‹ Dictionnaire des concilesChapitre 108 sur 263 · PAR 27 S · texte numérisé non relu

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dans. le principe, nepensoient guère aux innovations de J oseph 1 1 , en A 1 • lemagne, ni à celles de son frère Léopold, dans une partie de l'Italie llseroit etonnantqu’Henri Grégoire qui a remué les deux hémisphères avec un zèle incroyable, pour faire des adeptes à son parti, n’eût pas réussi à conquérir des adhérents au moins parmi les élèves du séminaire

Sénéral de Louvain eide l’universite' e Pavie, dont les professeursétoient constitutionnels, si nousosonsle dire ainsi , et enseignoient les dogmes avant même l’existence de la constitulion civile du clergé. Le jansénisme enrichi des erreurs de Richer avoit faitde grands progrès dans les contrées que nous venons de désigner : il y a donc lien d’être surpris que l’évêque de Loir-et-Cher ne pu’sse nous citer qu’un si petit nonwve d’évêques attachés à son église. Mais quoique les pélagiens comptassentdaiis leur parti dix-huit prélats en Italie , et les jansénistes autant en France, l’Eglise regarda-t- elle jamais l’opposition de ces évêques comme devant être de quelque poids contre les jugements qu’elle avoit portés contre ces deux erreurs ?

« Que sera-ce dans quelques an-

» nées, lorsque les évêques d’au-

» très régions , rentrés dans leurs droits » usurpés , ne seront plus contraints » detouffer leurs voix à l’aspect des u cachots ouverts parles suppôts de » l’inquisition ; de cette institution •> monstrueuse dont ? existence est une ta* » lomnie contre la religion, et un fléau » pour l' humanité ? »

Vingt-huit ansse sont écoulés depuis la tenu&du synode de 1801 , et la publication de cct,te sortie virulente ; lesévêquesdesautrescontrées ont-ils reconquisleursdroits usurpés?

Ont-ils proclame les principes de la constitution proscrite ? Se sont-ils reunis en grand nombre aux restes expirants des partisans de cette même constitution? Ici les constitutionnels s'associent aux sophistes modcc-

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nés, pour de'clamer contre l'inquisition , qui n’étoit point même en Espagne , un tribunal aussi terrible qu ils veulent l'insinuer; mais elle gênoit cependant, elle entravoit la propagation des mauvaises doctrines ; et voilà pourquoi sa seule existence eloit une calomnie contre lu religion , un fléau pour l'humanité.

Après de violents reproches adresséssans fondement aux dissidents sur les culomnies auprès des églises étrangères, sur les écrits anonymes dont ils remplissoient la France , et les variations étonnantes dans leurs rincipes et leur conduite , les dixuit révérends ctvénérables s’écrièrent:

» Quanta nous, constants dans notre » manière de penser, d'enseigner et >• d’agir , avec la grâce divine , NOUS » LA PORTERONS dans ce nouvel » ordre des choses qui doit incessam- » ment modifier la composition du » clergé, sans jamais modifier les princi- » pes que nous avons défendus. ( Engagement déplorable , que plusieurs n'ont que trop tenu jusqu’ici , pour leur malheur et le scandale des fidèles! ) « L inflexible vérité et la tendre » charité ( dont cette diatribe est , sans doute nn monument incontestable) : voilà nos guides : pourriez-vous tenir le même langage ? »

Plus loin ils accusent le clergé dissidenl de n'avoir jamais voulu désavouer celte horrible frndée; d'avoir suggéré le massacre de tant de prêtres assermentés, parmi lesquels ilscitent l’évêque Audrien , calomnie atroce, et d’avoir célebréles saintsmystères au milieu des cadavres des patriotes égorgés. Cependant ces brochures anonymes, pleines d'injures et de calomnies atroces, que re'pandoient les incommunicunts , on conseille avec ironie aux adhérents des constitutionnels de les conserver précieusement. Enfin , ayant épuisé leurs arsenaux et toutesleurs munitions, ne sachant plusquellemachinedeguerre employer encore pour accabler d’un seul coup lenrs adversaires , ils

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s’avisent de leur en lancer une qu'ib estiment devoir être des plus terribles et des plus meurtrières, llss’écrient donc avec une energle vraiment républicaine : La MASSUE DE LA I ERITE est suspendue sur vos têtes comme sur les nôtres.

Tenons-nous soigneusement sous cette douce massue , laquelle aussibien ne pcsed’unemanièreefTrayante que sur ceux qui nous menacent de ses coups ou de sa chute. Mais sortons de la déclaration aux églises de la catholicité, où nous ne trouvons plu»

rien qui soit digne de remarque , ex ■> cepté les noms et les qualités des signataires.

Ils étoient , au rang des combattants , les évêques Grégoire , Dcberthier, Moyse , Bêche rel , Constant, Lacombe, Demandre, Dufraisse, Desbois, Royer, Wandelaincourt , Belmas, Blampoix ; et les prêtres, Grosdidier , Dégola , Lancelot,

I Clausse , Dequesne et Robert ; auxquels s'adjoignirent, dans le premier ordre , Maudru , Villa, Franien , Lemercier, Monin, Berdolel , Le fessier , et dans le second ordre, Levratd, Duratl.asalle , Grappin , P‘get , Létrard , I.ebrct, Scheker, Rurglin, André, Le fort, Boissiere, Lagirardière, Antichamp, Dusscu,Bcrgancini,CorW,avec trois laïques dont nous passons les nomssous silence, pour retourner encore aux opérations du conciliabule deiBoi.

• Le i5 juillet , on s’occupa de l’affaire de I évêque de la Drôme, et de la question si l’on admettroit le député nommé par le presbytère de cette eglise constitutionnelle. L’évêque dont il est question avoit abandonné ses fonctions depuis l’époque où un orage s’étoitélevé aussi sur le clergé de ce parti , et il n’ avoit pas voulu les reprendre ensuite , quelques instances que ses prêtres lui en eussent faites à diverses fois par des lettres.

Appelé, comme voisin le plus proche , pour remettre l’ordre dans ce diocèse livré à l’anarchie, et pour y administrer le sacrement de coufir-

mation , l'évêque de l'Isere , n ayant pas ose entrer dans Valence , à cause des dissidents, qui, sans doute, y étaient fort accrédités, s’etoit rendu à Saint-Didier, et y avoit créé un presbytère pour administrer l’église constitutionnelle de la Drôme. Il s'agissoit donc de décider dans le concile , si l’évêque de la Drôme j étoit bien réellement déchu de l’é— j piscopat , par suite de son abandon et d’après les lois ecclesiastiques; et si le presbytère forme en son absence par 1 évêque le plus voisin , étoit légitimé et avoit pu nommer un député au concile. Il semble que le synode de 1797 avoit décidé cette dou ble quest ion . Cepend an t les pères opinèrent diversement; en quoi il nous paroît qu’ils prouvèrent qu’ils n’etoient encore, en 1801, ni bien stables ni parfaitement d'accord touchant leur discipline. Ce choc d’opinions diverses dut aussi inspirer quelques scrupules sur leur légitimité,a plusieursévêques, qui étaient montés sur des sièges dont la vacance n’etoit pas plus authentiquement constatée que la vacance du siège de la Drôme. Du moins le concile eut l'adresse d’eluder toute difficulté, en admettant comme député du clergé du diocèse de Valence, l’ecclésiastiquequi lui étoit présenté seulement par le presbytère de cette église.

On fit encore dans la même séauce une proposition tendant à engager tous les évêques constitutionnels à offrir leurs démissions, et à se montrer prêts à tous les sacrifices possibles, dans la vue du rétablissement de la paix. Proposition quifut ajournée, comme n’ayant pas de base déterminée.

Affligé d’avoirentendu prononcer le mot de démission , le zélé constitutionnel Degola , s’éleva de toutes ses forces, dès le lendemain i(i, contre la motion émise la veille sur cet objet. Dans son mémoire qu’on retrouve tout entier dans le recueil des actes du concile, il pose en principe

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I qu’il ne faut pasabandonner'<au gré » des passions humaines une cause «qui, étant juste en elle-même,

» exige de ceux qui la commissent,

» tous les efforts nécessaires et utiles

» pour la defendre Ou la cause

» des pasteurs actuels de l’église gal- »licane, continue-t-il, est juste,

» ou elle ne l’est pas P Dans ce der- “ nier cas, il faudrait sansdoutedon- •• ner sa démission ; sauf cependant « à répondre en face à tout l’uni- » vers catholique de l’obstination » qu’on a eue jusqu’ici à se débiter >> pour pasteurs légitimes , à en exer- » cer d’une manière si tranchante » les fonctions, à se moquer de l’u- » nité ecclesiastique, à en imposer » aux fidèles, à tromper les âmes.

» Quelle justificationsurdesgriefs si » accablants et si multipliés P Dira-t- » on que ce n’est qu’à cette époque >> qu’on vient de s’apercevoir d a- » voir couru dans des voies détour- ” nés.... ? Je vous épargnerai . RR.

» EE. et VV. PP, là-dessus des ré- » flexions bien plus humiliantes :

» l’intime persuasion dans laquelle >> je vous connois tous de la justice » de labellecauseque voussoutenez, » m’en impose le devoir. Mais sur » quel titre s’appuicra-t-on pour » 1 abandonnertout-à-coup... ? Des » motifs de charité envers les dissi- » dents ? Eux qui ne respirent que la » division, le trouble, le schisme, se- ” ront-ilssensibles aux douces émo- » lions de la charité, dans une rae- » sure qui , suivant leurs principes , » ne peut-être que le résultat de leurs ” emportemcntscontrevous, l’heu- >* reuse issue de lcurscabales, la vic- ” toire la plus completedes maximes " ultramontaines qu’ils chérissent "d’une maniéré si révoltante...?

” Voyez si la justice peut soullnr ” qu’on se livre à l’animosité d'un ” ennemi irréconciliable. Qu’on ou- ” vre une issue honorable, leuréga- » rement renforcerait la calomnie » qui , d'une courte durée par sa » nature , deviendrait , par cette de-

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■ marche , une vérité' de fait, et » d’une évidence mathématique , si » lesfaitsen sont capables. Monima- » gination est ebranlee à la désolante » perspective d’un tableau dont je » ne fais que tracer les linéaments

«élémentaires Je disois qu’une

» démission de votre part seroit, du » cdtcdes dissidents, la victoirelaplus « complété des maximes ultramon- •* taines. L’ellronterie qu’ils ont dé- » ployée jusqu’ici , au grand scan- » dale deségiisesilaliemies»(Quclle éioit donc cette effronterie si scandaleuse ? Il y a apparence que la voici ) , « singulièrement le mépris « qu’ils ont fondé sur les assemblées » de 1682, les efforts mu llipliés pour « anéantir à jamais ces débris pré- » cieux de la liberté ecclésiastique, »> tout celadcviendroit,d’aprèsvotre >• démission, le codeunique, général, » essentiel de l’eglise gallicane; et ce, » par vos mains sacrées, qu’il y » imprimeroitun sceau inévitable....

» Seroit-il jnste de projeter une dé- » marche quiporteroitsurdes in jus-

■ tices aussi criantes , et qui , en *> dernière analyse , ne seroit aux » yeux de l'Eglise qu’un inexte (ap- » paremment un comble ) mons- •• trueux de foiblesses et de crimes.

Mais.... en supposant... que cette » démarche funeste en elle-même, » est un titre bien juste pour s’y prêter.... on ne pourroit exécuter » aujourd’hui le projet sans le con- » sentement de vos diocésains; con- » sentement bien nécessaire après le » droit qu’ils ont acquis sur votre » ministère , et d’après la confiance » dont vous vous êtes honorés par

» ceux qui vous suivent Mais la

» charité , on nous répète toujours

» la charité Quelle charité que

» d’ahandonnerles pasteursàlaféro- » cité de leurs ennemis qui, en rai-

* son de l'affoiblissement des dpmis- «sionnaires, tomberoient avec un » redoublement de fureur sur ce «clergé fidèle, pour l’ccraser entiè-

* rement? Quelle charité pour ce

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» troupeau , qui se verroil quitter » par des pasteurs qui se disoient •> légitimes ? Quelle charité de voir » pénétrer dans le bercail des pas— » teurs qui , vu leur caractère tres- » prononcé, ne feroient que ravager » l Eglise, troubler la paix, inquiéter » les consciences ; et provoquant les » animadversionsdu gouvernement, » le contraindre à de nouvelles me- » sures bien affligeantes pour la re- » liginn. »

C’etoit bien de tout son cœur que ce bon génois en vouloit au cierge catholique de France. On voit qu’il fait tous ses efforts pour le dénigrer, et pour détourner les pères de penser seulement au projet qu’on leur avoit insinué la veille.

Aussi, disent les actes, t. II, page 91 , « tout le concile applaudit aux >> sentiments exprimés par le vénéra- » ble Degola. »

Les constitutionnels ne cessent de réclamer, dans leurs conciliabuleset ailleurs, les propositions de l’assemblée duclerge de France de 1682 , et les libertés de l’église gallicane ; quel appui y trouvent-ils donc à leur parti ? Quand il seroit vrai ( ce que nous n'examinons pas ici , parce que nous n’en avons que faire ) , que le pape décidant comme chef de l’Eglise , en matière de dogme et sur les règles des mœurs , ne seroit pas infaillible , et que même il seroit inferieur au concile œcuménique assemblé ,qnes’ensuivroit-il en faveur delà constitution civile du clergé el de ses partisans Phe jugement solennel qu’il a prononcé k cet égard étant revêtu de l’accession , c’est-à-dire , du consentement de la majorité des évêques, n’est-il pas infaillible ? Les constitutionnels , par leur appel de 1797, au futur concile œcuménique, prétend roienl-ils avoir annulé ce jugement déjà porté, eu avoir mis un obstacle invincible à ce qu’il eut lieu dans la suite ? Et dans ces libertés de l’église gallicane , v rencontre-t-on quelques articles qui

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autorisent les princes temporels à soustraire leurs su|ets a la juridiction. que le pape a de droit divin sur toutes les églises particulières et sur les fidèles ? à soumettre 1 autorité des évêques a la deliberation prépondérante des ecclesiastiques du second ordre?a faire des reglements, qui changent , bouleversent , anéantissent la discipliuegéne raie à creer, étendre, resserrer, abolir sans le concours de la puissance ecclésiastique , les sièges épiscopaux ; à donner, par conséquent, élargir Restreindre,

enlever la juridiction des premiers pasteurs? Car il faudroitque tous ces pouvoirs fussent attribués, ou reconnusappartenir aux souverains temporels par les libertés de l'église de France, pourque les constitutionnels pussent puiser dans ces libertés, des armes offensives et defensivesen faveur de leur parti. Or , des libertés de ce genre n'existent nulle part dans l'Eglise ; et il 11e falloit rien moins , pour essayer de les y introduire, qu’une assemblée où domiiioient les sophistes, les protestants et les partisans du richerisme , dont les efforts réunis produisirent et décrétèrent la constitution civile du clergé.

Dira-t-on que Pie VI a porté atteinte à nos libertés, en prenant Y initiative et en jugeant de son propre moucemenl et de sa science certaine P Il ne faut que lire les brefs du 10 mars et du 1 3 avril 1791 , pour se convaincre de l’imposture de ces assertions. Pie VI donna lui-même le premier de ces brefs, comme une réponse à un grand nombre d’évêques de France, qui lui avoient écrit sous la date du 10 octobre 1790. Dans le second , il dit expressément que ces mêmes prélats avoient eu recours à lui comme au maître et au , père commun, et qu'il a reconnu' dans les mandements des évêques , la conduite des chapitres et de la majeure partie des pasteurs du second ordre , que Y exposition des principes des évêques de l’assemblée na-

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