de la paix à traiter avec Pie VI (2) ? Ne se ressouvient-orf plus de ces orgies scandaleuses et impies ui eurent lieu à Paris , à l'octasion e ces mêmes brefs ? Le fait n’acquit-il pas d’ailleurs une notoriété si grande , qu’il fut d’abord très-fa-

(1) Durand de Maillane , l’un d’entr’eux , rapporte des textes tirés de plusieurs de ces brefs, dans son bist. apologét. du comité ecclésiast. de l’as. nat. où il en parle ainsi , pag. 293 : " Enfin, nos » adversaires ne se sont pas contentés de u décrier jusqu’à nos intentions dans leurs » écrits , ils sont parvenus, en sacrifiant » leurs propres droits et les nôtres, à se » procurer des brefs de Rome, où le pape » s'exprime, etc. »

(a) Voyer. ci-dessus.

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cîlc de découvrir la vérité K cel égard ? de plus ,si lesconstitutionnels avoient eu quelque motif apparent de douter de l’authenticité de ce* jugements apostoliques , n’etoit-il pas de leur devoir de faire de promptes recherches P Leur étoit-il si difficile d’écrire à Rome, ainsi que plusieurs le firent avec succès ?

Ne pouvoient-ils même pas y députer quelques-uns d’enlr’cux , afin de s’assurer davantage ? Mais il est plus commode de nier ou de révoquer en doute un fait, qui accable, ue d’en détruire , ou même que 'en eluder les conséquences , après l’avoir admis.

Mais ces brefs n’ avoient pas été notifiés, proclamés et acceptés. Les évêques de France les avoient reçus officiellement ; ils les avoient acceptés avec respect, y joignant leurs suffrages par voie de jugement ; et ils les avoient publiés comme les circonstances orageuses l'exigeoient pour écarter tout doute légitimé et fondé. Or , suivant les principes de Moyse lui-même et de plusieurs autres constitutionnels, les évêques sont les réprésentants nés de leurs églises ; les jugementsqu’ils portent, sont les jugements de leurs églises ; donc celui qu’ils portèrent sur l’authenticité des brefs de Pie VI, fut le jugement de l’église de France. C’est donc contre le jugement de l’église gallicane entière que s’élèvent, en France même, ces nouveaux venus , quand ils s’efforcent de contester l’authenticité des brefs dont nous parlons. Ils nous répondront, peut- être, que sur i3i ou i35 prélats , si on y comprend les évêques des possessions du pape réunies à la France ,4 refusèrent de s ’j soumettre. Nous l’avouons ; mais y at— il dans ce petit nombre de quoi établir une difficulté , faire hésiter la balance .détruire l’unité morale P Et ces quatre prélats encore , tout en refusant d'adhcrer aux brefs de Pic VI , en méconnurent-ils l’au-

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thenticité P La révoquèrent-ils seulement en doute ?

Mais ce n’est pas ce genre d’authenticite que nous contestons aux brels dont il s'agit, montrez-nous qu'il ont été reçus, enregistrés et publies ensuite dans le royaume par la puissance publique.

Est-ce bien serieusement, ou par ironie qii’011 chicane ainsi ? 11 est vrai que les formalites dont 011 nous parle ici , sont necessaires pour faire d'une décision dogmatique du saint Sicge ou de l’Eglise , une loi de l'etat, d’apres laquelle lestribuuaux civils et criminels puissent et doivent juger, en cas de recours légitime ; nous en convenons sans peine , et la raison en est palpable :

mais en est-il de même, et peut-il en être ainsi , pour que ces décisions obligent la conscience de tous les fidèles, de quelque condition et de quelque rang qu’ils soient ? Où nous moutrera-t-on la preuve qu’avant de se mettre à prêcher, Jésus-Christ en eût demandé la permission au Sanhédrin , au gouverneur romain, au tétrarque de Galilée ?

Lorsqu'il envoya ses apôtres dans tout l'univers, pour y prêcher, baptiser, etc., leur ordonna-t-il de se présenter d’abord aux autorités locales,pouren obtenir préalablement le consentement PQuoique les livres du nouveau Testament n'aient jamais été enregistrés , ni au sénat de Rome , par ordre de Néron , ni dans aucune autre cour souveraine, en ont-ils eu moins d’autorité depuis le commencement de l'Eglise jusqu'à nous P En embrassant le christianisme , les princes séculiers ont-ils acquis le droit singulier de fermer la bouche au chef de l’Eglise , et à l’Eglise elle-même P Eh ! si la voix de l’Eglise devoit nécessairement se reposer sur les registres des puissances temporelles , avant que de pouvoir arriver légitimement aux oreilles des fidèles , où en seroit la religion dans les pays dont les souverains se-

aja PAR

raient eux-mêmes tes auteurs ou les fauteurs des schismes et des hérésicsï’ Et dans ce cas le Fils de Dieu qui sans doute lisoit dans les siècles a venir, eût-il pourvu suffisamment à la conservation de son Eglise ? On trouve dans les lettres sacrées , beaucoup de textes qui démontrent que Jesus- Cbrista institué un ministère pour enseigner la doctrine chrétienne, administrer les sacrements, établir des lois spirituelles, gouverner dans l'ordre du salut; y en trouve-t-on un seul qui soumette ce ministère auguste a l’inspection des princes de la terre , ou même seulement qui les y associe, surtout avec une autorité égale ou prépondérante i’Tient-elle un autre langage que l'Ecriture, la tradition qui remonte depuis les apôtres jusqu’à nous Pet n’enseignet-elle pas à tous les siècles l'independance et la souveraineté de la puissance de l'Eglise dans l’enseignement de la foi, le maintien des règles , des mœurs , l’administration des sacrements , ta législation spirituelle et le gouvernement des âmes dans l’ordre du salut ? « Craignez le jour » du jugement , écrivoit le célébré » Osius à l’empereur Constance :

» ne vous ingérez point dans les af- » faires ecclesiastiques ; ne preten- « dez point nous donner des ordres .» en ces matières, apprenez-les » plutôt de nous. Dieu vous a don- » né l’empire, et nous a confié l’E- » glise : comme celui qui entreprend » sur votre puissance, contrevient » à l’ordre de Dieu , ainsi craignez » de vous charger d’un grand crime, »si vous tirez à vous ce qui nous «regarde (i) » Combien d'antres réclamations non moins énergiques l'histoire ne nous a-t-elle pas conservées ? A Dieu ne plaise que nous contestions aux puissances temporelles leur glorieux titre d’évêques extérieurs, c’est-à-dire , de protec-

(i) Fleury, hiat., >. i3. N° ax

teurs de l'Eglise, ni leurs juste* parts dans les matières mixtes. Mais un protecteur a-t-il droit d’etouffer la voixdccelni qu'il protège, quand il en dépend lui-même ,etqu’il n’est charge que de l’appuyer ? Au surplus, la première bulle dogmatique , qui fut reijue en France avec les formalites qu on reclame, est la bulle d'innocent X contre les cinq propositions et le livre fameux de Jansènius, evêque d’Ypres. Elle |>orte la date du3i mai ib53. Avant cette époque l’eglise gallicane nereconnoissoit-elle pas l'autorité de beaucoup d'autres bulles dogmatiques, notamment des bulles de Pie V , de Grégoire XUi , ei d'Urbain Vlll contre le baïanisme , etc. , lesquelles , à coup sûr, n’avoient pas été revêtues des formalites qu’on ose si impérieusement exiger ? Ces formalités ne sont donc pas nécessaires pour obliger les fidcles de tous les rangs et de toutes les classes, à écouter avec soumission la voix du chef de l’Eglise et de l’Eglise elle-même , quand il s’agit du ministère que Jésus-Christ a lui-même confié aux premiers pasteurs. Ainsi les brefs de Pie \ I , qui avoient pour but de défendre la foi orthodoxe , l'unité catholique, les droits de l’Eglise et ceux du premier siégé contre les atteintes qu’y avoient portées l'assemblée nationale dans sa prétendue constitution du • clergé , pouvoient fort bien se passer de l’attache de cette assemblée ; et il est ridicule d’exiger une formalite dont la simple pensée eût été ■ une folie , et la proposition une extravagance inconcevable.

On demande si les églises étrangères ont eu seulement connaissance de ces brefs ? Nous avons déjà dit d’avance qu'oui ; et nous avons montré un de nos garants. C’est Pie V 1 luimême, qui assure, dans son bref du 19 mars 179a, qu’il les a fait imprimerà Home , et envoyés , non- - seulement en France, à l’adresse ] des métropolitains mais encore

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dans tonies les parties du monde catholique ; et qu’il en fera de même de celui où il ( met cette assertion.

Les églises étrangères ont donc eu , non une connoissance quelconque, mais une connoissance authentique, des brefs dont il s'agit. Pie A II nous en fournira une nouvelle preuve.

A-t-on intoqué le jugement dt ces, églises F Ont- elles pu émettre un rau F Quand le chef de l’Eglise envoie à tous les évêques de la chrétienté catholique une decision dogmatique qu'il a portée contre une erreur op-

Ï posée à la foi ou aux bonnes mœurs, es evêques , qui succèdent aux apôtres, qui sont les juges ordinaires en ces matières, chargés de Dieu de répandre la doctrine chrétienne et de veiller à ce qu’elle soit conservée pure , ne sont-ils pas censés requis par-là même de s'unir au souverain pontife et de juger avec lui . afin d'appuyer par leur suffrage positif ou tacite la vérité définie , la condamnation prononcée, ou de réclamer, s’ils croient la sentence du pape injuste ou contraire à la foi catholique P S’il en étoit autrement, il faudroit donc, ou admettre l’infaillibilité dans le pape seul, ce qui feroit mal au cœur aux constitutionnels et à beaucoup d'autres encore ; ou dire qu’il n’y a pas toujours dans l’Eglise un tribunal infaillible prêt à repousser l’erreur, dès qu'elle se montre, à défendre la foi, au premier cri de guerre qui vient retentir contr'elle aux oreilles des fidèles ; et ceci conlrediroit directement la romesse que Jésus-Christ a faite 'être tous les jours avec l'Eglise jusqu'à la f n des siècles , et d'empêcher que les portes de l'enfer ne prévalent jamais contr’elle. Si onnonsobjectoit que les promesses du Sauveur regardent les premiers pasteurs uniquement quand ils sont assemblés en concile œcuménique, nous répondrions qu’une prétention de cette nature, énoncée dans le conciliabule de i8oi , met l'Eglise dans un péril

PAR a73

éminent , et qu’elle a dû jusqu’ici faire de fréquents naufrages, puisqu'on rapprochant les conciles oecuméniques, et en supputant le temps de leur durée, à peine le Sauveur se seroit-il trouvé avec son épousé pendant l'espace d’un siècle. Mais la foi nous montre dans l'Eglise un tribunal infaillible toujours subsistant : ce qui faisoitdire au célébré evêque de Meanx : (Juo cnmque modo fat ut teelesia cvnsentiat , Iransacla plane res rst : orque enim fterl potest iinqiiam , ut f], clcs/a Spiritu t rrilalis instrucla , non repu guet errori (l). Il 11e peut donc se faire que ni des vues politiques . ni le tumulte de la guerre , ni aucun genre de persécution ferment la bouche à ce tribunal infaillible, puisqu'il ne peut jamais arriver que les portes de l'enfer préeatent contre l'Eglise.

« Direz-vous que les autres églises n’ont pas réclamé P » Oui , nous le dirons, et même quelque chose de plus. » Où est la sentence portée » par les églises ? » La voici : mais il faut que nous revenions encore aux brefs dont nous nous étions proposé de ne plus parler.

Parmi les i3i evêques qui occupoient les sièges de France à l'époque de l'émission des brefs de Pie VI , 127 de ces prélats adhérèrent, d'une manière très- positive , à ce jugement ; plus de i35 évêques étrangers s’unirent à eux par une adhésion egalement expresse; en tout 2fi6 au moins ; nombre assurément très-considérable. Ajoutez le silence de tous les autres , silence approbatif de sa nature , puisqu’ils etoient instruits officiellement, et obligés de juger en vertu de leur dignité : mais silence qui devint encore plus énergique par l’accueil qu’ils firent , ainsi que les pré-

(1) Nous avons rapporté ce texte traduit en français, page acjSde ec dictionnaire.

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cédents , aux ecclésiastiques français persécutés pour avoir refusé le serment prescrit , les recevant comme des confesseurs de la foi et de l’unité catholique On n'entendit nulle part aucune réclamation du côté des premiers pasteurs. Voilà la sentence que nous alléguons ;elle est suffisante sans doute , puisqu'elle émane du corps entier de l'Eglise enseignante. Confirmons tout ceci par un fait assez important pour trouver place ici.

Il seroit inutile de nous arrêter à prouver que Pie Vil marchoit sur les traces de son prédéccsseu r, regardant comme définitif le jugement porté par Pie VI sur 1 objet dont il s’agit ; l'allocution du 24 mai 1803 , insérée dans le journal officiel du 19 prairial an 10, et celle du 26 juin i8o5, publiée aux prônes des paroisses des diocèses dont les évêques n’etoient pas constitutionnels en font foi. Dans la première , Pie Vil disoit aux cardinaux assemblés : « Vous trouverez parmi » les nouveaux évêques de France » ( institués ensuite du concordat » de 1801 ) , des hommes qui , après » avoir occupé dans ces derniers » temps des sièges archiépiscopaux » ou épiscopaux, sans, avoir eu » de nous ? institution , ]\E TOI ENT » PAS DAIS S L’UNITÉ DE E É- « G LISE ET DU SAINT SIEGE » APOSTOLIQUE. Ne soyez pas » troublés , V v. FF. ; leur insli- » tu lion aux places de pasteurs lé- » gitimes des nouveaux diocèses » qui leur ont été confiés a élépré- » cédée jtar leur réconciliation avec le saint » Siège. Dans les actes que nous vous » proposons de lire , vous trouverez » qu'ils ont acquitté ce/le hile né- » cessaire ENVERS L ÈGIJSE. »

Dans la seconde allocution , Pie VII disoit aux mêmes cardinaux : Une » chose que nous avions surtout à » cœur deconnoitre (pendant notre *■ séjourenFrancc,en i8o4),c’étoit » le retour sincère de quelques évêques

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» a 1 unité catholique lesquels , avant » de recevoir de nous l'institution » canonique, avaient eu besoin d’un » témoignage convenable de leur réconci— » lialion ,et qui , après l’avoir obte- » nue, s'etoient conduits de manière » ànousdonnerde vives inquiétude»

» sur la sincérité de leurssentiments.

>• Eux-mêmes lesont fait cesser après » l’intervalle de quelques jours ; car, » soitdevive voix, soit par desécrit* » que nous avons apportes avec nous, » ils ont déclaré qu’ils adhéraient et se >• soumdtoitnl fermement et de coeur au » jugement du saint Siège sur les affaires » ecclésiastiques de. France. » La formule de cette adhesion etoit ainsi' conçne : « Je déclare devant Die >* que je professe adhesion et sou- » mission aux jugements émanés du » saintSiége et de l’Eglise catholique,

» apostolique et romaine sur les af- » faircs ecclésiastiques de France. Je » prie votre Sainteté dem’accorder >* sa bénédiction apostolique. » Afin des’assurer davantage de la sincérité de leur retour, le saint Père fit encore à ces évêques constitutionnels t les questions suivantes : « Quels » sont vos sentiments sur la consti- » tution civile du clergé P La regard ez- » vous comme tombée en désuétude » par l’abandon que l’étaten a fait ; ou » bien comme proscrite par une toi de » l’Eglise ? Croyez-vous que le ju~

>* gement de Pie / /sur les affaires ec- » clésiastiques de France , et notam- » ment sur la constitution civile du clergé,

» soit un jugement régulier du saint ” Siège , et revêtu du consentement de la » majorité des évêques de la chrétienté?

» Si vous l’ignorez, je puis vous le prou- » ver en vous montrant l’accession des évê- *> ques, etc., etc. Les réponses à ces questions, et à plusieurs autres que nous ne rapporterons pas , . ayant été satisfaisantes, le pape termina ainsi,

« Je vous donnema bénédiction. Et si » de nouvelles plaintes parviennent à » Rome contre vous, je donner»!

» à tout ce que vous avez fait eu ma » présence, à tout ce que dit avti

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* Jit et à fout ce que j’ai dit toute » la publicité' requise , pourpréser- » ver l'Eglise du scandale. lit , je vous » le reflète avec douleur , vous me » forceriez de prendre les moyens «nécessaires pour vous retirer del'é- » piscopat par un procès canonique. « 11 existe donc le jugement de l’Eglise qu’on défie le clergé catholique de produire. Il condamne la conslilulion civile du cierge', comme puisée en partie dans l'hérésie, et hérétique ellemême dans plusieurs articles; comme sacrilège, schismatique, etc. , en d’autres, il condamne le serment de ia maintenir, etordonne; sous detrèsgrièves peines, aux ecclesiastiques qui l'ont prêté, de le rétracter. 11 proscrit les élections , les consécrations, etc. , qui onteu lieu en conséquence de cette constitution prétenduecivileetd’après les formes qu’elle prescrivoit. Il déclare que les intrus n’ont aucune juridictioucanonique.

Il ordonne aux fideles d’eviter toute communication religieuse avec eux et avec les ecclésiastiques réfractaires à l’Eglise. ( Voyezce que nous en avons rapporté plus haut , page 272 et suivantes. ) Cependant ce jugement authentique, péremptoire et infaillible, les constitutionnels le bravèrent hardiment, et il y en a qui le méprisent encore aujourd'hui ! Puisse cet exposé aussi vrai qu’il est simple , leur faire enfin ouvrir les yeux !

Mais les dix-huit conférenciers continuent par l’organe de Grégoire. « 11 fut un temps où vous nous >• défiiez de citer un seul prêtre , un » seul évêque étranger avec lequel » nous fussions en communiou :

» vous n’osez reproduire cet argu- » ment, depuis qu’une foule de prê- » très savants et pieux des contrées » étrangères idepuisque desévêques 11 catholiques de divers pays, et spé- » cialeiiient huit évêques d’Italie, » nous onldonnédesgagestouchants »> de leur attachement. »

Ceux qui faisoient un pareil défi aux con.stitu I ionncls, quoique fon dés '

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